Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Et je veux encore décider de ma vie

La liberté, des pays traversés ou en mémoire, « ouvrez les frontières ! », une chanson, « sous le ciel peint d’un liseré de vermeil », l’ébauche d’une fenêtre dans les nuages, le vent, l’entassement humain dans un bus, la « solitude rouge », le cortège des roses noires, des femmes du labeur, l’« expression de quelques yeux rieurs », après et avant… Lire la suite

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Le coin du polar (Avril 2018 – 2)

Amour et haine rancis

Est-il possible de vivre confiné dans un seul endroit, une seule maison ? Les sorties hors du domicile familial sont des fêtes rares et racontées plus d’une fois. C’est le pont de départ de ce roman noir deSarah Schmidt, Australienne, bibliothécaire qui a été saisi par ce drame : le 4 août 1892 à Fall River (Massachusetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère massacrés à coups de hache. Cet assassinat passionne les Etats-Unis depuis plus d’un siècle. « Les sœurs de Fall River » ne se veut ni enquête journalistique, ni enquête policière mais plongée dans l’intimité d’une famille pour expliquer les comportements, l’amour et la haine souvent mêlées. Un assassinat en vase clos. Une intrigue qui doit remonter à Edgar Allan Poe sans l’humour ni l’ironie qui sied au poète créateur du roman policier. Dans le même temps, elle fait la critique d’une société misogyne qui ne peut pas croire qu’une femme soit responsable de meurtres aussi horribles. Lire la suite

Le coin du polar (avril 2018)

La Pennsylvanie oubliée.

« Dans la vallée décharnée » permet de visiter la localité de Wild Thyme, au Nord de la Pennsylvanie par l’intermédiaire de Henry Farrell, le seul flic, après l’assassinat de son adjoint, dans ce territoire délaissé. Tout commence par la découverte du corps d’un jeune homme mort dans la neige. Jeux de pouvoirs, de fantômes, d’apparitions, de nuages de mensonges et de rancœurs, entourés d’un froid qui met à nu les êtres humains comme les paysages. Les préjugés, dans ce cadre là, sont meurtriers. L’auteur sait manier la dénonciation des peurs, des angoisses de ces populations séparées du monde, qui votent vraisemblablement Donald Trump, et la compréhension, la sympathie même. Un ton juste. La musique – Tom Bouman, l’auteur, est aussi musicien – occupe une très grande place comme la danse. Lire la suite

A la source de toute langue, une histoire d’amour puis une trahison, un chagrin

Un récit d’apprentissage, vu au travers (par la médiation) des langues. Dans une ville et un milieu social où la langue « maternelle » n’existe pas (où « l’identité » se réduit à une étrangeté : « ni hostilité ni exclusion mais une différence »). Tenter de se définir par une langue (en l’occurrence le turc puisque nous sommes dans l’Istanbul de la fin des années 50) puis admettre (revendiquer ?) la richesse d’un monde pluriel (en famille s’entrecroisent l’allemand, le français, le turc et le ladino – la langue des juif-ves espagnol(e)s réfugié(e)s dans l’empire ottoman). Lire la suite

Georges Perros, l’esthétique du quotidien. Poésie de la fulgurance

La poésie surgit dans des endroits bizarres, étranges d’une rencontre avec un paysage, une personne, un sentiment. Pour Georges Perros (1923-1978), le point de départ est dans la sensation d’être vivant alors que la mort rôde. Il se dira « noteur » pour indiquer que la note est la seule manière d’exprimer la fulgurance de la vie, la nécessité de l’éphémère face au livre imprimé. Le quotidien est, par nature, « gravée sur le mur du vent » pour perdre la trace du passé tout en conservant son ombre. La poésie de Perros ressemble, de ce point de vue, au sillage d’un bateau qui suit des routes invisibles à l’œil nu mais conservées par les navigateurs. L’écume devient la signification du passé. Lire la suite

Polar et revendications des Africains-Américains. Les curiosités du système judiciaire américain.

Attica Locke a choisi le roman pour exprimer la réalité de la société américaine d’aujourd’hui qui a permis à Donald Trump de remporter l’élection présidentielle en 2016 alors que lui-même se donnait perdant. Les déchirements, les éclatements, le racisme via des groupes fascistes qui reprennent vie comme les « suprématistes » de la race blanche. Les « bavures » assassines des policiers dans les villes américaines ont donné naissance à des nouveaux mouvements profonds de révolte nourris des « tweets » de Trump qui blessent toutes les sensibilités et légitiment toutes les violences des extrêmes droites. Lire la suite

Le coin du polar (janvier 2018)

Vrai-faux polar.

« La légende de Bruno et d’Adèle », titre mystérieux, se situe à Tel-Aviv. Le commissaire Yona Merlin – une référence au roi Arthur ? – enquête sur une série de meurtres signés par des graffitis qui sont, apprend-on via une jeune fille de 17 ans, Zoé, extraits de l’œuvre de Bruno Schulz, un des grands auteurs sous estimés, assassiné en 1942. Les victimes expiatoires d’une même famille payent les turpitudes d’un ancêtre. Les meurtriers sont à la fois décalés et attachants dans la grande ville administrative d’Israël. Amir Gutfreund (1963-2015), auteur de « Les gens indispensables ne meurt jamais » (Folio), décrit la ville ignorée, celle des quartiers défavorisés comme on dit, qui recèlent des trésors d’intelligence pour interroger les politiques gouvernementales. Lire la suite