Le monde frelaté des éditocrates, sondologues et autres expert-e-s auto-désigné-e-s

Il ne faut pas confondre la grande majorité des journalistes « subordonné-e-s » et les bavard-e-s éditocrates. Les salarié-e-s des grandes entreprises médiatiques sont bien des salarié-e-s comme les autres, Les ordonnances Macron de destruction du Code du travail concernent bien la grande majorité des journalistes. Médiacritique(s) soutient donc « les manifestations contre les ordonnances et les mesures d’austérité qui les accompagnent ».

Le premier article aborde les cosmétiques, les substances « préoccupantes » qu’ils comportent, les raisons des silences de la majorité de la presse dite féminine sur ce sujet. UFC-Que choisir a dressé une liste de « 1 000 cosmétiques préoccupants… mais toujours en vente ».

Et comme le précise Médiacritique(s) : « Les substances mises en cause sont utilisées dans différents produits de soins de la personne dont les principaux acteurs sont les annonceurs quasi exclusifs de très nombreuses publications »

Il faut souligner, entre autres, la « confusion entre publicité et rédactionnel », l’utilisation d’« experts » prétendument scientifiques, la place économique du secteur des cosmétiques et celle des recettes publicitaires générées, l’emprise de la publicité déguisée en « bons plans », « conseils » et autres maquillages…

Il conviendrait de poursuivre sur l’utilité même des cosmétiques, sur leur rôle dans la construction de la « féminité » et de la « beauté »… (En complément possible : Mona Chollet : Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation féminine, lomnipresence-de-modeles-inatteignables-enferme-nombre-de-femmes-dans-la-haine-delles-memes/).

J’ai notamment été intéressé par le retour historique sur les ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse, la dépendance de la presse vis-à-vis de l’Etat, l’emprise des Pouvoirs publics, le monopole télévisuel « hors d’un projet global de service public de l’information », les transgressions de l’ordonnance contre la concentration de la presse… Il n’y a pas eu ni affranchissement vis à vis des « puissances d’argent » ni mutualisation des moyens de productions, ni gestion par des organismes paritaires professionnels élus…

Je souligne aussi certains éléments de l’article consacré au livre de Julia Cagé, Nicolas Hervé et Marie-Luce Viaud : L’information à tout prix. Copiages, absence de crédits, propagation proche de la viralité, déterminants économiques de la production d’information, baisse du nombre de journalistes, diminution de la taille des rédactions, monétisation de l’information, problématique du financement d’informations originales, uniformisation des contenus…

Le dossier est consacré aux éditocrates, sondologues (contribuant à « étouffer la voix de l’opinion mobilisée »), expert-e-s auto-désigné-e-s en expertise, communicant-e-s divers-e-s et varié-e-s, « les tenanciers du débat démocratique », au pluralisme très anémié, à la prolifération de bavardages, aux professionnels du commentaire, au pouvoir de cadrage des « problèmes », aux  « prescripteurs d’opinions », aux « émissions à faible rendement informatif et à bas coût économique »…

« Dans le traitement médiatique de l’actualité, et notamment des débats politiques, des conflits sociaux, les sondages et les sondeurs ont acquis un rôle prépondérant et structurant en tant qu’outils et agents de hiérarchisation, de classification, de définition et de cadrage des informations composant ladite actualité ».

Les exemples de Philippe Val volant au secours de BHL (Sur BHL, je rappelle le livre de Daniel Bensaid : Un nouveau théologien B.-H. Levy, fragments-mecreants-2/) et du traitement par des « experts en expertise » de l’attentat de Barcelone en sont de tristes déclinaisons…

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Sommaire :

Féminins et cosmétiques

Retour sur les ordonnances sur la presse de 1944

La CPML : c’est qui, c’est quoi ?

Lire L’information à tout prix de J. Cagé, N. Hervé, M.-L. Viaud

DOSSIER :

Les pros du commentaire

Souvenirs désinvoltes, par Fabienne Sintès

Les sondologues, piliers de l’éditocratie

Quand Philippe Val vole au secours de BHL

Les experts en expertise et l’attentat de Barcelone

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Une nouvelle fois, l’œil et l’oreille de la critique sur des médias dominants. Nécessaire.

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Médiacritique(s) N°25 – oct. – déc. 2017

Le magazine trimestriel de l’association Acrimed

28 pages, 4 euros

Didier Epsztajn

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