Dans les contes de fées, les princesses n’ont pas de calculette

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« Voilà, en fait, la grande arnaque : si les femmes ne comptent pas, c’est parce qu’elles comptent moins : leur valeur est inférieure à celle d’un homme, en somme ». Dans son éditorial, « Des comptes contre un conte », Sabine Panet parle de comptes, des contes de fées, du travail gratuit, de l’exploitation domestique, de carrières sabotées, de temps partiels, de pensions de misère, de la langue des chiffres, de pain et de roses…

Dossier : C’est combien, les crises ? Les femmes font les comptes

« Même lorsqu’elles sont en couple, leurs dépenses servent au budget du ménage en entier, contrairement aux dépenses des hommes », le coût des choix politiques et économiques, la contribution du « care » à l’économie mondiale, la taxation de la richesse afin « d’investir dans la protection sociale, dans la lutte contre les violences de genre et dans le soutien à la transition énergétique ».

Les bouts de chandelles et les petites ficelles, les factures à payer et l’inflation, l’érosion du pouvoir d’achat, « Les matières économiques ont un impact direct sur le portefeuille des femmes, et sont au cœur des préoccupations de certaines féministes ». Christine Mahy et Aline Fares « dressent le portrait du rapport des femmes à l’argent ; elles constatent les conséquences directes de la finance internationale sur nos porte-monnaie et elles tentent de dégager des pistes de sortie. Pour ne plus manquer d’air ». Lorsqu’il n’y a pas assez d’argent dans les ménages « ce sont les femmes qui se débrouillent pour combler ce manque ». Les autrices abordent, entre autres, le tabou de l’argent, la culpabilisation de celles qui « ne s’en sortent pas », les patrimoines et ceux qui sont au pouvoir, les couches d’inégalité, les difficultés au quotidien, « Tant qu’on ne confronte pas le capital, qu’on ne l’arrête pas, il va continuer à avancer, parce que c’est un jeu qui fonctionne. Et tant qu’il gagne, il joue », les privatisations et les privations, « C’est priver le public d’une gestion collective avec une accessibilité généralisée, priver les ménages d’un accès gratuit ou très peu cher – parce que subventionné – à des produits de base comme l’énergie, les logements sociaux. Il y a donc une logique de « privation » derrière la privatisation », la justice sociale et la justice climatique, les communs…

« En Belgique, 70% des personnes en situation de pauvreté individuelle sont des femmes et cette situation ne s’est pas arrangée avec la crise sanitaire : les femmes ont deux fois plus de risque de tomber dans la pauvreté que les hommes ». Camille Wernaers discute de famille monoparentale (il serait plus juste d’écrire femmes avec enfant[s]), de pauvreté individuelle, de dépendance et de violences économiques, des mal logées, des femmes sans-abri, des stratégies d’évitement, d’autonomie financière…

Un article est consacré à l’argent de poche des adolescentes, des différences de ressources et des conséquences entre ados, le choix des dépenses, l’argent et l’indépendance, « Outre le sentiment d’autonomie, l’argent leur confère la liberté de disposer davantage de l’espace public », l’apprentissage de la gestion de ses ressources…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Le sans-abrisme féminin caché, la sous-estimation du nombre de femmes sans abri, les stratégies d’évitement, les liens entre « précarité, perte de logement, prostitution », les femmes migrantes, les lieux d’accueil pas adaptés, « Quand on a été victime de violence, on ne se retrouve pas dans des centres saturés mixtes et dans lesquels il peut aussi se produire des violences », l’importance de la non-mixité…

  • Afghanistan, des activistes enlevées.

  • La pandémie « une belle opportunité pour les plus riches », l’accélération de l’accaparement des richesses, la « propriété intellectuelle » sur les vaccins, les profits toujours moins taxés, les inégalités structurelles renforcées, la difficulté à se protéger contre le virus, les enjeux de vie et de mort, les millions d’heures consacrées chaque jour par les femmes aux tâches de soin aux autres, les impositions nécessaires pour des investissements pour satisfaire les besoins…

  • Des penseuses du porte-monnaie

  • Les lanceuses d’alerte menacées, la protection des données, les conditions légales pour récolter les données (la finalité, la proportionnalité et la légalité), la surveillance…

  • Plan d’action national contre les violences de genre, les limites institutionnelles, la nécessité de « reconnaître le féminicide, publier des statistiques, protéger les enfants exposé·es aux violences », la volonté politique et les ressources, la convention d’Istanbul et son non-respect…

  • Un entretien avec Rokhaya Diallo, la manière de présenter les corps, la valorisation/dévalorisation des femmes en fonction de leur apparence physique, les critères de valorisation du corps, les questions raciales, l’histoire non-interrogée du passé de l’Etat français, les légendes et les préjugés, les images factices de soi et des autres, les restrictions au droit d’association et de liberté confessionnelle, la « gauche » et les femmes…

  • Dalila Benameur, citoyenne reporter

  • Bottons les inégalités hors de nos lits !, la construction culturelle du plaisir, les facteurs socio-culturel de l’« écart orgasmique », le plaisir réduit au plaisir masculin et la culture du pénis, le clitoris, la masturbation, l’idée de préliminaire, « la charge mentale et le poids de l’image corporelle et des critères de beauté imposées par les médias » (en complément possible, Francine Sporenda : Le mythe de la libido féminine faible, le-mythe-de-la-libido-feminine-faible/ ; Axelle Hors-Série : Une sexualité à soi, injonction-a-la-jouissance-et-violences-de-la-sexualite-dans-les-rapports-de-domination/)…

  • Les blagues féministes, le pouvoir de l’humour, les transgressions, retourner le langage…

  • Le durcissement du droit à l’IVG en Pologne et ses conséquences pour les femmes

  • Les idées du « féminisme de la subsistance »

  • Le sanglier. Une nouvelle de Adeline Dieudonné, « Sur le coup j’ai pas compris que c’était un viol. Ça m’a pris plus de dix ans en réalité ». Le poids des mots, le poids d’un corps…

  • et toujours de riches rubriques : actualités révoltantes, culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 245, mars-avril, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier EpsztajnCADRAGE_PROMO_245_ok-600x400

 

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Cher·es tou·tes !

Nous avons besoin de votre aide avant le 9 avril !

Deux podcasts produits par axelle magazine sont en lice pour le Prix du public 2022 du Brussels Podcast Festival ! 

Aidez-nous en votant ICI pour votre préféré ! ET FAITES CIRCULER ! 

Il s’agit de :

PASSEUSES. Épisode 1 : La nuit, elles croient à la lumière. Réalisé par Camille Wernaers. 

Résumé : La crise sanitaire du Covid-19 a durement affecté les personnes les plus vulnérabilisées de notre société. Parmi elles, les femmes, touchées de plein fouet, majorité des premières lignes, menant à bien des tâches invisibles, mais vitales. Dans cette situation de crise, des solidarités ont émergé. Des femmes et des féministes sont entrées en résistance.

Puisque l’histoire des femmes, peu connue et peu enseignée, éclaire notre présent, nous avons eu envie de comprendre. Comment les féministes traversent-elles les grandes crises ? Comment peuvent-elles être solidaires quand elles sont hors-la-loi ? Quelles sont leurs multiples résistances, comment se mettent-elles en place, quel monde laissent ces femmes qui se battent ?

Dans cet épisode, nous avons d’abord interrogé la linguiste Laurence Rosier et l’historienne Catherine Jacques. Nous laissons ensuite une grande place aux témoignages de la militante Dararat Chemnasiri sur la crise migratoire et la costumière Annabelle Locks sur le mouvement Bas Les Masques.

À écouter ici 

À L’INTERSECTION. Violences conjugales, quelles protections pour les femmes migrantes ? Réalisé par Sarah Lohisse, Mathilde Mazy et Adeline Thollot.

Résumé : Comme Leila et Halima, des femmes migrantes, avec ou sans papiers, vivent des situations de violences conjugales. Pour elles, c’est la double peine. En tant que femmes victimes de violences, mais aussi en tant qu’étrangères aux droits fragiles, voire inexistants. Car lorsqu’elles quittent leur conjoint violent, elles se retrouvent parfois seules, avec des enfants, sans travail, sans logement, dans un pays qu’elles connaissent peu, voire pas du tout. Et les institutions belges ne parviennent pas à les protéger à la hauteur des engagements de la Convention d’Istanbul, que notre pays a pourtant ratifiée en 2016.

Sans grand soutien politique, Leila et Halima résistent. À leurs côtés, des bénévoles et travailleuses de différentes associations et quelques cabinets d’avocat·es se mobilisent pour les accompagner dans les processus psycho-sociaux, médicaux et administratifs. 

Merci à Leila et Halima ; à Emma Gooding de l’asbl Oasis Belgium ; à Louise Metrich, responsable régionale de Vie Féminine Bruxelles ; à Coralie Hublau, coordinatrice du service étude et politique de l’asbl CIRÉ  ; à Estelle Didi, avocate et membre fondatrice de l’asbl Fem&Law.

À écouter ici ! 

Comment nous aider ? EN VOTANT pour votre préféré, PARDI

https://brusselspodcastfestival.be/prix-et-vote/

MERCI 

axelle mag’

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

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