Le droit de légitime défense : entre l’Ukraine et la Palestine 

Les pays occidentaux se sont tous opposés à l’invasion russe en Ukraine et reconnaissent le droit à la légitime défense des ukrainien·nes. Or ce même droit n’est pas reconnu quand il s’agit des Palestiniens vis-à-vis de l’occupation israélienne.

Depuis que les forces russes ont envahi l’Ukraine le 24 février, les combats se poursuivent toujours à proximité de la capitale ukrainienne dans le but d’en prendre le contrôle et d’obtenir un changement de régime, selon les médias et les responsables occidentaux. Les pays de l’Occident ont largement pris position contre l’invasion russe de l’Ukraine, en mettant en place une série de sanctions économiques sans précédent contre la Russie. En plus d’envoyer du matériel militaire et des armes pour soutenir l’armée ukrainienne, la Grande-Bretagne a également soutenu le président ukrainien, lequel a appelé tous les volontaires à venir combattre aux côtés de ses forces armées pour défendre l’Ukraine. Continuer à lire … « Le droit de légitime défense : entre l’Ukraine et la Palestine « 

Syrie : Reconstruire un projet de libération

Face à un régime qui tente de se normaliser sur la scène internationale, les forces progressistes affaiblies par 11 ans de guerre doivent s’appuyer sur des modèles de luttes internationalistes.

Plus de 11 ans après le début du soulèvement populaire qui s’est transformé en une guerre sanglante impliquant de multiples acteurs régionaux et internationaux, le régime syrien contrôle aujourd’hui près de 70 % du territoire syrien. 
Dans le même temps, le processus de normalisation du régime syrien progresse à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le voyage de Bachar el-Assad aux Émirats arabes unis (EAU) en mars 2022 en fait partie. C’était sa première visite dans un pays de la région depuis l’éclatement du soulèvement en 2011. 
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Shireen Abu Aqleh, journaliste palestinienne assassinée par Israël : des sanctions s’imposent (+ autres textes)

Ce matin, mercredi 11 mai, à Jénine, Israël a franchi un pas supplémentaire dans la violation permanente du droit et dans les crimes de guerre : Shireen Abu Aqleh, journaliste américano-palestinienne de 51 ans a été assassinée par l’armée israélienne d’une balle en pleine tête.

Un nombre important de soldats de l’armée d’occupation avaient pris d’assaut la ville de Jénine et bouclé une maison pour arrêter un jeune Palestinien. Des confrontations avec des dizaines de jeunes palestiniens s’en sont suivies. Shireen Abu Aqleh qui portait un gilet pare-balle barré du mot « PRESS » a été touchée par une balle réelle à la tête. Elle est décédée. Continuer à lire … « Shireen Abu Aqleh, journaliste palestinienne assassinée par Israël : des sanctions s’imposent (+ autres textes) »

Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta (+ textes de Hagai El-Ad, de Amira Hass, de David Shulman)

  • Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta
  • Hagai El-Ad : Une autre phase de la Nakba palestinienne, avec l’approbation de la Justice israélienne
  • Amira Hass : Les juges de la Haute Cour savent qu’Israël ne fera pas l’objet de sanctions au sujet des expulsions de Masafer Yatta
  • David Shulman : Message urgent des collines du sud d’Hébron
  • Manifestation d’urgence – Arrêtez les déplacements forcés à Masafer Yatta (zone de tir 918).


ICAHD

Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta

Le Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons (Icahd) condamne la décision de la cour suprême israélienne ouvrant droit au transfert forcé de palestiniens de leurs maisons et de leurs terres dans la région cisjordanienne de Masafer Yatta Continuer à lire … « Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta (+ textes de Hagai El-Ad, de Amira Hass, de David Shulman) »

Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy)

[Le dimanche 17 avril, des dizaines de policiers des forces spéciales israéliennes ont piégé des fidèles musulmans, observant le Ramadan, dans des salles de prière de la mosquée Al-Aqsa, faisant de nombreux blessés. De plus, des militants israéliens d’extrême droite et des colons, protégés par les forces lourdement armées, ont pris d’assaut Al-Aqsa pour, affirmaient-ils, marquer la fête de la Pâque juive. Cela s’inscrit dans l’exigence de certains de détruire la mosquée, dans la perspective de faire place à un « troisième temple ». Cette répression et agression donnaient suite à la tentative violente, le vendredi 15 avril, d’expulser des fidèles musulmans de la mosquée. La collusion entre les forces de répression israéliennes et les provocations des colons et autres intégristes donnent tout leur sens à la demande faite par le député Ayman Odeh : un refus de toute collaboration de policiers « arabes israéliens » à participer au système de répression de l’occupant. Les racines de la brutalité avec laquelle les «acteurs juifs du pouvoir occupant» ont réagi à cette déclaration sont exposées par l’auteure, Orly Noy, de l’article publié ci-dessous. Réd.A l’Encontre]

Dimanche soir 10 avril, le président de la Liste unifiée Ayman Odeh [député de la Knesset depuis le 31 mars 2015, réélu en 2019, 2020 et 2021] a publié une vidéo sur sa page Facebook en l’honneur du Ramadan, dans laquelle il se tenait à la Porte de Damas de la vieille ville de Jérusalem, appelant les policiers arabes en Israël à jeter leurs armes et à quitter leur travail. Ce faisant, il a réveillé de nombreux démons – dont aucun n’était vraiment endormi. Continuer à lire … « Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy) »

Des détenu·e·s malades qu’on abandonne, sur fond de crise de l’impunité pour les dénis meurtriers d’accès aux soins

Les autorités carcérales iraniennes portent atteinte au droit à la vie de manière choquante, en privant délibérément de soins de santé vitaux des détenu·e·s malades, et en refusant d’enquêter sur les morts en détention résultant d’actes illégaux et d’amener les responsables présumés à rendre des comptes, a déclaré Amnesty International mardi 12 avril. Dans un nouveau rapport, intitulé In death’s waiting room: Deaths in custody following deliberate denial of medical care in Iran’s prisons, l’organisation montre que les autorités carcérales causent régulièrement des décès en prison ou y contribuent, notamment en bloquant ou en retardant l’accès des détenu·e·s à une hospitalisation en urgence.

Conformément à des pratiques profondément ancrées dont découle une impunité systématique en Iran, les autorités continuent à refuser de diligenter la moindre enquête indépendante et transparente sur les morts en détention qui auraient été précédées d’un refus de soins, et ne font pas le nécessaire pour que les personnes soupçonnées d’être pénalement responsables soient poursuivies et sanctionnées. Continuer à lire … « Des détenu·e·s malades qu’on abandonne, sur fond de crise de l’impunité pour les dénis meurtriers d’accès aux soins »

Drôle de temps, ami

J’ai cherché pendant longtemps une image de l’exil. Une image qui engloberait toutes les définitions de l’exil.

Une image de l’exilé. Un mot, un tableau, un vers, une photo qui viendrait rassembler tous les visages de ceux qui ont quitté un jour leur pays sans regarder derrière eux avec la culpabilité de celui qui laisse mourir en silence un malade sur son lit.

J’ai ouvert des livres pour ça : des romans écrits par d’autres, des recueils de poèmes, des contes.

J’ai regardé attentivement pendant des heures des films qui faisaient vivre ou revivre ceux qui ont dû abandonner la terre natale. J’ai aussi regardé des documentaires sur les réfugiés, les immigrés, les clandestins, les sans-papiers pour comprendre ce qui pouvait tous nous réunir. J’ai trouvé un jour ce vers de Rûmî, au commencement du Mesnevi : « Écoute la plainte de la flûte qui se sépare du roseau ». La séparation est à l’origine du chant. L’exilé séparé de son origine, de son pays peut se métamorphoser en chant comme le ney, cette flute iranienne, au son étouffé et plaintif. Continuer à lire … « Drôle de temps, ami »

Les femmes palestiniennes et la souveraineté territoriale

Le conflit pour la terre constitue un axe central de la vie des peuples. La terre est la principale source de ressources naturelles et est l’espace sur lequel la vie des sociétés humaines a évolué. La connexion avec la terre est une relation objective pertinente au développement et à la continuité de nos vies, que ce lien soit direct et quotidien par le travail et l’investissement sur la terre, ou indirect. Le lien avec la terre est présent sur les plans politique, économique et social, là où la question de la souveraineté territoriale occupe une place prépondérante dans les conflits locaux, nationaux et internationaux.

Les puissances capitalistes et coloniales cherchent à contrôler la terre par tous les moyens. Ils utilisent une variété de méthodes brutales telles que les guerres, les massacres, les sièges, les sanctions, les pressions, les bases militaires et les politiques économiques menées par des cartels capitalistes tels que la Banque mondiale. Tout cela s’accompagne de méthodes de contrôle et de domination des peuples, appauvris et transformés en outils au service des intérêts et des ambitions coloniales et capitalistes.

D’autre part, la lutte se poursuit pour une transformation révolutionnaire basée sur l’égalité, le droit à l’autodétermination et à la souveraineté, et sur l’élimination de toute forme d’oppression et de discrimination, pour le bien d’un monde dans lequel prévaut la justice. De toute évidence, les femmes mènent cette lutte en tant que compagnes et leaders, à un moment où leurs souffrances dues à diverses formes de persécution et de discrimination sont multipliées par le pouvoir des structures patriarcales régnantes. Continuer à lire … « Les femmes palestiniennes et la souveraineté territoriale »

Au Liban, un féminisme radical « de survie »

Affublée d’une réputation peu enviable comme étant la ville la plus pauvre, la plus conservatrice et la plus dangereuse du pays, Tripoli fait peur. Pourtant, la deuxième ville du Liban a émergé comme place forte d’un mouvement révolutionnaire combatif lors de la révolution (« Thawra ») de 2019, obtenant même le surnom glorieux d’« épouse de la révolution ». Les revendications féministes des révolutionnaires ont secoué Tripoli, ressuscitant son passé progressiste.

Ancienne capitale culturelle sous l’empire Ottoman (1516-1918), la capitale du Nord a été supplantée et marginalisée par Beyrouth depuis le mandat français (1918-1946) et le régime politique qui l’a suivi, opposé au panarabisme et au communisme que prônaient de nombreux.ses Tripolitain.e.s. Après la guerre civile (1975-1990), la population exsangue a été oubliée par l’État central, renforçant un système politique néolibéral et confessionnel. Je suis allé à la rencontre de deux féministes qui, en adoptant des approches différentes, dénoncent la « guerre économique faite aux femmes » par un patriarcat capitaliste et religieux. Continuer à lire … « Au Liban, un féminisme radical « de survie » »

La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass)

La réponse d’Israël à une série d’attaques meurtrières à Be’er Sheva, Hadera et Bnei Brak au cours des deux dernières semaines était aussi prévisible que malveillante. Jusqu’à présent, les autorités semblent croire que les quatre assaillants palestiniens – trois citoyens d’Israël et un résident de Cisjordanie – ont agi de leur propre chef et sans le soutien d’une organisation, bien que les trois premiers se soient identifiés à l’État islamique. Cela n’a pas empêché les autorités de réagir selon leur habitude.

Dans les jours qui ont suivi, la police a intensifié ses patrouilles dans les villes arabes d’Israël, a procédé à des interpellations de citoyens palestiniens dans les quartiers et les espaces publics juifs et a pris des mesures contre les Palestiniens travaillant en Israël sans permis. Plusieurs municipalités ont ordonné aux entreprises de construction de ne plus employer d’ouvriers palestiniens, tandis que certaines écoles israéliennes ont demandé au personnel d’entretien arabe de ne travailler qu’après le retour des élèves. Parallèlement aux raids menés en Cisjordanie, les soldats ont empêché les travailleurs palestiniens d’entrer en Israël par les parties ouvertes de la barrière de séparation, qui, pendant des années, n’avaient pas été perturbées avec le consentement tranquille de l’armée. Continuer à lire … « La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass) »

L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière

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« Dans un contexte d’éducation massive, d’urbanisation rapide et de transition démographique, des réalités nouvelles sont apparues, comme l’écart dans la réussite scolaire entre les deux sexes dans de nombreux pays en faveur des filles ». Dans son édito, Révoltes arabes : de femmes à féministes, Mahdia Belkadi discute, entre autres, de l’instrumentalisation des femmes par un certain « féminisme d’Etat », des politiques coloniales de dévoilement, de l’islamisation de l’espace public, de scolarisation et d’absence de perspectives d’autonomisation, d’aspiration à « une citoyenneté pleine et entière », des révolutions arabes et des sociétés en mutation, d’engagements féministes, d’honneur à géométrie variable, « l’honneur du groupe, placé dans le corps de « ses » femmes », de la mixité refusée par certains, de la visibilité impressionnante des femmes dans les manifestations, « Déjà présentes dans des espaces devenus mixtes, comme l’université ou la fonction publique, les femmes bouleversent les codes conventionnels en investissant, presque naturellement, le dernier espace public réticent à leur présence : la rue », des agressions sexuelles lors des manifestations place Tahir (Egypte), des expéditions punitives contre des femmes en Algérie, des saoudiennes, de présence des femmes et de présence féministe, « pour beaucoup de femmes, compte tenu du contexte dans lequel elles évoluent, l’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière », de défiance du « système » et de défiance du patriarcat, d’opportunité historique, « Les périodes de transition qui suivent les élections – remportées par les islamistes – sont caractérisées par une mobilisation des féministes dans le sens d’une préservation des acquis plus que d’une amélioration du statut », du mouvement palestinien Tâli’at et de prise en main de leur narrative, « Puisant leur légitimité dans la violence qu’elles subissent et dans les luttes de leurs aïeules, les féministes arabes renégocient leur implication dans les révoltes et posent l’oppression des femmes comme problème politique », de la convocation du passé « pour mieux tracer l’avenir », des efforts des « frères » pour tenter de préserver les derniers pans de leur conception de l’« honneur », de l’espace virtuel occupée « pour mieux conquérir l’espace public physique »… Continuer à lire … « L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière »

Aide humanitaire aux enfants de Gaza

Cher/es ami/es,

C’est précisément à ce moment-ci, alors que toute l’attention publique est portée sur la souffrance des Ukrainiens et la terrible catastrophe qu’ils subissent, qu’il est impératif de se souvenir des résident·es de Gaza qui souffrent de l’occupation israélienne, ici, tout près de nos demeures.

La situation a Gaza continue à être dramatique, et c’est pourquoi nous voulons, localement, collecter des dons matériels pour les enfants de Gaza malades du cancer, en plus de contributions en cash avec lesquelles nous achèterons les biens nécessaires que nous convoierons vers Gaza.

Les règles strictes dictées par les autorités frontalières israéliennes n’autorisent que du matériel nouveau, et pas des produits d’occasion. Nous voulons envoyer a Gaza Continuer à lire … « Aide humanitaire aux enfants de Gaza »

Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine (+ deux textes)

  • Gideon Levy : Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine 
  • Gideon Levy : Une motion SWIFT et l’occupation est terminée
  • Haggai Matar : D’Israël à la Russie, les occupants refont l’ordre du monde

Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine 

L’onde de choc de la guerre entre la Russie et l’Ukraine a rapidement atteint Israël et révélé certaines vérités embarrassantes, tout en confrontant les Israéliens au défi de voir leur pays tel qu’il est réellement, bien loin de ce qu’ils aiment imaginer.

Cela a commencé par la déclaration du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, peu après le début de la guerre, selon laquelle l’invasion de la Russie était « une grave violation de l’ordre international ». En d’autres circonstances, ces propos auraient presque pu prêter à sourire et souligner l’incapacité de longue date d’Israël à voir ses propres attributs moins attrayants, tel un chameau qui ne voit pas sa propre bosse.

La Russie bafoue gravement l’ordre international. Mais qu’en est-il d’Israël ? Quel autre pays a transgressé l’ordre international de manière aussi flagrante et arrogante depuis tant d’années ? Existe-t-il une seule décision des grandes institutions internationales concernant ses affaires qu’Israël n’a pas ignorée ou effrontément enfreinte ? Continuer à lire … « Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine (+ deux textes) »

« Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte)

Lorsque j’avais trois ans, les soldats israéliens ont traversé mon village en vue d’expulser mes voisins par la force, arrêtant tous ceux qui tentaient de rester. Dans le village d’at-Tuwani (au sud des collines d’Hébron du gouvernorat d’Hébron), où je suis né et où j’ai grandi, les soldats nous ont laissés en paix, mais plus de 700 autres personnes sont devenues des réfugiés en un clin d’œil. C’était en 1999, suite à une décision du Premier ministre de l’époque, Ehoud Barak. L’armée a démoli 14 des villages environnants dans la région de Masafer Yatta, dans les collines du sud d’Hébron, situées en Cisjordanie occupée.

Cette expulsion massive a été traumatisante et, à bien des égards, elle est restée gravée dans ma vie d’adulte. L’armée a justifié notre nettoyage ethnique en disant que nos maisons se trouvaient dans la zone de tir 918, où les soldats étaient censés s’entraîner. Mais c’est faux. Dans les années 1980, la zone de tir a été déclarée au-dessus de nos villages où nous vivions depuis des décennies, afin de nous en expulser.

Lorsque j’avais quatre ans, mes voisins expulsés ont adressé une pétition à la Haute Cour, qui a émis une ordonnance temporaire leur permettant de retourner chez eux – jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise. Vingt-deux ans ont passé, et la Cour n’a jamais décidé de notre sort. Nous avons grandi dans l’ombre de l’attente d’une décision : vont-ils expulser les personnes que j’aime et que je connais le mieux, ou non ? Le mardi 15 mars, la Cour doit tenir sa dernière audience sur la question. Elle prendra ensuite une décision. Continuer à lire … « « Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte) »

Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies

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Les citoyens européens ont un an pour rassembler un million de signatures afin de demander à l’Union Européenne d’interdire le commerce des produits des colonies dans l’Union européenne.

Signer l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements

Une coalition internationale de plus de cent organisations [1] a lancé dimanche 20 février l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements [2] afin que l’Union européenne (UE) mette fin au commerce avec les colonies israéliennes, en application des droits humains fondamentaux et du droit international. En France, plus de 30 organisations [3] soutiennent le lancement de cette pétition européenne [4].

Une initiative citoyenne européenne est un outil de pétition institué par le traité de Lisbonne, qui doit réunir en un an les signatures d’un million de citoyens européens venant d’au moins sept États membres de l’UE et constitue ainsi un droit d’initiative politique. Cet instrument démocratique officiel permet aux citoyens européens de contribuer à façonner l’Union européenne, en sollicitant la Commission européenne pour qu’elle propose un acte législatif. Continuer à lire … « Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies »

Nous les avons laissé se faire massacrer. Certains même ont applaudi

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« Un an environ après l’enlèvement de Samira, j’ai reçu de Douma des photos de feuilles non paginées sur lesquelles Samira avait noté des réflexions, des commentaires et des témoignages sur la vie d’assiégé dans la Ghouta orientale. Les photos avaient été prises avec un téléphone portable par Osama Nassar, membre fondateur des comités locaux de coordination et de l’équipe éditoriale de la revue de ces comités, Rising for freedom. Osama fut l’un des derniers à quitter Douma pour le Nord de la Syrie, en avril 2018 ». Dans son avant-propos, Yassin al-Haj Saleh parle du contenu des textes publiés ou non sur facebook, de la Ghouta orientale, de l’électricité coupée par le régime, de Samira et de Razan, d’une « patrie » débarrassée d’une grande partie de sa population, de massacre à l’arme chimique, de cadeau « pour le régime et les nihilistes islamiques »… Continuer à lire … « Nous les avons laissé se faire massacrer. Certains même ont applaudi »

Afghanistan : une ignominie signée Biden.

 

Ce que vient de décider Joe Biden et l’administration américaine constitue une véritable ignominie sur les plans éthique et politique. Il s’agit de l’extorsion discrétionnaire de 7 milliards de dollars appartenant à la banque centrale afghane. Comme si les états-unis pouvaient préempter les avoirs bancaires appartenant à un autre état afin de pouvoir s’en emparer unilatéralement pour les utiliser comme bon leur semble. Cela dépasse les bornes pour une puissance qui s’enorgueillit d’un « exceptionnalisme » issu de ses valeurs fondatrices.

Biden donne des raisons, les siennes, à cette manière de faire. Elles ressortent plutôt d’une pratique de gangstérisme international. Certes, la prédation fait partie des paramètres appartenant à toute forme d’impérialisme et aux modes de gestion des politiques de puissance. Ce n’est pas, loin de là, une nouveauté. Mais on atteint ici un summum du cynisme et du moralement inacceptable. Continuer à lire … « Afghanistan : une ignominie signée Biden. »

« Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes)

  • « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? »
  • Communiqué de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) : L’apartheid israélien ne doit pas rester impuni
  • Orly Noy : Les Israéliens ne doivent pas craindre le rapport d’Amnesty sur l’apartheid
  • Neta Golan, militante israélienne anti-apartheid : « En solidarité avec les détenus palestiniens, je refuse de me présenter au tribunal ! »

  • Zainab Iqbal : Le rapporteur spécial de l’ONU accuse Israël d’apartheid dans un rapport du Conseil des droits de l’homme

Entretien avec Saleh Hijazi d’Amnesty International conduit par Edo Konrad du site israélien +972

Avant même que le nouveau rapport d’Amnesty International sur Israël-Palestine, qui fait l’effet d’une bombe, ne soit publié mardi matin, 1er février 2022, le gouvernement israélien et certaines des organisations pro-israéliennes les plus en vue dans le monde étaient à l’offensive. Le rapport – voir ici la présentation française du rapport « L’Apartheid commis par Israël à l’encontre des Palestiniens. Un système cruel de domination et un crime contre l’humanité » – a été « communiqué » au gouvernement israélien ainsi qu’au Board of Deputies of British Jews et à l’Anti-Defamation League des Etats-Unis. Ils ont accusé Amnesty International d’antisémitisme, pur et simple.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le gouvernement d’Israël et ses partisans ont l’impression d’être dos au mur. Le rapport de 280 pages de la première organisation mondiale de défense des droits humains est un réquisitoire accablant contre ce qu’Amnesty appelle le « système d’oppression et de domination d’Israël sur le peuple palestinien partout où il exerce un contrôle sur ses droits », notamment dans les territoires occupés, en Israël et partout où vivent des réfugiés palestiniens. Entre autres violations, l’enquête comporte des détails sur l’occupation militaire israélienne, la ségrégation, la torture, la confiscation de terres, les restrictions à la circulation et le déni de citoyenneté et de nationalité,

Mais le rapport d’Amnesty n’est pas simplement descriptif. A l’instar de rapports similaires publiés récemment par des organisations de défense des droits de l’homme telles que Human Rights Watch (HRW) et B’Tselem, Amnesty demande que le régime d’apartheid d’Israël soit démantelé et que la Cour pénale internationale (CPI) prenne en compte le crime d’apartheid lorsqu’elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre dans les territoires occupés. C’est précisément la raison pour laquelle le rapport est si terrible pour Israël et ses partisans. Continuer à lire … « « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes) »

Ne laissons pas Daech et l’État turc détruire nos alliés en Syrie

Du 20 au 30 janvier dernier, une attaque d’envergure menée par Daech, la pire depuis la fin du califat en 2019, a eu lieu sur la prison d’Hasakah dans le territoire autonome du Nord-Est de la Syrie (NES). Tentant de libérer près de 4000 djihadistes détenus, Daech a opéré depuis l’extérieur et au sein même de l’établissement. Les affrontements ont causé la mort de nombreux civils et le déplacement de plusieurs milliers d’habitants. Ce n’est que le 30 janvier que les Forces démocratiques syriennes (FDS, partenaires de la Coalition internationale) ont pu regagner le contrôle total de la prison.

Tout, dans cette attaque, indique une résurgence extrêmement inquiétante de milices terroristes entraînées, organisées et équipées.

Simultanément, les frappes de drones militaires turcs ont été intensifiées dans la zone. Elles se sont accompagnées d’un regain des attaques sur les lignes de front de la zone occupée depuis 2019 par la Turquie, après l’invasion d’Afrin en 2018, à Tell Abyad/Girê Spî et Serê Kaniyê.

L’État turc est depuis longtemps suspecté de fournir des armes et un soutien financier à Daech. La présence de membres actifs de Daech est avérée dans les zones qu’il occupe en Syrie. L’objectif est clair : déstabiliser la zone, affaiblir les Forces Démocratiques Syriennes et vider la région de ses populations kurdes. Continuer à lire … « Ne laissons pas Daech et l’État turc détruire nos alliés en Syrie »