Archives de Catégorie: Histoire

Au nom du sang et de la race… des crimes contre l’humanité

Je commence par un pas de côté. Maxime Rodinson indiquait que le rôle d’une religion en tant qu’idéologie (mobilisatrice ou non) ne peut-être pensé indépendamment des rapports sociaux et de leurs perceptions.

Mais cela ne signifie pas que les constructions intellectuelles des justifications (politiques ou non) des actes soient mécaniquement déterminés par ces mêmes rapports sociaux.

Il convient donc d’analyser dans le détail les supports, pensés/imaginés/inventés ou écrits, des mobilisations et des actions. Qu’en est-il des fondements de la pensée et de l’agir des nazis ? Lire la suite

2017 – Le Carnet de Janina

C’est l’histoire d’un carnet, et du combat d’une femme.

Janina n’a que douze ans en 1943, lorsqu’elle écrit un carnet qui raconte son enfance dans la guerre, alors qu’elle vient de s’enfuir d’un camp de concentration. Ce texte est publié à Cracovie, en 1946, dans l’urgence des témoignages d’après-guerre, puis il sombre dans l’oubli.

Le carnet est retrouvé au début des années 2000 et commence à être traduit aux quatre coins de l’Europe. Alors que Janina, désormais âgée de 83 ans, a lutté toute sa vie pour faire passer des messages de paix en Israël – sans trouver beaucoup d’échos – la résurrection de son carnet offre un nouveau souffle à son combat pour la cause palestinienne. Lire la suite

Planche de salut et laboratoire social

Il est minuit dans le siècle. Cherchant à échapper à la nasse qui se referme, les réfugiés affluent à Marseille, alors en zone « nono » où la botte nazie a, momentanément, délégué à son vassal maréchaliste le soin de faire régner son ordre. David Rousset synthétise la situation européenne du temps par une formule choc : « Auschwitz et Marseille sont alors les seules portes ouvertes de l’Europe1» Lire la suite

Le silence sur les maux et les mots qui autorisent les violences sexuelles

« Reconnaître la violence masculine signifie faire front aux structures mêmes d’une société patriarcale, et remettre en question une idée des relations entre les sexes et de la famille basées sur l’amour et le respect ». Patricia Romito citée par Sabine Lambert

Reconnaître la violence masculine, l’historiciser et la contextualiser, l’insérer dans les rapports sociaux de sexe et dans l’exploitation/domination – en prenant en compte les formes toujours particulières de l’imbrication des rapports sociaux (la notion même de rapports sociaux doit-être historicisée ; les relations sociales ne sont pas équivalentes dans les sociétés où les individu-e-s sont hiérarchisé-e-s en fonction de leur statut et dans les sociétés où les individus sont théoriquement « libres »), dé-naturaliser la « famille », l’« amour », la « passion », la « jalousie » et l’ensemble des constructions sociales qui permettent/renforcent/réorganisent le système « patriarcal »… Lire la suite

Pour une vision renouvelée de la période des grèves de 1947

« Fin 1947, la France de l’après-Libération est secouée par une vague de grèves qui se développe et se clôt abruptement. Inclassable, ce conflit social, aux nombreuses implications politiques, est parmi les plus âpres du 20e siècle en France.

Tout commence à Marseille par l’arrestation, en novembre, de quatre militants de la CGT alors qu’enfle la protestation contre l’augmentation du prix des tramways. Les incidents s’enchaînent alors dans la cité phocéenne ; le Palais de justice est pris d’assaut après la décision judiciaire qui maintient les inculpés en prison. La journée se termine tragiquement : des « nervis » mitraillent les manifestants qui mettent à sac les boîtes de nuit du quartier chaud. Vincent Voulant, un jeune ouvrier, est tué. La grève se propage rapidement dans la région marseillaise. Dans les jours qui suivent, les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais arrêtent également le travail et, bientôt, de nombreuses régions industrielles sont touchées. Le mouvement, ponctué de nombreux affrontements, ne prend fin que le 10 décembre.

Grâce à un accès inédit aux archives du Parti communiste et à celles de Jules Moch, le ministre de l’intérieur socialiste de l’époque, le livre éclaire les événements de l’année 1947, celle de l’expulsion des ministres communistes du gouvernement et des grèves ouvrières emmenées par la CGT et dans lesquelles certains ont voulu voir une tentative insurrectionnelle alors que commence la Guerre froide. » Lire la suite

Pour le seul motif d’être désigné-e-s juifs ou tsiganes…

Pour Henri et Irène

« Le SS-Sammmellager für Juden, établi dans la caserne Dossin à Malines, est l’antichambre de la mort. C’est le seul camp de rassemblement pour déportés raciaux en Belgique et dans le Nord de la France »

« 25 628 déportés, 24 273Juifs et 354 Tsiganes, âgés de 39 jours à 93 ans, sont envoyés de ce lieu à Auschwitz-Birkenau ». Plus de 15 700 Juifs furent assassinés immédiatement après leur débarquement des trains.

« La dernière trace qu’ils laissent dans l’histoire est leur nom sur les Transportlisten, les listes de déportation ». Lire la suite

Occultations et déformations dans l’histoire écrite au masculin

« Il est plus que temps de dénoncer une histoire qui s’écrirait sans les femmes, et d’affirmer ensuite la possibilité d’une histoire des femmes »

Dans son avant-propos, Geneviève Fraisse ajoute « Le réel de la vie des femmes, les représentations imaginaires de la différence des sexes ont alimenté la construction du sujet femme, de l’actrice de l’histoire, de l’individu féministe »… Lire la suite