Guerre contre l’Ukraine: quelles leçons et conséquences pour la Suisse ?

  • A qui et à quoi incombe la responsabilité pour la guerre ?
  • Quel rôle la Suisse a-t-elle joué dans l’armement de Poutine et comment alimente-t-elle, quotidiennement, son régime ?
  • Zoug : un haut lieu de l’antipoutinisme politique
  • Quelles leçons tirer pour la Suisse ? Que doit-elle faire ? Que doit-elle s’abstenir de faire ?

Le premier thème ne figure pas dans l’annonce de la soirée. Mais diverses discussions et publications m’incitent à clarifier à ce sujet quelques points, en tant qu’historien. 

La guerre de Poutine ou pourquoi le chauvinisme grand-russe s’acharne particulièrement contre l’Ukraine
Lorsque j’ai lu pour la première fois le discours de haine de Poutine du 21 février 2022 contre l’Ukraine, mon oreille intérieure a entendu un franquiste espagnol s’en prendre à la Catalogne. 

Ce que celui-ci appelle « l’Ukraine de Vladimir Lénine », sont pour celui-là les « rojos » républicains. Lorsque celui-ci postule que l’Ukraine fait « partie intégrante de notre propre histoire, de notre culture et de notre espace spirituel », celui-là crie « España Una Grande y Libre ». Tous deux, Poutine et le franquiste, considèrent leurs « patries » comme des êtres supérieurs et éternels. La séparation est par conséquent un « crime ». Alors que le nationaliste grand russe reproche à l’Ukraine de pratiquer la « dérussification », le Grand Espagnol reproche à la Catalogne de marginaliser l’espagnol. En tant que nationalistes linguistiques, tous deux considèrent l’ukrainien et le catalan comme de simples « dialectes ». L’un prêche une « véritable dé- communisation » [suppression d’éléments relevant de l’URSS ou supposés tels], l’autre l’anticommunisme. 

Poutine comme le franquiste souffrent de la douleur fantôme d’un ancien empire. L’un pense pouvoir l’apaiser avec le retour forcé de l’Ukraine, l’autre avec le maintien forcé de la Catalogne.

Dans une seconde lecture, j’ai examiné le discours de Poutine dans une perspective ukrainienne. L’Ukraine est plus ancienne que l’URSS. Comme dans la plupart des pays européens, le mouvement national est né au milieu du 19e siècle. Typiquement pour l’Europe de l’Est, les poètes jouaient un rôle clé. En Ukraine, il s’appelait Taras Chevtchenko [1814-1861], qui avait encore grandi en tant que serf. 

Le grand modèle de Poutine, le tsar Alexandre III [1845-1894, r. à compter de 1881], a renforcé la politique de russification, notamment en interdisant l’usage de l’ukrainien comme langue écrite, décrétée par son père en 1876. Dans le contexte de la révolution de 1905, le nationalisme ukrainien est devenu un mouvement de masse – d’ailleurs pratiquement en même temps que le nationalisme basque. Parallèlement à la partie russe de l’Ukraine, un mouvement national ukrainien s’est développé à la fin du 19e siècle en Galicie autrichienne.

Après la Première Guerre mondiale, la Révolution et la guerre civile, l’Ukraine était divisée en quatre États : l’Ukraine soviétique, l’une des républiques fondatrices de l’URSS ; l’Ukraine occidentale polonaise ; l’Ukraine des Carpates en Tchécoslovaquie et la Bucovine du Nord en Roumanie. Pour Lénine, l’Ukraine était dans les faits un rempart contre le « chauvinisme grand-russe » qu’il détestait. La faiblesse de son concept fédéraliste, qui accordait le droit à la sécession, ne résidait pas dans le concept territorial, mais dans le système du parti unique. Celui-ci exclut en fin de compte le partage – aussi territorial – du pouvoir. Mais dans les années 1920, l’ukrainisation linguistique et culturelle de la République soviétique d’Ukraine a exercé une grande attraction, surtout sur les majorités paysannes des trois autres régions ukrainiennes. 

La situation changea brusquement à partir de 1929 avec la collectivisation forcée stalinienne, qui poursuivait en outre en Ukraine l’objectif présent sous le tsarisme d’éradiquer toutes les particularités et traditions ukrainiennes. La combinaison de la famine d’origine économique et de la famine d’origine politique a coûté la vie à au moins 4 millions de personnes. 

L’Holodomor (en ukrainien : « mise à mort par la faim ») est le témoignage le plus dramatique de l’hostilité abyssale du chauvinisme grand-russe envers la nation ukrainienne. La partie soviétique de la population ukrainienne a été gravement traumatisée. Dans les trois autres parties, la gauche a perdu beaucoup d’influence.

Plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, la République soviétique d’Ukraine a déploré le plus grand nombre de victimes de toutes les républiques soviétiques après le Belarus : 7 millions de personnes, soit un sixième de la population, ont perdu la vie.

Dans l’Union soviétique post-stalinienne, l’opposition ukrainienne a été à nouveau particulièrement persécutée. Ivan Dzyuba [1931-2022], auteur d’un ouvrage intitulé Internationalisme ou russification, le travail sans doute le plus important sur le sujet (distribué clandestinement en 1968), a été condamné pour cela à cinq ans de prison.

Ce livre est le premier que j’ai lu sur l’Ukraine, en 1975. Je l’ai emporté avec moi en mars de cette année à l’une des premières manifestations organisées par l’association ukrainienne à Berne. C’est là que quelqu’un m’a dit : « Dzyuba est mort deux jours avant l’invasion, dans sa 91e année ». Tout au long de son existence, Dzyuba est resté un dissident actif. Il a été le premier ministre de la culture de l’Ukraine indépendante, de 1992 à 1994.

L’arrivée de Poutine au pouvoir en 1999/2000 a ouvert la voie à la catastrophe actuelle. L’hubris occidentale des années 2000, avec les interventions en Afghanistan, en Irak et ailleurs, lui a facilité le maintien au pouvoir. C’est ainsi qu’il a inscrit la guerre de Tchétchénie dans la War on Terror ouverte en septembre 2001. Lorsque Poutine a reçu un prix de la paix, le 12 octobre 2002 à Zoug, l’ambassadeur américain était présent lors du gala du casino. L’assassinat de plus de 20 000 personnes par l’aviation de Poutine au-dessus de la Syrie (depuis 2015) n’a pas suscité beaucoup de critiques en Occident, car les victimes étaient taxées de « terroristes islamistes ». Il y a là un certain parallèle avec la situation d’alors. 

Le fait que l’OTAN ait facilité la tâche de Poutine ne change rien au fait que ce dernier est le seul responsable de la guerre en Ukraine. La responsabilité de l’OTAN réside dans le fait qu’elle a favorisé l’ascension de Poutine dans les années 1990. Mais à trop chercher les motifs de cette guerre en dehors du Kremlin, on en vient à oublier le caractère du chauvinisme grand-russe ; soit un nationalisme qui déteste tout particulièrement l’Ukraine.

Le réarmement et la fourniture d’armes pour Poutine à partir la Suisse
Une idéologie agressive ne suffit pas pour faire la guerre. Il faut pour cela une armée. Et celle-ci coûte de l’argent. Pendant toutes ces années, la Suisse a aidé Poutine à remplir son trésor de guerre et à développer des armes. Et maintenant, elle l’aide à nourrir cette guerre.

Il est difficile de calculer combien d’argent a été versé par la Suisse dans ce trésor de guerre pendant toutes ces années. Il s’agit de milliards et de milliards. Selon l’ambassade suisse, 80% du commerce russe de matières premières passait par la Suisse, surtout par Genève, Zoug et Lugano. C’est peut-être un peu exagéré. Public Eye arrive au chiffre de 60% pour ce qui concerne le pétrole brut et les produits bruts. 

Les chiffres suivants montrent à quel point ces matières ont été et restent importantes pour le budget de l’État russe et donc pour la guerre : Le gaz et le pétrole ont rapporté à la Russie 200 milliards de dollars US par an. En 2021, le budget de l’État russe dépendait à 36% de ces exportations. 

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, le groupe public Rosneft, directement contrôlé par Poutine fournit officiellement le ministère russe de la Défense. Avec la hausse des prix de l’année dernière, ses revenus ont bondi de 46% pour atteindre 121 milliards de dollars, représentant ainsi le double du budget militaire officiel. 

Rosneft avait été sauvé en 2013 par la société genevoise Trafigura et en 2016 par la société zougoise Glencore. Le patron de Glencore, Ivan Glasenberg, a reçu pour cela en 2017 le prix de l’amitié de la Fédération de Russie des mains de Poutine.

Les deux grandes banques Crédit Suisse et UBS ont prêté ensemble entre 2016 et 2021 environ 30 milliards de dollars US à des entreprises pétrolières et gazières russes. La banque genevoise PNB Paribas a versé près de 47 milliards de dollars. A cela s’ajoutent tous les oligarques dont les avoirs dans les banques suisses s’élèvent entre 150 et 200 milliards. Sur cette somme colossale, moins de 10 milliards sont gelés.

Le géant zougois Glencore – dans la tradition de Marc Rich – a toujours été très présent à l’Est. Willie Strothotte, numéro 2 de Rich et premier patron de Glencore rebaptisé, avait pour surnom « Eastman », l’homme de l’Est. Il faut aussi mentionner les entreprises oligarques classiques comme Nornickel de Vladimir Potanin, ou le fabricant d’engrais Eurochem d’Andrey Melnichenko. 17 des 32 oligarques référencés par Public Eye ont des liaisons zougoises. 

Puis il y a la spécialité zougoise : des entreprises gazières particulièrement proches de Poutine comme Gazprom, NordStream ou des banques comme Sber Trading ou VTB

Presque tous les groupes cités contribuent à alimenter la guerre en cours. Selon Public Eye et Greenpeace, 326 pétroliers ont quitté les ports russes entre le 24 février et le 31 mars. Ce faisant, les maisons de commerce suisses remplissent leur rôle bien rodé de logisticiens. J’estime qu’au moins 50 millions d’euros partent chaque jour de Suisse pour la guerre de Poutine. Ces livraisons d’argent sont la véritable question qui se pose en Suisse. 

Ce qui est moins connu, c’est l’aide de la Suisse au développement d’armes. Voici un exemple dans lequel Karin Keller-Suter, alors conseillère aux États radicale et aujourd’hui conseillère fédérale, a joué un rôle particulièrement néfaste. 

En 2015, dans le cadre des sanctions contre l’annexion de la Crimée, le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) a interdit l’exportation de machines-outils, car celles-ci seraient utilisées en Russie à des fins militaires. Un gigantesque lobbying – essentiellement porté par les radicaux-libéraux – a été mis en place contre cette décision. 

Outre les entreprises concernées et leurs associations, la représentante du canton de Saint-Gall, Mme Keller-Sutter, et le chef du département de l’économie, Johann Schneider-Ammann, en ont été les principaux protagonistes. Keller-Sutter a déposé en décembre 2015 une intervention. Plus tard Schneider-Ammann a expliqué ainsi la « libéralisation » : l’évaluation des demandes d’exportation vers la Russie doit être fondée sur « aucun critère d’examen à caractère idéologique ».

Par la suite, le Seco, désavoué par le gouvernement fédéral, a autorisé pratiquement tous les biens à double usage vers la Russie. Entre début 2016 et fin 2021, il y en a eu 1300, dont 120 machines spéciales pour la fabrication de moteurs d’avions civils et militaires. Le Seco et les libéraux-radicaux savaient quelles étaient les priorités de Poutine, au moins depuis la guerre en Syrie et menaces contre l’Ukraine. 

L’antipoutinisme politique à Zoug
Zoug n’est pas seulement un bastion du poutinisme économique. Jusqu’au 24 février c’était le seul bastion de l’antipoutinisme politique en Suisse. En 2000, nous avons organisé des veillées contre la guerre en Tchétchénie. En octobre 2002 nous avons mené une campagne de boycott contre la remise du prix de la paix à Vladimir Poutine. Ce prix, décerné par une entreprise nucléaire douteuse, lui a été remis par Michael Gorbatchev au Casino de Zoug devant 500 invités. Le gouvernement zougois, alors présidé par un Landammann alternatif, a boycotté l’événement, ce qui a signifié la fin de ce prix. Ce que nous pressentions à l’époque est devenu clair par la suite : le Kremlin avait choisi Zoug comme lieu d’implantation de ses propres sociétés. 

L’un des conflits les plus durs avec les autres forces politiques a suivi un mois plus tard. Au large de la côte galicienne, bien nommée Finisterra, un pétrolier au nom tout aussi évocateur, le Prestige, s’était brisé en deux lors d’une tempête hivernale. Le Prestige avait été affrété par la société zougoise Crown Resources. Il appartenait à l’oligarque moscovite Mikhaïl Fridmann du groupe Alfa

Sous le titre « Pas d’argent pour les victimes de la marée noire », la NZZ, le 20 décembre 2002, a présenté le refus bourgeois d’une intervention alternative en ces termes : « Gerhard Pfister, président du PDC du canton de Zoug, y a vu une mise en danger de la place de Zoug pour le négoce des matières premières.» 

Quelques années plus tard, en octobre 2013, Pfister, devenu entre-temps conseiller national, est revenu sur cette catastrophe maritime et d’autres lors d’une conférence devant le Lions Club : « Nous recevrons toujours des coups de bâton si un pétrolier fait naufrage dans le monde (« wenn ein Tanker irgendwo auf der Welt absäuft ») et que son entreprise a son siège à Zoug. Nous serons toujours les mauvais garçons (bad guys).» 

Nous avons organisés en janvier 2003 la plus grande manifestation de l’histoire de Zoug autour du slogan suivant : Solidarité avec les victimes de la marée noire.

Le principal affrontement a eu lieu en 2006, après que le complexe Gazprom a atterri à Zoug en décembre 2005. Le fait que le patron de la firme, Matthias Warnig, ait été officier de la Stasi et que la personne clé de Zoug, un ancien politicien PDC, ait été au service de l’approvisionnement de la Stasi, a montré qu’il y avait une stratégie du Kremlin derrière tout cela. 

De 1982 à 1990, Zoug avait été un centre d’acquisition d’appareils d’écoute et d’autres équipements high-tech. On l’a découvert peu avant la fin de la dictature de la RDA. Outre le politicien PDC mentionné, un avocat PLR et un futur fondateur de l’UDC avaient également été au service de l’acquisition de ces équipements par la Stasi. Les deux chaînes de la Stasi, celle de l’Allemagne de l’Est et celle de Zoug, ont été nouées par Poutine. Ce dernier avait été détaché en RDA dans les années 1980 en tant qu’agent du KGB. 

Après que nous ayons lancé en janvier 2006 une campagne intitulée « Les alternatifs se distancient des sociétés de Poutine », Gerhard Pfister a lui aussi pris ses distances – mais pas avec les entreprises et les banques de Poutine. Lors d’un exposé sur « Zoug et la concurrence fiscale », le 24 mars 2006, le président du PDC cantonal de l’époque a cité, sur un ton sarcastique, nos mises en garde contre la « mafia de l’Est »

Au cours des années suivantes, nous avons mené 40 actions de protestation rien que devant le siège de NordStream. Les dernières avant la guerre se sont déroulées en février 2021 – avec les deux revendications : Arrêt du NordStream 2 et libération de Navalny. La première exigence a été satisfaite. La seconde pourrait être satisfaite si Poutine perdait la guerre.

Aujourd’hui à Zoug il ne viendrait à l’idée d’aucun et d’aucune critique du poutinisme économique de discuter d’un sujet – abstrait en Suisse – telle que les livraisons d’armes. À Zoug, il est trop évident que le vrai sujet, le sujet concret, est celui des livraisons d’argent – pour Poutine. C’est Gerhard Pfister qui parle de livraisons d’armes. Mais lorsqu’il demande des « munitions pour Kiev », il s’agit en réalité de fumigènes pour Zoug.

D’ailleurs, il y a une semaine, un débat houleux a eu lieu au Grand Conseil zougois. Le groupe Alternative avait demandé que les recettes fiscales provenant des entreprises et des personnes liées à l’État russe soient utilisées pour l’aide humanitaire et la reconstruction en Ukraine. L’UDC, le PLR, le Centre ont voté contre.

Au lieu d’un réarmement et d’un rapprochement avec l’OTAN : Changement du « modèle d’affaires » et renoncement à une politique fiscale au rabais !
Les cercles qui ont soutenu le réarmement de Poutine utilisent désormais les conséquences de ce réarmement pour réarmer la Suisse. Pour y parvenir, ils s’appuient sur des craintes compréhensibles de la population d’un point de vue psychologique. Elles sont en revanche infondées d’un point de vue factuel et militaire. L’armée russe se révèle incroyablement barbare. Mais cette barbarie est aussi l’expression de sa faiblesse. 

Mauro Mantovani, enseignant à l’Académie militaire de l’ETHZ, a déclaré à la NZZ am Sonntag : « Pour parler de manière imagée, je considère que le risque de voir les Russes un jour défilent sur le lac de Constance ou sur le Rhin est aujourd’hui moins grand que jamais. »

Il y a encore une autre raison de lutter contre le réarmement : Oui au réarmement signifie non à la protection du climat ! Financer les deux est impossible. 

Les plans de réarmement sont étroitement liés à l’intégration partielle dans l’OTAN. Le fer de lance idéologique de cette dernière est le think tank néolibéral Avenir Suisse, qui est manifestement hégémonique au sein des radicaux. La stratégie en direction de l’OTAN, qui s’est déjà traduite par la décision d’acheter le F-35 de Lockheed Martin, n’est toutefois pas sans risque pour la droite. L’UDC ne peut pas y souscrire à moyen terme. La division des bourgeois nous avait permis dans les années 2000 d’empêcher l’envoi de soldats suisses à l’étranger, par exemple en Afghanistan ou en différents endroits d’Afrique. 

Aujourd’hui, le débat sur l’OTAN sert surtout à détourner l’attention d’une question que les bourgeois fuient comme le diable l’eau bénite : celle du « changement de modèle économique », pour reprendre une formule alambique de l’hebdomadaire allemand Die Zeit dans son édition suisse du 13 avril dernier.  

A quoi pourrait ressembler un tel changement ?

  •  Mettre un terme à la politique de fiscalité au rabais et aux privilèges fiscaux, non seulement à Zoug, Schwyz ou Bâle, mais également dans le canton de Vaud ! Les groupes et les riches doivent payer leurs impôts là où ils font des bénéfices et génèrent des coûts !

  • Créer une autorité de surveillance du marché des matières premières (ASMMP). En tant qu’autorité indépendante, la ASMMP pourrait, en surveillant et en réglementant les entreprises d’extraction et de négoce de matières premières ainsi que les raffineries d’or, apporter une contribution importante à la réduction du problème de la malédiction des matières premières et à la mobilisation de ressources pour le développement et la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement riches en matières premières.

  • Mettre en place une loi efficace et complète sur le commerce extérieur, qui règle le traitement des régimes qui violent les droits de l’homme et le droit international.

  • Créer une taskforce chargée d’identifier et de bloquer activement les avoirs des oligarques. Dans ce cadre, il faut que les réseaux des personnes sanctionnées, c’est-à-dire les membres de leur famille et leurs partenaires commerciaux, puissent également être examinés.

  • Registre public des véritables propriétaires d’entreprises.

  • Interdiction des sociétés boîtes aux lettres

  • Obligation de diligence dans la loi sur le blanchiment d’argent (LBA) également pour les activités de conseil des avocats et avocates. Il faut enfin les responsabiliser et les dissuader à être au service d’oligarques en les aidant à dissimuler leurs avoirs en Suisse.

  • Et bien sûr : embargo immédiat sur les matières premières «dures», en particulier le gaz, le pétrole et l’uranium.

Un point particulièrement important pour l’avenir immédiat est celui d’un engagement pour la sécurité alimentaire mondiale. La Suisse doit veiller, avec d’autres pays, à réduire l’insécurité alimentaire dans les pays du Sud suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et aux sanctions qui ont suivi. Cela implique de participer de manière déterminante à des initiatives coordonnées au niveau international comme le Global Crisis Response Group on Food, Energy and Finance annoncé par le secrétaire général de l’ONU António Guterres.

Pour conclure encore trois remarques :
La neutralité est compatible avec l’ONU car celle-ci est universelle. La participation de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU a dès lors un sens. La neutralité n’est pas compatible avec l’OTAN, parce que celle-ci est un Sonderbund, une alliance spéciale du riche Nord-Ouest de la planète. 

La politique de paix est compatible avec la politique climatique. L’embargo sur les matières premières est une opportunité pour sortir des énergies fossiles. Nous devons absolument la saisir ! Il faut une synergie plus étroite et plus active du mouvement pour le climat avec le mouvement contre la guerre.

Il faut beaucoup d’argent pour la reconstruction de l’Ukraine. En Suisse il y beaucoup d’argent – aussi russe !

Je vous remercie pour votre attention. 

Josef Lang

Texte de la conférence-débat qui s’est déroulée à Lausanne le 12 mai 2022.

https://comite-ukraine.ch/guerre-contre-lukraine-quelles-lecons-et-consequences-pour-la-suisse%EF%BF%BC/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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