Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Et la roue éclata au beau milieu de son sourire

grichka-652x1024Dès le premier chapitre, « Dans le regard d’une inconnue », la/le lectrice/lecteur devine derrière le choix des mots, les rythmes des phrases, la singularité de ce récit à plusieurs voix. « Sur le mur, au fond de la salle de classe, Simone Lagrange nous regarde. Elle nous attends. Il n’y a pas de pourquoi. Il n’y a pas de comment. Parce que. Simplement parce que. Et nous savons que quelque chose est en train de se passer ». Simone Lagrange professeure de français, enseignante de mots, « revenue des camps d’Auschwitz-Birbenau en septembre 1945, la petite fille de treize ans enfin rentrée chez elle »… Non linéarité du temps, présent et passé, demain… « J’ai éteint le projecteur et ouvert les rideaux. Grichka est resté ». Lire la suite

La haine qu’elle vient d’éprouver est la plus forte qu’elle ait jamais connue dans son existence de petite fille

004512304Au sortir de la seconde guerre mondiale dans un village, Mathilde et sa famille. L’enfance et ses lieux de prédilection. Une écriture précise et le souffle du refus de la conformité sociale, de la révolte contre le désordre existant.

Un prisonnier de guerre, Frédéric, jeune soldat allemand, l’ennemi d’un passé-présent, les souvenirs de la période de guerre, « P. G. ». Des hommes et des femmes, des réticences et des mains tendus. Lire la suite

Trop tard Meydele !

is_cou_simon_16Les poèmes qui composent Inventaire, un souffle sont des fragments dans l’ensemble du travail effectué par Julien Simon autour de l’histoire tragique d’une famille juive en Bretagne, les Perper (Ihil et Sonia, leurs trois enfants Rosine, Odette et Paul), originaires de Roumanie, établis à partir de 1935 à Brasparts et à Plounéour-Ménez, où ils sont arrêtés par les gendarmes français en 1942, puis assassinés dès leur arrivée au camp de Sobibor en 1943. La pièce radiophonique comme le film donnent le détail de cette patiente remontée dans la mémoire à travers le peu de documents et de témoignages conservés, l’installation en tant que médecin avant l’interdiction de pratiquer imposée aux Juifs par le gouvernement de Vichy, et la rapide mise à l’écart, l’ignominie, dans l’impuissance voire l’indifférence. Lire la suite

Écrire oui, mais pour qui ?

9782264068682Adam Langer est à la fois l’auteur et le personnage principal de ce roman, « Le contrat Salinger » qui transporte des interrogations sur les conséquences de l’écriture, surtout lorsqu’il s’agit de vraies-fausses ou fausses-vraies autobiographies. Pour comprendre le titre, il faut savoir que J.D. Salinger est un auteur qui a suscité l’émoi aux Etats-Unis. Auteur de « L’attrape-cœurs », un grand roman sur l’adolescence, il s’est refusé pendant une grande partie de sa vie à publier le moindre texte et à éviter toutes les interviews. On dit qu’il a vécu en reclus. Lire la suite

Les mots en trois saisons

jq1h_journaltraduction-1« Quand je traduis un livre, habituellement il m’est impossible d’écrire. C’est pourtant ce que j’ai fait entre janvier et août 2015 en tenant ce journal. Dans La République de l’imagination que je traduisais alors, Azar Nafisi parlait d’exil et de littérature. Depuis quelque temps j’accumulais des notes sur l’exil de ma famille maternelle, la langue, la traduction, le fait d’être moitié russe moitié française, de traduire de l’anglais ou de l’espagnol, d’avoir oublié le russe. Certaines phrases, idées, points de vue d’Azar Nafisi me renvoyaient la balle et me permettaient de retracer le chemin qui fait qu’on en arrive là, parce que certains immigrés choisissent l’intégration, parce que c’est difficile d’être moitié moitié, parce qu’on fait partie d’une génération, parce que la route, parce que le rock’n roll. » Lire la suite

D’abord le pouvoir et ensuite seulement la loi

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« 
Je veux raconter une histoire. Une histoire simple. Vous pourrez la trouver révoltante. Mais ça ne changera rien à sa simplicité. Je veux raconter une histoire simple et révoltante » Lire la suite

Le rire de Proust et des voyages pour deux premiers romans

La rentrée littéraire ressemble à la politique monétaire de la BCE : une édition de livres impossible à suivre pour un lecteur même anormal : 560 romans si j’en crois les publications. Comment faire un choix raisonnable ? Impossible. Il faut faire confiance au hasard et (un peu, pas trop) aux attachées de presse. Il faut attacher une attention particulière aux premiers romans, ils en disent beaucoup sur notre monde. Lire la suite