Rebecca Mott : À propos de celles qu’on accuse de « ne pas être à la hauteur »

Une des phrases que répètent constamment les propagandistes de la prostitution à propos des femmes qui en sont sorties, c’est qu’elles « n’étaient pas à la hauteur »…

Elles n’étaient pas adaptées au « travail du sexe ».

Elles n’avaient pas la force mentale nécessaire.

Elles haïssaient les hommes et donc n’auraient pas dû se retrouver en prostitution.

Elles auraient dû mieux se renseigner avant d’entrer dans l’industrie du sexe.

Par où commencer pour réagir à des propos aussi stupides et aussi lourds de cruauté mentale ?

Le lobby de l’industrie du sexe essaie de donner l’impression qu’il existe une forme ou une autre de formation à la prostitution.

Que tout ce dont une femme a besoin, c’est d’une volonté ferme et de quelques tuyaux, et qu’ensuite la prostituée sera en sécurité et heureuse.

Ce lobby maquille le fait que tous les dommages causés aux femmes prostituées sont le fait des prostitueurs et des profiteurs de l’industrie du sexe.

Au lieu de le reconnaître, il place tout le blâme et la culpabilité sur la prostituée, qu’il accuse d’être « faible ».

C’est le truc classique de blâmer les victimes, un geste bien plus facile que de mettre l’accent sur les prostitueurs et les profiteurs de l’industrie du sexe.

Blâmer la prostituée est rassurant, d’autant plus que ce blâme comprend l’idée que la personne prostituée ne peut jamais être entièrement humaine.

Examinons donc cette prétendue faiblesse.

Un argument typique du lobby de l’industrie est la fausse idée que les prostituées reconnaîtront et seront en mesure d’écarter les acheteurs violents.

Le lobby prétend que ces hommes ne sont que de rares exceptions, que la majorité des prostitueurs respectent les personnes prostituées et ne franchiraient jamais ses limites.

Cette fiction n’a rien en commun avec la réalité de ce qu’on vit dans la prostitution. Elle démontre que ce lobby est surtout un ramassis de prostitueurs, de profiteurs vivant de cette industrie et de leurs complices universitaires.

Les prostitueurs violents ne respecteront jamais un « Non »; ils pensent qu’acheter la personne prostituée leur permet de lui faire tout ce qu’ils veulent, que son consentement est sans importance.

Leur argent ou leurs cadeaux sont assimilés à l’achat du consentement : la volonté de la femme, sa douleur, sa crainte et son droit à une pleine humanité sont balayés du revers de la main.

Alors, comment prétendre, dans ce contexte réel, que n’importe quelle femme prostituée a le contrôle ou la capacité de faire obstacle à la violence de ces hommes ?

Le lobby de la prostitution prétend que la prostituée peut et doit aller chercher le prostitueur, mais qu’elle n’a qu’à le rejeter si elle détecte une menace.

Ha ! Quelle sinistre blague !

Il est extrêmement rare que les prostitueurs se présentent ou se comportent au départ avec violence, et même quand ils le font, il est presque impossible pour une femme de les refuser.

Il est le consommateur, le client, il doit obtenir ce pour quoi il a payé ; c’est son droit et son privilège.

Pour une prostituée, dire non à un prostitueur équivaut à mettre sa vie en danger, ou à sacrifier son accès à de l’argent.

Le prostitueur va habituellement refuser de tenir compte de son refus et peut s’en servir comme excuse pour se montrer encore plus sadique. Il ira même jusqu’à l’assassiner pour avoir résisté.

Il est courant que les femmes prostituées qui disent non trop souvent sont affectées, en représailles, vers des secteurs encore plus dangereux de la prostitution.

Une stratégie courante de l’industrie du sexe pour punir les femmes prostituées qui osent dire non est de leur envoyer des prostitueurs sadiques qui leur imposent souvent des viols en groupe et des violences anales extrêmes.

Dire non en tant que prostituée équivaut à se mettre en danger de mort.

Alors, comment ose-t-on qualifier ces femmes de « faibles » !

Rebecca Mott, sur son blog, le 27 mars 2017

Écrivaine et conférencière, Rebecca Mott vit à Manchester en Grande-Bretagne et tient un blogue à titre de femme sortie de la prostitution

Version originale : https://rebeccamott.net/2017/03/27/some-women-just-cant-take-it/

Pour appuyer financièrement la démarche d’auteure de Rebecca, servez-vous du bouton Paypal sur son site Web pour lui faire un don.

https://tradfem.wordpress.com/2017/03/27/rebecca-mott-a-propos-de-celles-quon-accuse-de-ne-pas-etre-a-la-hauteur/

De l’auteure :

Conséquences : rebecca-mott-consequences/

« Putophobe ! » : rebecca-mott-putophobe/

Noël etc. : noel-etc/

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Une réponse à “Rebecca Mott : À propos de celles qu’on accuse de « ne pas être à la hauteur »

  1. merci pour la traduction, j’ai beaucoup de mal à lire Rebecca dans le texte original, et ce qu’ele écrit est fondamental.

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