Le peuple du Soudan s’organise en défense de son droit à l’existence (+ le rap et la révolution)

Les expériences des Comités de Résistance et du mouvement révolutionnaire

La couverture médiatique de la révolution soudanaise dans les chaînes d’information régionales et les grands titres regorge ces jours-ci de formulations telles que « absence de perspectives », « solutions vaines » et « crise politique », qui reflètent la vision des événements du point de vue des régimes et des élites au pouvoir. La classe dirigeante soudanaise est représentée par la direction de l’armée d’une part et les partis bourgeois – au mieux réformateurs – et complices de la répression ainsi que leurs alliés internes et externes. Tous sont dans l’incertitude et confrontés à une situation inédite qui ne leur permet pas d’utiliser leurs méthodes et et manœuvres habituels.

Plus de quatre mois après le 25 octobre 2021, la direction du coup d’État n’a pas été en mesure de former un gouvernement ou d’arrêter les manifestations permanentes dans les rues soudanaises. L’accord qu’elle a signé avec le Premier ministre, qui a été renversé pour rallier par la suite le coup d’État, s’est révélé un échec. Il n’a eu aucun impact sur le mouvement de rue, si ce n’est par l’apparition du slogan « Démission ou pas, le calendrier s’applique », faisant référence au calendrier des manifestations décidé par les coordinations de Comités de Résistance des quartiers.

Si les régimes totalitaires vivent cette situation comme une crise, il en va différemment pour les personnes en quête de libération. Vu à travers les yeux du peuple, le Soudan fait une percée sans précédent dans l’horizon révolutionnaire. Et il connaît un haut niveau d’organisation qui appelle à la poursuite des manifestations, voire le développement des formes de résistance et d’organisation, de leurs orientations et de leurs objectifs. Tout cela est le produit naturel des événements qui ont aiguillonné le mouvement depuis 2018 pour déboucher sur un festival révolutionnaire dont le protagoniste est un peuple qui s’organise pour défendre son droit à l’existence.

Les Comités de Résistance… origine et constitution

Des manifestations sont organisées dans les villes et villages du Soudan en fonction des plannings décidés par les Comités de Résistance de quartier. Des Comités de Résistance ont été constitués lors de la vague révolutionnaire de décembre 2018 dans le but d’organiser des manifestations décentralisées. Le Comité était une organisation d’habitants d’un même quartier s’engageant à œuvrer à l’époque pour renverser le régime de Béchir.

L’idée en avait germé lors des manifestations de 2013, d’une manière limitée qui n’est en rien comparable à son foisonnement au début de 2019, lorsque l’argument en faveur de manifestations simultanées décentralisées s’est imposé de façon pressante pour faire face à la répression du régime. Les Comités ont été constitués dans un grand nombre de quartiers à travers les États du pays, par des jeunes de moins de 20 ans essentiellement, organisant des manifestations dans les quartiers, répartissant les tâches de surveillance des forces gouvernementales, équipant les dispensaires de campagne, organisant et protégeant les manifestations, des sit-in de quartier, des réunions politiques et d’autres méthodes de résistance.

Les pages Facebook officielles des comités se sont multipliées. Les gens les suivaient pour connaître les parcours, s’informer sur les manifestations, les blessés et autres nouvelles de la résistance, à partir de décembre et des mois suivants de manifestations. Les Comités ont gagné en popularité et en légitimité grâce à leur contact direct avec les quartiers et à leur soutien à la révolution. Ces Comités de quartiers ont organisé la résistance dans leurs zones géographiques jusqu’en avril 2019 avec la tenue des « sit-in du Commandement » autour du quartier général des forces armées dans 14 villes soudanaises, dont le plus important est resté le celui du Commandement général à Khartoum, où les Comités se sont donnés aussi pour tache d’y faire converger les cortèges, d’organiser et de protéger le sit-in.

Le second changement dans les taches des Comités est survenu après le massacre du 3 juin 2019, lorsque les forces gouvernementales ont simultanément attaqué des sit-in, tué, violé et même noyé des centaines de personnes en une seule journée. Le massacre a été suivi de plus d’un mois de violences perpétrées par les forces gouvernementales dans les rues et de la coupure totale de l’internet à travers le pays. Le gouvernement du Conseil militaire visait par cette violence à détruire et à mettre à genoux la résistance, mais elle a incité les Comités à approfondir leur activité sur le terrain et à s’organiser en réseau pour poursuivre la résistance, organiser la désobéissance civile, protéger la population et subvenir aux besoins de cette dernière. Les Comités de Résistance ont annoncé la Marche du Million de juin contre le régime militaire, soit moins d’un mois après le massacre perpétré lors de la dispersion des sit-in du Commandement général. Ils sont passés outre la coupure d’internet en écrivant sur les murs, en distribuant des tracts, en tenant des discours sur les marchés, et d’autres moyens innovants. Le 30 juin en a été l’apogée, qui a vu des millions de manifestants dans diverses villes du Soudan qui ont scandé « civil », rejetant le régime militaire.

A l’inverse de la résistance qui a tenu bon, les dirigeants politiques ont abdiqué. Ils ont suivi la « Marche du Million » du 30 juin 2019, pour tomber d’accord pour négocier avec le Conseil militaire. Un mauvais document en est issu, prévoyant un partenariat de gouvernance entre les dirigeants politiques de l’opposition de 2018 et le Conseil militaire. Cet état-major politique et ses partisans se sont fendus de justifications et n’ont pas ménagé leur temps et leurs efforts pour convaincre les Soudanais, notamment ceux qui manifestaient, de la possibilité de parvenir à la liberté, à la paix et à la justice – les slogans de la révolution soudanaise – à travers ce partenariat sous prétexte de « c’était de la politique » et qu’il était nécessaire de négocier avec l’armée. Ils l’ont présenté comme une victoire, alors que la révolution soudanaise n’avait pas encore triomphé, mais elle a rebondi.

Évolutions politiques

Dans le sillage de ce changement majeur de la situation politique, les Comités ont fait des expériences qui leur ont permis de réfléchir à la nouvelle situation. Au début de la période de transition, il était courant de représenter les Comités comme le bouclier du gouvernement demi civil. Les états-majors politiques présentaient le maintien du partenariat comme une tache relevant des Comités de Résistance pour se prémunir contre un éventuel coup d’État militaire

Cela a placé les Comités de Résistance dans une position délicate : partagés entre la défense des objectifs de la révolution et l’équilibre de leur relation avec le gouvernement demi civil par crainte que ne soit utilisée toute opposition à ce dernier comme prétexte à un coup d’État militaire. Cette relation délicate a été perturbée à plusieurs reprises, notamment par les manifestations organisées par des Comités de Résistance de Talodi (dans l’État du Kordofan du sud), moins de deux mois après la nomination du gouvernement de transition, contre la poursuite de l’exploitation minière polluante sur son territoire par des sociétés appartenant à des milices officielles et à des appareils de sécurité de l’État. Les Comités ont déployé des banderoles s’adressant directement au Premier ministre civil, affirmant : « Nos vies valent plus que l’or, Hamdok ». Ils ont affronté les balles des forces protégeant ces entreprises. Le gouvernement a réagi à la manifestation par une déclaration le soir-même condamnant l’attaque contre le siège et les biens de l’entreprise.

Des événements similaires se sont répétés qui ont vu des Comités de Résistance faire le choix de défendre les objectifs de la révolution et les revendications des habitants de leurs régions. A chaque fois, le gouvernement s’est aligné contre ces objectifs, dans l’intérêt des investisseurs, de l’armée, de ses milices ou des alliés régionaux et internationaux.

La période de transition a donc été une période d’intenses tiraillements pour déterminer la position politique des Comités, entre le soutien aux objectifs de la révolution, comme nous l’avons mentionné plus haut, et la protection de la moitié civile du gouvernement, qui n’a pas tarder à s’éloigner de ces objectifs. La position politique des Comités n’était évidemment pas toujours la même. Ces structures géographiquement configurées reflétaient dans une large mesure les intérêts, les aspirations et les positions des habitants de leurs régions avec leurs différences de classe et historiques, leurs différentes sources de revenus, leurs priorités, leurs problèmes sociaux, etc. Néanmoins, il était clair que leur grande majorité était unie derrière la revendication de justice pour les martyrs de la révolution. Cette revendication a unifié la plupart des manifestations centrales des Comités et a été suivie de celle de formation d’un parlement – toujours absent jusqu’au coup d’État du 25 octobre. Les Comités considéraient que ce Parlement serait pour le peuple un moyen de voir aboutir leurs revendications.

La revendication de justice pour les martyrs, notamment ceux du massacre du 30 juin, a placé le nœud de la négociation sous la scie de la révolution. Le gouvernement, auquel participe le Conseil militaire, dont les forces ont perpétré le massacre, ne pouvait pas se traduire lui-même en justice, une exigence de la révolution. D’autre part, les revendications d’amélioration de la situation économique se sont multipliées au début de 2020, créant un autre « nœud » en raison de la dépendance du gouvernement aux intérêts des acteurs internationaux et régionaux, y compris la poursuite des politiques économiques d’austérité qui ont déclenché la révolution contre le régime de Béchir.

Le gouvernement de transition a tenté de faire des Comités de Résistance des auxiliaires de l’État en les affublant de la dénomination de « comités de services et de changement », travaillant sous ou en coordination avec les localités dans des tâches de satisfaction des besoins du quartier. Les Comités de Résistance de quartier ont fait le choix de ne pas renoncer à la résistance, mais de prendre en charge les tâches de gestion de la vie dans les quartiers en parallèle. Certains Comités ont formé des bureaux pour le changement et les services, en leur sein ou en parallèle, ont contrôlé la distribution des rations de farine dans les boulangeries et de l’essence aux stations, et ont même organisé l’entretien des écoles et des équipements avec leurs propres forces, tout en continuant d’organiser des manifestations et de poser des revendications révolutionnaires. Les dernières manifestations centrales annoncées par les Comités de Résistance avant le coup d’État ont eu lieu le 21 octobre, soit quatre jours avant le coup d’État militaire, exigeant justice pour les martyrs et le parlement, et de nombreux Comités ont même scandé le slogan « Laissez tomber le partenariat du sang », rejetant le partenariat avec les militaires.

Les Comités au devant de la scène

Les Comités ont totalement occupé le devant de la scène après le coup d’État du 25 octobre. Ils sont à l’origine du slogan des trois « ni » contre le conseil putschiste : « Ni négociation, ni partenariat, ni légitimité ». Ils ont publié des plannings mensuels et hebdomadaires de manifestations et de résistance, faisant avorter les tentatives de légitimation du coup d’État, le laissant jusqu’à présent sans gouvernement ni Premier ministre.

L’organisation des Soudanais.e.s dans les Comités de Résistance a décuplé la riposte au coup d’État. Ils se sont servis des expériences d’auto-organisation accumulées pendant les années de la transition, d’organisation de manifestations et des débats entre les habitants du quartier, de coordination entre les Comités au niveau des régions et des villes. Cette période a vu l’émergence de « Coordinations de Comités de Résistance » ayant des taches autres, car répondant au besoin d’organisation à un niveau plus large que le seul quartier, à la rupture de la relation avec la direction politique qui avait négocié précédemment et partant, au besoin d’une nouvelle direction.

Ici il est important de relever que la période post coup d’État a vu aussi les élites gouvernementales et leurs porte voix à l’intérieur comme à l’extérieur continuer de feindre d’ignorer l’existence de ces organisations populaires et de conter des histoires fantaisistes sur la situation. Les chaînes d’information par exemple ont répété en boucle tout le mois de novembre et décembre que les manifestations incessantes étaient organisées par le Rassemblement des Professionnels Soudanais ou les Forces de la Liberté et du Changement – le participant civil de la période transitoire – soit des entités qui n’avaient aucun poids dans la rue alors tandis que les appels à manifester étaient lancés par les Comités.

L’élan révolutionnaire post coup d’État a eu des répercussions sur la situation politique et sur la constitution des Comités. La force des coordinations régionales s’en est trouvée accrue. Des Comités ont organisé leurs structures internes pour faire face à la nouvelle situation et aux tâches qui en découlent. Des Comités dont la composition s’était relâchée ont été relancés. De nouveaux Comités ont été créés dans les zones où les habitants souhaitaient jouer un rôle actif dans la lutte contre le coup d’État. Les membres des Comités étaient alors majoritairement jeunes et la majorité d’entre eux étaient de sexe masculin. Mais, du fait de la présence remarquable des femmes dans la résistance dans la rue et de la mémoire de la leçon de 2019 – leur présence dans la rue n’a pas eu d’effet sur le gouvernement de transition, ni sur son soutien aux intérêts des femmes -, la campagne #Rejoins le Comité a été lancée. Elle appelait les femmes à rejoindre les Comités pour s’assurer que leurs revendications et leurs intérêts soient entendus. Elles ont affronté et ont refusé les comportements et les structures qui font obstacle à l’adhésion, comme les réunions nocturnes où les jeunes femmes ont du mal à être présentes à cause des obstacles sociaux. Diverses franges de la société se sont attelées pendant cette période à être représentées par les Comités de Résistance.

Dans les mois suivants, les outils organisationnels et les idées de base des Comités de Résistance ont pu être utilisés par d’autres organisations de masse créées par nécessité face à la multiplication des fronts de conflit avec le coup d’État militaire et des coups portés à différentes franges de la population. Les agriculteurs de l’État du Nord ont fait appel aux outils que sont les Comités qu’ils utilisaient déjà depuis longtemps, pour organiser leurs manifestations et s’organiser, dès que le gouvernement putschiste a annoncé une augmentation des prix de l’électricité. L’augmentation était fatale pour les agriculteurs qui dépendaient des pompes électriques pour leur agriculture. Ils lui ont opposé leur refus et leur résistance à travers le Nord, dont ils ont fermé en plus de 25 points la route menant en Égypte et qui traverse leurs villes et villages. Ils ont mis en place des Comités de barrages à chaque point pour les protéger, finaliser leurs revendications et organiser les discussions entre agriculteurs sur leurs prises de positions politiques et leurs revendications économiques. Les Comités de barrages se sont mis en réseau pour unifier leurs revendications, qui allaient au-delà du tarif de l’électricité pour inclure des problèmes profonds tels que les effets de l’exploitation minière sur leurs régions et leurs revendication d’une part de l’or extrait de leurs terres. Ils exigeaient aussi des structures de santé et l’entretien de la route pour réduire les accidents qui tuent en permanence des habitants de l’État. Les barrages du Nord ont continué malgré la décision du gouvernement putschiste de geler l’augmentation et ont appelé à son annulation complète. Des Comités ont affirmé ne reconnaître aucune augmentation ou annulation provenant du gouvernement putschiste, et ont fait du régime civil leur revendication de base.

La composition des Comités des barrages du Nord était nettement différente de celle des Comités de Résistance de quartier, y compris des Comités de l’État du Nord. Les Comités de barrages étaient principalement composés d’hommes de plus de 30 ans, essentiellement des travailleurs agricoles. Cette différence met en exergue que les structures de résistance sont l’émanation des groupes les plus touchés par les politiques auxquelles ils résistent. La révolution soudanaise n’a pas été une révolution de la jeunesse, mais une révolution contre les politiques qui affectent davantage les jeunes et les femmes, d’où la prédominance des femmes et la progression des jeunes parmi les résistants. Dans le Nord, les hommes de plus de 30 ans ont été les plus touchés par l’augmentation du coût des intrants agricoles, et ils ont pris la tête des rangs des Comités de barrages pour stopper le pillage des richesses extraites de leurs terres, et ce par une route passant sur leurs terres, et dont les revenus vont à un gouvernement qui les appauvrit par ses politiques économiques hostiles.

Nous avons également assisté à l’utilisation de la forme organisationnelle du Comité lors du sit-in des étudiantes internes – à la résidence universitaire de Hajjar -, où un crime de viol a été commis et a été suivi de l’omerta de l’administration. Les étudiantes ont annoncé un sit-in, et constitué un comité de sit-in de la résidence Hajjar depuis le 25 janvier 2022, exigeant une enquête juste et transparente, leur droit aux services de base, et la construction d’un nouveau système de logements et de services accessibles à tous les étudiant.e.s au Soudan pour protéger leur droit fondamental de l’accès à l’enseignement. Cette forme d’organisation louable s’est répandue parmi des franges du peuple soudanais qui l’ont mise à leur service de façon innovante, selon les besoins et les revendications.

Manœuvres politiques… et nouveaux pactes

L’évolution organisationnelle s’est accompagnée de développements des prises de position politiques. Les Comités de Résistance ont été écartelées depuis le coup d’État entre leur refus du partenariat ou de la négociation avec le coup d’État et la position des élites internes et externes cherchant de nouvelles négociations avec l’armée. Les manœuvres des élites dirigeantes incluaient un accord entre le Conseil militaire et le Premier ministre du gouvernement renversé. En dépit du soutien international, cet accord n’a pas été en mesure d’arrêter les manifestations contre le régime militaire et pour un gouvernement totalement civil, et a été rendu caduc lors de la démission du Premier ministre moins de deux mois plus tard et en l’absence de gouvernement.

Il y a eu aussi maintes manœuvres de parties contre-révolutionnaires au niveau régional ou international, notamment la mission des Nations Unies au Soudan, qui a encouragé les Comités à entamer un processus de dialogue avec l’armée. La mission des Nations Unies a appelé à des réunions et à des consultations. La plupart de ces appels ont essuyé des rejets, ou des doutes, ou encore des demandes de retransmission en direct de ces réunions, que la mission s’est faite forte de refuser, révélant son rejet de la transparence et son appui aux manœuvres à huis clos loin du public. Cette série de pressions ont conduit à des discussions à tout va dans la sphère publique sur une charte politique et une feuille de route nouvelles qui encadreraient les revendications et les structures de résistance. Des Comités ont commencé à rédiger des chartes politiques.

Au cours des derniers mois, plusieurs propositions de chartes politiques ont été émises par des Comités de Résistance dans plusieurs États. Les Comités de Résistance de Mayerno dans l’État de Sennar au sud-est du pays ont publié une proposition de feuille de route en décembre 2021, qui prône la constitution de conseils locaux de Comités de Résistance et de syndicats pour passer aux conseils d’État puis au conseil national, qui choisit un Premier ministre. Cette proposition a été suivie le même mois par la proposition du Comité du quartier Al Saliha dans la capitale, qui a élaboré une charte politique qu’il a présentée en public afin de la soumettre au débat et aux amendements. En janvier 2022, les Comités de Résistance de Madani, dans l’État de Al Jazira, dans le centre du pays, ont publié une proposition plus détaillée de charte politique, qui contenait une analyse des problèmes économiques et historiques du Soudan résultant des structures économiques coloniales rentières et soulignant la nécessité d’un programme de développement révolutionnaire pour parvenir à la justice économique et mettre en œuvre le pouvoir du peuple et son droit à la richesse réelle. La proposition des Comités de Résistance de Madani a été acceptée et louée pour son analyse, qui reflétait la réalité et les priorités économiques des masses, et a été dénoncée aussi pour son utilisation de termes « rappelant les propos des communistes ».

Des accusations ont été portées contre les Comités de Résistance de Madani dans l’espace public, selon lesquelles leur proposition aurait été rédigée par le Parti Communiste Soudanais. Les Comités de Résistance de Madani ont refusé ce dénigrement de leurs capacités et l’accusation qui leur était portée « d’être les muscles d’une résistance sans tête ». Cette accusation à l’encontre des Comités de Résistance de Madani découle en réalité de l’histoire passée et présente du Parti Communiste Soudanais lui-même, qui n’est en réalité pas assez radical pour présenter une proposition comme celle de Madani. L’histoire récente et ancienne du Parti Communiste Soudanais épouse le modèle des alliances avec la bourgeoisie dirigeante ou « le capitalisme national » au lieu de travailler à établir le pouvoir alternatif des masses. C’est une orientation que le Parti Communiste Soudanais n’a toujours pas dépassée, y compris après ses divergences avec le gouvernement de transition et la coalition au pouvoir dont il est sorti au cours de la première année de transition, et même après le coup d’État. Nous croyons maintenant que la nouvelle position du Parti Communiste sur les élites bourgeoises est de refuser de considérer ces dernières en tant qu’alliance ou blocs mais d’accepter de négocier avec elles séparément. Cela révèle que le Parti Communiste a peut-être appris de la période de transition de nouvelles tactiques de négociation, mais qu’il est encore loin d’avoir revu sa position de principe consistant à reporter à plus tard les revendications des masses et la restructuration de l’État dans l’intérêt de ces dernières, pour conserver la direction du « capitalisme national ». Accuser la proposition des Comités de Madani d’avoir été rédigée par le Parti Communiste revient à lui décerner des éloges immérités.

La proposition du Comité de Madani a été acceptée par des comités de Résistance de plusieurs États. Début février, ils ont annoncé une proposition intitulée « Charte révolutionnaire du pouvoir populaire » incluant la proposition des Comités de Madani, la feuille de route de Mayerno et un projet de code d’honneur des Comités de l’État du Kordofan. La charte amendée a été signée par les coordinations des Comités de Résistance de sept États.

Les Comités de Résistance de Khartoum ont également rendu publique une proposition de déclaration politique fin février 2022, intitulée « Charte de fondation du pouvoir du peuple ». Beaucoup de membres des Comités de Résistance de la capitale considèrent l’expérience de préparation de cette proposition comme importante et centrale pour la formation à la discussion et à la coordination entre les Comités, qui sont plus de 800 dans la capitale. Khartoum abrite plus d’un quart de la population du pays. La nature de la capitale, sa forte densité, sa proximité avec le gouvernement central et l’hétérogénéité des intérêts économiques selon les tranches de sa population, se sont reflétées dans les faiblesses de la déclaration, la rendant moins cohérente dans les solutions proposées, moins radicale face aux problèmes structurels et manquant d’une analyse intégrée de la question soudanaise en comparaison avec la proposition de la Charte révolutionnaire, en particulier son analyse économique et la nomination du gouvernement du haut vers le bas, qui commence par celle du Premier ministre.

Une fois de plus, cela met en évidence la question de la nature géographique des Comités, qui restreint la capacité de ces derniers à adopter des positions révolutionnaires aux limites de leur implantation, de leur population et des circonstances environnantes. Néanmoins, les Comités de Khartoum s’efforcent de remédier à ces faiblesses en ouvrant leurs propositions à la discussion et aux amendements – tout comme aux propositions en amont – et en appelant à des débats publics et à des avis spécialisés pour participer aux critiques et aux formulations. Se vérifie aussi lors de ces discussions l’impact important de la multiplicité des propositions sur l’élargissement de l’horizon révolutionnaire des masses et l’approfondissement de la capacité à voir l’impact des formules de gouvernance sur leur vie et à réfléchir à des formulations alternatives plus proches de la réalisation du principe de « Tout le pouvoir et toute la richesse pour le peuple ».

Les discussions sur les propositions de chartes politiques se poursuivent en parallèle aux discussions sur la façon d’entretenir la flamme de la contestation qui continue au quotidien, comme devant le Palais de la république et les secrétariats des États à un rythme hebdomadaire, avec des affrontements avec les forces de répression, au cours desquels la révolution perd des martyrs, des blessés, voit des personnes se faire arrêter, mais ne cesse pas. Parallèlement à cela, il y a les grèves des travailleurs et des masses soudanaises et leurs sit-in de refus du régime militaire répressif, des bas salaires et les politiques économiques menant à l’appauvrissement. Citons : les mobilisations des travailleurs de l’Inspection générale de l’irrigation égyptienne exigeant une augmentation de leurs salaires, la grève des enseignants dans l’État de Kassala, le refus des employés de l’hôpital Ibrahim Malik de la capitale de mettre en œuvre les augmentations des tarifs de prise en charge annoncées par le gouvernement putschiste, le refus par le Comité de Résistance du quartier d’Al Taif dans la capitale de la suppression du marché de quartier par la localité et sa défense des travailleurs informels, de leur droit au travail et à une vie décente, ainsi que d’autres fronts de résistance organisés qui se multiplient avec la l’augmentation des politiques oppressives et injustes.

L’enseignement fondamental et articulé que la révolution soudanaise s’emploie à développer maintenant répond aux deux questions : quelle est notre charte, c’est-à-dire notre voie politique révolutionnaire ? Et comment continuer la résistance pacifique face au putsch armé ? La réponse à ces deux questions réside dans le renforcement des organisations sur les lieux de résidence et de travail dans toutes les régions et tous les secteurs de l’État soudanais. Il y a des limites à ce qui peut être réalisé en discutant de propositions de chartes qui ne seraient pas issues de l’expérimentation. Nous devons les soumettre au test du terrain, commencer à mettre en œuvre leurs principes, les modifier et les développer en fonction des expériences. L’organisation sur les lieux de résidence et de travail ouvre le champ à différentes formes de résistance à travers l’exercice du pouvoir populaire sur le terrain et la transformation de la résistance d’un moyen de pression sur l’autorité à un moyen d’arracher le pouvoir dans l’intérêt du peuple.

Si la révolution soudanaise empruntait cette voie – et c’est réjouissant de voir qu’elle va dans cette voie – elle serait capable non seulement de vaincre le coup d’État, mais aussi de mettre en échec un système de rente élitiste qui existe depuis la colonisation anglo-égyptienne et s’est maintenu sous plusieurs gouvernements. Elle pourrait établir une nouvelle forme d’organisation de la vie dans l’intérêt des masses, un domaine dans lequel les armes des soldats sont vaines et où seul le pacifisme populaire révolutionnaire triomphe.

Cela nécessite sans aucun doute la mise sur pied d’une organisation révolutionnaire reposant sur la méthode d’une analyse révolutionnaire de la réalité. C’est le second pilier indispensable de la résistance, à côté des organisations sur les lieux de résidence et les lieux de travail, pour faire progresser les prises de position révolutionnaires et bénéficier du développement des organisations de masse, ainsi que pour proposer des solutions qui ne soient pas restreintes du fait de l’organisation géographique ou catégorielle. Cette relation symbiotique, à laquelle fait défaut aujourd’hui un élément, est essentielle à la montée de la révolution soudanaise. Nous croyons, au vu du développement du processus d’auto organisation et des prises de positions politiques, que l’organisation révolutionnaire émergera inévitablement.

Mercredi 9 mars 2022

Mazen Nil

Source : تجارب لجان المقاومة والحراك الثوري السوداني بوابة الاشتراكي (revsoc.me)

Traduit de l’arabe, Luiza Toscane.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article61955

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Soudan : le rap et la révolution – interview avec Black Scorpion

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Au cours de la révolution, le rap s’est imposé comme un des genres majeurs sur la scène musicale soudanaise. Abordant les problèmes politiques et sociaux que traversent les Soudanais et Soudanaises, le rap a rencontré un grand succès auprès du public. Pour mieux comprendre les enjeux liés à l’émergence de ce genre musical au Soudan, nous avons interrogé un jeune artiste, Mustafa Abdel Salam, que l’on appelle également Black Scorpion, pour parler de la situation du rap au Soudan et de son rôle dans la construction démocratique et la promotion des valeurs de liberté et de paix dans le contexte de la résistance au coup d’État d’octobre 2021.

Bonjour Mustafa Abdel Salam, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Mustafa Abdel Salam, je suis né dans un petit village près de la ville de Sennar appelé Abu Hajjar. J’ai étudié à l’école primaire dans la ville d’Abu Hajjar et à l’école secondaire également. Puis j’ai déménagé dans la capitale pour poursuivre mes études à l’université de Bahri, que je n’ai pas terminées. Ensuite, j’ai rejoint l’Université du Soudan à Khartoum, en études de commerce, et pendant que j’étudiais, j’ai commencé à écrire des chansons de rap. Je me souviens que c’était en 2012. Et j’ai continué à écrire jusqu’à ce jour.

Vous vous appelez Mustafa, mais vous avez un autre nom sur les réseaux sociaux. Qui est donc « Black Scorpion » ?

Vous savez, dans le milieu du rap, le rappeur cherche toujours à montrer sa force. Quand j’ai commencé à rapper, je voulais me choisir un nom à travers lequel transmettre ma force, alors j’ai choisi le nom Black Scorpion, parce que je cherche à écrire des messages et des textes puissants. Pour moi, mes mots ressemblent à la piqûre d’un scorpion. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce nom d’artiste.

Avec le début de la révolution, nous avons remarqué qu’il y avait une multiplication des chansons de rap au Soudan. Quelle est la relation entre la révolution et le rap, en quoi la révolution a contribué à encourager les artistes à écrire du rap ?

L’histoire du rap soudanais remonte aux années 90, mais à l’époque c’était du rap « underground » : les artistes n’étaient pas connus, ils partageaient leurs œuvres avec un public très limité. Le rap était donc complètement présent au Soudan avant la révolution, mais disons que la révolution a été l’occasion de le révéler au grand public.

Quels sont les sujets abordés par le rap soudanais ?

On peut dire que le rap soudanais a connu trois étapes. Au début le rap soudanais est venu des pays du Golfe, [où vit une importante diaspora soudanaise]. A l’époque, c’était plutôt comme un jeu entre rappeurs : quelqu’un fait une chanson, et quelqu’un d’autre répond. La deuxième étape, c’était après 2010. Le rap soudanais a commencé à aborder des problèmes sociaux et politiques dans le pays, tels que la séparation du Soudan du Sud, la crise économique et d’autres problèmes de la vie quotidienne. C’était au moment de la vague des printemps arabes, où le rap qui porte des messages politiques a été mis en valeur dans les pays arabophones. Quant au troisième type, c’est celui qui est apparu avec le début de la révolution. Avec un ton et des messages beaucoup plus radicaux, il est marqué par un fort engagement politique, notamment dans la critique de la dictature au Soudan.

Quelle est la situation du rap aujourd’hui au Soudan ?

Depuis 2019-2020, le rap au Soudan s’est considérablement développé. C’est le cas aussi niveau régional, en particulier dans la région du Maghreb. La révolution a conduit à une très grande ouverture. Aujourd’hui, il y a des concerts de masse et certains rappeurs soudanais deviennent des chanteurs internationaux. Les sujets abordés par les chansons de rap au Soudan incluent des sujets liés à la situation générale, y compris sociale et politique. Il y a aussi, évidemment, des chansons qui se concentrent sur le divertissement plus que sur la politique, comme partout dans le monde, car il existe une grande diversité de formes et de contenus artistiques. En tous cas, on peut dire simplement que le rap soudanais est en plein essor.

Le régime précédent du dictateur Omar El-Béchir a-t-il lutté pour empêcher l’émergence du rap ?

Oui, le régime précédent a activement lutté contre le rap, en tentant d’arrêter les artistes et en combattant leur travail, car ils ont une conscience politique qui leur permet d’influencer les foules. Mais heureusement, après la révolution [pendant le gouvernement de transition, 2019-2021] il y a eu une ouverture et le domaine des libertés s’est considérablement élargi. Pour la première fois les rappeurs ont pu pratiquer leurs activités sans restriction. La preuve la plus évidente ce sont les concerts de masse : le premier, dans le hip-hop, c’était celui d’Ayman Mao devant une foule immense sur la place d’Al-Qyada occupée par les manifestant-e-s pendant la révolution, et depuis, après la révolution, il y a eu trois autres concerts de masse à Khartoum, c’est donc un bon signe.

Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les rappeurs au Soudan ?

Le grand problème dont souffre le rap au Soudan est le manque de sociétés de production. Il y a une absence totale de sociétés de production et de commercialisation au Soudan, en particulier pour les chansons de rap. Tous les enregistrements se font au prix des efforts individuels des rappeurs, et cela nous ralentit beaucoup dans notre travail car nous n’avons pas beaucoup de moyens techniques ni pour produire ni pour promouvoir nos chansons.

Quel est votre projet artistique, que vous cherchez à promouvoir à travers vos chansons de rap ?

Je me considère plutôt comme un chanteur de hip-hop. La plupart de mes chansons évoquent les problèmes sociaux et politiques auxquels sont confronté-e-s les Soudanais-e-s aujourd’hui. À travers mon projet artistique, je cherche à faire découvrir le Soudan au reste du monde, et c’est la raison pour laquelle je mixe des extraits de musique soudanaise avec le rythme du hip-hop, afin que ma musique garde une essence vraiment soudanaise, et que la personne qui écoute puisse savoir que cette musique vient du Soudan. Je cherche à présenter des langues locales, autres que la langue arabe [qui est la langue officielle du pays]. J’essaye de faire découvrir la culture, les régions, les traditions soudanaises, [dans toute leur diversité, car c’est un enjeu très important au Soudan, où le gouvernement a tenté d’imposer une identité unique pendant des décennies]. En ce moment, je me concentre davantage sur les régions touchées par la guerre, afin de contribuer à la paix.

Vous avez récemment sorti deux chansons, parmi lesquelles la chanson « Anjrota » dans laquelle l’une des langues soudanaises locales a été utilisée. Pouvez-vous expliquer ce que cette chanson signifie pour vous et quelle langue vous avez utilisé ?

« Anjrota » est un mot de la langue albertaine, un groupe ethnique qui habite au sud de la région du Nil bleu, qui s’étend jusqu’en Éthiopie. C’est l’un des groupes qui a beaucoup souffert au Soudan de la la marginalisation culturelle et ethnique [mise en place par le régime], même s’ils vivent dans une région riche en or. Le but de la chanson était de refléter la souffrance de ce groupe et de protester contre l’injustice et la marginalisation et de défendre ceux qui l’ont subie et la subissent encore. Le rythme musical utilisé dans la chanson s’appelle le rythme Kalash, et c’est l’un des rythmes musicaux les plus célèbres de la région du Nil Bleu. J’aime les airs et rythmes traditionnels soudanais en général, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi de les incorporer à la chanson.

Quant à la deuxième chanson, dans laquelle j’ai repris un morceau d’une chanson d’Hassan Khalifa Al Atbarawi, qui est un artiste révolutionnaire comme moi. [NB : Né en 1919 et mort en 2010, Hassan Khalifa Al Atbarawi est un des plus grands chanteurs de l’histoire du Soudan, connu pour son amour pour le pays et ses chansons engagées contre le système colonial anglais. Il a également participé aux mouvements de la lutte contre le système colonial dans sa ville de naissance à Atbara]. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’interpréter sa musique. C’était aussi une tentative pour intéresser les générations plus âgées pour briser leurs stéréotypes et les inciter à écouter du rap. Mon idée c’était de faire un pas vers cette génération pour leur donner à eux aussi un sentiment d’appartenance, leur montrer que cette musique peut s’adresser aussi à eux.

Comment les Soudanais et les Soudanaises perçoivent-ils le rap ?

La société soudanaise est plutôt une société conservatrice où une grande partie des gens ont peur de l’innovation, mais on remarque que la société change petit à petit son regard sur les nouveaux courants artistiques, notamment sur le rap. Le rap était déconsidéré dans le passé, et aujourd’hui ce n’est plus le cas, c’est l’un des aspects positifs de la révolution. C’est aussi parce que le rap répond à leurs problèmes, dans la vie quotidienne, dans ses aspects sociaux et politiques. Mais chez les gens qui ont plus de 30 ans, une grande partie refuse encore d’écouter des chansons de rap, même si certains commencent à aimer ça, comme c’est le cas dans presque toutes les sociétés.

Comment voyez-vous l’avenir du rap au Soudan ?

Vu les récentes évolutions, on peut s’attendre à un succès grandissant du rap et que sa présence sur la scène culturelle au Soudan se consolide encore plus. Il y aura sans doute une acceptation de plus en plus grande du public soudanais pour ce style de musique. Mais il y a de grands défis auxquels fait face le rap, notamment la restriction des libertés après le coup d’État du 25 octobre. La multiplication des libertés politiques, sociales, intellectuelles avaient beaucoup influencé le développement du rap dans les deux dernières années, alors que depuis le 25 octobre on constate une baisse du niveau de libertés, et cela s’est répercuté négativement sur la scène culturelle. On est aussi confrontés au problème du désintérêt des autorités pour les questions artistiques et culturelles, et d’une indifférence totale de l’Etat envers les jeunes créateurs et artistes. Au Soudan il n’y a pratiquement pas d’infrastructures culturelles. Le troisième défi est qu’il n’y a pas, jusqu’à aujourd’hui, de syndicat de rappeurs qui regroupe tous les artistes, et c’est l’un des défis les plus importants. Et enfin le grand et le plus grand défi, c’est l’absence de sociétés de production artistique. Mais je reste optimiste malgré tous ces défis.

Quelles surprises prévoyez-vous pour les jours à venir ?

Je travaille actuellement sur un projet d’album appelé « Eco Rap », qui abordera les problèmes environnementaux au Soudan. Cet album devrait sortir dans deux mois. J’ai toujours l’intention dans ces chansons de continuer à promouvoir la musique et la culture soudanaises, et cet album parlera aussi de l’histoire et de la diversité culturelle du Soudan. J’ai aussi d’autres projets collectifs de chansons sur la résistance au coup d’État, qui devraient sortir sortir en avril prochain.

Pour écouter les chansons de Black scorpion :

https://m.youtube.com/watch?v=PkFBH2npo1Q

https://youtu.be/yCnZclAKhuo

Interview par : Equipe de Sudfa

https://blogs.mediapart.fr/sudfa/blog/310322/soudan-le-rap-et-la-revolution-interview-avec-black-scorpion

https://www.pressegauche.org/Soudan-le-rap-et-la-revolution-interview-avec-Black-Scorpion

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En complément possible

Premier numéro papier de Sudfa Media !

Les combats des femmes soudanaises

Urgence d’agir au Soudan

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/01/05/premier-numero-papier-de-sudfa-media/

Soudan. Une génération déterminée à poursuivre sa lutte

La répression continue. Les Comités de résistance appellent à la formation d’une « autorité populaire » pour renverser le régime du coup d’Etat

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/13/soudan-une-generation-determinee-a-poursuivre-sa-lutte/

Shadia Abdel Moneim : Les femmes ont toujours été à l’avant-garde de la résistance soudanaise

Coup d’État au Soudan :  les femmes se battent pour la liberté, la paix et la justice

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/12/19/les-femmes-ont-toujours-ete-a-lavant-garde-de-la-resistance-soudanaise-plus-autre-texte/

Appel de l’Alliance des travailleurs soudanais contre le coup d’État

Paul Martial : Les dessous du coup d’État au Soudan

Joseph Daher : Coup d’état mortifère pour la révolution

Comités de résistance soudanais : « Cet accord ne signifie rien, la révolution continue »

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/12/appel-de-lalliance-des-travailleurs-soudanais-contre-le-coup-detat-plus-autres-textes/

Augustine Passilly : Soudan. Ces femmes qui ont fait la révolution s’obstinent à réclamer leurs droits

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/25/soudan-ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-sobstinent-a-reclamer-leurs-droits/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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