Archives de Catégorie: International

Nous sommes tous des Rifains !

Alors qu’un mouvement populaire dans le nord du Maroc, qui se bat pour la justice sociale, la dignité et la liberté est durement réprimé, on ne peut qu’être révoltés par la complaisance du gouvernement français avec le régime de Mohamed VI. Lire la suite

Aînés versus réfugiés : faux dilemme

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Il fallait s’y attendre, l’arrivée de quelques centaines de réfugié·e·s d’origine haïtienne ces derniers jours soulève les passions. Notre frontière serait un panier percé, les réfugié·e·s, des tricheurs qui passent devant tout le monde, et les Québécois·es, de sympathiques paillassons incapables d’imposer leurs limites. Bref, on s’en fait beaucoup pour bien peu.

Ce trop-plein d’émotivité s’exprime sur les médias sociaux par la création d’une fausse opposition entre le coût que représente l’arrivée de réfugié·e·s et le sous-financement des soins consentis aux aîné·e·s. L’idée est simple : avant de prendre soin des autres, il faudrait d’abord prendre soins des nôtres !

Une telle affirmation résiste-t-elle à l’analyse ? Lire la suite

Être un paysan indien aujourd’hui : abattu pour avoir réclamé un allègement de sa dette

Un district méconnu du centre de l’Inde est soudainement devenu l’endroit où il faut être vu pour de nombreux politiciens et journalistes de ce vaste pays. Malheureusement, cet intérêt ne s’est finalement éveillé qu’au prix de vies humaines. Les paysans de l’État du Madhya Pradesh ont commencé le 1er juin dernier à réclamer de meilleurs prix pour leurs récoltes et un allègement de leur dette. Ces manifestations ne sont pas surprenantes : aux quatre coins du pays, les paysans se sont régulièrement soulevés au cours de ces dernières années pour exiger des prix agricoles plus élevés et une diminution de leur dette. Les paysans indiens sont désespérés, plus de 300 0001 d’entre eux se sont suicidés en raison du fardeau de la dette. La différence cette fois-ci tient au fait que les paysans, au fil de leurs protestations, sont devenus militants et pour les faire taire, l’administration a imposé un couvre-feu. Incapable de le faire respecter, la police a ouvert le feu sur les manifestants et a tué cinq paysans. Un autre est mort sous les coups de lathi (bâton). À cette barbarie s’ajoute le fait que 45 plaintes ont été déposées contre les paysans en colère, mais aucunes contre les policiers qui ont abattu de sang-froid les six manifestants. Des reportages dans les médias font par ailleurs état d’instructions claires d’utiliser la force maximale contre les protestataires.

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Géographie des drogues illégales et distribution asymétrique du pouvoir, des richesses et des revenus

Michel Gandilhon propose un hommage à Alain Labrousse. J’en souligne quelques éléments, la coca comme étendard du réveil du monde indien et la cocaïne comme drogue-symbole des années du néolibéralisme, les politiques instrumentalisant les drogues pour disqualifier les « ennemis politiques » et masquer de classiques intérêts de domination, l’impact des phénomènes criminels liés au trafic de drogues… Lire la suite

Ubus Rois. Les deux dingos

(Nouveau-Théâtre – 15, rue Blanche – Paris 9° — 10 Août 2017)

On donnait le 10 Décembre 1896, au Nouveau-Théâtre, ancien nom de l’Opéra-Bouffe, rue Blanche à Paris, la première représentation de Ubu Roi, pièce d’Alfred Jarry. On considère toujours aujourd’hui Ubu Roi comme le précurseur du mouvement surréaliste, du théâtre de l’absurde où se mêlent provocation, parodie et comique d’angoisse. Va-t-on le rejouer aujourd’hui ?
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Ni trafiquants, ni délinquants : défense des droits humains

Nos organisations s’inquiètent de la décision rendue par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence ce mardi 8 août condamnant Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis. Ce jugement ouvre la voie à la condamnation de multiples personnes dont la seule motivation est de porter assistance aux personnes migrantes et réfugiées sans autre contrepartie que de voir les droits humains respectés. Lire la suite

Les yeux, demain, pourront toujours profiter de la splendeur des orchidées

Dans son introduction, « Par-delà la superbe des grands arbres abattus par la tempête… » – Benjamin Péret et la Commune noire des Palmares, Robert Ponge explique comment et pourquoi l’auteur choisit d’écrire sur les Palmares. Il présente aussi le parcours de « Benjamin l’impossible », sa participation « au combat historique pour émanciper l’humanité de toutes les formes d’oppression et d’exploitation politiques et sociales », l’intérêt des surréalistes pour les cultures précolombiennes, les pouvoirs qui sommeillent chez les vaincus de l’histoire, la liberté dans la perspective des opprimé-e-s…

« L’existence des Palmares et l’héroïsme du combat des Noirs contestent les versions lénifiantes de l’histoire du Brésil, soulèvent des questions-clés : l’essence esclavagiste du passé brésilien, la violence de la domination des maîtres, la constante résistance des esclaves » Lire la suite