L’esprit et la lettre

« Le nom de Beethoven est un nom consacré dans l’art. Ses symphonies sont universellement reconnues aujourd’hui comme des chefs-d’oeuvre. Elles ne sauraient être trop méditées, trop étudiées par tous ceux qui ont un désir sérieux de savoir ou de reproduire. Toutes les façons de les répandre et de les populariser ont en conséquence leur degré d’utilité, et les arrangements pour Piano, faits en assez grand nombre jusqu’ici de ces symphonies, ne sont pas dépourvus d’un certain avantage, bien que considérés intrinsèquement ils soient pour la plupart de médiocre valeur. La plus mauvaise lithographie, la traduction la plus incorrecte donne encore une idée vague du génie des Michel-Ange et des Shakespeare. Dans la plus incomplète réduction on retrouve de loin en loin les traces demi-effacées de l’inspiration des maîtres. Mais l’extension acquise par le Piano en ces derniers temps, par la suite des progrès dans l’exécution et des perfectionnements apportés dans le mécanisme, permettent de faire plus et mieux que ce qui a été fait jusqu’à cette heure. Par le développement indéfini de sa puissance harmonique, le Piano tend de plus en plus à s’assimiler toutes les compositions orchestrales. Dans l’espace de ses sept octaves, il peut produire, à peu d’exceptions près, tous les traits, toutes les combinaisons, toutes les figures de la composition la plus savante, et ne laisse à l’orchestre d’autres supériorités (immenses il est vrai) que celles de la diversité des timbres et des effets de masse. Tel a été mon but dans le travail que je publie aujourd’hui. J’eusse estimé, je l’avoue, comme un assez inutile emploi de mes heures la publication d’une vingtième variante des Symphonies dans la manière usitée jusqu’ici, mais je regarderai comme bien remplies si j’ai réussi à transporter sur le Piano, non seulement les grandes lignes de la Composition de Beethoven, mais encore cette multitude de détails et d’accessoires qui concourent si puissamment à la perfection de l’ensemble.

Je serai satisfait si j’ai accompli la tâche du graveur intelligent, du traducteur consciencieux qui saisissent l’esprit d’une oeuvre avec la lettre, et contribuent ainsi à propager la connaissance des maîtres et les (sic) sentiment du beau » Franz Liszt, Rome, 1865

J’apprécie beaucoup les transpositions pour piano (pour un ou plusieurs piano) de compositions orchestrales ou autres. Pour le simple auditeur que je suis, j’y entends l’oeuvre proposée, des bribes de l’oeuvre source et un mélange des deux au fil de l’attention ou de la mémoire.

Les transcriptions de Franz Liszt sont plus que l’oeuvre d’un graveur intelligent ou d’un traducteur consciencieux. Elles ne nous plongent pas uniquement dans l’univers de Ludwig van Beethoven, mais bien aussi dans l’immense monde du piano.

Les timbres des instruments, piano Erard de 1837 et copie de piano Blüthner de 1867 sont particulièrement adéquats, me semble-t-il, aux lectures de Franz Liszt des compositions orchestrales.

J’aimerai des transcriptions pour plusieurs piano de certaines symphonies, en particulier de la neuvième…

Un coffret à s’offrir ou à offrir. Quelques heures de musique passionnantes.

Coffret de 6 Cd : Ludwig Van Beethoven : Symphonies

Transcription pour piano par Franz Liszt

Enregistré 2011-2014, Alpha Classics 2017

Didier Epsztajn

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