Nous sommes ici pour dire « Assez ! Nous ne devons plus accepter la violence et l’impunité ! »

Communiqué de dénonciation du carnage organisé par l’État de Goias a la Chapada dos Veadeiros

La communauté de São Jorge et de la Chapada dos Veadeiros, avec le soutien de diverses entités de défense des droits humains et de mouvements sociaux de Goiás, dénonce publiquement l’action policière du 19 janvier dernier, désormais désignée comme le Carnage de la Chapada dos Veadeiros et organisée par l’État de Goiás qui a assassiné quatre personnes, dont un quilombola dans la zone rurale de Cavalcante.

Ce jour-là, la Police militaire (PM) de Goiás a envahi, sans mandat ni enquête préalable, une propriété située dans la zone rurale de Cavalcante où se trouvait une plantation de cannabis et dans laquelle sept personnes ont été retrouvées. Quatre d’entre elles ont été tuées, sans défense, par la PM et trois autres ont réussi à s’échapper.

Les policiers, qui disent avoir reçu une dénonciation anonyme de l’existence d’un « trafic de drogue », affirment avoir été accueillis par des tirs à leur arrivée sur place. Cependant, aucun policier n’a été blessé ni aucun véhicule touché. Les victimes, elles, ont été abattues de 58 tirs, dont 40 au fusil.

Salviano, Chico, Jacaré et Alan étaient connus de tous dans la communauté. Beaucoup d’entre eux ont des histoires à raconter sur les moments qu’ils ont vécus ensemble. C’étaient des gens bien ; ils n’étaient pas violents ; ils n’avaient pas de « casier judiciaire » ; ils ne portaient pas d’armes. Ils n’étaient pas des bandits. Ils étaient pacifiques. Ils sont morts à cause d’une guerre insensée, qui condamne et tue dans de véritables tribunaux de rue, sélectionnant une partie de la population, noire et pauvre.

Pourquoi tuer d’abord et poser des questions après ? Pourquoi ne pas opter pour une enquête intelligente, qui nous permette de connaître le profil des suspects impliqués et leurs antécédents ? Pourquoi la police de Goiás, à d’innombrables reprises, ne remplit-elle pas sa mission d’arrêter les suspects et de garantir le droit à la défense de tous, en observant l’usage proportionnel de la force et le respect de la loi ? Pourquoi ne respectent-ils pas l’État de droit, où la loi et la procédure régulière prévalent ? Pourquoi les organismes de contrôle, financés par des ressources publiques, agissent-ils si peu ?

Ces dernières années, plusieurs entités de la société civile ont présenté de nombreuses dénonciations de cas emblématiques de violence policière, d’abus d’autorité, d’approches illégales, de formation de groupes d’extermination, de torture et de disparitions forcées imputées à la Police militaire. Une situation si grave que, dénoncée dans les milieux politiques, elle a été reconnue au niveau national et international à la suite d’une audience thématique de la Commission interaméricaine des droits humains, à Washington, et de la fédéralisation des enquêtes qui ont démontré la grave violation des droits humains et l’inertie des institutions de l’État.

Pour avoir une idée de la situation actuelle, selon le dernier Anuário Brasileiro de Segurança Pública (2021) [1], la Police de Goiás est deuxième au classement des polices les plus meurtrière du pays ; elle est responsable de 30% du total des décès annuels de cet État, un taux supérieur à la moyenne nationale qui est de 12%. La proportion de civils tués pour chaque policier mort en service est un autre indicateur de létalité. A Goiás, pour chaque policier tué, 240 civils sont tués. Il s’agit du taux le plus élevé parmi les 27 États brésiliens et l’un des plus élevés au monde, ceci y compris les données relatives aux conflits armés.

Une analyse récente des données officielles de la Justice montre qu’à Goiás, seul un décès sur 200 dû à une intervention policière se traduit par un procès, preuve consternante du manque total d’efficacité des systèmes policier et judiciaire, qui échouent de manière répétée dans leur mission de garantir la justice par des enquêtes diligentes et transparentes sur les cas de violence dans lesquels les services de sécurité sont impliqués. Et du fait que ces affaires restent non résolues et invisibles, des centaines de familles sont condamnées à une souffrance psychologique permanente, l’impunité y est encouragée et la violence s’accroît.

Mais nous sommes ici pour dire « Assez ! Nous ne devons plus accepter la violence et l’impunité ! »

Nous dénonçons le fait que nos aspirations les plus nobles à la sécurité publique et au droit à une vie pleine et entière soient confisquées par un État incapable de contrôler la violence et de tenir pour responsables ceux qui enfreignent la loi dans l’exercice de leur mission publique. Nous rejetons l’idée que notre sécurité dépend de la terreur qui se répand dans le monde.

Nous exigeons le respect immédiat des lois en vigueur et une enquête sérieuse et indépendante capable d’établir toutes les irrégularités commises, ainsi que de rendre justice à la mémoire des victimes et à la dignité des familles.

São Jorge et la Chapada dos Veadeiros, symboles de résistance et de diversité, ne verront pas l’histoire de leurs fils et de leurs filles souillée par l’impunité et la violence d’État.

Signataires :

  • Associação Acalme – GO Associação Curando Ivo

  • Associação Vida e Justiça – Seccional Goiás Associação Baobá de Canto Coral – SP Associação Quilombo Kalunga – AQK

  • Associação Brasileira de Juristas pela Democracia (Núcleo GO) Associação Nacional de Pesquisa e Pós-graduação em Geografia (ANPEGE) Associação Canábica Maria Flor (Maleli)

  • Associação Cannábica Mãesconhas do Brasil Associação Sou Cannabis

  • Associação Cannativa (México)

  • Associação Nacional de Geógrafo (Seção Goiânia) Agendas – Associação de Guias de Colinas do Sul Agentes de Pastoral Negro

  • Articulação de Mulheres Brasileiras – AMB

  • Articulação Brasileira pela Economia de Francisco e Clara (ABEFC) Associação ABRACE Esperança

  • APEPI – Associação de Apoio à Pesquisa e Pacientes de Cannabis Medicinal Associação Cultural Cannabica de São Paulo – ACuCa-SP

  • Asjor – Associação Comunitária da Vila de São Jorge

  • ACV-CV- Associação de Condutores de Visitantes da Chapada dos Veadeiros Agentes de Pastoral Negro

  • Artcanab – Associação Regional de Terapia Cannabica da Chapada dos Veadeiros Assejor – Associação de Empresários da Vila de São Jorge

  • Associação Devir Social

  • Associação da Imprensa de Pernambuco (AIP)

  • Associação Brasileira de Pacientes de Cannabis Medicinal (AMA+ME) Associação Movimento Sócio-Ambiental Caminho das Águas

  • Baia HackerSpace BrCidades

  • Bloco Não é Não

  • Coalizão Negra por Direitos Campanha Despejo Zero

  • Casa de Cultura Cavaleiro de Jorge

  • Centro Acadêmico dos Estudantes de Biologia (CABio – UnB) Centro Cultural Eldorado dos Carajás

  • Centro Popular da Mulher – CPM/UBM Coletivo Terapeutas Solidários

  • Comissão Pastoral da Terra regional Goiás Comitê Estudantil Pelo Meio Ambiente (CEMA)

  • Centro de Promoção da Cidadania e Defesa dos Direitos Humanos Pé. Josimo Comitê Goiano de Direitos Humanos Dom Tomás Balduino

  • Coletivo Quilombo

  • Comissão Dominicana de Justiça e Paz do Brasil Coletivo ConVida – Periferias

  • Coletivo Feminista GSEX Conectadas pela Vida Coletivo Pretas de Angola

  • Coletivo de Mulheres Pretas Angoleiras

  • Coletiva Margaridas – Pela Autonomia das Mulheres no PT Coletivo Pretas de Angola

  • Coletivo Novembro Negro

  • CTB Goiás – Central dos Trabalhadores e Trabalhadoras do Brasil Coletivo Mães Pela Paz de Goiânia

  • Coletivo Mente Sativa

  • Conaq – Coordenação Nacional de Articulação das Comunidades Negras Rurais Quilombolas Conselho Nacional do Laicato do Brasil – CNBB

  • Diretório Central dos Estudantes – DCE UFG Fórum de Mulheres do DF e Entorno

  • Fórum de Religiões de Matriz Africana do Estado de Goiás Federação das Associações de Cannabis Terapêutica – FACT Fórum de Religiões de Matriz Africana do Estado de Goiás Fórum Goiano de Mulheres

  • Frente LGBT de Goiás

  • Fórum de Mulheres Negras do DF e Entorno

  • Grupo de Mulheres Negras Dandara no Cerrado Grupo de Mulheres Negras Malunga

  • Grupo de Pesquisa La Folie – História da Loucura. PUC Goiás/CNPq

  • Intersindical (Central de Classe Trabalhadora) IBC – Instituto Biorregional do Cerrado

  • Instituto Internacional de Pesquisa com Plantas para a Saúde e Bem Estar – Paraíso Sagrado Instituto Anjos da Liberdade

  • Instituto de Referência Negra Peregum Peregum

  • IVELCRUZ – Instituto Cidadania Diversidade e Liberdade de Vera Cruz

  • Mandato do Deputado Estadual Antônio Gomide Mandato da Deputada Estadual Adriana Accorsi Mandato da Deputada Federal Samia Bomfim (PSOL/SP) Mandato da Deputada Federal Vivi Reis, Psol/PA Mandato da Deputada Érika Kokay – PT/DF

  • Mandato do Deputado Alencar Santana – PT/SP Mandato do Deputado Glauber Braga – PSol/RJ Mandato da Deputada Federal Áurea Carolina, Psol/MG

  • Mandato da Deputada Federal Fernanda Melchiona, Psol/RS

  • Mandato da Deputada Federal Talíria Petrone, Líder do Psol na Câmara dos Deputados Mandato Popular Deputado Federal Rubens Otoni

  • Mandato Popular Participativo Vereador Mauro Rubem Mandato do Deputado Federal Elias Vaz

  • Mandato da Vereadora Aava Santiago

  • Mandato do Deputado Estadual Lucas Calil – PSD/GO Mandato do Deputado Federal Paulo Teixeira – PT/SP Mães de Maio no Cerrado

  • MNU – Movimento Negro Unificado Movimento Bem Viver

  • Movimento Correnteza

  • Movimento de Meninos e Meninas de Rua de Goiás – MMMR-GO Movimento Nacional de Meninos e Meninas de Rua – MNMMR

  • Movimento Nacional da População em Situação de Rua – MNPR Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra

  • Movimento pela Soberania Popular na Mineração – MAM Movimento de Trabalhadoras e Trabalhadores por Direitos – MTD Mulheres Cannábicas do Brasil

  • Movimento Independente Mães de Maio Mães de Maio no Cerrado

  • Núcleo de Estudos e Pesquisas Sobre Criminalidade e Violência da UFG – NECRIVI Núcleo de Direitos Humanos da UFG – NDH

  • Núcleo de Estudos e Pesquisas Econômicas – NEPE – UEG Núcleo de Estudos em Agroecologia – NEA Candombá

  • Observatório Nacional dos Direitos à Água e ao Saneamento – ONDAS Pareia Comunicação e Cultura (DF)

  • Policiais Antifascismo

  • Policiais Antifascismo – GO Pompeia Sem Medo

  • Pastoral Carcerária do Estado de Goiás – PCr Pastoral de Rua SP – Padre Júlio Renato Lancellotti Partido dos Trabalhadores – PT

  • Partido Socialista Brasileiro – PSB Partido Socialismo e Liberdade – PSOL

  • Rede Goiana de Mulheres Negras Rede Goiana de Mulheres Negras Rede de Policiais LGBTQIA+ (RENOSP) RBdC – Rede Brasileira de Conselhos Rede Contra o Fogo

  • RENAAQ – Rede Nacional de Advogadas e advogados Quilombolas

  • Sementes de Proteção – GO

  • Servitur – Associação de guias da Chapada dos Veadeiros Sindicato dos Jornalistas Profissionais do DF – SJPDF Sindsaúde

  • 6ª Semana Social Brasileira

  • Terra de Direitos

  • Unidade Popular pelo Socialismo – UP Goiás Uneafro Brasil

  • Vilanovenses Antifascistas

Voir en ligne : Justiça para as vítimas da Chacina na Chapada

https://observatoiredemocratiebresil.org/Nous-sommes-ici-pour-dire-Assez-Nous-ne-devons-plus-accepter-la-violence-et-l

[1] L’Annuaire brésilien de la Sécurité Publique est produit par le Forum Brasileiro de Segurança Publica. Il est basé sur les informations fournies par les secrétariats de la Sécurité Publique des États, les Polices civiles, militaires et fédérales, entre autres sources officielles de la Sécurité Publique.

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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