L’Union Européenne, le FMI et la Grèce.

La Grèce surendettée voit la prochaine échéance de paiement du service de sa dette arriver en juillet. Elle ne possède pas les 7 milliards nécessaires. L’Union Européenne (UE) et la BCE doivent, selon le troisième volet du plan d’aide, les lui fournir. Le FMI – Fonds Monétaire International – est sceptique…

Revoilà la Grèce

La Grèce fait un timide retour dans l’actualité. Le gouvernement Tsipras s’est vu obligé par l’Eurogroupe, conduit par le ministre allemand des finances, Schäuble, de mettre en œuvre une politique drastique d’austérité dans un pays déjà exsangue. L’accord conclut en juillet 2015, après de longues tractations et de chantages, prévoyait la poursuite des privatisations et de la baisse des dépenses publiques comme de la baisse des salaires et des pensions de retraite avec, au bout, un plan d’aide de 86 milliards de dollars. En juillet, Eurogroupe, BCE et FMI doivent verser 7 milliards d’euros pour permettre à la Grèce de payer les intérêts de sa dette. Autrement dit, cette aide ne sert qu’à payer les créanciers au premier rang desquels il faut compter la BCE pour 4 milliards sur les 7 et les pays de la zone euro.

Ce troisième plan d’aide fixait l’objectif d’un excédent primaire – la différence recettes/dépenses sans tenir compte du poids du service de la dette – de 0,5% du PIB en 2016 et de 1,75% en 2017, objectif dépassé puisque les estimations de Bruxelles font état de 2%. A quel prix ! Le PIB – la richesse produite – est inférieur de 25% en 2016 par rapport à son niveau de 2010, le taux de chômage atteint 23% et l’investissement des entreprises s’est réduit des trois-quarts depuis 2008. La misère, la pauvreté a progressé comme l’émigration. La dette publique, dans ces conditions de surendettement, ne peut pas se réduire. Elle reste au niveau de 300 milliards d’euros soit, en fonction de la baisse du PIB, 180% de ce même PIB Une politique imbécile qui affaiblit le pays sans proposer de solution.

Le FMI en franc-tireur, une première !

Le FMI, qui sert dans les accords comme conseiller plus que comme préteur, envisage de se retirer si sa proposition d’annuler la majeure partie de la dette publique grecque n’est pas acceptée. Pour le moment, le refus de l’UE est total. Elle s’enferme dans le déni de la réalité. Sans doute un effet de la post vérité trumpienne. Les estimations sont pourtant cruelle : si la Grèce suit les exigences de l’UE, il lui faudra 40 ans pour ramener son taux d’endettement sous le seuil des 100% du PIB, selon Patrick Artus qui considère l’avenir à l’identique du présent mais il est vraisemblable que crises financières et récessions à venir changeront la donne. Les banques européennes, italiennes et espagnoles en tête sont menacées de faillite. Le montant de leurs créances douteuses dépasse les 14%. La remontée des taux d’intérêt aggravera ce risque de crise financière qui marquera le retour de la crise de l’euro malgré la naissance de L’Union Bancaire qui permet à la BCE de surveiller 600 grandes banques.

Le « Brexit », la montée des extrêmes droites partout en Europe font la démonstration que la construction européenne n’est plus légitime aux yeux des populations et l’UE poursuit une politique libérale qui n’a aucun fondement et approfondit la crise de l’UE. Le contexte nouveau marqué par la volonté de Trump de défendre les seuls intérêts des Etats-Unis devrait, à l’inverse, se traduire par une réorientation politique de la construction européenne.

La Grèce, petit pays qui se rétrécit, fait la preuve qu’il est temps de changer de politique sinon l’éclatement ne fait pas de doute 60 ans après la signature du Traité de Rome..

Nicolas Béniès

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