Myanmar. La junte « propriétaire du pays » poursuit la répression. Une grève silencieuse massive exprime la résistance (plus autres textes)

  • Myanmar. La junte « propriétaire du pays » poursuit la répression. Une grève silencieuse massive exprime la résistance (plus autres textes)
  • Oser lutter, oser vaincre, la résistance des travailleur·euses depuis le coup d’Etat
  • Khaing Zar Aung et Cecilia Brighi : Les syndicats réclament davantage de sanctions contre la junte

Cette semaine, le premier anniversaire du coup d’Etat militaire a été marqué par une grève silencieuse dans tout le pays; l’envoyée spéciale des Nations unies, la Singapourienne Noeleen Heyzer, a fait sensation par ses déclarations ; le ministre des Affaires étrangères de la junte a été officiellement exclu de la prochaine séance de l’ASEAN ; Aung San Suu Kyi fait l’objet de deux nouvelles accusations impliquant au total des décennies d’emprisonnement. (Réd. Frontier Fridays)

Grève silencieuse et sanctions pour marquer l’anniversaire du coup d’Etat

Mardi 1er février, un triste anniversaire sonnait pour le Myanmar : il y a un an était organisé par les militaires le coup d’Etat et était instauré l’état d’urgence, qui a depuis été prolongé jusqu’à la fin de 2022. Ce jour-là, des informations en provenance de Rangoon ont fait état de coupures d’électricité dans certaines parties de la ville, probablement dans le but de forcer les gens à quitter leur domicile et d’éviter que le pays ne ressemble à une ville fantôme pendant la « grève silencieuse ». Quoi qu’il en soit, la grève a été un succès, les images prises dans les grandes villes montraient des rues et des marchés vides. De nombreux magasins ont ouvert leurs portes pour éviter les arrestations, mais étant sans clients, cela ne faisait guère de différence.

Si la grève a été un succès retentissant et a délivré un fort message de l’opposition au régime, la journée a été entachée par un incident particulièrement tragique et sans précédent. Aung Aung, un homme du district de Kyaukpadaung, dans la région de Mandalay, s’est versé de l’essence sur le corps et s’est brûlé vif en signe de protestation contre les militaires. Il s’est immolé par le feu près d’un bureau d’électricité après avoir écrit un mot où l’on pouvait lire : « Que les gens aient de l’électricité 24 heures sur 24, et ne reviennent jamais à 2001-2002 ». Il s’agissait apparemment d’une référence aux fréquentes coupures d’électricité décidées par la junte et peut-être aussi aux sombres aspects du régime militaire d’il y a vingt ans. Les images et les vidéos ont explosé sur les médias sociaux, beaucoup partageant le dessin d’un homme en feu avec la légende « Je me suis éclairé moi-même pour que vous puissiez tous être lumineux ».

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont également marqué la journée par de nouvelles sanctions contre des dirigeants militaires, en particulier ceux qui travaillent dans le système judiciaire de la junte et le comité électoral, ainsi que des partenaires impliqués dans l’achat d’armes. Parmi les personnes désormais sanctionnées par les Etats-Unis figurent : l’important homme d’affaires Tay Za et deux de ses fils, qui dirigent le groupe Htoo [construction, exportation de bois, compagnie d’aviation, mines, hôtels, tourisme] ; Jonathan Myo Kyaw Thaung, PDG du groupe KT [aviation, propriété foncière, pétrole, gaz, transport par containers, etc.] ; Thida Oo, procureur général de la junte, Tun Tun Oo, juge en chef de la junte, et Tin Oo, président de la commission anti-corruption de la junte. Washington a également inclus la direction des achats de l’armée, qui, selon lui, achète des armes à l’étranger, et la KT Services & Logistics Company Ltd, qui fait partie du KT Group.

Le Royaume-Uni n’a pas imposé de sanctions à Tun Tun Oo, mais a ajouté Thein Soe, président de la Commission électorale de l’Union. Le Canada a sanctionné Thida Oo, Tun Tun Oo et Tin Oo. Les sanctions coordonnées entre les trois pays semblent être une réponse à l’abus de pouvoir de la junte au sein du système judiciaire, utilisant les tribunaux comme une arme pour enfermer ses opposants. Dans une déclaration publiée par le ministère des Affaires étrangères du pays (Affaires mondiales Canada), il est indiqué que « ces sanctions ciblent les hauts responsables du régime qui utilisent leurs rôles respectifs pour fouler aux pieds l’Etat de droit et éliminer l’opposition politique ».

L’envoyée spéciale des Nations unies suscite des critiques

L’envoyée spéciale des Nations unies au Myanmar, Noeleen Heyzer [Singapourienne], a accordé lundi 31 janvier un entretien accordé à Channel News Asia, qui a fait grand bruit, en particulier sa réponse à une question sur les commentaires qu’elle avait faits précédemment sur un éventuel partage du pouvoir avec la junte. Dans l’entretien, la journaliste de CNA May Wong a rappelé que l’envoyée spéciale Noeleen Heyzer avait précédemment « émis ou suggéré l’idée d’un partage du pouvoir ». Noeleen Heyzer n’a pas nié avoir proposé le partage du pouvoir, mais a simplement déclaré que le peuple du Myanmar devait « négocier ce partage du pouvoir sur le long terme » et « qu’on ne peut pas arriver immédiatement avec la solution que l’on souhaite ».

Ses commentaires ont suscité de vives réactions, et 247 organisations de la société civile ont publié une déclaration commune dans laquelle elles rejetaient toute proposition d’accord de partage du pouvoir avec la junte. La déclaration a également souligné d’autres problèmes liés à l’entretien de Noeleen Heyzer, critiquant les commentaires qu’elle a faits sur la recherche de « convergences » avec la junte. La déclaration s’est également opposée à sa déclaration sur le contrôle des militaires, affirmant que des remarques de cette nature, en particulier venant d’une personnalité ayant un statut élevé dans la structure l’ONU pourraient « créer un dangereux précédent » : un régime brutal commettant des meurtres et toutefois être reconnu pour une sorte d’accord de partage du pouvoir. Le compte Twitter du Mouvement pour la désobéissance civile a même demandé la démission de Noeleen Heyzer.

Mercredi 2 février, Noeleen Heyzer a tenté de faire marche arrière en publiant une déclaration dans laquelle elle affirmait que les suggestions en faveur d’un accord de partage du pouvoir étaient une « déformation » de son point de vue. La déclaration indique aussi explicitement que l’envoyée spéciale n’a « jamais proposé le partage du pouvoir comme option » et que tout processus de paix « doit être mené par le peuple du Myanmar ». Puis, le jeudi 3 février, elle a accordé un autre entretien à la DVB (Democratic Voic of Burma), dans laquelle elle a reconnu avoir discuté une fois du partage du pouvoir, mais avant d’assumer le rôle d’envoyée spéciale de l’ONU. Dans cet entretien, Noeleen Heyzer a admis que ces commentaires avaient été faits peu après le coup d’Etat, lors d’une discussion en ligne organisée par le Conseil asiatique pour la paix et la réconciliation. Une partie de cette controverse aurait pu être évitée si Noeleen Heyzer avait simplement reconnu dès le début qu’elle avait discuté de la notion de partage du pouvoir, mais que c’était avant qu’elle ne prenne ses fonctions d’envoyée spéciale. Elle a également répondu à la déclaration commune publiée par les 247 organisations de la société civile condamnant ses commentaires, affirmant qu’elle prenait « au sérieux les points soulevés dans la déclaration » et qu’elle « organisera d’autres sessions pour écouter davantage ». Toute cette débâcle a inutilement détourné l’attention des problèmes réels sur le terrain. Quoi que Noeleen Heyzer décide de faire ensuite, espérons que cela ne se transforme pas en un nouveau cirque médiatique.

Le ministre des Affaires étrangères de la junte exclu de la réunion de l’ASEAN

Si la junte avait pensé que la présidence cambodgienne de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) serait un peu plus favorable au régime que celle du Brunei, ces espoirs semblent s’évanouir rapidement. Mercredi, le Cambodge a annoncé que le ministre des Affaires étrangères de la junte, Wunna Maung Lwin, ne serait pas invité à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN prévue les 16 et 17 février à Phnom Penh. Le porte-parole du ministère cambodgien des Affaires étrangères, Chum Sounry, a déclaré à VOA Khmer [Voice of America Khmer] qu’« étant donné le peu de progrès réalisés dans la mise en œuvre du consensus en cinq points, les Etats membres de l’ASEAN ont du mal à parvenir à un accord » et ont demandé au Myanmar d’envoyer un représentant apolitique. Lorsqu’il a été demandé à la junte de sélectionner un représentant apolitique lors du sommet de l’ASEAN en octobre 2021 et du sommet ASEAN-Chine en novembre 2021, elle a préféré laisser le siège vide. On s’attend à ce que la junte fasse de même cette fois-ci, mais Chum Sounry a jeté un trouble supplémentaire. Il a déclaré que « c’est au Myanmar de décider qui est ce “niveau non-politique” », laissant potentiellement la porte ouverte à d’autres manigances de la part de la junte. […]

Deux nouvelles accusations contre Aung San Suu Kyi

Lundi 31 janvier, la conseillère d’Etat destituée Aung San Suu Kyi, le président Win Myint et le ministre chargé du bureau du gouvernement de l’Union, Min Thu, ont été inculpés de nouvelles accusations de falsification des élections, selon des sources obtenues par Frontier. Les charges, qui relèvent de l’article 130-A du Code pénal et sont assorties de peines maximales de trois ans de prison, qui pèsent sur les trois prévenus sont d’avoir influencé la commission électorale de l’Union lors des élections de 2020. Alors que la junte avait déjà annoncé son intention d’inculper Aung San Suu Kyi et Win Myint de falsification des élections, il s’agit des premières accusations réellement déposées.

Jeudi 3 février, selon les médias d’Etat, Aung San Suu Kyi a été à nouveau inculpée de corruption. Elle est accusée de corruption en vertu de l’article 55 de la loi anti-corruption, pour avoir prétendument reçu 550 000 dollars de dons à sa Fondation Daw Khin Kyi en quatre versements distincts entre 2019 et 2020. On ne sait pas exactement en quoi ces dons constituent des pots-de-vin (mais même si la junte se donnait la peine de l’expliquer, nous sommes sûrs que ce serait de toute façon ridicule). Aucune information n’a été donnée quant à la date à laquelle cette dernière accusation sera portée devant les tribunaux. Il s’agit de la 11e inculpation d’Aung San Suu Kyi pour corruption, chacune d’entre elles étant passible d’une peine maximale de 15 ans de prison, ainsi que de sept autres inculpations non liées à la corruption.

Mais il semble qu’Aung San Suu Kyi ne soit pas encore en mesure d’être jugée. Hier, elle était trop malade pour se rendre au tribunal, des sources ayant indiqué à la publication The Irrawaddy qu’elle souffrait de vertiges et de nausées. L’audience d’hier portait sur des accusations portées en vertu de la loi sur les secrets officiels, qui prévoit une peine maximale de 14 ans d’emprisonnement. Deux de ses coaccusés dans cette affaire, le ministre déchu du Plan et des Finances Soe Win et son prédécesseur Kyaw Win, seraient également malades et actuellement hospitalisés. Les autres coaccusés dans cette affaire sont son vice-ministre déposé, Sett Aung, et son conseiller économique, Sean Turnell, un Australien. C’est la deuxième fois qu’Aung San Suu Kyi n’assiste pas à une audience du tribunal pour cause de maladie, après un incident l’année dernière, lorsqu’elle aurait souffert de cinépathie [nausées lors d’un transport].

Lettre d’information de Frontier publiée le 4 février 2022 ; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/asie/birmanie/myanmar-la-junte-proprietaire-du-pays-poursuit-la-repression-une-greve-silencieuse-massive-exprime-la-resistance.html

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Oser lutter, oser vaincre, la résistance des travailleur·euses depuis le coup d’Etat

Des propriétaires d’usines peu scrupuleux ont profité du coup d’État pour réduire les salaires et harceler les syndicats sur le lieu de travail, mais des grèves réussies dans deux usines à la fin de l’année dernière ont mis en évidence la détermination des travailleur·euses à résister à l’exploitation et aux abus.

Lorsque les militaires du Myanmar ont pris le pouvoir le 1er février 2021, les ouvrier·es des zones industrielles autour de Yangon ont immédiatement éprouvé des craintes. « Ce sera comme avant », a déclaré Ma Phyu [pseudonyme], une travailleuse interrogée par les auteurs deux jours après le coup d’État, faisant référence aux décennies sous le régime militaire avant 2011, lorsque les syndicats étaient de facto illégaux. « Les employeurs vont opprimer les travailleur·euses et réduire leurs salaires », a-t-elle ajouté.

L’inquiétude quant à la possibilité d’une détérioration des conditions de travail et les restrictions imposées aux employé·es qui s’organisent sur leur lieu de travail ont été les principales raisons pour lesquelles des milliers d’ouvrier·es d’usine, jeunes pour la plupart, ont manifesté contre le coup d’État dans le centre de Yangon le 6 février, catalysant ainsi une série de grèves générales qui ont eu lieu depuis le coup d’État.

Parallèlement aux protestations, les fonctionnaires, emmenés par les médecins, les infirmières et autres travailleur·euses de la santé, avaient lancé un mouvement de désobéissance civile qui allait ensuite attirer des centaines de milliers d’autres travailleur·euses des secteurs public et privé.

Dans les ports de Yangon, les chauffeurs routiers en grève ont paralysé le commerce international et le système bancaire a été paralysé par des débrayages. Les travailleur·euses fabriquant des équipements militaires dans les usines du ministère de la Défense et les mineurs dans les mines de cuivre, gérées par la Chine et ayant conclu des accords de partage des revenus avec l’armée, ont également rejoint la grève générale.

En s’organisant et en menant des actions directes, les travailleur·euses de tout le Myanmar ont marqué l’histoire dans les semaines et les mois qui ont suivi le coup d’État. Comme l’a reconnu un étudiant militant impliqué dans les manifestations en juin 2021, « les membres de la classe ouvrière ont été essentiels à notre mouvement. »

Les expériences vécues par les travailleur·euses des zones industrielles autour de Yangon depuis le coup d’État mettent en évidence le lien de causalité entre le régime militaire et la crise humanitaire qui sévit au Myanmar [Birmanie] et montrent comment les luttes collectives des travailleur·euses pour améliorer leurs moyens de subsistance constituent un élément essentiel du soulèvement populaire plus large.

Dans le même temps, les demandes liées à l’emploi formulées par les travailleur·euses des zones industrielles autour de Yangon depuis le 1er février de l’année dernière – pour de meilleurs salaires et conditions de travail et de larges possibilités de s’organiser – révèlent une continuité entre les luttes de la classe ouvrière depuis le coup d’État et celles menées pendant la soi-disant transition démocratique. Les luttes collectives durables des travailleur·euses des zones industrielles autour de Yangon – et celles des gens ordinaires dans tout le pays – reflètent la nécessité d’aller au-delà de la simple restauration de l’arrangement politique d’avant le coup d’État. Ce qui ressort de ces mouvements sur le lieu de travail est un processus de démocratisation par le bas, les travailleur·euses s’efforçant d’affirmer un pouvoir collectif sur leur lieu de travail.

Réprimer les travailleur·euses, permettre l’exploitation

La réponse de la junte aux travailleur·euses d’usine s’opposant a été brutale. Le 26 février 2021, la junte a déclaré illégaux 16 des syndicats les plus importants du pays et a menacé d’arrêter les militant·es syndicaux qui continuaient à organiser des activités contre le coup d’État, ce qui témoigne d’une conscience aiguë du pouvoir de l’organisation syndicale.

Le 14 mars, des soldats et des policiers ont tué au moins 65 manifestant·es dans le canton de Hlaing Tharyar, fortement industrialisé de Yangon, où vivent des dizaines de milliers d’ouvrier·es d’usine. Plus tard dans la journée, la loi martiale a été déclarée à Hlaing Tharyar et dans le canton voisin de Shwepyithar. Le 15 mars, la loi martiale a également été déclarée dans les cantons de Yangon de North Dagon, South Dagon, Dagon Seikkan et North Okkalapa, ce qui suggère que la junte visait les quartiers ouvriers.

Le 15 avril, une quarantaine de soldats ont fait irruption dans le bureau de Shwepyithar du Solidarity Trade Union of Myanmar et ont arrêté son directeur, Daw Myo Myo Aye, pour avoir organisé des activités contre le coup d’État. D’autres dirigeants syndicaux et militants syndicaux sont depuis entrés dans la clandestinité ou ont fui à l’étranger.

Dans les semaines qui ont suivi le coup d’État, des grèves de travailleur·euses, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et un climat d’insécurité ont contraint les usines des zones industrielles de Yangon à suspendre leurs activités. À la suite des massacres de manifestants à Hlaing Tharyar le 14 mars et de l’imposition de la loi martiale qui a suivi, de nombreux travailleur·euses ont fui les zones industrielles pour rejoindre leur ville natale dans les zones rurales du Myanmar. Selon l’Organisation internationale du travail, on estime qu’en juillet, 250 000 emplois avaient été perdus dans les seules usines de confection.

Depuis lors, la plupart des usines autour de Yangon ont rouvert et les travailleur·euses qui avaient fui les violences et les perturbations économiques de l’après-coup sont revenu·es, malgré le harcèlement de l’armée et de la police. Bien que de nombreux travailleur·euses aient voulu soutenir le MDP, ils et elles ont été contraint·es de reprendre le travail en raison des possibilités de subsistance limitées et du manque de soutien social dû aux restrictions imposées par la junte.

Alors que les travailleur·euses reprennent le travail en usine, de nombreux employeurs profitent de la loi martiale et des perturbations économiques pour réduire leurs salaires, dégrader les conditions de travail et affaiblir les groupes de travailleur·euses sur le lieu de travail.

Ko Aung [pseudonyme], un ouvrier d’usine interrogé en janvier, a déclaré que la précarisation était de plus en plus courante. « Ils utilisent la politique comme une excuse pour saper l’organisation des travailleur·euses. En cette période d’instabilité politique, il n’y a pas beaucoup de travailleur·euses payés au mois. Ils embauchent des travailleur·euses journaliers. Si vous n’êtes pas satisfait, ils vous licencient », a-t-il déclaré. « Il n’y a pas de contrat écrit pour les travailleur·euses journaliers. Pour le salaire journalier, ils paient K3600 (environ 2 euros). »

Les employeurs ont également utilisé l’appareil de sécurité de la junte contre les travailleur·euses qui tentent de s’organiser collectivement pour obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Le 16 mars de l’année dernière, des policiers et des soldats appelés par le propriétaire de l’usine Xing Jia à Hlaing Tharyar auraient abattu six ouvriers qui s’étaient disputés au sujet de leur salaire avec leur employeur, qu’ils accusaient de vol.

« Après le coup d’État, la situation des travailleur·euses s’est détériorée », a déclaré Ko Aung. « Les employeurs ont profité de la situation politique pour opprimer sévèrement les travailleur·euses ».

Harcèlement et extorsion

Dans les zones industrielles des townships soumis à la loi martiale, les travailleur·euses sont également confronté·es à un harcèlement constant de la part des soldats et des policiers en patrouille, qui agissent en toute impunité et extorquent souvent de l’argent aux employé·es qui se déplacent en dehors de leur lieu de travail.

« Quand je voyage sur la route, je ne me sens pas en sécurité », a déclaré Ma Khaing [pseudonyme], une autre travailleuse interrogée en janvier.

« Ils [la police] vérifient nos téléphones » à la recherche de contenus anti-coup d’État » dit-elle. « Quand je voyage sur la route, je ne peux jamais être sûre si je vais être arrêtée et interrogée. Je m’inquiète de cela ».

« On nous a dit que nous pouvions être emprisonnés pendant trois ans si nous avions des informations [anti-coup] sur notre téléphone. Lorsque je prévois de sortir, j’efface toujours tout de mon téléphone à l’avance. Ce n’est qu’alors que je sors », a ajouté Ma Khaing. « S’ils trouvent des [contenus compromettants] sur notre téléphone, ils nous accusent de soutenir les PDF [Forces de défense populaires] et nous demandent de l’argent. Ils demandent autant d’argent qu’ils veulent. Une personne doit donner l’argent qu’on lui demande. Si elle ne paie pas, [la police] dit qu’elle se saisira du travailleur pour l’interroger. »

Craignant que leurs marques ne soient ternies par une association avec un régime militaire violent, certaines entreprises internationales de l’habillement ont cessé de s’approvisionner en vêtements au Myanmar. D’autres, comme H&M et Zara, ont initialement suspendu leurs commandes après le coup d’État, mais ont depuis repris leurs achats auprès de leurs fournisseurs. En octobre 2021, la plupart des quelque 600 usines de confection du Myanmar qui produisent pour l’exportation étaient en activité, bien qu’avec des effectifs réduits, selon le bulletin d’octobre de la Myanmar Garment Manufacturers’ Association [association patronale de l’habillement].

La réduction de la demande de main-d’œuvre a rendu les travailleur·euses encore plus vulnérables à l’exploitation. Ils et elles doivent souvent accepter des salaires inférieurs et des conditions de travail plus mauvaises ou faire face à la menace d’un licenciement, tandis que les organisateur·trices syndicaux sont particulièrement exposé·es au risque d’être licencié·es. De nombreuses personnes cherchant désespérément du travail paient des intermédiaires pour leur trouver un emploi en Thaïlande voisine, où des milliers de personnes ont été arrêtées pour être entrées illégalement dans le pays.

Les luttes des travailleur·euses sous le régime militaire

Pour les ouvrier·es d’usine et leurs familles, le coup d’État a aggravé leurs conditions déjà extrêmement précaires dans les zones industrielles autour de Yangon.

En février 2020, au début de la pandémie de Covid-19, les perturbations de l’approvisionnement en matières premières en provenance de Chine ont entraîné la fermeture d’usines de confection et la perte de 10 000 à 15 000 emplois. En septembre 2020, 233 usines avaient demandé aux autorités l’autorisation de fermer, de suspendre leurs activités ou de licencier des travailleur·euses. Les employeurs ont alors utilisé le prétexte de la perturbation du Covid-19 pour licencier les travailleur·euses syndiqué·es, tandis que la police est intervenue pour briser les grèves et arrêter les organisateurs.

En l’absence de filet de sécurité sociale efficace, même avant le coup d’État, les ouvrier·es d’usine licencié·es pendant la pandémie n’avaient souvent d’autre choix que de s’endetter davantage et de réduire leur consommation alimentaire, et dans certains cas, elles et ils se sont tourné·es vers le commerce du sexe pour subvenir aux besoins de leur famille.

Mais les communautés de la classe ouvrière des zones industrielles autour de Yangon étaient déjà en difficulté avant la pandémie. Les violations du droit du travail et les salaires inférieurs au minimum légal étaient monnaie courante dans les usines de Yangon. De nombreux autres travailleur·euses travaillaient dans le cadre d’accords informels échappant à la législation sur la protection du travail.

Néanmoins, même si la décennie qui a précédé le coup d’État a été difficile pour les travailleur·euses, de réels progrès avaient été réalisés et l’espoir que les changements positifs était encore là.

Les syndicats avaient été interdits pendant près de 50 ans, mais ils ont été de nouveau autorisés en vertu de la loi sur l’organisation du travail promulguée en 2011 sous le gouvernement pro-militaire du Parti de la solidarité et du développement de l’Union. Cette loi a permis à des centaines de milliers de travailleur·euses d’usine de Yangon et d’ailleurs de s’organiser en syndicats ; en 2021, près de 3 000 syndicats sur le lieu de travail avaient été enregistrés dans tout le pays.

Au cours de la décennie suivante, nombre de ces syndicats se sont mis en grève pour obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Certains des syndicats d’usine les plus dynamiques étaient affiliés à la Federation of Garment Workers of Myanmar [la Fédération des travailleur·euses de l’habillement du Myanmar] et à la All Burma Federation of Trade Unions [fédération birmane des syndicats]. Ces syndicats, ainsi que les réseaux plus larges de la classe ouvrière dont ils font partie, ont constitué une base solide de résistance au régime militaire depuis le coup d’État.

Outre les manifestations de rue, les travailleur·euses s’organisent également depuis le coup d’État pour réclamer collectivement de meilleurs salaires et conditions de travail. Ces actions peuvent comporter des risques extrêmement élevés, comme l’a montré l’assassinat de travailleur·euses de l’usine Xing Jia en mars 2021. Toutefois, depuis le coup d’État, il y a eu deux cas notables de travailleur·euses des zones industrielles de Yangon qui ont obtenu des résultats tangibles en faisant grève.

Le 14 octobre de l’année dernière, environ 350 travailleur·euses de l’usine Gasan Apparel de Hlaing Tharyar se sont mis en grève en raison de réductions de salaire et d’avantages sociaux. La grève s’est poursuivie jusqu’au début du mois de novembre, lorsque des soldats et des policiers ont fait irruption dans l’usine et que les grévistes ont été contraints de fuir. Les travailleur·euses affirment que la direction a fait appel aux forces de la junte pour réprimer la grève. La direction a également déclaré aux travailleur·euses que l’usine fermerait en décembre en raison d’un manque de commandes. Cependant, un travailleur interrogé en janvier pour cet article a déclaré que la menace de fermeture de l’usine – qui reste ouverte – était un stratagème du propriétaire pour licencier les travailleur·euses syndiqués et éviter de leur verser des indemnités de licenciement.

« Les travailleur·euses avaient le droit de recevoir une indemnité de licenciement et ont exigé de la recevoir, mais la direction a refusé », a déclaré le travailleur, qui a demandé à ne pas être identifié. « Des soldats sont venus, mais les travailleur·euses étaient solidaires et ont continué à demander des indemnités de licenciement et l’employeur a fini par accepter de payer. On peut dire que nous avons été victorieux. »

Puis, le 8 décembre, environ 800 travailleur·euses d’une usine du canton de Shwepyithar, dont ils et elles ont demandé à ne pas être identifié·es, ont entamé une grève qui a duré 11 jours et s’est également soldée par une victoire de la solidarité au travail. Les revendications des travailleur·euses étaient que l’employeur cesse de réduire les primes des employé·es qui ne pouvaient pas travailler tous les jours, qu’il serve du riz de meilleure qualité à la cantine de l’usine et qu’il licencie un directeur des ressources humaines accusé de harcèlement constant. Les travailleur·euses ont obtenu satisfaction, y compris le renvoi du directeur des ressources humaines. Ils et elles ont également organisé une élection sur le lieu de travail afin de choisir un nouveau comité exécutif pour leur syndicat d’usine.

Ces arrêts de travail ont démontré que les ouvrier·es des zones industrielles autour de Yangon ont la motivation et la capacité de s’organiser et de faire grève pour des revendications collectives, malgré les restrictions et les risques de violence auxquels elles et ils sont confrontés sous la loi martiale. Ces grèves constituent donc un précédent important pour d’autres actions sur le lieu de travail dans les conditions de la période post-coup d’État.

http://www.laboursolidarity.org/Birmanie-Oser-lutter-oser-vaincre

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Les syndicats réclament davantage de sanctions contre la junte

Un an après le coup d’Etat militaire au Myanmar [le 11 février 2021], il est temps d’intensifier les actions diplomatiques, politiques et économiques internationales pour vaincre la junte et remettre le pays sur la voie de la démocratie. Il est également temps que les pays partageant les mêmes idées s’accordent sur une stratégie diplomatique unitaire à l’égard de la junte et de ses partisans, en particulier la Russie et la Chine, qui font obstacle à un embargo contraignant sur les armes au Conseil de sécurité des Nations unies.

En février 2022, cela fera un an que les forces armées du Myanmar ont pris le pouvoir et déclaré la loi martiale à Mandalay [capitale administrative] et à Rangoon [principale ville], deux grands centres industriels produisant des vêtements portés par de nombreux Occidentaux. En mars, cela fera un an que 150 000 à 200 000 travailleurs et travailleuses ont fui Rangoon pour échapper aux assassinats, aux arrestations arbitraires et aux incendies criminels.

Ceux et celles qui ont fui ont eu du mal à retourner dans leurs villages. Les militaires avaient installé des postes de contrôle sur les routes et les voyageurs étaient harcelés, fouillés et arrêtés. Ceux et celles qui parviennent à rentrer chez eux ne sont guère en sécurité dans l’arrière-pays. L’armée attaquait également les zones rurales, dévastant les sites religieux et lançant des frappes aériennes sur les groupes armés qui luttaient pour défendre les civils. A Khatea, un village de l’Etat de Shan, les habitants ont eu les yeux bandés, ont été attachés et forcés de marcher devant les troupes pour servir de boucliers humains.

Le pouvoir de la junte a provoqué des millions de chômeurs et de personnes déplacées. Il a également pris pour cible les syndicats, une force clé dans la mobilisation de l’opposition non violente, et il a interdit la liberté de réunion et d’association. Il y a eu de nombreux incidents au cours desquels des syndicalistes ont été détenus, blessés ou tués lors de manifestations. La situation a contraint le Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT) à déclarer en juin 2021 :

« Nous sommes profondément préoccupés par les pratiques actuelles des autorités militaires, notamment le recours à grande échelle à la violence meurtrière et au travail forcé, ainsi que par le harcèlement, les intimidations, les arrestations et les détentions dont font l’objet des syndicalistes et d’autres personnes, notamment des Rohingyas, pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Nous demandons aux autorités militaires de cesser immédiatement ces activités, de libérer les syndicalistes qui ont participé pacifiquement à des activités de protestation et d’abandonner les poursuites contre eux. »

Un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, publié à la fin de l’année dernière, est plus concis : « Le coup d’Etat s’est transformé en une catastrophe en matière de droits de l’homme qui ne montre aucun signe d’atténuation. »

Après une année de paralysie de l’action internationale, le peuple birman demande à la communauté internationale de réagir, de renforcer les sanctions et d’étrangler la junte militaire ainsi que les ressources qui la nourrissent. Il n’y a plus de temps à perdre. La population du Myanmar est affamée.

Ceux qui s’opposent au renforcement des sanctions au motif qu’elles aggraveront la situation humanitaire déjà catastrophique négligent la particularité du cas birman: les sanctions ont été demandées à plusieurs reprises par l’opposition politique et sociale du Myanmar. Elles seraient imposées au Myanmar conformément à notre volonté plutôt que par les seuls gouvernements étrangers, ce qui leur conférerait une forte légitimité. Et, par le passé, elles ont été efficaces. Les habitants du Myanmar boycottent déjà les produits fabriqués par des entreprises appartenant à l’armée et refusent de payer les factures d’électricité et d’autres taxes afin d’écourter la durée de vie de cette dictature. Ils sont prêts à accepter de nouveaux sacrifices, y compris ceux découlant de sanctions économiques d’ensemble. Ils estiment que les mesures restrictives doivent être généralisées.

Des restrictions internationales efficaces répondent à l’appel du peuple

En 1997, sous le dernier gouvernement militaire, l’Organisation internationale du travail a publié un rapport accusant la junte de l’exploitation généralisée et systématique du travail forcé. Ce rapport s’appuyait sur plus de 10 000 pages de données, y compris des entretiens avec des victimes, des témoins et des syndicats, pour mettre en évidence l’impunité avec laquelle les responsables gouvernementaux et les officiers utilisaient le travail forcé comme outil d’intimidation et de domination du pays.

Stimulés par la réalité décrite dans le rapport de l’OIT, le syndicat birman FTUB (Fédération des syndicats de Birmanie) et plusieurs autres groupes ont lancé une campagne contre la présence des transnationales au Myanmar. Nous voulions qu’elles quittent le pays et emportent leurs investissements avec elles. Cette campagne a amené d’importantes entreprises, telles que Pepsi, Heineken, Texaco, Sony Erikkson, Reebook et Levi’s, à quitter le pays. Les syndicats ont également déposé une plainte auprès de la Commission européenne, qui a accepté de suspendre le système de préférences généralisées (SPG) pour le Myanmar, en réponse à sa violation systématique des droits de l’homme.

En juin 2000, la Conférence de l’OIT a en outre approuvé une résolution recommandant « aux mandants de l’Organisation de réexaminer leurs relations avec le Myanmar et de prendre les mesures appropriées pour que ces relations ne perpétuent pas ou n’étendent pas le système de travail forcé ou obligatoire dans ce pays ». Elle invitait « le Directeur général de l’OIT à informer les organisations internationales qui travaillent avec l’OIT de reconsidérer toute coopération qu’elles pourraient avoir avec le Myanmar et, le cas échéant, de cesser dès que possible toute activité qui pourrait avoir pour effet d’encourager directement ou indirectement la pratique du travail forcé ou obligatoire ».

Des sanctions ont commencé à être adoptées, mais en raison de la lenteur du processus décisionnel gouvernemental, la plupart des principales sanctions économiques ont été adoptées après la répression de la révolution Zaffron de 2007 [d’août à octobre des mobilisations sociales contre le gouvernement militaire se développèrent suite à la suppression de subventions pour le prix des carburants] et l’approbation de la constitution de 2008. Néanmoins, grâce à un savant mélange de sanctions, de négociations avec l’OIT et de pressions politiques, la junte militaire a passé le relais au gouvernement semi-civil, permettant ainsi d’entamer un nouveau chapitre.

Les revendications d’aujourd’hui s’inscrivent dans la continuité de cette histoire

Le 7 octobre 2021, le Parlement européen a adopté une résolution forte demandant au Conseil de l’UE de geler les actifs, de bloquer les transferts vers les banques publiques et de placer l’entreprise publique Myanmar Oil and Gas Enterprise sur la liste des firmes sanctionnées. Cette entreprise assure, selon la résolution, « la plus grande entrée de devises étrangères de la junte ».

Ces décisions répondent en partie à l’appel à des sanctions économiques complètes lancé par 200 organisations de la société civile du Myanmar. Pour illustrer l’ampleur de la coalition qui a lancé cet appel, on peut citer la Labor-Alliance, qui regroupe 16 organisations syndicales, des organisations d’infirmières, des organisations de femmes, des syndicats d’étudiants universitaires, des syndicats d’enseignants, le Printing and Publishing Workers’ Union, le Electricity Distribution Workers’ Union, le Myanmar Railways Workers’ Union, divers réseaux médicaux et la LGBT Alliance. Ces groupes, et bien d’autres, réclament tous des sanctions économiques complètes.

Les 183 organisations signataires sont conscientes de l’inquiétude suscitée par les répercussions humanitaires négatives des précédentes sanctions imposées au Myanmar. En réponse, les organisations signataires ont écrit :

« Nous comprenons que les sanctions économiques d’ensemble (CES- Comprehensive Economic Sanctions) peuvent coûter des millions d’emplois au Myanmar et éventuellement détériorer davantage la situation dans le pays. Cependant, la présence à long terme de l’armée ne fera qu’aggraver et prolonger les violations des droits de l’homme et des droits des travailleurs et travailleuses, les problèmes de travail forcé, le chômage, les pénuries alimentaires, la crise des réfugiés et d’autres oppressions. Pour échapper à ces crises et à l’oppression, l’éradication du régime militaire est le seul moyen. Les sanctions économiques d’ensemble (CES) peuvent détruire les piliers de l’armée et raccourcir sa durée de vie. Par conséquent, c’est le choix que nous devons faire, pour construire une nouvelle démocratie fédérale, que le peuple désire. »

Ces organisations demandent aux institutions internationales et aux gouvernements, dont l’UE et les Etats-Unis, de bloquer les services financiers et d’assurance internationaux, de paralyser les aéroports et les docks et d’étrangler le commerce des armes, des produits pétrochimiques et d’autres ressources naturelles. Pour être efficaces, les sanctions doivent être complètes et interdire toute activité commerciale avec le régime du Myanmar. Combinées à une action diplomatique à l’égard de la Chine, de la Russie et des autres gouvernements qui soutiennent la junte, il sera possible d’affamer le régime et de le chasser. Tous les gouvernements doivent comprendre que seul un gouvernement démocratiquement élu peut stabiliser le pays et apporter la prospérité à tous.

Les gouvernements et les organisations internationales devraient écouter les voix birmanes qui réclament actuellement des sanctions internationales. La Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar, qui mène la campagne pour des sanctions économiques d’ensemble, travaille depuis un an maintenant pour s’opposer au coup d’Etat militaire, avec des grèves et des manifestations qui ont vu les travailleurs, et en particulier les femmes, en première ligne. Ils méritent d’être entendus. Et ils savent que les sanctions vont frapper durement leur pays. Mais ils les demandent quand même car, lorsqu’ils l’ont fait dans le passé, leurs appels, lorsque entendus, ont contribué à renverser le gouvernement de la junte.

Mais les sanctions seules ne suffisent pas. Pour sortir de l’impasse, elles doivent s’accompagner d’une action diplomatique forte qui amène l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), la Chine, la Russie, l’UE et les Etats-Unis à s’asseoir à la table des négociations avec le Gouvernement d’unité nationale du Myanmar (NUG) pour envisager une éventuelle issue. Cette action doit également s’accompagner d’une décision du Conseil de sécurité des Nations unies concernant un embargo sur les armes. Ce n’est que lorsque les grands décideurs se donneront la main que la junte pourra être vaincue et que la transition vers une véritable démocratie pourra reprendre.

Khaing Zar Aung et Cecilia Brighi 

Khaing Zar Aung est président de l’Industrial Workers Federation of Myanmar, trésorier de la Confederation of Trade Unions Myanmar, et membre de la Myanmar Labour Alliance.

Cecilia Brighi est secrétaire générale de l’ONG ITALIA-BIRMANIA.INSIEME.

Article publié sur le site d’Open Democracy, le 14 février 2022 ; traduction rédaction A l’Encontre

http://alencontre.org/asie/birmanie/myanmar-les-syndicats-reclament-davantage-de-sanctions-contre-la-junte.html

 

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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