Ce qui ne peut être vu mais, existe au-delà du regard

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« Accepter que l’objet ne puisse pas revenir à son état d’origine, aller au plus près des entailles, rassembler les morceaux brisés pour faire entrer la pièce dans une histoire transformée, ce n’est pas exactement ce que nous entendons aujourd’hui en Occident par « réparer » ». Dans son éditorial, « Nos fissures d’or », Sabine Panet parle de fissures et de réparations, de jointure et de céramique, de blessure, « Se réparer, ce n’est pas se séparer tout à fait d’une blessure »…

Dossier : Soigner nos blessures. Les chemins de la réparation
« Aux confluences de trajectoires intimes, sociales, psychologiques, médicales, artistiques, un carrefour créant d’autres chemins, des chemins empruntés parfois à plusieurs ». Les besoins immenses de réparation individuels et collectifs, les blessures profondes, le rêve-parer…

La réparation, une question féministe, « Cette question est fondamentalement féministe, on la pose de manière révolutionnairement féministe puisqu’il s’agit d’aller au-delà de la protection », les violences et les reconstructions, la Convention d’Istanbul (ratifiée par la Belgique en 2016), la reconnaissance, le décalage « entre un auteur qui reste inséré dans sa sphère relationnelle sociale et professionnelle, et elles, qui doivent tout recommencer à zéro, ailleurs, dans les difficultés et la débrouille absolue », les espaces de non jugement et de crédit total à leur parole, la reconnaissance dans les récits des autres, le rythme administratif subi, la question des enfants, « la justice est un champ de bataille qui ne répond pas aux besoins des femmes », la réappropriation des débats, « la réparation ne repose pas sur le dos des femmes déjà épuisées », le récit collectif pour changer les choses…

Je souligne dans le texte « Faute de preuves » deux éléments : « Ni la prescription ni la présomption d’innocence ne doivent constituer des injonctions au silence » et « Les violences sexuelles ne relèvent pas d’une affaire privée ».

Dans les autres textes, les autrices nous parlent de Eve Ensler, Nadia Murad, Sheila Watt-Cloutier, Delphine Horvilleur, Muriel Salmona, Angela Davis, Six femmes qui pansent les blessures ; de L-Slam, de celles qui sèment les mots comme des graines, « je peux partager ce que j’ai vécu, ça existe socialement, je peux être entendue », de l’écriture poétique, de la métaphore, du rythme, du souffle, de la musicalité ; de la pénibilité non reconnue, Les réparations contrariées des travailleuses, de combat collectif ; d’une résidence pour personnes âgées, d’absence de liens ; de Meena et des femmes afghanes ; de Kenza isnasni et des victimes de crimes racistes…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Violences dans le monde festif : « Nous ne lâcherons rien », l’Union Féministe Inclusive Autogérée, « Rendre le milieu de la nuit plus sécurisant pour toutes et tous est le premier objectif, mais l’idée est que ce travail soit fait et s’applique à tous les niveaux de la société »…

  • Dix femmes, un flambeau et une vague. Un article comme une table de conversation, un pont entre elles, la transmission de luttes féministes, les femmes de l’entourage, la transmission orale, l’espoir placé par des mères, les modèles d’autonomie et d’indépendance, le feu de la rage, l’espace public et les institutions, les héritières sous la loupe des grandes sœurs, de l’entre-soi à la convergence des luttes, la puissance du savoir et de l’instruction, les passeuses, « mille graines dispersées »…

  • Ukraine. Une journée à Lviv avec Halyna et Olga, l’aide aux exilé·es

  • Amazonie, des femmes Huni Kuin, des guerrières de la foret

  • Fania Noël incite les afroféministes à prendre le pouvoir (en complément possible : Introduction au livre de Fania Noël-Thomassaint : Afro-Communautaire. Appartenir à nous-mêmes :
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2020/04/27/introduction-au-livre-de-fania-noel-thomassaint-afro-communautaire-appartenir-a-nous-memes/ ;
    note de lecture :
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2020/07/28/nous-ne-sommes-pas-des-sujets-parles-nous-parlons-pour-nous-memes/ ;
    Mwasi, collectif afroféministe : Afrofem : https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/09/25/mais-nous-sommes-quelques-unes-a-etre-courageuses/)

  • Oui, les femmes bossent les maths !, clichés et « effet Mathilda », fantasme d’une bosse des maths, les effets des stéréotypes sociaux et de sexe…

  • Décodons nos règles !

  • Joelle Sambi : Palabres gouines

  • et toujours de riches rubriques : actualités révoltantes, culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.
Axelle 246, mai-juin, http://www.axellemag.be
Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

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