En prison, les liens avec l’extérieur (encore plus) malmenés par le confinement

« Les visites vont pouvoir reprendre dans les Ehpad, savez-vous ce qu’il en est pour les parloirs ? » « Est-ce qu’après les annonces de Macron, les parloirs vont être à nouveau autorisés ? La tension monte de plus en plus chez les détenus, ils n’en peuvent plus de n’avoir plus d’activités et de parloirs à cause du Covid. » [1] Depuis un mois, c’était la question revenant quotidiennement dans les emails et les appels reçus à l’OIP. Le 30 avril, la direction de l’administration pénitentiaire a esquissé un début de réponse en annonçant la reprise « progressive » des visites à partir du 11 mai. Au départ réservée aux personnes détenues touchées par le Covid-19 ou présentant des symptômes suspects, la suspension des parloirs, salons familiaux et unités de vie familiale (UVF) avait en effet été généralisée le 18 mars. En écho à l’annonce du président de la République, la ministre de la Justice Nicole Belloubet présentait alors la mesure comme nécessaire à la création d’un « cordon sanitaire » autour des prisons : les parloirs seraient momentanément sacrifiés pour limiter les contagions à l’intérieur. Parfois apprise par surprise à la télévision ou en cour de promenade, cette mesure a eu l’effet d’une déflagration, déclenchant dans une quarantaine de prisons des mouvements de protestation immédiatement réprimés par l’administration pénitentiaire. « Il était évident qu’en supprimant les parloirs, des révoltes allaient exploser, souligne un ancien prisonnier au micro de l’émission de radio l’Actualité des luttes. Ça a toujours été comme ça. […] Le téléphone, ce n’est pas un lien social comme les parloirs. » Pour les personnes détenues, les visites, c’est la bouffée d’air qui fait la différence. Un lien essentiel, physique, avec le reste de la société – parfois même le dernier fil qui les relie à l’extérieur. Continuer à lire … « En prison, les liens avec l’extérieur (encore plus) malmenés par le confinement »

«  Je refuse de faire une distinction entre traite et prostitution comme s’il y avait des putes et des innocentes »

En tournée en Espagne, la journaliste et activiste Kajsa Ekis Ekman affirme qu’elle ne comprend pas pourquoi l’abolition de la prostitution fait toujours débat. Selon elle, c’est une question de vie ou de mort, celle des femmes prostituées.

Kajsa Ekis Ekman (Stockholm, 1980) est journaliste, activiste, et c’est l’une des voix les plus reconnues en faveur de l’abolition de la prostitution. Elle sait de quoi elle parle. Pour écrire El ser y la mercancía, publié par les Éditions Bellaterra (en français, L’être et la marchandise, M Éditeur, 2013), elle a parcouru l’Europe pendant deux ans et elle a mené enquête sur l’industrie de la prostitution, ses syndicats, les lobbies qui la défendent, et a recueilli des témoignages de femmes prostituées. Elle était en Espagne la semaine du 28 octobre 2019, invitée par Feminicidio.net pour faire campagne en faveur de l’abolition et pour dénoncer la prostitution et l’industrie de location des ventres comme étant les business les plus abominables du capitalisme.  Continuer à lire … « «  Je refuse de faire une distinction entre traite et prostitution comme s’il y avait des putes et des innocentes » »

8 mai 1945 en France et en Algérie : mythologie nationale versus histoire coloniale (plus communiqué du MRAP)

« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. » Kateb Yacine

« L’histoire n’est pas le passé. C’est le présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes” notre histoire. » James Baldwin

À la mémoire de Nicole Dreyfus, infatigable avocate qui a constamment lutté pour la reconnaissance des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata comme crimes contre l’humanité. Continuer à lire … « 8 mai 1945 en France et en Algérie : mythologie nationale versus histoire coloniale (plus communiqué du MRAP) »

Covid-19 un virus très politique (Edition augmentée du 4 mai 2020)

Un livre téléchargeable gratuitement : un-virus-tres-politique-6

1er mai, jours d’après et jours d’avant

Notre sixième édition couvre la journée internationale de luttes des travailleuses et des travailleurs. Elle y est largement consacrée. Confinement ou pas, il reste des travailleuses et des travailleurs, il reste des luttes, et partout dans le monde, le 1er Mai 2020 en témoigne. La pandémie elle-même porte tous ces éléments: c’est une crise sanitaire, mais aussi sociale et donc politique ; les capitalistes portent la responsabilité de la propagation planétaire du virus, mais ils entendent maintenant en tirer bénéfice par la restauration, voire l’accroissement, au plus vite, de leurs taux de profit; pour cela, il faut exploiter encore plus le « camp du peuple ». Ce peuple constitué des travailleuses et des travailleurs, avec toutes ses différences, ses inégalités, ses contradictions, mais une unité qui fonde l’existence de sa classe sociale : ce sont les femmes et les hommes qui n’ont pas confisqué les moyens de production pour leur seul profit, les femmes et les hommes qui vivent – survivent trop souvent – uniquement en mettant leur force de travail au service de la société. Même si cela met mal à l’aise, précisons qu’à travers le monde, cette dernière catégorie comprend aussi des millions. d’enfants. Continuer à lire … « Covid-19 un virus très politique (Edition augmentée du 4 mai 2020) »