[45] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [45] 

  • Olga Bryukhovetska : À Noam Chomsky, Vladimir Poutine et tous ceux qui s’inquiètent que l’on « se battre jusqu’au dernier Ukrainien »
  • Claude Debons : Lettre de démission de la CGT suite à la dernière déclaration du CCN du 11 mai 2022.
  • Lettre ouverte au directeur d’ArcelorMittal à Krivoy Rog, Ukraine
  • Ukraine : des syndicalistes au chevet des blessés du front
  • Déclaration commune – La commission européenne doit garantir un rôle significatif à la société civile dans le projet « Reconstruire l’Ukraine »
  • Non à la casse du code du travail en Ukraine !
  • Ukraine : le projet de loi anti-social n° 5371 a été retiré. Mais la menace n’a pas disparu
  • Rendez Maksim Butkevitch aux opprimé·es du monde entier !
  • Vérité et liberté pour Maksim Butkevitch : pourquoi cette campagne est importante
  • Des jeunes y vont
  • Free Belarus Rail Workers Arrested for Anti-War Sabotage !

À Noam Chomsky, Vladimir Poutine et tous ceux qui s’inquiètent que l’on « se battre jusqu’au dernier Ukrainien »

Vous dites que nous sommes trop petits pour nous battre
Et qu’ils sont trop forts pour perdre
Vous dites que ce n’est pas vraiment juste
Mais que le plus fort l’emporte toujours

Vous dites que l’agresseur a été provoqué
Et qu’il surgit comme un ouragan

Vous nous racontez votre sale blague
Que vous le vouliez ou non, obéissez

On a dit la même chose aux ouvriers
Et les Noirs l’ont également entendu
Vous êtes nés pour être esclaves
Ne luttez pas contre l’ouragan

Vous dites que nous mourrons avant de gagner
Et que ce n’est pas juste
Nous, vous disons, à vous et à tous vos proches
Que vous le vouliez ou non, nous nous battrons.

Kyiv, 11 juillet 2022
Olga Bryukhovetska
https://ukrainesolidaritycampaign.org/2022/07/14/to-noam-chomsky-vladimir-putin-and-all-worried-about-fighting-to-the-last-ukrainian/
Traduit avec
l’aide de P.

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To Noam Chomsky, Vladimir Putin and all worried about ‘fighting to the last Ukrainian’

ou say we are too small to fight
And they’re too big to lose
You say it is not really right
But stronger always rules

You say aggressor was provoked
And comes as hurricane

You say to us your dirty joke
Like it or not – obey

The workers were told the same
And blacks have heard again
You were born to be a slave
Don’t fight a hurricane

You say we’ll die before we win
And that will not be right
We say to you and all your kin
Like it or not – we’ll fight

Olga Bryukhovetska
Kyiv, July 11th 2022

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Lettre de démission de la CGT suite à la dernière déclaration du CCN du 11 mai 2022.

Claude DEBONS 43 rue Jean Jaurès 93200 Saint-Denis à
Confédération CGT Fédération des cheminots CGT 263 rue de Paris 93516 Montreuil Cedex

C’est avec consternation que j’ai pris connaissance de l’Appel du dernier CCN du 11 mai 2022. Les positions développées concernant l’Ukraine sont pour moi honteuses et je ne souhaite plus adhérer à une organisation qui soutient un tel point de vue. C’est pourquoi j’ai arrêté le prélèvement automatique de ma cotisation qui sera utilement réorienté vers des organisations humanitaires et vous informe de ma démission de la CGT à compter de ce jour.

Concernant la guerre en Ukraine les contorsions sémantiques peinent à masquer une approche :
– qui n’exprime aucune compassion pour les victimes ukrainiennes d’une guerre d’agression, qui ne condamne pas explicitement les massacres de civils, les viols de masse et les crimes de guerres en tous genre (sauf une mention de « mettre fin aux tueries »), perpétrés par l’agresseur, à savoir la Fédération de Russie qui n’est même pas citée dans ce texte, et qui ne propose aucune initiative de solidarité (même simplement humanitaire),
– qui prétend hypocritement appeler à la paix et à « mettre fin aux tueries en commençant par l’arrêt des livraisons d’armes aux belligérants » c’est à dire en réalité aux seuls Ukrainiens puisque à ce que l’on sache la Russie n’est pas dépendante d’une aide militaire extérieure ; manière de hâter la fin de la guerre par l’écrasement de l’agressé en lui refusant les moyens de se défendre ; ce qui revient à de la complaisance avec l’agresseur. Même si les circonstances historiques sont différentes, fallait-il donc approuver à l’époque la politique de « non intervention » aux côtés de la République espagnole en 1936, ou applaudir Daladier et Chamberlain livrant la Tchécoslovaquie à Hitler en 1938 à Munich, dans les deux cas « pour ne pas provoquer les dictatures » ? On connaît le résultat : la guerre malgré tout et la honte en plus.
– qui met en avant « un conflit impérialiste » en n’insistant curieusement que sur le rôle de l’OTAN, comme s’il n’y avait qu’un seul impérialisme dans le monde, celui des Etats-Unis et de ses alliés. Désolé mais il y a aussi un impérialisme chinois qui se déploie en mer de Chine au détriment de ses voisins (Vietnam, etc) et dans le monde à travers « la stratégie des routes de la soie » qui vise maîtrise des ressources, des voies de communication, etc. Il y a un impérialisme français, même s’il est de plus en plus en difficulté dans son champ d’influence traditionnel en Afrique. Il y a un impérialisme britannique… Et il y a un impérialisme russe, présentement déclencheur de cette guerre, dont le président (Poutine) a clairement et publiquement exprimé son ambition expansionniste visant à restaurer la Russie dans les frontières de l’ex URSS (ce qui inclut notamment Ukraine, Biélorussie et Pays Baltes) mais aussi de l’Empire tzariste (ce qui inclut la Finlande et une partie de la Pologne !) et qui, via ses mercenaires, se déploie au Moyen Orient et en Afrique pour la maitrise des ressources, etc. A qui la faute si des peuples européens historiquement pacifistes, se sentant menacés, se précipitent maintenant pour adhérer à l’Alliance atlantique ?
– quelle crédibilité accorder après ces « analyses » à la pétition de principe que je partage : « La CGT réaffirme la nécessité d’un cessez le feu immédiat, le respect des frontières et l’ouverture de négociations sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ? Mais comment y parvient-on sans rapport de force face à l’agresseur ?

Depuis que je suis engagé, il y a 54 années, je suis toujours parti d’un principe simple : être du côté des opprimés, jamais du côté des oppresseurs. Ainsi on est sûr de ne pas se tromper de combat. Je constate que ce principe n’a pas guidé la rédaction de cet appel et je le regrette.

Une vision unilatérale et manichéenne du monde ne permet pas de saisir la réalité bien plus complexe d’aujourd’hui et interdit un positionnement conséquent. La compétition entre les blocs s’est renforcée ces dernières années pour un nouveau partage du monde et des zones d’influence. Les risques de confrontation sont accrus et les mobilisations pour la paix sont nécessaires pour les écarter. Mais quand une guerre d’agression est déclarée, on ne peut que soutenir la lutte du peuple qui s’oppose aux velléités de domination d’un impérialisme car la mise en échec de l’agresseur permettra de renforcer le droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est pourquoi, on peut, on doit soutenir l’Ukraine agressée (y compris militairement) tout en dénonçant les menées des différents impérialismes : Russie, USA/OTAN, Chine, etc.

Je profite de ce courrier pour regretter la « discrétion » de la CGT pendant la campagne présidentielle. Malgré la pandémie et la guerre, il aurait été opportun de profiter de cette échéance pour engager une grande campagne syndicale (tracts, argumentaires, tribunes, meetings, etc) en direction des citoyens (et pas seulement dans les entreprises où nous sommes présents), une bataille « idéologique », « culturelle », « programmatique », « revendicative », pour desserrer l’étau entre le néo-libéralisme thatchérien incarné par Macron et le néo-fascisme xénophobe incarné par Le Pen et Zemmour. Leurs idéologies respectives et les lieux communs qu’ils propagent pénètrent les esprits et brouillent la conscience de classe. Les abstentions et les votes illustrent ces confusions. Une journée d’action interprofessionnelle ne peut suffire à combattre cela. On pouvait mener cette campagne seuls ou, mieux, avec les organisations syndicales, les associations et ONG amies.

Sur le racisme la CGT a toujours défendu des positions claires et fermes, mais sans doute faut-il améliorer les arguments pour convaincre plus largement. Sur des sujets essentiels qui constituaient le socle du programme du Conseil national de la Résistance que le Capital et ses fondés de pouvoir se sont employés à déconstruire méthodiquement ces dernières années et qu’ils prétendent mettre à bas dans ce nouveau quinquennat, un travail pédagogique méthodique à très large échelle et de longue durée est nécessaire car la compréhension des principes de solidarité a beaucoup reculé dans les esprits sous les effets conjugués de la mondialisation, des mutations productives et du travail, de l’éclatement du salariat. Le capitalisme néolibéral prend appui sur ces transformations en même temps qu’il les amplifie par sa politique pour affaiblir le salariat au bénéfice du Capital.

Cette bataille culturelle pour démonter les fausses évidences du « il n’y a qu’une seule politique possible » est nécessaire pour recrédibiliser les réponses solidaires face à l’individualisme libéral : services publics, sécurité sociale, Smic, conventions collectives, assurance chômage, prestations sociales, etc. La reconstruction d’une hégémonie culturelle (au sens gramscien) autour de ces questions est essentielle à la reconstruction d’un rapport de force plus favorable au monde du travail pour mettre en échec les attaques antisociales et faire prévaloir d’autres choix. Ce travail relève des responsabilités du syndicalisme et du mouvement associatif, il n’incombe pas qu’au seuls partis politiques de gauche. Le chantier est immense mais indispensable si l’on ne veut pas se retrouver dans des luttes défensives certes courageuses (exemple SNCF) mais qui, ne bénéficiant pas du soutien de l’opinion publique, restent isolées et ne peuvent l’emporter. Le prochain congrès confédéral pourra-t-il se saisir de cette ambition ?

Avec mes sincères salutations.

Claude DEBONS. Adhérent CGT depuis 2004. Militant syndical, associatif, politique, depuis 1968. Secrétaire Général de la FGTE CFDT jusqu’en 2003

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Lettre ouverte au directeur d’ArcelorMittal à Krivoy Rog, Ukraine

Monsieur Longobardo, nous vous demandons, en tant que représentant officiel d’ArcelorMittal Corporation à Krivoy Rog, de donner une explication publique sur les informations parues dans les médias, sur la reprise par ArcelorMittal, l’un des plus grands producteurs d’acier au monde, de l’approvisionnement en acier de la Russie en juin 2022, par l’intermédiaire de l’usine Kazakhe ArcelorMittal, située à Temirtau, bien qu’avant cette date, en mai, la société ait annoncé la cessation des exportations d’acier vers le pays agresseur.

Comment est-il possible qu’à un moment où le monde entier et de nombreuses « marques » mondiales refusent de coopérer avec un pays qui a déclenché une guerre d’invasion au centre de l’Europe au XXIe siècle, dont le but est la destruction des Ukrainiens, Ukrainiennes et de tout ce qui est ukrainien, la société internationale ArcelorMittal, dont les travailleurs de son usine de Krivoy Rog défendent courageusement notre Ukraine sur les lignes de front et malheureusement périssent, continue à commercer avec l’occupant russe, pour gagner de l’argent taché de sang ?
Yuri Petrovich Samoilov
Président de l’Union indépendante des mineurs d’Ukraine, section Krivoy Rog.
http://www.laboursolidarity.org/Lettre-ouverte-au-directeur-d

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Ukraine : des syndicalistes au chevet des blessés du front

Des militants, membres de la Confédération des syndicats libres d’Ukraine (KVPU), ont rendu visite aux soldats grièvement blessés lors des combats avec les agresseurs russes dans les établissements médicaux de Kyiv. Cette initiative a été initiée par Alla Alekseeva et son équipe de volontaires du KVPU de Yampol, région de Vinnytsia, et leurs collègues de Kyiv qui ont soutenu l’idée et ont activement participé à la visite. Les syndicalistes ont rendu visite à Bohdan de Yampol, Dmytro de Shchastya, deux Oleksandrs d’Andrushyvka et Smila, Viktor de Severodonetsk et d’autres combattants.
Selon Valentina Korobka, responsable du KVPU, dans les services hospitaliers, ils ont vu toute l’Ukraine blessée, mais indivisible et invaincue. Nos combattants sont incroyables, s’enthousiasme la syndicaliste. L’ambiance que nous avons ressentie parmi nos militaires blessés est incroyable. Pas de désespoir, foi en la Victoire sur les porcs et une grande envie de retourner au front pour aider ses frères à battre l’ennemi !

Valentina Korobka a déclaré que lorsqu’ils sont venus rendre visite à Bohdan, il était toujours dans la salle d’opération, et dès que les infirmières l’ont amené, il est immédiatement devenu clair que le soldat était un chouchou du personnel de l’hôpital. La première chose qu’il a demandée a été s’ils avaient apporté sa salade préférée et, voyant le plat, il a été sincèrement heureux. Les représentants du KVPU ont souhaité au brave et joyeux soldat un prompt rétablissement.

Le sort de Dmytro de Shchastya n’a pas laissé les syndicalistes indifférents. Il a 26 ans. Dmytro est né à Vladivostok. Il a déménagé en Ukraine avec sa famille en 2008. Il a deux enfants. Il a rejoint les rangs des Forces armées ukrainiennes dès le début de la guerre, a été blessé, a été capturé, en est revenu grâce à l’aide de sa sœur et s’est retrouvé à l’hôpital (en réanimation). Il a été soigné et renvoyé au front, où il a de nouveau été grièvement blessé. Son camarade n’est pas arrivé à Kyiv, il est mort en chemin. Dima pensait aussi qu’il ne vivrait pas, mais le Seigneur en a ordonné autrement !

J’ai demandé s’il communiquait avec ses parents (ils sont maintenant installés dans la Fédération de Russie) et j’ai reçu une réponse nette : Non ! dit Valentina Korobka. Et dans les yeux du jeune homme j’ai vu : Je ne pardonnerai jamais. J’espère que tout ira bien avec Dima. Il va bientôt se marier avec sa bien-aimée Valentina. Tout devrait bien se passer dans sa vie future, car il le mérite. Les représentants de KVPU ont souhaité à Dmytro un prompt rétablissement et ont décidé qu’ils l’aideraient certainement et le soutiendraient à l’avenir.

La responsable syndicale Valentina Korobka, a exprimé sa sincère gratitude à tous ceux qui ont participé aux visites de soldats blessés, et surtout à l’équipe de volontaires de Yampol. Il faut aussi remercier les infirmières de Kyivan, qui aident à emmener les combattants gravement blessés prendre l’air frais. Et, sans aucun doute, un grand merci au personnel médical incroyablement sensible, ainsi qu’à tous ceux qui ont soutenu nos soldats et continuent de le faire, car ce sont les meilleurs et les plus courageux.

Les représentants de la KVPU n’ont pu s’empêcher de prêter attention au fait que, malheureusement, toutes les institutions médicales de Kyiv n’ont pas créé de conditions adéquates pour revoir nos soldats blessés ou leur fournir tout le nécessaire. « Je voudrais que la direction du ministère de la Santé et le ministre Viktor Lyashko personnellement accordent plus d’attention à la résolution des problèmes liés aux soins apportés à nos soldats. » conclut Valentina Korobka

Syndicaliste mort au combat
En protégeant l’Ukraine des agresseurs russes, Ihor Ivanovich Ostap, un ouvrier de la mine Stepova de Lviv Coal State Enterprise, membre du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, est décédé. Le Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, l’Association régionale de Chervonograda du NPGU, le PPO du NPGU de la mine Stepova de l’entreprise d’État de Lvivvugilya sont profondément attristés par le décès du mineur combattant et expriment leurs sincères condoléances à l’épouse, aux enfants, parents, collègues et amis du défunt.

Ihor Ivanovitch Ostap est né le 4 octobre 1980. Depuis 2011, il travaille sur le chantier de la mine Stepova de Lvivvugilya State Enterprise. A vécu dans le village du district de Chervonograd, région de Lviv. Le défunt est pleuré par sa femme, ses enfants, sa famille et ses amis.

Publié par le site du KVPU
11 juillet 2022
Traduction Patrick Le Tréhondat
http://www.laboursolidarity.org/Des-militants-membres-de-la

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Déclaration commune – La commission européenne doit garantir un rôle significatif à la société civile dans le projet « Reconstruire l’Ukraine »

En mai, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé la création de « RebuildUkraine », une plateforme pour la reconstruction de l’Ukraine. En tant que société civile, nous saluons la création de « RebuildUkraine ». Cependant, nous sommes préoccupés par le fait qu’il n’est pas fait mention d’un rôle pour la société civile ukrainienne et européenne. 134 organisations de la société civile appellent la Commission européenne à garantir un rôle et des fonctions clairs au sein de la gouvernance de RebuildUkraine, y compris une consultation significative et un statut d’observateur officiel dans toutes les délibérations, pour les organisations de la société civile, les réseaux et les syndicats européens, ainsi que pour la société civile et les municipalités ukrainiennes.
TÉLÉCHARGER LE RAPPORT EN ANGLAIS
https://www.ldh-france.org/declaration-commune-la-commission-europeenne-doit-garantir-un-role-significatif-a-la-societe-civile-dans-le-projet-reconstruire-lukraine/

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Non à la casse du code du travail en Ukraine !

Alors que la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine apporte chaque jour son lot de tué.es, de blessé.es. et de destructions, le parlement ukrainien, à majorité ultralibérale, persiste à défaire les garanties individuelles et collectives des travailleuses et des travailleurs.

La première tentative de réforme ultralibérale du code du Travail a été lancée à la fin de l’année 2019. Cette réforme devait conduire l’Ukraine à dénoncer 37 conventions de l’OIT (dont 6 fondamentales) sur les 71 que le pays avait ratifiées. Elle a été stoppée dès l’hiver 2020 par la mobilisation des travailleuses et des travailleurs ukrainiens, de leurs syndicats – la FPU et la KVPU, par la solidarité du mouvement syndical international et européen ainsi que par la mission conjointe de la CSI et de la CES à Kyiv. Les parlementaires ont alors changé de tactique en essayant de défaire le code du Travail, en multipliant des projets de loi.
Un de ces textes, la proposition de loi 5371, est actuellement à l’étude à la Rada, le Parlement ukrainien.
Si ce texte venait à être adopté, les trois quarts des travailleuses et des travailleurs ukrainiens se retrouveraient exclu.es de la protection du code du Travail.
Cette démarche des autorités ukrainiennes est révoltante tant sur le fond que sur la forme car, depuis le mois de mars, une autre loi, censée réguler les relations de travail et les libertés syndicales durant la période de guerre, interdit toute action collective dans la rue ou sur les lieux de travail.
Par ailleurs, le comité de la Rada, chargé de suivre le processus d’intégration européenne de l’Ukraine, a déclaré ce projet de loi non conforme au droit de l’Union européenne et aux obligations de l’Ukraine, dans le cadre de l’accord d’association.
La CGT, dont une délégation vient d’effectuer une mission de solidarité humanitaire en Ukraine, apporte son soutien plein et entier à la FPU et la KVPU et exhorte les autorités du pays à ne pas adopter une législation qui viole les droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs.
La justice sociale doit être le mot d’ordre de tous les projets de reconstruction de l’Ukraine pour une paix durable.
Montreuil, le 11 juillet 2022

https://www.cgt.fr/comm-de-presse/non-la-casse-du-code-du-travail-en-ukraine

Rappel :
Les travailleurs et les travailleuses ukrainien·nes résistent à l’invasion – une nouvelle loi sur le travail menace d’abolir leurs droits
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/06/10/40-solidarite-avec-la-resistance-des-ukrainien·nes-retrait-immediat-et-sans-condition-des-troupes-russes-40/
Serhhiy Guz : Le Parlement ukrainien s’apprête à adopter un code de travail qui « retournerait les travailleurs et les travailleuses au XIXe siècle »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/05/30/39-solidarite-avec-la-resistance-des-ukrainien·nes-retrait-immediat-et-sans-condition-des-troupes-russes-39/

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Ukraine : le projet de loi anti-social n° 5371 a été retiré. Mais la menace n’a pas disparu

À la Verkhovna Rada d’Ukraine le 9 juillet de cette année le projet de loi sur la simplification de la réglementation des relations de travail n°5371 devait être considéré dans son ensemble. À la veille de cette tentative de vote de la loi anti-populaire 5371, les syndicats ont appelé pour la seconde fois les députés à ne pas la soutenir. Parce qu’elle prévoyait des dispositions discriminatoires à l’égard des salariés employés dans les petites et moyennes entreprises. Le président de la FPU, Hryhoriy Osovy, a rappelé aux députés du peuple d’Ukraine de toutes les factions et groupes au parlement concernant l’inacceptabilité du soutien des parlementaires à de telles initiatives législatives, en particulier dans les conditions de la loi martiale, appelant à les députés du peuple de l’Ukraine de ne pas voter pour le projet n°5371. Après tout, de telles initiatives ne répondent pas aux aspirations du peuple et des autorités ukrainiennes à l’adhésion la plus rapide de l’Ukraine à l’UE.

Comme l’a rapporté le Mouvement social (Sotsialniy Rukh) sur sa page Facebook, « Grâce aux actions coordonnées des forces de gauche et des syndicats d’Ukraine et du monde, le projet a été retiré de l’examen par ses initiateurs. Et par conséquent, H. Tretyakova n’a pas été en mesure de mobiliser les autres membres du parti pour soutenir ses innovations néolibérales. Notre solidarité peut contenir l’assaut des autorités, mais des tentatives de reconsidérer ce projet particulier ne sont pas exclues (il n’a pas encore été annulé). Afin d’empêcher une nouvelle attaque contre le bien-être de la majorité de la population ukrainienne, il est nécessaire de s’unir dans les syndicats sur les lieux de travail et de promouvoir une expression socialiste en politique. Le Mouvement social est disposé à participer à la défense des droits du travail, notamment en proposant des consultations juridiques gratuites. »

Nous vous rappelons que le 7 juin 2022, la commission de la politique sociale et de la protection des droits des anciens combattants a décidé de déposer le projet de loi n°5371 « portant modification de certains actes législatifs visant à simplifier la réglementation des relations de travail dans le domaine des petites et moyennes entreprises et la réduction de la charge administrative pesant sur l’activité entrepreneuriale » à l’examen de la Verkhovna Rada d’Ukraine en deuxième lecture. L’examen de ce projet toxique au parlement s’est déroulé pendant la semaine plénière du 13 au 17 juin de cette année.

Malgré certaines modifications des articles du projet n°5371, préparé par la commission spécialisée pour la deuxième lecture, la position de la FPU concernant la non-conformité du projet de loi avec les aspirations d’intégration européenne des Ukrainiens est restée inchangée.

Les mécanismes de la forme extrême de libéralisation des relations de travail inclus dans le projet conduiront à leur déséquilibre et à basculer vers une régulation contractuelle purement individuelle. Cela conduira à son tour à des restrictions discriminatoires des droits et garanties du travail de millions de travailleurs qui travaillent dans des entreprises comptant jusqu’à 250 employés.

Contre de telles innovations, les dirigeants du Parlement ukrainien ont été mis en garde dans une lettre conjointe datée du 1er juin 2022 par la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale Sharan Barrow et le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats Luca Visentini.

Compte tenu de ce qui précède, le président de la FPU Hryhoriy Osovy a appelé les chefs de fractions et de groupes de députés de la Verkhovna Rada d’Ukraine à transmettre aux députés du peuple d’Ukraine la position des organisations syndicales internationales et de la FPU sur l’irrecevabilité du projet de loi n°5371 qui en tant que tel provoque des protestations dans la société civile pendant la loi martiale et nuit au processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

Publié par le site du FPU, 13 juillet 2022. Centre de presse de la FPU

Traduction Patrick Le Tréhondat

http://www.laboursolidarity.org/Ukraine-le-projet-de-loi-anti

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Rendez Maksim Butkevitch aux opprimé·es du monde entier !

Capture d’écran . 2022-07-15 à 07.52.57

Message de Denys Pilash, du Sotsialnyi Rukh, présentant Maksim Butkevitch, communiquée via le RESU.

Il est confirmé que Maksym Butkevych, un militant des droits de l’homme de gauche qui a rejoint l’armée ukrainienne, a été capturé par les envahisseurs russes fin juin ; on ne sait rien de son statut actuel ni de l’endroit où il se trouve. 

Son rêve d’enfant était de devenir cosmonaute et de voir notre planète d’en haut, sans frontières ni divisions étatiques ; les problèmes de santé et les changements politiques se sont mis en travers de son chemin, mais Max a plutôt trouvé le « Cosmos » dans l’humanité elle-même, chez « ceux qui ne sont pas guidés par les frontières et la nationalité, mais par la justice, la solidarité et la miséricorde ». Il est devenu un anarchiste et un antifasciste de premier plan actif dans différentes initiatives de gauche des années 1990, y compris la « première génération » de notre syndicat étudiant militant Action directe. 

Il a participé à ses premières manifestations étudiantes en tant qu’élève de 7e année, établissant un comité de grève non violent dans son école pendant la « révolution sur le granit » de 1990, et a poursuivi son militantisme alors qu’il était à la faculté de philosophie de l’Université nationale de Kyiv (plus tard, il a également a étudié l’anthropologie appliquée à l’Université du Sussex). 

Il a continué à travailler comme journaliste pour BBC World Service et les médias ukrainiens (il a été l’un des co-fondateurs de Hromadske Radio visant à créer une radio indépendante, non gouvernementale et non oligarchique) et a continué à faire campagne pour le social, le travail, l’égalité des sexes et d’autres droits humains, en apportant solidarité et aide aux personnes les plus vulnérables et les plus opprimées. Il a été impliqué dans l’organisation de nombreuses manifestations anti-guerre, altermondialistes et antifascistes des années 2000 (y compris les actions annuelles à la mémoire de Stas Markelov et Nastya Baburova tuées par des néonazis). 

Il a également rejoint un certain nombre d’agences locales d’organisations humanitaires internationales, a été porte-parole de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), conseiller de l’Alliance pour la santé publique, membre du conseil d’administration d’Amnesty International et modérateur de DocuDays UA International Human Événements du Festival du film documentaire sur les droits. 

En tant que co-coordinateur du projet No Borders, Butkevych et ses collègues sont intervenus pour sauver, protéger et soutenir de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile d’Asie centrale, de Biélorussie, de Russie, du Moyen-Orient et de pays africains ; ils ont également prêté main forte aux déplacés internes ukrainiens après le début de la guerre en 2014. Il a également travaillé sur la lutte contre le racisme, la xénophobie, l’extrémisme d’extrême droite et différentes formes de discrimination dans la société ukrainienne, ainsi que de nombreuses formations pour sensibiliser le public et les journalistes pour éradiquer les discours de haine et les violences policières. Il critique les violations des droits de l’homme, en particulier celles du côté de l’État, quel que soit le lieu où elles sont commises, que ce soit en Ukraine ou à l’étranger. 

Il a, entre autres, beaucoup fait pour empêcher l’expulsion des demandeurs d’asile étrangers d’Ukraine (le bilan du Service national des migrations est tout à fait terrible) et, via son activité au sein du Comité de solidarité, pour libérer les militants de Crimée détenus dans les prisons russes après l’annexion. 

En tant qu’internationaliste anti-guerre convaincu de la militarisation d’autres sphères de la vie au-delà de l’armée elle-même, Max a estimé qu’il devait rejoindre la résistance ukrainienne à l’agression actuelle de l’impérialisme russe.
On a appris sa captivité par des vidéos et des articles de propagande russe, qui qualifient cyniquement à la manière orwellienne cet humaniste et antifasciste de
 « propagandiste et commandant de bataillon nationaliste (voire nazi) ». 

Aucune information sur lui depuis, puisque seuls deux de ses compagnons d’armes faits prisonniers avec lui ont été autorisés à passer de brefs appels à leurs proches il y a deux semaines.

https://aplutsoc.org/2022/07/11/rendez-maksim-butkevitch-aux-opprimes-du-monde-entier/

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Vérité et liberté pour Maksim Butkevitch :
pourquoi cette campagne est importante

Le père de Maksim s’est exprimé sur Hromadske, radio ukrainienne, et l’on peut avoir ici ses propos et un résumé partiel en anglais.
Ses proches ont d’abord hésité à ce qu’une campagne publique pour sa libération s’engage, espérant sans doute un échange de prisonniers comme plusieurs ont déjà eu lieu, puisque Maksim Butkevitch est un prisonnier de guerre.
Mais ils ont vu que la propagande de l’État russe commençait à le présenter comme « un fasciste à la tête d’un bataillon punitif ». Ce qui, dit son père, signifiait qu’ils voulaient lui retirer son statut de prisonnier de guerre lié à des conventions internationales, pour pouvoir le tuer.
Maksim a été exhibé mais regarde dignement droit devant lui et ne dit rien. Ils ne l’ont pas fait parler.
Dès lors, ses proches ont estimé à juste titre que crier la vérité était la seule façon de tenter de le protéger.
Car la vérité constitue la raison pour laquelle l’Etat-FSB veut monter un procès truqué : Maksim est une grande figure en Ukraine dans le combat pour l’accueil et le droit des réfugiés, dans les causes démocratiques et humanitaires.
Bien sûr, pour les militants européens qui (comme certains d’entre nous) l’ont croisé, notamment dans la campagne victorieuse pour la libération de Sentsov et Koltchenko, nous avons un pincement de coeur qui nous donne l’ordre d’agir. Mais il n’y a pas que cela.

Crier la vérité sur Maksim, c’est exhiber le mensonge des « nazis ukrainiens » et la vérité de ce que veulent faire les poutiniens. Déjà, un père de famille en Russie est félicité pour avoir dénoncé aux autorités les « propos anti-patriotiques sur une prétendue guerre » tenue en famille par son épouse et son fils. C’est là le poison de la réaction sur toute la ligne, la réaction stalinienne, c’est la lie qui est au fondement du poutinisme. 

Il n’y a pas, c’est vrai, de campagnes plus importantes que d’autres. Il faut libérer des peuples entiers, il faut libérer les syndicalistes bélarusses, il faut sauver les combattants traités de « mercenaires » dans le Donbass occupé. Mais la cause de Maksim les résume tous et en le défendant, nous savons maintenant que nous affrontons le pire de la réaction poutinienne, retour aux procès truqués de 1937, pour le stopper maintenant, et le battre !

Andres Nin non plus n’avait pas parlé, comme des centaines de milliers qui ont tenu bon face à l’ordre du mensonge. Le mensonge grossier, mais qui ne déconcerte plus car il soulève de honte et de révolte, est à nouveau là. Maksim est le drapeau de la vérité.

La vérité vaincra. Liberté pour Maksim Butkevitch, prisonnier de guerre et militant des droits humain !

https://aplutsoc.org/2022/07/14/verite-et-liberte-pour-maksim-butkevitch-pourquoi-cette-campagne-la-est-importante/

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Des jeunes y vont

Comment ne pas être remués ? Adrien Dugay-Legouyec était un collégien et lycéen de Moulins. Sa maman est une figure connue dans le monde de la culture et de la muséographie, à l’échelle régionale. Son papa est professeur dans l’enseignement agricole, syndiqué à la FSU. Il s’est rendu en Ukraine très vite, et est mort au combat fin juin, estimant que c’était comme la guerre d’Espagne, en 36. Ses parents luttent pour que sa dépouille soit ramenée. Nous reproduisons ci-dessous l’entretien digne et émouvant de ses parents avec la presse, qui ont décidé d’assumer pleinement, politiquement, moralement et humainement, le choix de leur fils. Honneur à eux.

Sur la page Facebook de l’International Legion of Defense of Ukraine (ILDU), il lui est rendu hommage (la photo illustrant ce billet en provient), aux côtés d’une jeune combattante brésilienne, Thalita Vieira do Vale Freiria, et d’un brésilien, Douglas Rodrigues. 3 jeunes brésiliens déjà sont morts au combat, et sur cette page ils sont présentés comme des anti-Bolsonaro. Nous sommes aux antipodes des clichés qui circulent sur les « têtes brûlées » et « les fachos ». Les mercenaires sont en face. 

Si le mouvement ouvrier avait assumé l’organisation de Brigades internationales, alors il y en aurait, alors l’encadrement de ces jeunes épargnerait sans doute plus de vies, et alors les fachos – car il y en a, et un gars comme Adrien ne voulait pas se retrouver avec eux – finiraient de disparaître en dehors de la propagande poutinienne.

Dans la lutte actuelle contre la guerre de Poutine, nous combattons aussi pour des organisations du prolétariat qui soient dignes de ce qu’elles doivent être.

https://aplutsoc.org/2022/07/12/des-jeunes-y-vont/

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Free Belarus Rail Workers Arrested for Anti-War Sabotage!

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https://ukrainesolidaritycampaign.org/2022/07/12/free-belarus-rail-workers-arrested-for-anti-war-sabotage/

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Liens avec d’autres textes

Les sanctions poussent la Russie au défaut de paiement, une première depuis la révolution de 1917
Ce lundi marque l’expiration du délai accordé à Moscou pour régler 100 millions de dollars et d’euros sur ses obligations. Le pays a les moyens de le faire, mais les sanctions économiques mises en place après son invasion de l’Ukraine l’en empêchent.
https://www.courrierinternational.com/article/dette-les-sanctions-poussent-la-russie-au-defaut-de-paiement-une-premiere-depuis-la-revolution-de-1917
Guerre en Ukraine : Comment la justice se mobilise
https://www.justiceinfo.net/fr/justice-guerre-ukraine?
« Tout recommencer à l’étranger » ou « rester silencieux » : la nouvelle vie de ces journalistes russes exilés en Lettonie
Menacés par une répression de plus en plus sévère, plusieurs centaines de reporters ont fui la Russie pour rejoindre Riga, la capitale lettone. Un exil nécessaire à la survie du journalisme indépendant russe.
https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/reportage-tout-recommencer-a-l-etranger-ou-rester-silencieux-la-nouvelle-vie-de-ces-journalistes-russes-exiles-en-lettonie_5231263.html

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Tous les textes précédemment publiés 
et les liens sont maintenant regroupés sur la page :
https://entreleslignesentrelesmots.blog/retrait-immediat-et-sans-condition-des-troupes-russes-solidarite-avec-la-resistance-des-ukrainien·nes/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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