Journée mondiale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle et la pédocriminalité

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A l’occasion de la Journée mondiale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle et la pédocriminalité, nous revendiquons plus de moyens et des mesures concrètes pour lutter contre la pédocriminalité, y compris en ligne.

Les enfants sont les principales victimes des violences sexuelles. En France, 81% des victimes de violences sexuelles déclarent avoir subi les premières violences avant l’âge de 18 ans, et plus de la moitié de ces victimes – soit 51% – avant l’âge de 11 ans. Selon une étude IPSOS de 2019, ces violences sexuelles sont incestueuses dans 44% des cas.

Pour combattre la culture du viol et les violences sexistes et sexuelles il est donc impératif de lutter prioritairement contre la pédocriminalité, en commençant par neutraliser l’arme de guerre à son service : l’industrie pornographique.

Cette industrie criminelle érotise et perpétue les violences pédocriminelles et incestueuses : en 2021, 85 millions de contenus pédocriminels ont été détectés sur le net, un chiffre qui double en moyenne tous les ans ! L’omniprésence de vidéos sur les « écolières », les ados (« teen »), le « fantasme familial » sur les sites pornographiques incite à la pédocriminalité et à l’inceste, en les érotisant et en les normalisant.

C’est pour cela, que nous appelons au soutien et à l’adoption d’un projet de règlement européen qui propose de rendre obligatoire la détection, le signalement et le retrait par les fournisseurs internet de ces contenus pédocriminels. Le projet propose aussi la création d’un centre européen dont le rôle serait d’apporter un soutien aux victimes. Il propose aussi de réaliser des recherches et de s’assurer de la mise en œuvre de ce futur règlement dans le respect des droits fondamentaux et des valeurs portées par l’Union Européenne.

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Encore tabou ?

Alors que la journée internationale des droits de l’enfant se profile, un sujet encore tabou commence à émerger, au regard des nombreuses alertes émises par les associations spécialisées : la prostitution des mineur·es. En France, entre 6 000 et 10 000 jeunes sont concernés, principalement des filles de 13 à 16 ans. Comment expliquer la multiplication de ce phénomène encore peu identifiable il y a quelques années ? Plusieurs facteurs sont à prendre en compte : parmi eux, une indéniable « glamourisation » occultant la réalité de la prostitution d’un côté et le rôle « d’accélérateur » fourni par les réseaux sociaux de l’autre. Les conséquences sur la santé physique, psychologique et sexuelle de ce jeune public sont incontestables, à fortiori alors que règne une opacité – parfois savamment entretenue – sur ces situations. Pour enrayer ce phénomène, la prévention et la formation des professionnel·les en lien avec le jeune public est, une fois encore, capitale. Continuons de la déployer ! 

Marie-Pierre Badré,
Présidente du Centre Hubertine Auclert

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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