« Être homophobe n’est pas révolutionnaire » – Les luttes LGBTIQ dans l’orbite du processus révolutionnaire arabe (Troisième partie)

Première partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-partie-1/

Seconde partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-seconde-partie/

Pas en notre nom !

C’est ainsi que l’on pourrait résumer la protestation des mouvements LGBTQI face à l’instrumentalisation de leur cause à des fins pour lesquelles ils et elles n’ont été ni consulté.e.s, ni associé.e.s, voire auxquelles ils et elles peuvent être franchement hostiles.

A titre d’exemple :

Si la dimension « anti impérialiste » n’est évidemment pas le moteur de ces luttes comme elle n’était pas le moteur des processus révolutionnaires arabes, elle reste un point essentiel de la réflexion et de quelques actions :

Le boycott de la Pride de Tel Aviv, justifié par divers argumentaires, notamment le fait qu’aucun Palestinien n’est autorisé à demander l’asile en Israël, sauf s’il ou elle est homosexuel.le1 et que dans le même temps, les autorités israéliennes se livrent à du chantage vis à vis de gays palestiniens, menaçant de les outer pour les contraindre à collaborer2. La dénonciation du pinkwashing israélien est récurrente au sein d’associations palestiniennes ou libanaises3.

L’idée fait son chemin que ce n’est pas l’homosexualité qui aurait été « importée de l’Occident », comme l’assènent les homophobes (pouvoirs et sociétés), mais qu’en revanche, l’homophobie aurait été importée ; au-delà de la discussion il y a des faits, soit certains codes pénaux mis en place au moment de la colonisation et que les indépendances n’ont pas remis en cause.

L’adresse à Cameron « Pas en notre nom », qui refuse que soit instrumentalisé l’assassinat d’homosexuels à Mossul pour justifier une intervention militaire, etc.

L’association HELEM a participé aux actions contre la guerre d’Irak, au front Samidoun au moment de l’agression israélienne au Liban en 2006, etc.

Selon Saleem Haddad (qui vit en Angleterre) : « (…) Et enfin, la tendance croissante à lier la sexualité dans le monde arabe ou musulman avec la rhétorique de l’islamophobie et la « guerre contre le terrorisme » qui exploite les individus LGBT et autres minorités sexuelles et de genre pour ces récits politiques et militaires plus larges. En fin de compte, je pense que la solution est d’écouter la diversité des histoires venant de la région plutôt que de chercher un seul récit, de développer une solidarité qui reconnaisse aussi une partie de l’histoire coloniale chargée et présente entre l’Occident et le monde arabe, et à comprendre les droits sexuels et de genre dans le cadre d’une lutte plus large pour la liberté, la justice et l’égalité pour tous les citoyens de la région »4

LES LGBT et les autres minorités opprimées

Les LGBT mêlent leurs luttes à celles d’autres minorités. Le drapeau arc-en-ciel peut être ainsi arboré en même temps que le drapeau amazigh. Les LGBTIQ des territoires occupés ont appelé au boycott de la Pride de Tel Aviv en 2016. La rencontre des militants LGBT de la diaspora arabe avait inscrit parmi ses objectifs : Engager la diaspora [LGBT, NDLR] dans la lutte des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Les gays du Khouzestan développent des luttes spécifiques indépendantes des gays d’Iran, en tant que minorité nationale, incriminée par le pouvoir central tour à tour d’« alcoolisme », de « débauche », d’« homosexualité » de « viol », parce qu’arabes, etc.

Helem est ouverte aux réfugiés palestiniens, puis aux irakiens ou autres qui fuient les persécutions sur la base de leur orientation sexuelle.

Le festival organisé en Tunisie en mai 2015 et mai 2016 par Chouftouhounna est une initiative qui se présente ainsi, « Chouftouhonna, le Festival International d’Art Féministe de Tunis, a pour origine un petit collectif de femmes qui se sont questionnées sur les conditions d’accès à l’art et à la culture pour elles et leurs sœurs dans le contexte actuel du pays. […]

En effet que ce soit dans le chemin vers la production ou bien celui vers la consommation d’œuvres quelles qu’elles soient, celui-ci est semé d’obstacle. Ces obstacles adoptent différents visages, selon les cas, racisme, religion, patriarcat, élitisme, tradition, éducation, classisme,… Et de ceux-ci découlent discriminations et violences auxquelles nous devons faire face chaque jour.

Ces visages, nous avons décidé de les affronter. Le meilleur moyen de lutter contre la peur est le savoir. […]

Chouftouhonna une initiative artistique bien sûr ! Mais aussi et avant tout, activiste »5

La réaction des pouvoirs en place et des sociétés

Dans les autres pays, les réactions des pouvoirs en place peuvent être contradictoires, ainsi :

Déclarer dans la même phrase comme l’a fait Moqtada Al Sadr (dirigeant du mouvement des Déshérités en Irak) en août 2016 qu’il faut que les exactions à l’encontre des LGBT cessent tout en réaffirmant que l’homosexualité est une « maladie psychologique ».

L’ambassadeur des Émirats Arabes Unis Youssef Al Otaïba, se fend d’une condamnation de la tuerie haineuse d’Orlando, sans toutefois préciser qu’il s’agit d’une tuerie homophobe, tandis que les ambassadeurs des pays arabes se taisent.

Deux pays ont légalisé les opérations chirurgicales de réassignation de sexe : les Émirats Arabes Unis en 2016 et l’Égypte en 2013, et la minorité arabe d’Iran y a accès dans la mesure où il s’agit d’une mesure beaucoup plus ancienne. Cette légalisation vise a supprimer l’homosexualité.

Au Liban, des évolutions sont régulièrement enregistrées au niveau juridique. L’article 534 du code pénal punit les relations sexuelles contraires « à l’ordre de la nature », une formulation sujette à diverses interprétations, qui a permis en 2009 de faire acquitter deux homos à Batroun, le juge ayant estimé que « l’homosexualité […] fait partie de la nature ». Et en janvier 2017, le juge unique du tribunal du Metn n’a pu poursuivre un couple pour la même raison et en s’appuyant sur un article protégeant la liberté d’expression6. Des évolutions d’ordre juridique concernant les trans également puisque le 29 janvier 2014 le juge Naji Dahdah acquitte une trans en se fondant sur l’« égalité de tous les libanais » prévue par la Constitution et sur la résolution (non contraignante pour le Liban) du 17 juin 2011 du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies qui prévoit « la lutte contre les atteintes aux personnes sur la base de leurs orientation sexuelles ». Hanet Hanna, juge de la Cour d’Appel de Beyrouth, confirme le droit d’une femme trans à faire modifier son identité, lui ouvrant l’accès aux traitements et à une vie privée, une décision importante dans la mesure où il s’agit d’une Cour d’Appel.

Une telle évolution, qui repose néanmoins sur des décisions individuelles de juges, peut amener un débat sur la stratégie à suivre dans un pays où l’abrogation de l’article 534 était un axe de lutte essentiel.

Plus généralement, c’est la répression seule qui domine. En plus de la répression qui vise tous les LGBTIQ (criminalisation pénale, répression sociale et tortures spécifiques7), les militants ou ceux et celles qui les soutiennent, voire se contentent de leur donner la parole, sont à leur tour réprimés.

Le groupe libanais de rock alternatif, Machrou Leïla, a été considéré comme porteur de valeurs « contraires à celles du pays » et interdit de se produire à Amman.

Généralement, les formes d’expression militantes attaquées : Gay Day magazine n’existe plus depuis décembre 2015 et depuis que le ministre tunisien des droits de l’homme l’a mis au pilori, son fondateur vit dans la semi clandestinité. La pièce de théâtre Mrajel voit sa représentation annulée au dernier moment au théâtre municipal de Tunis, sans explication, en novembre 2015.

En Tunisie, les autorités répriment l’homosexualité, mais légalisent une association. (Le 4 janvier 2016, un tribunal de Tunis suspend pour trente jours l’activité de Shams). Puis Mohammed Salah Aïssa, le ministre de la Justice tunisien, déclare sur Shems FM en septembre 2015 : « Le problème, c’est l’article 230 […] Après l’adoption de la nouvelle constitution, il n’est plus admis de violer les libertés individuelles, la vie privée et le choix personnels, même sexuels »8. Un mois plus tard, il est démis de ses fonctions, le porte parole du gouvernement lui reprochant une accumulation de déclarations qui manquent de sérieux. (Une prise de position qui rappelle les déclarations de Lahcen Haddad, ministre marocain du Tourisme en 2015 en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité, suivies de son rétropédalage). Les militants de Shams sont menacés et agressés :

« Le 29 août 2016 vers 10 heures, un homme inconnu s’est adressé au défenseur des droits de l’homme près de l’hôtel Majestic au centre de Tunis. Il lui a dit qu’il reconnaissait son visage et l’a frappé à la tête et aux côtes et à l’estomac il l’a battu alors qu’il était à terre. L’attaquant a répété des phrases homophobes et des insultes tout en battant le défenseur des droits humains. Selon Belhedi, un policier qui se trouvait à proximité n’est pas intervenu pour le protéger ou pour arrêter l’agresseur. L’agression a causé des ecchymoses sur le cou du défenseur des droits humains.

Ce n’est pas la première fois que Bouhdid Belhedi a été agressé et menacé. Le 27 avril 2016, un groupe de trois hommes a brutalement agressé Bouhdid Belhedi dans sa ville natale de Hammamet. En juin 2015, à la suite d’une interview accordée à la chaîne de télévision Nessma TV au sujet de Shams, il a reçu des menaces de mort et a subi de la part de personnalités religieuses des propos diffamatoires sur les médias sociaux »9.

Les autorités yéménites bloquent l’accès à des sites LGBT.

A Oman, Omantel bloque le blog Comunity Queer.

D’autres sont purement et simplement assassinés comme en Libye, après passage devant des cours : le 30 avril 2014, Ali Shalwi, Saad Fakhakhiri et Nassib Jazawi sont exécutés à l’issue d’un procès devant un tribunal de l’EI en Libye.

Et quand les autorités ne répriment pas directement les militants, elles s’en prennent à ceux et celles qui pourraient leur servir de relais, ne serait-ce qu’à titre ponctuel et dans un but strictement professionnel, comme en témoigne l’attitude des autorités du Sultanat d’Oman : les autorités omanaises engagent des poursuites contre Samir Al Zakwani, rédacteur en chef de The Week, hebdomadaire anglophone local, le 5 septembre 2013, suite à la publication d’un article « The Outsiders » sur l’homosexualité à Oman. L’auteur de l’article, anonyme, est aussi concerné par la procédure. Cette publication sera dénoncée aussi par l’Association des journalistes omanais qui a demandé au ministère de l’Information de sanctionner l’hebdomadaire. Après avoir retiré l’article controversé du site Internet de l’hebdomadaire en 2013, l’éditeur du site a publié ses excuses au peuple omanais.

En 2015, Radio Monte Carlo Doualiya (MCD) s’arrête à Oman après des plaintes suite à l’interview d’un militant gay omanais, qui intervenait anonymement. MCD fait partie du service radio international français de Radio France Internationale et avait lancé en janvier de la même année lancé une version omanaise.

Un mandat d’arrêt a été émis en février 2017 contre Abbad Yahya, un jeune romancier de Cisjordanie. Son dernier polar, Jarima fi Ramallah (Un crime à Ramallah), a été saisi par les autorités en Cisjordanie et à Gaza. Si l’auteur était de passage au Qatar, l’éditeur, lui, Fuad Alaklik, a été interpellé et relâché.

Jarima fi Ramallah met en scène trois jeunes de la génération post-Seconde intifadha face à un assassinat commis dans le café où ils travaillent. Les soupçons vont se porter sur l’un d’eux, homosexuel, qui bien qu’innocent, est poursuivi et acculé à l’exil. Le procureur général de Palestine, Ahmed Barak, estime que le livre comporte des textes et termes dont la connotation sexuelle menacent la « moralité et la pudeur publiques, et qui pourraient affecter la population, en particulier les mineurs. »

Selon Murad Sudani, le président de l’Association des écrivains palestiniens : « C’est un roman stupide qui viole les valeurs nationales et religieuses de notre société pour flatter l’Occident et gagner des prix. Ma liberté d’écrivain s’arrête aux limites de la liberté du pays ». L’auteur a reçu le soutien des responsables de la Culture de l’Autorité palestinienne et de l’OLP10.

Ehna (Nous), destiné à la communauté LGBT d’Égypte poste le 27 mai 2012 sur sa page Facebook : « Nous sommes contraints de fermer le magazine en ligne pour des raisons de sécurité. Nous vous présentons nos excuses et vous remercions pour votre patience »11.

Les militant.e.s sont condamné.e.s à la clandestinité ou à l’hostilité sociale ; se développe un autre mouvement, de fuite cette fois-ci, face aux exactions, persécutions, menaces, perpétrées tant par les pouvoirs en place que par des sociétés. Cet exil, principalement à destination de l’Europe, est encouragé par le fait que les pays européens reconnaissent désormais l’orientation sexuelle comme un motif de demande de protection. La Cour Européenne de justice a reconnu le 7 novembre 2013 que les demandeurs de protection homosexuels, originaires de pays pénalisant l’homosexualité, peuvent constituer un groupe social spécifique et se voir octroyer le statut de réfugié dans le cas d’une législation pénale prévoyant une peine d’emprisonnement pour homosexualité. Cette décision, quoi que limitée, marque les prémices de la prise en compte des spécificités liées à l’orientation sexuelle dans le cadre de la protection internationale.

Ainsi, Hédi Sahli, vice président de Shams, en décembre 201512, Alaa Jarban du Yémen, part au Canada, Zak Ostmane, fondateur de Trans Homo DZ, quitte l’Algérie pour la France. D’autres tentent de se suicider : Ahmed Ben Amor, vice président de Shams, les 9 et 16 juillet 2016 en Tunisie. « Il y a plusieurs causes, parmi lesquels les lynchages, les harcèlements mais aussi les pressions exercées sur lui. Par exemple, il se fait suivre dans la rue, il reçoit des menaces de mort et une voiture a déjà failli le renverser. Depuis qu’il est passé à la télé, il est reconnaissable et donc une cible. »13.

Un nombre conséquent d’activistes LGBTIQ trouve une solution en exil14.

Les contre révolutions vont dévaster les petits espaces militants contraints à espacer, voire suspendre leurs activités particulièrement en Libye, Irak, Bahrain, Syrie ou au Yémen, (à Taez et Aden au Yémen par exemple, où les LGBTIQ encourent la peine de mort en vigueur au Yémen à laquelle il faut ajouter la contre révolution menée par AQAP et les Houthis, soit les assassinats).

La contre révolution peut revêtir une dimension homophobe affichée : à Bahreïn, immédiatement après les premières manifestations de février 2011, soit le 5 février 2011, la police a fait une descente dans une fête décrite par des informateurs comme une « gay party » et arrêté 127 hommes dont 100 auraient été expulsés, les « migrants » étant selon la propagande officielle « efféminés » ou « gays ». Et par extension, le terme « gay » est attribué aux « chiites » et aux opposants. En Irak, les jeunes [au look] « émo » sont qualifiés de « gens de Sodome » et exécutés.

En Tunisie, Bouhdid Belhedi (Shams) relève à propos d’un ancien propagandiste du régime de Ben Ali, revenu en grâce : « en réponse à la position de l’Organisation Mondiale de la Santé [qui a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales depuis 1990, NDLR] il a assimilé l’OMS à l’Amérique, l’Amérique au sionisme et le sionisme à un complot pour détourner l’attention du terrorisme »15.

La répression à l’origine d’un nouveau militantisme

Les tentatives de suicide sont parfois vécues comme un acte militant. Mis en demeure de renier leur sexualité, les militants refusent ce déni et se suicident pour revendiquer leur orientation sexuelle. Ce geste est alors un coming out renouvelé. Rania, une trans syrienne survivant à Beyrouth l’exprime ouvertement.

La répression est à l’origine de nouvelles initiatives militantes, telles la publication par le collectif Aswat au Maroc d’une vidéo pour sensibiliser les homosexuel.le.s sur leurs droits en cas d’arrestation à l’occasion du 10 décembre 2016, une vidéo en langue française toutefois.

Février 2017, un slogan : Ouhibbou al mithliyyin wa lastou minhoum, (soit : je ne suis pas gay mais je les soutiens) fait le buzz sur Twitter en Arabie Saoudite.

Cet article n’a pas mentionné les initiatives nées en exil. Certaines sont pourtant le produit de la révolution et de la contre révolution. Iraqueer, notamment, a été créé en Suède par un exilé irakien, Amir Ashour, originaire de Sulaymanieh, dans le Kurdistan (qui aurait été arrêté et maltraité en raison de son orientation sexuelle, selon The Independant16), qui a quitté son pays en 2014 et s’adresse aux LGBTIQ d’Irak et du Kurdistan irakien.

C’est le cas également d’Hajer Moutawakil, qui aurait quitté le Maroc pour se réfugier en Turquie17 après son coming-out, mais continue de militer. En exil également, on assiste à l’émergence d’un nombre incalculable de page Facebook en défense des LGBTIQ arabes, comme IRAQI LGBT (Arizona), qui s’exprime… en anglais18.

Lors de la Stockholm Pride, un groupe a défilé avec une pancarte « Proud Assyrians for Human Rights », un drapeau arc en ciel et un drapeau assyrien.

Alaa Jarban, militant yéménite réfugié au Canada, continue de se mobiliser, notamment à travers sa participation à Equitas Gala for Human Rights à Montréal le 11 février 2016.

Les activistes de Shams s’exilent : Hedi Sahly continue son combat depuis la France, suivi par Jalel Tlili et Ahmed Ben Amor.

Yak Ostmane (Trans Homo DZ) participe à l’AG constituante de la section de Shams France le 14 juin 2016.

Abdullah Al Busaïdi (Oman) milite pour les LGBTIQ depuis son exil forcé en Allemagne19.

Randa Lamri quitte l’Algérie pour le Liban, puis demande l’asile en Suède où elle milite au sein de Swedish Federation for LGBTQ Rights.

Yahia Zaïdi, arrêté en Algérie à17 ans, chargé de projets de prévention contre le VIH-SIDA pour les gays d’Oran et d’Alger (au sein de l’association pour l’information sur les drogues et le sida) s’exile en Belgique en 2011. De là, il contribue à l’organisation du stage annuel de MantiQitna.

Mahmoud Hassino (Syrie), fondateur de Mawaleh et organisateur de Mr Gay Syria à Istanbul en 2015, a été arrêté et a quitté la Syrie pour la Turquie puis a demandé l’asile en Allemagne en 2014. Il travaille au Centre de Berlin pour les réfugiés LGBTIQ (Schulenberatung Berlin).

Ainsi, l’émergence de la mobilisation LGBTQI coïncide avec la montée des luttes sociales et démocratiques qui ont débouché sur les processus révolutionnaires arabes. Ces derniers ont ouvert aux structures LGBTIQ de nouvelles perspectives, qui se sont traduites par l’émergence de personnalités (les auteur.e.s de coming out), un foisonnement de structures, de sites, pages Facebook, écrits et l’explosion de mobilisations de rue inédites. Les LGBTQI organisés le font sur leurs propres bases, reflétant la fragmentation de leurs identités, la faiblesse du soutien de la société civile et l’absence des partis politiques.

Les militants LGBTIQ se coordonnent au niveau régional et international et autre particularité notoire, à la différence d’autres groupes ayant émergé pendant le processus révolutionnaire (écologistes, femmes) ils ont dû faire face à l’hostilité des révolutionnaires eux-mêmes. La question a ouvert une brèche au sein des révolutionnaires et les militant.e.s sont souvent acculé.e.s à l’exil, d’où ils développent une nouvelle activité, tournée vers les LGBTQI restés au pays.

Luiza Toscane

8 mars 2017

Cet article doit beaucoup à la relecture et aux remarques de Lotfi Chawqui et Loe Moindreau. Qu’il.elle. en soit ici remercié.e.

Publié sur ESSF

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article40519

7 Ce n’est pas le sujet de l’article, mais il suffit de citer : les employeurs au Liban qui recourent aux licenciements déguisés en départs volontaires. Les LGBT qui subissent « le supplice de la colle » en Irak, à base d’une colle (fabriquée en Iran) si puissante qu’elle obture l’anus et conduit à la mort de la personne

10 Se reporter à l’entrevue avec l’auteur :

http://www.masrawy.com/News/News_Various/details/2017/2/13/10278

11 Traduction de l’auteure

12 Se reporter au témoignage d’Ahmed Ben Amor : https://www.youtube.com/watch?v=M30Mo-HNSAA

14 Se reporter à l’entrevue de Maguy Margabi, transgenre vivant en Allemagne :

https://www.youtube.com/watch?v=RCO4BGDx_HU&feature=youtu.be, ou

https://www.youtube.com/watch?v=6wk2OIM0oro

ou à celui de Khalid Youssef, Jordanien exilé au Canada après son coming out :

https://www.youtube.com/watch?v=3tEpE94iPiY

16 « Iraq’s only openly gay activist on how he’s fighting to make his country safer », 16 août 2016

17 Barlamane.com, 12 décembre 2015.

18 « Rapport sur la situation des personnes LGBTQI en Tunisie », 23 février 2007.

http://kapitalis.com/tunisie/2017/02/23/situation-des-personnes-lgbtqi-en-tunisie/

19 « We have a Voice, we will use it » (vidéo en anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=91xvrVE2cvU

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