Supprimer le chômage, changer le travail…

Aspirations, revendications et débats politiques tournent souvent autour d’une question-clé pour détruire le système capitaliste et le remplacer par une autre société : l’opposition entre « la centralité du travail » et « la liberté du travail »1. Présente dans les mouvements de chômeurs et précaires depuis trente ans2, elle s’est invitée presque clandestinement dans la campagne de la présidentielle…

Une « sécurité sociale professionnelle »… subversive ?

Résumons donc cette revendication dans les termes souvent trop marqués par l’univers des ‘négociations’ syndicales. Mettons en lumière les objectifs.

Depuis son congrès de 2003, la CGT affirme : « Nous voulons gagner des droits nouveaux, passer d’une vision réparatrice de l’indemnisation du chômage et du droit sur les licenciements à un droit de l’individu tout au long de sa vie qui le libère de sa dépendance au devenir et à la gestion de telle ou telle entreprise (…) de la fin de la scolarité obligatoire jusqu’à la mort ». Cette proposition a son équivalent du côté de l’Union Solidaires et les mêmes choix ont été adoptés par la FSU3. La convergence forte entre ces trois organisations est à souligner : « nous voulons passer d’une vision réparatrice de l’indemnisation de chômage et du droit sur les licenciements à un droit de l’individu tout au long de sa vie qui le libère de sa dépendance au devenir et à la gestion de telle ou telle entreprise ». Des projets semblables ont été discutés dans le PCF.

Cette continuité des droits y compris de la protection sociale serait la reconnaissance d’un statut professionnel permanent4. La nécessité d’une nouvelle règle générale correspond aux situations des salarié.e.s du secteur privé5.

Finançable ? Oui en changeant le dispositif du pouvoir

Depuis 2006, la CGT précise plusieurs sources de financements, faisant toucher du doigt les possibilités de réaliser cette exigence.

« – La solidarité financière doit avant tout venir de l’entreprise, prélevée sur la part des richesses créée ; nous sommes, dans ce cadre là, pour la mise en place d’un fond mutualisé des entreprises de branche ou de bassin d’emploi.

– Pour alimenter la Sécurité Sociale Professionnelle, nous proposons l’utilisation de la part du salaire socialisé notamment dédiée aux revenus de remplacement et fonds de garantie de salaires (ASSEDIC et ASS).

– L’autre grande approche financière est la réorientation des fonds publics qui sont soi-disant alloués à l’emploi et dont nous pouvons aujourd’hui mesurer le peu d’efficacité ! »

– Nous voulons que ces droits nouveaux soient attachés à la personne, qu’elle puisse en bénéficier toute sa vie (…) opposable à l’employeur. Et que ces droits nouveaux forment un socle interprofessionnel commun à tous les salariés.

Une argumentation plus technique peut être développée, en annexe.

Un nouvel individualisme

Une sécurité sociale professionnelle, un salaire garanti dès la sortie de l’enseignement obligatoire jusqu’à la retraite, permettrait une liberté nouvelle : « Une protection pour chaque salarié, de la fin de la scolarité obligatoire jusqu’à la mort », dit un texte CGT de 2006. Ce nouveau statut implique de remodeler des relations sociales. Opposée à la « flexibilité » dépendante, cette généralisation et cette consolidation de la protection sociale seraient un pas en avant pour un nouvel individualisme. Celui-ci sortirait des limites de la « propriété capitaliste » et des ‘titres’ hiérarchisés et inchangés. Ainsi auraient leur place des initiatives individuelles et collectives, le besoin de formation, « tout au long de la vie ».

Notre préoccupation principale, en grande partie exprimée par les propositions syndicales, est que s’affirme un but commun au plus grand nombre, en montrant comment tous les progrès des cinquante dernières années, avec un inventaire critique, pourraient servir au bien vivre de toutes et tous.

Comprenons que la critique du travail prend diverses formes de ressenti et de protestation. Surmonter l’opposition entre « supprimer le chômage » et « changer le travail » englobe des histoires individuelles et collectives très différentes. Critique « interne » aux relations de travail : sous forme de projets d’investissements individuels (la « souffrance au travail », corseté par le ‘management’). De même des aspects d’une réalité traditionnellement brutale (la souffrance due au travail indigne, épuisant).

Rappelons aussi ce phénomène trop souvent passé sous silence, dénoncé avec force pourtant, Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodal, une économie de la domesticité »6.

Une élaboration doit donc mettre en lumière la réponse commune possible à diverses situations : une démarche de lutte politique et culturelle : personne n’est de trop.

Le gâchis des capacités humaines, comme les destructions de la planète sont à combattre. Et nous devons aussi faire la critique d’une société où un « élitisme implicite » fait ressentir une hiérarchisation humiliante, implicite, des dévalorisations personnelles.

De ce dernier aspect nous ne parlons presque jamais, alors que là réside une grande part des freins à la parole, et en même temps au pouvoir démocratique.

Cette perspective d’une nouvelle phase des garanties pour les individus passe par une double rupture : le droit à de pas être rejeté de la société comme une force de travail invendable ; et donc la participation à un débat politique dont on entrevoit des possibilités : la réorganisation des services publics, de la production des biens, des relations différentes entre l’activité humaine et la nature. Il ne suffit pas d’un « décret » ou d’un grand soir pour que cela se produise : il y faut l’action de millions d’êtres humains, durant une nouvelle période, dans un nouveau rapport des forces7.

Un pas à faire pour une nouvelle phase de l’histoire

Ce projet comporte deux dimensions : à côté de l’acquisition de nouveaux droits qui libèrent le travail, la question centrale est celle de la baisse du temps de travail contraint par les productions et les tâches utiles socialement. Sans diminuer l’importance des revendications autour des 35h effectives et des 32h le plus vite possible, nous devrions nous souvenir que, dès 1977, la revendication des trente heures pas semaine était amplement justifiée par les possibilités de productivité de l’automatisation des années soixante et soixante-dix8.

Nous sommes actuellement aux prises, en fait, aux résultats obtenus par la bourgeoisie : dans les conditions nouvelles, le chômage de masse, la précarisation et la sous-traitance remplacent en partie le despotisme de fabrique.

Le choix des gouvernements de gauche, en France et dans divers pays d’Europe, leur servilité devant les « impératifs de l’économie » et du monétarisme ont permis une immense accumulation de plus-value investie aux quatre coins du monde pour profiter des ressources des pays ‘émergents’. Ainsi a été provoquée, voulue par certains, une crise de désorientation du mouvement ouvrier.

D’où une difficulté : le double impératif, supprimer le chômage et changer le travail, se heurte à la « phase de stagnation », une « onde longue récessive » au niveau mondial. Cela, ce peut être une discussion, n’implique pas de limiter les exigences aux possibilités du capitalisme du moment. Une hésitation est sensible, bizarre pour des courants qui veulent « une alternative au système » ! Une analyse plus critique – marxiste – fait apparaître d’autres réalités : « L’hypothèse d’une stagnation séculaire (…) impose en outre la nécessité de réfléchir sur la nécessité d’une transformation économique radicale parce que le paradigme néoclassique perdu ne sera jamais récupéré » 9. Cela ne doit pas être confondu avec « la fin du travail »… Certes, on a pu parler de « l’Age d’or du capitalisme (1945-1975) alors que les gains de productivité étaient beaucoup plus élevés ». Mais, comme le fait remarquer Michel Husson, dans son article de janvier 201610 : « le flux des innovations technologiques ne semble pas se tarir, mais c’est la capacité du capitalisme à les incorporer à sa logique qui est en train de s’épuiser ». Les nouvelles technologies ont été couteuses en investissement ; en faire payer les faux frais au nom de la ‘globalisation’ a été in fine profitable pour la classe dirigeante  car « cette augmentation de la composition organique du capital avait enclenché une chute du taux de profit ».

Curieux détour, ou vérification d’une réflexion d’anticipation de Marx11 ? Nous voilà avec des gains de productivité possibles mais non employés parce qu’ils ne rapporteraient pas assez de profits. Cela provoque un chômage massif en Europe comme aux USA et même dans les ‘pays émergents’ où les emplois créés en détruisent dans d’autres activités et régions. Pour les rendre utiles, il faut refuser et remplacer les éléments de propriété capitaliste concentrés entre peu de mains, qui contrôlent beaucoup d’institutions internationales.

Le chômage de masse prolongé et la précarisation actuelle appellent un horizon d’intelligibilité, pour s’adapter à la réalité de la nature et du monde social… Une nouvelle phase, dominée par la priorité de l’avenir de la vie sur cette planète, dépend du changement des rapports de propriété et de pouvoir

Nous voilà devant un triple problème : nos réponses comportent un engagement pour une alternative politique internationale écologique et sociale, une nouvelle dynamique altermondialiste dans l’organisation économique et sociale12.

Nous retrouvons ici des repères importants. « C’est comme puissance ennemie de l’ouvrier que le capital utilise la machine », comme disait Marx dans le Capital13.

La fragmentation sociale depuis des années est l’œuvre des contradictions entre les formes de propriété capitaliste et les potentialités des êtres humains comme des innovations technologiques. Il n’y a pas d’aménagements des politiques libérales qui puissent résoudre la question du chômage. Les entreprises et les capacités de production doivent devenir des biens communs dont les objectifs et les conditions quotidiennes, sont débattus dans des conditions démocratiques, pour une adéquation aux besoins sociaux et au respect des contraintes environnementales. D’immenses innovations et constructions d’alternatives au quotidien seraient liées à ce pas vers une sortie du système capitaliste. Cette option fait un écho mondialement et concerne autant les exigences féministes que l’urgence écologiste et les moyens de combattre le racisme comme les courants politiques rêvant de restauration du passé14. Viser un changement du travail lui-même est décisif.

Conclusion : une bifurcation historique ?

Pour mesurer l’enjeu, traçons une continuité du mouvement ouvrier, de février 1848 aux combats actuels. La question du travail et la définition de ce qu’il faut appeler démocratie, ne sont pas dissociables. Ce fil rouge reste tenace, deux siècles : l’individualisme de la concurrence et de l’exploitation contre l’individualisme de la coopération et de la liberté.

Un fragment de ces débats suffit. Adolphe Thiers15, pour la suppression du chômage, voulait annuler les « aides aux fainéants », parasites « qui font supporter à la société le prix de leur imprévoyance ». Tocqueville, lui, s’opposait tout autant au « droit au travail » et à l’organisation collective du travail portée par le mouvement socialiste du Compagnonnage ; il se situait comme « libéral » : au nom de la Révolution française, d’après lui démocrate chrétienne, chacun doit faire son propre destin, quitte à une aide de charité publique pour les « laissés pour compte »16. Tocqueville explique ainsi comment séparer la question sociale de la question du pouvoir et de la démocratie ; Thiers sera le massacreur en chef de la Commune et aussi le premier Président de la 3e République.

Voilà un débat rouvert. Saisissons-nous donc d’une possibilité : elle ne sera validée que par sa mise en œuvre.

Une époque, dont Marx saisissait les signes avant-coureurs, est sans doute actuelle depuis les années soixante, généralisée, et en cours d’affirmation à l’aune de la planète :

« La grande industrie oblige la société sous peine de mort à remplacer l’individu morcelé, porte-douleur d’une fonction reproductive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises » (Capital, p. 166)17.

Au travers des évolutions des techniques et des relations, de nouvelles possibilités appellent de nouvelles exigences socio politiques : « la richesse n’est pas le commandement exercé sur du temps de surtravail (richesse réelle), mais le temps disponible, en plus du temps nécessité dans la production immédiate, pour chaque individu et la société tout entière […] La connaissance est devenue force productive immédiate et (…) les conditions du processus vital de la société sont elles-mêmes passées sous le contrôle de l’intellect general, et sont réorganisées conformément à lui » (Grundrisse, pp. 192-194) . Ces résultats des processus de production donnent une pleine actualité à la proposition de Marx, dans la Critique du Programme de Gotha comme dans la conclusion du Livre III du Capital18.

Encore devons-nous distinguer trois aspects, avec Pierre Naville.

1° Les transformations des moyens de production mettent à l’ordre du jour une baisse massive du temps contraint par les tâches sociales de la production salariée.

Il faut que le temps passé dans des situations de travail pénibles soit le plus réduit possible : « L’avenir paraît devoir séparer complètement les individus par rapport au système de fabrication » (Naville, 2016 : 201). Il formule un objectif qui inclut la réduction et une réorganisation du temps de travail : « Il faudrait arriver à une situation où les hommes, qui ont la tâche de produire la subsistance à la société, pourront effectuer de façon quasi expérimentale cette production dans un laps de temps de travail assez limité, pour chaque individu. Il faudrait, en outre, que les conditions techniques de travail ne soient pas soumises à des exigences de rendement, de profit, etc. si les travailleurs doivent en subir des conséquences désagréables » (Naville, 2016 : 201).

2° Ces tâches appellent des méthodes collectives permettant complémentarité et auto-éducation dans des tâches de production et de services organisées de façon coopérative. « Les conditions sociales, ce sont les hommes qui les déterminent, et non les machines (…) la tâche d’en étudier le contrôle, qui ne peut être abandonné aux financiers, aux fonctionnaires ou aux ingénieurs » (Naville, 2016 : 29). Ici prend place, bien évidemment, une nécessité : « La vie de société, les relations entre les sexes, y puisent l’occasion d’y trouver des formes nouvelles » (Naville, 2016 : 296).

3° Le rapport au temps et aux droits créant une égalité entre les êtres humains ne se séparent pas des instances de discussion.

Une des conditions de la victoire de l’autogestion, est la « polyvalence » des salarié·es, leur capacité à «circuler dans les systèmes de production» et la possibilité de « changer d’emploi plusieurs fois au cours de leur vie » » : « La rotation des tâches est aujourd’hui combattue par les syndicats, parce qu’elle est une arme entre les mains du patronat pour mieux contrôler l’emploi permanent des travailleurs et parce qu’elle s’effectue dans des sphères très restreintes (chez les ouvriers et les employés). Dans le cadre de l’autogestion au contraire, il faut la mettre progressivement en œuvre pour empêcher qu’à partir de la division des tâches et des fonctions ne se reconstitue une division sociale du travail » (Naville, 1977, voir note 8).

L’exigence du salaire garanti à vie, pour changer le travail et supprimer le chômage est historiquement nette du point de vue de ses possibilités : « La triple aliénation du travailleur dans la soumission à un outillage étranger, à un produit séparé, et à une classe sociale adverse, cède peu à peu le pas à de nouvelles relations sous la poussée d’une technique qui ressuscite la coopération intelligente entre les œuvres et les opérateurs, qui restitue au produit un caractère commun et qui bat en brèche une classe capitaliste dont le dernier refuge est la bureaucratie » (Naville, 2016 : 240).

Cette démarche devrait s’accompagner d’une relecture des années soixante19

« La maximisation de la production qui, dans certaines circonstances, peut être primordiale, peut et doit être subordonnée à d’autres objectifs ; par exemple, des rapports plus équilibrés avec l’environnement naturel ou encore la diminution de

la peine des hommes. Est-il besoin de le rappeler ? Marx s’est opposé aux conceptions qui identifient ou confondent la richesse des échanges humains à une accumulation sans fin de marchandises ou de produits.

Ce qu’il faut rechercher, ce n’est pas une civilisation du travail et de la production, c’est une société libérée dans ses échanges, ses communications et son imagination […] La réussite de l’évolution autogestionnaire se mesurera au fait que l’on attribuera de plus en plus de place à des activités non productive au sens traditionnel du mot » (Naville, 1977 : 17).

Pierre Cours-Salies (26/08/ 2017)

1 P. Cours-Salies (coord.), La liberté du travail, Syllepse, 1995.

2 Yves Barou et Jacques Rigaudiat, Les 35 heures et l’emploi, La documentation française, 1983. En rappelant, déjà écrit : « la réduction du temps de travail peut devenir action volontariste pour l’emploi » (p.256). 

3 P. Cours-Salies, « Imposons le salaire garanti à vie », l’Huma. 2 septembre 2016.

4 Cette discussion a été mise en lumière par des travaux animés par Alain Supiot depuis des années. A. Supiot, Critique du droit du travail (1994), PUF. A. Supiot (dir.) Au-delà de l’emploi. Rapport pour la Commission européenne (1999) Flammarion. A. Supiot « Mise en perspective des réformes depuis 2013 », in Droit ouvrier, octobre 2015 (pp. 559-569 et 581-589).

5 La composition du salariat dans le secteur privé fait dépendre plus de 50% des salarié.e.s d’entreprises petites (22% dans les moins de 10 ; 28% dans celles entre 10 et 50 ; 25% dans celles entre 50 et 200). Trois sur quatre sont dans des entreprises de moins de 200, où la présence syndicale est en fait rare et fragile.

6 Basta ! 30 nov. 2016, une discussion de Nolwenn Weiler avec Julien Brygo et Olivier Cyran, auteurs de Boulots de merde ! Du cireur au trader, La Découverte, 2016.

7 P. Cours-Salies, « Une discussion à poursuivre : travail, automation et liberté », Contretemps n°30, 2017.

8 Pierre Naville, « Automation et avenir du travail » Entretien avec Jean-Marie Vincent in Critique de l’économie politique n°1, repris en annexe, Vers l’automatisme social ?, 1963, rééd. Syllepse, 2016 (311-320).

9 Alejandro Nadal, de la rédaction de San permisso, (revue de Podemos) : « L’hypothèse d’une stagnation séculaire nous invite à penser à de nouvelles modalités de la politique macroéconomique » (févr. 2016).

10 Michel Husson, « Stagnation séculaire » ou « croissance numérique » ? Janvier 2016, Hussonnet.

11 Parmi les « tendances contraires » qui « produisent un effet décentralisateur » et permettent au capitalisme de durer en se renouvelant, il cite (Capital, Livre III, Conclusions de la section III) « de nouvelles industries, surtout pour la consommation de luxe », « les capitaux placés dans le commerce extérieur », « la baisse du salaire », « l’accroissement du capital-actions ».

12 Cet aspect d’ordre politique général correspond aux propositions de D. Tanuro et à la postface de Michel Husson à la réédition d’Ernest Mandel, Les ondes longues du capitalisme, éd. Syllepse, 2014.

13 – Ces analyses sur les rapports entre machinisme et grande industrie ont été exposées par Pierre Naville dans Vers l’automatisme social ?  (1963 rééd. 2016) et par Ernest Mandel Le troisième âge du capitalisme, 1986.

14 Pour souligner l’importance des Forums sociaux mondiaux, un texte au moins de l’un des animateurs : « Le nouveau monde qui tarde à apparaître », 11 décembre 2016 par Gustave Massiah.

15 D’une famille royaliste de Marseille, il fait carrière à Paris dès la Restauration, aide le pouvoir de Louis-Philippe, puis l’élection du Président Louis-Napoléon Bonaparte. Il a été le Président de la 3e République de 1871 à 1873, après avoir été l’organisateur du massacre de la Commune.

16 A. de Tocqueville, Œuvres complètes, tome III, Ecrits et discours politiques, Gallimard (pp. 167-180). Discours à l’Assemblée Constituante, le 12 sept. 1848 : « Non, il n’y a rien là qui force l’Etat (…). Il n’y a pas de socialisme ; il n’y a là que du christianisme appliqué à la politique » (p.180). Inversement, selon lui, « le droit au travail… mène nécessairement à l’Etat comme unique employeur ; et c’est le communisme » (p. 168).

17 Marx, Capital, Livre 1 tome 2, éd. Soc. 1960.

18 Citons brièvement le Capital. « La liberté ne peut consister qu’en ceci : les producteurs associés – l’homme socialisé – règlent de manière rationnelle leurs échanges organiques avec la nature et les soumettent à leur contrôle commun au lieu d’être dominés par la puissance aveugle de ces échanges ; et ils les accomplissent en dépensant le moins d’énergie possible. A la vérité, le règne de la liberté commence à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures (…) La réduction de la journée de travail est la condition fondamentale de cette libération ». Et tout programme, à la différence de celui de Gotha, vise à créer des gratuités, un recul du règne de la marchandise, grâce aux services publics, leurs effets d’égalité sociale et leur organisation collective qui change l’horizon de leurs salarié.e.s (Critique du programme de Gotha).

P. Cours-Salies et Pierre Zarka, Propriété et expropriations. Des coopératives à l’autogestion généralisée, textes de Karl Marx et Friedrich Engels présentés et annotés, Syllepse/M Éditeur (2013).

19 Rappelons ici la toujours réelle actualité de livres comme celui préparé et réalisé par la BDIC, Les années 68, un monde en mouvement et sous la direction d’Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein, La France des années 1968 (Syllepse, 2008).

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