Archives de Catégorie: Ecole/Education/Mouvements étudiants

33 jours et l’ouverture des possibles…

Dans son introduction, introduction-a-louvrage-de-jean-philippe-legois-33-jours-qui-ebranlerent-la-sorbonne/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Philippe Legois revient sur le « début » du mouvement de mai-juin 1968, la fermeture de la faculté de Nanterre, la convocation de huit étudiants nanterrois devant le conseil de discipline, l’incendie provoqué par le groupe d’extrême droite Occident… « C’est le début de trois heures d’émeutes, soldées par 596 interpellations, dont 27 personnes gardées à vue, et une centaine de blessés ». Lire la suite

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Derrière l’activisme ministériel, un projet dangereux

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Introduction à l’ouvrage de la Fondation Copernic : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation

De façon inattendue, Jean Michel Blanquer est devenu une des pièces maîtresses de la stratégie d’Emmanuel Macron. C’est en quelque sorte un couteau suisse : il rassure, par son indéniable connaissance du monde éducatif et sa capacité à célébrer une vision traditionnelle de l’école, les parents sensibles à ces thématiques ; il a l’oreille d’une partie du monde enseignant qui apprécie un discours qui célèbre la transmission du savoir et l’autorité ; il est très lié à la droite et sert Macron pour mettre en difficulté Les Républicains ; il a bonne presse dans le monde patronal. Lire la suite

Penser par soi, critiquer le lycée caserne, rêver… ce fut un joli mois de mai

« Il est difficile d’imaginer aujourd’hui la surprise qu’a créé l’irruption de la jeunesse lycéenne sur la scène sociale et politique en 1968, tant les mobilisations des élèves du secondaire font désormais partie du paysage. »

Dans leur avant-propos, « Une Décennie d’engagements lycéens », avant-propos-du-livre-de-didier-leschi-et-robi-morder-quand-les-lyceens-prenaient-la-parole-les-annees-68/, publié l’avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Didier Leschi et Robi Morder soulignent l’inédit que représente des adolescent·es manifestant, faisant grève, occupant leurs établissements scolaires. Les auteurs abordent, entre autres, les évolutions, « De la dépendance à l’autonomie », l’invention de la coordination comme « mode d’auto-organisation dans les luttes », les « mutations profondes tant du lycéen que du lycée », « la massification scolaire », la mise en cause des « relations pédagogiques, la famille, la police, l’armée, y compris les organisations dites traditionnelles », le fait que cette massification ne fut pas « synonyme de démocratisation », la place des élèves du technique, les formes de militantisme lycéen, l’absence de recherche sur ces mêmes lycéen·es et leurs mouvements… Lire la suite

Les étudiant·e·s ont raison de se révolter contre l’ordre de la sélection et de la répression

« Des professionnels du désordre ». La phrase a été lâchée par Emmanuel Macron, en direct au JT de 13h de l’ORTF jeudi 12 avril, et il a persisté et signé en prime time dimanche 15 au soir. 50 ans après Mai 68, ou presque, dans la droite ligne de De Gaulle, le président a désigné la « chienlit ». Mieux encore, il a envoyé les CRS contre les campus mobilisés, après avoir déployé 2500 gendarmes contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Tout un programme pour qui souhaite remettre le pays « En Marche ». Ou plutôt, « au pas ». Lire la suite

Avant-propos du livre de Didier Leschi et Robi Morder : Quand les lycéens prenaient la parole. Les années 68

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

UNE DÉCENNIE D’ENGAGEMENTS LYCÉENS

« C’est parce que les travailleurs cherchaient à réunir en un faisceau leurs luttes fragmentées et à leur donner une direction, non parce qu’ils visaient la conquête du pouvoir par l’action politique, que les premiers soviets firent leur apparition », Oskar Anweiler, Les Soviets en Russie, Gallimard, 1972.

« La nouvelle génération vient de nous prouver qu’un nouveau militantisme était né, supérieur à tout ce que nous avions connu : par leurs qualités intellectuelles et morales les militants forcent l’attention de leurs camarades, et le respect. C’est un élément en tout cas avec lequel il faut compter désormais dans les lycées », Michel Winock, « Les lycéens », Esprit, n° 11, 1968.

Il est difficile d’imaginer aujourd’hui la surprise qu’a créé l’irruption de la jeunesse lycéenne sur la scène sociale et politique en 1968, tant les mobilisations des élèves du secondaire font désormais partie du paysage. Que les étudiants manifestent, cela était dans un certain « ordre des choses », et de longue date, mais que ces adolescents manifestent, fassent grève, occupent leurs établissements était inédit. Il y eut réprobation, des pouvoirs publics et aussi de parents, de professeurs. Même chez les progressistes, l’on sentit du paternalisme. On pouvait glorifier le Gavroche de Victor Hugo, mais il était difficile de prendre au sérieux les potaches. Que le grand Duduche chahute, oui, mais qu’il fasse de la politique, qu’il prenne son présent et son avenir en main, n’était-il pas trop jeune pour cela ? Certes, l’on avait le droit d’être exploité dès 16 ans, mais la majorité était encore à 21 ans. Lire la suite

Pour une histoire émancipatrices loin des geôlier·es du roman national

« l’histoire est une « passion française » comme en témoigne les innombrables usages et mésusages dont elle fait l’objet ». Dans son introduction, Laurence De Cock souligne, entre autres, la spectacularisation du passé, l’utilisation du « roman national » dans les campagnes électorales, les liens tissés entre l’histoire et certaines conceptions de la nation.

« Ce sera l’un des objets de cet ouvrage que de comprendre la genèse et l’institutionnalisation de cette croyance dans les vertus de l’enseignement du roman national, mais aussi de saisir la nature et les finalités des débats autour de cette question ». L’autrice parle des pratiques enseignantes, « nous travaillons à partir d’une matière première qu’il nous est possible de transformer tant que l’on ne nous en dépossède pas ». Lire la suite

Les inégalités en matière d’apprentissage sont avant tout des construits sociaux

L’école, la pratique massive et inégalitaire du soutien scolaire, « l’analyse de ces pratiques doit s’inscrire dans le cadre plus large des mutations que connaît l’éducation ces dernières années, à l’heure où le néolibéralisme conçoit l’éducation comme un marché des compétences et des titres scolaires, valorisables sur le marché de l’emploi ».

En introduction, Erwan Lehoux fournit quelques données sur le soutien scolaire payant, souligne que ce soutien marchand est très largement le fait de familles économiquement aisées ou que « les ressources culturelles jouent également un rôle important ». Lire la suite