[35] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [35] 

  • Daria Saburova & Hanna Perekhoda : Paris avec la résistance ukrainienne
  • Mobilisation des syndicalistes métallurgistes et cheminots ukrainiens pour les réfugiés
  • Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine : Déclaration
  • ЗАЯВА: від солідарності з Україною до глобальної справедливості
  • STATEMENT: from solidarity with Ukraine to global justice
  • La gauche européenne à Przemyśl. Objectif : soutien à l’Ukraine
  • Etats-Unis : Syndicalistes en solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !
  • Vanesa Rodríguez : Russie : Protester en silence
  • Patrick Silberstein : Lignes de front (avril et mai 2022)
  • Point de situation des opérations en Ukraine 8 mai 2022
  • Sergei Medvedev : Russie. Du ruban à la croix gammée
  • Face à la guerre l’édition ukrainienne en danger
  • Liens avec autres textes

Paris avec la résistance ukrainienne

Le 24 février, Poutine a envahi l’Ukraine. Depuis deux mois, les populations civiles subissent des frappes aériennes quotidiennes. La ville de Marioupol est en ruines. Selon les estimations des autorités ukrainiennes, 20 000 personnes y ont déjà perdu leur vie. Les morts sont enterrés dans des fosses communes, dans les cours et les jardins, voire restent ensevelis sous les débris. Ce qui se passe à Marioupol est une tragédie immense. Et cette tragédie risque de se reproduire encore et encore. Pendant l’occupation de la région de Kyiv, l’armée russe a perpétré d’innombrables violences gratuites, des pillages, des tortures et des viols. Aujourd’hui, c’est l’est du pays qui s’apprête à subir le même sort.

Mais depuis deux mois, également, le peuple ukrainien résiste courageusement à cette attaque impérialiste d’une brutalité extrême. La résistance se déploie dans les zones de combat et dans les villes déjà occupées, mais aussi dans les hôpitaux, les chemins de fer, les services publics, dans les champs et dans les usines, partout où les travailleurs et les travailleuses ukrainien·nes continuent aujourd’hui à risquer leur vie.

Nous n’avons aucune illusion concernant l’État capitaliste ukrainien. En Ukraine, comme en France, les classes dominantes s’approprient les richesses produites par les exploité·es. Mais l’émancipation sociale et politique en Ukraine ne va pas commencer sous occupation militaire. L’État russe est un état capitaliste ultralibéral, chapeauté par une élite corrompue et réactionnaire. Il repose sur un racisme systémique, sur l’oppression des femmes et des personnes LGBTQ+, sur la répression violente de tout mouvement de contestation. Depuis plus de vingt ans, il se nourrit de la guerre: la guerre en Tchétchénie, en Géorgie et en Syrie, et maintenant en Ukraine. Contre la logique coloniale de l’agression russe, le peuple ukrainien défend aujourd’hui son droit à l’existence. Contre la perspective d’un régime autoritaire et militariste, il défend les droits démocratiques comme condition de la lutte pour les droits sociaux. La solidarité concrète avec les travailleuses et les travailleurs ukrainien·nes passe aujourd’hui par le soutien de leur résistance armée et non armée face à la Russie.

Appuyer le soutien armé et non armé à la résistance ukrainienne, soutien dont elle a besoin et qu’elle a tout le droit d’exiger, cela ne veut pas dire être complices de l’impérialisme occidental. Car nous ne sommes pas dupes non plus à l’égard des intérêts des États capitalistes occidentaux. Nous savons très bien que les puissances occidentales sont elles-mêmes responsables de multiples guerres d’agression et de soutien apporté aux régimes criminels partout dans le monde. Elles sont aussi responsables de la guerre en Ukraine. En 2014, l’Union européenne a décidé l’embargo sur la vente des armes à la Russie, à la suite de l’annexion de la Crimée et de l’intervention militaire de la Russie dans le Donbass. Malgré cela, les pays européens ont continué à fournir des armes à la Russie, des armes qui aujourd’hui tuent les populations civiles en Ukraine.

Les mêmes pays sont responsables du financement continu de la machine de guerre russe. Depuis le 24 février, l’Europe a versé près de 40 milliards d’euros à la Russie pour l’achat des combustibles fossiles.

Cette dépendance des hydrocarbures russes est doublement meurtrière. Pour l’avenir de l’Ukraine, mais aussi pour l’avenir de la planète, nous devons exiger le désengagement total de l’Union européenne dans l’achat des énergies fossiles provenant de la Russie. La guerre en Ukraine a aussi rappelé les dangers immenses du nucléaire. On ne peut pas permettre aux puissances nucléaires, quelles qu’elles soient, de mener des guerres d’agression dans une impunité totale.

L’accueil des réfugié·es ukrainien·nes est une obligation pour les États occidentaux, ainsi que l’accueil de toutes les personnes fuyant les guerres, quelle que soit leur nationalité ou leur couleur de peau. Nous ne pouvons pas tolérer la sélection aux frontières de l’Europe. Nous devons exiger le droit à la libre circulation des personnes et leur droit à s’installer dans les pays de leur choix et dans des conditions dignes. Les femmes sont particulièrement exposées, car la guerre exacerbe les violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent déjà quotidiennement. Nous devons nous assurer que l’accueil des femmes réfugiées leur pro- cure la sécurité et l’accès immédiat aux soins dont elles ont besoin.

Mobilisons-nous partout pour la paix en Ukraine ! Ensemble, nous pouvons faire pression sur nos gouvernements et apporter de l’aide concrète au peuple opprimé. Mais il ne peut y avoir de paix sans justice. La paix en Ukraine ne peut pas signifier le démembrement du pays et la violation des droits et des libertés politiques élémentaires. Nous exigeons le retrait immédiat des troupes russes de l’Ukraine.
À bas Poutine ! Non à la guerre ! Vive la résistance !
Daria Saburova & Hanna Perekhoda
Déclaration à la manifestation parisienne du 23 avril 2022
Publié dans Brigades éditoriales de solidarité : Soutien à l’Ukraine résistante n°6 :
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/05/09/les-cahiers-de-lantidote-soutien-a-lukraine-resistante-volume-6/ 

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Mobilisation des syndicalistes métallurgistes et cheminots ukrainiens pour les réfugiés

Le Syndicat des métallurgistes s’occupe des refugiés

L’organisation syndicale « Metalists » de PJSC « entreprise métallurgique Dnieper » de Kamyansky dans la région de Dnipropetrovsk, qui fait partie de la Confédération des syndicats libres d’Ukraine (KVPU), fait tout, avec tout le peuple ukrainien, pour vaincre les occupants russes qui ont traîtreusement attaqué notre pays.
En plus d’aider et de soutenir les salariés de l’entreprise partis défendre l’Ukraine les armes à la main, le syndicat s’occupe des déplacés depuis les premiers jours de la guerre. Le comité syndical a initié une collecte de vêtements pour le printemps et l’été pour les enfants et adolescents de 3 à 18 ans, d’articles d’hygiène personnelle et de détergents, ainsi que de produits alimentaires de longue durée – pâtes, céréales, conserves, sucre, thé et plus encore. Les travailleurs de l’usine ont répondu activement à l’appel du syndicat, grâce auquel il a été possible de fournir le nécessaire à tous les compatriotes et en particulier les familles avec enfants et les personnes âgées qui ont été forcées de quitter leur domicile en raison des hostilités et de trouver refuge dans la région de Dnipropetrovsk. « Nous sommes sincèrement reconnaissants à tous les employés attentionnés de l’entreprise, qui en cette période difficile ont répondu à l’appel du syndicat Métalists pour aider les personnes qui nous sont venues des zones occupées et dangereuses », a déclaré le président du syndicat Mykola Kolyuchy. « Nous comprenons tous à quel point c’est difficile pour eux aujourd’hui et ensemble, nous essayons de créer une atmosphère amicale et les conditions les plus confortables pour les migrants, de les réchauffer de notre attention et d’aider tous ceux que nous pouvons. »
Le syndicat a confectionné des colis spéciaux de produits et les distribue à ceux qui en ont besoin. Et pour continuer à venir en aide et le faire en faveur du plus grand nombre de déplacés, les syndicalistes continuent de recevoir de la nourriture, des produits d’hygiène, etc. jour (sauf samedi et dimanche) au troisième étage du bâtiment technique de l’entreprise. Le syndicat Metalists PPO croit à juste titre qu’ensemble, nous surmonterons toutes les difficultés et difficultés et gagnerons certainement !

Le Syndicat libre des cheminots d’Ukraine (VPZU ) vient en aide aux victimes

Immédiatement après l’attaque perfide contre notre pays par les agresseurs russes, le Syndicat libre des cheminots d’Ukraine (VPZU) a commencé à aider activement non seulement les syndicalistes et leurs familles, mais aussi les citoyens touchés par la guerre et contraints de quitter leurs maisons et leurs régions. Volodymyr Kozelskyi, responsable du VPZU évoque ces activités. Les militants du VPZU ont aidé les familles des membres du syndicat touchées à évacuer Kiev et Kharkiv vers les régions occidentales de l’Ukraine. Aux frais du Syndicat libre des cheminots d’Ukraine, ils ont fourni de la nourriture, des articles d’hygiène personnelle, des vêtements et toutes les autres nécessités aux conducteurs qui ont servi dans les trains d’évacuation presque sans interruption. Les membres du VPZU de Kharkiv ont reçu une aide humanitaire, qui comprenait de la nourriture, et notamment du pain, des pâtes, des céréales, des conserves, etc. « Peu de temps après, nous avons livré de la nourriture à nos syndicats, qui avait été envoyée par les syndicats des chemins de fer hongrois et roumains, ce dont nous sommes sincèrement reconnaissants », déclare Volodymyr Kozelsky. En outre, une section permanente de volontaires du Syndicat libre des cheminots d’Ukraine a été créée à la gare centrale de Kozyatyn. Elle s’est vue attribuer un local à proximité de la gare. Et ceux qui font du bénévolat ont reçu des certificats spéciaux du VPZU. Ils distribuent une aide humanitaire non seulement aux cheminots, mais aussi aux citoyens de Kozyatyn, dans la région de Vinnytsia. La nourriture, les produits d’hygiène, les vêtements et autres articles collectés sont fournis par les bénévoles du VPZU aux victimes des hostilités en cours et aux personnes temporairement déplacées, ainsi qu’à ceux qui en ont besoin en raison de circonstances de vie difficiles. « L’autre jour, un ensemble de produits a été apporté à l’ancien responsable syndical Serhiy Eduardovych Orlovsky, actuellement à la retraite pour cause d’invalidité. Tetyana Anatoliyivna Tsymbalovych, dont le défunt mari était machiniste et doit maintenant faire face à tous les problèmes qu’elle a après l’accident avec sa fille Diana, qui a été grièvement blessée a également accepté avec gratitude l’aide humanitaire de la section des bénévoles du VPZU. » Les bénévoles du VPZU n’oublient pas ceux qui ont été forcés de quitter leur lieu d’origine et leur foyer à cause de la guerre. L’autre jour, l’une d’entre elles, Maryna Mykolayivna Kruhovykh, a visité la section des bénévoles du VPZU et a reçu un ensemble de tout le nécessaire pour s’installer dans un nouvel endroit. Dans le même temps, la section des bénévoles du Syndicat libre des cheminots d’Ukraine accepte avec gratitude l’aide des citoyens et d’organisations concernés pour aider ceux qui en ont besoin. En s’entraidant, nous rapprochons notre victoire commune.

Publié par KVPU
4 mai 2022
Traduction Patrick Le Tréhondat
http://www.laboursolidarity.org/Mobilisation-des-syndicalistes

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Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine : Déclaration

Le 24 février 2022, l’impérialisme russe a lancé une agression contre l’Ukraine. Depuis plus de deux mois, le peuple d’Ukraine ont combattu dans une bataille inégale les forces d’occupation, perdant des centaines de vies et endurant des destructions massives. Alors que nombre de politiciens à l’Ouest comme en Russie pronostiquaient que l’Ukraine tomberait en peu de jours, la grande mobilisation du peuple ukrainien dans toutes les sphères de la vie et le combat héroïque de la résistance ukrainienne montrent à quel point cette prise de position est erronée. De nombreux pays européens continuent de financer la machine de guerre russe en achetant du pétrole et du gaz russes.

Dans le même temps, le peuple ukrainien est lésé par les réformes adoptées dans l’intérêt des plus riches, avant et même pendant la guerre. Ces décisions politiques ont pour effet de déplacer le fardeau de la guerre sur la majorité de la population. Les exemples sont la réduction des garanties des droits du travail pour les employés et la réduction des impôts pour les propriétaires d’entreprise. Ces changements s’accompagnent d’une réduction croissante de la sphère sociale, qui crée des conditions insupportables pour les Ukrainiens touchés par la guerre. Dans ces circonstances, l’Ukraine continue d’honorer ses obligations envers le FMI et d’autres créanciers. Au lieu d’enrichir les créanciers et les banquiers mondiaux, cet argent devrait aller à la défense du pays et à la satisfaction des besoins fondamentaux de la population. Par sa politique, le FMI continue de promouvoir des réformes antipopulaires en Ukraine et entraîne de plus en plus l’Ukraine dans l’esclavage, sapant son indépendance et rendant difficile la reconstruction du pays.

La destruction des infrastructures, de la production et des quartiers résidentiels soulève la question de la reconstruction de l’Ukraine, à quelles conditions et à quel coût la reconstruction aura lieu après la guerre, c’est une question urgente. Une reconstruction fondée sur la primauté de la politique néolibérale conduira à une pauvreté et à une oligarchie encore plus grandes. La restauration complète de l’Ukraine et de son rôle dans la fourniture de biens de base aux populations les plus défavorisées du monde est impossible sans changer le cours de la politique socio-économique aux niveaux national et mondial. La réponse à l’agression russe doit être la solidarité des peuples du monde. La victoire de l’Ukraine dans la guerre affaiblira les régimes autoritaires en Syrie, au Bélarus et dans d’autres pays, ce qui donnera au monde une réelle occasion d’avancer vers un développement démocratique incluant la justice sociale et environnementale. L’annulation de la dette extérieure de l’Ukraine sera un pas contre la domination du néolibéralisme, fondée sur l’inégalité et l’exploitation. L’exemple d’une telle politique ouvrira la voie à d’autres pays pour avoir des politiques de développement stables qui ne lèseront pas les plus pauvres en faveur des plus riches par des prêts inéquitables.

Notre gauche, les syndicats, les féministes et les défenseurs des droits de la personne luttent pour la victoire de l’Ukraine et promouvoir sa prospérité après la guerre, notamment :

  • le retrait des troupes russes du territoire de l’Ukraine, particulièrement des territoires occupés des régions de Donetsk et de Lougansk et de la République autonome de Crimée ;

  • l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine, ainsi que l’imposition de sanctions sévères à l’encontre la Russie ;

  • l’introduction d’un programme social de reconstruction de l’Ukraine, visant à aider la population du pays, plutôt qu’à enrichir les élites commerciales ;

  • la renonciation à l’achat de combustibles fossiles russes, en entrant dans une véritable transition énergétique pour remplacer les combustibles fossiles par des achats provenant d’autres sources ;

  • l’abolition de la dette extérieure de l’Ukraine et de l’impossibilité de retirer des fonds à l’étranger ;

  • le soutien à tous les réfugiés, indépendamment de leur nationalité, origines ethniques, religion, etc. Abolition de toutes les lois et des pratiques discriminatoires ;

  • De mettre fin aux réformes antisociales en Ukraine et d’abolir les frais administratifs élevés qui entravent la participation de la classe ouvrière à la vie politique.

ЗАЯВА: від солідарності з Україною до глобальної справедливості

24 лютого 2022 р. російський імперіалізм розпочав відкриту агресію проти України. Понад два місяці народ України веде нерівний бій з окупаційними військами, втрачаючи тисячі життів і економічний потенціал.

У той же час народу України шкодять реформи, що ухвалюються в інтересах найбагатших. Наслідком політичних рішень є перенесення тягаря війни на більшість населення. Прикладом слугує звуження гарантій трудових прав для працівників і зниження податків для власників бізнесу. Ці зміни, які відбуваються на тлі скорочення видатків на соціальну сферу, загрожують добробуту значної частини населення України, що страждає від військової агресії РФ. За цих обставин Україна продовжує виконувати свої боргові зобов’язання перед МВФ та іншими кредиторами. Гроші, які повинні були б йти на армію та забезпечення базових потреб українців, йдуть на збагачення кредиторів і світових банкірів. Своєю політикою МВФ продовжує просувати в Україні антинародні реформи і все більше затягує Україну в кабальну залежність, ускладнюючи повоєнну відбудову країни.

Масштаби знищення виробничої, житлової та соціальної інфраструктури ставлять перед українським народом питання про те, на яких умовах та за які кошти буде відбуватися її відновлення. Відбудова, що ґрунтуватиметься на приматах неоліберальної політики, призведе до подальшого збіднення населення та олігархізації країни. Всебічне відновлення України неможливе без зміни курсу соціально-економічної політики.

Відповіддю на російську агресію має стати солідарність народів світу. Перемога України у війні послабить авторитарні режими у Сирії, Білорусі та інших країнах, що дасть світові справжню можливість рухатися у бік демократичного розвитку. Списання зовнішнього боргу України стане кроком проти домінування неолібералізму, що побудований на нерівності та визискуванні. Такий прецедент уможливить появу альтернативних політик розвитку і для інших країн. Політик, що не каратимуть найбідніші держави на користь найзаможніших шляхом несправедливого кредитування.

Від імені лівої, профспілкової та правозахисної спільнот ми вимагаємо вживати заходів, що сприяли б перемозі України та її післявоєнному добробуту, зокрема:

  • Виведення російських військ з території України, зокрема, з окупованих територій Донецької і Луганської областей та АР Крим.

  • Військова та гуманітарна допомога Україні, а також запровадження жорстких санкцій проти Росії.

  • Впровадження соціально-орієнтованої програми відбудови України, спрямованої на допомогу населенню країни, а не на збагачення бізнес-еліт.

  • Скасування українського зовнішнього боргу та унеможливлення виведення коштів у офшори.

  • Підтримка всіх біженців, незалежно від їх національності, етнічної належності, віросповідання тощо. Скасування всіх дискримінаційних законів та практик.

  • Припинення антисоціальних реформ в Україні та скасування майнових цензів, які перешкоджають участі трудових верств у політичному житті.

STATEMENT: from solidarity with Ukraine to global justice

On February 24, 2022, Russian imperialism launched an open aggression against Ukraine. For more than two months, the people of Ukraine have been fighting an unequal battle with the occupying forces, losing thousands of lives and enduring massive destruction. While a lot of politicians in the west as well as in Russia argued that Ukraine will fall in a few days, great mobilization of Ukrainian people in all spheres of life and heroic fight of the Ukrainian resistance show how misguided this take. Many Europan Many European countries continue to finance the Russian war machine buying Russian oil and gas.

At the same time, the people of Ukraine are harmed by reforms adopted in the interests of the richest, before and even during the war. These political decisions result in shifting the burden of war to the majority of the population. Examples are the reduction of labor rights guarantees for employees and the reduction of taxes for business owners. These changes are accompanied by an increasing  reduction in the social sphere, which creates unbearable conditions for the people of Ukraine affected by the war. In such circumstances Ukraine continues to meet its debt obligations to the IMF and other creditors. Instead of enriching creditors and world bankers, this money should go to the defense of the country  and the fulfillment of the basic needs of the population,. Through its policy, the IMF continues to promote anti-people reforms in Ukraine and is increasingly dragging Ukraine into bondage, undermining its independence and making it difficult to rebuild the country.

The destruction of infrastructure, production, and residential neighborhoods raises the task of rebuilding Ukraine, under what conditions and at what cost rebuilding will take place after the war is an urgent question. Reconstruction based on the primacy of neoliberal politics will lead to even greater poverty and oligarchization. Comprehensive restoration of Ukraine and its role in providing basic goods for the world’s most disadvantaged populations is impossible without changing the course of socio-economic policy at the national and world levels.

The response to Russian aggression must be the solidarity of the peoples of the world. Ukraine’s victory in the war will weaken authoritarian regimes in Syria, Belarus and other countries, and this will give the world a real opportunity to move towards democratic development with social and environmental justice.

Writing off Ukraine’s foreign debt will be a step against the dominance of neoliberalism, built on inequality and exploitation. The precedent of such a policy will pave the way for other countries to have stable development policies that will not punish the poorest people  in favor of the richest through unfair lending.

Ourleft, trade union, feminist, and human rights communities, fight to promote Ukraine’s victory and its post-war prosperity, including:

  • Withdrawal of Russian troops from the territory of Ukraine, in particular, from the occupied territories of Donetsk and Luhansk regions and the Autonomous Republic of Crimea.

  • Military and humanitarian aid to Ukraine, as well as the imposition of tough sanctions against Russia.

  • Introduction of a socially-oriented program for the reconstruction of Ukraine, aimed at helping the country’s population, rather than enriching business elites.

  • A Renouncing the purchase of Russian fossil fuels entering a real energetic transition in ordrer to replace fossil fuels with h t for , entering  without replacing them with purchases from other sources.

  • Abolition of Ukraine’s foreign debt and impossibility of withdrawing funds offshore.

  • Support for all refugees, regardless of their nationality, ethnicity, religion, etc. Abolition of all discriminatory laws and practices.

  • Stopping anti-social reforms in Ukraine and abolishing high administrative fees that hinder the participation of the working class in political life.

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La gauche européenne à Przemyśl. Objectif : soutien à l’Ukraine

Des représentants du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine étaient aujourd’hui dans la ville de Przemyśl. Parmi eux, des parlementaires de gauche entre autres de Finlande, de Suisse, du Danemark et du parti polonais Razem.

Le Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine organise l’aide matérielle et financière pour les réfugiés d’Ukraine, mais s’efforce également d’organiser un soutien politique plus large, entre autres autour de l’exigence de l’annulation de la dette extérieure ukrainienne. « Depuis des semaines, en commun avec nos partenaires occidentaux, nous travaillons à organiser un soutien le plus large possible, y compris politique, à l’Ukraine », explique Anna Górska du Conseil national de Razem.

Pendant leur séjour à Przemyśl, les représentants des partis qui forment ce réseau, ont visité la Maison Ukrainienne à Przemyśl qui sert aujourd’hui de centre d’accueil de réfugiés, et ont discuté des prochaines initiatives en matière d’aide.

La gauche européenne solidaire avec l’Ukraine
« C’est quelque chose d’extrêmement précieux que nos partenaires de France, de Suisse, des pays nordiques, du Portugal… écoutent attentivement les voix de la gauche ukrainienne, polonaise et des autres pays de notre région concernant cette guerre menée contre l’Ukraine », disait Paulina Matysiak, députée du parti Razem, à la conférence de presse tenue aujourd’hui devant la Maison Ukrainienne à Przemyśl. « Nous voulons montrer que la gauche européenne ensemble soutient l’Ukraine. Notre rencontre aujourd’hui, tout comme les précédentes, en sont la meilleure preuve. »

Outre les représentants de la direction du parti Razem, sont venus à Przemyśl des politiciens du parti finlandais Finish Left Alliance, de la Red-Green Alliance danoise, de Ensemble à Gauche suisse et de la Métropole en commun de la ville française de Lyon.

Pendant la conférence, tous les politiciens soulignaient que, face à la guerre en Ukraine, l’Europe a besoin plus que jamais de coopération et de solidarité internationales. « Nous devons construire des réseaux internationaux, qui aideront la société ukrainienne dans la reconstruction du pays, de son système d’éducation ou de santé », disait la députée finlandaise Veronika Honskalo.

Soutien aux réfugiés
Les visiteurs étrangers ne cachaient pas qu’ils ont été impressionnés par l’ampleur de l’aide fournie aux réfugiés ukrainiens par les Polonaises et les Polonais. « La réaction des Polonais et des Polonaises à l’afflux des millions de réfugiés de l’Ukraine est pour nous un exemple », a déclaré la députée suisse Stéfanie Prezioso.

Les politiciens soulignaient que l’ouverture dont fait preuve l’Europe envers les réfugiés d’Ukraine devrait être la norme également envers ceux qui fuient d’autres parties du monde. « Nous admirons la responsabilité qu’ont pris sur eux les Polonais, en accueillant des millions de réfugiés d’Ukraine. Au Danemark, nous accueillons aussi cinq fois plus de réfugiés que pendant la guerre en Bosnie. Nous sommes contents qu’ils peuvent venir dans notre pays et y travailler dès le premier jour. Nous luttons en même temps pour que cette façon d’accueillir les réfugiés ne soit pas une exception, mais que cela puisse englober tous ceux qui fuient la guerre »,disait le député danois Soren Sondergaard.

Libérer l’Ukraine de la dette
Les membres du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine ont rappelé à Przemyśl la nécessité de libérer l’Ukraine de la dette extérieure. La dette extérieure de l’Ukraine, c’est plus de 125 milliards de dollars. Mais pour l’économie ukrainienne, le problème n’est pas seulement son volume, mais également les intérêts élevés sur les prêts contractés.
« Le service de la dette coûte à l’Ukraine plus de 10% de son revenu national par an, tandis que pour la défense on destinait jusqu’à présent seulement 4%. En situation de guerre, diverses formes d’aide sont nécessaires : les armes, l’alimentation, la protection des réfugiés fuyant la guerre, mais aussi le fait de pouvoir s’affranchir du poids de la dette extérieure », expliquait Maciej Szlinder, membre du Conseil national de Razem.

Le Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine exige que le service de la dette soit repris par la Banque centrale européenne. « Comme objectif nous soutenons l’annulation de toute la dette. C’est indispensable pour que la reconstruction du pays soit possible », conclut Szlinder.

Publié en Une du site du parti de gauche polonais Razem / Ensemble,https://partiarazem.pl/2022/05/europejska-lewica-w-przemyslu-cel-wsparcie-ukrainy/

5 mai 2022
Traduit du polonais par Stefan Bekier

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Etats-Unis : Syndicalistes en solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !

Nous publions la motion adoptée par la section CWA 7250 – une section locale de Communications Workers of America à Minneapolis, Minnesota- l’un des plus importants importants syndicats de l’AFL-CIO – qui organise principalement les travailleurs des télécommunications en Amérique du Nord

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ATTENDU QUE l’Ukraine a longtemps été sous la domination des tsars russes, de l’Union soviétique, et maintenant de Poutine ;
ATTENDU QUE cela a signifié la destruction de la culture ukrainienne, l’exploitation des travailleurs et le pillage de la terre et des ressources ;
CONSIDÉRANT que le peuple ukrainien a continuellement lutté pour la liberté et l’autodétermination, y compris avec la révolution de la dignité de 2014 qui a renversé un gouvernement fantoche russe oppressif ;
CONSIDÉRANT que l’invasion et l’occupation sanglante de l’Ukraine par l’armée russe en cours depuis 2022 est une tentative injustifiée, injuste et immorale d’écraser l’Ukraine indépendante, qui rappelle les tentatives actuelles du gouvernement américain de dominer des pays plus petits et plus pauvres dans le monde ;
CONSIDÉRANT que cette invasion a déjà tué des milliers de civils, détruit des villes et des infrastructures, et créé des millions de réfugiés ;
CONSIDÉRANT que la résistance populaire héroïque du peuple ukrainien a fait échouer les plans de la Russie et a inspiré la classe ouvrière du monde entier ;
ET PUISQU’un mouvement anti-guerre courageux et audacieux a émergé en Russie, qui montre que le peuple russe n’est pas notre ennemi mais un allié important.

IL EST RÉSOLU que le CWA 7250 appelle le mouvement ouvrier et les travailleurs du monde entier à apporter leur pleine solidarité à la résistance du peuple ukrainien et à exiger le retrait des troupes russes maintenant !
Il est en outre résolu que nous chercherons à offrir un soutien matériel (aussi modeste soit-il) aux syndicats ukrainiens et aux organisations de travailleurs impliqués dans la lutte.
Il est en outre résolu que nous demandons à tous les pays d’ouvrir leurs frontières aux réfugiés de guerre d’Ukraine, de Syrie, d’Afghanistan et autres.
Il est en outre résolu que nous demandons aux États-Unis et au FMI d’annuler la totalité de la dette extérieure de l’Ukraine, qui s’élève à quelque 125 milliards de dollars – ces ressources devraient être utilisées pour combattre l’invasion et reconstruire le pays après sa dévastation, et non pour payer des intérêts aux grandes banques.
Il est en outre résolu que nous soutiendrons la communauté ukrainienne locale, les syndicats et les militants qui organisent des rassemblements de solidarité ici.
Et enfin, il est résolu que, puisque nous ne sommes pas hypocrites, nous devons nous exprimer et nous opposer à tout impérialisme – y compris celui des États-Unis – parce que tous les peuples méritent d’être libres et de déterminer leur propre destin.

CWA 7250, Minneapolis, Minnesota

Résolution adoptée par le conseil exécutif de la section 7250 du CWA, le 13 avril 2022.
La section 7250 de Communications Workers of America est basée à Minneapolis MN et organise les travailleurs d’AT&T et DirecTV.

Publié par CWA 7250

https://www.cwa7250.org/index.php/2-uncategorised/185-cwa-7250-e-board-solidarity-with-ukrainian-resistance-russian-troops-out-now

Traduction Patrick Le Tréhondat.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62391

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Russie : Protester en silence

Un mouvement de désobéissance civile clandestin proteste en silence dans les rues de Russie. Le Guernica de Picasso, des billets de banque comportant des messages pacifistes, des rubans verts accrochés aux lampadaires et des mangeoires antiguerre pour les oiseaux sont autant de formes de protestation dans des villes comme Saint-Pétersbourg et Moscou.

Une femme marche avec une reproduction du Guernica de Picasso sous le bras. Dans les magasins russes, des billets de banque et des pièces de monnaie circulent avec des phrases appelant à la fin de la guerre. Il y a des petits graffitis et des autocollants avec le symbole de la paix sur les murs. Il y a des rubans verts attachés aux lampadaires, des personnes portant des tracts avec des slogans anti-Poutine et des jouets auxquels sont accrochés des messages rappelant les victimes civiles de l’invasion…
La Russie a détenu des centaines de militants depuis le début de la guerre en Ukraine et, si les manifestations de masse ne sont plus visibles dans les rues des grandes villes, un autre type de protestation silencieuse et clandestine se répand dans le pays.
Plusieurs groupes d’activistes ont tissé un réseau qui tente de coordonner les actions individuelles et de protéger leurs participants. L’un d’eux est le mouvement Vesna (« Printemps »), un groupe de jeunes pro-démocratie basé à Saint-Pétersbourg et fondé en 2013. Vesna organise des manifestations, fournit des affiches et encourage les citoyens à manifester leur mécontentement à l’égard du Kremlin et de la guerre avec un simple ruban vert ou avec n’importe quel message. Avec sa chaîne Telegram Visible Protests, le groupe diffuse les photos qu’il reçoit de ceux qui ont réalisé des actions. Beaucoup osent se montrer, mais le groupe propose quelques « règles de base » sur la manière de protester silencieusement contre la guerre sans être arrêté par les forces de sécurité :
– Ne participez pas à des campagnes avec des inconnus, ne participez pas à des réunions avec des « chatrooms » non contrôlés, ne faites pas état de vos projets dans celles-ci.
– Réfléchissez à un itinéraire pour éviter de passer sous les caméras et couvrez votre visage autant que possible pour que les caméras ne vous reconnaissent pas.

– Portez des vêtements neutres et discrets qui compliquent votre identification.
– Faites les graffitis la nuit, rentrez chez vous par un chemin différent et restez sur vos gardes.
– Coupez votre téléphone, n’utilisez pas votre voiture et gardez à portée de main les contacts des militant es des droits humains.

Les prix des étiquettes remplacés par le nombre de civils tués
Une autre action promue par Vesna, appelée « piquets individuels », vise à « rendre le travail de la police plus difficile, à réduire les risques pour les participants et à toucher le public le plus large possible ». L’action consiste à se tenir seul à n’importe quel arrêt de métro à 19 heures avec une pancarte anti-guerre, ou dans un quartier animé de la ville s’il n’y a pas de métro. « Ne restez pas trop longtemps debout, conseille-t-on, aux heures de pointe, un quart d’heure suffit pour que des centaines de personnes vous voient. »

L’art est une autre arme utilisée pour appeler à la paix en Russie. Le 10 avril, une militante a parcouru les rues de la ville russe de Kazan avec une reproduction de Guernica sous le bras. Le tableau de Picasso est un hommage aux civils attaqués dans la ville basque bombardée par les troupes allemandes et italiennes pendant la guerre civile. La propagande fasciste a ensuite tenté de convaincre la population que l’attaque avait été perpétrée par l’armée républicaine.

Le média russe indépendant OVD-Info rapporte qu’au moins 20 procédures pénales de vandalisme à la suite de ces graffitis anti-guerre ont déjà été entamées à travers la Russie. Plusieurs autres ont également été entreprises pour « atteinte à l’image des forces armées » à la suite d’autres manifestations symboliques et ce que le gouvernement considère comme la diffusion de fake news.

Une des dernières personnes arrêtées pour ces actions est Sasha Skochilenko, un militant de Saint-Pétersbourg jugé pour avoir remplacé les étiquettes de prix dans un supermarché par des étiquettes anti-guerre. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à dix ans de prison. Sur les autocollants, les prix figurant sur les étiquettes ont été remplacés par des chiffres faisant allusion aux civils tués pendant la guerre, et la description des produits remplacée par les actions des troupes du Kremlin.

Selon le média russe indépendant Mediazona, l’action « a été un succès » et ces étiquettes ont commencé à apparaître dans les supermarchés. Mais les forces de sécurité ont commencé à infliger des amendes et à procéder à des arrestations.

Women in black : la resistance féministe
L’initiative visant à modifier les étiquettes des prix a été lancée par un autre groupe qui organise ce type de protestation de guérilla : la Résistance féministe anti-guerre. Le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, des passantes vêtues de noir ont porté et déposé des bouquets de fleurs au pied des monuments de 94 villes russes, dont Moscou et Saint-Pétersbourg. La police a procédé à plusieurs arrestations, dont 60 à Moscou.
Depuis, l’action se poursuit chaque vendredi sous le hashtag #women_in_black. Le collectif, qui compte plus de 30 000 followers sur Telegram, appelle les femmes, non seulement de Russie mais dans le monde entier, à descendre dans la rue vêtues de noir et avec des roses blanches pour protester contre la guerre. Sur leurs réseaux sociaux, il invite également à des actions de rue. « Je me demande s’il existe une ville en Russie où il n’y a encore aucune trace de résistance à la guerre », écrivent-elles. Et elles donnent également des conseils sur la manière de distribuer leurs messages : « Scooter électrique pacifique. Sur les nouveaux modèles rouges, il y a de la place pour coller un autocollant. Lorsque les gens les ramasseront, ces affiches circuleront dans la ville. »

« Nourrissons les oiseaux, pas la guerre ! »
Les protestataires appellent aussi à installer des mangeoires pour oiseaux dans les parcs : « On a le sentiment que l’hiver en Russie ne se terminera pas avant la fin de la guerre, donc les mangeoires pour oiseaux sont toujours utiles. Nourrissons les oiseaux, pas la guerre ! », proclament-ils, en demandant de placer ces messages anti-guerre dans des parcs « où il n’y a pas de surveillance vidéo mais où beaucoup de gens se promènent le week-end ».
Plusieurs de ces protestations ont été réalisées simultanément par les deux collectifs. C’est le cas de la campagne pour demander des arrêts maladie pour protester entre le 18 et le 24 avril.

Juliane Fürst, directrice du département Communisme et société du Centre d’histoire contemporaine de Potsdam, en Allemagne, a analysé dans un récent article publié dans ElDiario.es le comportement particulier des jeunes Russes et leurs formes de protestation « à l’arrière-garde », et l’a associée à « la soif d’évasion » des hippies pendant l’ère soviétique, qui s’est aujourd’hui «traduite par un exode de nombreux jeunes intellectuels russes vers l’Occident et les pays voisins ».
« Certains jeunes Russes sont à la recherche de pratiques alternatives, de héros alternatifs, de canaux d’information alternatifs, de sujets de conversation alternatifs, de manières alternatives de voir le monde et d’entrer en relation avec l’Occident. Les jeunes féministes sont devenues l’une des forces motrices de la résistance organisée. De jeunes informaticiens créent de nouvelles entreprises dans les anciennes Républiques soviétiques. De jeunes journalistes écrivent depuis Riga, Tallinn et Berlin. Lorsque le régime de Poutine prendra fin, il existera déjà un petit monde russe alternatif. Et les historiens écriront alors à propos des noyaux de changement qui avaient été vus pour la première fois à l’apogée du régime de Poutine », dit-il.
En Russie, depuis sa fondation, Vesna a mené de nombreuses actions de protestation contre Poutine. L’une des plus médiatisées a été une « fête » organisée en octobre 2020 près de l’ancienne résidence de Poutine à Saint-Pétersbourg pour « célébrer » l’anniversaire [du président]. À la fin de l’action, les participants sont tombés de leur chaise, dans une allusion à la tentative d’empoisonnement d’Alexei Navalny, figure de l’opposition, peu de temps auparavant.

Vesna fait la promotion d’une nouvelle campagne pour le 9 mai, jour de la victoire en Russie, qui commémore la signature de la reddition des troupes nazies face à l’Armée rouge soviétique. Des défilés militaires dans tout le pays rendront hommage aux morts de cette guerre-là. L’action de protestation consistera à porter la photo d’un membre de la famille mort pendant la Seconde Guerre mondiale avec un slogan anti-guerre : « Il s’est battu et pas pour ça » ; « Il rêvait de la paix dans le monde » et « il n’est pas mort pour une nouvelle guerre » : voilà quelques-uns des slogans proposés.
Les protestations silencieuses se multiplient dans toute la Russie, alors que dans les chaînes de télévision du Kremlin on continue de soutenir en vociférant l’invasion. « Chaque jour, nous recevons des centaines de photos de ta résistance quotidienne et des commentaires sur la façon dont tu as reçu un billet anti-guerre dans un magasin, comment as-tu trouvé un ruban vert quand tu t’apprêtais à en coller un autre ou lorsque tu as vu des autocollants sur ton chemin. Nous sommes l’avenir et nous allons gagner », écrivent les Féministes contre la guerre sur leur groupe Telegram.

Vanesa Rodríguez, journaliste

24 avril, El diario.es

https://www.eldiario.es/internacional/guerrilla-clandestina-toma-silencio-calles-rusia-protestar-guerra_1_8925340.html

Traduction Mariana Sanchez (les intertitres sont de la rédaction)

Publié dans Brigades éditoriales de solidarité : Soutien à l’Ukraine résistante n°6 :
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/05/09/les-cahiers-de-lantidote-soutien-a-lukraine-resistante-volume-6/

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Lignes de front (avril et mai 2022)

Il va sans dire que les difficultés multiformes de l’armée russe – alimentées par la résistance ukrainienne – sont un élément central qu’il nous faut prendre en compte dans la réflexion sur le cours (et l’issue ?) de la guerre d’agression que l’impérialisme russe a engagé contre l’Ukraine indépendante.

Dans une note titrée « Évaluations des capacités militaires russes », Frederick W. Kagan, et ses collègues écrivent qu’après le retrait de Kiyv et la prise de Marioupol, il s’agit désormais pour la Russie de regrouper suffisamment de forces pour contrôler les oblasts de Donetsk et de Luhansk. Cependant, écrivent-ils, « il existe de bonnes raisons de s’interroger sur la capacité des forces armées russes à y parvenir [et] sur leur aptitude à utiliser efficacement la puissance de combat régénérée, malgré la simplification de la structure de commandement russe ».
Les auteurs estiment ainsi que la Russie aura des difficultés à rassembler suffisamment d’unités mécanisées « aptes au combat » pour opérer dans le Donbass « au cours des prochains mois ». S’il peut toutefois y avoir, écrivent-ils, un « coup de théâtre », il faut s’attendre à une longue guerre. La Russie continuera, selon eux, « probablement à lancer des unités gravement affaiblies », « partiellement reconstituées » dans des attaques qui, de ce fait, seront meurtrières pour elles. Toujours prudents dans le maniement des pronostics dans l’art de la guerre, il est malgré tout très possible, nuancent-ils, que l’armée russe parvienne à encercler ou à épuiser les forces ukrainiennes, notamment par d’intenses pilonnages d’artillerie. De son côté, le département d’État américain de la défense annonçait que l’armée russe aurait perdu 15 à 20% de sa capacité de combat. Il me semble intéressant ici de citer longuement les chercheurs de l’ISW. Leur analyse éclaire avec un certain esprit matérialiste la contradiction entre la force matérielle (en nombre d’hommes et en équipements) de l’armée russe et ses faibles résultats dans la conquête de l’Ukraine (on ne parle évidemment pas ici ni des destructions massives ni des crimes de guerre) [1].

« La déclaration [du département d’État] est quelque peu (involontairement) trompeuse car elle utilise l’expression capacité de combat de manière vague. [Elle] semble se référer au pourcentage de soldats mobilisés pour l’invasion qui sont en principe encore disponibles pour le combat, c’est-à-dire qui sont encore en vie, pas gravement blessés et toujours avec leurs unités. Mais une capacité de combat est bien plus que cela. La doctrine de l’armée américaine définit la capacité de combat comme « l’ensemble des moyens de destruction, de construction et d’in- formation qu’une unité ou une formation militaire peut mettre en œuvre à un moment donné ». La doctrine identifie huit éléments pour évaluer la capacité de combat : « Le leadership, l’information, le commandement et le contrôle, le mouvement et la manœuvre, le renseignement, le feu, le maintien en puissance et la protection. »

Nos auteurs soulignent que la contradiction évoquée plus haut permet de comprendre « pourquoi les forces russes ont obtenu des résultats si médiocres malgré leur important avantage numérique » et que cette compréhension doit éclairer « l’évolution de la prochaine phase de la guerre ». En effet, notent-ils à l’appui de leurs remarques, si la Russie conservait 80 à 85% de sa capacité de combat d’origine, cela voudrait dire qu’elle disposerait encore d’une « énorme puissance » à aligner contre l’Ukraine. Mais, disent-ils, on ne peut compter comme cela. Une observation correcte doit porter sur chacune des unités de combat (brigades, etc.) : « La réalité, écrivent-ils, comme le montrent clairement les documents du département d’État et d’autres sources, est plus compliquée et brosse un sombre tableau pour les commandants russes qui envisagent de reprendre des opérations offensives majeures. » En effet, les nombreuses formations qui ont subi 15 à 20% de pertes n’ont plus le même caractère opérationnel, ce qui réduit globalement la capacité offensive russe.

C’est à ce stade de la démonstration que la description que les auteurs font de l’état des forces russes prend toute son importance : « Les unités russes qui ont combattu en Ukraine ont subi des dommages effrayants. » Certaines unités auraient été « éradiquées » (elles auraient perdu plus de 30% de leurs effectifs), d’autres sont dispersées ou ne disposent « peut-être que de quelques véhicules ». Il va falloir reconstituer des unités ou réaffecter les hommes et le matériel à d’autres unités.

Selon les auteurs de la note, des unités ayant subi de telles pertes restent inaptes au combat tant qu’elles ne sont pas reconstituées et rééquipées. Pour ce faire, il faut incorporer des nouvelles recrues mais il faut du temps pour les intégrer et les entrainer correctement. Car, rappellent-ils, « la capacité de combat d’une unité résulte en grande partie de sa capacité à fonctionner comme un ensemble cohérent plutôt que comme un groupe d’individus ».

Enfin, les mêmes rappellent que les hommes qui sortent de telles batailles ont «besoin de temps pour retrouver leur moral et leur volonté de combattre, deux facteurs gravement détériorés par l’humiliation de la défaite, le stress et les dommages psychologiques liés aux pertes subies ».

A propos du renouvellement des effectifs, la Russie a déclenché son processus annuel d’incorporation des nouveaux appelés du contingent : 130 000 jeunes hommes sont ainsi habituellement attendus dans les casernes à cette période de l’année pour répondre à leurs obligations militaires (un an). D’autre part, le rappel de 60 000 réservistes a également été déclenché [2]. Mais, note l’ISW, la Russie a probablement « déjà épuisé » le contingent de réservistes récemment libérés du service militaire ; la jeunesse de ces hommes étant une qualité qui les « rend susceptibles d’être plus efficaces au combat ». En revanche, les réservistes plus anciens sont non seulement plus âgés mais surtout « loin de leur expérience militaire » et « leurs compétences et habitudes militaires sont probablement sérieusement dégradées ». Il faudra donc plusieurs semaines, voire plus, pour les « réintégrer dans des unités » aptes au combat. Faute de quoi, peut-on lire dans la note de l’ISW, ces réservistes et ces conscrits « n’apporteront probablement qu’une capacité de combat relativement faible aux unités qu’ils rejoindront. […] Les envoyer de toute urgence dans des unités de première ligne au cours des prochains mois n’en fera que de la chair à canon ». Ce qui n’effraie sans doute pas l’état-major russe mais qui pourrait avoir des conséquences politiques redoutables. Michel Goya, le commentateur de BFM et rédacteur du site La voie de l’épée, va dans le même sens : « Amener des renforts individuels directement pour compléter des sections en première ligne sans aucun lien social est généralement une catastrophe. »

Le moral, rappellent les chercheurs de l’ISW, est un élément clé de la capacité de combat. Ils rapportent quelques informations sur le bas moral de certaines unités d’élite russe :

Un nombre croissant de parachutistes ont refusé de combattre. Les familles de certains soldats auraient fait appel aux tribunaux pour contraindre l’armée à accepter les ruptures de contrat […] 60 parachutistes auraient refusé de se battre. Le dirigeant de l’organisation russe de défense des droits humains, Agora, rapporte que des membres de la Rosgvardia ont refusé de se rendre en Ukraine et que ceux qui y étaient partis avaient refusé de retourner au combat.

De leur côté, les services ukrainiens (GUR) annoncent que 80% des effectifs de certaines unités russes auraient refusé de retourner au front. Ce qui serait le cas pour une unité russe ayant combattu en Syrie et qui ayant subi des pertes importantes à Marioupol aurait refusé les ordres. Selon le GUR, on observe également des cas de mutilation volontaire parmi les soldats russes et des plaintes pour le manque de nourriture.

Les auteurs de l’ISW notent que si la plupart de ces rapports établis par le GUR sont à la fois « anecdotiques » et non confirmés, « le tableau qu’ils dressent est cohérent et concordant » avec d’autres observations.
Si, comme les divers commentateurs l’affirment, l’objectif de Poutine est de s’offrir un triomphe de tsar, le 9 mai prochain, en faisant défiler une armée victorieuse occupant l’est et le sud de l’Ukraine, il y a loin de la coupe aux lèvres. C’est ce que nous dit Michel Goya :

Au bout du compte, on ne voit pas comment les groupements tactiques russes, même bénéficiant de la supériorité des feux d’appui, pourraient dépasser en gamme tactique sur les points de contact les bataillons ukrainiens dans le Donbass, usés, mais en posture défensive solide [3], sans aucun doute de meilleur moral, et possiblement renforcés. Et même si les Russes parviennent à être supérieurs, on ne voit pas comment ils pourraient créer suffisamment de points de contact victorieux pour l’emporter dans cette offensive du printemps.

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Les forces russes n’ont réalisé aucune avancée significative sur aucun axe d’avancée le 8 mai. La contre-offensive ukrainienne au nord-est de la ville de Kharkiv a probablement contraint les troupes russes à se redéployer vers Kharkiv au lieu de renforcer les opérations offensives russes bloquées ailleurs dans l’est de l’Ukraine. Les forces russes poursuivent leur tentative d’atteindre les frontières administratives des oblasts de Donetsk et de Louhansk mais n’ont pas réalisé de gains territoriaux substantiels depuis la sécurisation de Popasna le 7 mai.

Sources : ISW, CNN, La voie de l’épée, The Guardian.

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Rappel des réservistes

Selon la chaîne Telegram Важные истории, les réservistes russes, notamment les officiers, auraient commencé à recevoir leur ordre de mobilisation.

Refus d’obéissance

Meduza, fait état, au début du mois d’avril, d’une soixantaine de soldats de Pskov ayant refusé leur ordre de mobilisation et ayant demandé le statut d’objecteurs. Ils sont soutenus par un avocat, Maxim Grebenyukunn [4], lui-même ancien officier et défenseur institutionnelle des soldats. Après avoir démissionné de son poste d’assistant du procureur militaire, « qui au lieu de protéger les personnels militaires et leurs droits a comme priorité la défense des intérêts de l’État », il a créé une structure baptisée Military Ombudsman (« Médiateur militaire »), laquelle reprend un mode de défense des personnels militaires existant dans les pays scandinaves. « Oui, je pense que nous ne devrions pas envoyer des soldats mourir là-bas, déclare-t-il, c’est mon opinion personnelle. Mais en tant qu’avocat, je soutiens [la loi] et ces soldats qui ont suivi les ordres et sont allés là-bas. » Il a ainsi publié des témoignages faisant état de la distribution de rations alimentaires de combat périmées, de blessés et de traumatisés «réparés» et renvoyés au combat.

Maxim Grebenyuk raconte s’être rendu dans la région de Bryansk et avoir convaincu un commandant d’unité de ne pas engager un appelé dans l’« opération spéciale en Ukraine », en s’appuyant sur un décret interdisant l’envoi de conscrits : « Il est donc possible de faire un travail et de libérer individuellement des soldats de l’emprise de la mère patrie. »
L’avocat fait état de plusieurs dizaines de conscrits qui ont pris contact avec lui pour pouvoir accéder au statut d’objecteur. Et pour une prise de contact, dit-il, « il y a tout un groupe avec lequel il partage l’information après m’avoir consulté ».
Tout en mentionnant que des officiers lui ont égale- ment demandé de l’aide, à la question « Quelles sont les caractéristiques des soldats qui refusent d’aller en Ukraine ? », il répond : « Je ne peux pas vous répondre car je suis en Russie et je ne veux pas « discréditer » les forces armées de la Fédération de Russie. »
Les Ukrainiens, conclut-il, « savent pour quoi ils meurent, c’est dans cela que s’enracine leur intrépidité. Quand nos grands-pères se sont battus, ils savaient pourquoi ils mouraient. Mais aujourd’hui, nos soldats ne comprennent pas pourquoi leur mort est nécessaire. »

Disparus au combat

« Mon fils est-il mort ? », c’est la question que posent les mères des appelés du contingent qui étaient affectés sur le Moskva, le navire-amiral russe coulé par l’armée ukrainienne et sur lequel il y aurait eu entre 200 et 300 appelés du contingent. Alors que le chiffre de plusieurs dizaines de marins tués circule parmi les familles, Moscou continue de prétendre que « tout l’équipage est sain et sauf ». Pourtant, des dizaines de familles sont sans nouvelles.
Meduza, le journal russe en exil à Riga, s’est entre- tenu avec les mères de deux membres de l’équipage. Nous en reproduisons ici quelques extraits.
Tatyana Yefremonko a demandé par téléphone aux autorités militaires s’il y avait des blessés hospitalisés qui seraient frappés d’amnésie. « Ils m’ont dit qu’il n’y en avait pas », puis raconte Tatyana Yefremonko, « la connexion a été coupée et je n’ai plus réussi à les joindre ».

Elle a alors appelé le ministère de la défense de Sébastopol où on lui a répondu que son fils était « porté disparu ». Même scénario : le numéro est devenu « indisponible ». Elle a donc décidé d’aller sur place chercher des nouvelles. Elle a constitué un dossier avec les photos des disparus qu’elle a trouvées sur les réseaux sociaux. « Je les ai imprimées et étiquetées et je vais faire le tour des hôpitaux. Si je ne retrouve pas mon fils, je retrouverai au moins quelqu’un d’autre et j’aiderai d’autres mères », a-t- elle déclaré à Meduza.
« Les officiers disent tous la même chose, qu’il est porté disparu au combat, mais ils ne disent pas où il a disparu ? En mer ? Sur terre ? Personne n’explique les circonstances, personne ne dit combien il y a de blessés, combien il y a de disparus. »
Nikita Yefremenko, a 19 ans, il faisait son service militaire à bord du
Moskva, où il avait été affecté en novembre dernier. « Mon fils ne m’a rien dit. Une fois, il a dit qu’ils avaient un entraînement et qu’ensuite ils iraient en mer. C’était avant les opérations militaires» Sa mère n’a aucune nouvelle. Dans une lettre, il disait à sa mère qu’il ne «voulait plus signer de contrat à la fin de son service ». Sans dire pourquoi.
Yulia Tsyvova est la mère d’Andrey Tsyvov, 19 ans, lui aussi appelé du contingent. « Je ne peux obtenir aucune information sur mon fils, déclare-t-elle à
Meduza. Personne ne dit rien, tout le monde se tait. Nous avons appelé le bureau de recrutement et le ministère de la défense… » Elle raconte que le 16 avril, la télévision russe a montré des images des « marins alignés » devant le commandant en chef de la marine russe. « Nos enfants n’étaient pas là. J’ai regardé les photos postées dans les groupes, où les gens recherchent les disparus – il y en a déjà plus de dix. »
Vivant en Crimée, elle s’est également déplacée jusqu’aux bureau de la marine à Sébastopol où on lui a montré une liste d’une trentaine de disparus. « Je leur ai demandé de m’expliquer ce que signifie “disparu au combat”. Est-ce que ça veut dire que mon fils est mort ? » La réponse a été rien moins que claire : « Non il n’est pas mort, mais il n’est simplement ni en service actif ni à l’hôpital. » Mais où est-il, interroge Yulia Tsyvova ?

Source : Meduza
https://meduza.io/en/feature/2022/02/26/i-m-panicking-where-is-my-child

[1] Conseillers officieux de Washington, ils font preuve d’une liberté de ton qui leur permet, tout en s’excusant de leurs remarques, de critiquer les services américains qui n’ont pas su apprécier correctement le tigre russe en le surestimant. Voir Patrick Silberstein, « L’armée russe est un tigre de papier et le papier est maintenant en feu », dans Liberté et démocratie pour les peuples d’Ukraine, n°2, https://www.syllepse.net/syllepse_images/articles/liberte—et-de–mocratie-pour-les-peuples-dukraine-2.pdf  ; Dan La Botz et Patrick Silberstein, « La Russie et l’Ukraine: impasse ou tournant ? », Liberté et démocratie pour les peuples d’Ukraine, n°4, https://www.syllepse.net/syllepse_images/articles/liberte—et-de–mocratie-pour-les-peuples-dukraine-n-deg-4-pdf.pdf

[2] Sans oublier le recrutement de mercenaires de toutes sortes. Dans sa note du 11 avril, l’ISW fait état de la mise en place de dispositifs d’élargissement de la conscription à des jeunes auparavant réformés ou sursitaires, voire à des travailleurs des « industries protégées ». La police établirait des barrages routiers pour délivrer des avis de mobilisation.

[3] Sur l’armement et la structuration de l’armée ukrainienne, voir notamment Le Monde, 10-11 avril 2022.

[4]. Voir l’entretien complet avec Maxil Grebenyuk, https://meduza.io  – https://meduza.io/en

Patrick Silberstein

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Point de situation des opérations en Ukraine 8 mai 2022

08 mai

Les opérations en cours en Ukraine se déroulent sur 900 km de front de Kharkiv à Mykolayev et dans les zones de l’arrière, accessibles aux unités légères infiltrées ou aux forces aériennes, qui englobent l’Ukraine toute entière, la partie de la Russie proche de la frontière, la Biélorussie et la mer Noire jusqu’à l’île au Serpents.

L’économie des forces sur le front
Ces 900 km sont tenus par 27 brigades de manœuvre ukrainiennes de trois à cinq bataillons, et des brigades de Garde nationale/territoriaux inégalement réparties en ligne et dans les bastions urbains. Ces brigades sont appuyées par quelques régiments ou brigades d’artillerie de zones de défense. 
En face, les divisions et brigades russes alignent pour l’instant 95 groupements tactiques (GT) sur 140 au maximum de l’engagement (1 GT = 1 bataillon blindé renforcé + 1 bataillon d’artillerie), plus les deux corps d’armée des républiques séparatistes soit une quinzaine de GT. Les armées combinées russes disposent chacune de deux brigades d’artillerie, missiles et obusiers, et d’éléments d’appui divers dont un régiment du génie et une brigade spetsnaz. L’ensemble peut bénéficier aussi des 200 à 300 sorties quotidiennes des forces aériennes russes, au profit des unités au contact ou agissant dans la profondeur du théâtre d’opération.
Les forces sont donc sensiblement équilibrées sur l’ensemble du front. Sur les points de contact, les bataillons ukrainiens sont plutôt de gamme tactique supérieure aux bataillons russes, mais les forces russes compensent cette infériorité par une plus grande puissance de feu, en particulier d’artillerie. Les deux camps, surtout du côté ukrainien, bénéficient de l’avantage défensif de positions organisées. Il est difficile dans ces conditions de pouvoir progresser et donc d’obtenir des effets stratégiques. 
La seule manière d’y parvenir est d’avoir un rapport de forces de 2 contre 1 en nombre de bataillons de combat dans les secteurs jugés prioritaires. Or, les réserves sont rares. Après avoir récupéré presque tous les GT disponibles, les Russes ont utilisé les unités dégagées de la région de Kiev puis de Marioupol, même si les combats continuent autour d’Azovstal, pour les déployer (dans quel état ?) dans la zone principale de combat. 
Du côté ukrainien, les réserves susceptibles d’être engagées sur le front sont également assez limitées – peut-être 5 brigades – compte tenu également de l’usure des combats à Kiev et dans le Nord-Est et la nécessité d’y maintenir des unités. La véritable réserve opérative ukrainienne vient de l’aide matérielle occidentale, et principalement américaine, et l’effort massif d’instruction qui est fait, qui peut permettre, au-delà de recompléter les unités déjà engagées, de constituer de nouveaux bataillons et peut-être des brigades, de manœuvre mais sans doute pas avant plusieurs semaines. 

La zone SKS
Il n’y a donc guère d’autre solution que de redistribuer les forces le long de la ligne de front, en les concentrant sur les zones d’attaque et en admettant une infériorité dans les secteurs jugées secondaires. Sans doute pressés par la nécessité d’obtenir des résultats rapides, ce sont les Russes qui ont procédés aux plus grandes redistributions en acceptant une faible densité de forces dans les secteurs de Kherson et de Kharkiv, et de concentrer 48 GT et beaucoup d’appuis dans la zone prioritaire de Yzium à Popasna autour des trois villes cibles de Sloviansk, Serverodonetsk et Kramatovsk face à dix brigades de manœuvre ukrainiennes, dont le renfort de la 17e brigade blindée et sans doute l’équivalent de 20 bataillons de territoriaux et gardes nationaux. 
Appuyés par de grandes masses d’artillerie, les forces russes poursuivent toujours leurs trois attaques convergentes : autour de Severedonetsk, autour de Sloviansk par le Nord et enfin plus largement autour de toute la poche via Barvinkove à l’Ouest et les républiques séparatistes au Sud-Est. C’est le même plan qui est mis en œuvre depuis la mi-mars, mais alimenté depuis début avril par les forces venues du secteur de Kharkiv d’abord puis de Kiev, avec une augmentation d’intensité depuis le 18 avril. 

Dans ces trois dernières semaines, la grande force russe de la poche d’Yzium (22 GT) a franchi la rivière Donets et progressé vers l’Ouest sur 10 km face à la 25e brigade aéroportée et la 81e brigade d’assaut aérien et plein Sud contre la 3e brigade blindée jusqu’à la petite localité de Kurulta à 15 km de Sloviansk. Au Nord-Est de Sloviansk, les forces russes ont progressé contre la 95e brigade d’assaut aérien jusqu’à Lyman et Ozerne à environ 15 km. Entre ces deux zones, s’est formée une poche tenue de plus en plus difficilement par la 57e brigade motorisée. 
La frappe du 1er mai sur l’état-major de la 2e
 armée combinée à Yzium et les menaces sur l’arrière ont sans doute freiné la progression russe mais celle-ci se poursuit lentement. A ce rythme, Les Russes pourraient être devant Sloviansk à la fin du mois de mai. Ce rythme peut être accéléré si la 57e brigade, menacée d’encerclement, se replie sur Sloviansk, mais elle peut aussi s’arrêter à tout moment par l’usure des unités engagées (15 à 20 véhicules de combat russes perdus par jour contre contre 5 à 10 ukrainiens), l’insuffisance logistique ou un évènement extérieur. 
La progression est encore plus lente autour de Severodonetsk où après deux mois de combat les Russes peuvent se targuer de la prise de Rubizhne face à la 79e brigade d’assaut par air en périphérie Nord de la ville et le 7 mai de Popasna, 20 km au Sud avec notamment les combattants de Wagner et de la 150e division motorisée russe (retirée de Marioupol) face à la 24e brigade mécanisée. 
L’objectif suivant depuis Popasna est probablement Bakhmut à une dizaine de kilomètres de là et à une vingtaine de kilomètres de Kramatorsk et Sloviansk. La prise de Bakhmut mettrait en danger toute la zone de Severodonetsk mais il sera sans doute impossible d’y parvenir sans un effort parallèle depuis Horlivka de la part des 1er et 2e corps d’armée (DNR et LNR) contre la 30e brigade mécanisée en position retranchée. Il paraît difficile d’imaginer quelque chose de décisif de côté avant un mois. 
Il faudra donc attendre au mieux pour les Russes le début du mois de juin, pour envisager le siège de la ville de Severodonetsk, presque aussi difficile à prendre que Marioupol, et l’investissement par ailleurs sans doute incomplet du couple Sloviansk-Kramatorsk, aussi difficile que Marioupol. 

Les secteurs équilibrés
En faisant effort dans la zone SKS, les Russes ont mécaniquement négligé les autres. La ligne frontière des deux républiques séparatistes est occupée par 20 GT face à 4 brigades ukrainiennes solidement retranchées. Après les trois grandes villes du Nord, Propovsk à 40 km de Donetsk est le quatrième objectif indispensable à la conquête du Donbass. Elle paraît à ce stade inaccessible. 

La zone de Zaporojia à Donestk est plus favorable aux forces russes qui réunissent 13 GT face à quatre brigades ukrainiennes dont une de territoriale et une de garde nationale. La progression russe est sensible à Orikhiv, à 30 km de Zaporijjia et Houliapole au centre de la ligne, mais c’est une zone où les Ukrainiens peuvent accepter de perdre du terrain et il est là-encore, à moins d’un effondrement ukrainien, difficile d’imaginer un résultat important avant juin. 

Les secteurs faibles
Reste les deux secteurs où les Russes sont faibles. Du côté de Kherson, au-delà du Dniepr les combats sont équilibrés, malgré un avantage du côté ukrainien. Une grande activité à l’ouest de la zone – agitation en Transnistrie, frappes de missiles sur Odessa, destruction du pont de Zatoka sur l’embouchure du Dniestr – est sans doute destinée à maintenir l’attention et donc des forces de ce côté. Il y aurait là un énorme potentiel de succès pour les Ukrainiens s’ils parvenaient à couper les forces russes des passages sur le Dniepr. 
C’est du côté de Kharkiv que les Ukrainiens portent leur effort et le fait qu’ils y consacrent des brigades qui pourraient être engagées dans le secteur de Sloviansk témoigne sans doute de leur confiance dans la capacité de résistance de la zone SKS. Après avoir progressé à l’Est de Kharkiv, les forces ukrainiennes progressent désormais au Nord et Nord-Est et se sont emparées de la localité de Staryï Saltiv, sur la rivière Donets. La frontière russe devrait être atteinte rapidement. Dans l’immédiat, cela écarte la menace de l’artillerie sur la ville et à court terme, cela peut obliger les Russes à retirer des forces de la poche d’Yzium afin de renforcer leurs arrières. 

Les espaces profonds 
Intense activité aérienne russe en profondeur avec un emploi massif de missiles, en grande partie pour entraver les approvisionnements occidentaux. 
Depuis le 30 avril, les Ukrainiens pratiquent une campagne de frappes sur l’île aux Serpents/de Bile à 35 km au large de la frontière ukraino-roumaine transformée en base anti-aérienne et anti-navires après la destruction du croiseur 
Moskva. L’île à fait l’objet d’attaques par drones TB-2 qui ont détruits plusieurs systèmes de défense antiaériens, un chaland de débarquement et un hélicoptère Mi-8. La neutralisation des défenses a facilité un raid de deux chasseurs Su-27 le 7 mai sur les bâtiments du centre de l’île. On ne peut exclure l’hypothèse d’une reprise de l’île par les Ukrainiens et la mise en place d’une défense anti-accès qui menacerait jusqu’à la base russe de Sébastopol. 

Michel Goya, 5 mai 2022

https://lavoiedelepee.blogspot.com

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Russie. Du ruban à la croix gammée

L’écrivain Sergei Medvedev sur la façon dont le virus Z a infecté la Russie

Comme une chauve-souris covidée, elle a envahi nos vies, nos rêves, nos peurs. Se répandant comme un virus, avec ses coins pointus comme des griffes, déchirant le tissu de l’existence, laissant partout sa marque mortelle. La lettre Z, qui est instantanément devenue le symbole de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, ou plus modestement, contre le monde entier. La veille du 9 mai, elle investit l’espace visuel des villes, les façades des immeubles, les vitrines des magasins, les flancs des bus et les fenêtres des voitures, mais le plus souvent les portes arrière des camions de livraison, où cette lettre est écrite d’un doigt sur la saleté.

Les prisonniers dans les cours de prison et les enfants dans les jardins d’enfants s’alignent en forme de Z, les livres sont rangés dans les bibliothèques et les bâtiments administratifs sont illuminés en forme de Z, et à Kemerovo, le gouverneur Tsivilov ordonne dans des documents officiels de rebaptiser sa région KuZbass. (Je me demande s’il est lui-même appelé Herr Zivilev à la manière allemande.) La Russie est saisie par la fièvre Z.

Que signifie ce symbole ? Laissons de côté les spéculations d’amateurs selon lesquelles les lettres V et Z sont des marques noires pour Vladimir Zelensky, laissons de côté les slogans de propagande maladroits, comme tout ce qui vient du ministère de la défense, « Z pour la victoire » et « Z pour la guerre » et tout le symbolisme militaire complexe avec des signes de groupements orientaux, occidentaux, de Crimée, les unités de Kadyrov et les forces spéciales – quelle que soit la signification de cette lettre dans le marquage du matériel militaire, sa promotion instantanée, l’apparition de milliers de panneaux d’affichage et de séquences de haute qualité des actions de Z à partir de drones, le zèle administratif pour l’apposer sur les façades des bâtiments gouvernementaux – tout cela suggère une vaste campagne de propagande conçue avant même le début de la guerre et apparemment approuvée par le Kremlin.

Mais pourquoi le Z en lettre latine, pourquoi les lettres étrangères pointues Z et V ont-elles été choisies comme symboles du monde russe, pour ramener l’Ukraine dans le giron des peuples slaves, pour combattre la contagion occidentale du « nazisme » ?

Après tout, pendant longtemps, pendant près de vingt ans, la Russie a eu son propre symbole national : le ruban de Saint-Georges, qui, en tant que marqueur d’identité, a parfois remplacé le drapeau russe. D’un point de vue purement imagé, c’était une trouvaille réussie : le ruban reliait le passé héroïque (les grands-pères avaient combattu) et le présent revanchard (la Russie se relevant de ses genoux), unissait les générations et les classes dans une société déchirée par la méfiance et l’inégalité sociale, et constituait un pansement sur la blessure d’une fierté nationale écrasée. Il remplissait précisément la même fonction que la dentelle rouge du fascisme, le faisceau de licteurs romains (une hache entourée de fouets), qui a été choisi comme symbole et a donné le nom au fascisme italien. Le fascisme, dans son sens le plus primaire, c’est la cohésion de la société, la politique de base, le principe de synodalité. « Sobornost » n’est peut-être pas du tout une traduction adéquate du terme « fascisme ».

C’est précisément ce type de fascisme de type méditerranéen, avec un État paternaliste, des oligarques subordonnés, le culte du passé et la propagande de guerre, qui s’est construit en Russie au cours des dernières décennies – le même fascisme corporatif qui a fait la queue à travers les ministères lors des « putinings » pour soutenir l’annexion de la Crimée, a défilé en colonnes avec des portraits génériques lors de rassemblements du « régiment immortel », a tué Baburina et Markelov, Politkovskaya et Nemtsov, puis a envoyé ses troupes d’assaut détruire le mémorial de Nemtsov sur le pont de Moscou, a tourné des films patriotiques et a interdit les productions théâtrales et les expositions d’« art dégénéré ».

La société était attachée au ruban de Saint-Georges comme à la marchandise d’une vitrine festive – les personnes particulièrement sensibles ont protesté contre les arcs de Saint-Georges sur les bouteilles de vodka, mais qui dit que la vodka n’est pas un substrat du patriotisme ?

Mais le 24 février, le ruban a été coupé avec un signe Z très net. Elle n’a pas apporté la paix mais une épée et a marqué une rupture radicale avec le passé. En fait, c’est le point principal de la guerre en Ukraine – il s’agit d’un geste radical de dénégation, de mise à l’écart de la Russie du flux de l’histoire et de la logique des relations internationales, un acte de rupture des conventions.

C’est exactement ce que le Kremlin recherche depuis longtemps : l’abolition des règles et une révision radicale de l’ordre mondial, qu’il considère comme injuste pour la Russie. À cette fin, une opération militaire terrestre sans précédent, d’une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, a été entreprise et symbolisée par un signe marquant une rupture avec la tradition, voire avec l’alphabet russe lui-même. Et ce n’est pas un hasard si Z est la dernière lettre de l’alphabet latin, suivie d’un vide, d’une fin, PPC, comme on l’abrège communément.

Les observateurs notent à juste titre sa ressemblance avec les symboles nazis : le signe runique Wolfsangel, qui était le signe tactique de la 4e division SS qui a combattu près de Luga, Pskov et Leningrad, et de la 133e division Vestungs de la Wehrmacht. Il est difficile de supposer que c’était ce que les technologues politiques russes avaient à l’esprit lorsqu’ils ont élaboré l’image visuelle de l’opération de « dénazification », mais par une diabolique ironie du sort, le symbole de guerre russe a été identifié sans équivoque comme un symbole nazi.

Z marque le passage du fascisme teigneux de la dernière décennie à un nazisme chimiquement pur, l’idée de la supériorité de la race russe sur l’ethnie ukrainienne qui, selon les articles et manifestes pseudo-historiques de Poutine comme l’odieux pamphlet de Timofey Sergeev, n’a pas de subjectivité propre, pas de droit à la nationalité, à l’État, à la culture, à la langue et à une existence indépendante. Les Ukrainiens, dans la nouvelle idéologie russe, ont pris la place des Juifs dans l’idéologie nazie, et le but de la guerre est essentiellement « la solution finale à la question ukrainienne », qui est apparemment devenue la priorité du président russe.

Mais d’une manière inattendue, la croix gammée Z inachevée a captivé l’imagination des Russes et est devenue virale dans tout le pays, imprimant sa marque partout, comme Zorro qui peignait sa rapière sur la peau de ses victimes. D’un mème de propagande, il est devenu une idée nationale – une idéologie de la destruction, du déni, de la nullité.

Ils ont apposé la lettre Z sur les principaux symboles russes – sur les dômes des églises, sur les gâteaux de Pâques (le Patriarcat a même dû publier une clarification spéciale, exhortant les fidèles à ne pas faire cela), sur l’étoile rouge et sur le même ruban de Saint-Georges. Le défilé du 9 mai risque également de se dérouler sous le signe du Z et sera donc annulé, dévalué – les vainqueurs du nazisme en 1945 défileront sous la symbolique nazie de 2022.

Le signe Z est inscrit sur les portes des ennemis du Reich, comme ce fut le cas pour le critique de cinéma Anton Dolin, la critique de théâtre Marina Davydova, la participante des Pussy Riot Rita Flores et d’autres personnalités publiques qui ont osé exprimer leur désaccord avec la guerre ; le signe Z a été peint par des pogromistes (forces de sécurité) dans le bureau du Mémorial de Moscou, qui a finalement été fermé et liquidé dans les premières semaines de la guerre.

En substance, toute la Russie est marquée d’un épais signe Z, taché de sang et de peinture, qui raye toute la vie qui s’est développée dans cet espace au cours des trente dernières années – l’économie de marché, la société civile, les liens avec le monde extérieur, les espoirs pour l’avenir. La Russie s’arrache avec fracas à son propre passé, à la culture de la vie quotidienne, à la civilisation mondiale, et il y a quelque chose de véritablement infernal dans ce tableau d’autodestruction volontaire. C’est l’un des mots préférés de Dostoïevski, « nu », qui décrit le mieux cette situation : la Russie est nue dans cette extase sado-masochiste de la guerre – sans pantalon, mais avec un T-shirt portant l’inscription « Je n’ai pas honte. »

En parlant de sadomasochisme. Les technologues politiques qui ont imaginé le symbole Z étaient manifestement des gens qui avaient le sens de l’humour, se souvenant bien de Pulp Fiction de Tarantino et du Zed pervers en cuir et latex sur une Harley avec un porte-clés en forme de Z. L’un des meilleurs épisodes du film (mais y a-t-il des pires ?) est le dialogue final entre Butch Coolidge, joué par Bruce Willis, et sa petite amie Fabian :
Fabian : A qui est ce vélo ?
Butch : C’est un hélico, bébé.
Fabian : A qui appartient cet hélicoptère ?
Butch : Zeda.
Fabian : Qui est Zed ?
Butch : Zed est mort, bébé. Zed est mort.

Je ne pense pas qu’il y ait de meilleure réponse à la question de la signification du symbole Z : « Zed, mort, bébé. Zed est mort. »
L’auteur est professeur d’histoire à l’Université libre (Moscou), présentateur des programmes de Radio Liberty, écrivain.

Sergei Medvedev
Traduction du russe vers le français par Evguénia Markon
https://www.facebook.com/100016861177357/posts/1137255653513130/
Source Холод
https://holod.media/2022/05/04/z-virus/
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62413

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Annonce Medusa 130522

Face à la guerre l’édition ukrainienne en danger
Avec Anastasiya Ryabchuk des éditons Medusa (Kyiv)

Vendredi 13 mai 2022 – 18 heures 30

Télécharger l’invitation au format PdF avec lien actif : Annonce Medusa 130522

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Liens avec d’autres textes

Sacha Filipenko : « Au Bélarus, nous avons vécu trente ans de dictature que nous espérions démonter en deux mois »

https://courrierdeuropecentrale.fr/sacha-filipenko-au-belarus-nous-avons-vecu-trente-ans-de-dictature-que-nous-esperions-demonter-en-deux-mois/

Le Congrès syndical écossais est solidaire de l’Ukraine

https://ukrainesolidaritycampaign.org/2022/05/06/scottish-trade-union-congress-stands-in-solidarity-with-ukraine/

La Red Sindical Internacional de Solidaridad y de Luchas llega a Ucrania con un convoy de ayuda a los trabajadores

https://vientosur.info/la-red-sindical-internacional-de-solidaridad-y-de-luchas-llega-a-ucrania-con-un-convoy-de-ayuda-a-los-trabajadores/

Julia Crawford : Ukraine, Cpi et Eurojust : comment cela fonctionne

Le 25 avril, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a rejoint une équipe commune d’enquête sur les crimes internationaux présumés en Ukraine, sous les auspices d’Eurojust, l’agence de l’Union européenne pour la coopération pénale. C’est une première pour la CPI. Chacun insiste sur la nécessité de coordonner les enquêtes sur l’Ukraine. Mais cela soulève des dilemmes potentiels.

https://www.justiceinfo.net/fr/91752-ukraine-cpi-eurojust-comment-cela-fonctionne.html?

Novaya Gazeta Europe : Les Russes s’accrocheront jusqu’au bout à leurs mythes

https://www.liberation.fr/international/europe/les-russes-saccrocheront-jusquau-bout-a-leurs-mythes-20220508_2IOPQAMDANAIXBJQJ56KRE6XJY/

Etre la voix des Russes qui n’accepteront jamais la guerre de Poutine : l’éditorial de « Novaïa Gazeta.Europe »

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/08/etre-la-voix-des-russes-qui-n-accepteront-jamais-la-guerre-de-poutine-l-editorial-de-novaia-gazeta-europe_6125249_3210.html

Journaliste de Grani.ru, média bloqué par Moscou, Ioulia Berezovskaïa « ne peut pas s’arrêter maintenant »

Journaliste russe indépendante exilée en France depuis huit ans, Ioulia Berezovskaïa pose un constat alarmant sur les conditions d’exercice du métier de journaliste et sur l’information à laquelle ont accès les citoyens en Russie. Elle est à Strasbourg mardi 10 mai.

https://www.rue89strasbourg.com/interview-ioulia-berezovskaia-journaliste-russe-exil-233873

Transnistrie, le prix de l’indépendance unilatérale

https://www.equaltimes.org/transnistrie-le-prix-de-l?lang=fr

La Via Campesina exprime sa solidarité avec les paysannes et les paysans ukrainiens

https://viacampesina.org/fr/la-via-campesina-exprime-sa-solidarite-avec-les-paysannes-et-les-paysans-ukrainiens/

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Tous les textes précédemment publiés 
et les liens sont maintenant regroupés sur la page :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/retrait-immediat-et-sans-condition-des-troupes-russes-solidarite-avec-la-resistance-des-ukrainien·nes/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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