Modus operandi

Le choix de l’avenue Bosquet (Siège du MEDEF – 55, avenue Bosquet – Paris 7° — 4 Mars 2017)


Vous vous demandez bien ce que lui et ses amis pouvaient penser de tout cela. Eh bien, nous aussi ! Quoi de plus simple que d’aller lui poser directement la question.

Nous sommes reçus par Pierre Gattaz, avenue Bosquet, au siège du MEDEF et de son officine peu connue encore du grand public, le CEOSF (Comité pour l’encouragement à l’offshore fiscal).

Bonjour Pierre Gattaz. Tout d’abord, toute notre sympathie et nos félicitations après vos sérieux, mais heureusement transitoires, ennuis de santé du Printemps dernier. Dépression, anxiété, maintenant apaisées après l’instauration, nous ne disons pas le vote, de cette si bienvenue Loi Travail.

La situation aujourd’hui sur un autre front, bien qu’il ne vous implique pas directement, vous et vos amis, le front politique, la situation est pourtant des plus volatiles et tout à fait préoccupante.

Il se dit, et certains propagandistes forcent un peu le trait, que vous avez cependant pris toutes vos précautions.

Nous lui montrons la photo qui court les réseaux sociaux.

Éclat de rire. C’est pas mal trouvé, même si c’est un peu vachard pour Benoît ! Benoît, je vais vous surprendre, Benoît dont la proposition de revenu universel se trouve en large convergence, malgré quelques contradictions de détail, le montant par exemple, en large convergence avec certaines de nos visées stratégiques. L’idée n’est pas mauvaise de faire financer par l’impôt, il nous touche finalement si peu grâce à l’offshore, de faire financer par l’impôt un cash individuel et universel qui nous sortirait de la pénible obligation à laquelle nous sommes astreints depuis 70 ans, celle de la Cotisation Sociale.

Oui, cela nous irait assez bien. Prends tes 700 € mensuels et démerde-toi pour le reste. Assurance santé, assurance chômage, assurance retraite et tout le bataclan. Non, l’idée n’est pas folle. Il faut regarder cela de plus près. Revenons à Benoît, il n’est tout de même pas mon préféré.

Pierre Gattaz, pour en revenir à notre affaire, celle de votre sentiment, de vos inclinaisons, à la veille du grand rodéo électoral, Présidentielles et Législatives des trois prochains mois, pouvez-vous nous donner quelques indications ? Nous connaissons les grandes lignes de votre credo pour le redressement de notre malheureux pays. Transfert du financement de l’Assurance-Maladie de la Cotisation vers l’Impôt ; suppression de l’ISF et baisse drastique de l’IS (Impôt sur les Sociétés) ; retraite à 65 ans et fonds de pension plutôt que répartition ; marché du travail flexible, fin de la règle des 35 heures et licenciement assoupli ; fonctionnaires, la grande lessive, et caetera.

Et caetera signifie tout le reste ; tout ce que l’on ne peut citer lors d’une trop longue énumération. La locution est issue du latin et caetera desunt, en français les autres choses manquent, ou la liste n’est pas exhaustive. L’expression a le même sens que les points de suspension… C’est pourquoi, ce serait une redondance, elle ne doit point en être suivie.

Tout ceci Pierre Gattaz, alors que l’enquête annuelle du gestionnaire de fonds britannique HIG (Henderson Global Investors) nous apprend qu’en 2016, les actionnaires des grandes entreprises françaises ont été à la fête : plus de 50 milliards d’euros de dividendes, un bond de 11 % par rapport à ce qu’ils avaient empoché en 2015. Nous vous comprenons. Il y a urgence à réformer.

Quid, selon vous Pierre Gattaz, de la personnalité, sans exclusive, écartons Benoît, la plus apte, non seulement à l’emporter, mais ensuite à mettre en œuvre ce courageux programme de sauvetage de notre économie ?

Nous en débattons justement entre nous, mes amis et moi, de manière à pouvoir, bien que nos moyens soient cruellement limités, à pouvoir soutenir cette personnalité. Nous ne possédons aucun grand média, papier ou audiovisuel. C’est malheureux, ils sont la propriété dans notre pays, pour la plupart d’entre eux, d’une poignée de milliardaires. Beaux joueurs, nous faisons avec ! Heureusement, tous les éditorialistes ne nous sont pas systématiquement hostiles.

Vous êtes-vous mis d’accord, Pierre Gattaz, sur une personnalité ? Et quel modus operandi devrait-elle adopter en cas de victoire ?

Le modus operandi est la manière de procéder. L’expression s’utilise plus volontiers que sa traduction, mode opératoire, laquelle pourrait prêter à quelque confusion à caractère chirurgical. Le terme est fréquemment utilisé en criminologie, le modus operandi désignant le mode de fonctionnement d’un criminel et sa façon d’agir. De ces précisions, chers lecteurs, n’allez pas tirer de conclusions hâtives.

Je vous remercie de la pertinence de votre question, car effectivement, la personne investie et son modus operandi, les deux choses sont liées.

Voyez-vous, initialement et tout à fait naturellement, c’est le cœur qui parle, non la raison, notre préférence se portait de façon majoritaire vers François Fillon, l’archétype pour nous du libéral-conservateur thatchérien. Mais, il y a un mais et il n’est pas mince, c’est que même élu, François Fillon serait incapable de mettre en œuvre notre programme.

Ses écarts de conduite portés au grand jour il y a quelques semaines le discréditent à jamais pour la grande œuvre réformatrice que nous appelons de nos vœux. Conduite par lui, elle mettrait le pays, non pas à la rue, cela ne serait pas si grave, mais, plus problématique, dans la rue. Serge, le fils de Marcel, me disait encore hier, avec son sens de la formule imagée, et il s’y connaît en aéronautique : « Il est cramé, on ne peut pas lui laisser le manche à balai ».

Machiavel, plus sentencieux disait, lui : « Il n’est pas nécessaire que le Prince soit vertueux ; il est nécessaire qu’il passe pour l’être. » Nous ne pouvons pas dire mieux.

Pierre Gattaz, que faire ? C’était déjà là – Que faire ? – le titre d’un traité politique écrit par un révolutionnaire russe, Vladimir Ilitch Oulianov, prénommé Lénine, à la veille des révolutions de 1905 et de 1917.

Je connais bien ce monsieur. N’insistons pas. Cette malencontreuse affaire Pénélope est en réalité providentielle. Le Libéralisme, notre philosophie, et son application économique et politique actuelle, le Néolibéralisme ne peuvent être confiés à un conservateur. Quelle que soit sa bonne volonté, un conservateur sera toujours encombré des nécessités de la tradition : Pénélope, un prénom au parfum si suranné ; un manoir dans la Sarthe ; des sourcils broussailleux et des allures de notaire de province. Vous rendez-vous compte ? Non, cela ne colle pas.

Notre monde bouge. Il lui faut un homme jeune et En Marche. Notre choix est maintenant arrêté. La lucidité l’impose. Et d’ailleurs, l’unanimité est quasiment faite.

Mais alors Pierre Gattaz, le modus operandi ?

L’homme l’a défini lui-même. En Marche ! Le Mouvement, le Progrès, en finir enfin avec l’Ancien. Comment ? Grâce à la Coalition, celle qui rassemblera tous les hommes de bonne volonté et de progrès, quel que soit leur ancienne appartenance, Droite, Gauche. Tous seront bienvenus pour Marcher vers le Progrès.

La Coalition, si elle ne nous débarrassera pas des fâcheuses contraintes syndicales et corporatistes, permettra l’adoption apaisée à la Chambre de tous les textes de bonne gouvernance, ceux de la minoration de la Cotisation. Et que l’on ne vienne pas crier au brûlot libéral ou à l’ubérisation de la société. La Coalition pour venir à bout de la Cotisation, vous allez dire que c’est une obsession, voilà notre mot d’ordre. Lui seul, EM, peut la rassembler.

Il n’est d’ailleurs pas dit que notre toujours Président actuel, un homme de raison et auquel il faudra un jour rendre justice, ne vienne pas lui aussi appeler au votutile, ce talisman, cette formule magique qui nous a rendu jusqu’ici tant de services et qui n’est rien d’autre que l’appel au rassemblement des hommes de bonne volonté. Sous quelle forme, de quelle manière, à quel moment, il est trop tôt pour le dire.

Merci M. Gattaz pour cet intéressant éclairage. Nous n’hésiterons pas à vous solliciter à nouveau en fonction du développement de la situation.

Jean Casanova

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