Guerre israélienne contre les populations palestiniennes à Gaza (aout 2022)

  • Edo Konrad : Quel était le but de cette guerre à Gaza ?
  • Amira Hass : « Les habitants de Gaza en ont assez des guerres et des destructions inutiles, et le Hamas les écoute »
  • Gaza face aux attaques meurtrières de l’État d’apartheid israélien. La résistance continue
  • Israël bombarde Gaza : Lettre à la Ministre des Affaires Etrangères
  • La Via Campesina condamne la nouvelle attaque d’Israël sur Gaza

Quel était le but de cette guerre à Gaza ?

Trois jours après le lancement [le vendredi 5 août 2022] par Israël de sa dernière opération militaire à Gaza, on ne sait toujours pas à quoi tout cela a servi.

Avec l’annonce d’un cessez-le-feu négocié par l’Egypte dans la nuit de dimanche à lundi, les analystes israéliens se sont empressés de considérer la campagne « harmonieuse»  du Premier ministre intérimaire Yair Lapid [en fonction depuis le 1er juillet 2022] et du ministre de la Défense Benny Gantz comme un succès. Après avoir violemment arrêté Bassam al-Saadi, un haut dirigeant de la branche du mouvement Jihad islamique en Cisjordanie occupée, l’armée israélienne a verrouillé les communautés frontalières autour de Gaza pendant près d’une demi-semaine en prévision d’une attaque de représailles présumée. Elle a finalement commencé à lancer des frappes aériennes dans la bande de Gaza, auxquelles les militants [du Jihad islamique et d’autres fractions] ont répondu par des volées de tirs de roquettes [interceptés à quelque 97% par le système de défense israélien « Dôme de fer », selon Reuters]. Ces escalades se sont soldées par la mort de 44 Palestiniens, dont 15 enfants, et par plus de 350 blessés. Continuer à lire … « Guerre israélienne contre les populations palestiniennes à Gaza (aout 2022) »

Les Israéliens refusent d’être hantés par les fantômes des massacres passés. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ?

Faire une bombe à partir d’une taupinière. Pas la bombe que nous aurions dû souhaiter, mais une bombe bien plus dangereuse – la publication des transcriptions de Kafr Qasem n’a même pas fait sourciller. Les médias, à l’exception de Haaretz, ont à peine commenté, le public a baillé, l’affaire est morte. Cela se produit à chaque fois : les organisations de soldats remuent ciel et terre, les militaires censurent les interdictions et ensuite, on n’entend qu’un bâillement. Le bâillement est toujours la bonne partie : la maison d’édition du passé sombre, suscite pour beaucoup des sentiments de fierté et de soutien, ou des déclarations tristement ridicules sur le manque d’autres choix. La guerre, vous savez. Continuer à lire … « Les Israéliens refusent d’être hantés par les fantômes des massacres passés. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir ? »

« La chose la plus simple est la plus difficile à atteindre »

Merci à Antoine pour avoir signalé cet entretien

Uri Weltmann est l’organisateur national de terrain pour Omdim be’Yachad-Naqef Ma’an (Standing Together) et un membre de sa direction nationale. Standing Together est un mouvement social judéo-arabe actif en Israël, qui s’organise contre le racisme et l’occupation, et pour l’égalité et la justice sociale.
Daniel Randall est un syndicaliste et socialiste basé à Londres. Il est l’auteur de Confronting Antisemitism on the Left: Arguments for Socialists .
Ensemble ils discutent de la situation politique en Israël et des perspectives de la gauche.
Cet article a été publié en anglais sur le site américain New Politics.

DR : Peux-tu donner un aperçu de la situation politique en Israël, à l’approche de nouvelles élections ?

UW : Israël tiendra bientôt ses cinquièmes élections législatives en quatre ans, ce qui exprime la crise politique traversée par l’establishment israélien et les partis en place, incapables de former un gouvernement stable. Une crise qui doit être rattachée à et est aggravée par les différentes crises sociales et économiques qui ont suivi la pandémie de Covid. Continuer à lire … « « La chose la plus simple est la plus difficile à atteindre » »

L’« apartheid » ne suffit pas : un entretien avec le commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Miloon Kothari

Le voyage de Joe Biden en Israël, en Palestine occupée et en Arabie saoudite est terminé.

Citant « les hostilités avec le Hamas pendant onze jours en mai 2021 », la déclaration de Jérusalem proclamée par Joe Biden et le Premier ministre israélien Yair Lapid a réaffirmé l’engagement de Washington à fournir à Israël, doté de l’arme nucléaire, un milliard de dollars pour la défense antimissile (en plus des 3,8 milliards qu’il reçoit déjà), et à aider Israël à construire des « systèmes d’armes laser à haute énergie » pour se défendre contre l’Iran et ses « mandataires terroristes ».

La mention par la Déclaration de Jérusalem du conflit de mai 2021 – au cours duquel plus de 250 habitants de Gaza ont été tués, dont 66 enfants, et des milliers de Palestiniens blessés – mérite d’être soulignée. Dans le sillage de cette attaque, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH) a créé une commission d’enquête chargée d’identifier les « causes profondes » de cette flambée de violence qui a duré onze jours. Continuer à lire … « L’« apartheid » ne suffit pas : un entretien avec le commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Miloon Kothari »

L’association des juifs israéliens contre l’apartheid s’adresse à la communauté internationale (vidéo)

Avec une lettre et un film de 3 minutes, #IsraelisAgainstApartheid dénonce les crimes israéliens contre les Palestiniens et appelle la communauté internationale « à intervenir immédiatement pour arrêter les agressions actuelles d’Israël, à adopter les exigences du mouvement palestinien de boycott, désinvestissement et sanctions, à travailler à l’actualisation du droit palestinien au retour et à apporter une solution juste et démocratique pour tous, fondée sur la décolonisation de la région et fondant un État de tous ses citoyens. » Continuer à lire … « L’association des juifs israéliens contre l’apartheid s’adresse à la communauté internationale (vidéo) »

L’AURDIP salue la proposition de résolution présentée par 38 députés français contre l’apartheid israélien !(+ texte de Dominique Vidal)

L’AURDIP s’associe à l’AFPS pour saluer cette proposition de résolution avec enthousiasme et invite l’ensemble des députés attachés à l’égalité des droits, aux droits des peuples à disposer d’eux mêmes, au droit international à rejoindre les signataires.

Ce sont 38 députés français qui ont déposé une proposition de résolution à l’Assemblée nationale « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ». Cette résolution s’inscrit dans la continuité du  Tribunal Russel, du rapport Falk-Tilley, des rapports de la société civile palestinienne ( ONG Al Haq, Addameer, Badil…), de l’OLP, des ONG israéliennes de défense des droits humains (B’Tselem, Yesh Diin), de Human Rights Watch et d’Amnesty international ; elle est totalement en adéquation avec la déclaration de plus de 1 000 universitaires et artistes appelant au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique.  Continuer à lire … « L’AURDIP salue la proposition de résolution présentée par 38 députés français contre l’apartheid israélien !(+ texte de Dominique Vidal) »

Le projet israélien de colonisation des eaux palestiniennes

La saisie des rivières et des territoires palestiniens est une stratégie de domination violente d’Israël

Les sociétés colonisatrices dépendent d’une continuité pour accumuler des ressources et aliéner les autochtones de leurs moyens de subsistance, déracinant toute relation productive ou sentimentale avec leur terre. Le « Terracentrisme » agit méthodiquement pour assurer la permanence des sociétés colonisatrices, puisque le contrôle de la terre est allié au contrôle des conditions de survie. Le territoire visé par les colons de peuplement est considéré comme une « terre libre », sans tenir compte des communautés qui y résident déjà.

« La colonisation de peuplement est le processus systématique de transformation du territoire à travers le contrôle des terres, des ressources et des habitants pour établir une nouvelle entité politique permanente et exclusive avec une société qui remplace, exploite et contraint les espaces de subsistance autochtones. » Continuer à lire … « Le projet israélien de colonisation des eaux palestiniennes »

Nous soutenons #JusticeForShireen

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Un artiste peint sur un mur l’effigie de la journaliste défunte Shireen Abu Akleh à Gaza, le 12 mai 2022 AFP / MOHAMMED ABED

Nous sommes profondément troublés par le meurtre par les forces d’occupation israéliennes de la très respectée journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, alors qu’elle arrivait, vêtue d’une veste de presse clairement identifiée, pour faire un reportage sur une incursion israélienne dans la ville occupée de Jénine mercredi dernier. Alors que nous pleurons sa perte, nous demandons que les auteurs de ce crime et tous ceux qui l’ont autorisé rendent pleinement compte de leurs actes.

L’attaque des forces israéliennes lourdement armées contre des personnes en deuil palestiniennes nous a encore plus consternés et horrifiés. Les soldats ont battu et donné des coups de pied aux personnes en deuil et aux porteurs de cercueils dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Joseph, à Jérusalem-Est occupée, pour les empêcher de porter le cercueil d’Abu Akleh et de se rendre à l’église pour le service funéraire prévu.
Que devons-nous penser de l’effronterie et de la cruauté de cette atteinte à la dignité humaine ?
Continuer à lire … « Nous soutenons #JusticeForShireen »

Le droit de légitime défense : entre l’Ukraine et la Palestine 

Les pays occidentaux se sont tous opposés à l’invasion russe en Ukraine et reconnaissent le droit à la légitime défense des ukrainien·nes. Or ce même droit n’est pas reconnu quand il s’agit des Palestiniens vis-à-vis de l’occupation israélienne.

Depuis que les forces russes ont envahi l’Ukraine le 24 février, les combats se poursuivent toujours à proximité de la capitale ukrainienne dans le but d’en prendre le contrôle et d’obtenir un changement de régime, selon les médias et les responsables occidentaux. Les pays de l’Occident ont largement pris position contre l’invasion russe de l’Ukraine, en mettant en place une série de sanctions économiques sans précédent contre la Russie. En plus d’envoyer du matériel militaire et des armes pour soutenir l’armée ukrainienne, la Grande-Bretagne a également soutenu le président ukrainien, lequel a appelé tous les volontaires à venir combattre aux côtés de ses forces armées pour défendre l’Ukraine. Continuer à lire … « Le droit de légitime défense : entre l’Ukraine et la Palestine « 

Shireen Abu Aqleh, journaliste palestinienne assassinée par Israël : des sanctions s’imposent (+ autres textes)

Ce matin, mercredi 11 mai, à Jénine, Israël a franchi un pas supplémentaire dans la violation permanente du droit et dans les crimes de guerre : Shireen Abu Aqleh, journaliste américano-palestinienne de 51 ans a été assassinée par l’armée israélienne d’une balle en pleine tête.

Un nombre important de soldats de l’armée d’occupation avaient pris d’assaut la ville de Jénine et bouclé une maison pour arrêter un jeune Palestinien. Des confrontations avec des dizaines de jeunes palestiniens s’en sont suivies. Shireen Abu Aqleh qui portait un gilet pare-balle barré du mot « PRESS » a été touchée par une balle réelle à la tête. Elle est décédée. Continuer à lire … « Shireen Abu Aqleh, journaliste palestinienne assassinée par Israël : des sanctions s’imposent (+ autres textes) »

Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta (+ textes de Hagai El-Ad, de Amira Hass, de David Shulman)

  • Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta
  • Hagai El-Ad : Une autre phase de la Nakba palestinienne, avec l’approbation de la Justice israélienne
  • Amira Hass : Les juges de la Haute Cour savent qu’Israël ne fera pas l’objet de sanctions au sujet des expulsions de Masafer Yatta
  • David Shulman : Message urgent des collines du sud d’Hébron
  • Manifestation d’urgence – Arrêtez les déplacements forcés à Masafer Yatta (zone de tir 918).


ICAHD

Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta

Le Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons (Icahd) condamne la décision de la cour suprême israélienne ouvrant droit au transfert forcé de palestiniens de leurs maisons et de leurs terres dans la région cisjordanienne de Masafer Yatta Continuer à lire … « Communiqué de ICAHD sur Masafer Yatta (+ textes de Hagai El-Ad, de Amira Hass, de David Shulman) »

Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy)

[Le dimanche 17 avril, des dizaines de policiers des forces spéciales israéliennes ont piégé des fidèles musulmans, observant le Ramadan, dans des salles de prière de la mosquée Al-Aqsa, faisant de nombreux blessés. De plus, des militants israéliens d’extrême droite et des colons, protégés par les forces lourdement armées, ont pris d’assaut Al-Aqsa pour, affirmaient-ils, marquer la fête de la Pâque juive. Cela s’inscrit dans l’exigence de certains de détruire la mosquée, dans la perspective de faire place à un « troisième temple ». Cette répression et agression donnaient suite à la tentative violente, le vendredi 15 avril, d’expulser des fidèles musulmans de la mosquée. La collusion entre les forces de répression israéliennes et les provocations des colons et autres intégristes donnent tout leur sens à la demande faite par le député Ayman Odeh : un refus de toute collaboration de policiers « arabes israéliens » à participer au système de répression de l’occupant. Les racines de la brutalité avec laquelle les «acteurs juifs du pouvoir occupant» ont réagi à cette déclaration sont exposées par l’auteure, Orly Noy, de l’article publié ci-dessous. Réd.A l’Encontre]

Dimanche soir 10 avril, le président de la Liste unifiée Ayman Odeh [député de la Knesset depuis le 31 mars 2015, réélu en 2019, 2020 et 2021] a publié une vidéo sur sa page Facebook en l’honneur du Ramadan, dans laquelle il se tenait à la Porte de Damas de la vieille ville de Jérusalem, appelant les policiers arabes en Israël à jeter leurs armes et à quitter leur travail. Ce faisant, il a réveillé de nombreux démons – dont aucun n’était vraiment endormi. Continuer à lire … « Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy) »

Les femmes palestiniennes et la souveraineté territoriale

Le conflit pour la terre constitue un axe central de la vie des peuples. La terre est la principale source de ressources naturelles et est l’espace sur lequel la vie des sociétés humaines a évolué. La connexion avec la terre est une relation objective pertinente au développement et à la continuité de nos vies, que ce lien soit direct et quotidien par le travail et l’investissement sur la terre, ou indirect. Le lien avec la terre est présent sur les plans politique, économique et social, là où la question de la souveraineté territoriale occupe une place prépondérante dans les conflits locaux, nationaux et internationaux.

Les puissances capitalistes et coloniales cherchent à contrôler la terre par tous les moyens. Ils utilisent une variété de méthodes brutales telles que les guerres, les massacres, les sièges, les sanctions, les pressions, les bases militaires et les politiques économiques menées par des cartels capitalistes tels que la Banque mondiale. Tout cela s’accompagne de méthodes de contrôle et de domination des peuples, appauvris et transformés en outils au service des intérêts et des ambitions coloniales et capitalistes.

D’autre part, la lutte se poursuit pour une transformation révolutionnaire basée sur l’égalité, le droit à l’autodétermination et à la souveraineté, et sur l’élimination de toute forme d’oppression et de discrimination, pour le bien d’un monde dans lequel prévaut la justice. De toute évidence, les femmes mènent cette lutte en tant que compagnes et leaders, à un moment où leurs souffrances dues à diverses formes de persécution et de discrimination sont multipliées par le pouvoir des structures patriarcales régnantes. Continuer à lire … « Les femmes palestiniennes et la souveraineté territoriale »

La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass)

La réponse d’Israël à une série d’attaques meurtrières à Be’er Sheva, Hadera et Bnei Brak au cours des deux dernières semaines était aussi prévisible que malveillante. Jusqu’à présent, les autorités semblent croire que les quatre assaillants palestiniens – trois citoyens d’Israël et un résident de Cisjordanie – ont agi de leur propre chef et sans le soutien d’une organisation, bien que les trois premiers se soient identifiés à l’État islamique. Cela n’a pas empêché les autorités de réagir selon leur habitude.

Dans les jours qui ont suivi, la police a intensifié ses patrouilles dans les villes arabes d’Israël, a procédé à des interpellations de citoyens palestiniens dans les quartiers et les espaces publics juifs et a pris des mesures contre les Palestiniens travaillant en Israël sans permis. Plusieurs municipalités ont ordonné aux entreprises de construction de ne plus employer d’ouvriers palestiniens, tandis que certaines écoles israéliennes ont demandé au personnel d’entretien arabe de ne travailler qu’après le retour des élèves. Parallèlement aux raids menés en Cisjordanie, les soldats ont empêché les travailleurs palestiniens d’entrer en Israël par les parties ouvertes de la barrière de séparation, qui, pendant des années, n’avaient pas été perturbées avec le consentement tranquille de l’armée. Continuer à lire … « La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass) »

Aide humanitaire aux enfants de Gaza

Cher/es ami/es,

C’est précisément à ce moment-ci, alors que toute l’attention publique est portée sur la souffrance des Ukrainiens et la terrible catastrophe qu’ils subissent, qu’il est impératif de se souvenir des résident·es de Gaza qui souffrent de l’occupation israélienne, ici, tout près de nos demeures.

La situation a Gaza continue à être dramatique, et c’est pourquoi nous voulons, localement, collecter des dons matériels pour les enfants de Gaza malades du cancer, en plus de contributions en cash avec lesquelles nous achèterons les biens nécessaires que nous convoierons vers Gaza.

Les règles strictes dictées par les autorités frontalières israéliennes n’autorisent que du matériel nouveau, et pas des produits d’occasion. Nous voulons envoyer a Gaza Continuer à lire … « Aide humanitaire aux enfants de Gaza »

« Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte)

Lorsque j’avais trois ans, les soldats israéliens ont traversé mon village en vue d’expulser mes voisins par la force, arrêtant tous ceux qui tentaient de rester. Dans le village d’at-Tuwani (au sud des collines d’Hébron du gouvernorat d’Hébron), où je suis né et où j’ai grandi, les soldats nous ont laissés en paix, mais plus de 700 autres personnes sont devenues des réfugiés en un clin d’œil. C’était en 1999, suite à une décision du Premier ministre de l’époque, Ehoud Barak. L’armée a démoli 14 des villages environnants dans la région de Masafer Yatta, dans les collines du sud d’Hébron, situées en Cisjordanie occupée.

Cette expulsion massive a été traumatisante et, à bien des égards, elle est restée gravée dans ma vie d’adulte. L’armée a justifié notre nettoyage ethnique en disant que nos maisons se trouvaient dans la zone de tir 918, où les soldats étaient censés s’entraîner. Mais c’est faux. Dans les années 1980, la zone de tir a été déclarée au-dessus de nos villages où nous vivions depuis des décennies, afin de nous en expulser.

Lorsque j’avais quatre ans, mes voisins expulsés ont adressé une pétition à la Haute Cour, qui a émis une ordonnance temporaire leur permettant de retourner chez eux – jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise. Vingt-deux ans ont passé, et la Cour n’a jamais décidé de notre sort. Nous avons grandi dans l’ombre de l’attente d’une décision : vont-ils expulser les personnes que j’aime et que je connais le mieux, ou non ? Le mardi 15 mars, la Cour doit tenir sa dernière audience sur la question. Elle prendra ensuite une décision. Continuer à lire … « « Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte) »

Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies

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Les citoyens européens ont un an pour rassembler un million de signatures afin de demander à l’Union Européenne d’interdire le commerce des produits des colonies dans l’Union européenne.

Signer l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements

Une coalition internationale de plus de cent organisations [1] a lancé dimanche 20 février l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements [2] afin que l’Union européenne (UE) mette fin au commerce avec les colonies israéliennes, en application des droits humains fondamentaux et du droit international. En France, plus de 30 organisations [3] soutiennent le lancement de cette pétition européenne [4].

Une initiative citoyenne européenne est un outil de pétition institué par le traité de Lisbonne, qui doit réunir en un an les signatures d’un million de citoyens européens venant d’au moins sept États membres de l’UE et constitue ainsi un droit d’initiative politique. Cet instrument démocratique officiel permet aux citoyens européens de contribuer à façonner l’Union européenne, en sollicitant la Commission européenne pour qu’elle propose un acte législatif. Continuer à lire … « Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies »

« Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes)

  • « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? »
  • Communiqué de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) : L’apartheid israélien ne doit pas rester impuni
  • Orly Noy : Les Israéliens ne doivent pas craindre le rapport d’Amnesty sur l’apartheid
  • Neta Golan, militante israélienne anti-apartheid : « En solidarité avec les détenus palestiniens, je refuse de me présenter au tribunal ! »

  • Zainab Iqbal : Le rapporteur spécial de l’ONU accuse Israël d’apartheid dans un rapport du Conseil des droits de l’homme

Entretien avec Saleh Hijazi d’Amnesty International conduit par Edo Konrad du site israélien +972

Avant même que le nouveau rapport d’Amnesty International sur Israël-Palestine, qui fait l’effet d’une bombe, ne soit publié mardi matin, 1er février 2022, le gouvernement israélien et certaines des organisations pro-israéliennes les plus en vue dans le monde étaient à l’offensive. Le rapport – voir ici la présentation française du rapport « L’Apartheid commis par Israël à l’encontre des Palestiniens. Un système cruel de domination et un crime contre l’humanité » – a été « communiqué » au gouvernement israélien ainsi qu’au Board of Deputies of British Jews et à l’Anti-Defamation League des Etats-Unis. Ils ont accusé Amnesty International d’antisémitisme, pur et simple.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le gouvernement d’Israël et ses partisans ont l’impression d’être dos au mur. Le rapport de 280 pages de la première organisation mondiale de défense des droits humains est un réquisitoire accablant contre ce qu’Amnesty appelle le « système d’oppression et de domination d’Israël sur le peuple palestinien partout où il exerce un contrôle sur ses droits », notamment dans les territoires occupés, en Israël et partout où vivent des réfugiés palestiniens. Entre autres violations, l’enquête comporte des détails sur l’occupation militaire israélienne, la ségrégation, la torture, la confiscation de terres, les restrictions à la circulation et le déni de citoyenneté et de nationalité,

Mais le rapport d’Amnesty n’est pas simplement descriptif. A l’instar de rapports similaires publiés récemment par des organisations de défense des droits de l’homme telles que Human Rights Watch (HRW) et B’Tselem, Amnesty demande que le régime d’apartheid d’Israël soit démantelé et que la Cour pénale internationale (CPI) prenne en compte le crime d’apartheid lorsqu’elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre dans les territoires occupés. C’est précisément la raison pour laquelle le rapport est si terrible pour Israël et ses partisans. Continuer à lire … « « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes) »

Tandis que les manifestations du Naqab s’intensifient, les femmes bédouines prennent la tête du mouvement (+ autres textes)

Femmes et jeunes filles sont de plus en plus souvent en première ligne de la résistance bédouine à l’expropriation de leurs terres par Israël – et elles ne font que commencer.

Les citoyens bédouins du Naqab/Neguev intensifient leur lutte contre la politique de judaïsation d’Israël, l’expropriation de leurs terres, et contre le projet de boisement du Fonds national Juif (KKL/JNF) aux dépens des villages non reconnus. Mais ceux qui se sont vraiment distingués dans cette vague de protestations sont les femmes et les jeunes filles des villages menacés de dépossession, qui sont sorties et ont fait front avec les hommes pour affronter les bulldozers du KKL/JNF.

Quiconque a suivi la lutte menée depuis des générations pour la reconnaissance et la régularisation des Palestiniens du Naqab n’a pu manquer de remarquer ce phénomène : à chaque manifestation, de plus en plus de femmes et de filles se tiennent en première ligne. Continuer à lire … « Tandis que les manifestations du Naqab s’intensifient, les femmes bédouines prennent la tête du mouvement (+ autres textes) »

Ce que veut dire Apartheid dans le cas d’Israël (plus autres textes)

Un consensus croissant s’est formé autour du terme – non comme une comparaison rhétorique avec l’Afrique du Sud, mais pour décrire un système de domination construit sur la partition de la Palestine.

Les historiens du futur pourraient bien distinguer 2021 comme l’année où le vent a tourné en faveur de la lutte palestinienne –] même si c’était difficile de le voir venir. Les derniers mois de 2020 ont été parmi les plus sombres depuis des décennies, l’administration américaine s’attachant à encourager la vision expansionniste de droite d’Israël qui vise à démanteler, morceau par morceau, les préoccupations centrales composant la cause palestinienne : le droit des réfugiés à retourner dans les maisons dont ils ont été expulsés en 1948, le statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et le droit à l’auto-détermination sur des terres actuellement occupées par Israël. A la fin de l’année, le coup de grâce est arrivé lorsque plusieurs États arabes ont tourné le dos à la Palestine, en normalisant les relations diplomatiques et économiques avec Israël malgré son assujettissement persistant des Palestiniens. Le peuple palestinien a paru vaincu, pendant qu’Israël poursuivait son annexion du territoire occupé. Continuer à lire … « Ce que veut dire Apartheid dans le cas d’Israël (plus autres textes) »