Un(e) député(e) pour porter Kanaky ?

lvdk-n-31-mai-juin-2022

Kanaky n’a jamais été aussi forte, et Kanaky n’a jamais été aussi menacée !
D’un côté la quasi unanimité des Kanak pour l’indépendance n’a jamais été aussi grande, ainsi que l’adhésion d’autres citoyens à cette volonté farouche de liberté, qu’ont déjà obtenue tous nos voisins.
De l’autre côté, l’État prétendument neutre a dû, devant le péril d’indépendance imminente, manœuvrer sans scrupules pour en éviter le verdict, avec l’aide de droites locales divisées et souvent haineuses, arc-boutées sur leurs privilèges. Alors, encore et toujours, il nous faut préparer l’avenir et rester unis sur plusieurs fronts :

  • Porter le fer dans leur assemblée nationale en y ayant un Député indépendantiste en « ambassadeur » serait un atout : il faudrait à ce président mal élu trouver une majorité de 60% au parlement pour modifier la constitution contre nous. Et il devient possible, notre électorat progressant, d’avoir là-bas un porte drapeau de l’indépendance qui parle haut et fort.

  • Tenir le cap de porter le travail dans nos institutions serait une belle avancée pour améliorer le pays, au moment ou les droites veulent faire éclater notre majorité au congrès et au gouvernement ! Ils paniquent à l’idée d’abaisser leurs privilèges, et pire encore à l’idée que nous démontrions que leur gestion « expérimentée » de 30 ans était une calamité pour le peuple.

  • Renforcer notre force de conviction, développer notre propre médiatisation, combattre aussi pied à pied les médias peu éthiques qui ressassent sans cesse contre nous. Notre modeste journal y apportera encore sa petite contribution avec conviction et honnêteté.

Pour atteindre nos objectifs, nous devrons savoir faire la part de l’important et du secondaire : nous avons aussi des défauts, et si la pauvreté mène certains à des excès, les responsabilités peuvent en étourdir d’autres…
Luttons alors en conscience avec et pour nos populations, en argumentant et sans invectiver, dans la mesure et le respect.
Sinon, gare à nous, gare à eux : nous le savons tous, la seule option pour sauver notre droit à la liberté, à l’indépendance, serait alors notre droit à rébellion.

Télécharger au format PdF La voix de Kanaky, mai/juin 2022 – n°31 : lvdk-n-31-mai-juin-2022

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Les indépendantistes présentent des candidats communs aux élections législatives

Réunie en conférence de presse le mardi 17 mai au lieu-dit Karigou dans la commune de Dumbéa, la mouvance indépendantiste a dévoilé les noms de ses candidats aux élections législatives de juin 2022. Autour de Wassissi Konyi, responsable du Palika, à l’animation du bureau politique du FLNKS, les candidats indépendantistes se sont présentés, avec leurs suppléants. Pourquoi ? Objectifs. « Il faut que la mouvance indépendantiste soit représentée à l’assemblée nationale, elle doit défendre les négociations quand elles vont s’ouvrir avec l’Etat. Les indépendantistes vont demander des discussions bilatérales », a annoncé le porte-parole du Front. Suite aux deux derniers congrès, celui du FLNKS et le congrès populaire, les 7 et 8 mai à la tribu de N’Dé, les forces indépendantistes, progressistes et nationalistes ont pris cet engagement, et ils ont réaffirmé que « l’Accord de Nouméa est un processus de décolonisation, le pays est en voie d’émancipation ».

« L’objectif est d’aller au 2ème tour, c’est complètement réalisable », a indiqué le porte-parole du FLNKS avant que les candidats ne prennent la parole pour se présenter et expliquer leur engagement dans ces élections nationales. 
Dans la première circonscription (Nouméa, Iles-des-Pins, Iles Loyauté) : 
Wali Wahetra, élue du Palika à la province des Iles au congrès, originaire de Drehu, elle est enseignante depuis une trentaine d’année. Au congrès, elle assure la vice-présidente de la commission de l’enseignement et de la culture. « C’est une énorme responsabilité. La mouvance indépendantiste nous a choisis pour être les ambassadeurs ». Durant son intervention, elle a rappelé les cinq positions sur lesquelles le Front et ses alliés se sont entendus : « La contestation de la légitimité politique de la dernière consultation référendaire ; l’accession de la Nouvelle-Calédonie à sa souveraineté pleine et entière par le transfert des dernières compétences ; le maintien et non négociable des acquis de l’Accord de Nouméa qui est garanti par le principe d’irréversibilité ; le maintien de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser ; un refus catégorique de choisir un nouveau statut au sein de la république française. Le format bilatéral a été acté aux congrès de N’Dé », a-t-elle précisé. « La 1ère circonscription est représentée par Nouméa, l’île-des-Pins et les îles Loyauté. Le découpage (depuis 1986) Pasqua est totalement inique et injuste. On veut appeler à la solidarité du peuple calédonien, si ils ont les valeurs de démocratie. A l’assemblée nationale, il n’y a pas notre sensibilité indépendantiste. Nous voudrions y aller pour dire notre propre parole. Le dernier député kanak qui est arrivé à l’A.N., c’était en 1986 avec Rock Pidjot et depuis les indépendantistes n’ont jamais eu accès à la députation à cause de ce découpage. C’est une attitude partisane et complètement injuste. C’est une attitude coloniale de l’Etat français… »
Son suppléant, 
Jean-Fidéli Malalua, 4ème vice-président de l’USTKE. Il est actif sur la scène  syndicale depuis 15 ans. Il se dit « aguerri avec le politique et surtout avec le social ». Il est d’origine futunienne, il est né à La Foa en 1973. « J’ai épousé une cause qui correspond à mes convictions, c’est la lutte du peuple Kanak. Je ne vous cache pas que ce n’est pas facile ». Des questions pourraient se poser. « Pourquoi y aller à l’assemblée nationale si vous demandez l’indépendance ? Pourquoi participer à ces élections, justement c’est l’occasion d’y aller pour donner une certaine tonalité de la vision du pays et donner une sensibilité aux élus à l’assemblée nationale mais surtout aux calédoniens de toute ethnie confondue. En tant que non-kanak et notamment notre génération.
Ce pays est viable ensemble. Il faut dire au calédonien lambda qu’il ne faut plus avoir peur. Il faut un respect de l’électeur calédonien… Dans le mot indépendance, il y a des cliqués qui font peur… Dans la culture kanak et océanien, le consensuel veut qu’on discute quand même… », a-t-il expliqué en disant que la politique de la peur ne servirait à rien. « La mosaïque des communautés rassemblée autour d’un projet indépendantiste n’est pas exclusif. C’est un projet commun et d’intérêt général », a-t-il conclu. 

Dans la deuxième circonscription (Les communes du Grand-Nouméa et le reste du territoire) : Gérard Reignier, ancien responsable de l’Union Calédonienne et du FLNKS. « Ce qu’on veut, c’est avoir une représentation à l’assemblée nationale pour porter la parole des indépendantistes et des nationalistes, de ceux qui veulent que ce pays devienne une nation avec l’ensemble des populations dans un destin commun ». « La charge est lourde mais le combat est beau », a-t-il souligné. « C’est avec fierté qu’on s’engage dans ce combat. On espère gagner et ramener une certaine vérité au sein de l’assemblée nationale… On a ce devoir d’informer la classe politique française mais aussi l’opinion publique française qui est en faveur de la pleine souveraineté de notre pays. Le mot liberté, égalité, fraternité ne doit pas être galvaudé. Peut-être que la France sera moins belle sans la Nouvelle-Calédonie, mais certainement que si l’Etat français avec les indépendantistes permettent ce pays d’accéder à sa pleine souveraineté, la France sera plus grande », a-t-il ajouté.
Sa suppléante, Marie-Pierre Goyetche est l’ancienne présidente de l’USTKE d’avril 2012 à décembre 2015. Actuellement, elle est vice-présidente du collège honoraire de l’Organisation syndicale et vice-présidente du Parti Travailliste. Enseignante de formation, elle s’est engagée très tôt dans la lutte syndicale. Cet engagement syndical lui permettra de faire le lien avec le domaine du politique. Elle a été élue municipale, à la province Sud et au congrès. « Je suis métisse, je suis fière de ma famille calédonienne qui est arrivée par le biais du bagne. Et, je suis fière de ma culture kanak dans laquelle j’ai été élevée ». Elle a souhaité passer ce message à l’Etat, « il est hors de question de toucher au corps électoral, voilà le pourquoi de notre engagement à ces législatives. » 

https://ustke.org/actualites/actualite-politique/Les-inda%EF%BF%BDpendantistes-pra%EF%BF%BDsentent-des-candidats-communs-aux-a%EF%BF%BDlections-la%EF%BF%BDgislatives-at_1288.html

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Les candidats indépendantistes veulent mobiliser au-delà de leur électorat

Réunis en conférence de presse dans les locaux de l’Union Calédonienne mardi matin, les candidats indépendantistes des deux circonscriptions ont appelé à une mobilisation générale même si la tendance actuelle du premier tour était plus à l’abstention reflétant certainement un désintérêt des citoyens aux élections nationales, notamment les élections législatives. Trois Calédoniens sur dix se sont déplacés dans les bureaux de vote dimanche dernier. Objectif des indépendantistes de ce second tour des élections législatives : ratisser large, un appel à la mobilisation générale, et même faire un pied d’appel aux « 40 000 sans voix ».

Nous appelons à faire barrage à la majorité présidentielle. « La progression est forte entre les deux tours chez les Indépendantistes. Pour le deuxième tour, nous appelons à la mobilisation massive sur l’ensemble de toutes les communes dans le cadre de stratégie unitaire et en vue des discussions à venir. Cette tendance autour du président de la république est néfaste pour l’avenir de notre pays. Les non-indépendantistes ne peuvent se faire les porte-voix des Calédoniens en ignorant que la mouvance nationaliste est présente et que le droit à l’autodétermination n’est pas éteint », indique Patrick Jomessy, directeur de campagne pour la 1ère circonscription. « La mobilisation dans le cadre des législatives s’inscrit dans une stratégie du processus de décolonisation, des discussions qui vont avoir lieu après les législatives », complète Dominique Fochi, directeur de compagne pour la seconde circonscription. « Cette décision a été prise au congrès du FLNKS et au congrès populaire à la tribu de N’Dé, les 7 et 8 mai dernier. On demande à nos structures de se mobiliser fortement », ajoute-t-il. 

Le cap du premier tour est atteint. L’objectif de passer ce premier tour est atteint. Donc pas de repos pour tous les candidats qualifiés au second tour. Ils ont jusqu’à vendredi soir pour convaincre les indécis, les abstentionnistes. Des réunions de proximité vont s’accentuer dans la première circonscription comprenant Nouméa, Iles-des-Pins, Maré, Lifou et Ouvéa. Dans la seconde circonscription (Mont-Dore, Dumbéa, Païta et le reste du territoire jusqu’aux îles des Bélep), Gérard Reignier, le candidat et sa suppléante, Marie-Pierre Goyetche vont battre le terrain. Mardi soir, ils étaient au marché municipal de Voh. Ce mercredi, ils seront en meeting en fin d’après-midi à Ponérihouen. Ce jeudi 16 juin, un meeting commun des candidats indépendantistes se tiendra au Studio 56 à Dumbéa à 17h30 ; sans compter le meeting de clôture programmé ce vendredi 17 juin au Mont-Dore à la Hall des Sports à 18 heures. 

Wali Wahetra. « Merci à tous les électeurs qui se sont mobilisés pour le 1er tour. Merci de vous, vous êtes déplacés. Merci à toutes les équipes qui ont travaillé pour que nous passions ce 1er tour, nos deux suppléants, Gérard et moi. Nous avons la possibilité et l’opportunité d’aller voter, de faire entendre notre voix au 2ème tour. Nous vous demandons encore une fois de vous remobiliser, de remplir votre devoir de citoyen. Mais également de servir la démocratie sachant que des ombres de la colonisation perdurent encore de nos jours comme le découpage Pasqua que nous considérons inique et injuste mais également de servir la liberté et le droit à l’autodétermination dont a droit notre pays ». 

Fidel Malalua. « Je voudrais encourager nos petites populations. Elles traduisent réellement les difficultés de nos populations de se rendre aux urnes. On parle des gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les gens n’ont pas de véhicule pour aller voter, ils ne peuvent pas se trimbaler dans un minibus en famille parce qu’ils n’ont pas les moyens d’aller voter. Ne serait-ce de se rendre à un, à deux, à trois kilomètres dans les quartiers populaires dans une ville grande comme Nouméa. On devrait organiser au mieux l’accession à une certaine démocratie. C’est fort dommageable ! (…).  On va aller au-delà de nos militants. On appelle les Calédoniens ! Ces législatives, ce n’est pas une confrontation entre les populations. Il y a qui s’amuse à radicaliser le discours. Il faut faire attention aux mots qui sont prononcés, aux attitudes. Il faut mobiliser au-delà de nos structures dès maintenant. On fait aussi un coup de pied aux 40 000. On demande aux 40 000 d’aller voter. Ils ont l’occasion de voter contre une majorité présidentielle. A mon avis, ce sont des insatisfaits de la politique de Macron, et qu’ils gardent une cohérence jusqu’au bout. De voter le bulletin jaune dans les deux circonscriptions. On demande aux Calédoniens hésitants, des progressistes qui au quotidien parlent d’environnement, de vivre ensemble… On ne leur demande pas de devenir indépendantistes du jour au lendemain mais on leur demande de voter utile. L’objectif après ce 1er tour reste une voix à l’assemblée nationale et de consolider les prochaines bilatérales qu’on aura avec l’Etat ». 

Marie-Pierre Goyetche. « Je voudrais remercier tous les électeurs qui se sont déplacés aux urnes dimanche dernier. Il faudra encore se rendre massivement ce dimanche (…) Les indépendantistes ont décidé de porter une femme Kanak dans la 1ère circonscription, avec son suppléant Fidel Malalua. On a pu voir dans les médias, une femme a créé la surprise dans la 1ère circonscription. Cette fierté, elle est reportée à tous les niveaux. Cette confiance qui a été donnée à ces deux candidats, il faut qu’on la retrouve dimanche prochain au 2ème tour », remarque Marie-Pierre Goyetche. Elle soulève l’importance de la représentation féminine, notamment de la femme kanak de se confronter aux défis dans cette course aux législatives.

Gérard Reignier. « Je m’associe à tout ce qui vient d’être dit. Remerciement aux électeurs. On a été capable de montrer durant cette campagne notre sérénité, notre tranquillité face aux problèmes, aux défis que l’on relève, c’est l’histoire qui nous guide. Cette histoire veut qu’on continue d’avancer. On a écouté les premiers échanges qu’a eu le groupe de travail au Sénat. On voit bien le souci des élus en France, c’est d’être dans cette continuité des Accords de Matignon et de l’Accord de Nouméa. On s’inscrit totalement dans la démarche d’aller plus loin des deux Accords, toujours sur cette voie d’émancipation, sur cette voie sur la pleine souveraineté. Certains candidats regrettaient les différents Accords ! Je suis sur les fesses ! C’est incroyable ! On a fait les Accords pour ramener la paix, la prospérité. On a créé des usines. C’est tellement intéressant pour les métropolitains. C’était Eldorado ! Beaucoup ont vu cela comme un électorat nouveau pour consolider leur rente de situation ! Aujourd’hui, on nie tout, on nie les Accords ! On nie la lutte du peuple Kanak et j’espère que ça va s’arrêter là ! Ils ne vont pas quand même nier l’existence du peuple Kanak. C’est effarant ! Ils avaient besoin de se démarquer des différents candidats de droite. Leur électorat sera un peu perdu dans cette négation. Nous, nous restons sereins même si le défi reste important. On appelle à voter utile, pour un projet qui rassemble les gens ; d’être dans la continuité, dans la création d’une nation nouvelle. Cela donne de l’espoir, de l’espérance. On a rencontré le monde économique. Ils sont plutôt rassurés de notre discours que le discours d’en face. A part le fait, de promettre d’aller chercher de l’argent en France, en Europe… Ce qui est effarant, on a des élus qui ne savent pas les mécanismes. Le FED Européen, ce ne sont pas les députés qui vont négocier. (…). Et d’un coup, on fait croire que des milliards vont arriver et ils vont se lancer dans des grands emprunts ! Donc, ils vont endetter les Calédoniens et les générations à venir. Si c’est ça le modèle que l’on nous propose, ce n’est pas le nôtre ! On sait qu’il y a de l’argent dans le pays, on sait qu’on doit le faire fructifier, on sait où le trouver. Les députés seront là pour aider les institutions pour assoir les politiques de transformation de notre société, du mieux vivre ensemble et aller de l’avant. La seule promesse que l’on fera : c’est de continuer à construire le pays de demain. On appelle l’ensemble des populations à aller voter le 19 juin, le bulletin jaune ».

Remerciement. « On remercie l’ensemble des familles politiques qui nous soutiennent », précise Dominique Fochi. Ils ont eu le soutien des Insoumis du pays qui ont appelé à voter pour les candidats indépendantistes. 

https://ustke.org/actualites/actualite-politique/Les-candidats-inda%EF%BF%BDpendantistes-veulent-mobiliser-au-dela%EF%BF%BD-de-leur-a%EF%BF%BDlectorat-at_1292.html

COMMUNIQUE appel vote massif -USTKE-p1

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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