Précis sur la xénophobie d’Etat

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Pierre Tevanian et Jean-Charles Stevens viennent de produire ce petit livre plein de bon sens sur la xénophobie implicite du sempiternel « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Largement documenté, chiffres à l’appui, ils décortiquent cette phrase petit à petit pour y révéler les coups de force rhétorique et leur caractère mortifère.

Les chapitres sont courts et le propos direct. Les auteurs débutent par une remise en question du « On », continuent avec le fallacieux « ne peux pas », puis vient le « accueillir », chargé des pires fantasmes, et ainsi de suite. Vraiment bien fichu.

Le dernier chapitre, intitulé « Pour l’hospitalité », résume le propos : « La phrase « on ne peut pas accueillir toute la « misère du monde » est bel et bien xénophobe, on l’a vu, en ce qu’elle oppose un « nous » national à un « eux » qui désigne d’une manière grossière et générale les personnes étrangères. Elle l’est aussi parce que l’hyperbole « toute la misère du monde » suggère une entité gigantesque, donc potentiellement menaçante, « engloutissante », « envahissante », que toute personne sensée souhaiterait en toute logique éviter. Par sa formulation, cette phrase fait apparaître la présence d’étrangers sur le territoire national comme un « accueil » de « toute » la « misère » du « monde », ce qui entretient les fantasmes les plus aberrants et les plus toxiques sur le « grand remplacement ». »

Je me permets de citer aussi la dernière phrase de l’essai : « Refusons surtout que ces « problèmes d’immigration » remettent en cause l’humanité desdits immigrés, car les risques sont réels d’y apporter alors des solutions proprement « inhumaines ». L’avenir pourrait nous en donner la démonstration la plus effroyable, mais le présent et le passé récent suffisent à l’entrevoir : le pire n’est pas à venir, il a déjà commencé d’advenir. »

Un livre qui, par son format et son prix – petits –, est un bon antidote, à faire circuler largement.

Pierre Tevanian et Jean-Charles Stevens : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». En finir avec une sentence de mort
Ed. Anamosa, 80 pages, 5€

Yeun Lagadeuc-Ygouf

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Une réflexion sur « Précis sur la xénophobie d’Etat »

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