Un fantasque alphabet du monde

d23228Cela faisait longtemps que je n’étais pas entré dans l’univers de Jerome Charyn. Je n’ai pas oublié Marilyn la dingue, Zyeux bleus, Isaac le mystérieux…

Ici, les obsessions masculines, les fantasmagories de l’auteur, les obsessions étasuniennes, se mélangent pour former un épais labyrinthe, joyeux ou dramatique.

Le lecteur et la lectrice se confrontera tantôt à des espaces gluants, tantôt à des murs trop lisses pour s’y accrocher, tantôt à la crasse, souvent à la pauvreté… Et toujours à l’imagination littéraire.

Mais il ne faut pas s’y tromper, derrière ces agent-e-s doubles, ces truand-e-s, ces trafiquant-e-s de drogue, ces proxénètes, Jerome Charyn et sa langue flamboyante parle bien de nos obsessions et nos civilisations d’ordre et de désordre.

Un espace, « l’absence de taxi », une partie « obscure d’un cagibi vide », une sorte de « talmud torah », des patrouilles d’adolescent-e-s, des dealers, la guerre du Vietnam, un amour d’enfance, des femmes et des hommes, la guerre froide, une espèce d’appendice crasseux du Lower East Side de Manhattan.

Une invitation à entrer, à vos risques et périls, dans les Avenues A, B, C.

Jerome Charyn : Cris de guerre Avenue C

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Chéntier

Mercure de France – Bibliothèque étrangère, Paris 2016,430 pages, 25,80 euros

Didier Epsztajn

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