Iran : l’indispensable convergence des luttes (plus autres textes)

  • Behrooz Farahany : Iran : l’indispensable convergence des luttes
  • Pour que le mouvement « Femme, Vie, Liberté » ne meure pas- Appel à la solidarité avec les prisonnier·es politiques en Iran 
  • Les universités iraniennes s’en prennent à Khamenei et aux pasdarans, un jour après l’avertissement
  • Hossein Dabbagh : Iran : les manifestants demandent une évolution vers un État non religieux. Quels changements cela apporterait-il ?
  • Caroline Senneville : Iran, la mèche de la révolte

Les mobilisations ne faiblissent pas

Les manifestations contre le régime islamique sont entrées dans leur sixième semaine. Elles sont essentiellement composées de femmes, d’étudiantEs, de lycéenNEs, d’enseignantEs, de chômeurs/euses et de précaires.

Dans l’industrie des grèves politiques ponctuelles ont eu lieu. Mais elles ne se sont pas transformées grèves de longue durée, contrairement à ce qui se passe chez les enseignantEs et les étudiantEs.

La première grande grève politique de salariéEs a eu lieu dans trois raffineries du sud du pays. Elle a été suivie par celle de la sucrerie de Haft-Tapeh, malgré une prime surprise de presque deux mois de salaire pour ces derniers, versée la veille !

Depuis, les travailleurs de l’Aciérie Nationale du Khūzestān ont averti qu’ils allaient entrer en grève si la répression des manifestants continuait. Mais nous n’avons pas encore de nouvelles précises à ce sujet, Internet étant coupé ou perturbé, surtout dans ces régions.

Mercredi 25 octobre dans la raffinerie de Téhéran, une des plus importantes d’Iran, les travailleurs sont sortis de leurs ateliers et ont organisé un rassemblement sur le lieu de travail, comme l’atteste une vidéo. Les autorités se sont dépêchées de « démentir » qu’il s’agissait d’une grève. Elles ont expliqué que « ce rassemblement avait pour objet une discussion avec les responsables de l’usine à propos de difficultés existantes » !

Cela montre, une fois de plus, que les dirigeants du régime surveillent les agissements de la classe ouvrière comme du lait sur le feu, et pour cause. Ils ont en mémoire le rôle qu’ont joué les travailleurs de ce secteur pendant la révolution de 1979, et en particulier la grève générale qui a fait tomber le régime monarchique, après 18 mois de mobilisations de rues ainsi que dans les universités.

Une convergence ne s’étant pas toujours réalisée dans le passé
Un décalage a toujours existé en Iran entre le rythme propre du mouvement ouvrier et celui du mouvement d’ensemble.

Au cours de la révolution anti-monarchique de 1979, les salariéEs de l’industrie sont entréEs dans la contestation 14 mois après le début des mobilisations contre le régime du Chah. Cela ne veut pas dire qu’ils/elles n’y participaient pas dès le début à titre individuel au même titre que des jeunes chômeurs/euses ou précaires, des enseignantEs ou des employéEs de l’État. Mais ils/elles n’y participaient pas en tant que travailleurs/euses, en tant que classe. Ce n’est que bien plus tard qu’ils/elles ont eu recours à l’arme de la grève, et que les grèves ont évolué en grève générale.

Au début, les slogans scandés en 1979 ne revendiquaient pas le renversement du régime, mais la libération des prisonniers politiques.

– Sous la présidence de Khatami (1997-2005), les travailleurs/euses n’ont pas bougé.

– En 2009, des grèves et d’autres actions revendicatives massives ont eu lieu au même moment que les manifestations des couches moyennes contre la fraude électorale du président sortant Ahmadinéjad. Deux millions de manifestantEs avaient envahi les rues de Téhéran. Mais ces deux mouvements ne se sont jamais croisés.

L’un était politique et entièrement sous l’influence de l’aile réformatrice du régime, avec des slogans politiques contre Ahmadinéjad et limités à une réforme du régime islamique. 

L’autre était un puissant mouvement revendicatif. Le rôle des dirigeants du mouvement réformateur comme Moussavi et Karoubi a été décisif dans cette séparation des deux mouvements. Ils ne voulaient absolument pas qu’une convergence ait lieu.

Des expériences récentes porteuses d’espoir
Ces dernières années, des convergences, ponctuelles ou longues ont eu lieu entre les grèves ouvrières et le monde étudiant, principalement à l’initiative des étudiantEs de gauche. Leur slogan « nous sommes les enfants des ouvriers et restons à leur coté » a souvent résonné dans les grèves et manifestations de rue des salariéEs de l’industrie, par exemple à la sucrerie de Haft-Tapeh, à l’Aciérie Nationale, à Hepco (important fabricant d’engin de chantier) etc. Cela montre le niveau élevé de conscience politique des étudiantEs et leur forte orientation à gauche.

En mai 2021, les salariéEs du complexe de Haft Tapeh, ont imposé la re-nationalisation de leur usine, après deux longues années de lutte et des dizaines d’arrestations et licenciements.

A l’été 2021, certains secteurs de l’industrie pétrolière, ont organisé la plus grande grève de l’histoire de la République Islamique avec plus de 100 000 grévistes répartis dans 15 provinces du sud de l’Iran. En quelques semaines, ce conflit revendicatif s’est transformé en grève politique.

Ces deux exemples montrent la rapidité avec laquelle peuvent évoluer des luttes menées par des salariéEs, aguerriEs lors des longs conflits de ces dernières années.

Cette fois-ci, la possibilité d’une convergence assez rapide des luttes semble tout à fait plausible. Mais pour cela il faut que les mouvements en cours se poursuivent pendant suffisamment de temps.

Behrooz Farahany, 29 Octobre 2022

http://www.iran-echo.com/echo_pdf/29102022.pdf
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64510
http://alencontre.org/moyenorient/iran/iran-lindispensable-convergence-des-luttes.html

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Pour que le mouvement « Femme, Vie, Liberté » ne meure pas
Appel à la solidarité avec les prisonnier.es politiques en Iran

Depuis plus de trois semaines, le monde a découvert un nouveau visage de l’Iran. Ce nouveau visage montre la réactivité politique des opprimé.es, et non les jeux habituels des élites du régime dictatorial. Le meurtre de Gina (Mahsa) Amini par la police des mœurs a déclenché un soulèvement généralisé contre la misogynie, l’oppression et l’injustice, qui s’est manifesté par la propagation du slogan « Femme, vie, liberté ». Ce soulèvement épris de liberté a suscité beaucoup d’attention et d’espoir dans le monde, notamment en raison de la présence courageuse des femmes et de leurs revendications. Bien que cette lutte pour la liberté vise une perspective révolutionnaire, c’est une lutte très inégale entre des manifestant.es aux mains vides et une dictature brutale. Une dictature qui, depuis des décennies, se sert des recettes du pétrole pour étendre son appareil répressif. Néanmoins, les manifestant.es bravent une brutalité policière de grande envergure et continuent de descendre dans la rue, au péril de leur vie.

Comme lors des soulèvements précédents, le régime islamique tente d’intimider et de terroriser la population en intensifiant la répression. Son objectif est de faire en sorte que le prix à payer amène moins de personnes à s’engager dans le combat. Par exemple, dans la seule ville de Zahedan, plus de 90 manifestant.es ont été abattu.es en moins d’une heure par les forces de police. Des organisations indépendantes de défense des droits humains estiment que plus de 200 personnes ont été tuées à ce jour et des milliers d’autres emprisonnées. Les mobilisations et la répression sanglante se poursuivent, tandis que l’accès à Internet a été pratiquement coupé dans le pays.

Simultanément, l’appareil de propagande du régime, par le relais de ses organes judiciaires et policiers, accélère le processus de répression et de terreur sous de multiples angles : il accuse notamment les manifestant.es arrêté.es de mettre en danger la sécurité nationale et d’être sous l’influence de pays étrangers ennemis de l’Iran. Ces accusations visent aussi des militant.es de différents mouvements : travailleurs-euses, femmes, enseignant.es, étudiant.es, minorités ethniques, religieuses et sexuelles, ainsi que des militant.es écologistes et des droits humains. Certain.es de ces militant.es ont été arrêté.es quelques semaines ou mois avant le soulèvement. D’autres simplement « préventivement », pendant le soulèvement, sans avoir été impliqué.es dans les manifestations. Le régime exploite la révolte pour accroître la pression sur les prisonnier.es politiques et, par le biais de fausses accusations, faire appliquer des peines plus sévères. Le but de ces arrestations et de ces accusations est de juguler le soulèvement, de l’empêcher de s’intensifier et de contrecarrer toute expansion organisationnelle potentielle – d’autant plus que le talon d’Achille du gouvernement réside dans une combinaison entre les manifestations de rues, les manifestations généralisées et les grèves (y compris la grève générale).

Tout le monde sait que le strict minimum de justice n’existe pas dans le système politique et judiciaire iranien, et que les exécutions et les décès suspects d’opposant.es politiques dans les prisons sont chose commune. Ce qui se passe dans les prisons n’est pas enregistré et ne connaît donc aucun écho. Habituellement, les prisonnier.es sont contraint.es, sous la torture, de faire des déclarations auto-incriminantes devant les caméras des services secrets, qui seront ensuite diffusées à la télévision.

En tant que groupe d’activistes politiques exilé.es et d’ancien.nes prisonnier.es politiques iranien.nes, dont certain.es ont survécu au massacre de prisonnier.es politiques de 1988, nous sommes profondément préoccupé.es par la catastrophe humaine actuellement à l’œuvre dans les prisons iraniennes. Les pratiques du régime dans le passée et évidences montrent qu’il étend aux prisons l’oppression brutale des manifestations de rues.

Nous attendons de toutes les personnes à l’esprit humaniste dans le monde qu’elles prennent non seulement une initiative active contre la répression sanglante des manifestant.es, mais qu’elles soient également la voix des prisonnier.es politiques iranien.nes. Nous pensons qu’une véritable solidarité avec les luttes des opprimé.es doit inclure la protection de la vie et la défense de la libération de celles et ceux qui sont emprisonné.es en raison de leur participation à ces luttes. Nous exhortons les militant.es et les organisations politiques du monde entier à faire tout leur possible pour accroître la pression sur le régime iranien afin que celui-ci libère les prisonnier.es politiques. L’engagement solidaire comprend non seulement la diffusion de cet appel, mais aussi une sensibilisation publique permanente et des actions telles que des rassemblements devant les consulats et ambassades iraniens en référence à la situation des prisonnier.es. Nous appelons également toutes les organisations et militant.es politiques, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à faire pression sur les responsables politiques locaux et nationaux pour les forcer à répondre concrètement à la répression brutale, à la détention, à la torture et à l’exécution de prisonnier.es politiques par le régime iranien.

Ensemble gardons vivant le slogan « Femmes, Vie, Liberté ! » et déployons-le partout par nos actions individuelles et collectives. Ce combat et ce slogan appartiennent à tous ceux et toutes celles qui veulent un monde libre et égalitaire.

Vive la solidarité internationale !

Collectif d’activistes iranien.nes exilé.es et d’ancien.nes prisonnier.es politiques
25 Octobre 2022
http://www.iran-echo.com/echo_pdf/25102022.pdf
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64509

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Les universités iraniennes s’en prennent à Khamenei et aux pasdarans,
un jour après l’avertissement

Des étudiantes impitoyablement agressées, battues et enlevées la nuit.

Malgré la répression brutale qui s’est abattue sur des dizaines d’universités et de dortoirs dans la nuit du samedi 29 octobre, les étudiants iraniens se sont à nouveau soulevés dimanche matin, 30 octobre 2022, et ont organisé des manifestations de protestation dans une quarantaine d’universités du pays.

Lors d’une cérémonie à Chiraz samedi matin, le commandant en chef des pasdarans, Hossein Salami, avait prévenu : « Aujourd’hui est le dernier jour des émeutes. Ne descendez plus dans la rue ! »

Dans la plupart des universités, les étudiants ont scandé : « C’est cette année que nous allons renverser Seyyed Ali (Khamenei) par notre sacrifice ! » « Ce n’est pas le temps du chagrin, mais le temps de la colère » et « Liberté, liberté, liberté ! ».

Les étudiants de l’université Az-Zahra, entièrement féminine, ont scandé : « Khamenei, le meurtrier sanguinaire, nous te ferons tomber et t’enterrerons ! ».

Les forces de répression du régime, les pasdarans, les Bassidjis et les agents en civil ont ouvertement attaqué les étudiants protestataires. Ils ont ouvert le feu sur les étudiants sur le campus de la branche nord de l’université Azad de Téhéran, à l’école de technologie pour filles de Sanandaj et à l’école de psychologie de l’université de Téhéran à Gicha.

Ils ont attaqué les étudiants avec des gaz lacrymogènes et des balles réelles mais ont rencontré une résistance ferme.

Les étudiants de l’Université du Kurdistan ont quitté l’école et ont défilé dans les rues de Sanandaj en appelant au renversement de Khamenei.

À l’université Sadra Azad de Chiraz, les étudiants se sont alignés contre les Bassidjis et ont scandé : « L’homme à la main estropiée (c’est-à-dire Khamenei) est le meurtrier des (pèlerins de) Chahcheraq. »

Les étudiants de l’université de Zanjan ont également formé leur propre rassemblement et ont contré une manifestation pro-régime orchestrée.

Les lycéens ont également poursuivi leurs protestations à Marivan, Boukan, Sanandaj, Chiraz, Téhéran, etc.

Dans le métro de Téhéran, des femmes ont scandé : « L’infirme Khamenei est le meurtrier (des pèlerins de) Chahcheraq ! »

Les gardiens de la révolution de Khamenei (IRGC) et des agents en civil ont attaqué des dizaines d’universités et de dortoirs la nuit dernière (samedi). Ils ont utilisé des fusils à plomb, des balles réelles et des gaz lacrymogènes, et ont enlevé les étudiants, en particulier les étudiantes.

La Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne demande instamment aux Nations unies et aux autres autorités chargées des droits de l’Homme de former une délégation indépendante pour visiter les prisons iraniennes afin d’obtenir la libération de milliers de manifestants, y compris les jeunes filles incarcérées.

https://women.ncr-iran.org/fr/2022/10/30/universites/

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Iran : les manifestants demandent une évolution vers un État non religieux. Quels changements cela apporterait-il ?

Mon amie était à Téhéran lors des manifestations après la mort de Mahsa Amini, alors tenue en garde à vue par la police des mœurs (Gasht-e Ershad). Mon amie est entrée dans une épicerie avec l’intention d’acheter du lait. Le vendeur a refusé de lui vendre quoi que ce soit. « Pourquoi refusez-vous ? » a-t-elle demandé. « Je vois que vous avez du lait. » « Parce que vous portez un hijab », a répondu le vendeur.

C’est le genre de réaction véhémente à attendre de ceux qui se considèrent comme opprimés par la loi discriminatoire sur le hijab de la République islamique, qui poursuit les femmes pour ne pas « être dissimulées ». Le terme hijab est un mot arabe signifiant dissimulation. Il est utilisé pour désigner différents types de vêtements, allant d’un manteau à manches longues, d’un pantalon et d’une écharpe à la forme de robe préférée du gouvernement islamique, le tchador, qui est un tissu noir ample porté sur tout le corps. Après le meurtre de Mahsa Amini en septembre, des manifestations monstres se sont déclenchées contre cette loi et son application.

Le port du hijab est devenu obligatoire pour toutes les Iraniennes à partir d’avril 1983, après la révolution de 1979. Depuis lors, toutes les femmes ont été contraintes par la loi de porter le hijab (dissimulation des cheveux et/ou du corps) en public, même les non-musulmanes et les étrangères en visite en Iran. Si elles ne le font pas, elles s’exposent à des poursuites.

Le gouvernement iranien, celui de la République islamique, soutient que Dieu ordonne aux femmes de porter le hijab. Il s’agit d’un gouvernement dont les dirigeants sont membres du clergé et ont intégré les croyances religieuses dans la législation de l’État. Mais même certains érudits islamiques soutiennent que le Coran n’indique pas que le hijab est obligatoire.

Le cas de Mahsa Amini polarise l’Iran : ceux qui prônent le port rigoureux du hijab et l’application de la loi religieuse sont opposés à ceux qui préfèrent un État laïc, non dirigé selon des valeurs religieuses.

Cela a conduit le pays au soulèvement présent, avec des manifestations énormes partout en Iran, causant de nombreuses morts.

Lors de nombre de ces manifestations, on entend le chant de la résistance iranienne, Zan, Zendegi, Azadi (#WomenLifeFreedom). Les manifestants demandent que vie et liberté soient pour tous (religieux et non religieux). Ces manifestations sont largement inspirées par la contestation du fait que la loi religieuse actuelle prive les femmes du droit de choisir comment se vêtir.

Qu’est-ce que la laïcité ?
La laïcité, c’est l’idée que les États doivent être neutres en ce qui concerne la religion. L’État ne devrait pas privilégier une religion particulière par rapport aux autres. Un État laïque offre des perspectives égales pour mener leur vie aux citoyens religieux et non religieux. L’État doit respecter les valeurs de tous (y compris celles des minorités), et pas seulement celles de certains.

La laïcité semble raisonnable à beaucoup parce qu’il est inhabituel pour une nation entière de prendre une religion unique comme source du droit. Certains savants musulmans ne sont pas d’accord avec l’interprétation établie par la République islamique selon laquelle Dieu a ordonné le port du hijab. A la suite de quoi ils affirment que le hijab ne revient pas à dissimuler les cheveux, mais à être « pudique ». D’autres contestent la manière dont la police des mœurs traite les femmes dans la rue.

Alors que certains pourraient s’insurger contre le fait que les femmes soient obligées de porter le hijab, d’autres sont toujours en faveur de son port constant. Des rapports indiquent que les autorités iraniennes ont fermé certains cafés en raison du hijab « inapproprié » de certaines clientes. Et plus récemment, une femme a été arrêtée pour avoir pris son petit déjeuner sans hijab dans un café.

Histoire de la laïcité en Iran
Les débats d’aujourd’hui sur la laïcité en Iran nous ramènent à la révolution
constitutionnelle de 1906. Elle prônait le libéralisme et la laïcité et a conduit à des échanges sur une société sans règles religieuses pour tous.

Les Iraniens ont connu une laïcisation forcée peu de temps après le couronnement de Reza Shah Pahlavi en 1925. En 1936, il a publié un décret, Kashf-e hijab, selon lequel toute expression publique de la foi religieuse, y compris le port du hijab, était illégale. Encore une fois, c’était un chef qui disait aux femmes quoi porter.

Cependant, sa tentative de laïciser et d’occidentaliser l’Iran de manière autoritaire s’est heurtée à la résistance de la société. Le renversement de la dynastie Pahlavi en 1979 a conduit à la mise en place d’un gouvernement islamique militant fondé sur la doctrine musulmane chiite. Après que le port du hijab fut exigé, il est devenu le symbole d’une foi obligatoire. Il a également joué un rôle significatif en poussant certains pans de la population iranienne vers un État plus laïque.

En 2022, l’Iran connaît des changements spectaculaires, y compris ce qui semble être un virage vers la laïcité. Certains soutiennent que la laïcité est un ennemi de la religion ou un produit de la colonisation occidentale. Bien que la majorité des Iraniens se considèrent croyants, certaines preuves démontrent que les Iraniens le sont moins qu’autrefois.

Depuis la révolution islamique, de nombreuses recherches ont été menées sur la manière dont l’Iran pourrait fonctionner en tant que société laïque, ainsi que sur sa tolérance religieuse.

Le mouvement de protestation actuel, principalement mené par la génération Z en Iran, se développe en partie grâce à son utilisation d’Internet et des médias sociaux pour communiquer et partager des informations. On peut également prendre connaissance des expériences laïques d’autres pays par le biais des médias sociaux. C’est pourquoi le régime bloque Internet et censure YouTube, Instagram et Twitter.

Un sondage indique que plus de 60% des Iraniens veulent maintenant un État non religieux. La question est de savoir si ceux qui sont au pouvoir sont prêts à le leur accorder.

* Notons que l’auteur se réfère ici à la définition anglo-saxonne de la laïcité (tolérance égale de l’Etat vis à vis des religions) et non pas à la définition originale de la révolution française (séparation de l’Etat et des religions).

Hossein Dabbagh, Philosophy Tutor, University of Oxford
https://theconversation.com/iran-protesters-call-for-move-to-a-non-religious-state-what-changes-would-that-bring-193198?utm_medium=email&amp
Traduction de Didier Vanhoutte
http://www.siawi.org/spip.php?article29958

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Iran, la mèche de la révolte

Le vaste mouvement de protestation populaire en cours en Iran est celui d’un peuple qui aspire à des changements institutionnels et politiques fondamentaux. Depuis le décès de Mahsa (Jina) Amini, jeune femme kurde de 22 ans arrêtée et battue par la « police des mœurs » à Téhéran à la mi-septembre, une riposte populaire iranienne s’élève afin de dénoncer les actes d’inhumanité commis contre les citoyennes et les citoyens. Madame Amini est morte aux mains des forces de l’ordre pour lesquelles la jeune femme ne portait pas le voile de façon convenable, laissant voir des mèches de cheveux.

Tandis que le régime en place réprime violemment cette marche vers la liberté, des mouvements de solidarité s’organisent à l’international afin de relayer la voix de celles et de ceux qui, jour après jour, risquent leur vie pour contrer l’obscurantisme et l’intégrisme. La CSN ajoute sa voix à ce mouvement de solidarité et dénonce la répression de l’État iranien. Selon le dernier compte de l’Iran Human Rights, le gouvernement iranien est à l’origine d’au moins 234 décès à ce jour, dont 29 enfants.

Ce sont non seulement les femmes, mais tout un peuple qui se soulève. La révolte touche aussi les Kurdes et d’autres exclu-es ou victimes de la crise économique, laquelle est aggravée par la COVID-19 et par la corruption. Les jeunes ne s’y reconnaissent plus. Ce sont les personnes des générations Z et Y qui l’expriment sur les réseaux sociaux. Tantôt elles se dévoilent, tantôt se coupent une mèche de cheveux : voilà qui marque la rupture, le recommencement et le pouvoir transformateur du changement.

Pour toutes ces raisons, la CSN demande au gouvernement canadien de soutenir dès maintenant la mise en place, aux Nations Unies, d’un mécanisme indépendant pour enquêter sur les crimes les plus graves au regard du droit international commis en Iran. Faisons en sorte que les responsables répondent de leurs actes !

La lutte féministe et populaire vise à faire tomber des lois, des pratiques de ségrégation, des procédés d’exclusion sociale et économique où l’État a le contrôle sur les corps – celui des femmes, la plupart du temps – sur l’espace public, sur le travail et sur l’éducation. L’enjeu en Iran est celui de la liberté, celle des femmes et aussi celle des groupes marginalisés, de choisir ce qu’il advient de leur destinée contre un pouvoir qui voudrait le faire pour eux.

Caroline Senneville
https://www.pressegauche.org/Iran-la-meche-de-la-revolte


En complément possible
Soutien à la grève des enseignant.es en Iran contre le régime théocratique et autoritaire iranien
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/29/marche-de-soutien-au-peuple-iranien/
Les femmes iraniennes : dans la rue, dans la société, dans la vie
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/27/les-femmes-iraniennes-dans-la-rue-dans-la-societe-dans-la-vie/
Iran : des mouvements éclatés à la révolte des femmes
https://www.nouvelobs.com/tribunes/20221007.OBS64237/iran-des-mouvements-eclates-a-la-revolte-des-femmes.html
«FEMME, VIE, LIBERTÉ»
https://solidarites.ch/journal/411-2/iran-femme-vie-liberte/
Alireza Eshraghi : « Les Iraniennes ont fini de discuter avec le régime »
Yassamine Mather : « Quelque chose doit changer »
Aurelie Leroy : Les femmes iraniennes sur le devant des manifestations
Ben Hubbard et Farnaz Fassihi : Les Gardiens de la révolution, profondément intégrés dans la structure du pouvoir et l’économie, ont tout à perdre si le système tombe
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/24/les-iraniennes-ont-fini-de-discuter-avec-le-regime-et-autres-textes/
La grève des travailleurs du pétrole s’étend
Elham Hoominfar : « 
Les principales perdantes de la révolution de 1979 sont les artisanes de la nouvelle révolution »
Arshin Adib-Moghaddam : « 
Les manifestations contre le hidjab sont désormais massives, mais une révolution nécessitera que l’armée change de camp »
Dorna Javan : 
Le slogan « Femme Vie Liberté » au cœur de l’insurrection en cours en Iran
Germe : « Femme, Vie, Liberté » : Iran, un mouvement qui vient de loin
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/17/iran-femme-vie-liberte-quelques-textes/ 
Comment la police des mœurs traque « l’immoralité » en Iran
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64345
En Irak, des jeunes Kurdes iraniens s’engagent contre Téhéran
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64343
En Iran, l’Internet en coupes réglées
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64344
Javaid Rehman, rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran : « C’est un Etat violent qui tue »

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64347
Sans voile islamique, la championne d’escalade Elnaz Rekabi défie la pesanteur du régime iranien

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64356
En Iran, un mouvement à la détermination sans faille
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64292 
En Iran, le mur de la peur est tombé
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64291 
Ramin Jahanbegloo : Les Antigones de l’Iran
https://blogs.mediapart.fr/ramin-jahanbegloo/blog/141022/les-antigones-de-l-iran?userid=47bf156e-e481-48c8-975b-18c0754b21bc
Comprendre la révolte iranienne sans céder aux récupérations de tous bords
Iran : un peuple qui se soulève
Azadeh Moaveni : 
Depuis une génération les femmes iraniennes n’ont jamais été aussi en colère. « C’est comme une guerre là-bas »
Najmeh Bozorgmehr : Comment les étudiant·e·s façonnent les manifestations contre le régime
Yassamine Mather : « Des pans de la population n’ont plus peur. Des secteurs “réformistes” reprennent la parole. Une certaine gauche en déconnexion avec le mouvement »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/10/comprendre-la-revolte-iranienne-sans-ceder-aux-recuperations-de-tous-bords-et-autres-textes/
L’Iran incarcère le musicien dont l’hymne devient viral dans les manifestations
https://mondafrique.com/liran-incarcere-un-musicien-alors-que-lhymne-des-manifestations-devient-viral/ 
Iran : « Ce n’est pas un soulèvement que nous vivons mais une révolution »
https://www.revue-ballast.fr/iran-ce-nest-pas-un-soulevement-que-nous-vivons-mais-une-revolution/ 
Gh. H Saedi : « Femme ! Vie ! Liberté ! » : la révolution sociale en Iran
La révolte s’approfondit
CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa : Solidarité avec les manifestant.e.s d’Iran 
Appel à manifestation d’un collectif féministes, queers, anticapitalistes et internationalistes – Avec des groupes de gauche et démocrates
Appel à une manifestation solidaire avec les luttes d’émancipation en Iran
En solidarité avec les femmes en lutte pour l’égalité et contre la République islamique d’Iran
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/08/femme-vie-liberte-la-revolution-sociale-en-iran-autres-textes/
La répression sanglante des manifestations fait 82 morts dans l’est du pays
Le 30 septembre, les forces de sécurité iraniennes ont tué illégalement au moins 66 personnes, dont des enfants, et en ont blessé des centaines d’autres en réprimant violemment une manifestation survenue après la prière du vendredi à Zahedan, à l’Est de l’Iran. Elles ont fait usage de gaz lacrymogènes, et ont tiré sur la foule à balles réelles et à la grenaille.
https://www.amnesty.ch/fr/pays/moyen-orient-afrique-du-nord/iran/docs/2022/repression-sanglante-des-manifestations-fait-82-morts
Iran : les autorités ciblent les universités, les écoles se soulèvent
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64176
En Iran, une pluie d’arrestations et une intense répression pour faire taire la révolte

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64177
Iran : « La communauté universitaire et militante internationale demeure largement silencieuse »

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64192
Actrices et chanteuses françaises se coupent les cheveux en soutien aux Iraniennes
https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/actrices-et-chanteuses-francaises-se-coupent-les-cheveux-en-soutien-aux-iraniennes-20221005_3DU5442IZFEQ7FGP5VEQ4GNFRA/
Jamshid Pouranpir : Depuis 2 semaines, l’Iran brûle. Le brasier a surpris plus d’un
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/01/depuis-2-semaines-liran-brule-le-brasier-a-surpris-plus-dun/
Frieda Afary : L’Iran manifeste contre le hijab obligatoire et la violence d’État
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/26/liran-manifeste-contre-le-hijab-obligatoire-et-la-violence-detat/
En Iran, la tradition féministe transcende les époques et les régimes

Janet Afary professeure de religion et d’études de genre à l’Université de Californie évoque pour « L’Orient-Le Jour » les décennies de combats acharnés des Iraniennes.
https://www.lorientlejour.com/article/1313274/en-iran-la-tradition-feministe-transcende-les-epoques-et-les-regimes.html
Las mujeres desafían al régimen 

https://vientosur.info/las-mujeres-desafian-al-regimen/
Solidarité avec les femmes iraniennes – Association italienne des femmes médecins
https://women.ncr-iran.org/fr/2022/10/01/solidarite-avec-les-femmes/
Solidarité avec toutes les femmes soumises au port du voile obligatoire !
Union syndicale Solidaires : Solidarité avec les femmes d’Iran
CNDF : Solidarité avec les femmes iraniennes
Déclaration du Syndicat des Travailleurs de la compagnie d’autobus de Téhéran et sa banlieue (VAHED) 
La CGT soutient les iraniennes et iraniens 
mobilisés pour défendre leurs Libertés
Beautiful cover of « Bella Ciao » in Persian by an Iranian woman
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/22/solidarite-avec-toutes-les-femmes-soumises-au-port-du-voile-obligatoire/
Femmes Soudanaises solidaires des Iraniennes
https://laboursolidarity.org/fr/n/2341/femmes-soudanaises-solidaires-des-iraniennes
Déclaration d’ONU Femmes sur les droits des femmes en Iran
https://women.ncr-iran.org/fr/2022/09/28/declaration-donu-femmes/
UNE RÉVOLUTION
https://4epk2.r.a.d.sendibm1.com/mk/mr/Mh15ogRs6KOG67jKaaailQAgh1lJw0UWgOi_CZm8h75VH1gKsPlNwQ0kNtwt3fOGYf0WIw0meB-A-Tax6zvifm2EWgl69WKwqaWElcRl0o4sKpxDfEsDYfWO9RKsLSSuhx0vvw
Interview – Protestations en Iran : « Les manifestantes contestent le voile comme un symbole religieux et politique »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64042
Iran : après la mort de Mahsa Amini, la colère s’exprime, le régime réprime
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64041
Mort de Mahsa Amini en Iran : « Les autorités iraniennes sont dans une impasse »

https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64059
Manifestations en Iran : « La colère traverse les classes sociales, c’est inédit », estime l’historien Jonathan Piron 
https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations-en-iran-la-colere-traverse-les-classes-sociales-c-est-inedit-estime-l-historien-jonathan-piron_5373382.html
« Il faut arrêter de faire du voile un symbole de l’islam »
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64029 
Interview – Protestations en Iran : « Les manifestantes contestent le voile comme un symbole religieux et politique »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64042
Iran : après la mort de Mahsa Amini, la colère s’exprime, le régime réprime
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64041
Mort de Mahsa Amini en Iran : « Les autorités iraniennes sont dans une impasse »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64059
Iran : au moins 76 morts lors des manifestations contre la mort de Mahsa Amini
Les Nations unies confirment que les forces de sécurité ont utilisé des balles réelles contre les manifestants
https://atalayar.com/fr/content/iran-au-moins-76-morts-lors-des-manifestations-contre-la-mort-de-mahsa-amini
Iran : « femme, vie, liberté », ces trois mots que le régime honnit
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64108
Les femmes iraniennes et l’avenir de l’Iran
https://blogs.mediapart.fr/ramin-jahanbegloo/blog/270922/les-femmes-iraniennes-et-l-avenir-de-l-iran
Chahla Chafiq: « 
La colonne vertébrale de l’idéologie islamiste, c’est le sexisme »
https://www.50-50magazine.fr/2022/09/29/chahla-chafiq-la-colonne-vertebrale-de-lideologie-islamiste-cest-le-sexisme/
« Vive les femmes » : malgré les risques, un engagement sans faille des footballeurs iraniens
https://www.france24.com/fr/sports/20220928-vive-les-femmes-malgré-les-risques-un-engagement-sans-faille-des-footballeurs-iraniens
Manifestations en Iran : « La colère traverse les classes sociales, c’est inédit », estime l’historien Jonathan Piron
https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations-en-iran-la-colere-traverse-les-classes-sociales-c-est-inedit-estime-l-historien-jonathan-piron_5373382.html 
Vu du monde arabe. “Femme, vie et liberté” : la colère des Iraniennes ne tarit pas
https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-monde-arabe-femme-vie-et-liberte-la-colere-des-iraniennes-ne-tarit-pas
Houshang Sepehr : 
Iran. Mécontentement généralisé des classes laborieuses et des démuni·e·s
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/08/15/iran-mecontentement-generalise-des-classes-laborieuses-et-des-demuni·e·s/
Appel à un rassemblement de solidarité avec les syndicalistes et enseignant·e·s d’Iran
Lettre ouverte aux délégués à la 110e session de la Conférence internationale du Travail Genève, 27 mai – 11 juin 2022
Courriers intersyndicaux envoyés aux autorités iraniennes et françaises
Iran : les travailleurs de la mine de Sungun doivent être libérés immédiatement !
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/06/07/solidarite-avec-les-syndicalistes-et-enseignant·e·s-diran-plusieurs-textes/
Plus de 9 000 fillettes de 10 à 14 ans mariées en Iran au printemps 2021
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2021/12/20/plus-de-9-000-fillettes-de-10-a-14-ans-mariees-en-iran-au-printemps-2021/
Les enfants-mères de plus en plus nombreuses, le mariage des enfants étant encouragé en Iran
https://women.ncr-iran.org/fr/2021/12/02/le-mariage-des-enfants-etant-encourage-en-iran/
Hausse des crimes d’honneur en Iran grâce aux lois misogynes
https://women.ncr-iran.org/fr/2021/11/29/hausse-des-crimes-dhonneur-iran/
Iran : intensification de la répression et du harcèlement des militants sociaux et des ouvriers 
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2021/11/21/iran-intensification-de-la-repression-et-du-harcelement-des-militants-sociaux-et-des-ouvriers/
Soutenons les nombreuses grèves qui ont lieu en Iran !
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/09/soutenons-les-nombreuses-greves-qui-ont-lieu-en-iran/ 
Iran. Les grèves dans le secteur pétrolier et leur place dans les protestations sociales. Le pouvoir de la mollahcratie s’effiloche-t-il ?
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/07/iran-les-greves-dans-le-secteur-petrolier-et-leur-place-dans-les-protestations-sociales-le-pouvoir-de-la-mollahcratie-seffiloche-t-il/
Iran : grève historique dans le secteur pétrolier, manifestations dans le Khouzistan et à Téhéran, droit des femmes bafouées
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/24/iran-greve-historique-dans-le-secteur-petrolier-manifestations-dans-le-khouzistan-et-a-teheran-droit-des-femmes-bafouees/
Les travailleurs et travailleuses iraniennes de l’industrie pétrochimique se mettent en grève
Solidarité avec les salariés du secteur pétrolier en Iran
Déclaration du Conseil d’organisation des mobilisations de protestation des travailleurs contractuels du pétrole
Déclaration n°6 du Conseil d’organisation des grèves des travailleurs du secteur pétrolier (13 juillet 2021)
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/01/les-travailleurs-et-travailleuses-iraniennes-de-lindustrie-petrochimique-se-mettent-en-greve/
Iran : campagne internationale pour la libération d’Esmaïl Abdi 
Les mineurs d’Asseminoun ont manifesté dans les rues de la ville de Manoojan
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/14/iran-campagne-internationale-pour-la-liberation-desmail-abdi/
Pour la libération sans condition des prisonniers politiques et d’opinion en Iran 
Iran : Solidarité avec les victimes de la répression
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/08/pour-la-liberation-sans-condition-des-prisonniers-politiques-et-dopinion-en-iran-et-appel-intersyndical/
Communiqué du Comité de soutien à Fariba, en grève de la faim et de la soif
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/27/iran-communique-du-comite-de-soutien-a-fariba-en-greve-de-la-faim-et-de-la-soif/
Femmes iraniennes en résistance
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/01/femmes-iraniennes-en-resistance/
L’Iran brûle et la gauche mondiale regarde ailleurs
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/29/liran-brule-et-la-gauche-mondiale-regarde-ailleurs/
Iran. Le régime fait face à une nouvelle crise
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/28/iran-le-regime-fait-face-a-une-nouvelle-crise/
Solidarité internationale avec le peuple iranien en lutte !
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/24/solidarite-internationale-avec-le-peuple-iranien-en-lutte/
Les travailleurs iraniens qui réclament des salaires impayés se sont vu infliger 14 à 18 ans de prison et des coups de fouet
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/09/21/les-travailleurs-iraniens-qui-reclament-des-salaires-impayes-se-sont-vu-infliger-14-a-18-ans-de-prison-et-des-coups-de-fouet/
Chahla Chafiq : 
Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/05/10/une-traversee-lucide-et-efficace-de-lhistoire-recente-de-liran/
Houshang Sepehr : 
Iran. Un tournant politique radical
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/03/04/iran-un-tournant-politique-radical/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

3 réflexions sur « Iran : l’indispensable convergence des luttes (plus autres textes) »

  1. Des journalistes iraniens protestent contre l’arrestation de leurs confrères
    Alors que le mouvement de contestation déclenché par la mort de la jeune Mahsa Amini entre dans sa septième semaine, des journalistes dénoncent la répression qui frappe plusieurs de leurs confrères accusés d’être des “agents de l’étranger”.
    https://www.courrierinternational.com/article/iran-des-journalistes-protestent-contre-l-arrestation-de-leurs-confreres

  2. « La situation actuelle en Iran a un potentiel révolutionnaire »
    L’annonce des autorités iraniennes, qui ont affirmé que Mahsa Amini était décédée « des suites d’une maladie » et non de coups, n’est pas de nature à calmer la colère des Iraniens, qui entrent dans leur quatrième semaine de manifestations.
    En Iran, le mouvement de contestation, dont l’étincelle a été le décès de la jeune Mahsa Amini, est entré dans sa quatrième semaine. Alors que l’ayatollah Ali Khamenei est sorti de son silence pour accuser « les États-Unis, le régime sioniste usurpateur [Israël] et certains Iraniens traîtres » d’être à l’origine de la protestation, les manifestants font désormais face à une violente répression qui a déjà fait 185 victimes selon l’ONG Iran Human Rights (IHR).
    Chowra Makaremi, anthropologue à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, mène un travail de recherche sur les massacres de masse post-révolutionnaires perpétrés en Iran et les enjeux de mémoire liés à ces violences d’État. Dans cet entretien avec Middle East Eye, elle décrypte les raisons et la nature du mouvement de révolte en cours.
    (Maël Galisson)

    https://www.middleeasteye.net/fr/entretiens/iran-chowra-makaremi-mahsa-amini-manifestations-potentiel-revolutionnaire-femmes
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64556

  3. Re: موزیک ویدیوی آهنگ برای از شروین حاجی‌پو : Le clip de la chanson de Shervin Hajipour‎‎
    La chanson de Shervin Hajipour, artiste populaire en Iran, est devenue un hymne du mouvement déclenché par la mort de Mahsa Amini. Quand la musique devient un outil de protestation. Shervin Hajipour est maintenant réduit au silence, mais sa chanson « Baraye » est devenue un hymne de la résistance
    La chanson « Baraye » compile des tweets sur les protestations et dépeint les mobilisations quotidiennes des citoyens, qui leur ont valu des poursuites de la part des autorités iraniennes.

    Une artiste iranienne, Shabnam, dessine et anime des images sur les paroles de la chanson « Pour ».

    Pour la liberté de danser dans la rue
    Pour la peur au moment de s’embrasser
    Pour nos mères et nos soeurs disparues
    Pour changer les mentalités arriérées
    Pour l’humiliation de ne plus pouvoir nourrir sa famille
    Pour le désir d’une vie ordinaire
    Pour les enfants de la rue n’ayant plus d’espoir dans leurs pupilles (1)
    Pour cette économie dictée par l’arbitraire
    Pour notre air saturé de pollution
    Pour la rue Vali’asr et ses arbres abattus
    Pour le guépard d’Iran en voie de disparition
    Pour les chiens errants qu’en série ils tuent
    Pour toutes ces nuits de pleurs à souffrir
    Pour revoir nos proches assassinés
    Pour remplacer nos larmes par des rires
    Pour notre génération future, nos écoliers,
    Pour tous ces interdits extravagants
    Pour nos intellectuels derrière les barreaux
    Pour nos enfants afghans
    Pour tous ces « pour » de trop
    Pour ces slogans vides de sens (2)
    Pour ces bâtiments oscillants (3)
    Pour une vie pleine d’innocence
    Pour vaincre la nuit de notre espoir rayonnant
    Pour tous les antidépresseurs qu’on consomme
    Homme, patrie, prospérité
    Pour celles qui auraient préféré être un homme
    Femme, vie, liberté
    Pour la liberté
    Pour la liberté
    Pour la liberté

    Sylvain

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