Solidarité suite à l’arrestation de Walden Bello

Walden Bello, auteur de renommée mondiale, militant pour la justice économique, ancien professeur de l’Université des Philippines et ancien membre de la Chambre des représentants des Philippines pour le parti Akbayan (Parti d’action des citoyens), a été arrêté à Quezon City le lundi 8 août pour « diffamation cybernétique ». Ces accusations ont été déposées par un ancien collaborateur de la vice-présidente sortante Sara Duterte. La diffamation est un délit pénal aux Philippines, et non un délit civil, et le délit de cyberdiffamation, récemment introduit, est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à huit ans de prison.

L’affaire contre Bello, 76 ans, a été déposée devant le tribunal local de Davao City, où le clan politique Duterte est au pouvoir depuis plus de trois décennies. M. Bello s’est porté candidat à la vice-présidence lors des élections de mai 2022 avec le Partido Lakas ng Masa (Parti des masses laborieuses), un parti social-démocrate, et a publiquement critiqué Sara Duterte pour ne pas avoir participé aux débats télévisés sur la vice-présidence.

Walden Bello a également évoqué la politique draconienne de lutte contre la drogue de l’ancien président Rodrigo Duterte, le père de Sara Duterte, pendant la campagne. Un rapport de l’ONU avait condamné cette politique qui avait conduit à l’exécution extrajudiciaire « généralisée et systématique » de dizaines de milliers de personnes.

L’arrestation de Walden Bello est un acte clair de persécution politique destiné à semer la peur parmi tou·tes celles et ceux qui pourraient s’exprimer contre le vice-président et le gouvernement actuel. Le gouvernement philippin utilise la nouvelle loi sur la cybercriminalité pour harceler l’opposition politique dans le pays. Cette dernière affaire est similaire à l’accusation de diffamation cybernétique contre la directrice générale de Rappler et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Ressa. Ce qui est en jeu dans ces deux affaires, ce sont les droits démocratiques les plus fondamentaux – la liberté d’expression et le droit de critiquer les politiciens.

Nous sommes solidaires de Walden Bello et Maria Ressa, et nous demandons l’abandon de ces accusations vindicatives.

Walden Bello est lauréat du prix Right Livelihood (prix Nobel alternatif) et du prix Most Distinguished Sociologist de l’Association internationale de sociologie.

Cette déclaration a été approuvée par le réseau des Attac d’Europe.

https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/solidarite-suite-a-l-arrestation-de-walden-bello

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Le Centre tricontinental – CETRI condamne l’arrestation et les poursuites engagées contre l’intellectuel et activiste philippin Walden Bello

C’est avec stupeur et colère que nous avons appris l’arrestation, ce lundi 8 août, aux Philippines, de Walden Bello, intellectuel et activiste philippin bien connu, figure majeure du mouvement altermondialiste, ancien parlementaire, récent candidat à la vice-présidence des Philippines, et collaborateur régulier du CETRI.

Walden Bello est poursuivi pour des propos qu’il a tenus dans le cadre de la campagne électorale à l’encontre d’un collaborateur de la nouvelle vice-présidente, Sara Duterte, en vertu d’une loi controversée, adoptée en 2012, instituant un nouveau crime de « cyber-diffamation ». Sous couvert de lutte contre la désinformation en ligne, cette loi est en effet régulièrement utilisée pour faire taire des opposants au régime, à l’image de la journaliste Maria Ressa, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2021 et critique de longue date de l’ancien président Rodrigo Duterte, arrêtée en 2019 pour des faits similaires.

L’arrestation de Walden Bello constitue donc une attaque de plus contre la liberté d’expression et le droit fondamental des Philippins et Philippines à pouvoir critiquer le pouvoir en place. Elle est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient quelques mois à peine après des élections présidentielles remportées par Bongbong Marcos, le fils du dictateur déchu Ferdinand Marcos, et Sara Duterte, la fille de Rodrigo Duterte, dont le mandat avait déjà été marqué par un recul sans précédent des droits humains aux Philippines depuis la chute de la dictature en 1987.

Il n’aura donc pas fallu longtemps à la nouvelle administration pour s’attaquer à son tour à ses opposants, envoyant de ce fait un terrible avertissement à tous ceux et toutes celles qui souhaitent lutter pour des Philippines plus justes, plus démocratiques, plus solidaires et plus en phase avec les défis environnementaux actuels. Cette situation est inacceptable et elle doit être dénoncée.

C’est pourquoi le CETRI se joint à de nombreuses organisations et personnalités à travers le monde pour exiger l’abandon des charges qui pèsent sur Walden Bello, l’abrogation de la disposition sur la diffamation et la désinformation en ligne en vertu de laquelle il est poursuivi (avec d’autres) et le respect des droits fondamentaux de tous les Philippins et Philippines. Nous en appelons également au gouvernement belge et à l’Union européenne à soutenir les organisations sociales philippines qui font pression en ce sens sur leur gouvernement.

https://www.cetri.be/Le-CETRI-condamne-l-arrestation-et

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#FreeWaldenBello : Dire la vérité au pouvoir n’est pas un crime !

Bagnolet, le 12 août 2022) La Via Campesina condamne la récente arrestation de Walden Bello pour des déclarations effectuées pendant la campagne électorale sur l’implication présumée d’un ancien collaborateur du vice-présidente philippinne, dans un raid antidrogue mené en novembre 2021 par l’Agence philippine de lutte contre la drogue (PDEA) dans la province de Davao de Oro. Le mouvement paysan international se joint à Focus on the Global South pour demander sa libération immédiate de la garde à vue et l’abandon de toutes les charges contre lui. Nous appelons également à la dépénalisation de la diffamation et du cyber-diffamation, qui ont souvent été utilisés, comme dans ce cas, pour porter atteinte à la liberté d’expression. Il faut bien rappeler aux autorités que ces libertés, étant inscrites dans la constitution philippine, sont fondamentales et doivent donc avoir la primauté : Sans elles, les autres droits ne peuvent être réalisés. Dire la vérité au pouvoir n’est pas un crime !

Retrouvez ci-dessous la déclaration publiée par Focus on the Global South.

Nous, à Focus on the Global South, condamnons avec la plus grande fermeté l’arrestation de notre directeur fondateur et co-président de notre conseil d’administration, le Dr Walden Bello, suite aux accusations de diffamation et de cybercriminalité portées par Jefry Tupas – ancien collaborateur de l’actuelle vice-présidente Sara Duterte – suite aux déclarations faites par le Dr Bello pendant la campagne électorale concernant l’implication présumée de Tupas dans un raid antidrogue mené en novembre 2021 par la Philippine Drug Enforcement Agency (PDEA) dans la province de Davao de Oro.

Hier, 8 août, le mandat a été émis vers l’heure du déjeuner à Davao et a été transféré électroniquement par courriel au district de police de Quezon City (QCPD). Le mandat a été notifié quelques minutes après 16 heures hier et le Dr Bello a été arrêté dans sa résidence à Quezon City. Comme l’arrestation a eu lieu en fin d’après-midi, l’équipe juridique du Dr Bello n’a pas eu le temps de déposer une caution, les bureaux gouvernementaux ayant fermé pour la journée. Par conséquent, le Dr Bello a passé la nuit en détention au quartier général de la police de Camp Karingal.

Aujourd’hui, le 9 août, bien que Walden ait été temporairement libéré sous caution, des retards ont été signalés dans la signature de l’ordre de sa libération (de plus amples informations et mises à jour sur l’arrestation et la détention du Dr Bello sont disponibles ici).

Il faut souligner que nous sommes toujours au milieu de la pandémie, que les cas quotidiens sont en augmentation et que les gens sont toujours vulnérables à l’infection. Le Dr Bello lui-même commençait seulement à se remettre du COVID-19 lorsque le mandat d’arrêt a été délivré à son domicile. Dans l’ensemble, le moment de son arrestation et les retards dans la signature de l’ordre de libération ne tiennent pas compte des vulnérabilités créées par la pandémie et de l’état du Dr Bello.

Les accusations et l’arrestation du Dr Bello sont clairement des actes de persécution politique visant à intimider, humilier et réprimer les dissident·es. La diffamation et la cyber-diffamation ont été, à de nombreuses reprises, utilisées comme des armes par les détenteur·trices du pouvoir pour réduire au silence les personnes qui revendiquent la vérité, la justice, la liberté et les droits humains.

Le Dr Bello est lui-même, depuis plusieurs décennies, un défenseur intrépide de la démocratie, de la justice sociale et des droits humains. En tant qu’universitaire militant, il a été à l’avant-garde de la dénonciation des injustices engendrées par les systèmes politiques et économiques dominés par l’élite, tant aux Philippines qu’au niveau international. Son appel à la transparence dans le raid antidrogue de la PDEA de novembre 2021, qui aurait impliqué Tupas, est cohérent avec sa position de faire pression pour la justice et la responsabilité dans la soi-disant « guerre contre la drogue » initiée par l’administration Duterte. Depuis 2016, le Dr Bello a affirmé que l’approche violente du gouvernement qui cherche étroitement à éliminer les présumés consommateurs et revendeurs de drogue ne s’attaquera pas à la cause profonde du problème de la drogue. Pour avoir simplement exigé la vérité, le Dr Bello a été injustement arrêté.

À la lumière de ces faits, nous demandons l’abandon des charges contre le Dr Bello. Nous demandons également la dépénalisation de la diffamation et de la cyber-diffamation, car le délit de diffamation a souvent été utilisé pour porter atteinte à la liberté d’expression et de la presse et a été utilisé comme arme contre les opposants politiques. Il convient de rappeler aux autorités que ces libertés, inscrites dans la constitution philippine, sont fondamentales et doivent donc avoir la primauté : Sans elles, les autres droits ne peuvent être réalisés.

Enfin, nous appelons la société civile et les mouvements sociaux à continuer à être vigilants car nous nous attendons à ce que les élites au pouvoir adoptent la même approche, si ce n’est une approche plus intense et systématique, pour réprimer les droits et libertés fondamentaux des citoyen·nes ordinaires. Les accusations de diffamation et de cyber-diffamation portées contre le Dr Bello constituent non seulement une bataille juridique, mais surtout une bataille politique, et c’est l’un des nombreux cas de répression qui auraient de graves conséquences sur l’état de notre démocratie déjà fragile. En tant que tel, nous devons continuer à forger des solidarités plus fortes pour faire valoir les droits des Philippin·nes ordinaires au milieu de ces menaces et représailles. Nous exprimons également notre gratitude à la communauté internationale qui a exprimé son soutien au Dr Bello et condamné son arrestation.

SOUTENIR LA DÉCLARATION (Pour signer cette déclaration, veuillez cliquer sur le lien et remplir le formulaire)

LISTE DES SIGNATAIRES

https://viacampesina.org/fr/freewaldenbello-dire-la-verite-au-pouvoir-nest-pas-un-crime/
#FreeWaldenBello: Speaking the truth to power is not a crime!
https://viacampesina.org/en/freewaldenbello-speaking-the-truth-to-power-is-not-a-crime/
#FreeWaldenBello: ¡Decir la verdad al poder no es un delito!
https://viacampesina.org/es/freewaldenbello-decir-la-verdad-al-poder-no-es-un-delito/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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