Archives de Catégorie: Moyen Orient

Gaza. L’étranglement se resserre encore plus. Avant une offensive israélienne ?

Israël et Gaza ne sont pas face à une nouvelle guerre, ni ne prennent la direction d’une autre « opération » ou d’un nouveau « cycle d’affrontement » (« round ») de plus. Cette terminologie trompeuse est destinée à induire en erreur et à faire taire les derniers reliquats de conscience.

Ce qui est en cause actuellement, c’est le risque d’un nouveau massacre dans la Bande de Gaza. Contrôlé, mesuré, pas trop massif, mais malgré tout c’est bien d’un massacre qu’il s’agit. Lorsque des officiers, des politiciens et des commentateurs israéliens parlent du « prochain round », ils font allusion au prochain massacre. Lire la suite

A propos de l’expérience des conseils locaux dans la révolution syrienne

« Nous ne sommes pas en deçà des travailleurs de la commune de Paris… ils ont tenu le coup soixante dix jours et nous, nous résistons depuis un an et demi ». C’est par ces mots qu’Omar Aziz, l’intellectuel organique, a décrit la révolution syrienne. Le 17 février 2013, il est mort en martyr à la prison centrale d’Adra. 

Dans ce texte, nous allons passer en revue les caractéristiques essentielles des conseils locaux dont Aziz a joué un rôle influent dans la formulation des textes fondateurs1 et nous pointerons les faiblesses de cette forme d’organisation, du moins du point de vue de leur aspect concret. Avec l’intensification de la répression menée par le régime contre l’explosion révolutionnaire en Syrie, dans sa phase pacifique, qui a coïncidé avec la désertion de beaucoup de soldats et le début des escarmouches militaires entre l’armée syrienne et la désormais dite « armée libre syrienne », le besoin s’est fait sentir de mettre en place des formes organisationnelles gérant la vie des populations, à partir du moment où le régime n’assumait plus aucune de ses taches de base – il s’en était retiré au fond dès la mise en place de « réformes » néo libérales. Lire la suite

Cinquante ans, cinquante mensonges

Acceptons l’idée que l’occupation est justifiée. Disons aussi qu’Israël n’a pas le choix. Décidons même de ne pas l’appeler une occupation. Disons qu’elle a été reconnue par le droit international et que le monde l’a applaudie. Prétendons que les Palestiniens sont reconnaissants de sa présence. Reste cependant un petit problème qui continue à planer sur le sujet : tout ceci repose entièrement sur des mensonges.

Du début à la fin toujours repoussée, c’est un vrai tissu de mensonges. Il n’y a pas un mot de vérité qui y soit associé. Sans ces mensonges, ce serait tombé en décomposition depuis longtemps. Sans ces mensonges, il est peu probable que cela aurait jamais existé. Ces mensonges, dont la droite est fière de certains d’entre eux (« pour le bien de la Terre d’Israël, il est acceptable de mentir »), suffisent à faire bondir de dégoût toute personne honnête. On n’a pas besoin de ces autres horreurs pour en être convaincu. Lire la suite

Scruter des mots et des secrètes anfractuosités des textes

Ivan Segré est un philosophe et un talmudiste, deux domaines où mes connaissances sont limitées, et encore plus pour le second. Par ailleurs, je n’ai pas un regard aimable sur Alain Badiou qu’il cite ou critique (Comment oublier l’Albanie, les exactions rouges culturelles, le génocide des khmers rouges, etc ?).

C’est aussi un conteur remarquable. Il convient de lire attentivement sa vision du film Triple 9 de John Hillcoat et le récit concernant son oncle Victor – et son « irrémissible étrangeté » – pour être pris-e dans une mise en abime intellectuelle… Lire la suite

Israël. Pourquoi je ne hisserai pas un drapeau israélien le jour de l’indépendance

Depuis qu’il flotte dans les territoires occupés, ce drapeau est devenu l’insigne de l’apartheid. Et vous voudriez que je l’affiche ? Comment le pourrais-je ? Non, Alon Ildan, cette fois je ne suivrai pas le conseil que vous me donnez sur la version en hébreu de Haaretz du 28 avril, je ne vais pas « me boucher le nez et hisser le drapeau ». Je ne peux pas le faire. Ce n’est pas seulement parce que ce drapeau a été contaminé au point de devenir méconnaissable au cours des dernières 50 années d’occupation. Mais ce n’est simplement plus mon drapeau. Ce n’est pas que j’en aurais un autre, ce n’est pas le cas. Mais je n’arrive plus à m’identifier avec le drapeau que mon père sortait de l’armoire chaque année pour l’accrocher sur le balcon de notre maison alors que je l’observais fièrement depuis la rue [« jour de l’indépendance », 20 jours après Pessah, la Pâques].

Depuis lors, la fierté s’est transformée en honte et ce drapeau est identifié à un sentiment de culpabilité. La liste dans votre article était belle et émouvante, Alon – et je suis toujours vos consignes en tant qu’éditeur. Mais cette fois je dois rejeter vos recommandations lorsque vous écrivez : « Oui, faites flotter le drapeau, sur votre voiture, sur la fenêtre de votre maison, partout où vous le pouvez ». Cela m’est devenu impossible. Lire la suite

Pétition : Rendons visibles les prisonniers palestiniens en grève de la faim

Depuis le 17 avril, entre 1 600 et 1 800 prisonniers politiques palestiniens ont entamé une grève de la faim. Le mouvement a été initié par le leader Marwan Barghouti et des détenus de toutes tendances politiques. Ils exigent, en priorité, des conditions de détention plus dignes. Rappelons qu’à ce jour, 6 500 palestiniens sont détenus dans les prisons militaires israéliennes, dont 536 dans le cadre d’une détention dite « administrative », c’est-à-dire sans qu’ils aient été formellement inculpés ou jugés.  Lire la suite

Sincères excuses aux lecteurs de Haaretz

A tous les lecteurs offensés, mes excuses pour l’unilatéralité de mes propos. Comment ai-je pu ne pas maintenir un équilibre entre l’assassin et l’assassiné, le voleur et la victime et l’occupant et l’occupé ?

Chers Orna et Moshe Gan-Zvi,

La lecture mardi de l’édition en hébreu de Haaretz m’a attristée en apprenant que vous aviez décidé d’annuler votre abonnement. Je ne vous connais pas, mais vous allez me manquer en tant que lecteurs. Parce que partiellement responsable de votre décision, comme indiqué dans votre courrier, permettez moi de m’excuser. M’excuser d’avoir écrit la vérité tout au long de ces années. J’aurais dû tenir compte du fait que cette vérité ne vous était pas agréable et agir en conséquence. Lire la suite