Jazz sous les Pommiers, 36e édition – L’Ascension du jazz


Cette année se situe après l’élection présidentielle mais avant la fin des élections législatives. Un contexte que ne perturbera pas le festival, seulement les festivalières et festivaliers. Le soleil sera de cette fête des jazz et des musiques cousines, un peu de bossa, un peu de funk, un peu de Dub, sans parler du hi hop, du reggae ou du rap comme de l’électro. Il faudra ajouter à ces musiques noires, celle du Portugal – le fado -, de la Turquie – une pensée pour ce pays -, de la Syrie en proie à une répression violente. Les musiques permettent aussi de prendre conscience des drames d’un monde en train d’éclater. Naïssam Jalal, flûtiste franco-syrienne, évoquera les combattants de la liberté en Syrie et en Palestine.

Jazz sous les Pommiers, comme tous les autres festivals, n’oublie pas les scolaires, les jeunes pour les faire pénétrer dans cet univers particulier. Un effort nécessaire pour éviter que le festival ne se fasse à côté d’elles et eux, pour les intégrer et éviter tous les clichés autour du « jazz, musique d’intello ».

Pour lutter aussi contre cette idée toute faite, je proposerai une conférence – le jeudi 25 mai à 18h30 aux Unelles, salle Barbey d’Aurevilly – sur le centenaire du premier disque de jazz, un 78 tours, une nouveauté, de l’Original Dixieland Jazz Band enregistré le 23 février 1917. Pour dé:montrer que le jazz est une musique de la révolte. C’est le titre de mon prochain livre à paraître : « Le souffle de la liberté », C&F éditions.

La trompettiste Airelle Besson, qui termine sa résidence à Coutances, proposera une création artistique et pédagogique : « Chansigne » qui se veut expérience musicale pour enfant malentendants. Anne Pacéo, batteure, se tournera vers les musiques birmanes pour en faire une source du jazz – ou l’inverse – en une création où elle prend des risques. Raison de plus pour y aller voir et entendre le résultat de cette confrontation pacifique.

Les « vedettes », comme à l’habitude, ne manquent pas. Dés l’ouverture avec le trio Ponty – Jean-Luc est en enfant du pays – Lagrène – Birelli se fait compositeur et Eastwood – Kyle est le fils dans la famille et joue de la contrebasse – suivi le dimanche par la journée des fanfares, un rassemblement familial sous un soleil sympathique. Youn Sun Nah, chanteuse d’origine sud coréenne, fait son retour à Coutances, Oumou Sangaré est à découvrir et la soirée blues – du mardi – fera entendre les voix de Harrison Kennedy (avec Jean-Jacques Milteau) et de Lurrie Bell, un natif de Chicago, fils de Carey Bell.

La grande découverte sera sans doute le pianiste Fred Hersh qui fête ses 60 ans et fait partie des grands serviteurs du piano-jazz dans la lignée de Bill Evans sans oublier tout le jazz libre de ces années de faux que furent les années 1960. Pat Metheny, guitariste essentiel qui fait l’objet d’un long article dans le numéro de mai de Jazz Mag, Jan Garbarek et Michel Portal pour les saxophonistes prestigieux qui ont marqué leur temps, Fidel Fourneyron évidemment pour évoquer la musique cubaine et Paul Lay, pianiste, qui a remporté le prix Django Reinhardt 2016… Entre autres…

La « scène aux amateurs », des concerts gratuits qui permettent de découvrir les élèves des écoles de musique et, peut-être, des talents de demain… Ne craignez pas d’aller entendre les nouveaux venus, partez à la découverte, il vous en restera toujours quelque chose… Le ciel vous attend, il ne tient qu’à vous d’y monter…

Nicolas Béniès

Jazz sous les Pommiers, Coutances, rens. 02 33 76 78 50

jsp@jazzsouslespommiers.com

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