Du coté du jazz (avril 2022)

Sur les bords du monde.

Le TransEuropeExpress Ensemble, orchestre franco allemand, enregistré sur un label hongrois, a voulu dépasser ses frontières ou plutôt les éclater. « On the Edges 1 » se trouve sous le sceau du Maghreb, « Maghreb express » traduit le leader de l’orchestre le pianiste, compositeur et arrangeur Hans Lüdemann. Pour réaliser ce projet, il a invité Majid Bekkas enraciné dans la tradition Gnawa et musicien accompli tout comme Yves Robert au trombone, Silke Eberhard, saxophone alto, clarinette, basse clarinette, Alexandra Grimal, saxophone ténor, soprano, Régis Huby, violon, Ronny Graupe, guitare, Sébastien Boisseau, contrebasse et Dejan Terzic, batterie, percussions.

Une musique qui déborde, brassant les mémoires, les cultures pour construire une chaîne de vies, d’échanges pour lutter contre tous les rejets, tous les racismes. La volonté de transgression est manifeste pour faire sauter tous les verrous et se transporter vers un projet universel de dépassement des préjugés, pour faire dialoguer toutes les identités et les dépasser. « On the Edges » Sur les bords mais aussi à l’avant garde pour faire émerger une culture universelle.

Hans Lüdemann : On the Edges 1, TransEuropeExpress Ensemble featuring Majid Bekkas, BMC Records


Bousculer la tradition pour la faire vivre

Florian Favre, pianiste et Suisse de Fribourg, veut, dans cet album au titre plein de passé qui pourrait le faire passer pour un nostalgique, « Idantitâ », rendre actuelle la tradition musicale de son pays tout en proposant, aussi au piano préparé comme à la voix, des portraits. Dans le nom du label – Traumton – figure le rêve d’un avenir fraternel qui retrouverait ses racines pour dialoguer avec l’autre échanger et créer.

Des compositions de Bovet, « très populaires dit-il même si elles ne passent pas à la télévision » et les siennes pour dessiner des paysages imaginaires ni dans le passé ni dans le futur. Evocations d’airs « traditionnels » fécondés par Florian Favre, pour leur donner la jeunesse dont ils ont besoin pour faire partie de notre temps. Le jazz jette un peu de sa virulence pour marquer – le pianiste est un ancien footballeur – les buts de notre présent commun.

Florian Favre : Idantitâ, Traumton Records


Faire vivre Chet Baker

Chet Baker a quitté notre terre en tombant de la fenêtre du deuxième étage de son hôtel le 13 mai 1988. Beaucoup de légendes ont couru sur les circonstances de sa mort. On a parlé d’assassinat. Un polar bien dans le parcours du trompettiste.

Didier Burgaud, clarinette, saxophone et vocal, et Simon Teboul, contrebasse, ont voulu, en compagnie de Brice Moscardini, trompette, Vinh Lê, piano, Yves Nahon, batterie, le réveiller et lui redonner sa place dans notre Panthéon. Ils y arrivent grâce à des arrangements subtils qui mêlent, tordent les différentes périodes de Chet, du « pianoless quartet » avec Gerry Mulligan jusqu’à ses rencontres avec Paul Bley sans oublier sa participation au groupe de Charlie Parker.

« Chet in Mind » – titre de cet album – oblige aux souvenirs, des fleurs sur une route de plus en plus encombrée der barbarie. Chet with love pour l’éternité.

Didier Burgaud, Simon Teboul : Chet in Mind, Camille Productions/Socadisc

Nicolas Béniès

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :