Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Verlaine et Rimbaud, un concert révolutionnaire

Esprit de corps

Mon premier était né à Metz, mon second à Charleville (Ardennes), leurs pères étaient capitaines – pour l’un dans le Génie, pour l’autre dans l’infanterie, Verlaine était mauvais élève, attiré par d’autres plaisirs et sensations, Rimbaud un élève surdoué remarqué par ses enseignants. Leur attirance venait d’abord de la poésie avec comme référence commune Charles Baudelaire, révolutionnaire endurci de la langue française et des formes du poème, rejeté par tous les biens-pensants – pansants. Lire la suite

Ciel, enfin…

Pour Christine et Sara

Un roman du temps, d’un temps plus complet et plus éclaté que celui des contes médiatiques. Mais peut-il en être autrement dans une belle réussite littéraire ? Ifemelu, une femme, noire, nigérienne. Le temps d’un récit, d’un amour et les mille facettes d’une vie…

Lagos et le Nigeria, Ifemelu et les USA, Obinze et la Grande-Bretagne.

Devenir noire, la race aux états-unis, « A mes camarades noirs non-américains : En Amérique, tu es noir, chéri », les titres et les textes décapants d’une bloggeuse, le regard des autres, les cheveux, « Ifemelu avait grandi dans l’ombre des cheveux de sa mère »… Lire la suite

Le coin du polar (mai 2017)

Visite du nouveau 36 quai des orfèvres…

Le siège de la Police Judiciaire à Paris est un lieu mythique, rempli de toutes ces histoires de policiers et de truands, plus ou moins légendaires à commencer par Vidocq créateur de cette police après avoir été un truand, un lieu aussi agréable avec vue sur la Seine, le Tribunal et le quartier latin. Cette année 2017 verra la fin du « 36 » pour un transfert dans la ZAC de Batignolles, dans le 17e arrondissement. Un changement difficile pour tous les personnels. A voir les photos, le bâtiment est fait d’un grand rectangle en forme d’un Titanic et d’une structure ressemblant à trois voiles allant de la plus petite en haut à la plus grande en bas. Il ne donne pas l’impression de respecter les lois de l’équilibre ou, plus exactement, d’un équilibre flottant comme dans un tableau de la peinture abstraite. Sous un autre angle il prend les traits d’une forteresse qui se veut imprenable, un petit air de château fort stylisé. Lire la suite

Politique, historique, érotique, anti-numérique, gastronomique : six chroniques contre l’air du temps…

Fin février 2017, vingt éditeurs1 avaient initié la campagne « Lire, penser, résister ». Début avril, ils ont soumis une liste de soixante-dix titres (fictions, essais, bandes dessinées…) aux libraires. De nombreuses enseignes participent à cette opération salutaire, destinée à appréhender ce monde qui va mal, à conjurer le défaitisme, le fatalisme, la résignation, le repli sur soi…

Un des ouvrages recensés ci-dessous figure sur la liste. Les cinq autres ne détoneraient nullement. Qu’il s’agisse de parutions relativement récentes ou de rééditions, elles me semblent actuelles, essentielles, indispensables. S’approvisionner chez des professionnel(-le)s indépendant(-e)s va de soi. Lire la suite

Le coin du polar (mai 2017)

Au cœur de New York
La cathédrale Saint-Patrick est un curieux monument, réplique d’une Eglise de la vieille Irlande du côté du Rockefeller Center, en plein Manhattan au milieu des gratte-ciel qui la surplombent. A Noël, elle fait le plein de curieux et de croyants. C’est dans ce cadre et à cette période que Stéphanie Pintoff situe son « Preneur d’otages » pour un thriller étrange fait de secrets qui relient Eve Rossi, l’agent profileuse du FBI et le preneur d’otages sur fond des effets de la guerre en Afghanistan ou en Irak. En bonne raconteuse d’histoire, elle égrène les révélations et les personnages qui s’agglutinent autour d’elle. Un retournement final à la fois attendu et retors avec ce qu’il faut de « bavures » nécessaires. Une sorte de description des Etats-Unis d’aujourd’hui, de cette folie paranoïaque, de cette colère qui ne trouve pas de débouchés qui se sont vues à l’œuvre avec l’élection de Trump.
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Discordance des temps. Définitions du « civilisé » ? Qui est le barbare ?

Un drôle de livre. Son titre a de quoi interroger « Dracula ou la croisade des Temps modernes » et son sous titre n’arrange rien « Essai sur la figure de l’étranger ». Peut-on cerner l’argumentation de Farhad Khodabandehlou ? Je me le demande. Pourtant j’avoue un énorme plaisir pris à la lecture de ces commentaires – au sens philosophique – du roman de Bram Stocker, « Dracula ». L’histoire est connue : l’affrontement d’un vampire et d’un clerc de notaire dans le château que le comte Dracula veut mettre en vente. Histoire apparente qui sert de fil conducteur. Stocker envisage la victoire possible de la barbarie qui se reflète dans le miroir de la civilisation. Comme le vampire, la barbarie n’a pas de reflet. Lire la suite

Je suis en colère. Nous devrions toustes être en colère

Féministe, un terme chargé « de connotations lourdes et négatives », un chef de classe qui ne saurait être une cheffe de classe, la soit-disant culture étrangère au féminisme, « La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture », la poursuite de la chose qui en fait un fait normal, les qualités des individu-e-s, « les hormones ne jouent aucun rôle dans ces qualités », les lieux dont l’accès est interdit aux femmes non accompagnées, être élevée pour plaire, « nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement », l’estime de soi, « Nous apprenons aux filles à se diminuer, à se sous-estimer », l’assignation au mariage, le vocabulaire de possession, le double standard sexuel et la virginité, l’apprentissage de la honte, la détermination sexuelle qui « vous dicte ce que vous devez être au lieu de prendre en compte ce que vous êtes », désapprendre les intériorisations et les assignations, « Le regard de l’homme en tant qu’arbitre de mes choix est essentiellement anecdotique », la justice, « nous ne sommes pas des singes », question de genre et question de classe, « S’il est vrai que notre culture ne reconnaît pas l’humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et nous devons l’y introduire »… Lire la suite