Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Sans compter qu’au train où vont les choses on va tous bientôt se retrouver dans les grottes

Rarement évoquée de façon directe la « crise » grecque est pourtant au centre des nouvelles qui forment ce livre. Mais une crise qui n’oppose pas les vaincus (les « Grecs ») et les vainqueurs (les « autres ») selon une opposition binaire de peu de sens (« on va bientôt se retrouver dans les grottes (…) on ne disait pas ça pour rigoler – on y croyait. (…) ils vont nous envoyer dans les grottes ces fumiers, les nôtres et les étrangers »). D’ailleurs, la société de cette ile imaginaire mais ancrée dans le monde bien réel de l’Egée se structure dans l’opposition des « rats » (les « autochtones ») et « ceux d’aut’ part » (celles et ceux, Grecs aussi, qui venu(e)s du continent ont rêvé la construction d’un autre monde). Opposition violente, sanglante où l’espérance qui pointait encore sous le désespoir dans « Ça va aller, tu vas voir » se réduit à l’incantation réitérée « Le Salut viendra de la mer ». Lire la suite

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Exploser et brûler des personnes, voler leurs histoires

Quinze nouvelles des temps de la barbarie, de l’exposition des cadavres aux cauchemars des nuits de l’immigration.

« tu devras proposer dans un note succincte une manière de l’éliminer et d’exhiber son cadavre en ville », le cadavre comme œuvre d’art, l’exposition de la mort comme « un joyau sur les décombres de ce pays », la guerre au cœur des situations, la terreur comme habit quotidien, des assassins sous les formes transcendées de l’écrivain, un « Département de la vérité et de la création », la boussole et le lapin… Lire la suite

La flamme du désir de liberté qui brûle dans le coeur

La dernière phrase de la note introductive de l’auteur me semble une bonne entrée en matière : « Parce que l’histoire, la réalité et le roman fonctionnent avec des moteurs différents »…

Cuba aujourd’hui et hier, Yewen metsoulah (Le fond de l’abime) de N. N. Hannover, « impressionnant et vigoureux témoignage sur les horreurs du massacre des juifs de Pologne entre 1648 et 1653 », la création artistique, Amsterdam et la peinture, des séfarades et des ashkénazes, la religion et les interdits, la pensée en voie de sécularisation et le supposé messie Sabbataï Tsevi, « un espace insondable derrière les yeux »…

Et comme dans grand roman noir, une toile comme un faucon maltais, disparue, réapparue, cachée, mais un faucon au visage « aux classiques traits juifs, également très semblable à la non moins classique représentation iconographique du Jésus des Chrétiens ». Lire la suite

The Bluest eye

« Pourquoi suis-je si noir et si triste ? », chantait Louis Armstrong. À l’heure du réveil de la fierté noire, on lui a d’ailleurs beaucoup reproché. Et pourtant !

Etats-Unis, 1940. Le canapé est défoncé et déglingué. Il faut néanmoins payer les mensualités. Sinon la banque viendra tout saisir. Ce sofa déchiré, c’est la misère. La misère noire, la misère des Noirs. Lire la suite

Une tueuse en série

« La Lady Macbeth du district de Mtsensk » est sans doute plus connu comme opéra de Dmitri Chostakovitch (1934) que comme l’œuvre d’un grand auteur russe des années 1860, concurrent direct de Léon Tolstoï, Nicolaï Leskov. Son héroïne tient à la fois de Shakespeare, Jean-Jacques Rousseau mais aussi à la tradition orale russe. Lire la suite

Le coin du polar (juillet 2017)

Un polar historique

Claude Izner poursuit sa nouvelle saga sur la France du jazz et de la chanson dans cette année 1921. Jeremy Nelson, jeune pianiste de jazz, Américain et Français, continue à chercher fortune et sa famille. Entre Londres et Paris, il enquête. « La femme au serpent » est le deuxième de la série – le premier, « Le pas du renard » est réédité en poche – pour une plongée dans les mondes du spectacle via une série de meurtres dont le point commun est d’être signé d’un portrait de Simonetta Vespucci, modèle de Botticelli, et d’une vipère. Une plongée dans les mondes du spectacle et une relecture des grands compositeurs américains comme français. Clément Doucet et Jean Wiener, un duo de pianos entre musiques contemporaines et jazz (ragtime souvent pour l’époque)… Le monde des années folles, des Roaring Twenties comme si on y était… Lire la suite

Tahar Ben Jelloun, écrivain japonais ?

Le temps du conteur.

Gallimard, dans cette collection Quarto, a décidé de laisser à Tahar Ben Jelloun non seulement le choix des textes – intitulé « Romans » – mais aussi « les points de repères » biographiques et bibliographiques qui font l’originalité de cette collection. Presque une autobiographie. Tahar raconte sa famille, son Maroc, Fès surtout, point de départ et d’arrivée, ville de toutes les histoires, de tous les imaginaires, Tanger où son père avait ouvert une boutique, Paris, ville de toutes les rencontres – notamment celle de Jean Genet, une sorte de géniteur –, des études, du succès. Lire la suite