Archives de Catégorie: Du coté de Marx

L’actualité de Marx (2)

Partie (1) : lactualite-de-marx-1/

Marx a constamment insisté sur les déterminants productifs de la crise capitaliste. Dans le cadre des profondes transformations engendrées par la mondialisation, ce principe permet d’éviter des lectures simplistes mettant exclusivement l’accent sur la dimension financière. Lire la suite

L’actualité de Marx (1)

Résumé

Marx retrouve aujourd’hui un regain d’intérêt. Sa mise en lumière des mécanismes du capitalisme contraste avec les simplifications des néo-classiques et la naïveté des économistes hétérodoxes. Marx permet de comprendre que l’offensive néolibérale et la surexploitation des précaires renvoient à la logique de la plus-value. Il a identifié l’origine des inégalités et montré ce qu’implique aujourd’hui encore la recherche sans fin du profit.

Le Capital permet de récuser toute assimilation du chômage à la révolution numérique. Il remet en cause les théories qui expliquent les crises par des erreurs de politique économique ou par des régulations défaillantes. Il souligne les contradictions incontournables entre consommation et rentabilité.

Marx a insisté sur le fait que les convulsions financières trouvent leur source dans la sphère de la production. Il a proposé une analyse des rapports entre mondialisation et modèles nationaux d’accumulation. Il a anticipé les polarisations engendrées par le sous-développement dans les pays de la Périphérie et l’articulation nécessaire entre anti-impérialisme et stratégie socialiste.

Il a enfin conceptualisé la combinaison d’illusions et de peur que propage l’idéologie bourgeoise. Son projet égalitaire refait aujourd’hui surface en même temps que de nouvelles synthèses entre action politique et élaboration théorique1.
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(Re)découvrir

Les années 1960 sont celles des polémiques autour des conceptions du marxisme, du rapport de Marx à Hegel et de la nature de l’URSS, capitalisme d’Etat ou « État ouvrier bureaucratiquement dégénéré ». Polémiques qui, aujourd’hui, apparaissent « vieillottes » sinon obsolètes. La lecture de « Marxisme et liberté » de Raya Dunayevskaya (1910-1987) montre qu’elles recèlent une forme d’actualité. Raya fut secrétaire de Trotski et s’installa aux Etats-Unis où elle rencontra C.L.R. James et Herbert Marcuse. Sa thèse qui se résume en une théorie de la libération, s’appuie sur l’histoire du mouvement ouvrier et du mouvement d’émancipation des Africains-Américains, sorte de pont entre l’Europe et les Etats-Unis. Elle veut faire le lien entre théorie et pratique, pratique et théorie en redonnant une grande place à Hegel pour élaborer un « humanisme nouveau » pour réunifier tous les mouvements allant vers l’émancipation des individus. Le concept clé qu’elle utilise, l’aliénation, permet de comprendre son insistance sur la nécessaire libération. Elle gomme, de ce fait, l’importance de l’exploitation et, surtout, des conséquences du « fétichisme de la marchandise » qui va de pair avec la loi de la valeur. Une interprétation du marxisme très en vogue aux Etats-Unis de ces années 60. Lire la suite

Introduction de Claudie Weill à la réédition de l’ouvrage d’Otto Bauer : La question des nationalités

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le marxisme se serait cassé les dents sur la question nationale, affirment ceux-là mêmes qui ne le vouent pas encore aux gémonies. Certes, avec la nationalisation du mouvement ouvrier qui va de pair avec la formation de la classe ouvrière industrielle1, la tentation nationaliste n’a pas épargné un milieu qu’on croyait intrinsèquement internationaliste parce qu’on ne l’avait pas regardé de trop près. Mais le handicap résidait précisément dans ce « cosmopolitisme naïf » ou « internationalisme utopique », dénoncé par Otto Bauer, lequel n’était au fond qu’une politique de l’autruche, une façon de refuser le problème. Loin d’être immunisé contre le nationalisme, le mouvement ouvrier y a succombé parce qu’il ne disposait pas des moyens pour s’en défendre. Lire la suite

Avant-propos à la réédition de l’ouvrage d’Otto Bauer : La question des nationalités

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Publié en 1907 à Vienne, la capitale de l’empire austro-hongrois, le livre d’Otto Bauer, dont le titre originel est La Question des nationalités et la social-démocratie, ne sera publié en français qu’en 1987 grâce aux efforts conjugués de deux éditeurs parisiens (Arcantères et EDI) et d’un éditeur de Montréal (Guérin).

« Aucune interrogation historique [n’étant] uniquement intrinsèque au sujet, [mais] toujours partiellement tributaire des sollicitations de l’actualité1 », nous laisserons à Claudie Weill, qui a présidé à l’édition française de l’ouvrage, le soin de restituer le contexte historique et géopolitique dans lequel Otto Bauer publia son livre2. Nous nous bornerons à expliciter le choix éditorial qui a conduit les éditions Syllepse à republier cet ouvrage. Oublié et négligé, ce livre nous a semblé pouvoir contribuer à élucider quelques-uns des défis auxquels les sociétés d’Europe occidentale (mais pas seulement), et particulièrement la société française, sont confrontées. Lire la suite

Extraits de Karl Marx / Abraham Lincoln : Une révolution inachevée

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le Capital

Livre 1, 3e section, chapitre 10

1Dès que des peuples, dont la production se meut encore dans les formes inférieures de l’esclavage et du servage, sont entraînés dans les transactions mondiales dominées par le mode de production capitaliste, et que la vente de leurs produits à l’étranger devient leur préoccupation principale, les horreurs barbares de l’esclavage, du servage, etc. se complètent par les horreurs civilisées du surtravail. C’est pour cette raison que, dans le Sud des Etats-Unis, le travail des Nègres conserva un certain caractère patriarcal, tant que la production envisagea surtout les besoins personnels immédiats. Mais à mesure que l’exportation du coton devint l’intérêt vital des États sudistes, le surmenage des Nègres et même l’usure de leur vie par sept années de travail devinrent un des facteurs d’un système calculé et calculateur. Il ne s’agissait plus de faire produire par le Nègre une certaine masse de produits utiles ; il s’agissait de la production de la plus-value. Lire la suite

Adresse de l’Association internationale des travailleurs à Abraham Lincoln

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

29 novembre 1864

À Abraham Lincoln,

Président des États-Unis d’Amérique

Monsieur,

1Nous félicitons le peuple américain qui vous a réélu à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir esclavagiste avait été le mot d’ordre raisonné de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : « Mort à l’esclavage ! »

Dès le début de la lutte titanesque qui se déroule en Amérique, les travailleurs d’Europe ont instinctivement ressenti que la bannière étoilée portait le sort de leur classe. Ayant inauguré la terrible épopée , la lutte pour les territoires ne devait-elle pas décider si les immenses étendues de terres vierges allaient être vouées au travail de l’émigrant ou si elles allaient être prostituées par le bruit du gardien d’esclaves ? Lire la suite