Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

L’eau qui tremble dans le halo multiplie le feu

Un cormoran pris dans les filets, un marin pêcheur, l’autre, le plus jeune et le troisième homme. « Tout le monde est au courant depuis ce matin ». Le travail de pêche et ses gestes quotidiens. L’armée d’un pays descendue au port pour bruler un bateau.

Un court texte plein d’énigmes, de répétitions en forme de variations, de déplacements et de sollicitations. Lire la suite

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Je ne pardonnerai jamais à personne. Ni à moi-même


Le propre de la littérature est de pouvoir donner à lire ce qui est difficilement audible ou pensable. Par exemple, les massacres, les génocides, les exterminations. Faire ressentir, à la lectrice ou au lecteur, la densité des temps suspendus, des peurs ou des angoisses. Les écrivain·e·s jouent des multiples codes possibles pour donner présence et sens à des actes générés par les organisations sociales ; ce que certain·e·s nomment trop facilement « 
barbarie humaine », oubliant les conditions sociales de la production de celles et ceux qui exécutent et de celles et ceux qui ne reviennent plus.

Il ne s’agit cependant ni d’analyses (nécessaires) ni de simples dénonciations, mais bien de création, du rendu possible par la lecture et les rêveries associées, du sentiment de survie.

« Il n’y a que des gens allongés dans le silence et l’horrible puanteur » Lire la suite

Le coin du polar (décembre 2017) -2

Rome en guerre.

Steven Saylor est Texan. Une bizarre filiation – des études d’Histoire – l’a conduit vers l’Antiquité romaine après avoir fait divers métiers qui l’ont éloigné un temps de cette discipline. Il a déjà publié 15 volumes de cette saga. Les éditions 10/18 nous proposent le huitième, « Sous l’aile des furies », se passant en l’an 88 avant notre ère au moment où l’empire romain est menacé de tout côté, notamment par Mithridate. Les aventures de Gordianus et de son ancien tuteur Antipater. Lire la suite

Cadeaux à faire et à se faire. Le temps de lire…

« Correspondance Albert Camus, Maria Casarès »

Maria Casarès, tragédienne, ne peut pas s’oublier. Sa voix un peu enfumée laisse des traces dans toutes les mémoires. Comédienne totale, vraie, elle se laissait emporter par les passions de son personnage devenues les siennes. Il est impossible de l’imaginer sans emportements, sans colères et sans amour. Libre surtout face aux contraintes de ce temps, les années cinquante, intransigeantes de morale imbécile. Fille d’un Président du Conseil de la deuxième République espagnole, exilé à Paris en 1936, Maria Casarès a débuté sa carrière d’actrice en 1942. Elle a vingt ans. Deux ans plus tard, elle rencontre Albert Camus chez Michel Leiris – homme lige de ce 20e siècle – et… ce n’est pas le début de l’amour. Elle mettra fin à cette liaison. Il faudra attendre le 6 juin 1948 – comme un anniversaire – pour que commence réellement cette liaison tourmentée mais aussi belle comme seule sait rendre la vie surréaliste et fantastique un amour fou. Lire la suite

Le coin du polar (décembre 2017)

Deux grands détectives

Viviane Moore est attirée par ce milieu du 16e siècle en France qui voit fleurir les alchimistes à la recherche de la pierre philosophale. Ils feront avancer la science sans jamais la trouver. Dans cette série, le détective, Jean du Moncel, commissaire, mène l’enquête pour trouver « Le souffleur de cendres ». L’explication du titre se trouve dans le résultat de l’intrigue. Une évocation du Paris de 1587, de la Cour des Miracles et de la place des femmes via Sybille obligée de se transformer en homme pour exercer sa profession. Lire la suite

Oui, le monde entier est ennemi des Turcs, mais le plus grand ennemi des Turcs, ce sont les Turcs eux-mêmes

Le dernier roman traduit en français d’Orhan Pamuk n’a certes pas la complexité de « Mon nom est Rouge » ou de « Le Château blanc », mais il offre une excellente introduction à la perception de l’ambivalence de la société turque.

Les errances de Mevlut, marchand ambulant de boza (une boisson traditionnelle obtenue à partir de millet fermenté, d’où l’éternelle question : est-elle légitime bien qu’alcoolisée ?), de 1968 à 2012, donnent à voir le basculement d’une société vers la « modernité » et les résistances que celui-ci génère. Le choc de ce processus (marqué au premier chef par la mutation d’Istanbul en une métropole de 12 millions d’habitants, l’afflux des émigrés de l’intérieur, anatoliens, la prolifération et la résorption des gecekondu – bidonvilles immenses -) met en évidence et renforce les ambiguïtés et les contradictions sociales (on les voit lorsque les contempteurs de la boza, impure, sont eux-mêmes de fervents buveurs de raki, ou lorsque le père d’une fille « enlevée » se sent obligé de manifester sa colère, par crainte d’être accusé d’en avoir été le complice volontaire pour des raisons financières). Lire la suite

Peu d’hommes tuent, la plupart se contentent de mourir

Un homme, des cicatrices, « là où le lent suicide de tous a pour nom « la vie » », Guðrun trois fois, Nymphéa, une interrogation sur la paternité, des livres, la masculinité ou les idées d’un homme sur ce sujet « j’avais accès au corps d’une femme tous les soirs », les blessures d’une vie, « je transmets de la souffrance, elle me distribue des corvées », les plaies, un rétroviseur pour entendre ce que des êtres humains disent… Lire la suite