Formes sociales des choses et rapports sociaux de production

une-essai-sur-la-theorie-de-l-argentDans sa préface, preface-de-guillaume-fondu-au-livre-de-isaak-i-roubine-essai-sur-la-theorie-marxienne-de-largent/, publiée avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse, Guillaume Fondu revient, entre autres, sur le parcours de Isaak I. Roubine, son livre Essais sur la théorie de la valeur de Marx, « Dans cet ouvrage, il replace le fétichisme de la marchandise au centre de la théorie marxienne, contre toute lecture naturalisante de la valeur-travail, qui en ferait une donnée technique indépendante des formes sociales et, par conséquent, valable universellement », la spécificité du marxisme, le projet socialiste « une perspective de reprise en main consciente de l’organisation sociale, et donc par la mise au centre de l’économie de décisions collectives (selon des modalités, il est vrai, indéterminées) », la critique de l’économie politique, la dimension sociale spécifique du travail abstrait. Continuer à lire … « Formes sociales des choses et rapports sociaux de production »

Préface de Guillaume Fondu au livre de Isaak I. Roubine : Essai sur la théorie marxienne de l’argent

Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse

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L’ouvrage présenté ici est la traduction des Essais sur la théorie marxienne de l’argent. Rédigé par I. I. Roubine entre 1923 et 1928, dans le prolongement de ses Essais sur la théorie marxienne de la valeur, et demeuré à l’état de manuscrit, il n’a fait l’objet d’une première publication en langue originale (russe) qu’en 2011. À l’image d’une grande partie du patrimoine intellectuel marxiste soviétique des années 1920, il a été occulté dès les années 1930 par le pouvoir stalinien. Les quelques pages qui suivent ont vocation à présenter le contexte de la rédaction de ces Essais et les enjeux dont ils pouvaient être porteurs. On laissera ici de côté la question de l’explicitation précise de leur contenu. Le texte nous paraît suffisamment clair par lui-même. Enfin, nous avons jugé inutile et inapproprié de commenter, dans une préface, la potentielle actualité des Essais et leur inscription dans les débats marxistes et marxologiques contemporains. On espère simplement que cette publication sera l’occasion de poursuivre ces débats. Continuer à lire … « Préface de Guillaume Fondu au livre de Isaak I. Roubine : Essai sur la théorie marxienne de l’argent »

Marxismes et christianismes

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Note critique sur diverses publications concernant les rapports entre marxisme et christianisme. Publiée dans les « Archives de Sciences Sociales des Religions », n°196, décembre 2021.

Les premiers socialistes du 19ème siècle en Europe, que ce soit Saint-Simon et ses disciples, Cabet et les communistes français, Wilhelm Weitling, le fondateur de la Ligue des Justes allemande, étaient religieux et se réclamaient de l’héritage chrétien. Ce n’est qu’avec Marx et Engels que surgira un socialisme non-religieux, ou même athée. Le texte fondateur de ce tournant est un article de Marx publié en 1844 dans les Deutsch-franzözische Jahrbücher.

La traduction intégrale en français des Annales franco-allemandes vient de paraître pour la première fois ; elle inclut non seulement les écrits de Marx et Engels, mais toute la revue, ce qui permet de situer leurs textes dans leur contexte historique et intellectuel. Comme l’on sait, cette publication, parue à Paris en février 1844, sous la direction d’Arnold Ruge et Karl Marx, était à l’origine un projet visant une alliance franco-allemande, philosophique et politique. Les Jeunes hégéliens à l’initiative du projet ont choisi Paris à la fois pour échapper à la censure en Allemagne et pour établir une collaboration avec des démocrates et socialistes français. Or, ceux-ci – Lamennais, Etienne Cabet, Pierre Leroux, Louis Blanc – ont poliment refusé cette invitation, rebutés par le parti pris d’athéisme des allemands. Continuer à lire … « Marxismes et christianismes »

L’écologie de Marx à la lumière de la MEGA 2

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Depuis une trentaine d’années, les études destinées à évaluer la portée de l’œuvre de Marx (tout comme de celle d’Engels, qui lui est étroitement liée) à l’aune de la thématique et de la problématique écologiques se sont multipliées. Aiguillonnées par la conscience grandissante de l’ampleur de la catastrophe écologique dans laquelle nous sommes engagés et de l’urgence qu’il y a à l’affronter, elles ont cherché à déterminer si et dans quelle mesure cette œuvre était susceptible d’éclairer les tenants et aboutissants de cette catastrophe et de contribuer à formuler des réponses appropriées permettant d’envisager d’en sortir. Continuer à lire … « L’écologie de Marx à la lumière de la MEGA 2 »

Preobrajensky et la quadrature du cercle

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Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Cette réédition de La nouvelle économique est la bienvenue, car il s’agit d’un ouvrage important, à la fois pour l’histoire de la transition (avortée) au socialisme en URSS, mais aussi en tant que première esquisse théorique d’un modèle de socialisme. Les introductions de Pierre Naville et Ernest Mandel suffisent largement à situer l’ouvrage dans ce double contexte historique et théorique. Cette nouvelle introduction a surtout une fonction d’actualisation, en mobilisant des développements plus récents sur ce double registre1. Continuer à lire … « Preobrajensky et la quadrature du cercle »

Sous « Le Capital », la culture générale. Une exploration

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Le livre I du Capital et particulièrement la Section I suscitent souvent d’étranges réactions allant jusqu’à proposer de la lire quasi à la fin (cf. la préface de Althusser à la réédition en poche chez Flammarion) ou de ne pas la lire du tout en fonction de sa difficulté. La réputation d’illisibilité sert de prétexte pour éviter de se confronter à Marx. C’est une erreur pour plusieurs raisons. La première tient à la nécessité – ne serait-ce que pour le critiquer – de connaître les concepts, les « abstractions réelles » dit-il – et la méthode d’analyse du capitalisme. Et, dans le même temps, de fréquenter l’un des grands penseurs de notre monde moderne. Continuer à lire … « Sous « Le Capital », la culture générale. Une exploration »

La « croissance verte », ou le projet de marchandiser la nature

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Notre collègue et amie, Hélène Tordjman, vient de publier La croissance verte contre la nature, Critique de l’écologie marchande. Ce livre fera date parce qu’il rassemble une documentation très à jour sur la conceptualisation et la mise en pièces de la nature par un capitalisme menant au bord de l’asphyxie planétaire, pour la nature mais aussi pour les humains. Maintenant que la crise écologique est avérée, que le réchauffement du climat n’est plus discuté et que les alarmes sur la perte de biodiversité se multiplient, on pourrait croire que tout est dit. Peut-être, mais réunir en un volume une synthèse aussi détaillée, précise et référencée à la fois sur les multiples atteintes à la nature et sur les fausses solutions qui y sont apportées est une belle réussite. Continuer à lire … « La « croissance verte », ou le projet de marchandiser la nature »

Lincoln, Marx, l’esclavage et la guerre civile

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

L’esclavage a été légalement aboli aux États-Unis en 1865, après cinq ans de guerre civile. De nos jours, la situation réelle des Afro-Américains montre que cette abolition a été pour le moins incomplète. Cette histoire nous intéresse d’autant plus que Marx et Engels, avec la Première Internationale, l’ont suivie activement et ont soutenu publiquement le président Abraham Lincoln. Pourtant les différences étaient a priori énormes entre la politique d’indépendance ouvrière des fondateurs du socialisme moderne et le prudent réformisme assumé par un bourgeois conscient, élu par deux fois à la présidence des USA (1860 et 1864). Continuer à lire … « Lincoln, Marx, l’esclavage et la guerre civile »

Richard Poulin : Présentation : Émancipation nationale, internationalisme et révolution en Irlande et en Grande-Bretagne

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

« Je suis de plus en plus arrivé à la conviction – et il ne s’agit que de l’inculquer à la classe ouvrière anglaise – qu’elle ne pourra jamais rien faire de décisif, ici en Angleterre, tant qu’elle ne rompra de la façon la plus nette, dans sa politique irlandaise, avec la politique des classes dominantes ; tant qu’elle ne fera non seulement cause commune avec les Irlandais, mais encore ne prendra l’initiative de la dissolution de l’Union forcée de 1801 et de son remplacement par une confédération égale et libre (1) »

« Nous autres, démocrates allemands, nous sommes particulièrement intéressés à la libération de la Pologne. […] Une nation ne peut pas devenir libre tout en continuant d’opprimer d’autres nations. La libération de l’Allemagne ne peut donc pas être réalisée sans qu’on libère la Pologne de l’oppression allemande (2) »

« Aux États-Unis, tout mouvement ouvrier indépendant resta paralysé tant que l’esclavage souillait une partie de la République. L’ouvrier blanc ne saurait s’émanciper là où l’ouvrier noir est stigmatisé. Mais la mort de l’esclavage fit éclore une vie nouvelle. Le premier fruit de la guerre civile fut l’agitation des huit heures. […] Le Congrès général des ouvriers de Baltimore, le 16 août 1866, déclare : « Ce qu’il faut revendiquer tout d’abord pour soustraire le travail de notre pays à l’esclavage capitaliste, c’est une loi qui fixe à huit heures pour tous les États de l’Union la journée de travail normale » (3) »

L’émancipation des esclaves aux États-Unis ainsi que la lutte des Irlandais·es et des Polonais·es contre leur oppression nationale constituent des moments importants dans l’élaboration des thèses de Friedrich Engels et de Karl Marx sur la nécessité d’un mouvement ouvrier s’organisant de façon indépendante de la bourgeoisie et sur la question nationale comme levier pour assurer cette indépendance. Leur compréhension des rapports nationaux, qui sont imbriqués avec les rapports de classe, a été nourrie par leurs nombreux combats au sein de l’Association internationale des travailleurs (AIT), la 1re Internationale, en particulier dans le mouvement ouvrier du Royaume-Uni. Ils comprenaient que, pour assurer l’indépendance du mouvement ouvrier à l’égard de la bourgeoisie, il importait que non seulement le mouvement lutte pour les droits politiques, sociaux et économiques des groupes opprimés, mais aussi qu’il promeuve leur libération nationale, laquelle est une condition à l’émancipation même de la classe ouvrière de la nation dominante. Si le mouvement ouvrier ne fait pas la promotion des droits des groupes opprimés, alors les révolutionnaires doivent envisager de créer des organisations ouvrières des groupes opprimés sur une base nationale, non uniquement en fonction de l’État tel qu’il existe, ce siège du pouvoir politique. Continuer à lire … « Richard Poulin : Présentation : Émancipation nationale, internationalisme et révolution en Irlande et en Grande-Bretagne »

A propos des livres Marx and singularity et Marx and the common de Luca Basso

Dans deux livres, Marx and singularity (2012 – ci-dessous B1) et Marx and the Common (2016 – ci-dessous B2)1, le philosophe Luca Basso (Université de Padoue) propose une lecture de Marx2 centrée, pour le premier, sur la notion de subjectivité et, pour le second, sur l’émancipation conçue comme ‘être et agir en commun’. Ils constituent l’un et l’autre un déplacement par rapport au marxisme classique tel qu’il s’est incarné dans les différents courants du mouvement ouvrier. Par ailleurs, ils entrent en résonance avec les analyses développées par Etienne Balibar, en particulier dans La philosophie de Marx (1993). Continuer à lire … « A propos des livres Marx and singularity et Marx and the common de Luca Basso »

Intervenir dans le champ de contradictions refoulées pour les faire apparaitre

« Beaucoup de choses ont changé depuis la mort de Marx en 1883. Sans conteste l’un des changements les plus importants est le dédoublement de la société par un monde imaginaire qui prend les apparences d’un monde hyper réel produit par des images électroniques et une culture médiatique qui trouve ses mobiles dans la publicité et la marchandisation universelle ». Continuer à lire … « Intervenir dans le champ de contradictions refoulées pour les faire apparaitre »

Karl Marx : communiste, révolutionnaire… écologiste ?

Entretien avec Kohei Saito conduit par l’animateur du site Climate&Capitalism Ian Angus

Kohei Saito, lauréat du Prix Deutscher 2018, parle de la compréhension radicale par Karl Marx de la perturbation mortelle du métabolisme universel de la nature par le capitalisme. Kohei Saito est professeur agrégé d’économie politique à l’Université d’Osaka et auteur de Karl Marx’s Ecosocialism. Capital, Nature and the Unfinished Critique of Political Economy. Il est également un des éditeurs de Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), qui comprend de nombreux cahiers sur les sciences naturelles inédits de Marx. Continuer à lire … « Karl Marx : communiste, révolutionnaire… écologiste ? »

Un des fils d’Ariane dans le chaos présent

Un recueil de textes, « ceci est un recueil d’essais qui tentent d’aborder certains aspects de sa pensée, connus, inconnus ou méconnus, avec l’ambition d’y porter un regard nouveau ». Il y aurait beaucoup à dire sur les lectures de Michael Lowy comme sur certaines théorisations des marxistes du temps de Rosa Luxembourg. Au regard du siècle écoulé, des critiques devraient être repensées et pas seulement sur « son refus du mot d’ordre du droit des nations à l’auto-détermination ». Je ne mets ici l’accent que sur certains points. Continuer à lire … « Un des fils d’Ariane dans le chaos présent »

Marx et la constitution communale en 1871

L’élection de la Commune le 26 mars 1871

L’échec militaire du Second empire, à Sedan, provoqua l’insurrection de Paris et la proclamation de la Troisième république, le 4 septembre  1870. Le nouveau gouvernement capitule néanmoins le 26 janvier 1871 et Paris est assiégé par l’armée prussienne. Le gouvernement Thiers fuit à Versailles et le 18 mars, à l’appel de la Garde nationale de la Ville, le peuple de Paris s’insurge. Quelques jours après, cette Garde nationale, qui ne prétend pas exercer le pouvoir, convoque les élections de la Commune de Paris, qui eurent lieu le 26 mars 18711.

L’Appel aux électeurs parisiens, daté du 25 mars et rédigé par le Comité central de la Garde nationale, met en lumière la question cruciale du système électoral, en précisant la nature des rapports entre électeurs et élus. Continuer à lire … « Marx et la constitution communale en 1871 »

La situation révolutionnaire en Autriche en 1918 et la politique des sociaux-démocrates

La grève de janvier 1918 en Autriche

Le sort des pourparlers ne sera pas réglé à Brest Litovsk,
mais dans les rues de Berlin et de Vienne

 

I – LES POURPARLERS DE BREST-LITOVSK ET LES GREVES REVOLUTIONNAIRES EN ALLEMAGNE ET EN AUTRICHE-HONGRIE

Le 18 janvier, lorsque Trotsky quitta Brest-Litovsk, il était conscient que c’en était complètement fini de la période des joutes oratoires dialectiques avec Kühlman, et que les prochaines semaines (sinon les prochains jours) devraient amener la décision.

Incapable de résister militairement aux impérialismes allemand et autrichien conjugués, la République Soviétique, à peine née, ne pouvait compter que sur deux choses : premièrement, sur le fait que les puissances centrales elles mêmes livraient une lutte à mort contre la coalition des puissances occidentales économiquement supérieures à elles, et qu’elles devaient de ce fait manifester une certaine modération à l’égard de la Russie restée sans défense ; deuxièmement, elle pouvait tabler sur l’épuisement économique de l’Allemagne et surtout de l’Autriche-Hongrie, épuisement dont on pouvait escompter qu’il provoquerait une montée impétueuse de l’état d’esprit révolutionnaire au sein des classes ouvrières et des nationalités opprimées de ces Etats. Ces deux éléments avaient déterminé Kühlman et Czernin à se conduire temporairement de manière très pacifique et démocratique, pour donner l’air le plus innocent possible à leur propre programme d’annexion de l’Europe orientale, en profitant de l’impuissance militaire du gouvernement bolchevik (1). Continuer à lire … « La situation révolutionnaire en Autriche en 1918 et la politique des sociaux-démocrates »

L’Autriche allemande et la guerre

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung »

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La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

4 L’Autriche allemande et la guerre

Toute l’histoire moderne de l’Autriche allemande est parcourue par l’opposition entre nos deux identités, allemande d’un côté, autrichienne de l’autre. Continuer à lire … « L’Autriche allemande et la guerre »

Les Polonais et les puissances centrales

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

  • 1. Les Slaves du sud et la guerre :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/02/21/les-slaves-du-sud-et-la-guerre/

  • 2. Les Tchèques et l’Empire : 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/02/les-tcheques-et-lempire/

  • 3. Les Polonais et les puissances centrales

  • 4. L’Autriche allemande et la guerre

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

3 Les Polonais et les puissances centrales

Quand la guerre éclata, la grande majorité des Polonais de Galicie acclama dans les rues les armées impériales qui montaient en ligne en direction de la frontière russe, et c’est par milliers qu’étudiants, intellectuels, ouvriers, vinrent s’enrôler comme volontaires dans les légions polonaises pour aller se battre contre la Russie. Les Habsbourg avaient certes contre eux les Slaves du sud et les Tchèques, mais selon toute apparence, ils avaient avec eux, et misant sur leur victoire, un des peuples slaves de l’empire. À la fin de la guerre, pourtant, les désirs et les espérances des Polonais les placèrent, ni plus ni moins que les Yougoslaves et les Tchèques, dans le camp de l’Entente, pour eux également, c’était la chute des Habsbourg qui les libérerait. Cette mutation de la société polonaise de Galicie, constitue elle aussi un chapitre important dans l’histoire de la révolution autrichienne. Continuer à lire … « Les Polonais et les puissances centrales »

Les Tchèques et l’Empire

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

2 Les Tchèques et l’Empire

C’est la révolution yougoslave qui a poussé l’empire des Habsbourg à entrer en guerre. C’est la guerre qui a allumé l’étincelle de la révolution tchèque. De tous les mouvements révolutionnaires nationaux que la guerre a suscités en Autriche-Hongrie, le plus puissant, le plus lourd de conséquences, a été celui des Tchèques. C’est lui qui a décidé du sort de la monarchie autrichienne. Continuer à lire … « Les Tchèques et l’Empire »

Les Slaves du sud et la guerre

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Préface à Die österreichische Revolution (La révolution autrichienne) : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/02/12/preface-a-die-osterreichische-revolution-la-revolution-autrichienne-dotto-bauer/

1. Les Slaves du sud et la guerre

2. Les Tchèques et l’Empire

3. Les Polonais et les puissances centrales

4. L’Autriche allemande et la guerre

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.


1. Les Slaves du sudet la guerre

L’ultimatum de l’Autriche-Hongrie à la Serbie a déclenché la guerre mondiale. Celle-ci a donc eu pour cause immédiate le heurt frontal entre l’empire des Habsbourg et les aspirations du peuple sud-slave à la liberté et à l’unité.

Le 19ème siècle avait vu l’émergence d’une bourgeoisie chez les peuples paysans sud-slaves. Celle-ci était à la tête de leur combat contre la domination étrangère et contre leur propre morcellement, qui étaient les fruits du féodalisme en Yougoslavie. Cette lutte était la révolution bourgeoise des Yougoslaves. L’objectif en était la liquidation des rapports de domination féodaux sur le sol sud-slave. Cette révolution nationale des Yougoslaves a été le point de départ de la guerre. Elle a ouvert la voie à la révolution nationale à laquelle a succombé la monarchie des Habsbourg. Continuer à lire … « Les Slaves du sud et la guerre »

Préface à Die österreichische Revolution (La révolution autrichienne) d’Otto Bauer

Je dédie ce livre aux hommes de confiance de la classe ouvrière autrichienne : aux milliers d’hommes de cœur qui, pendant la guerre, ont tenu bon face à des autorités militaires ivres de sang ; aux milliers de militants dont le courage, l’intelligence et le sens des responsabilités ont, à maintes et maintes reprises durant la révolution, sauvé du désastre la classe ouvrière autrichienne menacée par la famine, le désespoir et les illusions ayant cours dans ses propres rangs ; aux milliers qui luttent aujourd’hui pied à pied pour repousser les attaques d’un ennemi ne voyant et n’entendant rien que sa haine. Puisse ce livre aider ces milliers de combattants à comprendre le vaste cadre historique qui donnait son sens à la guérilla que chacun d’entre eux a menée dans son entreprise, dans sa commune, dans son organisation, et puisse cette intelligence être une nouvelle source de perspicacité, d’énergie, de confiance dans l’avenir pour les luttes qui nous attendent ! Continuer à lire … « Préface à Die österreichische Revolution (La révolution autrichienne) d’Otto Bauer »