Ukraine – Russie… (8)

  • Dockers néo-zélandais solidaires avec l’Ukraine
  • Pierre Baudet : La guerre en Ukraine menace la paix dans le monde…
  • L’édito de PEPS : L’Ukraine, une guerre aux multiples enjeux écologiques
  • Francine Sporenda : Poutinophilie : « c’est l’Otan le problème »
  • Richard Abernethy : Arrêtez la guerre impérialiste de la Russie contre l’Ukraine ! Solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !
  • Ecrivains du monde entier solidaires avec l’Ukraine
  • Igor Ilyash : Quels sont la place et le rôle de la Biélorussie dans l’invasion de l’Ukraine par la Russie ?
  • Un appel d’un socialiste russe : Poutine intensifie la répression
  • Non à la guerre en Ukraine. Non à l’Otan. Contre les guerres impérialistes, femmes des peuples du monde entier Solidarité
  • Akram Belkaïd : Le pas de côté : Non au campisme
  • Québec : Déclaration intersyndicale de soutien à l’Ukraine

Dockers néo-zélandais solidaires avec l’Ukraine

Les deux syndicats représentant les travailleurs des ports néo-zélandais affirment que leurs membres hésitent à faire travailler avec des navires battant pavillon russe dans les ports néo-zélandais et envisagent des protestations après le déclenchement de la guerre. Les deux syndicats néo-zélandais sont affiliés à la Fédération internationale des ouvriers du transport, qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat des hostilités, le retour du conflit au niveau diplomatique et au respect des droits humains internationaux et du droit humanitaire, suite à l’escalade militaire en Ukraine.

Le secrétaire général du Syndicat des transports ferroviaires et maritimes, Wayne Butson, a déclaré que les travailleurs pouvaient remettre des lettres de protestation au capitaine de tout navire battant pavillon russe dans les ports néo-zélandais.

Il a ajouté qu’il est important de noter que toute protestation n’était pas contre les équipages russes, mais contre les décisions d’agression des dirigeants. 

Le secrétaire national de l’Union maritime de Nouvelle-Zélande, Craig Harrison, a déclaré que de nombreux équipages russes et ukrainiens travaillaient dans les eaux néo-zélandaises, car les deux pays avaient de grandes industries maritimes.

L’Union maritime s’est occupée de l’exploitation et des mauvais traitements des équipages et a aidé au rapatriement des membres d’équipage des deux pays. 

Il a précisé qu’il n’y a pas un grand nombre de navires battant pavillon russe dans les ports néo-zélandais, mais qu’il y en a, y compris de grands chalutiers-usines de poisson dans des ports tels que Lyttelton.

De nombreux navires « pavillon de complaisance » ont des équipages russes et ukrainiens. Il y aura probablement des problèmes pour les membres d’équipage qui souhaitent être rapatriés dans leur pays d’origine, a-t-il conclu.

http://www.laboursolidarity.org/Dockers-neo-zelandais-solidaires

********

Pierre Baudet : La guerre en Ukraine menace la paix dans le monde…

Ce texte vise à introduire un débat dans Alternatives. L’hypothèse est que ce conflit va tout changer, tout modifier, y compris dans notre domaine de la solidarité et de la coopération internationale. Comme dans tout débat important, il y a des hypothèses, des questions stratégiques, des choix à faire dans nos pratiques. Le texte qui suit ne répond pas à tout. Il exprime un point de vue qui n’est pas la seule voie qui s’exprime actuellement. Il faudra donc en discuter en long et en large dans la période à venir et ce texte aura atteint ses objectifs si seulement il peut briser la glace.

Pierre Beaudet, 28 février 2022

alternatives

* – *

L’Ukraine, un pays de 43 millions d’habitants, est en train de sombrer dans la guerre déclenchée par l’invasion de la Russie. Les victimes se comptent par milliers. Une grande partie de l’infrastructure, notamment dans l’énergie et les communications, a été détruite. Dans les rues de Kiev et des autres grandes villes, des combats de rue opposent la population ukrainienne à la puissante armée russe. Des centaines de milliers d’Ukrainiens ont pris le chemin de l’exil.

Entretemps, les États-Unis et ses alliés imposent de sévères sanctions contre la Russie tout en organisant une importante aide militaire, sans cependant vouloir s’engager sur le terrain. Il ne semble pas, du moins à court terme, qu’il y ait de possibilité de négociation. L’aggravation des combats et de la destruction qui en découle est donc probable.

L’agression

L’attaque de la Russie a été préparée de longue date. Elle a été relancée la semaine passée avec le discours belliqueux du président Vladimir Poutine qui niait la réalité même de l’Ukraine comme État souverain et territoire d’un peuple disposant de son droit à l’autodétermination. Dans les premiers jours, l’armée russe a anéanti, grâce à ses missiles de court et de longue portée, une bonne partie de l’infrastructure militaire, mais aussi des relais cruciaux dans les domaines de l’énergie et des communications. En même temps, la Russie affirmait vouloir épargner les civils, ce qui excluait donc des bombardements massifs indiscriminés. Les avancées russes se sont poursuivies tout en rencontrant à l’approche des villes une vive résistance ukrainienne. Militairement parlant, celle-ci s’appuie sur de petits contingents décentralisés disposant d’armes très efficaces, notamment des missiles mobiles anti-aériens et anti-tanks. Elle dispose également d’un appui sans limite en armes et en dollars de la part des États-Unis et de ses alliés.

Si la guerre s’enlise dans les villes, elle mènera à des combats destructeurs en plein cœur des régions populeuses. Les coûts collatéraux seront gigantesques, ce qui pourrait les États-Unis et l’OTAN à s’impliquer davantage. C’est du moins sur cela que mise le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a sans doute capté le sentiment majoritaire à l’effet que la résistance à l’agression était le seul chemin offert. De l’autre côté, la Russie ne peut pas facilement revenir en arrière, ce qui serait une terrible défaite pour Vladimir Poutine. Conclusion, il y a actuellement un fort risque pour que la guerre se prolonge.

Comment en est-on rendu là ?

L’implosion de l’Union soviétique en1989 a profondément déstabilisé ce qui était alors la deuxième grande puissance dans le monde. La grande majorité des républiques qui faisaient partie de l’URSS se sont affranchies, notamment l’Ukraine, devenue indépendante en 1991.

Arrivé au pouvoir dans les années 2000, Vladimir Poutine s’est proposé comme l’« homme fort » qui allait rétablir la puissance. Il s’est d’abord concentré à anéantir la rébellion tchétchène. Il a par la suite concentré ses efforts sur ce qu’il définit comme l’« extérieur proche », notamment la Géorgie, la Biélorussie et certaines républiques en Asie centrale en combinant menaces, interventions et cooptation des élites locales. Cette méthode a relativement fonctionné, donnant l’idée à Poutine qu’il pouvait élargir ses interventions, en appuyant le régime de Bashar El-Asad par exemple, où il a misé (correctement) sur l’affaiblissement et l’échec de la stratégie des États-Unis. L’« homme fort » s’est révélé ensuite avec diverses mesures pour paralyser l’opposition en Russie. Ce faisant, Poutine s’est inscrit dans la tradition de l’Union soviétique sous Staline, à la fois pour imposer un État centralisateur et répressif d’une part, et se tailler une place sur l’échiquier mondial.

Le rôle des États-Unis

Depuis le démantèlement en 1998, Washington n’a pas cessé de confronter la Russie, d’abord en reniant la promesse qui avait été faite au réformateur Gorbatchev de ne pas intégrer les anciennes composantes et les anciens alliés de l’URSS dans l’OTAN. Au contraire, les États-Unis ont constitué avec plusieurs de ces territoires un véritable cercle de fer menaçant la Russie indirectement. Cette stratégie avait des limites et c’est ainsi que les États-Unis se sont lancés dans la terrible « guerre sans fin » au Moyen-Orient et en Asie centrale, sans compter leur incursion dans les Balkans. Mais leur échec au bout de quelques années a réintroduit des lieux de conflictualité où Moscou a pu se réinsérer, en Syrie tel qu’évoqué, également avec l’Iran et d’autres pays soucieux d’éviter l’anéantissement qu’on avait vu pour l’Irak. Peu à peu, la Russie a vu l’horizon se rouvrir en s’appuyant sur la Chine et d’autres pays « émergents » aspirant à une plus grande autonomie dans le système mondial. Ce rapprochement Russie-Chine découle bien sûr de la stratégie explicite des États-Unis qui veulent empêcher la Chine de se hisser à la tête de la mondialisation capitaliste.

Une lutte à finir

Tout cela a donné l’impression à Poutine qu’il pouvait faire un grand coup en Ukraine. Lorsqu’un gouvernement résolument antirusse s’est imposé en 2014, la Russie a bougé en annexant la région de Sébastopol et en appuyant les territoires pro-russes de l’Ukraine orientale. Une « mini guerre » (qui a fait quand même 14 000 victimes) a préparé le conflit actuel. En demandant aux États-Unis d’exclure toute possibilité d’intégration à l’OTAN, Poutine savait bien qu’il ne pouvait y avoir de négociation sur cette question. Quelques États européens (notamment l’Allemagne et la France) avaient une position plus accommodante, mais sans avoir la capacité d’exprimer explicitement ce qui aurait pu être un projet alternatif : acceptation d’une Ukraine souveraine avec un statut de neutralité (comme ce qui avait été le cas dans le passé avec la Finlande et l’Autriche), établissement d’une nouvelle entente européenne impliquant le désarmement des frontières, intégration de la Russie dans les accords économies intra-européens, etc. Finalement, le point de vue américain, ce que Poutine avait prévu, a prévalu.

Saut dans l’inconnu

Maintenant que la Russie a attaqué, il n’y a plus de retour en arrière. Ou bien Poutine réussit son pari de soumettre l’Ukraine, ce qui lui permettrait de « confier » à un nouveau gouvernement le soin de « rétablir l’ordre ». Ou bien la situation s’enlise dans un affrontement sans fin, à moins que la Russie n’accepte d’engager le combat dans les villes, quitte à les détruire avec leurs populations (ce qui a été fait en Syrie). Dans un cas comme dans l’autre, on aura créé les conditions pour réanimer un sorte de nouvelle guerre froide, laquelle sera alimentée par de violentes attaques contre l’économie russe, la sur-militarisation de l’Europe centrale autour des alliés stratégiques que sont les Pays baltes et la Pologne, l’appui à la résistance ukrainienne, etc.

Cette nouvelle guerre froide 2.0 va représenter un immense réalignement des priorités et des stratégies. L’OTAN dont on voyait moins la pertinence il y a quelques années, va revenir en force. Les États membres seront requis d’augmenter substantiellement leurs dépenses militaires et de s’impliquer directement dans la stratégie de contre-attaque et d’affaiblissement de la Russie : sanctions économiques très dures, appuis militaires et politiques aux États et mouvements confrontant la Russie, grande « bataille des idées » pour réinventer le monstre qui avait fait tellement peur à l’opinion occidentale pendant plus de 30 ans, etc.

Les conséquences pour le Canada

Il ne fait aucun doute que le gouvernement canadien va suivre cette ligne américaine, comme il l’a fait depuis le début du conflit. Avec l’immense frontière polaire entre le Canada et la Russie, cela pourrait avoir de grandes conséquences. Il est certain par ailleurs que les réticences canadiennes à investir les milliards nécessaires à l’achat d’armes de destructions massives vont être sérieusement affaiblies, d’où un surgissement important du budget militaire, ce qui se fait généralement, par des restrictions sévères sur les autres postes budgétaires. Autre considération, le Canada qui cherche à accroître ses exportations gazières et pétrolières via d’immenses projets pipelines vers le Pacifique et l’Atlantique pourra relancer ces projets en prétendant qu’ils feront partie de l’« effort de guerre » contre la Russie. Il faudra surveiller de près ce qui va arriver avec le projet GNL notamment, qui doit apporter le gaz albertain à travers le Québec.

Certes, ce virage canadien sera fortement encouragé par la poursuite de la guerre qui, répétons-le, a été initiée par la Russie. L’opinion canadienne, et pas seulement les Canadiens d’ascendance ukrainienne (1,8 million de personnes) est justement très montée contre la Russie.

De la solidarité et de la coopération internationale

Le domaine dans lequel nous évoluons sera fortement marqué. Il est certain que l’aide humanitaire va être orientée en fonction des millions d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes qui ont et qui vont prendre le chemin de l’exil. D’un point de vue humanitaire, c’est un tournant nécessaire. Ce qu’il n’est pas est son caractère discriminatoire. En ce moment, au moins 10 millions de Syriens, d’Irakiens, d’Afghans (pour ne nommer que ceux-là) croupissent dans des camps de détention administrés par des États payés par les pays membres de l’OTAN. La grande majorité de ces damnés de la terre sait d’ores et déjà qu’ils ne seront jamais acceptés comme réfugiés. Entretemps, des conflits qu’on feint d’ignorer éclatent dans la Corne de l’Afrique alors que le grand (dés)ordre international empêche l’ONU d’intervenir sérieusement.

On sera donc surpris si les budgets découlant de l’assistance humanitaire (administrés par Affaires mondiales Canada) ne soient pas fortement réorganisés pour aider l’Ukraine, ce qui en soit n’est pas déshonorant, mais qui le devient si on réduit les ressources (déjà très modestes) offerts aux autres pays et peuples en crise.

Dans la période à venir, le nouveau conseil d’administration d’Alternatives pourra voir, avec d’autres ONG et mouvements de solidarité internationale, comment promouvoir ce point de vue et agir de façon responsable aux yeux d’une population qui est présentement bouleversée par le conflit et ses possibles conséquences.

Parmi quelques pistes discutées dans le milieu, nous devrons élaborer nous-mêmes notre base d’action, en tenant compte de l’expérience passée et des aléas du contexte actuel :

La paix doit être rétablie le plus tôt possible, si ce n’est sous la forme d’un cessez-le-feu qui laissera aux responsables du temps pour se sortir de l’impasse actuelle.

  1. Ce processus de paix devrait inclure l’ONU. Sachant que l’Union européenne et l’OTAN soient de gros joueurs, ils ne pas les seuls à assurer la paix dans le monde.

  2. Nous sommes solidaires avec la résistance ukrainienne qui vise à rétablir une souveraineté inclusive et pacifique, sans exactions contre les minorités nationales. Notre solidarité peut s’exercer dans le domaine de l’aide humanitaire, partout dans le pays où des gens souffrent de l’impact de la guerre.

  3. L’aide humanitaire et celle consacrée au développement des pays pauvres (notamment en Afrique) ne doit pas être réduite en fonction des besoins pour l’Ukraine.

  4. Le Canada n’a pas à aligner ses politiques sur celles des États-Unis, via l’OTAN ou autrement, et promouvoir des politiques de désarmement, de résolution pacifique des conflits et de défense, sans discrimination, des droits humains.

Depuis quatre jours, la Russie envahit l’Ukraine, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international. Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, dont le Canada, nous plongent nous aussi de plus en plus dans cette guerre, par rafale de sanctions et de déclarations outrancières.

À l’appel de CODEPINK aux États-Unis et de la Stop the War Coalition au Royaume-Uni, le Collectif Échec à la guerre invite ses membres et sympathisant.e.s – et plus largement la population de la région de Montréal – à participer à une journée internationale d’action dimanche prochain : 

MANIFESTATION à Montréal, le 6 mars à 13h

Rassemblement au Parc Lafontaine

Coin Cherrier/Parc Lafontaine (métro Sherbrooke)

NON à l’invasion de la Russie en Ukraine !

NON à l’expansion de l’OTAN !

Pierre Beaudet, 28 février 2022

[1] Ces armes américaines avaient été transférées en Afghanistan lorsque les factions islamistes avaient mis à mal l’armée soviétique. Ces fameux missiles « stinger » (armes portatives équipées de systèmes de guidage très avancés) ont par la suite été récupérés par les États-Unis. Les mouvements armés n’ont pas eu accès à ces armes, (à part quelques exceptions), ce qui explique en partie leur échec.

********

L’édito de PEPS : L’Ukraine, une guerre aux multiples enjeux écologiques

peps

Nous savions que le XXIème siècle serait celle des guerres « vertes », des guerres de l’eau, de la biodiversité, de l’accaparement des terres, des guerres biologiques et climatiques. La guerre en Ukraine en est l’illustration.

1. Cette guerre comme toute guerre est une guerre sale sur le plan humain comme environnemental. Dès 2014 dans le Donbass les Russes ont inondé de nombreuses mines, ce qui a empoisonné l’eau potable et le sol. L’atmosphère a été gravement polluée par l’utilisation d’armes lourdes. Aujourd’hui les forces russes emploient des bombes à sous munition, dont l’utilisation, le développement, la production, l’acquisition, le stockage et le transfert ont été interdits en 2010 par une convention internationale.

Les fauteurs de guerre ont du sang sur les mains : milliers de morts civils ou militaires et de blessés, centaines de milliers d’exilés, bombardements contre les populations… constituent des crimes de guerre. L’invasion militaire russe a des conséquences dramatiques en termes de déplacement de populations, de régression des conditions de vie, de régression des libertés démocratiques. La guerre ne profite qu’aux puissants, aux marchands d’armes et aux capitalistes. Les écologistes sont contre la guerre car elle ne résout aucun problème, elle les aggrave. Comme le disent 170 journalistes russes qui ont rédigé une lettre ouverte condamnant la guerre de Poutine « La guerre n’a jamais été et ne sera jamais une méthode de résolution des conflits et rien ne la justifie ».

Pourtant si les écologistes sont partisans de la résistance non violente de la désobéissance civile, ils ne sont pas en soi des pacifistes si ce terme consiste à se coucher devant l’agresseur. Ce qui veut dire qu’un peuple a le droit à l’insurrection y compris armée contre les tyrans qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur comme dans le cas de l’Ukraine

2. Cette guerre remet au centre la question du nucléaire civil et militaire. C’est la première fois depuis l’affaire des missiles de Cuba en 1962 que le monde est menacé par un dirigeant qui brandit la force nucléaire comme moyen de chantage. Mais nous ne sommes pas en 1962. Les armes nucléaires se sont adaptées et peuvent cibler des objectifs localisés. D’autre part les 16 réacteurs nucléaires sont en fonctionnement dans le pays où Tchernobyl a eu lieu et où ce site est devenu un enjeu de la guerre. Cela dit d’ailleurs à quel point nucléaire civil et militaire sont liés et pourquoi il faut en finir avec les deux. C’est pourquoi nous demandons la reprise des négociations sur la maîtrise des armements et le désarmement nucléaire. Nous exigeons l’arrêt de tout déploiement de forces nucléaires et le démantèlement des bases nucléaires en Biélorussie et en Russie ainsi que celles installées en Pologne ou en France.

3. Cette guerre est une guerre de l’énergie. Les États-Unis exercent une pression économique et énergétique sur la Russie en faveur du gaz naturel liquéfié (GNL) américain et au contrôle de la route commerciale arctique, qui s’ouvre avec la fonte des glaces due à l’effet destructeur du capitalisme sur l’environnement naturel et l’écosystème. La Russie possède des ressources de pétrole et de gaz immenses, et la fonte de la banquise arctique sous l’effet du réchauffement climatique devrait encore les accroître. Elle conserve aussi les deuxièmes réserves mondiales identifiées de pétrole, derrière l’Arabie saoudite. La Russie fournit 30% de leur pétrole aux Européens et environ 40% de leur gaz et met l’Union européenne sous dépendance. Ces pays ont fait l’impasse sur les nécessaires économies d’énergies, et le développement des énergies renouvelables. En refusant de mettre en cause leur mode de vie, les européens sont victimes du chantage russe au gaz. Ce refus obstiné d’une décroissance choisie (par exemple en diminuant drastiquement les trajets en avion ou en consommant moins de viande issue de l’élevage industriel) va déboucher avec cette guerre sur l’accélération d’une décroissance subie par l’inflation et des pénuries qui toucheront en priorité les classes populaires et notamment les plus précarisé.es.

4. Cette guerre est une guerre de la souveraineté alimentaire. L’Ukraine est un grenier à blé pour toute l’Europe. Si la Russie s’en empare, elle qui a aussi des immenses ressources agricoles exercera un chantage sur l’alimentation de l’Europe. Comme celle-ci n’a pas rompu avec le modèle productiviste de l’agriculture, elle sera encore plus dépendante de la Russie. Vladimir Poutine met la main sur une partie du véritable « grenier à blé » du continent européen. Là-bas, les terres agricoles représentent plus de 70% de la surface du pays, soit 42 millions d’hectares, presque deux fois les surfaces cultivables de la France. D’autre part, le tchernoziom (« terre noire » en russe) est l’un des meilleurs sols au monde. Cette terre contient 3 à 15% d’humus et s’étale sur 1 à 6 mètres de profondeur. Elle est si riche en potasse, phosphore et oligo-éléments qu’on peut facilement se passer d’engrais azotés pour travailler ces sols. Voilà pourquoi ce pays qui par ailleurs est déjà victime d’accaparements des terres par l’agro-business européen est un enjeu de souveraineté alimentaire.

5. Cette guerre est une guerre pour l’écocide d’un peuple. PEPS l’a dit le premier jour de guerre. Le but est la destruction de l’Ukraine en tant que peuple, nation, État. Si nous avons dénoncé la responsabilité de l’OTAN et des va-t-en-guerre en Occident, il n’en est pas moins que Vladimir Poutine a décidé de cette stratégie de guerre totale non pour des raisons de sécurité mais par volonté impérialiste. Cette guerre asymétrique du faible au fort est une guerre pour la survie d’un peuple. Poutine nie l’existence historique, culturelle, linguistique de l’Ukraine. Le Peuple Ukrainien existe. Il reprend les traditions de lutte, de résistance et d’auto-organisation que l’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, la Makhnovchtchina avait eues contre les Allemands, les Russes blancs et ensuite contre la trahison des bolcheviks.

6. Cette guerre participe comme le réchauffement climatique au déplacement forcé des populations. Le fait que la Pologne, la Roumanie et la Hongrie ouvrent leur frontière aux réfugiés ukrainiens est une bonne chose. Mais le tri que ces pays exercent en refusant le passage des réfugiés arabo-musulmans ou noirs est criminel et démontre que les phénomènes migratoires sont devenus des enjeux civilisationnels. Quand des humains sont en danger, la notion de frontière n’existe plus. Ouverture des frontières pour accueillir les populations qui doivent fuir la guerre en leur apportant l’aide concrète nécessaire à court et à plus long terme,

7. Cette guerre est une guerre contre le peuple russe. Notre soutien va à ceux et celles qui, en Russie, rejettent la politique de Poutine parce qu’ils et elles se battent pour la paix, la solidarité entre les peuples, contre le nationalisme et l’extrême droite. De grandes manifestations ont eu lieu dans des dizaines de villes de Russie. Plus de 6500 arrestations ont eu lieu. Le mouvement féministe se mobilise comme la jeunesse, les artistes, les journalistes ou les intellectuels. Un mouvement anti-guerre est en train de naître dans ce pays qu’il nous faut soutenir notamment en accueillant les déserteurs de l’armée russe à bras ouvert. Ceux et celles qui se battent contre Poutine avec courage et détermination sont nos frères et sœurs.

8. Cette guerre a une dimension économique et se mène aussi entre des États capitalistes aura des conséquences sur les classes populaires en France. Les sanctions économiques prises contre la Russie si elles sont justifiées entraîneront une hausse des prix des produits de premières nécessités, du gaz, du pétrole et de l’électricité. La hausse de ces dépenses contraintes est insupportable et rend encore plus urgente la revendication de blocage des prix de ces produits ainsi que la revendication d’un prix plancher relevé pour la production paysanne. Ce n’est ni aux paysans ni aux consommateurs de payer la crise, c’est aux grands distributeurs, à l’industrie agro-alimentaire, à EDF, ENGIE et à Total de la payer ! Cette crise ne rend que plus urgente la nécessité de nationaliser ces dernières.

9. Pour une paix durable, soutien total à la résistance civile et armée. Nous devons à la fois soutenir la résistance y compris par la livraison d’armes à la demande du peuple ukrainien pour lutter contre l’invasion russe de son territoire. Il s’agit d’une solidarité élémentaire avec les victimes de l’agression d’un adversaire beaucoup plus puissant. L’armement c’est la condition de l’établissement d’un rapport de forces avec Poutine. Il s’agit de lui tordre le bras pour l’obliger à la désescalade, au cessez le feu immédiat, à la continuité des négociations. Parallèlement nous soutenons l’organisation d’une Conférence Internationale de sécurité européenne sur la base de la Charte de Paris pour une nouvelle Europe, signée en 1990 par 34 chefs d’‘États, et la Charte de sécurité européenne de l’OSCE signée en 1999. Nous souhaitons aussi la réouverture dès que possible des négociations OTAN-Russie, qui consacrent l’engagement à assurer une sécurité égale et à ne pas rechercher sa sécurité au détriment de celle de l’autre. Pour que la diplomatie l’emporte sur la guerre, il faut d’abord soutenir le peuple ukrainien dans sa lutte contre l’agresseur.

10. Cette guerre impérialiste contre le peuple ukrainien est la nôtre. Ce n’est ni celle de Macron, ni celle de l’OTAN, c’est celle des peuples qui résistent à la barbarie impérialiste.Cette guerre fait entrer le monde dans une nouvelle phase historique.Pour les écologistes altermondialistes, Poutine est l’agresseur et l’Ukraine l’agressé. Même si n’oublions pas les responsabilités de l’OTAN qui n’a eu de cesse depuis la fin de la guerre froide d’encercler la Russie et de l’humilier, nous ne les mettons pas sur le même plan car en ce moment, comme pendant la guerre d’Espagne ou pendant la guerre du Vietnam, un peuple se bat pour sa liberté. Les conséquences militaires et économiques vont au-delà du territoire de l’Ukraine. C’est une guerre européenne dans laquelle comme au Rojava face à Daesh et à la Turquie nous devons choisir notre camp, le camp du peuple même si celui-ci est soutenu par des forces que nous considérons comme des adversaires. C’est pourquoi, si nous demandons la dissolution de l’OTAN et le retrait des troupes et des bases américaines et de l’OTAN, nous demandons simultanément le retrait de celles de l’OTSC, le Pacte de sécurité Russe en Biélorussie, au Kazakhstan.

Soutien total à la résistance du peuple ukrainien !

Poutine dégage !

Non à la guerre impérialiste russe !

3 mars 2022 

********

Poutinophilie : « c’est l’Otan le problème »

Vu les circonstances, je laisse un peu tomber le féminisme – mais la dénonciation des autocrates virilistes fait aussi partie des combats féministes.

Quand on demande pourquoi exactement l’OTAN est le problème, on obtient le plus souvent des généralités sur l’OTAN instrument de l’impérialisme américain. Quand on a des réponses plus précises, l’argument le plus fréquemment avancé est qu’il ne fallait pas laisser les pays de l’Est adhérer à l’OTAN pour ne pas mécontenter Poutine, qui ne réagirait aussi belliqueusement que parce qu’il se sent « encerclé » par l’installation de bases de l’OTAN dans les pays de l’Est et par la perspective d’une entrée de l’Ukraine dans l’OTAN.

Pour ce qui est de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, le parlement ukrainien, redoutant – à juste titre – une invasion russe, en a émis le voeu en 2017, mais pour l’OTAN, ce voeu n’était pas recevable : l’Ukraine ne remplit pas les conditions d’adhésion, et plus généralement, son entrée dans l’Alliance atlantique est considérée comme un risque de sécurité pour l’organisation : pays politiquement instable, mené par un leader pro-Russe, Viktor Ianoukovytch, jusqu’à son renversement par les pro-occidentaux en 2014, déchiré par une guerre intestine entre les minorités pro-russes contrôlant une partie de l’Est du pays et les pro-occidentaux, qui a fait près de 10 000 morts. Vu cette instabilité, l’installation de l’OTAN, et a fortiori d’une base militaire en Ukraine (et d’armements high tech qui pourraient tomber aux mains des pro-russes ou des Russes) n’était pas envisageable.

Pour ce qui est de l’adhésion des pays de l’Est à l’OTAN, si ces pays désormais souverains ont voulu adhérer en masse et si l’Ukraine et la Géorgie on fait récemment une demande d’adhésion, c’est bien évidemment pour se protéger de la vieille habitude qu’à la Russie (plus exactement les dirigeants russes) de les envahir et/ou de les génocider périodiquement (le génocide ukrainien de 1932-33, selon les estimations, a fait jusqu’à 5 millions de morts), et de les annexer en les satellisant.

Les défenseurs de Poutine qui s’indignent sélectivement contre l’impérialisme américain semblent avoir oublié que l’URSS a profité de la défaite de l’Allemagne nazie pour mettre sous son joug toute l’Europe de l’Est et une partie de l’Allemagne (Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, et l’Allemagne de l’Est), pays réunis en 1955 (sauf la Yougoslavie) sous l’égide d’un pacte militaire homologue de l’OTAN, le Pacte de Varsovie, et que si l’OTAN a été créé en 1949, c’est pour contrer la menace que l’impérialisme soviétique désormais doté de l’arme nucléaire (première explosion nucléaire soviétique en 1949 à Semipalatinsk, au Kazakhstan) faisait peser sur l’Europe suite à sa mainmise sur les pays de l’Est. Les pays de l’Est, eux, ne l’ont pas oublié.

Ces pays qui ont recouvré leur indépendance lors de l’écroulement de l’URSS et qui n’ont aucune envie de repasser sous la tutelle russe attendaient de leur adhésion à l’OTAN la protection d’un « parapluie sécuritaire » qu’ils estimaient l’Union européenne incapable de leur assurer.

La menace a pu sembler moins pressante après la fin de l’URSS mais ces pays ont payé un lourd tribut pour savoir que l’impérialisme russe transcende les régimes politiques, des tsars à Poutine en passant par Staline. Et c’est parce qu’ils se méfiaient de la constance historique de cet impérialisme que 14 pays de l’Est ont adhéré au Pacte atlantique à partir de 1999.

Un pacte qui serait néanmoins tombé peu à peu « en état de mort cérébrale » à en croire Macron, alarmé par le désengagement américain par rapport à l’Europe et le néo-isolationnisme que signalait le repli des forces américaines en Syrie et en Afghanistan.

L’OTAN, présenté par les pro-Poutine comme une force redoutable, une organisation tentaculaire étendant ses bases partout dans le monde, était en en fait en voie de déliaison, affaibli par une mauvaise coordination entre ses partenaires européens et les EU et par les tensions existant entre différents membres, en particulier avec la Turquie d’Erdogan. C’est Poutine, avec ses guerres de reconquête en direction des ex-états satellites de l’URSS, qui lui a redonné une seconde vie.

Bref rappel des guerres de Poutine :

seconde guerre de Tchétchénie en 1999, alors que Poutine est Premier ministre de Boris Eltsine, rappelons que cette guerre a fait, selon les estimations, de 100 000 à 300 000 victimes.

guerre en Géorgie (2008), justifiée par le casus belli favori de Poutine: la présence de mouvements séparatistes pro-russes dans l’Ossétie du Sud qu’il fallait protéger (cf l’alibi des Sudètes pour Hitler). Un accord de cessez-le-feu a été négocié entre Moscou et Tbilissi par Sarkozy dans le cadre de l’Union européenne. Cette guerre a causé environ 700 morts et le déplacement de nombreuses populations.

invasion et annexion de la Crimée, péninsule qui prolonge le territoire de l’Ukraine en 2014.

Et à la suite de conflits durant depuis des années entre séparatistes pro-russes soutenus par Moscou (dans le Donbass, territoires du Donetsk et de Lougansk dans l’Est de l’Ukraine ) et Ukrainiens pro-occidentaux, et le renversement du président fantoche pro-russe Viktor Ianoukovytch (remplacé par un gouvernement pro-occidental), intervention militaire en Ukraine. Cette guerre en Ukraine a fait, au fil des années, près de 10 000 morts et a entraîné le déplacement de 2 millions de personnes, et les accords de Minsk, signés en 2014 et 2015 pour mettre fin aux affrontements dans la région du Donbass ont été immédiatement violés des deux côtés et ont échoué à rétablir la paix entre les deux communautés. Pour plus de détails (3).

C’est en particulier à cause des inquiétudes suscitées par ces agressions successives que des bases de l’OTAN ont été crées ou développées dans les états baltes, en Roumanie et en Pologne (1).

Tandis que la Russie a créé des bases militaires dans les territoires suivants, dont certains récemment replacés sous son contrôle: en Crimée (Sebastopol), Azerbaïdjan (Gabala), Arménie (Giumri), Biélorussie (Baranovitchi), Kazakhstan (Baïkonour), Kirghiztan (Bichkek), Tadjikistan (Douchanbé), Moldavie (Kolbasna,Chisinau), Georgie: Ossétie du Sud (Tskhinvali, Djeva) et Abkhazie (Gondaouta) (2) Poutine dénonce la présence croissante de l’OTAN dans les territoires qu’il considère comme chasse gardée de la Russie, présence qu’il qualifie d’agression et d’humiliation insupportable. Comme Hitler dénonçant l’injustice du traité de Versailles pour justifier les invasions nazies, Poutine prétend être attaqué par les Occidentaux pour faire passer ses guerres de conquête pour des guerres défensives.

La carte des bases de l’Otan et des bases russes en Europe met en évidence que l’argument de l’encerclement de la Russie par l’OTAN se heurte à une objection de taille : qui a le plus de bases militaires en Europe de l’Est, l’OTAN ou la Russie ? Qui encercle qui ?

Un autre argument des partisans de Poutine, que celui-ci aborde fréquemment dans ses discours (dans un discours de 2014 en particulier) est celui de la « promesse non-tenue » de l’Occident : des représentants de l’OTAN, lors des négociations de 1989-90 ayant abouti à la réunification de l’Allemagne, se seraient engagés à ne pas élargir l’OTAN au delà des frontières allemandes – mais c’est un mythe : aucune des archives récemment rendues publiques ne confirme ces assertions et il n’existe aucun engagement écrit de l’OTAN juridiquement et politiquement contraignant au sujet du non-élargissement de l’OTAN en Europe de l’Est.

Surtout, comment un tel engagement de non-élargissement de l’OTAN vers l’Europe de l’Est aurait-il pu être pris en 1989/90, alors que ces pays étaient encore sous contrôle soviétique et membres du Pacte de Varsovie ? Tant que la dissolution de l’empire soviétique n’était pas à l’ordre du jour, la question de l’entrée des pays de l’Europe de l’Est dans l’OTAN ne se posait pas, et elle ne s’est posée qu’à partir du moment où ces pays sont devenus indépendants suite à cette dissolution. L’argument de l’engagement du non-élargissement de l’OTAN au-delà des frontières de l’Allemagne réunifiée est plus qu’un mythe, c’est un anachronisme.

Enfin certain.es avancent que l’OTAN préparait une opération militaire sur l’Ukraine et que Poutine aurait en quelque sorte frappé préventivement (argument d’ailleurs utilisé par les Américains pour justifier certaines de leurs opérations militaires au Moyen-Orient). On est là dans la rubrique de la rumeur complotiste inversive propagée par Russia Today (on a bien parlé sur cette chaîne d’un risque d’attaque de la Russie par l’Ukraine soutenue par l’OTAN) (4). Rumeur spectaculairement invalidée par les faits : c’est l’armée de Poutine, pas l’armée de l’OTAN, qui avance en Ukraine en ce moment et qui bombarde le pays et ses habitants, puisque des objectifs civils sont touchés.

Dire qu’« il ne fallait pas laisser les pays de l’Est adhérer à l’OTAN », cela revient à refuser à ces pays le droit de se protéger contre une agression militaire russe et de choisir leurs alliances en fonction de cet objectif, droit garanti par la Charte d’Helsinki de 1975. C’est donc donner à Poutine le droit de décider de leur politique étrangère. Et ainsi lui accorder un droit de veto sur qui peut ou ne peut pas entrer dans l’Alliance atlantique, et par conséquent le droit de décider de la politique étrangère de l’Europe.

Ces pays de l’Est désormais souverains estiment que c’est leur intérêt (économique en particulier) de rejoindre l’EU, et non de rester dans l’orbe russe. Au nom de quoi Poutine a-t-il le droit de le leur interdire en les intimidant par des agressions militaires répétées ? Le dictateur affirme que l’Ukraine n’existe pas en tant que nation, parce que ce pays a été longtemps sous domination russe. Dans cette logique du « nous avons envahi et conquis ce pays, il nous a appartenu autrefois donc nous avons des droits permanents sur lui », l’Allemagne pourrait revendiquer ses droits sur la Pologne et le Royaume Uni réclamer un quart du territoire français.

D’autres pays du glacis soviétique se tournent vers l’Europe : en Moldavie, la pro-occidentale Maia Sandu a été élue présidente en 2020, et de nombreux liens avec l’Europe ont été établis – partenariat pour la paix de l’OTAN depuis 1994, accord d’association avec l’UE depuis 2016, etc. En Biélorussie, c’est toujours Loukatchenko, un pro-russe, qui est président, mais des liens avec l’Europe se développent également, accentuant la perte d’influence russe sur ses ex-états satellites.

L’impérialisme américain a été et est encore une réalité, et on peut légitimement considérer que les Etats-Unis ont fait de l’OTAN un instrument de pouvoir et d’influence et un vecteur de cet impérialisme – mais dans ce cas, il faut se demander pourquoi des pays de l’Est, en nombre croissant – et à contre-courant du tropisme pro-russe de l’extrême-droite et d’une partie de l’extrême-gauche française – préfèrent l’impérialisme américain à l’impérialisme russe. Serait-ce parce que, face aux partenariats économiques offerts à ces pays par l’UE, Poutine n’a pas d’autre argument à faire valoir que la force militaire ?

Le problème avec la soumission aux ambitions des autocrates impérialistes, c’est que plus on se soumet à eux, plus ils exigent. Poutine a successivement agressé la Tchétchénie, la Géorgie, la Crimée. En 2022, c’est l’Ukraine qui est au menu. Quel pays sera le prochain sur la liste ? Ce n’est pas être va-t’en-guerre que de mettre en oeuvre des sanctions. Car, face au schéma d’agressions militaires et de landgrabbing désormais bien établi de Poutine dans lequel (comme Hitler) il se sent encouragé par le peu de réactions des Occidentaux jusqu’ici, ce qui est le plus risqué, c’est de ne rien faire.

1/ https://information.tv5monde.com/…/l-otan-une-alliance…

2/ https://www.frstrategie.org/…/2010-facon-cm-presence…

3/ https://information.tv5monde.com/…/depuis-la-chute-de-l…

4/ « Ces chaînes (télé) qu’on abat », Le Canard enchaîné, 02/03/2022

274694797_3136370809973690_6778324753896903839_n

Francine Sporenda

https://sporenda.wordpress.com/2022/03/03/poutinophilie-cest-lotan-le-probleme/

*******

Arrêtez la guerre impérialiste de la Russie contre l’Ukraine !
Solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !

Dans un acte flagrant d’agression, d’impérialisme et de chauvinisme, le président autocratique de la Russie – et ancien officier du KGB – Vladimir Poutine, a lancé une invasion massive de l’Ukraine.

Les forces armées ukrainiennes, largement inférieures en nombre, résistent. Des milliers de civils s’engagent pour rejoindre le combat ou soutenir les défenseurs.

En Russie, malgré le contrôle quasi total des médias par Poutine et la répression générale de la dissidence, de nombreux citoyens sont courageusement descendus dans la rue pour manifester. Le 24 février déjà, des manifestations ont eu lieu dans plus de cinquante villes, et 1 740 arrestations ont été signalées.

Marx disait qu’une nation qui en opprime une autre forge ses propres chaînes. Magnifiquement, les manifestants russes luttent pour briser ces chaînes.

Les actions de Poutine constituent une violation du droit du peuple ukrainien à l’autodétermination, ainsi qu’une menace directe pour leurs vies et leurs foyers.

L’invasion signale également un retour à la guerre froide entre la Russie et l’Occident. Bien que les dirigeants de l’OTAN aient clairement indiqué qu’ils n’entreraient pas en guerre contre l’Ukraine, mais qu’ils imposeraient plutôt des sanctions économiques, les tensions accrues augmentent considérablement le risque qu’une erreur de calcul de l’une ou l’autre des parties conduise à une véritable guerre, même nucléaire.

Au cours des semaines de renforcement militaire qui ont précédé l’attaque, les exigences déclarées de Poutine étaient une garantie que l’Ukraine ne rejoindrait jamais l’OTAN et un retrait des forces de l’OTAN des pays limitrophes de la Russie. L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’était pas une perspective réelle, car il s’agissait d’une ligne rouge connue pour la Russie. Et la crise actuelle a entraîné une augmentation, et non une réduction, des forces de l’OTAN à proximité de la Russie. Il semble que les exigences de Poutine étaient un écran de fumée pour son véritable objectif : la domination de l’Ukraine. Loin d’assurer la sécurité de la Russie, Poutine a fait naître de nouveaux risques pour la Russie et le monde.

Poutine a également affirmé que ses actions étaient nécessaires pour empêcher un génocide (des russophones dans l’est de l’Ukraine). S’il y avait une part de vérité dans cette affirmation, cela pourrait justifier une intervention limitée pour protéger des vies et empêcher des atrocités – et non une attaque massive sur l’ensemble du pays. Mais cette affirmation était un pur mensonge, alors même que le gouvernement ukrainien venait de mettre en place une loi discriminatoire limitant l’usage de la langue russe(toute publication devait être accompagnée d’une traduction intégrale en ukrainien).

Notre condamnation de l’impérialisme russe n’implique pas un soutien à l’OTAN. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont envahi l’Irak en 2003, sous un prétexte tout aussi faux et fabriqué. La Turquie, membre de l’OTAN, n’est pas moins dictatoriale que la Russie. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et leurs alliés refusent l’autodétermination aux Palestiniens, aux Kurdes et autres, et exercent une domination impérialiste directe ou indirecte sur une grande partie du globe.

Notre soutien à l’autodétermination nationale de l’Ukraine, y compris l’indépendance vis-à-vis de la Russie ou de toute autre puissance extérieure, n’implique pas non plus un soutien politique au régime ukrainien bourgeois existant. Mais nous notons également que la classe ouvrière est un élément central de la résistance à l’occupation russe et du soutien à la république démocratique.

Alors que Poutine se préparait à envahir l’Ukraine, un drame plus modeste se déroulait dans l’océan Indien. La petite nation insulaire postcoloniale de l’île Maurice a envoyé un navire affrété dans les îles Chagos et y a hissé le drapeau mauricien. Malgré un arrêt de la Cour internationale de justice et une résolution des Nations unies, la Grande-Bretagne continue de régir les îles en tant que territoire britannique de l’océan Indien – tout cela pour permettre aux États-Unis d’avoir leur base militaire à Diego Garcia. Toute la population des îles, une petite communauté d’environ 1 560 personnes, a été déplacée de force par la Grande-Bretagne il y a cinquante ans. Ils font toujours campagne pour obtenir le droit de rentrer chez eux.

La Russie et l’Occident font tous deux partie du système mondial capitaliste, dans lequel coopération, concurrence et conflit, ordre et chaos se combinent de manière complexe. Les États se disputent la richesse et le pouvoir – et l’esprit des êtres humains – par la concurrence économique, la diplomatie, l’idéologie et la propagande, l’espionnage, les cyberattaques, la course aux armements et, finalement, la guerre. C’est un système qui ne peut pas répondre aux besoins réels de l’humanité, comme la paix, la sécurité alimentaire, le logement, l’assainissement, les soins de santé et l’éducation pour tous. Il prive la majorité de l’humanité du contrôle de sa propre vie.

L’Organisation internationale marxiste-humaniste s’est récemment affiliée à la Campagne de solidarité avec l’Ukraine (basée au Royaume-Uni).

www.ukrainesolidaritycampaign.org

La Campagne de solidarité avec l’Ukraine vise à organiser la solidarité et à fournir des informations pour soutenir les socialistes et les syndicalistes ukrainiens, qui font campagne pour la classe ouvrière et les droits démocratiques, contre l’intervention impérialiste et le chauvinisme national. Elle cherche à coordonner les organisations socialistes et du mouvement ouvrier qui sont d’accord sur cette tâche, indépendamment des différences et des opinions sur d’autres questions.

Ses objectifs fondamentaux sont les suivants

– soutenir et établir des liens directs avec les socialistes indépendants et le mouvement ouvrier en Ukraine.

– soutenir le droit du peuple ukrainien à déterminer son propre avenir sans intervention extérieure de l’impérialisme russe ou occidental.

IMHO a également signé la déclaration No to War – Russia’s Hands Off Ukraine.

Déclaration sur l’Ukraine, par Richard Abernethy

Approuvée comme déclaration officielle par l’Organisation Internationale Marxiste-Humaniste.

https://imhojournal.org/articles/stop-russias-imperialist-war-on-ukraine-solidarity-with-the-ukrainian-peoples-resistance/

Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

********

Ecrivains du monde entier solidaires avec l’Ukraine

PEN International, l’organisation mondiale de défense de la littérature et de la liberté d’expression, a publié une lettre signée par plus de 1000 écrivains du monde entier, en solidarité avec les écrivains, les journalistes, les artistes et le peuple ukrainien, condamnant l’invasion russe et exigeant la paix.

A nos amis et collègues en Ukraine,

Nous, écrivains du monde entier, sommes révoltés par la violence déchaînée des forces russes sur l’Ukraine et demandons de toute urgence de mettre fin au carnage.

Nous sommes unis dans la condamnation d’une guerre insensée, motivée par le refus du président Poutine d’accepter le droit du peuple ukrainien à débattre de ses allégeances et à disposer de son histoire sans l’ingérence de Moscou.

Nous sommes unis pour soutenir les écrivains, les journalistes, les artistes et tout le peuple ukrainien, qui traversent leurs heures les plus sombres. Nous sommes à vos côtés et ressentons votre douleur.

Tous les individus ont droit à la paix, à la liberté d’expression et à la liberté de réunion. La guerre de Poutine est une attaque contre la démocratie et la liberté, non seulement en Ukraine, mais dans le monde entier.

Nous sommes unis pour exiger la paix et la fin de la propagande qui engendre la violence.

Il ne peut y avoir d’Europe libre et sûre sans une Ukraine libre et indépendante.

La paix doit prévaloir.

Signataires

Burhan Sonmez, Svetlana Alexievich, Margaret Atwood, Paul Auster, Tsitsi Dangarembga, Anthony Doerr, Jonathan Franzen, Roxane Gay, Aleksandar Hemon, Siri Hustvedt, Mario Vargas Llosa, Yann Martel, Benjamin Moser, Joyce Carol Oates, Orhan Pamuk, Maria Ressa, Marilynne Robinson, Salman Rushdie, Elif Shafak, Colm Toibin, Olga Tokarczuk, Ludmila Ulitskaya.  Kai Aareleid, Jane Aaron, Evelyne Abitbol, Gabriela Adameșteanu, Kathrin Aehnlich, Inger-Mari Aikio, Midhat Ajanović, Cem Akgül, Ayad Akhtar, Bjanka Alajbegović, Päivi Alasalmi, Frank Albrecht, Amir Alić, Carlos Alonso Aníbal, Najat Alsamad Abed, Vicenç Altaió, Armas Alvari, Hazem Al Amin, Frances An, Ida Andersen, Trine Andersen, Henrika Andersson, Ben Andoni, Stanko Andrić, Dan Anghelescu, Éilís Ní Anluain, Liviu Antonesei, Lisa Appignanesi, Marie Arana, George Ardeleanu, Chloe Aridjis, Homero Aridjis, Gabriele von Arnim, Alexander Arkhangelsky, Ingeborg Arlt, Jordi Bergonyó i Aroca, Damir Arsenijević, Mona Arshi, Lea Cohen-Augsburger, Anisa Avdagić, Mihail Ayzenberg, Marianne Backlén, Hans Baeck, Elena Baevskaya, Vasile Baghiu, Andrea Barnet, Tomica Bajsić, Leonid Bakhnov, Catherine Banner, Snježana Banović, Jürgen Banscherus, Ekaterina Barabash, Tom Barbash, Renato Baretić, Niels Barfoed, Robert F. Barkowski, Jessica Barksdale Inclán, Sheila Barrett, Nune Barsegian, Sali Bashota, Lana Bastašić, Lone Bastholm, Jette Bastian, Yvonne Battle-Felton, Cikuru Batumiké, Caroline Baum, Juergen Baumann, Nurcan Baysal, Youseff Bazzi, Adisa Bašić, Almir Bašović, Germaine Beaulieu, Dirk-Uwe Becker, Simon Beckett, Sharmilla Beezmohun, Seida Beganović, Rui Beja, Naime Beqiraj, Francisco Belard, Nadezhda Belenkaya, Amanda Bell, Gaston Bellemare, Timba Bema, Abdelkader Benali, Grațiela Benga, Vicent Berenguer, François Berger, Tewin van den Bergh, Ibrahim Berisha, Mal Berisha, Michèle Bernard, Vicenç Llorca Berrocal, Thorvald Berthelsen, Rosaleen Bertolino, Abbass Beydoun, Emilie Bilman, Anne Marie Bjerg, Ana Blandiana, Sylvia Bledow, Gerda Blees, Jens Blendstrup, Kåre Bliutgen, Adi Blum, Anna Blume, Ben Blushi, Marica Bodrožić, Isabel Bogdan, Iulian Boldea, Fióna Bolger, Tatiana Bonch-Osmolovskaya, Cynthia Bond, Barbara Bongartz, Javier Bonilla, Mirko Bonné, Ralf Bönt, Thomas Borchert, Virginie Borel, Virginie Borel, Carmen Borja, Marina Boroditskaya, Vera Botterbusch, Alla Bossart, August Bover, Agnete Braad, Corin Braga, Gayle Brandeis, Colm Breathnach, Marta Breen, Per Bregengaard, Alida Bremer, Alida Bremer, Hans Maarten vd Brink, Roberto Briones, Casimiro de Brito, Ricky Monahan Brown, Keira Brown, Marta Nadal Brunès, Niels Brunse, Mikael Brygger, Siv Bublitz, Simone Buchholz, Romulus Bucur, Olga Bukhina, Tom Bullough, Diana Burazer, Ahmed Burić, Dragan Bursać, Paddy Bushe, Anton Carrera i Busquets, Pat Butler, Ida Börjel, Jan Bürger, Oriol Pi de Cabanyes, Morana Čale, Jenni Calder, Lynn Caldwell, Drew Campbell, Siobhan Campbell, Rachel Cantor, Daniel Canty, Paola Capriolo, Eibhlis Carcione, Kristina Carlson, Antònia Carré-Pons, Àngels Castells Cabré, Amanda Castleman, Cecil Casttelluci, Dragica Čarna, Jaume Creus i del Castillo, Sara Martínez Castro, Arben Çejku, Branko Čegec, Filiz Celik, Ruxandra Cesereanu, Jade Chang, Natalia Chepik, Ron Chernow, Tatyana Chernysheva, Herménégilde Chiasson, Mark Childress, Ilya Chlaki, Søren Møller Christensen, Ioana Cistelecan, Antoni Clapés, Jennifer Clement, Nicolae Coande, Jonathan Coe, Carolyn Cohagan, Anthony Cohan, Pep Coll, Marian Coman, Denisa Comănescu, Lila Cona, Colm Mac Confhaola, Micheál Ó Conghaile, June Considine, Philippe Constantin, Angélica Altúzar Constantino, David Corbett, Liliana Corobca, Željka Čorak, Costigan, Florica Courriol, Robert Craven, Jaume Creus, Bogdan Crețu, Jenny Croft, Pádraig Ó Cuinneagáin, Cung thị Lan, Tony Curtis, Darko Cvijetić, Grozdana Cvitan, Gearóidín Nic Cárthaigh, Magda Cârneci, Svetlana Cârstean, Bianca Côté, Mircea Cărtărescu, Nerzuk Ćurak, Denis Dabbadie, Gabriel Daliș, Joan eusa Dalmau, Louise Juhl Dalsgaard, Mark Z. Danielewski, Dang Nguyen, Hasan Daoud, Wolfgang David, Job Degenaar, Astrid Dehe, Marija Dejanović, Dinko Delić, Peter Demeny, Enkel Demi, Ajla Demiragić, Joan Dempsey, Denise Desautels, Jean-Marc Desgent, Loraine Despres, Robert Dessaix, Martina Devlin, Sadhbh Devlin, Tadhg Mac Dhonnagáin, Margot Dijkgraaf, Vitaly Dikson, Simona-Grazia Dima, Adina Dinițoiu, Adriaan van Dis, Greg Dinner, Peggy Dobreer, Caius Dobrescu, Henrik Døcker, Veronica Dolina, Salvador Domènechi Domènech, Jackie Mac Donncha, Gerry Mc Donnell, Katie Donovan, Mary Dorcey, Ariel Dorfman, Theo Dorgan, Doris Dörrie, Kevin Doyle, Laurie Anne Doyle, Ulrike Draesner, Elma Drayer, Proinsias Ó Drisceoil, Olga Drobot, Daniela Dröscher, Lison Dubreuil, Tanja Dückers, Anne Duden, Dave Duggan, Šuhreta Dumanić, Cassandra Dunn, Samantha Dunn, Catherine Dunne, Louise Dupré, Can Dündar, Ferida Duraković, Denisa Duran, Don Duyns, Benedikt Dyrlich, Olga Xirinacs Díaz, Dan Dănilă, Carleton Eastlake, David Ebershoff, Horst Eckert, Gwen Edelman, Jennifer Egan, Jari Ehrnrooth, Lizzie Eldridge, Menna Elfyn, Mirko Jupp Eisemann, Ayeshah Emon, Martin Enckell, Agneta Enckell, Michael Engler, Álvaro Enrigue, Markku Envall, Irjaleena Eriksson, Peter Lucas Erixon, Erlinda Thuy Linh, Evgeny Ermolin, Victor Esipov, Vibeke Eskesen, Alex Espinoza, George Espinoza, Karin Evans, Paul Ewen, Belal Fadl, Daniel Falb, Maria Falikman, Lena Falkenhagen, Elena Fanailova, Simon Ó Faoláin, Reza Farmand, Rafel Nadal Farreras, Sabina Fati, Lia Faur, Alexey Fedotov, Judith Fein, Julian Fellowes, Betty Ferber, Ciara Ferguson, Conrad Fields, Birgit Filskov, Jennifer Finney Boylan, Heike Fiedler, Carlos Fiolhais, Viviana Fiorentino, Carlos Fiolhais, Janet Fitch, Brid Fitzpatrick, Lydia Fitzpatrick, Anne Fisher, Hana Fischer, Olga Flor, Roman Fokin, Mathilde Fontanet, Assumpció Forcada, Sabine Forsblom, Tua Forsström, Kristian Bang Foss, Fouad Fouad, David Francis, Julia Franck, Gina Frangello, Diane Frank, Bashabi Fraser, Maureen Freely, Frederike Frei, Niels Frid-Nielsen, Meelis Friedenthal, Uwe Friesel, Anna Friman, Caroline Frost, Angela Furtună, Rita Gabis, Linda Gaboriau, Peter Gadol, Dora Gago, Maria Galina, Mia Gallagher, Sergei Gandlevsky, Cathy Galvin, Alisa Ganieva, Herbert Gantschacher, Christine Garcia, Josep Rafel Cortés Garcia, Stacey Gardner, Osman Gashi, Dominique Gaucher, Liliya Gazizova, Carlo Gebler, Eva Gedin, Stefan Gemmel, Alexander Genis, Nina George, Clive Geraghty, Ulrikka Gernes, Ulrike Gerold, Yaseen Ghaleb, Rania Ghandour, Radu Pavel Gheo, Carmen Gheorghe, Cătălin Ghiță, Áíne Ní Ghlinn, Áine Ní Ghlinn, Alexandria Giardino, Dagoberto Gilb, Bernard Gilbert, Shauna Gilligan, Daithí Mac Giobúin, Jo Glanville, Guinevere Glasfurd, Simon Glinvad Nielsen, Jacques T. Godbout, Peter H. E. Gogolin, Dušan Gojkov, Alex Goldiș, Francisco Goldman, Veronica Gonzalez, Benjamin Goron, Lutz Götze, Philip Gourevitch, Fiona Graham, Bel Granya, Safer Grbić, Àngels Gregori, Mark Grinberg, Lauren Groff, Jean-Louis Grosmaire, Joakim Growth, Annett Gröschner, Remigiusz Grzela, Ralph Grüneberger, July Gugolev, Xiaolu Guo, Kerstin Gustafsson, Tracy Guzeman, Çağdaş Gökbel, Tarık Günersel, Morten Haahr, Agnete G. Haaland, Gerda van de Haar, Jacek Hajduk, Katharina Hagena, Anna Katharina Hahn, Malu Halasa, Ena Katarina Haler, Jacinta Halloran, Denise Hamilton, Daniel Handler, Marisa Handler, Wolfram Hänel, James Hannaham, Linn Hansén, Heather Harlen, Ann Harleman, Lenore Hart, Tessa Harris, Dennis Haskell, Josef Haslinger, Iben Hasselbalch, Rasmus Hastrup, Jean Hatzfeld, Sabine Haupt, Harri Hautajärvi, Barend van der Have, Tom Healy, Jürgen Heckel, Carol Hedges, Siobhán Hegarty, Christoph Hein, Elke Heinemann, Markéta Hejkalová, Joachim Helfer, Elizabeth Hemmerdinger, Saara Henriksson, Alban Nikolai Herbst, Ann Herold, Harri Hertell, Anna Heussaff, Anne Hjælmsø, Kati Hiekkapelto, Judyth Hill, Sophia Hillan, Rinske Hillen, Billy Hinton, Jane Hirschfield, Elina Hirvonen, Elke Bannach-Hoffmann, Klaus Hoffmann W., Tom Hofland, Anneli Høier, Markku Hoikkala, Kaarina Hollo, Benn Q. Holm, Ulla Holm, Nina Honkanen, Laura Honkasalo, Ann Marie Hourihane, Cindy House, Meg Howrey, Dina Hrenciuc, Laura Hubber, Johanna Hulkko, Iman Humaydan, Jean-Claude Humbert, Franka Hummels, Vilja-Tuulia Huotarinen, Ramiz Huremagić, Jasmina Husanović, Eero Hämeenniemi, Severi Hämäri, Tomas Håkanson, Michael Hăulică, Florin Iaru, Omer Ibrahimagić, Nedžad Ibrahimović, Vasile Igna, Olga Ilnitskaya, Luuk Imhann, Debra Jo Immergut, Almir Imširević, Jouni Inkala, Zehra İpşiroğlu, Igor Irteniev, Tuula Isoniemi, Martti Issakainen, Päivi Istala, Houssam Itani, Susan Ito, Andrei Ivanov, Natalya Ivanova, Victoria Ivleva, Saša Ilić, Oriol Izquierdo, Piret Jaaks, Juliet Jacques, Alain Jadot, Subhash Jaireth, Jürgen Jankofsky, Claire Jaumain, Jennifer Jenkins, Ingrid Mejer Jensen, Martin Jensen, Per Lau Jensen, Angela V. John, Linton Kwesi Johnson, Thella Johnson, Kaylie Jones, Lois Jones, Michael Jordan, Finn Jørgensen, Irhan Jubica, Huguette Junod, Wim Jurg, Anssi Järvinen, Pasi Ilmari Jääskeläinen, Ibrahim Kadriu, Elaine Kagan, Danson Kahyana, Lejla Kalamujić, Gennady Kalashnikov, Dieter Kalka, Kätlin Kaldmaa, Ken Kalfus, Regina Kammerer, Arla Kanerva, Anneli Kanto, Entela Kasi, Markku Kaskela, Riina Katajavuori, Nina Katerli, Lucina Kathmann, Marina Katnić-Bakaršić, Dražen Katunarić, Roni Nasir Kaya, Enver Kazaz, Helmi Kekkonen, Annu Kekäläinen, Binak Kelmendi, Jochen Kelter, Al Kennedy, Cate Kennedy, Ligia Keșișian, Murat Kharaman, Igor Kharichev, Katarina Kieri, Malin Kivelä, Aino Kivi, Veronika Kivisilla, Margalith Kleijwegt, Mark Klenk, Snješka Knežević, Uwe Kolbe, Karen Köhler, Aljaž Koprivnikar, Nikolay Kononov, Tomi Kontio, Satu Koskimies, Conor Kostick, Igor Kotjuh, José Kozer, Milazim Krasniqi, Gennady Krasukhin, Enrique Krauze, Irina Kravtsova, Marcella van der Kruk, Grigory Kruzhkov, Naim Kryeziu, Jan Kuhlbrodt, Joachim Kühlmann, Asmir Kujović, Ilya Kukulin, Sergey Kuznetsov, Konstantin Küspert, Jorma Tapio Laakso, Oula-Antti Labba, David Lagercrantz, Jhumpa Lahiri, Olivia Laing, Michael Landgraf, Thomas Lang, Tanja Langer, Ksenia Larina, Felix M. Larkin, Ola Larsmo, Joel Laszlo, Michelle Latiolais, Heike van Lawick, Eric Lax, Le Thi y and, Le Thi Nhi, Réaltán Ní Leannáin, Byddi Lee, Chang-rae Lee, Ion Bogdan Lefter, Joanne Leedom-Ackerman, Leena Lehtolainen, Eva Leipprand, Oleg Lekmanov, Lucia Leman, Jo Lendle, Andrea Lešić-Thomas, Paul Levine, EJ Levy, Else Lidegaard, Robin Lim, Ida Linde, Anne Linsel, My Lindelöf, Christoph Lindenmeyer, Fredy Rolando Ruilova Lituma, Zülfü Livaneli, Ruth Frances Long (Jessica Thorne), Kairi Look, M.G. Lord, Gert Loschütz, Daniela Luca, Marco Lucchetti, Maria Ludkovskaja, Suzanne Lummis, Sofia Lundberg, Ulla-Lena Lundberg, Maria Lundborg, Tomas Lagermand Lundme, Aki Luostarinen, Tom Lutz, Joris Luyendijk, Dorte Lykkegaard, Brendan Lynch, Irene Duffy Lyncy, Ruth Lysaght, Kristiina Lähde, Hélène Lépine, Adrian Lăcătuș, Michel Maas, Carl MacDougall, Chiara Macconi, Stuart Maconie, Kerry Madden, Tue Magnussen, Dolors Coll Magrí, Sabrina Mahfouz, Inger-Maria Mahlke, Maria Maiofis, Geert Mak, Zvonko Maković, Christodoulos Makris, Jennifer Nansubuga Makumbi, Flamur Maloku, Ștefan Manasia, Riri Sylvia Manor, Maria Manuel Viana, Ksenija Banović Marković, João de Mancelos, Sarah Manvel, Laura Marchig, Rae Marie, Viorel Marineasa, Dieter F. Markert, Rudolf Marku, Frane Maroević, Iva Grgić Maroević, Lieke Marsman, Emile Martel, Jean-Pierre Masse, Marisa Matarazzo, Alexandru Matei, Ioan Matiuț, Edi Matić, Nicolaas Matsier, Manfred Maurenbrecher, Natalya Mavlevich, Catherine Mayer, So Mayer, Daniel Mazzone, John C Mc Allister, Martina McAteer, Felicity McCall, Tom McCarthy, Alistair McCartney, Patti McDermott, Paula McGrath, Lisa McInerney, Maria McManus, Elizabeth McSkeane, Paula Meehan, Vonne van der Meer, Maryse Meijer, Claudia Melica, Eva Menasse, Dinaw Mengestu, Mooses Mentula, Bruno Mercier, Lluís Meseguer, Robin Messing, Gitte Meyer, Katherine Mezzacappa, Bríd Ní Mhóráin, Deborah Michel, Peter Mickwitz, Susan Midalia, Virgil Mihaiu, Călin-Andrei Mihăilescu, Lone Mikkelsen, Vanda Mikšić, Victoria Milescu, James Miller, Tim Miller, Lia Mills, Snezana Minić, Laura Mintegi, Dolors Miquel, Ioana Miron, Sergey Mitrofanov, Jasim Mohamed, Clara Mohammed-Foucault, Núria Busquet Molist, Andreas Montag, Charles Montpetit, Carles Duarte I Montserrat, Laure Morali, Angel Martínez Moreno, Paul Morgan, Sinead Moriarty, Tony Morris, Pat Morrison, Ulli Moschen, Gitte Mose, Bertram Mourits, Ana María Dipp Mukled, Liridon Mulaj, Paul Muldoon, Marie-Ève Muller, Haqif Mulliqi, Simon Mundy, Bogdan Munteanu, Seosamh Ó Murchú, Besnik Mustafaj, Carmen Mușat, Pekka J. Mäkelä, Ingrid Nachstern, Sten Nadolny, Azar Nafisi, Ralf Nestmeyer, Courttia Newland, Taciana Niadbaj, Ioana Nicolaie, Helmuth A. Niederle, Jørgen Christian Wind Nielsen, Kai Nieminen, Jani Nieminen, Jovan Nikolić, Jaana Nikula, Kampol Nirawan, Georges Nivat, Celeste Ng, Lynn Nottage, Mark Eliot Nuckols, Liz Nugent, Markus Nummi, William Nygaard, Konstantin Nökel, Barney Norris, Maxine Nunes, Yodgor Obid, Téa Obreht, Nuala O’Connor, Eithne O’Donnell, Lauren O’Donovan, Bärbel Oftring, Blanca Uzeta O’Leary, Vanessa Fox O’Loughlin, Lev Oborin, Stipe Odak, Kurt Oesterle, Vida Ognjenovic, Per Øhrgaard, Daniel Øhrstrøm, Ben Okri, Sofi Oksanen, Musa Okwonga, Emili Olcina, Lissa Oliver, Ursula Andkjær Olsen, Angelika Oppenheimer, Niculina Oprea, Zeynep Oral, Margie Orford, Jem Cabanes Orriols, Julianne Ortale, Maxim Osipov, Mathias Ospelt, Marianne Østergaard, Markus Ostermair, Georg M.Oswald, Willem Jan Otten, Per Marquard Otzen, Jean-Luc Outers, Anton Antonov-Ovseenko, Stewart O’nan, Paddy O’Reilly, Fiona O’Rourke, Iduna Paalman, Markku Paasonen, Nina Paavolainen, George Packer, Triin Paja, Armando Pajalich, Vinyet Panyella, Rita Paqvalén, Greg Pardlo, Alexey Parin, Serguei Parkhomenko, Leena Parkkinen, Alix Parodi, Maarja Pärtna, Tònia Passola,Vinay Patel, Nick Patricca, Cezar Paul-Bădescu, Jurica Pavičić, Alex Pearl, Michael Pearson, Daniel Gustafsson Pech, Daniel I. Pedreira, Gustaaf Peek, Riikka Pelo, Marianne Peltomaa, Mikko Perkoila, Cosmin Perța, Marta Pessarrodona, Vibeke Munk Petersen, Dagmar Petrick, Dmitry Petrov, Heinrich Peuckmann, Lang-Hoan Pham, Louis-Karl Picard-Sioui, Emmanuel Pierrat, Asta Piiroinen, Drago Pilsel, Joan Manuel Pérez I Pinya, Daniel Pișcu, Eduardo Pitta, Andrey Plahov, Vagn Plenge, Elisabeth Plessen, Thomas Podhostnik, Gregor Podlogar, Angelina Polonskaya, Gabriele Pommerin-Götze, Antònia Carré-Pons, Simona Popescu, Liliana Popescu, Adrian Popescu, Edo Popović, Nenad Popović, Max Porter, Anja Portin, Kåre Vedding Poulsen, Peter Poulsen, Tiina Poutanen, Kira Poutanen, David Poyer, Begonya Pozo, Grace Prasad, Kerstin Preiwuß, Vahidin Preljević, Jordi Prenafeta, Ahmet Prençi, Joy Press, Ofelia Prodan, Francine Prose, Merete Pryds Helle, Alina Purcaru, Cezar Pârlog, Cathal Póirtéir, Jenny Qi, Barbara Quick, Shazea Quraishi, Verena Rabe, Mabrouk Rachedi, Tiina Raevaara, Arya Rajam, Dragica Rajcic, Monisha Rajesh, Selma Raljević, Karolina Ramqvist, Ian Rankin, Kukka Ranta, Jo-Ann Rasch-Hansen, Thomas Ravn-Pedersen, Rein Raud, Daniela Rațiu, Petra Reategui, Steven Reigns, Ole Reitov, Mario Relich, Petra Reski, Rachel Resnick, Dominik Riedo, Monika Rinck, Ashley Rindsberg, Henrika Ringbom, Magnus Ringgren, Moritz Rinke, Fanny del Rio, Peter Ripken, Jukka Rislakki, Joana Rito, Simon Robinson, Josep Ballester Roca, Antonio della Rocca, Mille Rode, Guenter G. Rodewald, Julieta Almeida Rodrigues, Marc Granell Rodríguez, Manel Rodríguez-Castelló, Monique Roffey, Guido Rohm, Màrius Serra I Roig, Alexis Romay, Adrian G. Romila, Jürgen Rooste, Ville Ropponen, Alicja Rosé, Adina Rosetti, Henriette Rostrup, Daniel Rothenbühler, André Roy, Radu Sergiu Ruba, Lev Rubinstein, Evelina Rudan, Karl Rühmann, Andreas Rumler, Maria Rybakova, Riku Räihä, Jan Röhnert, Astrid Saalbach, Hazem Saghieh, Kholod Saghir, Yassin Alhaj Saleh, Salajdin Saliu, Saad Salloum, Janne Salminen, Helena Pol Salvà, Gregor Sander, Paula Sanders, Ulrike Almut Sandig, Philippe Sands, Froukje Santing, Joachim Sartorius, Mark Sarvas, Jutta Sauer, John Ralston Saul, George Saunders, Jani Saxell, Simon Schama, Erika Schickel, Roswitha Schieb, Regina Schleheck, Karl Schlögel, Joan Schmidt, Aase Schmidt, Samantha Schnee, Peter Schneider, Ralph Schock, Eugene Schoulgin, Jutta Schubert, Christa Schuenke, Martin Schult, Tom Schulz, Hermann Schulz, Erik Schumacher, Christine Schutt, Elmer Schönberger, Stefan Schütz, Marjan Strojan, Gert Scobel, Alice Sebold, Olga Sedakova, Lindsay J. Sedgwick, Gabriel Seisdedos, Krishna Sen, Séadna Mac Seoin, Seid Serdarević, Ellen Severance, Keyvan Shahbazi, Amir Shaheen, Flamur Shala, Paata Shamugia, Tatyana Shcherbina, Róisín Sheehy, Owen Sheers, Viktor Shenderovich, Peter Sheridan, Alla Shevelkina, Mikhail Shishkin, Paul Anthony Shortt, Gary Shteyngart, Arkady Shtypel, Nikesh Shukla, Niall Ó Siadhail, Kertu Sillaste, Marisa Silver, Goran Simić, Sherry Simon, Jonathan Simons, Helena Sinervo, Jernail Singh Anandgui, Viveka Sjögren, Jane Smiley, Barbara Smitmans-Vajda, Gerard Smyth, Slobodan Snajder, Timothy Snyder, Johannes F. Sohlman, Catalina Sojos, Boris Sokolov, Natalia Sokolovskaya, María Soliva, Leela Soma, Rosa I Sabater, Jasna Šamić, Ivan Šarčević, William Soares Dos Santos, Andrew Solomon, Simona Sora, Knud Sørensen, Sanja Šoštarić, Vladimir Sotnikov, Tatyana Anna Berseneva Sotnikova, Ralf Sotscheck, Avni Spahiu, Matthew Sprecktor, Art Spiegelman, Monica Spiridon, Klaus Staeck, Irina Staf, Dmitry Stakhov, Dan Stanciu, Saša Stanišić, Laura Starink, Pajtim Statovci, Kjersti Løken Stavrum, Deborah Stein, Eira Stenberg, Cecilia Ștefănescu, Wilhelm von Sternburg, Vidosav Stevanović, Frederik Stjernfelt, Caroline Stockford, Jürgen Streich, Tina Stroheker, Antje Rávik Strubel, Lucija Stupica, Bogdan-Alexandru Stănescu, Leander Sukov, Francoise Sule, Anni Sumari, Lubov Summ, Irina Surat, Ville-Juhani Sutinen, Slobodan Šnajder, Michael Svennevig, Zoya Svetova, Hannele Mikaela Taivassalo, Eeva Talvikallio, Amber Tamblen, Amy Tan, Anne Tannam, Stefanie Taschinski, Elma Tataragić, Anne-Marie Tatsis, Marion Tauschwitz, Henriikka Tavi, Catherine Taylor, Janne Teller, Dan Terkildsen, Jervey Tervalon, Marie Tetzlaff, Lone Theils, Thorkild Thejsen, Klaus Theweleit, Danielle Thibault, Ma Thida, Hans Thill, France Théoret, Christian Braad Thomsen, Kirsten Thorup, Susan Tiberghien, Mika Tiirinen, Lev Timofeev, Hjalte Tin, Alan Titley, Gráinne Tobin, Salimata Togora, Colm Toibin, Miia Toivio, Csilla Toldy, Steve Toltz, Zlatko Topčić, Carles Torner, Eduardo Cintra Torres, Daniel Torres Rodríguez, Larry Tremblay, Andreas Tretner, Salil Tripathi, Ilija Trojanow, Agron Tufa, Kári Tulinius, Tanja Tuma, Natalya Tumashkova, Veera Tyhtilä, Frank Überall, Dolors Udina, Radu Ulmeanu, Manon Uphoff, Doina Uricariu, Lluís I-Jovani Urpinell, Luis Alberto Urrea, Urtzi Urrutikoetxea, Anja Utler, Damir Uzunović, Luisa Valenzuela, Tina Vallès, May VanDuren, Radu Vancu, Ingrid Vander Veken, Dragoș Varga, Johanna Vehkoo, Astrid Vehstedt, Xavier Velasco, Dragan Velikić, Johanna Venho, Regula Venske, Filipa Vera Jardim, Xavier Vernetta, Laurence Verrey, Maarit Verronen, Jes Vestergaard, Lidia Vianu, Hoàng Nguyen Bao Viet, Knud Vilby, Félix Villeneuve, Tõnis Vilu, Marina Vishnevetskaya, Carolijn Visser, Alina Vituhnovskaya, Maria Vlaar, Călin Vlasie, Elena Vlădăreanu, Tatiana Voltskaya, Marja Vuijsje, Smaranda Vultur, Carlos Vásconez, Jan Wagner, Geneviève Waldmann, Maybelle Wallis, Katri Wanner-Salmi, Andrea Ward, Rainer Wedler, Lisa Weeda, Gabriele Weingartner, Thomas Weiß, Annamaria Weldon, Benedict Wells, Hanna Weselius, Taina West, Caj Westerberg, Tara Westover, Kjell Westö, Mårten Westö, Eva Wiesenecker, Herbert Wiesner, Renate Wiggershaus, Eley Williams, Jeni Williams, Rita Williams, Laurie Winer, Marion Wisinger, Uljana Wolf, Tobias Wolff, Máire Dinny Wren, Françoise Wuilmart, Christine Wunnicke, Marina Yadrova, Sergey Yakovich, Elena Yakovich, Alexander Yarin, Viktor Yaroshenko, Samar Yazbek, Charles Yu, Elvana Zaimi, Judith Zander, Andrei Zbîrnea, Michael Zeller, Joachim Zelter, Myra Zepf, Cornelia Zetzsche, Sophie Zijlstra, Clas Zilliacus, Harro Zimmermann, Igor Zotov, Matthias Zwarg, Celia de Fréine, Oek de Jong, Stéphanie de Roguin, Edmund de Waal, Kit De Waal, Ayelet Waldman, Josh Weil, Eckhard Weise, Jean-Pierre Wils, Antoine Wilson, Alberte Winding, Rainer Wochele, Jamie Wolf, Wolfmehl, Rui Zink, Antonije Nino Žalica, Emina Žuna, Décio Zylbersztajn.

Pour plus d’information veuillez contacter Aurélia Dondo à PEN International, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, Londres, SE1 2AN, UK Tél. : +44 (0) 20 7405 0338, courriel : Aurelia.dondo@pen-international.org

https://pen-international.org/fr/nouvelles/ecrivains-monde-entier-solidaires-ukraine

**********

Quels sont la place et le rôle de la Biélorussie dans l’invasion de l’Ukraine par la Russie ?

Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, peut s’entêter à prétendre que son pays n’a aucun rôle dans l’invasion de l’Ukraine par la Russie, mais sa décision de danser sur l’air de Moscou est le fruit de son propre choix.

C’est à la fin du mois de novembre de l’année dernière que Loukachenko a annoncé publiquement, pour la première fois, qu’il prendrait le parti de la Russie en cas de guerre avec l’Ukraine. Depuis plusieurs mois, son régime n’a cessé d’intensifier sa rhétorique axée sur la situation à ses frontières méridionales, déclenchant l’hystérie et répétant son soutien à l’invasion de Vladimir Poutine.

Si le gouvernement biélorusse entretient depuis des années une relation étroite, bien que subordonnée, avec Moscou, il a cherché à s’équilibrer avec l’Occident pour tirer des gains financiers et politiques des deux côtés. Mais les élections présidentielles biélorusses de 2020 et leurs suites sanglantes ont ébranlé la légitimité du régime de Loukachenko et l’ont isolé des institutions occidentales, en raison des fraudes électorales et de la répression policière. Ce qui a contraint Loukachenko à se tourner de plus en plus vers Poutine pour obtenir un soutien.

Il y a seulement 18 mois, la Biélorussie recherchait le dialogue concernant l’est de l’Ukraine, y compris un rôle de maintien de la paix. Toutefois, depuis la fin de l’année dernière, la menace de guerre en Ukraine était devenue une excellente source de diversion pour les difficultés du régime, lui permettant de consolider son image publique. Mais actuellement, alors que les événements échappent à tout contrôle, la guerre pourrait servir de toile de fond à un transfert définitif de la souveraineté de la Biélorussie à la Russie.

La semaine dernière, dans la matinée du 24 février 2022, les troupes russes ont commencé à envahir l’Ukraine, notamment via la Biélorussie. Loukachenko a ainsi rompu l’une de ses promesses les plus célèbres : pendant des années, il avait assuré à l’Ukraine qu’elle ne serait jamais confrontée à une attaque de Biélorussie.

La carte géographique des présentes hostilités montre l’avantage pour la Russie de pouvoir attaquer l’Ukraine depuis la frontière biélorusse. Grâce à Loukachenko, les troupes russes menacent désormais directement Kiev, à un moment où les forces qui sont entrées dans le pays directement depuis la Russie ou la Crimée ont calé en route vers la capitale [1]. Dès lors, la Biélorussie est devenue un canal pour l’invasion terrestre de l’Ukraine, ainsi que pour les frappes aériennes et par missiles, tandis que les soldats russes blessés sont envoyés pour y être soignés dans les hôpitaux de la région de Homyel, en Biélorussie. Cette fonction d’un Etat relève d’une interprétation assez claire : selon la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies de décembre 1974, les actions d’un Etat qui fournit son territoire pour être utilisé pour un acte d’agression contre un pays tiers sont également considérées comme relevant d’une agression militaire.

Le théâtre de Loukachenko

Alors qu’il s’était initialement prononcé ouvertement en faveur de l’invasion, le ton de Loukachenko s’est montré, ces derniers jours, anormalement moins énergique.

Au cours du mois qui a précédé l’invasion, le président biélorusse a parlé de la guerre dans pratiquement tous ses discours. Parfois, sa rhétorique était bien plus dure et agressive que celle des dirigeants russes. Il a inspecté des installations militaires. Il a préconisé le lancement de frappes de missiles sur l’Ukraine et a même fait allusion à l’utilisation de troupes. Il a également promis que la guerre durerait « un maximum de trois ou quatre jours », allant jusqu’à menacer que les troupes atteignent la Manche!

Mais alors que l’invasion est en cours, Loukachenko passe son temps à visiter des hôpitaux et à aller skier, tout en appelant à la fin du conflit. Il a également proposé d’accueillir des pourparlers de paix.

Bien entendu, Loukachenko continue de reprocher aux dirigeants ukrainiens d’avoir déclenché la guerre. Il a insulté le président ukrainien Volodymyr Zelensky, soutenu les actions du Kremlin et exhorté l’Ukraine à accepter pleinement les conditions russes pour la paix. Mais en même temps, il a essayé de se présenter comme une colombe qui veut empêcher le massacre. « L’essentiel est que les gens ne meurent pas », a-t-il déclaré le 26 février – troisième jour de l’invasion – aux journalistes, après être allé skier.

Le président biélorusse marche donc sur une corde raide politique. Il ne peut pas simplement se taire, mais semble réticent à s’impliquer dans le conflit, affirmant qu’il n’y a pas de troupes biélorusses en Ukraine. Mais il note immédiatement : « Si la Biélorussie et la Russie en ont besoin, [des troupes] entreront en Ukraine. » Il se contredit également en affirmant qu’aucune opération militaire n’a été lancée en Ukraine depuis le territoire de la Biélorussie, tout en admettant, dans le même discours, que des frappes de missiles ont été effectuées depuis la Biélorussie.

S’adressant à la presse, Loukachenko a feint de s’étonner du fait que la Biélorussie soit considérée comme un participant à l’invasion, attribuant plutôt cette qualification à la « communauté internationale ». Cependant, lors d’une réunion avec les chefs de la sécurité biélorusse, qu’il a convoquée lors des premières heures de la guerre, Loukachenko a utilisé une phrase qui explique pleinement ces contradictions : « Nous ne devons en aucun cas nous impliquer dans la merde, ni devenir des traîtres. »

En termes simples, Loukachenko ne veut pas être entraîné dans une guerre à grande échelle, mais il ne peut pas non plus devenir un traître aux yeux de Poutine. Les deux options seraient désastreuses pour lui.

La menace d’une scission

Le comportement de Loukachenko dans les premiers jours de la guerre est explicable: il a toujours à l’esprit ce que pense la société biélorusse.

La machine de propagande du régime biélorusse a longtemps claironné le slogan « qu’il n’y ait plus jamais de guerre ». En effet, il l’a claironné jusqu’à l’absurde, au point qu’il est devenu la pierre angulaire de l’idéologie d’Etat. Les personnes qui soutenaient Loukachenko, ou qui étaient au moins indifférentes au système existant, justifiaient tout ce qui se passait en se référant à cette idée. « Oui, disaient les partisans de Loukachenko, nous vivons dans la pauvreté et nos droits ne sont pas respectés. Mais nos soldats ne meurent pas dans les guerres des autres. »

Il faut comprendre ici que l’attitude des Biélorusses et des Russes vis-à-vis de la guerre est sensiblement différente. Selon divers sondages [il serait utile d’en avoir de très récents], entre la moitié et les deux tiers des Russes interrogés soutiennent, d’une manière ou d’une autre, la guerre avec l’Ukraine.

Dans le même temps, une enquête menée auprès des Biélorusses par Chatham House a révélé que 11 à 12% des personnes interrogées étaient favorables à la participation du pays à la guerre, et que 5% seulement étaient favorables à l’envoi de troupes biélorusses en Ukraine. Et ce, sur une toile de fond de soutien très fragile au régime : ce même sondage indique que 27% des personnes interrogées soutiennent le régime actuel.

Ainsi, la grande majorité des Biélorusses considèrent l’idée d’entraîner le pays dans la guerre comme absolument inacceptable ; la participation de la Biélorussie ne diviserait donc pas seulement l’électorat de la dictature – elle pourrait finalement provoquer une scission au sein du régime lui-même. Loukachenko est parfaitement conscient de ce risque. Il lui est impossible d’apparaître comme un agresseur ou de participer à un conflit armé.

Il semble que Loukachenko espérait que l’escalade russe se limiterait à exercer un chantage sur l’Ukraine [pour la faire changer sur l’OTAN, ou autres thèmes], plutôt que d’entrer dans un conflit armé. Et que si la situation évoluait vers une guerre, elle serait considérée comme une simple « opération spéciale » (comme l’appelle la partie russe) et que l’Ukraine tomberait rapidement et sans grande effusion de sang.

Loukachenko aurait été tout à fait satisfait de cet équilibre constant au bord de la guerre. Peut-être s’agirait-il d’une forme d’existence idéale pour le régime biélorusse dans son état actuel, ce qui explique pourquoi les autorités ont propagé l’hystérie militaire avec un tel enthousiasme fin janvier et début février, alors qu’une véritable guerre ne semblait pas faire partie des plans de Loukachenko.

La tentative de Macron

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie à partir du territoire biélorusse, certains analystes se sont interrogés : la Biélorussie peut-elle désormais être considérée comme une puissance souveraine ? Loukachenko est-il capable de prendre des décisions indépendantes, ou est-il sous le contrôle total de Poutine ? Loukachenko lui-même ne cesse de donner raison à ces inquiétudes, se référant à l’avis du Kremlin chaque fois qu’il commente publiquement l’une ou l’autre question fondamentale – qu’il s’agisse du déploiement de troupes russes en Biélorussie ou de la participation à la guerre. Lors d’une visite à Moscou, le 18 février, il a même promis de consulter son « grand frère » (la Russie) au sujet de son avenir politique.

Entre-temps, le 26 février, le président français Emmanuel Macron a téléphoné à Loukachenko pour exiger le retrait des troupes russes de Biélorussie et exhorter Minsk à abandonner sa subordination à Moscou, ainsi qu’à cesser d’aider la guerre contre l’Ukraine. Dans une situation différente, Loukachenko aurait profité d’une telle attention de la part des Occidentaux pour jouer sur ses tensions avec la Russie et obtenir des concessions sur la question des sanctions contre le Biélorussie. C’est exactement ce qui s’est passé en 2014-15, lorsque Loukachenko a habilement pris ses distances avec les actions du Kremlin en Crimée et au Donbass, puis s’est réconcilié avec l’Europe.

Mais maintenant, Loukachenko est complètement dépendant du soutien du Kremlin. Il est incapable de sortir de ce conflit de manière unilatérale. Toute tentative de dévier de la trajectoire de Moscou serait perçue par Poutine comme un coup de couteau dans le dos – et l’existence du régime de Loukachenko perdrait tout son sens pour le président russe. Dès le départ, la tentative de Macron était vouée à l’échec.

Le destin de Loukachenko est désormais inextricablement lié à celui de Poutine. Tout comme Poutine, il est également la cible de sanctions occidentales sans précédent. Toutefois, les sanctions et l’isolement ne sont pas les pires menaces qui pèsent sur Loukachenko.

Mouvement anti-guerre

A la fin de la semaine dernière, des rumeurs ont circulé selon lesquelles la Biélorussie allait bientôt prendre une part active à l’agression russe. Dans l’après-midi du 27 février, le Centre ukrainien pour les stratégies de défense (Ukrainian Center for Defense Strategies), un groupe de réflexion, a rapporté que Loukachenko prendrait une décision imminente quant à l’utilisation des troupes biélorusses pour envahir l’Ukraine.

L’apparition de cette nouvelle alarmante a coïncidé avec les manifestations anti-guerre de Biélorussie. Elles avaient été annoncées plus tôt par la dirigeante de l’opposition en exil, Svetlana Tikhanovskaïa. Les gens ont commencé à se rassembler dans les bureaux de vote, où ils devaient se prononcer sur un référendum constitutionnel qui autoriserait la Russie à stocker des armes nucléaires en Biélorussie; les manifestations se sont étendues au centre de Minsk. Des milliers de personnes ont scandé « Non à la guerre », « Gloire à l’Ukraine » et ont tenu des discours insultants à l’égard de Poutine. Au moins 800 personnes ont été arrêtées. Des poursuites pénales ont été engagées contre un certain nombre de manifestant·e·s. Il s’agissait toutefois des premières manifestations importantes en Biélorussie depuis le début de l’année 2021. Après un an et demi de terreur politique totale, les manifestations ont mis en relief la profondeur de l’opposition à la guerre et au rôle de la Biélorussie dans celle-ci.

La puissance du mouvement anti-guerre en Biélorussie dépendra de l’ampleur de l’engagement de Loukachenko dans cette guerre. Les dirigeant·e·s de l’opposition ont appelé les Biélorusses à descendre à nouveau dans la rue et à bloquer les voies ferrées afin d’empêcher les troupes russes de se déplacer. Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré que la prochaine étape serait de préparer une grève anti-guerre des travailleurs et travailleuses biélorusses. Pavel Latushka [ambassadeur à Paris de 2012 à 2019; ex-ministre de la Culture de 2009 à 2012], un autre leader de l’opposition, a exhorté le personnel militaire biélorusse à ne pas exécuter les « ordres criminels » et les conscrits biélorusses à se soustraire à la conscription ou à prendre les armes afin de combattre le « dictateur fou ».

Dernière tentative

C’est dans ce contexte que Loukachenko a fait une tentative désespérée de transformer son rôle dans le conflit en accueillant des pourparlers entre la Russie et l’Ukraine le 27 février.

L’initiative elle-même ressemblait à une piètre imitation d’un processus de négociation. Tout d’abord, il était évident que Homyel, un endroit utilisé comme base pour les troupes russes, n’était pas le meilleur endroit pour des négociations. Deuxièmement, la partie russe a informé l’Ukraine qu’elle était déjà arrivée aux pourparlers et qu’elle attendait – une tentative de dépeindre la délégation ukrainienne comme ne s’étant pas présentée aux négociations et ayant ainsi déclenché la guerre. Les dirigeants ukrainiens ont répondu qu’il n’y avait pas eu d’accord sur une réunion à Homyel : ils n’étaient pas satisfaits du lieu et considéraient que les conditions préalables de la Russie (l’exigence de déposer les armes) étaient inacceptables.

Lorsqu’il est devenu évident que les Ukrainiens n’iraient pas à Homyel et que la délégation russe rentrerait bientôt à Moscou, Loukachenko a appelé Zelensky, qu’il avait insulté quelques heures auparavant. Ils se sont finalement mis d’accord pour que la réunion ait lieu, non pas à Homyel, mais près de la frontière biélorusse et ukrainienne, dans la région de la rivière Pripiat. Selon son service de presse, Loukachenko a persuadé Poutine de ne pas rappeler la délégation russe et de tenir quand même une réunion.

Comme on pouvait s’y attendre, les pourparlers n’ont pas abouti. Cependant, le comportement de Loukachenko à propos de cet épisode est assez remarquable. Apparemment, Loukachenko aspire à revenir à l’époque où il se présentait, avec succès, comme un artisan de la paix sur la scène internationale. Mais cette fois il est trop tard. Il est déjà impliqué dans ce conflit. En effet, il existe une menace réelle que l’armée biélorusse se joigne bientôt à l’invasion russe. Le 28 février, le même jour que les pourparlers de paix, l’armée ukrainienne a signalé que les troupes biélorusses avaient commencé à se déployer à la frontière partagée par les deux pays. Et plusieurs médias ukrainiens ont rapporté que des troupes biélorusses avaient été identifiées près de la ville de Tchernihiv, dans le nord de l’Ukraine.

Cela dit, ce qui s’est passé pendant les négociations est important. Au cours de la conversation entre Zelensky et Loukachenko, dans l’après-midi du 27 février, les garanties suivantes ont été données à la partie ukrainienne: pendant que les délégations se rendaient en Biélorussie et que les négociations étaient en cours, tous les avions, hélicoptères et missiles russes déployés sur le territoire biélorusse resteraient cloués au sol. Le service de presse de Zelensky et de Loukachenko ont tous deux mentionné ces promesses. Mais les garanties n’ont pas été tenues. Le soir même, on a appris que le territoire biélorusse avait été le point de départ de nouvelles frappes de missiles russes Iskander sur les villes ukrainiennes de Zhytomyr et de Tchernihiv.

Certains verront dans les actions de Loukachenko une trahison. Mais il est plus probable que nous parlions d’une situation dans laquelle le président biélorusse n’a aucun contrôle sur les actions des militaires russes stationnés sur le territoire biélorusse. C’est le prix que Loukachenko a payé pour s’accrocher au pouvoir: une perte de souveraineté et le fait d’être entraîné dans une guerre.

Igor Ilyash

Publié par Open Democracy, le 2 mars 2022 ; traduction rédaction A l’Encontre

Igor Ilyash est un journaliste de Biélorussie qui a travaillé dans divers organes de presse.

[1] Selon de nombreuses sources l’arrêt de troupes terrestres en direction de Kiev est le produit de problèmes logistiques qui, eux, sont (au moins partiellement) le résultat de l’évaluation faite par l’état-major poutinien: un contrôle du pays en trois ou quatre jours. (Réd. A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/russie/quels-sont-la-place-et-le-role-de-la-bielorussie-dans-linvasion-de-lukraine-par-la-russie.html

************

Un appel d’un socialiste russe : Poutine intensifie la répression

Une offensive sur le front militaire entraîne toujours une attaque sur le front domestique, et la guerre russo-ukrainienne n’est pas une exception à cette règle.

Plus la Russie s’enfonce dans une guerre d’agression, plus la répression tombe sur les militants sociaux et anti-guerre à l’intérieur du pays. Personne entre nous ne se sent en sécurité aujourd’hui, alors que les services de sécurité de Vladimir Poutine parlent ouvertement d’une répression imminente, des rassemblements contre la guerre sont dispersés, et des activistes sont arrêtés par la police et la Garde Nationale. 

La guerre ne dure pour l’instant que depuis une semaine, mais nous avons déjà les exemples suivants où le pouvoir « resserre les vis » :

  • Les services spéciaux menacent d’appliquer l’Article 275 du Code pénal russe – « Trahison de la patrie » – à des militants anti-guerre (ou « anti-armée ») pour des reportages objectifs. La peine peut aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. La propagande contre la guerre peut aussi tomber sous la coupe de cet article.

  • Ils interdisent aux médias d’utiliser les mots « guerre » et « occupation ». Les médias oppositionnels qui restent, comme Ekho Moskvy (L’Echo de Moscou), sont en train d’être fermés.

  • Roskomnadzor – le Service fédéral de supervision des communications, de l’informatique et des mass médias – a demandé à dix médias de supprimer des articles sur la guerre d’Ukraine. Les autorités considèrent qu’ils contiennent des « informations inappropriées ». La demande fut reçue par Mediazona, Dozhd, Novaya Gazeta, Echo Moskvy, InoSMI, New Times, Svobodnaya Presse, Krym.Realii, et les publications spécialisées Zhurnalist et Lenizdat.

  • En commentant la situation de l’armée russe aujourd’hui, il faut citer exclusivement des sources russes. 

  • L’Office du Procureur Général de la Fédération de Russie prétend que le réseau social Facebook est coupable de violations des droits humains et liberté fondamentaux et des droits et libertés des citoyens de la Fédération de Russie – dont ceux qui garantissent la liberté des mass médias. Facebook et Instagram subissent des malfonctions, rendant impossible de contacter des camarades étrangers à temps.  

  • Des réservistes ont commencé à avoir des contrôles des bureaux d’enregistrement militaire et de recrutement chez eux, afin, disent-ils, de « clarifier des données ». Il y a toutes les raisons de croire que ce sera d’abord les activistes contre la guerre qui seront visés. 

La confrontation entre la Russie et l’OTAN est entrée dans une nouvelle phase, La guerre est déjà dans les quartiers résidentiels de l’Ukraine opprimée. Des Russes qui célébraient l’expansion impériale de Poutine en 2014 sont aujourd’hui mécontents.

Les prix commencent à augmenter au point qu’un effondrement social en Russie est presque inévitable, et des entreprises quittent la Russie à un rythme étonnant. La frénésie patriotique est visiblement beaucoup moindre qu’il y a huit ans.

La situation est extrêmement grave, et il n’y a eu rien de comparable dans l’histoire récente de la Russie. Toute communication avec des camarades étrangers pourrait être la dernière. Nous demandons à tou-tes les activistes contre la guerre et de gauche qui s’y intéressent de partager ce message. La Russie de Poutine a coupé les liaisons aériennes avec la grande majorité de pays, rendant quasi impossible l’émigration pour cause d’asile politique. Il est du devoir des socialistes internationaux d’aider les militants anti-guerre et du mouvement social qui ont fui la Russie, si possible, en les protégeant contre l’extradition vers le gouvernement de Poutine.

La tâche des socialistes russes, d’autre part, est de résister aussi longtemps que possible dans la base arrière impérialiste au centre de la Russie.

Liberté aux peuples ! Mort aux empires ! 

Mercredi 2 mars 2022

Russian socialist writes: ‘Putin ramps up repression, but there’s less patriotic frenzy’ – Socialist Worker

********

Femmes Egalite- NON a la guerre en Ukrainerelu final

********

Le pas de côté : Non au campisme

L’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes déclenche un peu partout passions et divisions. Dans ce genre de situation, les adeptes du campisme – autrement dit ceux qui multiplient les injonctions à choisir son camp – entretiennent la confusion et poussent à la surenchère et à la radicalisation des positions. Les uns condamnent Poutine et vont jusqu’à exiger un conflit armé avec la Russie. Les autres rappellent, à juste-titre, que d’autres pays ont envahi ou annexé des territoires qui ne leur appartiennent pas et que cela ne déclenche pas les mêmes réactions indignées.

Que faire ? 

Comme pour toute crise majeure, l’unique boussole devrait être le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Qu’importe la nature des régimes concernés et qu’importe le passif des uns ou des autres. Je m’explique. En 1990, l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein a provoqué une situation comparable à celle que nous vivons aujourd’hui. Il s’agissait alors d’une agression contraire au droit international puisque Bagdad entendait annexer un pays souverain reconnu par la communauté internationale. Arguant de la nature détestable de la monarchie koweitienne, nombreux furent ceux qui y trouvèrent argument pour ne pas condamner l’attaque irakienne. Or, cette condamnation était nécessaire et légitime. En attendant que l’humanité trouve mieux, la règle est simple : on n’attaque pas son voisin, on ne l’envahit pas et, surtout, on ne l’annexe pas. Le respect des frontières est la clef de voûte de la paix dans le monde.

Cela vaut pour ce qui se passe en Ukraine. La condamnation de l’attaque russe doit être sans équivoque et même, s’il le faut, sans passion aucune. Le droit international est trop précieux pour être séquencé ou relativisé. Et c’est cette condamnation qui donne du crédit à la position non-campiste que l’on est en droit de défendre. Condamnation ne veut pas dire naïveté ou complicité avec l’Occident. Oui, la Russie a des griefs légitimes à l’encontre de l’Occident et plus particulièrement des États-Unis. Oui, la promesse faite à Mikhaïl Gorbatchev de ne pas étendre à l’est les forces de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a pas été respectée. Oui, la mise en garde vindicative de Vladimir Poutine contre l’unilatéralisme américain lancée en février 2007 lors de la Conférence sur la politique de sécurité n’a pas été prise au sérieux ou, pire, elle a été méprisée. Tous ces arguments sont recevables pour réclamer des négociations pour la paix mais ils n’excusent pas l’attaque de l’Ukraine et la mort de civils.

Personne ne niera que le droit international n’est pas toujours respecté par les pays qui le brandissent aujourd’hui afin de sanctionner la Russie. En 1991, il fut mis en avant pour « libérer » le Koweït alors que, dans le même temps, il continuait d’être violé par Israël qui, aujourd’hui encore, continue d’occuper – et de coloniser – des Territoires palestiniens qui ne lui appartiennent pas sans oublier l’annexion illégale du plateau du Golan syrien. Dans les deux cas, Israël foule aux pieds plusieurs résolutions des Nations Unies et cela décrédibilise les discours occidentaux à l’encontre de la Russie. Nous en avons l’habitude : droit international en faveur des uns mais pas des autres… C’est bien pour cela que la condamnation de l’invasion russe est nécessaire. Elle relève d’une cohérence de position. Si nous revendiquons le droit des Palestiniens à être libres et à bénéficier des résolutions de l’ONU, nous ne pouvons pas décider de regarder ailleurs en ce qui concerne l’Ukraine. Le message à l’égard de l’Amérique et de l’Union européenne est simple : Nous condamnons comme vous cette invasion mais nous ne sommes pas dupes quant à vos principes à géométrie variable. Et en cela, nous ne sommes pas dans le même camp.

Cela amène, pour finir, à la remarque suivante. Oui, il est toujours désagréable d’avoir la sensation d’être dans le même bateau que les BHL et autres néo-conservateurs qui s’étaient déjà illustrés en 2003 en soutenant l’agression anglo-américaine contre l’Irak. Ces gens sont des clowns dangereux dont la posture belliciste a déjà fait beaucoup de dégâts. Rappelons donc la formule d’usage qui sied à ce genre de situation : une montre cassée donne tout de même l’heure exacte deux fois par jour. Condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce n’est pas être dans le même camp que BHL et compagnie. C’est juste une coïncidence, surtout si on rappelle à cette camarilla ses silences et compromissions à propos de la Palestine.

Akram Belkaïd

Paris, mercredi 2 mars 2022

https://akram-belkaid.blogspot.com/2022/03/le-pas-de-cote-non-au-campisme.html?spref=tw

********

Québec : Déclaration intersyndicale de soutien à l’Ukraine

Les centrales syndicales québécoises condamnent vivement l’invasion injustifiable de ce pays par la Russie.

Alors que la guerre fait rage en Ukraine et que ses habitants se battent courageusement pour défendre leur pays, les centrales syndicales québécoises – la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD – condamnent vivement l’invasion injustifiable de ce pays par la Russie.

Il s’agit d’une guerre en violation de la souveraineté d’un pays, en violation du droit international et des principes fondateurs de la Charte des Nations unies. Les centrales souhaitent envoyer un message de solidarité et de soutien sans équivoque à leurs camarades travailleuses et travailleurs ukrainiens, ainsi qu’à l’ensemble de la population de ce pays durement affecté depuis trop longtemps par le régime d’un dictateur russe.

« Nous appelons à la paix et à la diplomatie, ainsi qu’à l’arrêt immédiat de cette agression et au retrait des troupes russes du territoire ukrainien. Parce que des millions de vies sont en jeu, parce que les conséquences de cette guerre entraîneront des répercussions pendant de nombreuses années dans la société ukrainienne, mais également chez la population russe pacifique, et que les invasions et la guerre ne sont pas des moyens acceptables de résolution des conflits dans nos sociétés dites modernes », affirment les présidences des centrales.

« Comme centrales syndicales, nous sommes extrêmement sensibles au fait que cette agression aura des conséquences humanitaires catastrophiques, mais aussi un impact négatif considérable sur l’économie du pays, ses enfants, ses lieux de travail et ses emplois. Nous appelons à la solidarité syndicale mondiale pour la paix immédiate, et offrons tout notre soutien à l’importante diaspora ukrainienne du Québec, affligée par le sort de son pays d’origine. Camarades ukrainiens, vous n’êtes pas seul-es. La communauté syndicale internationale doit faire entendre sa voix face à cette agression et défendre haut et fort le droit de l’Ukraine de demeurer maître de son avenir », de conclure les centrales syndicales.

https://www.csn.qc.ca/actualites/declaration-intersyndicale-de-soutien-a-lukraine/

********

En complément possible

Les Cahiers de l’antidote n°1 « Spécial Ukraine » : Liberté et démocratie pour les peuples d’Ukraine !

Lettre ouverte des travailleurs russes des arts et de la culture contre la guerre avec l’Ukraine

Pascal Boniface : Poutine attaque l’Ukraine et fait perdre la Russie

Yorgos Mitralias : Нет войне! Non à la guerre ! Нет войне!

Izabella Marengo et Pierre Jasmin : NON à l’invasion de l’Ukraine ! NON à l’expansion de l’OTAN

Message du président de la confédération syndicale indépendante bélarusse devant le pire

Les Russes veulent-ielles la guerre ? Réflexions depuis Moscou, le 1er jour de l’invasion de l’Ukraine

Tentons d’être à la hauteur de la résistance ukrainienne

Stefan Bekier : « Démilitariser » et «dénazifier » l’Ukraine ?!

Manifeste de la plate-forme « Arrêtons la guerre »

Déclaration intersyndicale : Non à la guerre : retrait immédiat des troupes russes, solidarité avec le peuple ukrainien

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/03/03/ukraine-russie-7/

Interview de Witalij Machinko, Syndicat de solidarité des travailleurs (Trudowa Solidarnist, Kiev)

Appel du « Center for civil liberties » Ukraine

Roane Carey : Comment la gauche devrait réagir à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

MMF France : Non à la guerre en Ukraine, Non à Poutine ! Soutien à la démocratie ukrainienne, soutien au peuple ukrainien !

Leyla Binici, Jérôme Gleizes, Abdessalam Kleiche, Myriam Laïdouni-Denis, Didier Claude Rod : Réflexions écologistes sur l’agression de Vladimir Poutine contre l’Ukraine.

La Cimade demande une protection pour toutes les personnes qui quittent l’Ukraine

Amb el poble d’Ucraïna!

Nous, Européen·ne·s de l’Est…

Patrick Cockburn : La Blitzkrieg pré-annoncée de Poutine en échec. Un danger encore plus grand (…)

NON à la guerre en Ukraine !

Des militant·es pour la démocratie au Myanmar organisent des rassemblements pour soutenir l’Ukraine

Razem : « Chère gauche occidentale, on ne vous demande pas d’aimer l’OTAN… »

Fondation Frantz Fanon : Guerre d’agression contre l’Ukraine : qui a mis K.O le droit international ?

William Bourdon et Véronique Nahoum-Grappe : Poutine et ses sbires : un jour dans le box de la Cour Pénale Internationale ?

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/03/02/ukraine-russie-6/

Hugues Le Paige : Ukraine : pour la solidarité, contre la chasse aux sorcières

Lettre de l’Union syndicale Solidaires et de la fédération Sud-Rail

Les experts de l’ONU appellent à la fin de l’agression russe contre l’Ukraine et à la protection urgente des droits de l’homme

Russie : Contre l’impérialisme russe, ne touchez pas à l’Ukraine !

Lettre ouverte de scientifiques et journalistes scientifiques russes contre la guerre

María R. Sahuquillo : Des milliers de volontaires civils rejoignent la résistance pour repousser l’avancée des troupes de Poutine

Pierre Khalfa : De la difficulté d’une politique internationale altermondialiste

En Russie, les féministes descendent dans la rue contre la guerre de Vladimir Poutine

Mario Kessler : Les fantasmes antibolcheviques de Poutine pourraient causer sa perte

Zbigniew Marcin Kowalewski : Impérialisme russe

Solidarité avec les réfugiés ukrainiens

Nicole Roelens : La lutte internationale des femmes contre le meurtre de masse utilisé comme outil de pouvoir

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/03/01/ukraine-russie-5/

Gilbert Achcar : Invasion russe de l’Ukraine : Vladimir Poutine dans les pas de Saddam Hussein ?

Bernard Dréano : La guerre de Poutine en Ukraine, des questions et quelques réponses

David Broder : Cessez de prétendre que la gauche serait du côté de Poutine

Gilbert Achcar :Mémorandum sur une position anti-impérialiste radicale concernant la guerre en Ukraine

Déclaration commune de syndicats ukrainiens

Mykhailo Volynets : La Russie a attaqué et commencé l’invasion de l’Ukraine

Contre la guerre impériale de Poutine en Ukraine, une prise de position de la revue LeftEast

À quoi pense Vladimir Poutine ? Entretien avec Ilya Boudraitskis

Invasion russe de l’Ukraine : Vladimir Poutine dans les pas de Saddam Hussein ?

Solidarité de la communauté scientifique avec l’Ukraine

Esprit : Pour une Ukraine libre !

MAN : Pour une résistance civile non-violente en Ukraine

Attac Espagne : Non à la guerre !

Halya Coynash : Le grand rabbin d’Ukraine démolit l’excuse de Poutine pour l’invasion de la Russie  

Edo Konrad : L’invasion de la Russie devrait être un miroir pour la société israélienne

Professeurs chinois : notre attitude face à l’invasion russe de l’Ukraine

Déclaration des étudiant·es des universités de Hong Kong sur la guerre d’invasion menée par la Russie contre l’Ukraine

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/28/ukraine-russie-4/

Non à l’agression impérialiste de la Russie contre l’Ukraine

Déclaration du Comité exécutif du Congrès des syndicats démocratiques de Biélorussie

Danya P. :Pour le défaitisme révolutionnaire

Sotsialnyi Ruh : Arrêtez Immédiatement L’agression De Poutine !

Une déclaration du Comité national de l’OZZ Inicjatywa Pracownicza (Syndicat d’initiative des travailleurs) sur l’agression russe contre l’Ukraine

Communiqué de la Confédération du travail de Russie (KTR)

Les femmes l’exigent : Non à la guerre en Ukraine, Non à l’OTAN !

Taras Bilous :« Une lettre de Kiev à une gauche occidentale »

Stop à l’agression russe en Ukraine ! Pour une Ukraine libre et souveraine pour les travailleurs et travailleuses !

Santiago Alba Rico :« Non à la guerre ». Le sens de certains slogans face à l’invasion de l’Ukraine par le régime de Poutine ?

Vanesa Jiménez : Comme c’est triste de regarder la guerre

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/26/textes-sur-lukraine-3/

Déclaration commune de syndicats ukrainiens

Mykhailo Volynets : La Russie a attaqué et commencé l’invasion de l’Ukraine

Vicken Cheterian :Le long hiver qui s’annonce : la Russie envahit l’Ukraine

Plate-forme TSS : Non à la Guerre. Pour une Politique Transnationale de la Paix

Communiqué LDH : Solidarité avec le peuple ukrainien

Pjort Sauer et Andrew Roth :L’opposition s’exprime en Russie contre l’invasion de l’Ukraine. La répression poutinienne la combat

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/25/invasion-de-lukraine-quelques-textes/

Les dirigeants des grandes puissances jouent avec le feu

Renaud Duterme : Les leçons géopolitiques de la crise ukrainienne

Appel : Non à la guerre – Russie, bas les pattes devant l’Ukraine !

Russie-Ukraine : « Une situation pire que durant la guerre froide ». Entretien avec Ilya Boudraitskis

Ilya Matveev, Ilya Budraitskis : Les Russes ordinaires ne veulent pas de cette guerre

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/04/les-dirigeants-des-grandes-puissances-jouent-avec-le-feu/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :