Pour elles et pour nous toutes

Sabine Panet, dans son éditorial, « Dépasser les frontières qui nous séparent » aborde l’exclusion, la discrimination, le rejet et l’entraide, la solidarité politique…

Elle parle du contexte socio-économique qui « tente de nous dresser les unes contre les autres », de la féministe afro-états-unienne bell hooks, du racisme qui divise les femmes entre elles, qui hiérarchise l’humanité, du sexisme et de « créer des solidarités politiques réciproques, respectueuses »

Dossier : Racisme en Belgique. Solidarités de femmes

  • Dans les yeux de Selma Benkhelifa. Engagement, résistance, solidarités

  • Racisme anti-Noir·es, une histoire en héritage

  • Espace public belge : à quand la décolonisation ?

  • Les trois niveaux du racisme

  • Le dialogue pour contrer l’antisémitisme

  • Mémoires, racines, patries. Les destins des métis·ses de Belgique

  • Les mille et un visages des Roms de Belgique

  • L’emploi des femmes racisées : un parcours semé d’embûches

  • Le jour où j’ai compris que j’étais « noire » : cinq femmes témoignent

  • « Grandir dans un aquarium trop petit » : ce que le racisme fait aux enfants

  • Violences policières : des femmes racontent

  • Les trois visages du racisme

  • Les femmes du Bois du Cazier

  • bell hooks, féministe visionnaire

  • Aller plus loin sur le web

  • Révéler l’étoffe

  • Générations mobilisées

  • Nadine Plateau, féministe de la rencontre

  • Unia, un institut dans la tourmente

  • Marine Bachelot Nguyen, son combat sur les planches

  • Elles résistent en poésie

Quelques moments, choisis subjectivement, du riche dossier.

« Ce ne sont pas nos différences qui nous divisent. C’est notre inaptitude à reconnaître, accepter et à célébrer nos différences » Audre Lorde

Le dossier débute par un entretien, fort intéressant, avec Selma Benkhelifa, son engagement en tant qu’avocate, les migrant·es et la défense de leurs droits, les femmes qui ont osé porter plainte, l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes, les liens entre engagement féministe et engagement antiraciste, « Et le fait qu’on prive de ses droits une femme parce qu’elle est femme, ou qu’on prive de ses droits une personne noire parce qu’elle est noire, ou une personne amérindienne parce qu’elle est amérindienne, c’est la même chose : au nom d’une qualité physique de la personne, on l’exclut du groupe dominant. Je pense que le combat est le même. », la forte invisibilisation des femmes migrantes. « Ensemble, nous serions plus nombreux que les personnes qui nous oppriment ! »

Le racisme anti-Noir·es, une histoire en héritage, l’hyper-sexualisation fruit de la volonté d’asservir des femmes, les discours « pour légitimer le traitement inhumain », l’importance de la colonisation dans la construction de l’Etat belge, l’ampleur de l’ancrage et la marque indélébile laissée par les discours esclavagistes et coloniaux…

Je souligne l’article « Espace public belge : à quand la décolonisation ? », Léopold II, la mémoire posthume de mercenaires ou d’explorateurs complices d’activités criminelles au Congo, l’invisibilité presque totale des femmes, le possible espace… « public », « le déboulonnement des statues problématiques, comme à Charlottesville, aux Etats-Unis, où des statues d’esclavagistes ont été renversées »…

(Sur ce sujet, je signale le Guide du Paris colonial, https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_21_iprod_719-guide-du-paris-colonial-et-des-banlieues.html auquel j’ai participé).

« On ne combat pas des préjugés à travers une histoire horrible. Cela risque de mener à la concurrence victimaire ». Irène Kaufer revient sur l’antisémitisme, la résistance à l’égalité des droits, les liens entre antisémitisme et antiféminisme, « Le fait d’avoir laissé tomber les questions d’égalité sociale a fait que pour beaucoup, les « valeurs » réactionnaires sont devenues le seul socle auquel s’accrocher »

Les métis·ses, les enfants rapatrié·es de force du Congo ou du Ruanda-Urundi, « L’Etat colonial, par la main des missions religieuses, coupe ces enfants de leur mère, les coupe de leurs racines, les coupe de la société africaine », le métissage comme scandale dans la hiérarchisation, les rapts en « toute » légalité, la goutte de « sang blanc » et le suprémaciste, la disqualification de femmes parce que « Noires ».

Les Rroms, les femmes racisées et la difficulté à trouver un emploi, les femmes sans-papiers, « le sentiment d’être toujours renvoyée à un supposé groupe d’appartenance », comprendre à ce quoi on est assignée, « on ne naît pas non plus noire ou métisse », ce que le racisme fait aux enfants, les marques invisibles laissées par le racisme, « Quel adulte devient-on quand on est fille ou fils d’Arménien·nes, de Roms, de juifs/ves, de Congolais·es, de Burundais·es, de Rwandais·es… survivant·es d’un génocide, déplacé·es, déporté·es, réduit·es en esclavage ? », les différents visages du racisme, les violences policières, le racisme et le patriarcat…

bell hooks, la solidarité politique, la pluralité des expériences de femmes, « La véritable solidarité politique, c’est d’apprendre à lutter contre les oppressions qu’on ne subit pas soi-même » (En complément possible, deux livres de cette magnifique écrivaine Ne suis-je pas une femme ?. Femmes noires et féminismeluttes-pour-legalite-raciale-et-les-droits-des-femmes/ et De la marge au centre. Théorie féministe, feminisme-revolutionnaire-et-eradication-des-systemes-de-domination/)

Je souligne les belles photographies de Maya-Inès Touam, les femmes et les foulards, les femmes et les étoffes, les planches pour sensibiliser sur le racisme et le sexisme, celles qui résistent en poésie, « L’ombre porte un revers / Assis dans d’autres soirs, / nos silences iront cueillir / nos camélias / dans les taillis sombres / de la mémoire »

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Les femmes du delta du Saloum et les mangroves

  • « il semble moins grave de casser des femmes que des vitrines »

  • 25 novembre, une journée de lutte contre les violences masculines

  • Le mythe de la mère parfaite et des compétences innées, le prix de la culpabilité

  • La pudeur, assignation des femmes, mystère organisé autour de la sexualité féminine, la réappropriation des corps et des vêtements, « les femmes, en tant qu’êtres dignes de respect, ont une respectabilité chevillée au corps, voilé ou dévoilé »

  • Khutulun, la lutteuse la plus glorieuse d’Asie centrale

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales.

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 205-206, Janvier-février 2018, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn

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2 réponses à “Pour elles et pour nous toutes

  1. Et à propos de racisme et d’oppression, lisez notre traduction du magnifique discours d’Oprah Winfrey aux Golden Globes Awards: https://tradfem.wordpress.com/2018/01/08/discours-doprah-winfrey-aux-golden-globes-awards/

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