French authors of « colonial Paris » guide hope to spark Rhodes Must Fall-style movement (suivi de la traduction en français)

While debate rages in the UK and across the English-speaking world about removing statues of Cecil Rhodes and General Lee and others deemed guilty of historic wrongs, in France there is barely a whimper.

A small band of militants, bent on highlighting their country’s colonial and slave-trading past, aims to change that.

Patrick Silberstein is one of them. The retired doctor, along with fellow activist Didier Epsztajn, will next month publish their Guide to Colonial Paris.

It lists 200 streets named after far-flung places conquered by the French, or which honour men who helped build an empire that stretched from the Americas to the Far East, or who were linked to the slave trade which helped make France rich.

« We don’t want to rewrite history, but to present another version of history which is that of anti-colonialism, of decolonisation » said Mr Silberstein.

He was speaking to the Telegraph in a Paris café on Place Gambetta, a square named like countless other places across France after the revered 19th-century statesman Léon Gambetta, perhaps best known for a daring escape in a hot-air balloon as the Prussians laid siege to the French capital.

But Gambetta should also, argues Mr Silberstein, be remembered for being « a fervent supporter of colonial expansion, of the conquest of Algeria, the conquest of Indochina, of French expansion in Africa. »

He would settle for the square keeping its name but with a plaque being added to each streetname sign with a short account of Gambetta’s darker exploits.

One street that, for Mr Silberstein and fellow activists, must unequivocally be renamed is Avenue Bugeaud in the posh 16th arrondissement.

Thomas Robert Bugeaud was France’s first Governor-General of Algeria whose subjugation of the country in the 19th century was marked by « scorched earth » tactics of burning locals’ crops, demolishing their villages, and slaughtering those who resisted.

While Emmanuel Macron was campaigning for the presidential election earlier this year, he sparked controversy by saying, during a visit to Algeria, that France’s colonial rule was a « crime against humanity. »

Many critics point out that anyone using Bugeaud’s tactics in today’s world would likely face trial for crimes against humanity.

Yet his name still adorns a chic avenue in Paris.

The Elysée, Mr Macron’s office, said it was not immediately able to comment on whether the president was in favour of renaming certain streets in Paris or other cities which are currently honouring men with questionable achievements.

Street-naming is the responsibility of town halls in France. Paris city hall did not respond when asked if there were any plans to change names of certain streets in the capital.

The campaign to rename streets or remove statues in France is tiny in scale compared to similar movements in the US, where a woman died during protests in August in Charlottesville over plans to remove a statue of Confederate General Robert E. Lee.

Many Americans view the general as a symbol of racism and America’s slaveholding history.

In Britain the campaign to remove names of colonialists or slave trade sympathisers from public buildings and monuments included a high-profile bid to remove from Oxford University the statue of the Victorian imperialist Cecil Rhodes.

A minor campaign in France last summer – inspired by plans to remove statues of General Lee in some US towns – to have statues of Bugeaud removed from provincial French towns, soon fizzled out.

In cities like Bordeaux, Nantes, La Rochelle and Le Havre campaigners are also at work to have street names changed or amended if they honour men who engaged in the slave trade that once made these coastal towns rich.

But the movement has failed to excite public opinion and remains largely below the media radar.

« France has a problem dealing with its history » said Mr Silberstein.

But name-changing does occasionally take place.

In 2002, for example, the Rue Richepanse in Paris, named after a French general blamed for the deaths of thousands of rebellious blacks in Guadeloupe, became the Rue du Chevalier de Saint-George, after a native of the same French Caribbean island whose musical compositions led him to be known as the « black Mozart ».

Rory Mulholland, Paris 3 december 2017

Publié sur The Telegraph

http://www.telegraph.co.uk/news/2017/12/03/activists-try-convince-france-face-colonial-past-street-name/

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Les auteurs français du guide ‘Paris colonial’ espèrent déclencher le mouvement de style «Rhodes doit tomber »1

Alors que le débat fait rage au Royaume-Uni et dans le monde anglophone à propos de la suppression des statues de Cecil Rhodes, du général Lee et d’autres, jugés coupables de méfaits historiques, on n’entend en France guère plus qu’un gémissement.

Un petit groupe de militants, soucieux de mettre en lumière le passé colonial et esclavagiste de leur pays, cherche à modifier cette situation.

Patrick Silberstein est l’un d’entre eux. Le médecin à la retraite et son camarade militant Didier Epsztajn publieront le mois prochain leur Guide du Paris colonial.

Celui-ci dresse la liste de 200 rues nommées d’après des lieux lointains conquis par les Français ou honorant des hommes qui ont contribué à la construction d’un empire qui s’étendait des Amériques à l’Extrême-Orient ou qui étaient liés à la traite des esclaves qui a contribué à enrichir la France.

« Nous ne voulons pas réécrire l’histoire, mais présenter une autre version de l’histoire qui est celle de l’anticolonialisme et de la décolonisation », déclare M. Silberstein.

Il répondait au Telegraph dans un café de la place Gambetta à Paris, une place baptisée, comme d’innombrables autres lieux à travers la France, du nom vénéré de l’homme d’Etat du XIXe siècle, Léon Gambetta, sans aucun doute mieux connu pour une évasion audacieuse en ballon pendant le siège à la capitale française.

Mais M. Gambetta devrait aussi, rappelle M. Silberstein, être connu comme « un fervent partisan de l’expansion coloniale, de la conquête de l’Algérie, de la conquête de l’Indochine et de l’expansion française en Afrique ».

Il se contenterait que la place garde son nom, à condition qu’une plaque soit ajoutée pour donner un bref compte rendu des exploits plus sombres de Gambetta.

Quant à l’avenue Bugeaud, dans le très chic 16e arrondissement, elle doit être renommée sans équivoque pour M. Silberstein et ses collègues militants.

Thomas Robert Bugeaud fut le premier gouverneur général de France en Algérie, après avoir asservi le pays au 19ème siècle en mettant en œuvre des tactiques de « terre brûlée » consistant à brûler les récoltes, à détruire les villages et à massacrer ceux qui résistaient.

Alors qu’Emmanuel Macron faisait campagne pour l’élection présidentielle au début de cette année, il a suscité la controverse en déclarant, lors d’une visite en Algérie, que la domination coloniale de la France était un « crime contre l’humanité ».

De nombreux observateurs soulignent que quiconque utiliserait les tactiques de Bugeaud dans le monde d’aujourd’hui serait vraisemblablement jugé pour crimes contre l’humanité.

Pourtant, son nom orne encore une avenue chic à Paris.

L’Élysée, le bureau de M. Macron, a déclaré qu’il n’était pas immédiatement en mesure de dire si le président était en faveur de renommer certaines rues de Paris ou d’autres villes qui honorent actuellement des hommes aux réalisations douteuses.

En France, la dénomination de rue est de la responsabilité des mairies. La mairie de Paris n’a pas répondu quand on lui a demandé s’il y avait des plans pour changer les noms de certaines rues de la capitale.

La campagne pour renommer les rues ou enlever des statues en France est de faible intensité comparée aux mouvements similaires aux Etats-Unis, où une femme est morte au cours des manifestations en août à Charlottesville qui avaient pour objectif d’enlever une statue du général confédéré Robert E. Lee. Beaucoup d’Américains considèrent le général comme un symbole du racisme et de l’histoire de l’esclavage de l’Amérique.

En Grande-Bretagne, la campagne pour retirer les noms des colonialistes ou des partisans du commerce des esclaves des bâtiments et des monuments publics a été très médiatisée car elle vise à retirer de l’Université d’Oxford la statue de Cecil Rhodes, l’impérialiste victorien .

Inspirée par  celle visant à supprimer les statues du général Lee dans certaines villes des États-Unis, il y a eu en France, au cours de l’été dernier une petite campagne pour faire retirer les statues de Bugeaud des villes de province françaises, mais elle fait long feu.

Dans des villes comme Bordeaux, Nantes, La Rochelle et Le Havre, les militants sont également à l’œuvre pour faire changer ou modifier les noms de rue qui honorent les hommes qui se livraient à la traite des esclaves qui ont autrefois enrichi ces villes portuaires. Mais le mouvement n’a pas réussi à attirer l’attention de l’opinion publique et est largement resté en deçà du radar médiatique.

« La France a un problème avec son histoire », déclare M. Silberstein.

Cependant, il arrive parfois que les rues changent de nom.

Ainsi, en 2002 à Paris, la rue Richepanse, du nom d’un général français responsable de la mort de milliers de Noirs rebelles en Guadeloupe, est devenue la rue du Chevalier de Saint-George, lui-même originaire de la même île des Caraïbes françaises dont la musique l’a fait connaître comme le « Mozart noir »

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Autre article : 200 rues parisiennes rendent hommage à la colonisation et c’est inadmissible, 200-rues-parisiennes-rendent-hommage-a-la-colonisation-et-cest-inadmissible/

Fiche de présentation du livre au format PdF : argu dico

Un livre à commander ici

Blog consacré au livre : Guide du Paris colonial et des banlieues

1 Note du blog : Voir plus bas dans le suite du texte et sur wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Rhodes

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