Archives de Catégorie: Elements d'alternative

Tahar Etahri : La Commune de Jemna (Tunisie)

Intervention du président de l’association de Jemna, lors de la réunion publique de soutien du 6 décembre 2016 à Paris.

Permettez-moi d’emprunter un titre employé par le Dr Ayman Hussein, en parlant de l’expérience de Jemna : « la Commune de Jemna ». Même si nous ne prétendons pas atteindre quoi que ce soit des réalisations de la Commune de 1871, nous aspirons à suivre les traces de nos ancêtres les Communards.

Avant d’entrer dans le vif du sujet – la gestion et l’auto-financement dans l’expérience de Jemna – je vais vous présenter sommairement l’historique de la palmeraie. Lire la suite

Le nouveau monde qui tarde à apparaitre

La situation semble désespérante. L’offensive des droites et des extrêmes droites occupe l’espace et les esprits. Elle s’étale dans les médias et prétend exprimer la droitisation des sociétés. Il n’en est rien et rien n’est joué. Les sociétés résistent et les contradictions sont à l’œuvre ; ce sont elles qui déterminent l’avenir.

Pour comprendre la situation, repartons de la citation de Antonio Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair obscur surgissent les monstres »1. Lire la suite

Nous ne devons rien ! Nous ne vendons pas ! Nous ne payons pas !

grece4Dans l’introduction, introduction-a-louvrage-les-dispensaires-autogeres-grecs-resistances-et-luttes-pour-le-droit-a-la-sante/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteur-e-s abordent la solidarité, les revendications des droits humains, la création de structures horizontales innovantes, de nouvelles pratiques sociales et solidaires, « Les dispensaires autogérés sont force motrice et espoir pour ceux qui ne renoncent pas à la lutte pour l’émancipation humaine et pour une société plus juste ».

Christine Chalier, Eliane Mandine, Danielle Montel, Bruno Percebois, Jean Vignes exposent la création et les actions du collectif Solidarité France-Grece pour la santé, les rencontres avec la coordination des dispensaires de l’Attique, l’aide aux dispensaires, les délégations en Grèce, les conditions socio-économiques de l’émergences des structures autogérées… Lire la suite

Introduction à l’ouvrage : Les dispensaires autogérés grecs. Résistances et luttes pour le droit à la santé

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

grece4Le mouvement des dispensaires sociaux solidaires grecs n’est pas tombé du ciel.

Il est d’une certaine manière le produit de la tradition politique et sociale de résistance du peuple grec. Résistance à l’occupation nazie, résistance contre les projets britanniques avec la guerre civile de 1946-1949, résistance dans les années ?1960 et 1970 à la dictature des colonels. Résistance aujourd’hui à la troïka et à ses politiques d’austérité. Glezos Manolis, qui avait décroché le drapeau nazi de l’Acropole et qui a été élu en janvier 2015 député de Syriza, incarne le lien entre ces différentes époques. Les dispensaires sociaux solidaires autogérés s’inscrivent dans cette tradition. Lire la suite

Appel à la participation aux 2e Rencontres euro-méditerranéennes de l’économie des travailleur-ses

Usine Vio.Me, Thessalonique, Grèce, 28-29-30 octobre 2016

La première rencontre internationale de l’économie des travailleur-ses s’est tenue en 2007 en Argentine. Elle a réuni des travailleurs et des travailleuses d’usines récupérées et des collectifs de travail, des activistes sociaux et politiques, des syndicalistes et des universitaires. Depuis, ces rencontres internationales se tiennent tout les deux ans et constituent un espace de rencontres, de discussions et de réflexions sur les défis auxquels les travailleur-ses sont confronté-es pour défendre par l’autogestion leurs moyens de subsistance contre les attaques du capitalisme mondialisé. Lire la suite

Pour les luttes urbaines. Les enseignements du mouvement de l’Alma-Gare

À travers une lecture du livre de Paula Cossart et Julien Talpin Lutte urbaine. Participation et démocratie d’interpellation à l’Alma-Gare, Antonio Delfini revient sur la question des luttes urbaines à la lumière de la dite « démocratie participative ».

La thématique des luttes urbaines a connu une fortune contrastée depuis son apparition à la fin des années 1960. Largement investie par la sociologie urbaine marxiste dans les années 1970, elle est peu à peu tombée dans l’oubli, passée de mode. Reprise ensuite par les sociologues des mouvements sociaux notamment au Québec et en Amérique du Sud, elle connaît aujourd’hui un – relatif – renouveau en France à la faveur d’une recrudescence des approches critiques de l’urbanisation capitaliste. Lire la suite

Pour l’émancipation : le droit d’avoir des droits

Posons la question sans détour : pourquoi y a-t-il un droit et un Code du travail ? Cette question a fait couler beaucoup d’encre chez les juristes, avant et après 1910 (date de première compilation du Code), et notamment chez ceux qui se situent dans la tradition du Code civil (1804, un siècle auparavant) sensé régler toutes les relations entre personnes, les litiges sur leurs biens, les problèmes de propriété, les conventions passées, etc. Il n’y avait donc nul besoin, dans cette compréhension, d’un droit spécial pour les relations de travail. Tout au long du 19ème siècle, la Cour de Cassation a cassé des jugements qui semblaient donner une dynamique d’extension collective, ou de généralisation présumée abusive, à des résolutions de conflits du travail. Une fois établi (il a fallu une Révolution) après 1789-1793 que la société est régie par l’égalité et la liberté, que les personnes ne sont plus sous la dépendance d’autres personnes, qu’elles sont libres de commercer, de vendre, de posséder, de contracter dans une relation d’égal à égal, il semblait totalement inimaginable, incongru, impensable, dans une société régie par le libéralisme économique et politique, que des règles spéciales soient prévues pour un groupement social particulier. Les décrets Allarde et la loi Le Chapellier (1791) avaient interdit et puni très sévèrement les corporations anciennes de métier (maîtres et compagnons) ainsi que les coalitions. Nulle médiation ne peut ni ne doit exister entre l’Etat et le peuple. Seules existent les volontés personnelles libres, et cela tombe bien puisque « ce jeu des volontés » pourrait entrer « sublimement en harmonie avec la bienfaisance spontanée du marché » (Jacques Le Goff, professeur de droit public-2004). Dans cette harmonie sociale, toute entorse susceptible de créer du collectif, des groupements de travailleurs ou autres associations est décriée sans ambage comme un « Etat dans l’Etat » (Recueil Dalloz-1864), c’est-à-dire une monstruosité qui doit être réprimée. Lire la suite