Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Qui mélé yo ac cadv’ nous’ !…

letoileabsinthefront-l-572145Pourquoi un tel livre n’a-t-il pas été édité plus tôt ? Est-ce à cause de sa force, de cette tempête de mots, de son caractère « haïtien » ?

Une femme, la pension Colibri, la rupture avec une vie, la solitude, une nouvelle allure, « Réapprendre à des cendre un escalier e toute simplicité, réapprendre même à marcher… Se dépouiller de toutes ces superfluités, ces minauderies, ces mignardises, ces affections qui ont proliféré pour mieux accrocher le regard ». Lire la suite

Polar et Histoire

004602172Ariana Franklin – morte en 2011 à 78 ans – nous projette, par le biais de la traduction française des aventures de sa jeune « médecin légiste », Adelia Aguilar, dans le royaume de Henri II Plantagenet qui n’en finit pas de guerroyer pour préserver son unité. En 1176, au moment où commence la troisième aventure de cette jeune femme « qui fait parler les morts », il est au pays de Galles pour réduire la rébellion. Il a besoin de prouver que Arthur – celui des chevaliers de la table ronde – est bien mort pour éviter les superstitions qui alimentent les révoltes contre son pouvoir. Lire la suite

Mordechaï, ton point de vue ne n’intéresse pas

product_9782070142828_195x320Un très vieil homme « bloqué au fond de ce lit à quatre-vingt-dix-sept ans ». Un corps en douleur et un esprit lucide. Mais une lucidité machiste comme le fut sa vie. Récitatif tourné sur soi et la soit-disant dictature des pulsions, « En réalité, nous sommes les éternelles victimes de notre membre, de la verge, de la quéquette. L’organe autonome qui commandait mon esprit, déterminait mes actes, maîtrisait ma raison et prenait la direction des opérations ». Un homme en réaffirmation du pouvoir et du sexe, un homme dans toute la haine qu’il voue aux femmes, une haine présentée-déguisée sous forme de victimisation « victime éternelle », de désirs, de pulsions soit-disant « incontrôlables », de l’appropriation des corps, de la vie et du travail des autres. Motke vit et se revit dans la déchéance de ce fils Ezra. Lire la suite

Il ne s’agit pas d’attendre, mais, par l’action rebelle, de hâter le millénium

lowy-couv1663-703x1024« LA LITTERATURE PEUT-ELLE CONTRIBUER de façon significative à la connaissance de la réalité sociale ? Peut-elle même apporter des éclairages qui vont au-delà des acquis des sciences sociales ? »

Ma réponse est indéniablement oui. Si je pense, en premier lieu, aux littératures sur les camps de concentration et les génocides, je pourrais aussi parler de Marcel Proust cité par les auteurs, ou de ce roman de Marguerite Duras, relu récemment, « Le square », vous-ne-pouvez-pas-savoir-ce-que-cest-que-de-netre-rien/« Le texte littéraire nous fait connaître le réel autrement que les documents et les analyses historiques et sociologiques ».

Erwan Dianteill et Michael Löwy précisent que leur approche ne relève pas de la sociologie de la littérature, que les œuvres seront analysées comme « des révélateurs de certains faits sociaux ». Pour les auteurs, des textes peuvent permettre de mieux comprendre la réalité sociale que des travaux de sciences sociales. « C’est donc bien en tant que sociologues que nous jugeons les limites de la sociologie ! » Lire la suite

Avec une branche d’olivier

9782246861423-001-xUne ile, Kalamaki, en Grèce au temps présent du désastre. Un enfant Yannis dans ses murs internes, la fissure des nombres, le calcul vital, l’ordre reconstruit. Un nombre, mirage des philosophes et des architectes, le « Nombre d’Or ». Les mythes antiques, sources de conte, d’inversion des peurs, de consolation et d’espérance.

L’une, Maraki, se débat avec sa palangre et les colères de son fils. L’autre Elios avec le souvenir de Dickie et la souffrance adoucie. De la tristesse au dialogue autour d’un projet, les apprentissages, les mesures du mal-monde, le désordre mouvant et les cadences particulières des intimités… Lire la suite

Le Fracas de l’histoire

22510100179930l« La Vie dans la tombe » appartient (bien que son édition définitive ne soit parue qu’en 1955, sa rédaction débuta dans les tranchées macédoniennes en 1917) au groupe des écrits nés de la 1ère guerre mondiale qui se définissent comme des romans/témoignages. Dans le cadre particulier de la guerre « balkanique », où s’entremêlent conflits « nationalistes » – les revendications serbes, bulgares et grecques sur la Macédoine -, la partition de la Grèce – les royalistes germanophiles au Sud, les républicains soutiens des « alliés » au Nord – et les interventions des puissances impérialistes – troupes allemandes alliées des bulgares d’un côté, corps expéditionnaire franco-anglais de l’autre- une description acérée de la brutalité de la guerre et de la déshumanisation qu’elle engendre. Lire la suite

Un tueur en série sympathique

9782264069528Kate Watterson est une auteure originale. Elle nous met face aux conséquences de l’éducation, de la formation de ces enfants, orphelins, placés en famille d’accueil. Le meurtrier « en série » – parce qu’il tue plusieurs fois mais pour la même raison – est présenté comme un justicier. On le serait à moins. Un pasteur pédophile et d’autres maltraitances dans ces familles « propres sur elles ». Lire la suite