Archives de Catégorie: CNDF

Violences faites aux femmes : Une loi à minima

La montagne a-t-elle accouché d’une souris ? C’est avec tambours et trompettes que l’on nous annonçait depuis le 25 novembre dernier une énième loi contre les violences sexistes et sexuelles. Celle ci devait comprendre, entre autres, une présomption de non consentement à un acte sexuel pour un.e mineur.e de 15 ans. Or dans les faits on découvre que cette présomption s’est transformée en un ajout à l’article réprimant le viol qui stipule que « la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de l’abus de l’ignorance de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire pour consentir à ces actes. » Lire la suite

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Communiqué de presse du CNDF  contre la proposition de loi 307 sur la « garde » alternée – Plus autre communiqué

Une proposition de loi n°307 sur le principe de garde alternée a été déposée le 17 Octobre à l’Assemblée Nationale. Elle sera proposée en première lecture le 30 Novembre 2017.

http://www2.assembleenationale.fr/documents/notice/
15/propositions/pion0307/(index)/depots

Co-signée à la grande majorité par des député-es du MoDem, dont les deux tiers sont des hommes, cette proposition de loi n° 307 nous rappelle jusqu’au mot près l’article 7 de la proposition de Loi nommée « Autorité Parentale et Intérêt de l’Enfant » ou A.P.I.E , contre laquelle nous nous étions battu-es en 2014, et qui, une fois amendée et votée, est restée en suspens au Sénat : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0371.asp

Cette proposition, si l’on ne tient pas compte de la complexité des contextes, peut apparaître comme une proposition tout à fait juste : un enfant, dans l’absolu, a besoin de l’amour et des soins de ses deux parents et cela permettrait de partager les « tâches éducatives » à égalité 

Avec la loi actuellement en cours l’enfant dispose d’un lieu de résidence principale chez l’un des parents, et peut voir l’autre régulièrement grâce au principe du droit de visite, c’est la situation la plus courante. Lire la suite

Violences faites aux femmes : Communiqué du Collectif National pour les Droits des Femmes

2017, mois d’Octobre, plus de 95 femmes sont mortes depuis le début de l’année sous les coups de leur conjoint ou leur ex-conjoint.

2017, mois d’Octobre, la télévision publique diffuse un téléfilm et un débat sur le viol. Le public apprend que la parole des victimes n’est souvent pas prise en compte, qu’il existe dans nombre de cas une correctionnalisation du viol, (le viol, un crime, doit être jugé aux Assises et non en Correctionnelle) Lire la suite

Face à la crise les extrêmes droites sont un danger pour les droits des femmes et la justice sociale

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L’égalité parentale, oui ! mais laquelle ? les associations de pères décryptées

Une analyse du Collectif Droits des Femmes80

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lundi 1er juin 2015

Parfois, des pères se perchent sur des grues pour « faire respecter leurs droits ». Mais qui sont réellement ces hommes qui prétendent parler au nom de tous les pères ? Qui clament haut et fort que les femmes veulent les priver de leurs enfants en « inventant » des histoires de violences dont elles seraient victimes ? Qui racontent qu’ils sont discriminés et qui souhaitent que la résidence alternée soit imposée systématiquement en cas de séparation ?

Ces hommes, regroupés dans des associations, expliquent que les pères seraient lésés par rapport aux mères auxquelles on accorderait tout. Leur discours peut « séduire » et faire vibrer la corde sensible : « les pauvres qu’on prive de leurs enfants ». Ils ne sont qu’une poignée et prétendent pourtant parler au nom de tous les hommes ! Ils semblent s’attaquer aux mères mais en réalité c’est à l’ensemble femmes et à leurs droits qu’ils s’attaquent !

Le Collectif Droits Des Femmes 80 propose, dans ce document, un décryptage féministe du discours de ces associations de pères, de leurs principales thématiques d’intervention et des propositions qu’ils portent. Nous souhaitons présenter à chacun-e-s, militant-e-s et organisations des pistes de réflexions et des arguments pour ne pas se laisser convaincre par un discours faussement égalitaire, contradictoire selon nous avec le projet d’émancipation pour toutes et tous que nous portons.

Documents joints

les_associations_de_peres_decryptees.pdf (PDF )- 7.3 Mo

http://collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?

Communiqué de Presse du Collectif Maternité des Lilas : la Maternié des Lilas vit

28 janvier 2012

La maternité des Lilas vivra ! Après un an de mobilisation le personnel de la maternité des lilas peut enfin respirer : l’ARS IDF (Agence Régionale de Santé IDF) vient de mettre fin à la suspension du programme de reconstruction de l’institution sur la commune des lilas. Ce vendredi 27 janvier 2012, dans un courrier adressé à monsieur Daniel Guiraud, Maire des Lilas, Monsieur Claude Evin, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Ile de France, vient d’annoncer la sortie de crise : « une issue (…)

Pourquoi nous sommes contre la Gestation pour Autrui (GPA) ! (recours aux mères porteuses)

Aujourd’hui qu’en est-il de la GPA ?

Notre législation qui s’oppose à la commercialisation du corps humain et qui stipule, sans discussion possible, que « la mère est celle qui accouche » fait barrage au recours à la gestation pour autrui (GPA). Les tenants de la GPA s’emploient donc à faire sauter ces 2 verrous en relançant le débat en sa faveur à chaque révision de la loi de bioéthique. Des associations LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) s’y associent, défendant la GPA comme l’une des réponses à leur demande homoparentale.

Le public, lui, est partagé entre un sentiment de révolte face à ce qui lui semble choquant au plan humain, une tentation compassionnelle vis-à-vis de la dramatisation de l’infertilité et de l’incapacité biologique des hommes à porter un enfant et enfin une sorte d’oblitération critique devant ce qu’on présente, à tort, comme une avancée des méthodes de procréation médicalement assistée (PMA).

La GPA est revendiquée au plan thérapeutique comme palliatif de l’infertilité (sont évoqués les cas de femmes nées sans utérus fonctionnel) mais aussi, de plus en plus, comme demande sociale. Ainsi, le bébé « clef en main » répondrait à une demande homoparentale « gay ». II constituerait une alternative aux procédures d’adoption parfois longues et aléatoires. Enfin, il pourrait satisfaire l’exigence de confort de certaines femmes en épargnant leur carrière et leur physique.

Une régression sociale constatée

Le revers de cette demande est une régression sociale féroce, observée partout où la libéralisation de la GPA s’est instaurée. Une véritable industrie de « location de ventres » et de commerce d’ovocytes se développe ainsi en Inde, en Ukraine et aux USA où des agences proposent une prestation aboutissant à la livraison d’un produit , « un bébé », avec choix sur catalogue des donneuses d’ovocyte en fonction de leur physique, sélection des gestatrices sur leurs performances et procédure juridique organisant la filiation.

Tout y repose sur un dispositif contractuel d’essence libérale qui spécifie les obligations et droits des deux parties : les critères de sélection de la gestatrice, ses obligations tout au long de sa grossesse, les dédommagements financiers, les conséquences de retrait du contrat avant terme… Il est symptomatique d’apprendre que les gestatrices sont, en Inde et en Ukraine, des jeunes femmes pauvres tandis qu’aux USA elles se recrutent parmi les mères au foyer, c’est à dire parmi les femmes sans revenus propres !

Face à ces pratiques perçues comme « choquantes » s’est développée une demande d’encadrement, dite éthique, de la GPA où les conditions d’accès pour les demandeurs/euses et de participation pour les gestatrices seraient fixées, non plus par contrat, mais par la loi. Mais, pour nous, cette démarche « réglementariste » ne saurait faire disparaître l’iniquité fondamentale de la pratique. Il ne faut pas oublier non plus que toute démarche législative d’ouverture de la GPA rendrait de facto cette pratique acceptable socialement.

Une vision de la société que nous ne pouvons partager

Derrière les arguments en faveur de la GPA se profile une vision de la société que, nous féministes et lesbiennes féministes, ne pouvons partager : l’épanouissement de l’individuE passerait par la mise en oeuvre irrépressible d’un projet parental organisé autour de la sublimation du lien génétique. La société devrait s’employer par tout moyen, y compris en légiférant, à satisfaire cette demande, même au prix de l’instrumentalisation d’une partie de nos sociétés, les femmes et de la marchandisation de leur utérus et ovocytes sans égard pour les principes d’égalité et d’équité. Pour y parvenir, on s’appuie sur les ressorts classiques de l’aliénation et de la domination : la glorification de vertus présentées comme « spécifiquement féminines » telles la générosité, l’altruisme, le don de soi, le bonheur et le rayonnement de l’état de grossesse, figeant ainsi les femmes dans ce rôle traditionnel auquel on voudrait les soumettre. Qu’on arrête de jouer les vieux couplets de l’ère patriarcale. !

L’histoire, elle aussi, est convoquée pour tenter de prouver l’enracinement de cette pratique dans notre culture. A l’appui, des cas de dons d’enfant mais qui relèvent à l’analyse, soit de situations de subordination (Sarah et sa servante Agar dans la bible), soit de partage d’autorité parentale (confier un enfant à un couple infertile ou soulager une famille trop nombreuse en prenant en charge l’un des enfants). Qui plus est, ces exemples viennent d’époques où la justification sociale de l’existence des femmes passait par leur capacité de procréation, l’une des impositions du système patriarcal.

Un détournement des luttes féministes

Argument de choc, les gestatrices et fournisseuses d’ovocytes sont libres, avance-t-on, de cette liberté revendiquée par les femmes dans les années 1970. Voici un exemple typique de récupération et de détournement des luttes unitaires féministes. En affirmant « Notre corps nous appartient » il s’agissait alors de lever la contrainte reproductive que la société imposait aux femmes en permettant à toutes de pouvoir accéder à la contraception, à l’avortement gratuit et ainsi maîtriser la maternité. Échapper à cette astreinte devenait un « levier » pour libérer le corps des femmes, support d’oppression sociale et patriarcale. Avec la GPA, pas de volonté de libération collective, mais la mise en avant d’une vision strictement individuelle « chaque mère porteuse est libre de disposer de son corps », argument utilisé pour faire barrage à une réflexion sociale.

D’autres voies sont possibles

Loin de nous l’idée de juger, a fortiori de condamner, les individuEs qui en tant que gestatrices ou en tant que demandeurs/euses entrent, ou sont entréEs, dans un processus de GPA. Nous ne nous positionnons pas en moralistes, nous ne réfléchissons pas au niveau individuel, mais globalement au niveau de la société toute entière. Comme d’autres, ces IndividuEs subissent la pression de la société et le poids de la norme sociale qui imposent la parentalité dans le cadre du couple, de la sacrosainte famille, au besoin modernisée en y incluant le couple homosexuel. Plus que jamais cette norme est à déconstruire.

Ce qui se construit autour de la GPA est significatif de la progression de ’idéologie néolibérale qui, comme le montre Jules Falquet dans son livre « De gré ou de force, les femmes dans la mondialisation », fait de plus en plus entrer les femmes dans le rôle de femmes de service. Service qui se décline maintenant en service à la personne, service sexuel dans la prostitution et ici service procréatif avec la GPA.

De cela nous ne serons jamais ni les alliées, ni les complices

Pourtant, il est envisageable, en ouvrant le champ du possible et avec une vision progressiste de la société, d’envisager d’autres dispositifs ou de promouvoir d’autres pistes plus centrées sur la question du bonheur de l’enfant.

L’adoption plénière accessible à toutes et à tous, aux homosexuels, aux lesbiennes, aux hétérosexuels …, à toute personne qui remplit les conditions énoncées par la loi, sans exigence de fonctionnement en couple ;

La généralisation de l’accès à la PMA pour les femmes ;

La possibilité d’une éducation collective sans appropriation de l’enfant par le biais de l’adoption simple, de l’accès à la coparentalité ou à la beau-parentalité.

Coordination des Associations pour le droit à l‘Avortement et la Contraception (CADAC)

Coordination Lesbienne en France (CLF)

Planning Familial (MFPF)