Introduction de l’ouvrage de Visa : Lumières sur mairies BRUNES tome 2

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

En septembre  2015, paraissait le premier tome de Lumière sur mairies brunes. VISA y recensait tous les faits et méfaits de la première année de l’extrême droite aux pouvoirs dans les quinze villes qu’elle occupe.

Pendant les deux années suivantes, VISA a poursuivi ce travail de « mémoire » pour mettre en pleine lumière les origines véritablement fascistes du Front national et de toute l’extrême droite.

Pour y parvenir, rien ne vaut un recensement exhaustif, méticuleux et daté.

Ce deuxième tome, découpé en chroniques, couvre donc la période allant de juin 2015 à juin 2017. Il regorge d’informations sur les pratiques municipales plus ou moins radicales de l’extrême droite et illustre ainsi tous les reculs sociaux qu’elle provoque lorsqu’elle exerce le pouvoir.

Il est toutefois intéressant de noter que lors de l’élection présidentielle, le vote en faveur de l’extrême droite n’a pas été majoritaire dans la moitié des villes qu’elle occupe. Mais dans les villes et villages des alentours, c’est tout l’inverse, et avec 10,7 millions de voix au second tour pour le FN, le fameux « plafond de verre » a volé en éclat.

L’annonce de la nomination de Nicolas Dupont-Aignan comme Premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen a confirmé le réel ancrage du FN à l’extrême droite de l’échiquier politique, ainsi que la volonté d’une partie de ses cadres d’ouvrir le parti à la frange souverainiste et conservatrice de la droite.

Le travail des militant·es antifascistes et des organisations syndicales doit donc plus que jamais s’intensifier, même si les nombreux communiqués que nous reproduisons dans ce livre illustrent bien les bonnes réactions syndicales et intersyndicales face au danger que représentera toujours l’extrême droite pour les salarié·es.

Alors que le FN a réalisé un score historiquement haut le 7 mai 2017, de fortes tensions internes sont apparues, accentuées par sa perte importante de voix aux législatives. Mais cela n’empêche pas l’« appareil » d’être toujours en ordre de marche pour la conquête de nouveaux pouvoirs.

Il nous faut donc plus que jamais veiller à ce que le combat contre l’extrême droite ne passe pas au second plan des luttes syndicales au prétexte qu’elle a été battue aux présidentielles et qu’elle n’a obtenu « que » neuf députés.

Il nous faut continuer de lutter syndicalement, sans relâche et avec la même force contre les politiques libérales du gouvernement, notre adversaire qui fait aussi monter les scores du FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

Et avant de plonger dans la réalité des mairies brunes de juin 2015 à juin 2017, rappelons nous le passé sulfureux de plusieurs candidats frontistes aux dernières législatives :

* Christophe Boulot, candidat dans la neuvième circonscription du Rhône, a réclamé l’arrêt des subventions à la Maison d’Izieu, jugeant l’association « trop politisée, un peu too much ». La Maison d’Izieu est un mémorial consacré aux enfants juifs déportés puis exterminés.


* Bertrand Iragne, qui concourt dans la première circonscription du Morbihan, a réclamé au préfet le retrait d’une exposition sur la Shoah et le rôle des Justes durant la guerre de 1939-1945. Selon lui, cette exposition placée non loin d’un bureau de vote durant la présidentielle aurait « porté atteinte au libre arbitre des électeurs ».

* Pendant la campagne des départementales en 2015, où Pierre-Charles Cherrier – quatrième circonscription en Seine-et-Marne – était tête de liste FN, des individus ont recouvert un mur de la ville de Brie-Comte-Robert d’effroyables inscriptions : « À mort les étrangers et l’Europe », « À mort les Gitans, on va vous brûler »… Le tout agrémenté des mots « FN », « Le Pen » et d’une croix gammée. Suite à la publication d’un article à ce sujet dans La République de Seine-et-Marne, Pierre-Charles Cherrier a tenu à contacter le canard local pour protester : « La croix gammée n’est pas antisémite, il s’agit d’une interprétation. »

* Madi Boinali Anli, candidat frontiste dans la deuxième circonscription de Mayotte, tient des propos bien plus extrêmes, en visant les habitant·es des Comores qui viennent s’installer sur « son » île : « Si je pouvais les asperger d’un produit pour les exterminer, je ne m’en serais pas privé ! » Le candidat du FN rêve tout haut d’un génocide.

* Gérard Dézempte est candidat FN dans l’Isère (sixième circonscription). Maire historique de Charvieu-Chavagneux, cet ami de Philippe de Villiers s’est fait remarquer en 2015 en faisant adopter en conseil municipal une résolution favorable à l’accueil d’une famille de migrant·es… « à condition qu’elle soit de culture et de religion chrétienne ». L’explication ? « Les chrétiens n’attaquent pas les trains armés de kalachnikovs, n’abattent pas des journalistes réunis au sein de leur rédaction et ne procèdent pas à la décapitation de leur patron », justifiait l’édile, qui semble penser que tous les musulman·es s’adonnent à de telles pratiques. Dans une interview à Envoyé Spécial, l’élu précisait que « les bons musulmans, s’il y en a, ne doivent pas se sentir concernés ». On notera le « s’il y en a »…

* Olivier Monteil concourt pour le FN dans la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées. En octobre 2016, la section frontiste locale proteste contre l’installation de 250 migrants à Lourdes. Leur chef, Olivier Monteil, va plus loin : il fait circuler une note divulguant les adresses des appartements dans lesquels sont logés les migrants… Interrogé par Le Lab, le militant d’extrême droite assume : « On le fait pour informer les gens de Lourdes puisqu’ils paient leurs impôts. [Les migrants] occupent des logements sociaux qui devraient être réservés à des Français. » On appréciera le sens des responsabilités d’un homme qui souhaite devenir député de la nation.

* Poursuivant dans le registre des sentiments pas très catholiques à l’égard de nos compatriotes musulman·es, la candidate du FN dans la sixième circonscription de la Loire, Sophie Robert, s’est indignée : le Roméo et Juliette représenté dans un lycée de Seine-Saint-Denis est devenu Mamadou et Juliette ! Bientôt, ce sera « Mamadou et Mohamed » s’insurge la frontiste, qui pense que le couple de Shakespeare sera prochainement musulman, et homosexuel : une vraie tragédie pour elle…

Et pensez à commander le « vinaigre des quatre couleurs pour prévenir la peste brune » à nos camarades de Brignoles : affront-national.com

Vigilance et initiatives syndicalistes antifascistes (Visa) : Lumières sur mairies BRUNES tome 2

Editions Syllepse

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_66_iprod_713-lumiere-sur-mairies-brunes.html

Paris 2017, 232 pages, 8 euros

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