Déferlement fasciste à Varsovie : alerte !

C’est un événement gravissime qui a lieu à Varsovie le 11 novembre.

A l’occasion de la fête de l’indépendance polonaise, des dizaines de milliers de personnes ont participé à une marche nationaliste, à l’appel de l’extrême droite.

Cette marche était organisée par une organisation nommée « Camp radical national » qui se présente comme l’héritière d’une organisation fasciste  du même nom des années (1930). Ce groupe voulait alors « débarrasser la Pologne des ses Juifs », ouvrant ainsi la voie à la violence antisémite qui se déchaîna durant et après la guerre.

Les co-organisateurs de la marche, la « Jeunesse Polonaise », utilisent également le nom d’un groupe antisémite des années 30. Dans la foule, on pouvait également voir des bannières réutilisant un symbole fasciste (« falanga ») des mêmes années 30. 

Le rassemblement se tenait sous le mot d’ordre officiel « Nous voulons Dieu »expression rappelant un chant catholique polonais, interprété aujourd’hui comme un rejet de l’islam, auquel Donald Trump avait fait référence en juillet, lors d’une visite à Varsovie. Le président américain avait alors félicité la Pologne pour sa défense « de la civilisation occidentale ».

Les manifestants ont scandé samedi des slogans appelants à la violence et à la xénophobie, tels que « La Pologne pure, la Pologne blanche »ainsi que « Pas de Pologne islamiste, pas de Pologne laïque, mais une Pologne catholique. ». Cette tonalité catholique intégriste et guerrière n’a pas empêché que participent également à la manifestation des groupes fascistes « païens ». Mais elle témoigne du rôle particulier de l’Église catholique polonaise et notamment de courants ultra-réactionnaires regroupés autour de radio Maryja, dirigée par un prêtre antisémite, le père Rydzyk. Celui-ci dispose d’un pouvoir important grâce à ses nombreux médias ainsi qu’au soutien constant du parti PiS au pouvoir pour lequel il fait campagne.

Une fois de plus les mots d’ordre et les thèmes anti-migrants, islamophobes et antisémites se sont mêlés, montrant ainsi la matrice commune des haines de l’Autre et l’utilisation qui en est faite par l’extrême-droite.

Cette marche inaugurée en 2009 et réputée comme le plus grand événement fasciste et nationaliste d’Europe, a rassemblé des participants venus de divers horizons européens. Les fascistes polonais s’appuient sur les succès récents de leurs congénères: en Allemagne avec la poussée électorale récente du parti AfD, anti-migrants, mais aussi largement imprégné d’antisémitisme et de négationnisme et en Autriche où le parti d’extrême-droite FpÖ vient de remporter une double victoire. Il s’agit de son score de 26% des suffrages, mais aussi de la reprise de ses thèmes racistes par le parti de droite conservateur avec lequel il va sans doute gouverner.

En Hongrie, en Tchéquie depuis les élections du 21 octobre, l’extrême-droite gouverne. 

La marche polonaise du 11 novembre est devenue l’une des grandes démonstrations de l’extrême droite en Europe, attirant du même coup l’attention des mouvements européens similaires. Une participation saluée par certains des orateurs à l’origine du rassemblement, qui ont martelé que « la culture chrétienne est supérieure à la culture islamique ». 

Leur proximité avec des idées liées aux suprémacistes blancs était omniprésente. Une prise de parole du leader américain du mouvement suprématiste blanc, Richard Spencer, responsable de la manifestation sanglante de Charlottesville était même prévue, puis annulée au motif que l’homme ne doit pas apparaître publiquement.

Le gouvernement en place du PiS a soutenu la manifestation et s’est félicité de son succès. Ainsi le ministre de l’intérieur Mariusz Blaszczak a déclaré : « C’était magnifique. Nous sommes fiers qu’autant de Polonais aient décidé de participer à une célébration entourant le jour d’indépendance de la Pologne »

Il faut saluer les participant.e.s de la contre-manifestation qui avait lieu au même moment. Des ultra-nationalistes ont frappé plusieurs femmes qui scandaient des slogans antifascistes. Ils montraient ainsi leur proximité avec les mesures qui portent atteinte aux droits des femmes de Pologne et qui ont donné lieu à de très importantes manifestations ces dernières années. 

Face au déferlement du 11 novembre à Varsovie, les instances de l’Union européenne détournent les yeux.

Il revient aux anti-fascistes de prendre la mesure de ce qui vient de se passer et de soutenir par tous les moyens le combat des démocrates et des anti-racistes de Pologne. 

MEMORIAL 98

http://info-antiraciste.blogspot.fr/2017/11/deferlement-fasciste-varsovie-alerte.html

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