Westphalie est morte en Ukraine

Westphalie est morte en Ukraine [1]

« Ne devrions-nous pas cesser de prétendre que nous nous battons pour la démocratie et dire clairement : nous voulons des libertés individuelles, une société prospère, la sécurité et la dignité nationale ? ». « La restriction des libertés politiques est inévitable… ». « Que faisons-nous avec les dernières valeurs qui ont émergé, qui rejettent l’histoire, la patrie, le genre et les croyances, avec les mouvements agressifs LGBT et ultra-féministes ? […] Devons-nous considérer qu’il s’agit d’un nouveau stade de l’évolution sociale ? Je ne le pense pas. Devons-nous essayer de l’éviter, de limiter sa propagation et d’attendre que la société surmonte cette épidémie morale ? Ou devons-nous la combattre activement, en amenant la majorité de l’humanité à adhérer aux valeurs dites « conservatrices » ou, pour dire les choses simplement, aux valeurs humaines normales ? »

Chère lectrice, cher lecteur, je te demande une faveur : avant de poursuivre ta lecture, réfléchis au profil idéologique de l’auteur des lignes précédentes et imagine qui, en Argentine aujourd’hui, aurait pu les écrire. Ensuite, va au bas de la page et trouve la bonne réponse [2].

« Nous pouvons réaliser beaucoup de choses et nous pouvons tout réaliser » [3].

Que représente l’Ukraine pour le président Poutine » « …ce n’est pas seulement un pays voisin. Elle fait partie intégrante de notre propre histoire, de notre culture, de notre espace spirituel. […] L’Ukraine moderne a été créée dans son intégralité par […] la Russie bolchévique et communiste ». Dans les lignes qui suivent, il déclare que Staline a au moins proposé que les « nations » de l’empire se voient accorder un statut autonome au sein de l’État, mais malheureusement, Lénine a triomphé et, dans un geste antirusse, a appliqué le principe de l’autodétermination des nations [4]. « La Russie ne peut être une grande puissance lorsqu’elle est accablée par une Ukraine de plus en plus hors de contrôle, une entité politique créée par Lénine puis étendue vers l’ouest sous Staline. [5]»

L’Ukraine doit être fusionnée avec la Russie.

I. Les raisons de l’invasion selon le président Poutine.

1) Génocide de la population russe vivant en Ukraine. Heureusement pour elle, Poutine n’a pu fournir aucune preuve.

2) Histoire. Avant son indépendance, dit Poutine, l’Ukraine était inséparable de la Russie, il est temps de mettre cette histoire à jour. En 2016, le président a célébré la mémoire du prince Vladimir de Kiev pour sa conversion au christianisme et pour avoir baptisé la Russie en 988 en Crimée. Il a ajouté : « Il est de notre devoir de nous appuyer sur les préceptes spirituels et les traditions d’unité pour aller de l’avant, en assurant la continuité de notre histoire millénaire […] Sa réalisation la plus importante a été de baptiser la Russie [nom collectif des principautés qui s’étendaient de la mer Blanche à la Méditerranée]. Ce choix est devenu une source spirituelle commune pour les peuples de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine, il a posé les bases morales et éthiques qui déterminent nos vies jusqu’à ce jour » [6]. En ce qui concerne la continuité des valeurs, je ne sais pas ce que pense vraiment le président, mais voici un exemple des valeurs de Vladimir de Kiev : après avoir vaincu le prince Rogvolod, il a violé sa fille Rogneda devant ses parents, puis les a tués et a pris de force Rogneda pour épouse. En décembre 2014, alors que la Crimée était déjà annexée, le président a affirmé que la conversion de Vladimir était « la source spirituelle » de la « formation de l’État russe centralisé » [7]. Signalons néanmoins que quelques années se sont écoulées entre cette « source » (Xe siècle) et « la formation de l’État » (XVe-XVIe siècle) et qu’il est étrange de voir dans la conversion d’un prince médiéval la source d’un ordre juridico-politique fondé sur la souveraineté du peuple et la représentation démocratique. Puis : « Nous avons pris conscience de la continuité et de l’indivisibilité du parcours millénaire de notre patrie ». Cette « continuité millénaire » constamment invoquée par Poutine laisse perplexe, surtout lorsqu’il l’utilise pour justifier sa notion d’inséparabilité entre la Russie et l’Ukraine – une inséparabilité dans laquelle l’une dirige et l’autre obéit (voir ci-dessus : « L’Ukraine est de plus en plus hors de contrôle »). Au-delà de l’Ukraine, si par continuité, le président fait référence à la dimension géographique, c’est un vœu pieux : depuis que Moscou a consolidé sa position au XVe siècle jusqu’à aujourd’hui, elle a une longue histoire d’expansion et de perte de territoires (Novgorod, Pskov, Sibérie, pays baltes, Pologne, Caucase, Finlande, Asie…). Mais comme le suggère son attaque contre Lénine et le principe de l’autodétermination des peuples, la « continuité » fait référence à l’expansion, tandis que les pertes sont notées dans les erreurs ou les trahisons des dirigeants.

Acceptons le critère de Poutine : la continuité justifie l’annexion. Prenons le cadre historique qu’il propose : depuis le début de l’ère chrétienne. Examinons les faits.

Crimée. jusqu’au IVe siècle sous la domination de l’Empire romain, puis de l’Empire byzantin jusqu’en 1204, puis de diverses puissances non russes (marchands vénitiens, génois et tribus locales). Dans le même temps, une partie de la Crimée était sous le contrôle de Kiev depuis le Xe siècle. En 1239, elle a été soumise par les Mongols, puis par l’Empire ottoman. Ce n’est qu’en 1783 qu’elle a été conquise par la Russie. En 1954, elle est passée sous la juridiction ukrainienne. Nous comptons ? La Crimée a appartenu pendant 1500 ans à différentes puissances non-russes. Pendant un peu plus de 200 ans, elle a été dominée par intermittence par Kiev. Elle a appartenu à la Russie 171 ans.

Ukraine. Du Xe siècle jusqu’à la veille du joug mongol (XIIIe siècle), la principauté de Kiev a été le principal centre de la Rus, bien qu’elle se soit progressivement affaiblie à mesure que la principauté de Vladimir-Suzdel prenait de l’importance. En 1321, Kiev devient un vassal des princes lituaniens. En 1471, elle a été dissoute. Entre cette date et 1654, la quasi-totalité de l’Ukraine actuelle a successivement fait partie du royaume de Pologne, du grand-duché de Lituanie et enfin de la Rech Pospolita, l’Union polono-lituanienne. De 1654 à 1991, elle a appartenu d’abord à la Russie, puis à l’URSS. Nous comptons à partir de la date indiquée par le président comme étant la source de l’État russe, c’est-à-dire le Xe siècle, bien que je répète que la Russie n’existait pas à cette époque : 400 ans en tant que territoires indépendants. 333 ans sous la domination lituanienne et polonaise. Environ 260 ans sous la couronne impériale et 70 ans en URSS : au total environ 330 ans, mais ni l’Empire ni l’Union soviétique n’étaient la « Russie », le premier était constitué de « toutes les Russies » (c’est pourquoi on l’appelait Rossiiskaia et non Russkaia), c’est-à-dire la Russie, le Belarus et l’Ukraine, et le second était une « Union de républiques », constitutionnellement dotée des mêmes droits. Même si nous comptons ces 330 comme indissociables de la Russie, cela ne représente que 30% du temps total.

Alors que le président Poutine met en avant l’histoire et sa continuité pour établir le caractère indissociable de la Russie et de l’Ukraine, cette histoire se retourne contre ses intérêts. La Pologne et la Lituanie pourraient adopter la logique de Poutine et revendiquer l’Ukraine pour elles, tandis que l’Ukraine, dont la capitale est Kiev, pourrait à son tour revendiquer la Russie. Transposons la logique de Poutine sur nos terres : Buenos Aires était le centre politique de la vice-royauté du Río de la Plata, l’Argentine aurait donc le droit d’annexer l’Uruguay, le Paraguay, la Bolivie et une partie du Chili. Ou, en regardant la carte de l’empire de Charlemagne, la France devrait faire de même avec l’Allemagne (et réciproquement ?). L’argument historique de la continuité est une construction imaginaire invalidée par les données et profondément contradictoire en elle-même.

3) L’OTAN. C’est un leitmotiv constant : la Russie se sent menacée si l’Ukraine rejoint l’Otan. Les Occidentaux répètent que l’adhésion n’est pas à l’ordre du jour. Connaissant l’histoire des États-Unis et de l’OTAN, je suis d’accord pour dire qu’il n’y a aucune raison de les croire. Ils ont fait tout ce qui était possible pour se rapprocher de la Russie. En même temps, tous ceux qui soutiennent que les peuples doivent déterminer leur propre histoire ne peuvent laisser passer le piège : l’intégration à l’OTAN et surtout aux institutions supranationales européennes n’est pas une simple décision des dirigeants – légitimes – de ces pays, mais le cri de peuples ayant la mémoire d’avoir été colonisés et opprimés. La vision des dirigeants russes actuels qui ont reçu avec des baisers (littéralement) Marine Le Pen, invitée par Poutine pour une rencontre tête à tête quelques jours après la dernière élection présidentielle en France, est différente. S’adressant aux Ukrainiens, Poutine s’est exclamé : « Renoncez-vous à votre passé ? au soi-disant héritage colonial de l’empire russe ? [8] ». Laissons de côté le mépris envers les peuples, une qualité bien partagée par les dirigeants de la planète. Acceptons l’argument « l’OTAN nous agresse. Elle va s’installer en Ukraine, un pays frontalier. Par conséquent, nous devons l’envahir de manière préventive ». Mais l’annexion de l’Ukraine résout-elle quelque chose ? À sa frontière occidentale, elle a pour voisins plusieurs États membres de l’OTAN comme la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et l’Estonie, avec des bases aériennes et des boucliers antimissiles dans plusieurs d’entre eux, comme la Pologne et la Lettonie, qui sont également limitrophes de la Russie. Ces dernières devraient alors être considérées comme bien plus dangereuse que l’Ukraine. Alors pourquoi ne pas les envahir ? En cas d’attaque de l’OTAN, combien de temps faudrait-il aux missiles occidentaux pour atteindre Moscou s’ils étaient lancés depuis la Pologne au lieu de l’Ukraine ? Le même temps. De plus, comme le soulignent les experts militaires, les missiles les plus dangereux sont ceux lancés depuis des sous-marins. Je répète : des boucliers antimissiles sont déjà fixés à la frontière occidentale. Mais alors : quelle est la raison de l’invasion ?

« Il ne s’agit pas vraiment de l’Ukraine. L’Otan n’est pas une menace immédiate » ∫[9].

II. Les résultats attendus de l’invasion.

Mon but ici est de transmettre les déclarations officielles de Poutine et de son équipe. Je citerai les phrases qui me semblent essentielles de leurs textes. Ce qui n’est pas entre guillemets, c’est parce que je résume de longues phrases.

La politique étrangère [10].

1. « La Russie est entrée dans une nouvelle ère de sa politique étrangère, appelons-la “destruction constructive” du modèle précédent de relations avec l’Occident ». « L’ancien système est un obstacle, il faut donc le démanteler ». Nous n’attaquerons personne « à une exception près » : l’Ukraine. « La prochaine étape consiste à “unir les terres” ».

2. « L’Occident est sur la voie d’un déclin lent mais inévitable » (l’Occident : les peuples, les nations, nous), il est « désespéré ». Il perdra cette « nouvelle guerre froide ». Il deviendra « plus raisonnable ».

3. « Notre diplomatie avec l’Occident deviendra secondaire par rapport à la diplomatie eurasienne ». L’alliance est avec la Chine.

4. « Au cours de la prochaine décennie, la Russie sera relativement invulnérable » et capable de triompher en cas de « conflits dans les régions relevant de sa sphère d’intérêts ».

5. « Les erreurs que nous avons commises » : nous avons signé de nombreux accords qui ne correspondent plus à notre force.

6. L’Europe est une menace militaire pour le sous-continent et le monde entier. « L’histoire exige que nous agissions ». Nous devrions utiliser divers instruments de politique étrangère, y compris militaires, pour établir certaines lignes rouges.

7 « Alors que le système occidental poursuit sa dégradation morale, politique et économique, les puissances non-occidentales (avec la Russie comme acteur majeur) verront inévitablement leurs positions renforcées ». (Souligné par moi. C.S.I.)

8. « Augmenter la pression politico-militaire, psychologique et même militaro-technique, non pas tant sur l’Ukraine, mais sur l’Occident collectif ». Je sais pertinemment que les États-Unis ne déploieront jamais d’armes nucléaires pour « protéger » leurs alliés en cas de conflit avec un État nucléaire.

La politique intérieure.

9. « Restriction des libertés politiques ».

10. « Liberté individuelle absolue » (la contradiction avec le point 9 n’est qu’apparente : cette liberté individuelle ne concerne pas la politique, mais l’économie).

11. La défense de la dignité nationale et le renforcement des frontières face à une future immigration massive en provenance de territoires qui deviendront difficilement habitables, comme l’Inde, le Pakistan, etc.

12. « Élaborer une “Idée nationale” qui unit et éclaire la voie de l’avenir. Abandonner et réformer les bases idéologiques obsolètes et souvent néfastes de nos sciences sociales et de la vie publique afin de mettre en œuvre cette nouvelle politique ». « Les sciences sociales qui étudient les formes de la vie publique et privée doivent tenir compte du contexte national », « des principes scientifiques et idéologiques nationaux clairs : encore une fois, il ne peut en être autrement ».

13. « En Russie, le sens de la rectitude morale est revenu ». Voir le début de l’article.

14. Démocratie. Voir le début de l’article.

15. « La Russie a toujours été construite autour d’une verticalité rigide et exécutive. Ces terres ont été assemblées pendant des siècles et il n’y a aucune autre façon de les gouverner. [11] »

Un nouvel unilatéralisme

À ce stade, on peut se demander à quel type de société future pensent les dirigeants russes, qui se réfèrent aussi constamment aux préceptes du passé. La réponse est fournie par le président de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie, la plus haute juridiction dans le domaine du droit, dans un article de 2014, où il plaçait ses réflexions dans le contexte des « événements liés à l’Ukraine ». Les problèmes de l’État russe sont en grande partie dus au « processus fatidique » qui, en mars 1861, a « ouvert la porte à l’émancipation du servage ». « Malgré tous les coûts du servage, c’était le principal lien qui soutenait l’unité interne de la nation ». « Le lien interne entre les élites et les masses fut alors rompu ». « Et cela est devenu l’une des raisons essentielles de la croissance des processus révolutionnaires et a menacé l’existence d’un État stable [12] ».

En d’autres termes, ils ont desserré la laisse des masses paysannes et celles-ci, ingrates, se sont jetées contre le tsarisme généreux. On voit ainsi plus clair dans les propos sur la verticalité rigide, le rejet de la démocratie libérale, la restriction des libertés politiques, la condamnation du féminisme… On voit maintenant plus clair le type des valeurs qui les animent.

Le processus parallèle prédit par les dirigeants russes actuels – l’inévitable déclin moral, économique et institutionnel de l’Occident et le transfert de l’hégémonie vers « l’espace euro-asiatique avec la Russie comme acteur principal», et « aidant » la Chine – devrait, selon cette clique messianique, conduire à un unilatéralisme dans lequel tous les peuples du monde devront être « raisonnables ».

Parce que j’ai passé ma vie à étudier l’histoire et la culture du peuple russe que je respecte, admire et aime, je tiens à être explicite : ce combat international n’oppose pas les bons aux méchants. Il s’agit de définir qui seront les Maîtres du monde au XXIe siècle et dans quel type de servitude nous, les peuples, vivrons. Mais n’en déplaise aux nostalgiques du tsarisme et du servage, ainsi qu’aux porteurs du néolibéralisme de tous bords, les peuples, et le peuple russe aussi, peuvent soudain se révéler ingrats envers leurs maîtres.

Et si vous ne le croyez pas, demandez à Nicolas II.

Claudio Sergio Ingerflom

Director del Centro de Estudios sobre los Mundos Eslavos

Universidad Nacional de San Martín

Buenos Aires. Argentina.

Paru dans la revue Anfibia

https://www.revistaanfibia.com/westfalia-murio-en…/

[1] La paix de Westphalie de 1648 a établi un nouvel ordre européen fondé sur le respect de la souveraineté nationale.

[2] Sergei Karaganov, « Russia’s new foreign policy, the Putin Doctrin »,

https://www.rt.com/russia/550271-putin-doctrine-foreign-policy – Mis en ligne le 23 à 13h50 avant l’invasion. Consulté le jour même. M. Karaganov est le fondateur et le président honoraire du Conseil de défense et de politique étrangère, créé par décret présidentiel en 2010. Poutine assiste fréquemment à ses réunions

[3] Discours annuel (4 décembre 2014) du président Vladimir Poutine devant l’Assemblée fédérale au Kremlin en présence de plus de 1 000 invités. En russe

http://www.consultant.ru/document/cons_doc_LAW_171774/

[4] Discours du président de la Fédération de Russie, 21 février 2022. En russe. Consulté le même jour. http://kremlin.ru/events/president/news/67828

[5] Karaganov, « Russia’s new foreign policy, the Putin Doctrine », art. Cit.

[6] « Notre devoir est d’aller de l’avant, en nous appuyant sur les préceptes spirituels et les traditions d’unité, en assurant la continuité de l’histoire. » 4 novembre 2016. En russe.

https://er.ru/activity/news/putin-nash-dolg-opirayas-na-duhovnye-zavety-i-tradicii-edinstva-idti-vpered-obespechivaya-preemstvennost-istorii_148174

Consulté le 20 janvier 2022.

[7] Discours annuel (4 décembre 2014). Doc. Cit.

[8] Discours du président de la Fédération de Russie, 21 février 2022. Doc. Cit.

[9] S.Karaganov, « It’s not really about Ukraine », 8 février 2022.

https://www.rt.com/russia/548630-decades-long-standoff-nato/ consulté le 10 février 2022

[10] Les points 1 à 15 proviennent de S.Karaganov, « Russia’s new foreign policy, the Putin Doctrine », doc. Cit.

[11] Dmitri Medvedev, ancien président (2008-2012), actuel vice-président du Conseil de sécurité russe.

https://www.gazeta.ru/politics/elections2008/2008/02/18_a_2640649.shtml En russe.

[12] Valeri Zorkin, « Un procès rapide correct et égal pour tous », Rossiiskaia Gazeta, 26 septembre 2014. En russe. https://rg.ru/2014/09/26/zorkin.html

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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