Du coté des polars (septembre 2022)

1974, une année noire
La mémoire de ce temps se trouve ravivée par Xavier Boissel qui place ses personnages dans ce moment, politiquement, de transition. Pompidou avait déjà largement rompu les amarres avec les « services spéciaux » du gaullisme, le SAC – Service Action Civique, pas mal comme intitulé pour des basses œuvres – notamment. Il leur avait coupé les subventions. Il fallait bien qu’il trouve d’autres sources de financement en s’acoquinant avec les anciens de l’OAS – ils s’étaient pourtant combattus – et la pègre. L’hypothèse, crédible, formulée par l’auteur pour trouver de l’argent, le trafic de drogue. Continuer à lire … « Du coté des polars (septembre 2022) »

Une grande romancière ignorée en France… jusqu’à présent

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Gayl Jones, éditée pour la première fois par Tony Morrison – prix Nobel de littérature 1993 qui nous a quittés récemment – en 1975 pour « Corregidora » aujourd’hui traduit en français. Dés sa parution, nous indique l’éditeur Dalva, ce roman a été considéré comme un classique et enseigné dans les écoles. A le lire, on en comprend les raisons. Continuer à lire … « Une grande romancière ignorée en France… jusqu’à présent »

Du coté du polar (aout 2022)

Le polar croate de Jurica Pavičić
« L’eau rouge », publié l’an dernier, réussissait un tour de force, évoquer la guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie sans jamais la mettre en scène, obscurcie qu’elle était par un drame familial : la disparition de Sylva, 17 ans, qui déchirera la famille et donnera au frère la possibilité de poursuivre le Graal, retrouver sa sœur. Il parcourra une partie du monde alors que son pays se déchire. Une quête sans fin qui se terminera par la découverte policière attendue et étrange tout à la fois. La découverte en France d’un auteur déjà reconnu dans son pays.
« La femme du deuxième étage », pour cette année, creuse un autre filon de la littérature policière, le thriller, l’étude de caractère, le portrait d’une femme empoisonneuse, en prison au moment où le fil de cette vie commence. Les personnages évoluent un peu trop en huis-clos. En dehors des deux appartements et la prison, l’auteur, là, donne l’impression que le reste du monde n’existe sauf dans le rejet de la condamnée et de sa famille, sa mère en l’occurrence qui fuit la ville de Split, décrite à deux moments dans ses changements et ses constantes. L’auteur veut donner cette sensation d’enfermement et c’est un peu trop réussi. Il arrive que l’ennui gagne à force de lassitude qui semble habiter Bruna empêchée de prendre son destin en mains. La pression de l’entourage est pesante et empêche tout développement personnel. La prison est ressentie comme une libération par son rythme régulier, prévisible.
Portrait d’une petite ville plus que d’une femme. Les voies de la libération ne sont qu’esquissées.
Jurica Pavičić : L’eau rouge & La femme du deuxième étage, traduit par Olivier Lannuzel, Éditions Agullo
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Mohammed Harbi : Aux côtés de Rushdie (+ texte de Salman Rushdie + pétition)

La campagne que les islamistes de tous bords ont mené contre Salman Rushdie, les menaces qu’ils font peser sur sa vie constituent un nouvel épisode de l’assujettissement forcé des intellectuels, et au-delà d’eux, de la société au pouvoir sacerdotal.

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Informel dans ses manifestations, ce pouvoir est plus contraignant et arbitraire que celui, institutionnalisé, des Églises chrétiennes. Le minimiser en invoquant l’absence d’un clergé en islam, c’est occulter des faits lourds de conséquences : a) l’individu est en permanence sommé de se nier pour s’agréger au collectif ; b) la communauté est le lieu de l’unanimité d’où la contradiction est évacuée. Ce n’est donc pas un mystère, si du point de vue du niveau de conscience, les sociétés musulmanes sont d’une créativité inférieure à celle des individus qui les composent. Continuer à lire … « Mohammed Harbi : Aux côtés de Rushdie (+ texte de Salman Rushdie + pétition) »

Le flou de l’enfance et la machine à fabriquer les filles

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Une suite d’images probablement dans les années 70 ou 80, une enfant et son corps, « A quel moment / je suis devenue fille / à quel moment / je n’ai plus été un garçon », des souvenirs, « du toit, je prends une photo sans clôtures ni bruits de fond », une mère conductrice de transports en commun, « elle donne des coups d’accélérateur dans un monde exclusivement masculin », des jeux et des gestes, « je me débats pour ne pas tomber dans le panneau de fille ou de garçon, comme mon corps se déploie dans l’essence enfantine du flou ». Continuer à lire … « Le flou de l’enfance et la machine à fabriquer les filles »

Il y eut des jours et des nuits blancs

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Dans le monde des employés polemploi (et de leurs cravates multicolores), de l’adaptabilité, de la flexibilisation, de « la ludification des rapports entre collaborateurs et responsables », du ministère de la Volonté du travail, des décrocheurs, du déficit d’adaptabilité, du « boostage » de parcours professionnel, des stages « de formation pour aidants à la formation animée par un formateur de formatants », un homme, Julien, dont la seule « compétence » semble être la capacité de rêver. Continuer à lire … « Il y eut des jours et des nuits blancs »

Histoire et culture des États-Unis.

Miles Davis
Ce seul nom suffit à susciter l’intérêt. Miles – ce n’est pas vraiment une familiarité plutôt une marque de respect – est le seul musicien de jazz qui jouit d’une aura digne des plus grandes stars de la pop music. Il faut reconnaître qu’il a tout fait pour. Son batteur du milieu des années 1960, Tony Williams, un révolutionnaire de cet instrument, voulait lui aussi accéder à ce même statut mais il lui manquait quelque chose, ce quelque chose, presque rien qui fait toute la différence et qui tient à la personnalité propre de chaque créateur.

Refaire une nouvelle fois le parcours de cette vie peut sembler superfétatoire, mais, chaque biographe sait apporter sa patte à ce mystère qui entoure, ceint ce prince des ténèbres, ce trompettiste créateur de mythes, poète du silence qu’il transforme en musique pourtant volontiers raciste malgré ou à cause de la prise de conscience que s’il avait été blanc tout aurait été plus simple mais pas forcément plus proche du génie. Continuer à lire … « Histoire et culture des États-Unis. »

Pièce invisible (pour le moment ?) des invisibles. 

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« Un raisin au soleil » qu’est-ce qu’il devient ? Il pourrit, il explose ? Une alternative ? Ou un oxymore ? Langston Hughes cité en exergue ne conclut pas, laissant flotter l’incertitude. Incertitude qui se retrouve dans les mots de la dramaturge et militante Lorraine Hansberry, décédée en 1965 à l’âge de 34 ans, dans cette pièce, « Un raisin au soleil ». Une famille africaine-américaine est le centre de l’intrigue. Pour la première fois, les Africains-Américains envahissent la scène, à l’époque, de Broadway. Une comédie musicale en sera tirée. Un acte politique en même temps qu’esthétique dans ces États-Unis où règne encore la ségrégation. Une pièce à lire pour le moment dans cette nouvelle traduction française due à Samuel Légitimus et Sarah Vermande. Continuer à lire … « Pièce invisible (pour le moment ?) des invisibles. « 

Coup d’État manipulé ?

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« La menace 732 » se veut « Thriller politique » comme indiqué sur la page de couverture. L’association des deux termes ne parle pas. Un Thriller est, en règle générale, détaché du contexte. Il faudrait plutôt parler de manipulation politique, de plans de renversement de la décision des urnes. Une présidente de gauche radicale est élue au deuxième tour après un affrontement avec l’extrême droite – pour l’instant une fiction – avec une courte majorité, dans des conditions que l’auteur ne décrit pas. Frédéric Potier, ancien Préfet, dans un premier temps, part de l’actualité : les textes des militaires à la retraite ou en active publiés par Valeurs Actuelles récemment en les adaptant à cette nouvelle donne politique et la découverte des réseaux d’extrême droite mis à jour par les services de renseignements montrant ainsi que la menace principale contre la démocratie ne vient pas d’une extrême gauche fantasmée mais d’une extrême droite bien réelle. Extrême droite, suivant l’auteur, responsable du saccage de l’Arc de triomphe. Se noue ensuite la première intrigue. Continuer à lire … « Coup d’État manipulé ? »

Un auteur à découvrir

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W.R. Burnett est toujours à redécouvrir comme auteur de polars, de ces romans noirs qui racontent la pègre de Chicago mais surtout de ces figures d’hommes perdus entre des mondes qu’ils ne comprennent pas poursuivis par un sens de l’honneur désuet. Une partie de son œuvre a été oubliée. Il fut aussi, outre scénariste, auteur de « Western », forme de romans spécifiquement américaine, connue surtout par le cinéma. Continuer à lire … « Un auteur à découvrir »

Du coté du polar (juin 2022)

Arsène Lupin pas mort et Américain
Jeff Lindsay
, le créateur de ce personnage singulier, « Dexter », tueur et policier, a décidé de changer de registre. Riley Wolfe est un voleur, tueur occasionnel et spécialiste du déguisement. Une personnalité bizarre, réellement sans définition sinon celle du moment et du personnage qu’il incarne, sans mémoire et sans émotions. Un être venu d’ailleurs. Pour cette première aventure, « Riley tente l’impossible » – un commencement qui ressemble à une fin – il se donne le défi de voler le diamant le plus cher du monde et le mieux gardé par les gardiens de la Révolution et par le FBI. Il réussit au prix d’un stratagème inédit et fondamentalement répréhensible moralement. Le personnage n’en est pas conscient uniquement préoccupé du but tandis que l’auteur y est sensible.
Avec une joie saine, Lindsay décrit le petit monde de la haute société new-yorkaise, ses codes, son manque de savoir-vivre et sa manie des apparences. Le Arsène Lupin américain joue sur tous ces tableaux pour arriver à ses fins sans oublier le dark net, pour moderniser le personnage et l’intrigue.
Le plaisir est au rendez-vous même si les tours et les détours sont, quelque fois, un peu lassant, comme une musique qui aurait abusé de la succession d’accords pour remplir le vide.
Jeff Lindsay : Riley tente l’impossible, traduit par Julie Sibony, Série Noire/Gallimard
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L’art du conte

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En France, où il s’était installé en 1951 fuyant le péronisme – il sera naturalisé Français en 1981 par Mitterrand -, Julio Cortazar, l’un des plus importants littérateurs du 20e siècle à l’instar de James Joyce, est un peu oublié. Son influence est considérable aujourd’hui encore sur toute la littérature latino-américaine. Il a su utiliser l’art particulier du « conte » provenant de la tradition sur américaine, via notamment Borges, pour la transformer de l’intérieur, en faire un labyrinthe pour le lecteur à la fois pour le perdre et pour lui permettre de se retrouver en « coagulant » – le terme est de lui – les situations et les personnages pour faire apparaître une autre réalité derrière celle des apparences. Il avait su utiliser le fantastique quotidien, celui que nous vivons lorsque nous dialoguons avec nos morts ou lorsque le temps se distend sous l’effet d’on ne sait quel phénomène. Paradoxalement, il restera lié à Buenos-Aires, la Ville où il avait grandi – par un hasard des postes occupés par son père, il était né à Bruxelles, il en gardera comme un zeste d’accent – pour récupérer le langage de la rue qu’il s’appropriera. Il deviendra le créateur d’un vocabulaire et d’une grammaire qui n’appartient qu’à lui. Il veut aussi un lecteur actif, prenant en main son cheminement à travers l’œuvre écrite. Le chemin n’est pas tout tracé, il est ouvert. Au sens fort du terme, il a voulu une œuvre ouverte sollicitant et l’imagination du lecteur et sa capacité à créer, en proposant, suivant les modalités de lecture plusieurs fins. Cette transformation de cet espace/temps s’effectuera à la fois à partir de « Marelle », l’un de ses romans les plus aboutis et de la nouvelle, du conte « El Perséguidor » traduit en français par « L’homme à l’affût », mais à l’affût du futur, de ce qui ne s’est pas encore réalisé, de ce qui n’a pas été joué demain… Continuer à lire … « L’art du conte »

La fête grandissante prendra tout le monde à son bord

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Bleue. Une ville de l’exil et du tourisme, les chemins invisibles d’hier et d’aujourd’hui empruntés par des citoyen·nes – exilé·es ou réfugié·es entre autres – de divers pays. Un train, « Le train qui fait Paris-Nice m’emporte dans une fiction dont je ne connais pas la trame. Je vais la découvrir de l’intérieur ».

Les pages de Pinar Selek se sont mêlées à mes propres souvenirs de ballades dans cette citée. De la promenade de bord de mer aux hauteurs de Cimiez, de la colline du Chateau au vieux port, des traces architecturales d’hier aux musées d’aujourd’hui… Continuer à lire … « La fête grandissante prendra tout le monde à son bord »

Drôle de temps, ami

J’ai cherché pendant longtemps une image de l’exil. Une image qui engloberait toutes les définitions de l’exil.

Une image de l’exilé. Un mot, un tableau, un vers, une photo qui viendrait rassembler tous les visages de ceux qui ont quitté un jour leur pays sans regarder derrière eux avec la culpabilité de celui qui laisse mourir en silence un malade sur son lit.

J’ai ouvert des livres pour ça : des romans écrits par d’autres, des recueils de poèmes, des contes.

J’ai regardé attentivement pendant des heures des films qui faisaient vivre ou revivre ceux qui ont dû abandonner la terre natale. J’ai aussi regardé des documentaires sur les réfugiés, les immigrés, les clandestins, les sans-papiers pour comprendre ce qui pouvait tous nous réunir. J’ai trouvé un jour ce vers de Rûmî, au commencement du Mesnevi : « Écoute la plainte de la flûte qui se sépare du roseau ». La séparation est à l’origine du chant. L’exilé séparé de son origine, de son pays peut se métamorphoser en chant comme le ney, cette flute iranienne, au son étouffé et plaintif. Continuer à lire … « Drôle de temps, ami »

du coté du polar (avril 2022)

1951, la guerre n’est pas finie

François Médéline est un amoureux des paysages de la Drôme. Il a raison. Il les décrit avec une plume habile qui leur rend tous leurs mystères et leurs profondeurs. « Les larmes du Reich », titre de roman, sonnent comme un, avertissement. Les apparences, des premières pages, sont trompeuses. L’inspecteur Michel est-il vraiment celui qu’il dit être ? Pourquoi recherche-t-il activement une petite fille et sa mère ? D’où lui vient l’argent qu’il dépense à flot continu ? Pourquoi supprime-t-il les témoins potentiels ? Continuer à lire … « du coté du polar (avril 2022) »

Une fausse-vraie autobiographie

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Tonino Benacquista a voulu – en guise de thérapie ? – se replonger dans son environnement pour comprendre le mouvement qui l’a porté vers l’écriture, vers la fiction pour raconter des vies, des rencontres, des revanches, des utopies en même temps que les réalités lesquelles ne s’échappent pas facilement. Comment faire ? Comment s’écrit une autobiographie ? Question redoutable. Qu’il contourne par un procédé qui ne manque ni de panache ni de duplicité. Il fait surgir, son père, sa mère, son frère, ses sœurs dans des saynètes qui pourraient servir de base à des sketchs pour faire rire, sourire tout en suscitant l’empathie et l’émotion. Pourtant il ne semble rien cacher, se paye même le luxe de montrer, à la fin, les « réalités alternatives », les uchronies à partir des éléments de base fournis dans la première partie. Comme un léger déplacement possible qui change tout. Un bel exercice pour montrer le pouvoir de la littérature, de l’imagination. Continuer à lire … « Une fausse-vraie autobiographie »

Nouvelles en revue

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« Graminées », un nom de famille en botanique pour signifier l’étendue des sujets, géographiques notamment, brassés, se veut le réceptacle d’auteurs et d’autrices du monde à l’exception de la France. Pour ce numéro 3, « Promesse(s) », la Malaisie ouvre le feu d’artifices – « Le Mur » de Ho Sok Fong – et le Canada lui fait vivre ses derniers soubresauts – « La dernière femme sur terre » de Carleigh Baker – en passant par le Kenya, l’Ouganda et la Nouvelle-Calédonie entre autres. Continuer à lire … « Nouvelles en revue »

Quand les frontières se brouillent entre fiction et réalité…

La littérature permet d’appréhender les mécanismes sociaux et la manière dont les individus les vivent.

L’Afrique du Sud est une société où la corruption s’affiche à tous les étages. Deon Meyer s’en est fait une spécialité transformant ses polars en autant d’analyses politiques. Mike Nicol a choisi de prendre pour personnage principal, sa ville Le Cap, capitale administrative. Le meurtre du ministre de l’Energie est la pointe visible de l’iceberg d’un trafic d’uranium enrichi. Vraisemblablement, l’assassinat a été commandité par une partie du gouvernement, sinon le président lui-même qui ne partageait pas les vues de son ministre s’orientant vers d’autres énergies, renouvelables, que le nucléaire. Derrière s’agitent toutes les officines plus ou moins secrètes, la CIA et même Daesh. « Infiltrée » pour décrire une espionne multicarte qui synthétise tous les brouillards enveloppant la réalité. Le polar et ses techniques est un guide efficace. Continuer à lire … « Quand les frontières se brouillent entre fiction et réalité… »

Polar historique, 1898, la République contestée

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Lyon, sa police, ses bizarres héros, ses assassins, ses espions et les désirs d’une démocratie vivante forment la trame de ce roman. Gwenaël Bulteau raconte plusieurs histoires qui trouvent leur origine dans la guerre de 1870, La Commune – celle de Lyon a eu une existence encore plus éphémère que celle de Paris – et dans l’affaire Dreyfus qui secoue la France. Cette année là, Zola publie dans l’Aurore « J’accuse » qui provoque des émeutes. La police, comme l’armée est anti dreyfusarde dans sa grande majorité. « La République des faibles » est un titre volontairement ambigu. Il peut faire référence à la faiblesse de cette République aux mains de la hiérarchie militaire antisémite, des faibles laissés à l’abandon qui ne participent pas à la vie publique et aux faiblesses générales de cette société incapable de se comprendre. Continuer à lire … « Polar historique, 1898, la République contestée »

Roman d’espionnage historique

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Julian Semenov (1931-1993) est un écrivain célèbre en URSS. Sans doute moins dans la Fédération de Russie en raison des réécritures de l’histoire poutiniennes. Il fait œuvre à la fois de romancier et d’historien. « La taupe rouge » a été le premier édité. « Des diamants pour le prolétariat », qui se déroule en 1921 – l’URSS est toute neuve -, semble être le premier opus d’une série qui couvrira toute l’histoire de cette formation politique et sociale via l’espionnage. En avril 1921, la Tchéka charge un jeune agent, Maxime Issaïev – héros récurrent – de récupérer des diamants des possédants pour financer la jeune République des Soviets. Il infiltre le milieu des trafiquants, croise des tueurs, des voleurs tout autant que les révolutionnaires. Continuer à lire … « Roman d’espionnage historique »