[51] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [51] 

  • Les mineurs bravent l’interdiction de manifester pour se mettre en grève
  • Deuxième convoi syndical en Ukraine
  • L’impunité tue : Kyiv Independent se joint à l’appel pour une enquête plus approfondie sur le meurtre du journaliste Georgiy Gongadze
  • Solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !
  • Jean-Marc Adolphe : Izioum : les nazis de Poutine
  • UKRAINE: Voices of resistance and solidarity
  • Dominique Vidal : Les silences choquants du Monde Diplomatique
  • Liens avec d’autres textes

Les mineurs bravent l’interdiction de manifester pour se mettre en grève

Les mineurs et l’encadrement d’une mine de charbon appartenant à l’État dans l’ouest de l’Ukraine ont appelé à la grève en raison de ce qu’ils considèrent comme une tentative de prise de contrôle de la mine. Cet appel à la grève à la mine n°9 de la ville de Novovolynsk est la première grande manifestation des travailleurs en Ukraine depuis l’invasion russe du 24 février et l’annonce par le gouvernement ukrainien de la loi martiale, qui interdit toute manifestation.

Le mois dernier, les mineurs ont empêché un nouveau directeur [Serhiy Trotsko] de prendre son poste, en invoquant son lien présumé avec un scandale de détournement de fonds dans une autre mine de charbon de la région. Ils ont également affirmé que sa nomination avait été faite sous la pression des smotriashchiy locaux – un terme désignant le réseau de superviseurs officieux corrompus du secteur du charbon ukrainien. Ce directeur a nié avoir commis tout acte répréhensible et a déclaré qu’il ne faisait pas l’objet d’une enquête.

Aujourd’hui, disent les mineurs, les efforts pour prendre le contrôle de la mine ont atteint un nouveau niveau et ils se sont mis en grève pour protéger leurs emplois et leurs conditions de travail. Ils décrivent une séquence d’événements brutale. Le 9 septembre, un nouveau directeur est arrivé à la mine n°9 avec un avocat et une douzaine de gardes de sécurité privés. Alors que le directeur par intérim Volodymyr Yurkiv tenait une réunion, le nouveau directeur proposé, Serhiy Trotsko, a tenté de faire sortir Yurkiv et les autres personnes présentes du bureau. Trotsko a déclaré qu’il avait été nouvellement nommé par le ministère ukrainien de l’Énergie, mais n’a pas montré de copie de l’ordre de nomination selon Yurkiv. (Le ministère a confirmé à openDemocracy le 14 septembre qu’il avait nommé Trotsko).

Cela a conduit à une confrontation entre les mineurs et Trotsko et son équipe de sécurité selon les vidéos des événements vues par openDemocracy. M. Yurkiv, qui a été rétrogradé au rang d’ingénieur en chef par le ministère à la suite d’une précédente manifestation en août, affirme que la nomination de M. Trotsko n’a pas suivi la procédure prévue. De même, il a déclaré que Trotsko était arrivé sans preuve de l’ordre du ministère.

S’adressant à openDemocracy, Trotsko a déclaré qu’il avait fait appel à un conseiller juridique de la mine n°9 parce qu’il « ne connaît pas les subtilités du droit », et qu’il avait engagé lui-même un avocat et l’équipe de sécurité privée.

L’équipe de direction de la mine n°9 et Mykhailo Volynets, du syndicat des mineurs, ont exprimé leur frustration de ne pas avoir pu contacter le ministère au sujet de la crise. Volynets a même déposé une plainte officielle auprès des forces de l’ordre ukrainiennes concernant la tentative de prise de contrôle par Trotsko. Il y voit un lien avec l’annonce par le gouvernement ukrainien d’un fonds de 2,5 milliards de hryvnia (6,7 millions d’euros) pour l’achat de charbon lors de la saison hivernale qui risque de mettre à rude épreuve les systèmes de chauffage du pays.

Un avenir fragile
Au début de son mandat de Volodymyr Zelenskyi, le président ukrainien avait promis d’éradiquer la corruption dans le secteur du charbon. Les travailleurs de la mine n°9 associent les récentes nominations à un possible retour de la corruption. La promesse que Zelenskyi avait donné aux travailleurs de la mine n°9 était un espoir pour l’avenir, dit Yurkiv, ajoutant que les mineurs veulent reprendre le travail « à condition que [Trotsko] parte» . Il a déclaré à openDemocracy : « Je n’essaie pas de m’accrocher à mon emploi – ce serait une fausse impression. Je veux que [la mine n°9] reste à flot et, surtout, qu’elle fonctionne. » Selon lui, les cinq jours d’arrêt à la mine n°9 ont coûté 1,5 million de hryvnias (environ 40 458 euros).

Ce n’est pas la première fois que Trotsko tente de prendre un poste de direction dans l’industrie du charbon en se heurtant à des résistances. Il y a trois ans, il a essayé de prendre un poste de directeur de Lvivvuhillia, la société nationale du charbon de la région de Lviv, avec l’aide d’un avocat qui s’est rendu sur place. Il a échoué après que les travailleurs du charbon l’ont empêché d’entrer dans le bâtiment. Trotsko a déclaré au média local Bug qu’il avait gravi les échelons, passant d’électricien à directeur de la mine de Nadiya, dans la région de Lviv, et qu’il avait fait venir des agents de sécurité privés à la mine n°9 de Novovolynsk « pour qu’aucune force physique » ne soit exercée contre lui. S’adressant à openDemocracy, il a déclaré qu’il avait apporté une copie de son ordre de nomination, signé par le ministre de l’énergie, le jour de son entrée en fonction – M. Yurkiv affirme qu’on ne lui a pas montré.

Trotsko affirme que les protestations à la mine n°9 ont été fomentées par un « certain groupe de mineurs » pour qui un changement de direction signifierait la fin de leur emploi. « La plupart des travailleurs de la mine comprennent bien la situation, mais sont sous l’influence de leurs dirigeants », a déclaré Trotsko.

Selon le ministère de l’énergie, la mine n°9 a presque épuisé ses réserves de charbon. La mine doit fermer en 2023 – et les employés s’inquiètent du fait que les changements de direction pourraient entraîner une fermeture plus rapide. Trotsko affirme qu’il a été nommé pour augmenter la rentabilité de la mine, et pour donner au ministère une raison d’annuler la fermeture de la mine. Andriy Syniuk, le directeur du département de l’industrie du charbon du ministère, a déclaré à openDemocracy que lui et son département « n’ont rien à voir » avec la situation de la mine n°9.

Syniuk avait déjà accompagné un nouveau directeur proposé, Viktor Herashchenko, à Novovolynsk le 2 août – mais les travailleurs l’avaient bloqué à l’entrée de la mine.

Lorsqu’on lui a demandé si l’arrivée de nouveaux directeurs à la mine n°9 était due à une décision des hauts responsables du ministère, M. Syniuk s’est refusé à tout commentaire. Cette fois, aucun représentant du ministère de l’Énergie n’est arrivé aux côtés de Trotsko pour le présenter aux employés.

En fait, selon Pavlo Holota, directeur adjoint de la lutte contre la corruption de la mine n°9, la direction de la mine n’avait pas été informée par le ministère de la nomination d’un nouveau directeur, même lors de la réunion matinale avec les fonctionnaires du ministère le 9 septembre. Les mineurs ont collectivement émis une motion de défiance contre Trotsko lors d’une assemblée générale le 9 septembre, en présence du nouveau directeur. En réponse, Trotsko a convoqué la police pour porter plainte pour entrave à son travail.

Le siège de la police nationale dans la région de Volyn a déclaré à openDemocracy qu’une enquête avait été ouverte sur l’obstruction présumée contre l’activité commerciale à la Mine n°9. La mobilisation à la Mine n°9 n’est pas la seule protestation dans le secteur du charbon dans l’ouest de l’Ukraine pendant l’invasion du pays par la Russie.

Début septembre, les travailleurs de la mine de Nadiya, dans la région de Lviv, ont manifesté après que Trotsko, qui travaillait dans cette mine depuis 17 ans, soit venu présenter une nouvelle nomination à la direction. En réponse, un groupe de six mineurs a refusé de remonter à la surface pendant trois jours.

Kateryna Semchuk et Thomas Rowley, 14 septembre 2022
Publié par opendemocracy
Traduction Patrick Le Tréhondat
https://laboursolidarity.org/fr/n/2319/les-mineurs-bravent-l039interdiction-de-manifester-pour-se-mettre-en-greve

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Deuxième convoi syndical en Ukraine

D’ici la fin du mois de septembre, le Réseau syndical international de solidarité et de luttes (RSISL) conduira un deuxième convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine.

Un premier convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine, organisé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, avec des délégations du Brésil, de France, d’Italie, de Lituanie et de Pologne, a eu lieu du 29 avril au 2 mai. Le destinataire du matériel et de l’argent récoltés était le Syndicat indépendant des mineurs (qui réunit également les travailleurs de la sidérurgie et de l’industrie métallurgique) de la ville de Kryvyi Rih. L’organisation Sotsialny Rukh (Mouvement Social) nous a aidés à organiser le convoi et les rencontres sur place.

Selon les recommandations des membres de la résistance ouvrière de Kryvyi Rih, le convoi a donné la priorité à l’acheminement de produits de première nécessité pour les réfugié∙es internes des zones occupées et de la ligne de front, tels que des aliments pour bébés, des plats préparés et de la nourriture de survie non périssable.

Un deuxième lot de marchandises était constitué d’équipements techniques nécessaires dans les zones de la ligne de front et les territoires libérés de l’occupation : groupes électrogènes diesel, batteries, batteries externes, batteries solaires, boîtes à outils, vêtements de travail, sacs de couchage, gants et autres articles indispensables en cas de situation critique de pénurie de nourriture, d’électricité ou de chauffage.

La décision d’envoyer le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes en Ukraine a été prise à la suite d’échanges avec des syndicalistes et des militants ukrainiens. Il s’agit de renforcer la résistance de la classe ouvrière contre l’invasion impérialiste russe et les réformes antisyndicales et antisociales du gouvernement ukrainien pendant la guerre.

Combattre les attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses commises sous couvert de la guerre
Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les changements apportés au droit du travail en Ukraine. Les principaux faits et menaces sont les suivants : 

  • Des tentatives de dérégulation du travail avaient déjà été entreprises en 2019 et 2021, mais ont été reportées en raison de l’opposition des syndicats.

  • Depuis mars 2022, elles sont réapparues à l’agenda du gouvernement, « justifiées » par la nécessité d’adopter des mesures spéciales en temps de guerre. La loi martiale rend difficile toute protestation et résistance aux nouvelles conditions.

  • Le 23 mars, la loi scélérate 2136 a été votée au parlement. Elle permet aux employeurs de licencier des travailleurs et d’étendre leur semaine de travail de 40 à 60 heures, sans aucune consultation des syndicats.

  • En vertu du projet de loi 5371 (devenu la loi 2423), les travailleurs des entreprises de moins de 250 salariés – soit environ 70% de la main-d’œuvre – pourraient perdre leurs garanties en matière de temps de travail et de protection contre les licenciements.

  • En juillet, le Parlement a adopté une loi autorisant les employeurs à cesser de payer les travailleurs qui ont été enrôlés dans l’armée ou se sont portés volontaires.

  • Le 6 août, le président Volodymyr Zelensky a signé une nouvelle loi autorisant les contrats « zéro heure », qui prive les travailleurs de la garantie d’un temps de travail minimum ou maximum et les expose encore davantage à la menace de ne pas pouvoir gagner leur vie, faute de travail suffisant.

Nous demandons le retrait des récentes modifications du droit du travail en Ukraine et le renforcement des droits et du pouvoir des travailleurs, car ils sont la colonne vertébrale  de la guerre. C’est dans ce contexte alarmant que nous devons affirmer la solidarité mondiale de la classe ouvrière. Nos frères et sœurs d’Ukraine, malgré leurs ressources limitées, luttent pour maintenir la résistance à la fois à l’impérialisme russe et aux réformes antisociales du gouvernement ukrainien.

Organisation logistique / Solidarité financière
Selon les rapports du syndicat indépendant des mineurs de la ville de Kryvyi Rikh, les besoins en équipements techniques et médicaux sont encore criants, la priorité sera donc donnée à l’acheminement de ce type de matériel lors du 2e convoi syndical du RSISL.
Les achats et le transport sont coordonnés par le syndicat polonais Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs).

Comment participer ?
En France, l
’association « Convoi syndical » qui a participé à de nombreuses actions de solidarité héberge nos dons. Les syndicats, sections syndicales, syndicalistes, travailleurs et travailleuses peuvent :

→ faire un chèque à l’ordre de « Convoi syndical » et l’envoyer à Solidaires, 31 rue de la Grange aux belles, 75010 Paris (en indiquant « convois syndicaux » sur l’enveloppe)
ou
→ effectuer un virement sur le compte du Convoi syndical :
FR12 2004 1000 0127 9649 6A02 006 – PSSTFRPPPAR. La Banque postale Centre financier Paris.

Sinon, effectuer un virement directement sur le compte bancaire du syndicat Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs) :
OZZ Inicjatywa Pracownicza
Volkswagen Bank direct
Rondo ONZ 1 00-124 Warszawa, woj. Mazowieckie, Polska
Code BIC/SWIFT : INGBPLPW
IBAN : PL88 2130 0004 2001 0577 6570 0001
TITRE : Donation au convoi syndical / Donation au convoi syndical d’aide aux travailleurs

Les montants reçus seront communiqués, ainsi que l’ensemble des travaux réalisés par le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. 

Solidarité avec la résistance populaire ukrainienne, armée et non armée, contre l’agression impérialiste russe !

A bas les réformes antisociales, pendant et après la guerre !

https://laboursolidarity.org/fr/n/2325/deuxieme-convoi-syndical-en-ukraine

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L’impunité tue : Kyiv Independent se joint à l’appel pour une enquête plus approfondie sur le meurtre du journaliste Georgiy Gongadze

Note de la rédaction : L’Indépendant de Kiev publie une déclaration commune des médias ukrainiens le jour de l’enlèvement du journaliste ukrainien Georgiy Gongadze en 2000. Il a ensuite été retrouvé mort près de Kiev. Bien que les auteurs de ce crime aient été emprisonnés, les commanditaires de l’assassinat n’ont jamais été identifiés et punis.

Le 16 septembre 2000, un groupe d’hommes de loi a enlevé le journaliste et fondateur du média Ukrainska Pravda, Georgiy Gongadze. Son corps mutilé et sans tête a été retrouvé en novembre de la même année dans une forêt de l’Oblast de Kiev.

Aujourd’hui, 22 ans se sont écoulés depuis ces événements horribles. Depuis lors, une justice partielle a été rendue grâce aux efforts de la famille de Gongadze, de la communauté des médias et des organisations internationales. Tous les auteurs du crime ont été punis. Cependant, les commanditaires du meurtre de Gongadze n’ont pas été officiellement nommés.

La mort de Gongadze est l’un des cas les plus notoires, mais malheureusement pas le seul, de mort violente d’un journaliste ukrainien. Le 20 juillet 2016, le journaliste Pavlo Sheremet a été tué à Kiev. L’enquête sur les commanditaires du meurtre de Sheremet est toujours en cours.

Le 4 mai 2019, le journaliste Vadym Komarov a été brutalement battu dans la ville de Tcherkassy. Après 46 jours dans le coma, il est décédé. Le crime n’est toujours pas résolu, et les auteurs ainsi que les commanditaires du meurtre restent impunis.

Nous exigeons des autorités :

* d’identifier et de punir les commanditaires du meurtre de Gongadze, c’est-à-dire de donner une réponse claire concernant la complicité présumée de l’ex-président Leonid Kuchma dans ce meurtre ;

* d’identifier et de punir les auteurs et les commanditaires du meurtre de Sheremet, et d’accélérer l’enquête sur d’autres cas de meurtre de journalistes, dont les auteurs et les commanditaires n’ont pas encore été officiellement identifiés ;

* d’accroître l’efficacité des enquêtes sur les infractions pénales commises à l’encontre de journalistes ukrainiens, et d’assurer aux journalistes une protection efficace et un niveau de sécurité adéquat.

Aujourd’hui, nous rendons également hommage à 38 de nos collègues journalistes qui ont été tués par l’armée russe en Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle de la Russie cette année. Huit d’entre eux ont été tués alors qu’ils étaient en mission.

Nous appelons les forces de l’ordre ukrainiennes à enquêter rapidement sur tous ces meurtres, qui sont des crimes de guerre de la Fédération de Russie, et à faire en sorte que justice soit rendue non seulement en Ukraine, mais aussi à déployer tous les efforts nécessaires pour traduire les criminels russes devant le tribunal international.

L’Ukraine se bat pour son indépendance. Chaque jour, les Ukrainiens paient de leur vie un prix élevé pour que la société puisse vivre dans une démocratie où règne l’État de droit.

Après la victoire, l’Ukraine va reconstruire sa vie, et il est crucial que tous les assassins de héros – soldats, journalistes, militants – soient punis.

Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)
https://kyivindependent.com/opinion/impunity-kills-kyiv-independent-joins-call-for-further-investigation-of-journalist-georgiy-gongadzes-murder

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Solidarité avec la résistance du peuple ukrainien !

Depuis sept mois, le peuple ukrainien résiste à l’invasion de l’armée de Poutine. Cette résistance spectaculaire contre la deuxième plus grande armée du monde n’aurait pas été possible sans un soutien populaire massif.

Poutine peut être battu
Les récents succès des contre-attaques de l’armée ukrainienne, quelle qu’en soit l’issue, symbolisent cette volonté populaire de libérer l’ensemble du territoire. C’est bien une lutte de libération nationale que mène le peuple ukrainien, face à la négation de son existence. L’agression impérialiste de Poutine peut être vaincue.

Les combats et les bombardements ont déjà causé la perte de dizaines de milliers de vies en Ukraine et présentent également un risque nucléaire grave. La centrale nucléaire de Zaporizhia, la plus grande d’Europe, située sur le fleuve Dniepr, sur la ligne de front, a été bombardée et gravement endommagée depuis février sur un site désormais occupé par l’armée russe, ses hommes et son matériel. La destruction de sites industriels a également causé des dommages écologiques souvent irréparables dans la partie orientale du pays.

La paix exige le retrait inconditionnel de l’armée de Poutine, qui occupe 20% du pays. Il est absolument légitime que les Ukrainiens se défendent militairement et obtiennent toutes les armes nécessaires à leur libération. Notre camp social ne doit pas sous-estimer son soutien à leur égard, et imposer la démilitarisation immédiate du périmètre de la centrale de Zaporizhia.

Une offensive antisociale des puissants
Tous les dirigeants occidentaux ne croyaient guère que le peuple ukrainien résisterait à l’armée russe. Ils étaient prêts à verser quelques larmes de crocodile, comme en 2014 lorsque la Crimée et une partie du Donbass ont été envahies. Mais depuis, les Etats-Unis et l’Union européenne veulent profiter de cette résistance inattendue pour renforcer leurs politiques et développer l’OTAN et les dépenses militaires. En Italie, une lutte électorale s’est développée sur la question de l’envoi d’armes en Ukraine entre ceux qui souhaitent s’accréditer dans l’élite atlantiste et ceux qui voudraient faire face au « pacifisme » supposé intéressé de nombreux Italiens. En réalité, le gouvernement se réfugie derrière le « secret militaire » (l’Italie est le seul pays à ne pas rendre public le matériel qu’il envoie à Zelensky, comme si les Russes devaient le lire dans les journaux pour le savoir), mais ceux qui ont étudié les flux d’armes placent notre pays en dernière position.

Mais le gouvernement, avec le soutien de la quasi-totalité du Parlement, a solennellement décidé d’augmenter le budget militaire de trois milliards par an (bien sûr, les armes qui resteront strictement en Italie)…

La guerre en Ukraine est également utilisée comme un alibi honteux pour justifier toutes les augmentations de prix, de l’énergie, de la nourriture, etc. La guerre en Ukraine est également utilisée comme un alibi honteux pour justifier toutes les augmentations de prix, de l’énergie, de la nourriture, etc. En Ukraine même, la loi martiale aide le gouvernement libéral de Zelensky à attaquer les droits des travailleurs, à adopter des lois démantelant les droits sociaux en faveur des grands capitalistes ukrainiens.

Soutenons concrètement
Indépendamment de tout gouvernement ou impérialisme (et également indépendamment de larges parties de la gauche), des campagnes concrètes se construisent en Europe. Ils apportent une aide humanitaire et matérielle à la résistance en Ukraine, à toutes les associations, syndicats, mouvements féministes, écologistes et anticapitalistes qui participent à la résistance sous toutes ses formes contre l’invasion, mais qui luttent en même temps contre les mesures antisociales.

Ces campagnes « de base » apportent également une aide à l’opposition à la guerre silencieuse de Poutine en Russie et au Belarus. Ils aident également les personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ukraine, demandant que les droits accordés aux Ukrainiens soient étendus à tous les réfugiés. Ces campagnes méritent notre plus large soutien populaire. Mais dans sa fureur anti-ukrainienne, la gauche italienne s’abstient même de cette tâche

https://refrattario.blogspot.com/2022/09/solidarieta-con-la-resistenza-del.html#more
Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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Avec l’aimable autorisation du site leshumanités

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Izioum : les nazis de Poutine

EXCLUSIF. Une division ouvertement néo-nazie de l’armée russe, commandée par Alexei Milchakov, est vraisemblablement impliquée dans les massacres d’Izioum. « Quand on tue un homme, on ressent le frisson de la chasse », proclamait ce même Alexei Milchakov, qui s’est déjà « illustré » par des actes de torture en 2015, lors de la première « guerre du Donbass ».

Le monde est entier est scandalisé par la découverte à Izioum d’un charnier laissé par les forces d’occupation russe, et l’exhumation de centaines de corps, dont beaucoup portent des marques de torture.

Dans sa dernière chronique sur Facebook, André Markowicz rapporte qu’« une femme expliquait que, les pires, ce n’étaient pas les Russes, mais les milices de Lougansk et de Donetsk, parce que, dans les faits, c’étaient eux qui restaient là (l’armée russe en tant que telle était moins nombreuse à Izioum que ces milices). C’est eux, disait-elle, qui avaient édicté la règle des portes ouvertes – les gens n’avaient pas le droit de fermer leur porte à clé, ils devaient laisser les barrières toujours ouvertes (…). Ils passaient quand ils voulaient, ils prenaient. – Mais ces gens-là, réellement, ce sont leurs voisins. Izioum appartient à la province de Kharkov, mais celles de Lougansk et de Donetsk sont à côté. Ce sont les mêmes gens qui sont là. Et ceux qui pillaient Izioum, en gros, ils habitent à, quoi, vingt-trente kilomètres… »

Y a-t-il une échelle du pire ? Les milices de Lougansk et de Donetsk se sont-elles comportées de façon encore plus barbare que les soldats russes ? C’est probable. Mais il y avait aussi, dans la région de Kharkiv et Izioum, des mercenaires de la milice Wagner, une branche « officieuse » de l’armée russe qui, depuis quelques semaines, recrute de nouveaux « combattants » dans des prisons russes.

Et il y avait aussi un détachement du sinistre bataillon Rusich, dont la présence à Izioum a été avérée par plusieurs journalistes, dont l’Italien Andrea Ferrario, spécialiste des mouvements d’extrême-droite en Russie. Début avril, The Times avait signalé leur déploiement dans la région de Kharkiv
(
https://www.thetimes.co.uk/article/rusichs-neo-nazi-mercenaries-head-for-kharkiv-prjndp9rl).

Et Rusich n’est pas une milice « privée » comme Wagner. C’est une unité de l’armée russe, un « groupe de reconnaissance de sabotage et d’assaut (DSHRG) », commandée par un certain Alexeï Milchakov, qui est ouvertement néo-nazi, et même nazi tout court : « Je suis un nazi. Je n’entrerai pas dans les détails, nationaliste, là, patriote, impérialiste et ainsi de suite. Je peux lever ma main. Quand on tue un homme, on ressent le frisson de la chasse. Si vous n’avez jamais chassé, essayez. C’est intéressan », proclamait-il dans une vidéo (voir sur le site les humanités).

Cet Alexei Milchakov s’était déjà illustré pensant la première « guerre du Donbass », en 2015, se vantant de couper les oreilles de militaires ukrainiens assassinés et se prenant en photo avec des cadavres brûlés.

Alexei Milchakov a lui-même déclaré à la chaîne de télévision de propagande prorusse Anna-News qu’il combattait dans l’est de l’Ukraine depuis la fin du mois de juin. L’information selon laquelle Milchakov se trouvait probablement en Ukraine avait été rapportée au début du mois de juillet, et même les sources médiatiques russes ont décrit de manière extraordinairement directe ce jeune homme conduit par « l’appel du cœur » de Poutine en Ukraine. Moskovsky Komsomolets, par exemple, rapporte qu’« un fasciste – boucher de Pétersbourg est parti combattre pour les insurgés ». Le journal le qualifie de « maniaque russe bien connu, surnommé « Fritz », qui a gagné en notoriété en 2012 lorsque le jeune homme de 20 ans a posté des images de lui-même avec un chiot dont il a coupé la tête avant de la manger. Après cela, Milchakov a constamment posé avec des bannières nazies et a appelé les gens à tuer les sans-abri et les chiens ».(source : Halya Coynash, Kharkiv Human Rights Protection Group)

Voilà donc le genre d’émissaires très spéciaux que Poutine envoie « dénazifier » l’Ukraine, avec les méthodes que l’on découvre aujourd’hui à Izioum : les mêmes que celles qui furent mises en œuvre à Boutcha. Et l’on n’est sans doute pas au bout des macabres découvertes qui vont être exhumées au fur et à mesure que les forces ukrainiennes progressent dans la libération des territoires occupés. Jean-Marc Adolphe

https://www.leshumanites-media.com/post/izioum-les-nazis-de-poutine?

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UKRAINE: Voices of resistance and solidarity

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ABOUT THE BOOK
This is an extremely important book published at this tragic moment when our country has been invaded. It builds a bridge of solidarity between the people of Ukraine and the working class around the world. The contributions make it easier to imagine a better future without imperialism and injustice.
Vitalii Dudin, President of Sotsialnyi Rukh/Social Movement.
Ukraine: Voices of Resistance and Solidarity is a contribution to understanding what Ukrainians think, feel and need. Their voices are a call for solidarity, peace and progress. Above all, it is about the Ukrainian people deciding their future and an end to Russian imperialism.
Mick Antoniw, Member of the Welsh Parliament.

CONTENTS

  1. Introduction Mick Antoniw
  2. Ten Turning Points: A Brief History of Ukraine John-Paul Himka
  3. I’m a Ukrainian Socialist: Here’s Why I Resist the Russian Invasion Taras Bilous
  4. Not Exactly Surprising, But Awe-inspiring’: Ukraine’s Resistance Interview with Yuliya Yurchenko
  5. Ten Terrible Leftist Arguments Against Ukrainian Resistance Oksana Dutchak
  6. The Right to Resist’: A Feminist Manifesto
  7. Our Main Goal Now Is to Win This War Interview with Viktoriia Pihul
  8. Appeals from Ukrainian Trade Unions
  9. Unions Strive to Keep Ukraine’s Mines Running, Protect Civilians and Appeal for Solidarity Interview with Nataliya Levytska
  10. Ukraine’s Recovery Must Benefit the People: The West Has Other Ideas Vitalii Dudin
  11. Resistance and Reconstruction: Issues for the Post-war Recovery, A Parliamentary Briefing
  12. Why Should Ukraine’s Debt Be Cancelled? Interview with Eric Toussaint
  13. Reinventing Nazism for State Propaganda: How Morality is Being Replaced by Force Ilya Budraitskis
  14. I Marched against Putin’s War for the Same Reason I Protested the War in Iraq Niko Vorobyov
  15. A Left Divided: Anti-War, Anti-Imperialism and the Russian Invasion of Ukraine Gilbert Achcar
  16. Why Is Ukrainian Resistance Invisible to You? An Appeal to Supporters of the Stop the War Coalition Simon Pirani
  17. Ukraine and the Peace Movement Stephen R. Shalom and Dan La Botz

ABOUT THE CONTRIBUTORS
Mick Antoniw is the Labour member of the Welsh Parliament for Pontypridd, a second generation Ukrainian and trade union lawyer.
John-Paul Himka John-Paul Himka is a professor emeritus of History at the University of Alberta, Canada. He has published extensively on the history of Ukrainian socialism.
Taras Bilous is a Ukrainian historian, an activist of Sotsialnyi Rukh/Social Movement, and editor of Spline/Commons (Journal of social critique).
Oksana Dutchak is co-editor of Spilne/Commons (Journal of social critique).
Yuliya Yurchenko is a member of Sotsialniy Rukh/Social Movement and the author of Ukraine and the Empire of Capital: from Marketisation to Armed Conflict (Pluto Press, 2017).
Viktoriia Pihul is a Ukrainian feminist, anti-capitalist, and a member of Sotsialnyi Rukh/Social Movement.
Nataliya Levytska is the Deputy Chairperson of the NGPU (Independent Mineworkers Union of Ukraine)
Eric Toussaint is the spokesperson of the CADTM International. His books include Debt System (Haymarket books, 2019), Bankocracy (Resistance Books, 2015).
Vitalii Dudin is President of Sotsialnyi Rukh/Social Movement. He researches the impact of neoliberal reforms and the social consequences of European integration.
Bohdan Ferens is a founder member of the Social Democratic Platform.
Ilya Budraitskis is a member of the Russian Socialist Movement. He is the author of of Dissidents among Dissidents: Ideology, Politics and the Left in Post-Soviet Russia (Verso, 2022).
Niko Vorobyov is a Russian-British freelance journalist and author of the book Dopeworld (Hodder & Stoughton, 2020).
Gilbert Achcar is a Lebanese socialist. His books include The Clash of Barbarisms: The Making of the New World Disorder (Routledge, 2006) and Morbid Symptoms: Relapse in the Arab Uprising (Saqi, 2016).
Simon Pirani was the editor of the British mineworkers’ union journal (1990–95) and his books include Change in Putin’s Russia: Power Money and People (Pluto Press, 2010).
Stephen R. Shalom and Dan La Botz are both socialists and editors of New Politics, an independent socialist forum for dialogue and debate on the left, based in the USA.

https://ukrainesolidaritycampaign.org/2022/09/17/ukraine-voices-of-resistance-and-solidarity/

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Les silences choquants du Monde Diplomatique

Depuis quelques années, le Monde Diplomatique manifeste parfois une certaine complaisance vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine, comme si le mensuel retombait dans un campisme typique des années 1950. Sauf que la guerre froide est terminée depuis trente ans, le monde de  2022 voit s’affronter plusieurs impérialismes, l’impérialisme américain, le plus puissant, mais aussi l’impérialisme russe et l’impérialisme chinois, sans oublier les puissances régionales, comme Israël, la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Inde.

Mais jamais le Monde Diplomatique n’avait poussé le bouchon aussi loin qu’avec un article de Serge Halimi et de Pierre Rimbert, publié en dernière page du numéro du mois de septembre 2022 sous le titre « voluptueux bourrage de crâne », un pamphlet contre la seule propagande ukrainienne et son relais par les médias occidentaux et notamment français. En revanche, pas une ligne, pas un mot de ce brûlot ne vise Vladimir Poutine, sa décision d’envahir l’Ukraine et les crimes de guerre et contre l’humanité que son armée y commet en série, ni sa propagande.

Bref, la critique, évidement légitime, du biais des médias sert de cache-sexe à un silence, non moins évidemment illégitime, sur la politique belliciste de Moscou. Mes deux confrères ont trouvé une accroche ironique pour leur texte, ils se demandent si le président Volodymyr Zelensky est aussi rédacteur en chef des médias occidentaux. Arrivé à la fin de leur article, nous serions plutôt tentés, quitte à user du même humour qu’eux, de nous demander si le président Vladimir Poutine est aussi directeur du Monde Diplomatique.

Trêve de plaisanterie, cet étrange article incite à poser une question de fond. Oui ou non, les crimes de guerre et contre l’humanité doivent-ils être dénoncés, quels qu’en soient les auteurs, à moins que Serge Halimi et Pierre Rimbert ne pensent que les civils bombardés, les innocents torturés, les prisonniers castrés au couteau et les femmes violées par des groupes de soldats ivres, autant d’horreurs dénoncées par les organisations internationales, y compris Amnesty International qu’ils citent quand cela leur convient, relèvent de la propagande. L’adjectif voluptueux est en tout cas malvenu.

Dominique Vidal, 17 septembre 2022

https://www.facebook.com/100003051609284/posts/5141213875990282/?flite=scwspnss&mibextid=QJ7URetuiw9ThKAv

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Liens avec d’autres textes

Furieux, les blogueurs nationalistes russes décrivent la guerre en Ukraine comme déjà perdue
Ça sent le roussi, et ce sont eux qui le disent.
https://korii.slate.fr/et-caetera/ukraine-furieux-blogueurs-nationalistes-russes-annoncent-guerre-perdue-kharkiv-balaklia-kherson
Depuis l’invasion de l’Ukraine, la répression des journalistes s’intensifie en Crimée annexée
https://rsf.org/fr/depuis-l-invasion-de-l-ukraine-la-répression-des-journalistes-s-intensifie-en-crimée-annexée
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https://www.fidh.org/fr/regions/europe-asie-centrale/belarus/belarus-reaction-face-a-la-condamnation-et-a-l-emprisonnement 

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Tous les textes précédemment publiés 
et les liens sont maintenant regroupés sur la page :
https://entreleslignesentrelesmots.blog/retrait-immediat-et-sans-condition-des-troupes-russes-solidarite-avec-la-resistance-des-ukrainien·nes/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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