Archives de Catégorie: CNDF

Face à la crise les extrêmes droites sont un danger pour les droits des femmes et la justice sociale

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L’égalité parentale, oui ! mais laquelle ? les associations de pères décryptées

Une analyse du Collectif Droits des Femmes80

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lundi 1er juin 2015

Parfois, des pères se perchent sur des grues pour « faire respecter leurs droits ». Mais qui sont réellement ces hommes qui prétendent parler au nom de tous les pères ? Qui clament haut et fort que les femmes veulent les priver de leurs enfants en « inventant » des histoires de violences dont elles seraient victimes ? Qui racontent qu’ils sont discriminés et qui souhaitent que la résidence alternée soit imposée systématiquement en cas de séparation ?

Ces hommes, regroupés dans des associations, expliquent que les pères seraient lésés par rapport aux mères auxquelles on accorderait tout. Leur discours peut « séduire » et faire vibrer la corde sensible : « les pauvres qu’on prive de leurs enfants ». Ils ne sont qu’une poignée et prétendent pourtant parler au nom de tous les hommes ! Ils semblent s’attaquer aux mères mais en réalité c’est à l’ensemble femmes et à leurs droits qu’ils s’attaquent !

Le Collectif Droits Des Femmes 80 propose, dans ce document, un décryptage féministe du discours de ces associations de pères, de leurs principales thématiques d’intervention et des propositions qu’ils portent. Nous souhaitons présenter à chacun-e-s, militant-e-s et organisations des pistes de réflexions et des arguments pour ne pas se laisser convaincre par un discours faussement égalitaire, contradictoire selon nous avec le projet d’émancipation pour toutes et tous que nous portons.

Documents joints

les_associations_de_peres_decryptees.pdf (PDF )- 7.3 Mo

http://collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?

Communiqué de Presse du Collectif Maternité des Lilas : la Maternié des Lilas vit

28 janvier 2012

La maternité des Lilas vivra ! Après un an de mobilisation le personnel de la maternité des lilas peut enfin respirer : l’ARS IDF (Agence Régionale de Santé IDF) vient de mettre fin à la suspension du programme de reconstruction de l’institution sur la commune des lilas. Ce vendredi 27 janvier 2012, dans un courrier adressé à monsieur Daniel Guiraud, Maire des Lilas, Monsieur Claude Evin, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Ile de France, vient d’annoncer la sortie de crise : « une issue (…)

Pourquoi nous sommes contre la Gestation pour Autrui (GPA) ! (recours aux mères porteuses)

Aujourd’hui qu’en est-il de la GPA ?

Notre législation qui s’oppose à la commercialisation du corps humain et qui stipule, sans discussion possible, que « la mère est celle qui accouche » fait barrage au recours à la gestation pour autrui (GPA). Les tenants de la GPA s’emploient donc à faire sauter ces 2 verrous en relançant le débat en sa faveur à chaque révision de la loi de bioéthique. Des associations LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) s’y associent, défendant la GPA comme l’une des réponses à leur demande homoparentale.

Le public, lui, est partagé entre un sentiment de révolte face à ce qui lui semble choquant au plan humain, une tentation compassionnelle vis-à-vis de la dramatisation de l’infertilité et de l’incapacité biologique des hommes à porter un enfant et enfin une sorte d’oblitération critique devant ce qu’on présente, à tort, comme une avancée des méthodes de procréation médicalement assistée (PMA).

La GPA est revendiquée au plan thérapeutique comme palliatif de l’infertilité (sont évoqués les cas de femmes nées sans utérus fonctionnel) mais aussi, de plus en plus, comme demande sociale. Ainsi, le bébé « clef en main » répondrait à une demande homoparentale « gay ». II constituerait une alternative aux procédures d’adoption parfois longues et aléatoires. Enfin, il pourrait satisfaire l’exigence de confort de certaines femmes en épargnant leur carrière et leur physique.

Une régression sociale constatée

Le revers de cette demande est une régression sociale féroce, observée partout où la libéralisation de la GPA s’est instaurée. Une véritable industrie de « location de ventres » et de commerce d’ovocytes se développe ainsi en Inde, en Ukraine et aux USA où des agences proposent une prestation aboutissant à la livraison d’un produit , « un bébé », avec choix sur catalogue des donneuses d’ovocyte en fonction de leur physique, sélection des gestatrices sur leurs performances et procédure juridique organisant la filiation.

Tout y repose sur un dispositif contractuel d’essence libérale qui spécifie les obligations et droits des deux parties : les critères de sélection de la gestatrice, ses obligations tout au long de sa grossesse, les dédommagements financiers, les conséquences de retrait du contrat avant terme… Il est symptomatique d’apprendre que les gestatrices sont, en Inde et en Ukraine, des jeunes femmes pauvres tandis qu’aux USA elles se recrutent parmi les mères au foyer, c’est à dire parmi les femmes sans revenus propres !

Face à ces pratiques perçues comme « choquantes » s’est développée une demande d’encadrement, dite éthique, de la GPA où les conditions d’accès pour les demandeurs/euses et de participation pour les gestatrices seraient fixées, non plus par contrat, mais par la loi. Mais, pour nous, cette démarche « réglementariste » ne saurait faire disparaître l’iniquité fondamentale de la pratique. Il ne faut pas oublier non plus que toute démarche législative d’ouverture de la GPA rendrait de facto cette pratique acceptable socialement.

Une vision de la société que nous ne pouvons partager

Derrière les arguments en faveur de la GPA se profile une vision de la société que, nous féministes et lesbiennes féministes, ne pouvons partager : l’épanouissement de l’individuE passerait par la mise en oeuvre irrépressible d’un projet parental organisé autour de la sublimation du lien génétique. La société devrait s’employer par tout moyen, y compris en légiférant, à satisfaire cette demande, même au prix de l’instrumentalisation d’une partie de nos sociétés, les femmes et de la marchandisation de leur utérus et ovocytes sans égard pour les principes d’égalité et d’équité. Pour y parvenir, on s’appuie sur les ressorts classiques de l’aliénation et de la domination : la glorification de vertus présentées comme « spécifiquement féminines » telles la générosité, l’altruisme, le don de soi, le bonheur et le rayonnement de l’état de grossesse, figeant ainsi les femmes dans ce rôle traditionnel auquel on voudrait les soumettre. Qu’on arrête de jouer les vieux couplets de l’ère patriarcale. !

L’histoire, elle aussi, est convoquée pour tenter de prouver l’enracinement de cette pratique dans notre culture. A l’appui, des cas de dons d’enfant mais qui relèvent à l’analyse, soit de situations de subordination (Sarah et sa servante Agar dans la bible), soit de partage d’autorité parentale (confier un enfant à un couple infertile ou soulager une famille trop nombreuse en prenant en charge l’un des enfants). Qui plus est, ces exemples viennent d’époques où la justification sociale de l’existence des femmes passait par leur capacité de procréation, l’une des impositions du système patriarcal.

Un détournement des luttes féministes

Argument de choc, les gestatrices et fournisseuses d’ovocytes sont libres, avance-t-on, de cette liberté revendiquée par les femmes dans les années 1970. Voici un exemple typique de récupération et de détournement des luttes unitaires féministes. En affirmant « Notre corps nous appartient » il s’agissait alors de lever la contrainte reproductive que la société imposait aux femmes en permettant à toutes de pouvoir accéder à la contraception, à l’avortement gratuit et ainsi maîtriser la maternité. Échapper à cette astreinte devenait un « levier » pour libérer le corps des femmes, support d’oppression sociale et patriarcale. Avec la GPA, pas de volonté de libération collective, mais la mise en avant d’une vision strictement individuelle « chaque mère porteuse est libre de disposer de son corps », argument utilisé pour faire barrage à une réflexion sociale.

D’autres voies sont possibles

Loin de nous l’idée de juger, a fortiori de condamner, les individuEs qui en tant que gestatrices ou en tant que demandeurs/euses entrent, ou sont entréEs, dans un processus de GPA. Nous ne nous positionnons pas en moralistes, nous ne réfléchissons pas au niveau individuel, mais globalement au niveau de la société toute entière. Comme d’autres, ces IndividuEs subissent la pression de la société et le poids de la norme sociale qui imposent la parentalité dans le cadre du couple, de la sacrosainte famille, au besoin modernisée en y incluant le couple homosexuel. Plus que jamais cette norme est à déconstruire.

Ce qui se construit autour de la GPA est significatif de la progression de ’idéologie néolibérale qui, comme le montre Jules Falquet dans son livre « De gré ou de force, les femmes dans la mondialisation », fait de plus en plus entrer les femmes dans le rôle de femmes de service. Service qui se décline maintenant en service à la personne, service sexuel dans la prostitution et ici service procréatif avec la GPA.

De cela nous ne serons jamais ni les alliées, ni les complices

Pourtant, il est envisageable, en ouvrant le champ du possible et avec une vision progressiste de la société, d’envisager d’autres dispositifs ou de promouvoir d’autres pistes plus centrées sur la question du bonheur de l’enfant.

L’adoption plénière accessible à toutes et à tous, aux homosexuels, aux lesbiennes, aux hétérosexuels …, à toute personne qui remplit les conditions énoncées par la loi, sans exigence de fonctionnement en couple ;

La généralisation de l’accès à la PMA pour les femmes ;

La possibilité d’une éducation collective sans appropriation de l’enfant par le biais de l’adoption simple, de l’accès à la coparentalité ou à la beau-parentalité.

Coordination des Associations pour le droit à l‘Avortement et la Contraception (CADAC)

Coordination Lesbienne en France (CLF)

Planning Familial (MFPF)

Oui à la liberté d’expression ! Non à la censure exercée par des groupes qui soutiennent l’exploitation sexuelle !

Dans un billet de son blog « Un monde en partage » daté du 25 février 2010, puis dans l’Humanité du 1er mars 2010, Henriette Zoughebi, alors conseillère régionale d’Ile-de-France et candidate aux élections régionales, signait un texte qui lui vaut aujourd’hui d’être poursuivie en diffamation par le STRASS (syndicat du travail du sexe).

La phrase incriminée est la suivante : « Nous pouvons remercier Sarkozy d’avoir offert aux proxénètes, déguisés en prostitués ou en alliés des prostituées, une clé magique qui leur ouvre toutes les portes, notamment celles du Sénat. » Henriette Zoughebi dénonçait ainsi les groupes ou les personnes qui revendiquent la dépénalisation du proxénétisme ou se présentent publiquement comme des ressources pour des jeunes « qui démarrent dans la prostitution ». En cela, ils facilitent, aident et promeuvent la prostitution d’autrui et commettent des agissements proxénètes.

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Les Droits Des Femmes Dans Tous Leurs États !

Appel à des États Généraux les 3 et 4 décembre 2011

Nous sommes confrontéEs à une offensive sans précédent du gouvernement pour changer en profondeur notre société, balayant les acquis du mouvement ouvrier, de la Résistance, des mouvements sociaux.

La lutte contre la dette est devenue le crédo de nos démocraties occidentales. Quelle dette ? Leur dette ! Pas celle des peuples, pas celle des femmes, pas celle des milieux populaires, mais celle des marchés financiers, cette dette qu’ils veulent nous faire payer afin d’assurer les bénéfices de leurs actionnaires. Leurs subprimes, leurs emprunts toxiques, nous n’avons pas à les payer ! Et pourtant ils le veulent.

Notre société, qui résistait, qui était encore, peu ou prou, fondée sur la solidarité, est aujourd’hui mise au banc des accusé-e-s, faisant, soi-disant, obstacle à l’évolution de l’humanité. Leur évolution de l’humanité qui équivaut au déploiement total de l’initiative privée, contre l’intervention de l’État, contre le collectif, contre la solidarité.

Leur régression organisée, et c’est la démocratie qui est en danger ! Ils s’attaquent aux services publics, opérant un démantèlement minutieux et implacable. Les femmes sont en première ligne pour en subir les conséquences, palliant, à tous les âges de la vie, la double absence d’un service public de la petite enfance et celle d’un service public de prise en charge des personnes âgées. Ou voient des Centres IVG qui ferment dans la foulée dévastatrice de la loi Hôpital Patient Santé Territoire (loi dite Bachelot).

Non contents de cet état de fait, ils s’attaquent aussi aux associations auxquelles ils ont confié des missions de service public comme celles qui soutiennent les femmes victimes de violences. Elles voient ainsi leur spécificité niée et leurs subventions rabotées.

Le développement du chômage, du sous-emploi, des contrats atypiques, de la précarité et de la pauvreté par le biais des politiques ultralibérales touche les femmes en tout premier lieu.

Inutile d’épiloguer, on le sait maintenant : elles sont les plus pauvres, les plus à temps partiel contraint et les moins bien payées. Leurs qualifications ne sont pas reconnues !

Au niveau de la pensée, on voit valoriser des idées qui fleurent mauvais leur pesant de réaction : remise en question de la théorie du genre, promotion du mythe de l’identité nationale. La Droite populaire, tendance créée dans l’UMP pour siphonner, comme en 2007, les voix du FN, flirte dangereusement, avec délectation d’ailleurs, avec les thématiques de ce dernier. Et qui dit réaction, dit en premier lieu remise en cause des droits des femmes, l’Histoire le prouve à chaque instant !

Face à cette volonté de recul de civilisation, de refonte totale de notre société, des voix s’élèvent, s’indignent, s’organisent. Dans de nombreux pays de par le monde, de jeunes générations se lèvent, de jeunes féministes aspirent à reprendre le flambeau de la résistance.

Pour lutter touTEs ensemble, il est essentiel d’analyser minutieusement les effets de cette offensive et d’essayer de cerner au plus près les changements de civilisation à l’oeuvre. Nous avons besoin de réfléchir, d’échanger, d’élaborer. Et de bâtir des résistances.

C’est pour cela que le Collectif National pour les Droits des Femmes appelle à des États Généraux les 3 et 4 décembre 2011.

Toutes et tous ensemble nous élaborerons des Cahiers de doléances qui porteront bien haut nos revendications et seront soumis aux candidatEs à l’élection présidentielle. Nous définirons également des actions et des initiatives nécessaires à la construction de rapports de forces décisifs.

Programme :

Samedi 3 décembre

14h00 Accueil des participant-e-s

14h30 Ouverture des États généraux

15h00-18h30

1 — Violences sexuelles et quasi impunité : un phénomène inéluctable ?

L’actualité médiatique de ces derniers mois a de nouveau montré que les mythes autour des violences faites aux femmes sont largement répandus dans notre société. Faire connaître les violences faites aux femmes dans toute leur complexité, leur typologie et leur signification dans un système sociétal de domination masculine, est encore une tâche à accomplir. Face à cela, force est de constater l’inefficacité et l’absence de volonté du système judiciaire à appréhender les violences dont nous sommes victimes comme elles devraient l’être : des délits et des crimes contre notre intégrité !

2 — À l’heure du tout marchandise, où en est le droit des femmes à disposer de leur corps ?

Dans le système économique ultra libéral actuel cette affirmation ne tient-elle pas de la formule incantatoire ? Il faut encore et toujours se mobiliser pour défendre le droit à l’avortement et à la contraception. Quels centres IVG voulons-nous pour demain ? Les débats autour des questions de bioéthique, et notamment sur les mères porteuses, mettent en évidence les attaques contre le droit des femmes à disposer de leur corps. Le risque de marchandisation des corps, sous prétexte deconsentement et de liberté, est sérieux.

3 — Égalité dans l’emploi : un combat de Sisyphe ? travail, précarité, pauvreté

Malgré des luttes de longue date et les lois successives, le travail salarié des femmes n’est toujours pas pleinement reconnu, leurs qualifications restant considérées le plus souvent comme des qualités naturelles. L’inégalité des salaires et des retraites perdure, accentuée par les temps partiels imposés et les contrats atypiques et précaires. C’est encore à elles et à elles seules que revient de concilier vie familiale et professionnelle, avec la prise en charge des enfants et des personnes dépendantes ou en perte d’autonomie, et le travail dit domestique. Il s’agit bien d’une double journée. La casse des services d’accueil de la petite enfance (crèches, maternelles) et les projets de loi en perspective, sur la perte d’autonomie et la dépendance, annonçant la remise en cause de la Sécurité sociale, freinent encore leur accès à un emploi de qualité et à des salaires décents.

Dimanche 4 décembre

9h00

4 — Les droits des femmes : un enjeu planétaire ?

Si nous nous réjouissons de voir tomber des dictatures par la seule volonté du peuple, nous devons rester vigilantes : les Révolutions arabes en cours doivent s’accompagner de réelles avancées pour les droits des femmes ! Dans le monde des femmes s’organisent pour combattre les dominations et discriminations et exiger leurs droits, le respect de leur dignité, de leur liberté et leur place dans la vie publique.

5 — Féminisme, démocratie, libertés à l’épreuve des extrêmes droites et de l’ordre moral

Conséquence de l’instrumentalisation délibérée par les politiques à l’oeuvre de discours ouvertement racistes et xénophobes, l’extrême droite progresse sans obstacles. Il faut comprendre et analyser la situation pour mieux faire barrage à ce qui représente un danger pour les droits des femmes et la démocratie.

6 — Familles : je vous hais, familles : je vous aime

Longtemps le modèle de la famille, contractualisée par le mariage, a été construit sur la domination masculine. Aujourd’hui, avec ses nouvelles formes, la famille est-elle toujours un lieu de subordination des femmes ? Par ailleurs, longtemps défavorable aux femmes, le mariage a évolué. Toutefois, revendiqué par le mouvement homosexuel au nom de l’égalité des droits, n’est-il pas un retour en arrière, une sorte de désir d’intégration ? Ne renforcerait-il pas le patriarcat et n’oblitèrerait-il pas la revendication des droits individuels, garants de l’autonomie de toutes et tous ?

12h30 : Déjeuner sur place

14h30 : Assemblée plénière

Adoption du cahier de doléances et propositions d’actions

17h30 : Clôture

Échangeons ensemble au cours de ces deux jours d’interventions, de débats, de tables rondes.

Préparons ensemble ces États généraux et ces Cahiers de doléances !

Entrée avec repas le dimanche :

20 €/25 € pour les sympathisant-e-s,- bienfaiteurs-rices/

15 € pour les étudiant-e-s, chômeuses, chômeurs et titulaires du RSA

Entrée sans repas :

10 €/15 € pour les sympathisant-e-s– bienfaiteurs-rices/

5 € pour les étudiant-e-s, chômeuses, chômeurs et titulaires du RSA

S’inscrire à colcadac@club-internet.fr (chèques à l’ordre de la CADAC à envoyer au 21ter rue Voltaire, 75011 Paris).

Manif du 5 novembre : Communiqué de presse

6000 personnes ont manifesté hier à Paris contre les violences faites aux femmes, rassemblées à l’initiative du Collectif national pour les Droits des Femmes et de plus de 60 organisations signataires, associations féministes, syndicats et partis politiques de gauche et d’extrême gauche.

Avec les affaires DSK, Tron et Mahéas, est apparue au grand jour, après 40 ans de luttes des féministes contemporaines, les entraves, que nous connaissions, à la prise en compte des violences faites aux femmes en France. L’expression d’un sexisme décomplexé, l’ignorance des conséquences de ces violences, la suspicion récurrente contre les victimes, ont provoqué l’indignation des féministes et avec elles d’un grand nombre de personnes en France. Parallèlement, se manifestent des résistances évidentes à l’application de la loi du 9 juillet 2010, dernière en date des lois contre les violences obtenues grâce à la mobilisation des féministes.

C’est pour réagir de façon unitaire et massive contre cette situation que cette manifestation s’est déroulée de la Bastille à Matignon. Nous avions demandé un rendez vous au Premier Ministre . Cette demande n’a pas été honorée, nous la réitérons : la lutte contre les violences n’est pas un fait divers, c’est un phénomène sociétal qui s’appuie sur toutes les inégalités exercées à l’encontre des femmes. Elles doivent être « traitées » au plus haut niveau.

Surtout nos revendications restent entières : une loi cadre, comme en Espagne, un contrôle de l’application des lois sur les violences par le biais de la création d’une commission de contrôle multipartite : pouvoirs publics, parlementaires et associations, et que les associations féministes de soutien aux victimes conservent les missions de service public qui leur sont conférées avec notamment une augmentation de leurs moyens financiers. Nous revendiquons en outre des mesures qui ont trait à l’amélioration de la loi du 9 juillet 2010.

La lutte contre les violences faites aux femmes est un enjeu de démocratie dans notre société. Elle continuera tant que ces violences seront perpétrées.

Collectif national pour les droits des femmes