Homophobie ordinaire, refus de l’égalité des droits, violences verbales et physiques

« L’année 2017 voit paraître le 21e Rapport annuel sur l’homophobie. 23 années d’existence pour SOS homophobie et 21 publications faisant le constat de l’intolérance, du rejet et de la haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans n’auront donc pas été suffisantes pour faire reculer ces fléaux en France. Cette année confirme la hausse régulière du nombre de témoignages reçus, attestant d’une homophobie et d’une transphobie durablement installées au-delà du pic de témoignages reçus entre 2012 et 2014, lié au contexte des débats sur le mariage et l’adoption.

1575 témoignages ont ainsi été enregistrés en 2016. La lecture des chiffres met en avant ce qu’on pourrait qualifier de lesbophobie, de gayphobie, de biphobie et de transphobie du quotidien, laissant penser que la parole homophobe libérée et médiatisée ces dernières années a légitimé une « homophobie ordinaire », qui s’exprime d’autant plus que les personnes LGBT sont désormais visibles. Il est frappant de remarquer que les violences verbales et les agressions se produisent essentiellement dans des contextes liés à la vie quotidienne, en famille, dans les lieux publics, le voisinage, au travail et dans le milieu scolaire, où les victimes sont de plus en plus jeunes.

La situation est préoccupante : en 20 ans, l’homophobie ordinaire, faite essentiellement d’ignorance et de rejet, s’est transformée en refus de l’égalité des droits et en violences verbales ou physiques assumées à l’égard des personnes lesbiennes, gays, bi et trans. Ne laissons pas cette homophobie et cette transphobie perdurer! Nous continuerons aussi longtemps qu’il le faudra à interpeller nos gouvernant-e-s pour obtenir la fin des discriminations et une véritable égalité des droits. Nous devons persévérer pour obtenir l’accès à la PMA pour toutes les femmes, pour simplifier les procédures de changement d’état civil pour les personnes trans, pour permettre le don du sang en se basant sur les comportements à risques plutôt que sur des groupes à risques… Plus généralement, nous devons rester mobilisé-e-s pour porter nos revendications politiques plus haut et fort que nos opposant-e-s. »

Des avancées législatives et la violence extrême de celles et ceux qui combattent l’égalité des droits, la tolérance aux discours de haine, l’expression libre et décomplexée de la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie.

Un rapport sur les manifestations et les violences homophobes en 2016, des analyses et des descriptions, centrées sur la parole des principales et principaux intéressé-e-s…

Agressions physiques, agressions sexuelles, discriminations, rejets, insultes, menaces, diffamation, harcèlement, outing…

Dans les commerces et services, dans la famille et l’entourage proche, sur Internet, dans les lieux publics, dans les médias, dans les milieux scolaires et dans l’enseignement supérieur, dans les milieux sportifs, au travail, dans les relations de voisinage, à l’international…

Les attitudes de la police-gendarmerie-justice, les avancées et les promesses non tenues par les politiques, les croyant-e-s et les corps religieux, les médecins et la santé…

L’insupportable à vivre et à revivre, la des-estime de soi, les violences, la peur comme ombre permanente, les interrogations, ces proches soit-disant aimant-e-s, l’invisibilité, ces petites remarques et questions au quotidien qui minent la vie…

Je regrette les petites allusions à la GPA, certes qui ne sont pas une revendication de celle-ci ; mais cela ne relève ni du combat pour l’égalité des droits ni de la lutte contre l’homophobie.

Je suis aussi dubitatif sur la prédominance de la descendance « génétique », l’importance prise pour certain-e-s, hétéro et homo, pour la conservation des gamètes. La valorisation de « son » sang, de « son » sperme ou de « son » ovule au détriment des liens sociaux toujours à construire, ne me semble pas participer de l’émancipation.

Des tristes témoignages des différentes formes d’homophobie, les marques prégnantes de l’« idée de nature », de la croyance en « la différence des sexes », de la « contrainte à l’hétérosexualité »…

Il ne faut pas s’y tromper. L’homophobie et le sexisme (comme par ailleurs le racisme) exprime la rage de celles et ceux qui sont effrayé-e-s par le possible bouleversement des rapports sociaux dans une société qui ne leur offre qu’un refuge dans des traditions fantasmées et inventées (voir sur ce sujet, Andrea Dworkin : Les femmes de droite, ce-qui-parait-le-plus-noir-cest-ce-qui-est-eclaire-par-lespoir-le-plus-vif-texte-integral/)

Face aux relents réactionnaires, et aux conditions socio-politiques qui les favorisent, il convient d’assumer les possibles émancipateurs en termes d’égalité et de liberté, de rendre effectives les promesses d’une radicale modification des rapports sociaux, de permettre le développement d’expériences sociales collectives – dans des cadres auto-organisés -, de tracer des pistes crédibles et majoritaires – y compris en termes législatif ou institutionnel -, de rupture avec l’ordre/désordre existant…

Une brochure à acheter ou à télécharger sur le site :

https://www.sos-homophobie.org/article/21eme-rapport-annuel-de-sos-homophobie-face-aux-lgbtphobies-le-temps-des-responsabilites

A faire connaître. Nous sommes toustes concerné-e-s.

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En complément possible :

Pas d’égalité des droits sans lutte contre les LGBTphobie, pas-degalite-des-droits-sans-lutte-contre-les-lgbtphobies/

Nouvelles Questions féministes : Homophobie, derriere-la-fausse-neutralite-du-mot-ne-pas-oublier-lhetero-sexisme/

CGT : Gagner l’égalité des droits des LGBT dans le monde du travail.. Guide d’action syndicale, ne-plus-sous-estimer-limportance-des-actes-lgbtphobes-verbaux-et-comportementaux/

Line Chamberland : Gais et lesbiennes en milieu de travail. Rapport de synthèse de recherche, des-chums-et-des-blondes/

Gwen Fauchois : Le quinquennat du qui perd gagne. L’homophobie valeur de rassemblement, le-quinquennat-du-qui-perd-gagne-lhomophobie-valeur-de-rassemblement/

Jean Batou : Orlando : un massacre homophobe et raciste, orlando-un-massacre-homophobe-et-raciste/

Jacques Fortin : ORLANDO : penser mondial, penser l’homophobie, penser solidarité, orlando-penser-mondial-penser-lhomophobie-penser-solidarite/

Cy Jung : Plus que jamais, Pride !plus-que-jamais-pride/

Fiertés lgbt contre la haine et les conservatismesfiertes-lgbt-contre-la-haine-et-les-conservatismes/

Luiza Toscane : « Être homophobe n’est pas révolutionnaire » – Les luttes LGBTIQ dans l’orbite du processus révolutionnaire arabe :

Première partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-partie-1/

Seconde partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-seconde-partie/

Troisième partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-troisieme-partie/

Amandine Miguel – Arnaud Gauthier et Robert Simon : La France, pays des droits de l’« Homme », un modèle pour les droits des femmes ?, la-france-pays-des-droits-de-l-homme-un-modele-pour-les-droits-des-femmes/

Nicolas Tristan : Lutter contre l’homophobie, c’est lutter contre l’impérialisme, lutter-contre-lhomophobie-cest-lutter-contre-limperialisme/

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Sos homophobie : Rapport sur l’homophobie 2017

Lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie

Paris 2017, 170 pages, 10 euros

Didier Epsztajn

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