Pour une charte mondiale pour la protection sociale

Lors du Forum des Peuples Asie – Europe en juillet 2016 à Ulaan Baator, l’initiative fut prise de rédiger une Charte mondiale pour les droits à la protection sociale. L’Organisation internationale du Travail a adopté, en 1952, une convention sur les normes minimales de la sécurité sociale. Néanmoins, les trois quarts de la population sociale n’ont pas accès à des systèmes de protection sociale compréhensifs et la moitié de la population mondiale n’a pas de protection sociale du tout. La protection sociale devrait garantir, à tous et à toutes, tout au long du cycle de vie, un revenu suffisant et un accès à des services sociaux afin de pouvoir faire face aux risques et aux accidents de la vie. Elle devra comprendre un ensemble d’initiatives et de mesures collectives et structurelles, basées sur la solidarité, afin de garantir les droits individuels et collectifs. Afin de réaliser ce droit à la protection sociale universelle et de lutter contre les inégalités, nous définissons les principes suivants en tant que référence pour tous les groupes qui préparent leur stratégie pour la lutte sociale :

  • Intégrer le droit à la protection sociale à la législation et les lois nationales. Les autorités nationales ont la première responsabilité de garantir la protection sociale. Celle-ci devra être basée sur les droits et organisée dans un but non lucratif. Tous les pays doivent ratifier et respecter les traités y afférents et intégrer le droit à la protection sociale à leurs lois nationales.

  • Respecter les normes fondamentales du travail et éliminer toutes les discriminations. Les systèmes de protection sociale doivent comprendre les normes fondamentales du travail de l’OIT, un niveau adéquat de salaires décents, ainsi que des niveaux de revenu minimum. Ils devront éliminer toutes les discriminations basées sur le genre, la race, l’ethnicité, la nationalité, la religion et l’orientation sexuelle. Elles devront inclure un ensemble de services sociaux, tels que le droit à l’eau, à l’éducation, aux transports en commun, à l’énergie et à la communication au logement, à la formation professionnelle, etc.

  • Garantir des mécanismes de financement basés sur la solidarité pour une protection sociale universelle. Même les pays les plus pauvres peuvent se permettre une protection sociale à condition d’avoir la volonté politique. Les ressources nécessaires pour un système de protection sociale bien développée devront être procurées par les niveaux national et international. Cependant, des politiques fiscales injustes, aux niveaux national et international réduisent la capacité des pays d’investir dans la protection sociale et les services sociaux essentiels. Davantage de coopération internationale sera nécessaire pour mettre fin à ces tendances destructives.

  • Impliquer les citoyens et les mouvements sociaux dans le développement et la gouvernance des systèmes de protection sociale. La conception, le développement, le contrôle et l’évaluation des politiques nationales et internationales de protection sociale devront faire l’objet d’un processus participatif, inclusif et démocratique. Les organisations sociales, tels les syndicats, les mutuelles pour la santé basées sur la solidarité, les organisations des paysans, des petites entreprises, du secteur informel et des travailleurs du secteur domestique savent mieux que quiconque ce que sont les besoins réels des gens. Un dialogue social structurel peut contribuer à créer un support public aux systèmes de protection sociale.

  • Suivre des politiques cohérentes pour renforcer la protection sociale aux niveaux national, régional et international. La protection sociale fait partie du processus de reproduction et ne peut être dissociée du processus de production, les deux étant orientés vers la soutenabilité de la vie. Par conséquent, les politiques publiques dans tous les secteurs ont un effet sur la capacité des pays de construire des systèmes de protection sociale englobant et universels, tels que les politiques environnementales et agricoles, les accords de libre-échange et d’investissement, etc. Les organisations financières et la coopération internationale en général ont une responsabilité énorme pour faciliter la tâche des Etats de procurer une protection sociale à tous/toutes.

Dans l’espoir que ces principes pour des systèmes de protection sociale universels peuvent servir de référence pour les mouvements nationaux et locaux et tous les groupes qui préparent leur stratégie de lutte sociale.

Francine Mestrum

Texte publié dans le bulletin de liaison du réseau Intercoll de mai 2017

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