Le Crime était signé

Nous ne vous parlerons pas aujourd’hui de l’œuvre relativement mineure Le Crime était signé (en anglais, The whole truth) des cinéastes Dan Cole et John Guillermin. Il y a plus sérieux, et surtout plus inquiétant.

Quand le crime est signé, l’enquête policière s’avère souvent des plus simples pour rechercher, arrêter et mettre hors d’état de nuire l’assassin.

Reste, lors de l’instruction judiciaire et du procès, à en déterminer les mobiles. Le concours des experts en graphologie s’avère alors souvent des plus précieux.

La signature, plus qu’un identifiant est encore un décrypteur pour qui cherche à comprendre.

Donald Trump a de nouveau exhibé un décret signé de sa main actant le retrait des États-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien, nouvelle incartade trumpesque après celui rejetant l’accord de la COP 21 et celui de la « reconnaissance » de Jérusalem comme capitale du seul Israël.

Nous avons interrogé Myriam Surville et Monique Riley, toutes deux expertes graphologues, sur ce que dit cet autographe de la personnalité de son auteur.

« La signature de Donald Trump est toujours la même. Très architecturée et caractéristique », nous ont confié ces deux auteures après la parution de leur article dans la revue spécialisée Graphologie. « On se rend vite compte, nous ont-elles précisé, bien que nous ne connaissons pas l’homme et ne l’avons jamais approché, on se rend vite compte qu’il s’agit d’une personnalité à l’ego surdimensionné et au désir d’omnipotence absolue. Un homme sûr de lui, mais au besoin flagrant de reconnaissance, au besoin constant de conforter sa valeur. »

Nos deux expertes ont également noté l’usage du feutre noir, l’enchaînement du prénom et du nom, le initial de Donald et le terminal de Trump à la forme triangulaire, symboles selon elles, d’une personnalité à la logique binaire et simplificatrice, niant tout ce qui la dérange ou pourrait être un obstacle.

Ceci, nonobstant et ne venant nullement en contradiction avec les évidentes manifestations d’affection, voire de beaucoup plus, à l’encontre de personnalités issues d’un cénacle plus restreint. Mais il s’agit là d’un autre problème.

Du latin cenaculum, salle à manger, le terme de cénacle désignait la Salle de Jérusalem où eut lieu la Cène, le dernier repas du Christ et de ses apôtres, celle où ces derniers reçurent le Saint Esprit. Plus communément, le terme de cénacle désigne un petit groupe de personnes animées par des idées communes.

Ces conclusions recoupent dans leurs grandes lignes celles de la pédopsychiatre américaine Melanie Klein qui, dans un autre registre que la graphologie, l’étude de la gestuelle, avait noté que le geste de Donald Trump le plus fréquent, le plus révélateur en quelque sorte, était celui qu’il faisait en pinçant le pouce et l’index de la main droite, comme s’il voulait écraser quelque chose qui lui échappait. Selon elle, le pincement sadique du bout du sein de la mère par l’enfant immature lorsqu’il sent lui échapper la sécurité matérielle et affective.

En somme, les symptômes graphiques et gestuels de la quête irrépressible du sein perdu, de la volonté de réaffirmation d’une chose en voie de dissolution, celle de l’Empire américain sur le reste du monde. Du moins, en hasardons nous ici l’hypothèse !

Par-delà l’inconsidéré, nous voulons dire l’inconséquent et le regrettable, de telles manifestations graphiques ou gestuelles, il convient cependant de s’interroger, avec cette rupture de l’accord international sur l’Iran – un accord entériné en 2015 à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations unies, un « accord pourri » selon Donald Trump – il convient de s’interroger sur ce soutien du président américain à l’amplification des tensions et des provocations pouvant conduire à la relance de la guerre dans un Moyen-Orient explosif. Relance de la guerre avec le soutien des droites extrémisées israéliennes et des wahhabites saoudiens et leurs filiales terroristes. Pourquoi ?

Pour Donald Trump, le retour à la domination de l’Empire américain sur le reste du monde renverrait-il à sa période fondatrice, celle de 1945 et du Pacte du Quincy. Faudrait-il réactiver ce pacte ?

Le Pacte du Quincy désigne l’alliance fondamentale scellée le 14 Février 1945, sur le pont du croiseur USS Quincy, en rade d’Alexandrie, entre le Roi Ibn Saoud, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite, et le Président américain Franklin Roosevelt, de retour de la Conférence de Yalta. La durée de cet accord était prévue pour 60 ans. Il fut renouvelé pour la même période, jusqu’en 2065, en 2005, par le Président George W. Bush.

Ibn Saoud et Franklin Roosevelt sur le pont de l’USS Quincy.
14 Février 1945

Le Pacte du Quincy tenait en un mot : protection militaire américaine pour la dynastie des Saoud en échange de l’accès illimité au pétrole de la péninsule arabique. En un mot et en deux points fondamentaux.

La stabilité de l’Arabie Saoudite faisait désormais parti des « intérêts vitaux » des États-Unis qui assuraient la protection inconditionnelle de la dynastie des Saoud et du royaume contre toute menace extérieure, garantissant ainsi le leadership régional de l’Arabie Saoudite.

En contrepartie, le Royaume garantissait l’approvisionnement énergétique américain. L’Aramco (Arabian American Oil Company) bénéficiant du monopole d’exploitation de tous les gisements pétroliers de la péninsule arabique pour une durée d’au moins 60 ans, durée reconductible.

Pour nombre d’historiens, le Pacte du Quincy permit au wahhabisme, mouvement fondamentaliste de l’Islam sunnite, d’étendre sa domination idéologique, matérielle et financière sur toutes les écoles islamistes du monde arabe. On considère le wahhabisme comme la matrice de tous les fondamentalismes et de leurs dérives terroristes, l’inspiration de l’idéologie djihadiste d’Al-Qaïda et de celle de l’État Islamique de Daesh.

Activé par Ronald Reagan, avec la course aux armements, pour hâter l’implosion de l’URSS, le terrorisme islamiste version Ben Laden va-t-il être relancé comme moyen pour les États-Unis de retrouver la suprématie mondiale qui leur échappe ? Un nouveau Pacte du Quincy ?

Pari hasardeux et périlleux à la recherche d’un Nouvel Axe du Bien.

Jean Casanova 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s