Lettre ouverte au journal L’Humanité 

Accueilli cette année sur le stand de FAL, le CSPN (Collectif de solidarité avec le peuple du Nicaragua) a été très choqué de se retrouver en face d’un stand se revendiquant du FSLN lors de la fête de L’Humanité 2022.

La plupart des membres du collectif ont soutenu le FSLN dans les années 1980, alors qu’il promettait de mettre en œuvre une révolution porteuse d’espoir pour toute l’Amérique latine et que ce petit pays résistait face à l’impérialisme américain. Mais le FSLN d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui qui avait combattu Somoza et mis en œuvre les réformes des premières années de la révolution sandiniste en faveur des plus pauvres, en respectant les droits humains, les droits des femmes et des peuples indigènes. En 2018, après avoir réprimé la jeunesse et les paysans qui s’étaient soulevés, Daniel Ortega et sa clique ont éliminé toute opposition sandiniste interne, enfermant et laissant mourir en prison d’anciens camarades d’armes, des révolutionnaires et des commandants de la révolution. Hugo Torres, par exemple, qui avait délivré Ortega lorsque celui-ci était en prison, est mort à la suite de mauvais traitements lors de son incarcération. La commandante Dora Maria Tellez, qui avait dirigé la prise du Palais national, prélude au départ de Somoza, et libéré Leòn, la deuxième ville, est à l’isolement et son état de santé est alarmant. Ce ne sont là que quelques-uns des exemples des mauvais traitements subis par les prisonnières et les prisonniers politiques. Continuer à lire … « Lettre ouverte au journal L’Humanité « 

Renverser le régime Ortega : pourquoi et comment

Pour la grande majorité des Nicaraguayens et des Nicaraguayennes, la démocratisation politique et sociale de leur pays s’impose à la fois comme un rêve et une urgence. Pourquoi cette démocratisation passe-t-elle nécessairement par le renversement du pouvoir en place ? Et comment parvenir à ce renversement ? L’évidence de la réponse à la première question le dispute à l’inévidence de la réponse à la seconde. Continuer à lire … « Renverser le régime Ortega : pourquoi et comment »

La solidarité internationale n’est pas un mot vide

Dans quelques semaines, le Brésil connaîtra son neuvième scrutin présidentiel depuis la fin de la dictature militaire et, pour la première fois depuis 1988, il y a un grand risque que le suffrage populaire ne soit pas entendu et respecté.

Depuis plusieurs années, le président Jair Bolsonaro prévoit de contester son éventuelle défaite en discréditant le système électoral brésilien. Il accuse les juges des tribunaux supérieurs d’être corrompus et partisans, prédit que les votes seront falsifiés, soupçonne les médias d’être au service du camp adverse. Inspiré par la stratégie de Donald Trump, le président brésilien mobilise ses partisans en se présentant comme une victime, persécuté par un establishment vendu à la gauche, et comme l’unique sauveur et rédempteur de la nation. Il diabolise ses adversaires et les désigne comme des ennemis. Ce faisant, il prépare les militants, pour beaucoup armés, à la violence politique et même à l’insurrection. Continuer à lire … « La solidarité internationale n’est pas un mot vide »

Chili. Un large rejet de la nouvelle Constitution. Une analyse (+ autre texte)

La nouvelle Constitution n’allait pas démanteler le néolibéralisme à elle seule, mais elle aurait sans aucun doute créé de meilleures conditions pour poursuivre la bataille. Comment expliquer qu’une grande majorité de Chiliens et Chiliennes ait tourné le dos à cette proposition constitutionnelle, considérée par de nombreuses organisations sociales comme une avancée historique ?

Dimanche 4 septembre, les militants du Comando de los movimientos sociales para el Apruebo étaient réunis au siège du syndicat Bata (Sindicato Nacional de Trabajadores empresa Bata Chile) dans le centre de Santiago, à quelques pas de l’emblématique Plaza Dignidad (centre névralgique de la grande rébellion populaire d’octobre 2019). Les résultats du référendum national visant à approuver ou à rejeter le nouveau texte constitutionnel, rédigé pendant un an par la Convention constitutionnelle (Assemblée constituante), organe élu au suffrage universel en mai 2021, ont commencé à arriver à 18 heures.

On a vite compris que le rejet allait l’emporter, mais personne n’avait prévu l’ampleur de la défaite. Après des mois de mobilisation, il a fallu faire face et accepter la victoire des secteurs conservateurs opposés à la proposition constitutionnelle, qui ne cherchait rien de moins qu’à mettre fin à la Constitution de 1980, élaborée sous la dictature de Pinochet. Continuer à lire … « Chili. Un large rejet de la nouvelle Constitution. Une analyse (+ autre texte) »

« Une victoire de l’Apruebo lèverait des barrières à l’avancée démocratique » (+ appel international de féministes)

Entretien avec Hassan Akram conduit par Cristian González Farfán

Ce dimanche 4 septembre, le Chili vivra une journée historique qui pourrait enterrer à jamais la Constitution de 1980, élaborée sous la dictature de Pinochet. Après un long processus qui a débuté avec la révolte sociale d’octobre 2019, le peuple chilien décidera, lors d’un référendum, d’approuver ou de rejeter la proposition de nouvelle Magna Carta (Constitution) émanant de l’Assemblée constituante (Convención Constitucional) qui a travaillé dans ce but pendant un an.

Il s’agit sans aucun doute de l’une des votations les plus importantes de l’histoire du pays, car, si le projet est approuvé, ce sera la première Constitution chilienne rédigée par des membres élus au suffrage universel d’une Assemblée constituante. Elle créerait également un précédent en étant la première Magna Carta au monde à être élaborée dans le cadre d’un processus paritaire, avec une perspective de genre et avec la participation des peuples originaires. Continuer à lire … « « Une victoire de l’Apruebo lèverait des barrières à l’avancée démocratique » (+ appel international de féministes) »

Les invasions de territoires autochtones ont connu une nouvelle augmentation en 2021

Rapport sur la violence contre les peuples autochtones au Brésil – données pour 2021

relatorio-20a05c-c847a

La conséquence de cette continuité politique a été une augmentation, pour la sixième année consécutive, des cas « d’invasions de propriété, d’exploitation illégale de ressources et de dommages à la propriété ». En 2021, le Cimi a enregistré 305 cas de ce type, qui ont touché au moins 226 terres indigènes (TI) dans 22 États du pays.

L’année précédente, 263 cas avaient été identifiés touchant 201 TI dans 19 États. La quantité de cas en 2021 est presque trois fois supérieure à celle enregistrée en 2018, où 109 cas de ce type ont été recensés. Continuer à lire … « Les invasions de territoires autochtones ont connu une nouvelle augmentation en 2021« 

Mexique : Campagne de la coalition pour la suspension du paiement de la dette

La Promotora por la Suspension of Public Debt Payments (PSPDP) a donné le coup d’envoi de la campagne de pétition citoyenne avec plusieurs conférences de presse simultanées le lundi 25 juillet 2022 au Zócalo de Mexico, ainsi qu’à Jalapa, Culiacán et Ciudad Victoria. Par la suite, des activités ont été organisées à Oaxaca, Torreón, Reynosa et Matamoros. La campagne de collecte de signatures et de signatures électroniques se poursuivra partout où des organisations et des citoyens prendront la responsabilité de la mener à bien. Pour l’instant, il est prévu de l’organiser partout où il y a des personnes ou des organisations liées à la Promotora, c’est-à-dire dans 23 des 32 États du Mexique.

Que demandent les signataires de la pétition citoyenne ?
La pétition des citoyens sur la dette publique exige :

  1. Que le gouvernement fédéral suspende le service de la dette publique pendant au moins deux ans afin de la restructurer et de mettre en œuvre un programme d’urgence pour nous sortir de la crise.
  2. Que le gouvernement fédéral décrète la création d’une Commission d’Audit Citoyen pour savoir comment les crédits contractés ont été utilisés et pour savoir quelles dettes sont illégitimes et immorales et ne doivent pas être payées ?
  3. Que le gouvernement fédéral annule immédiatement le paiement de la dette de Fobaproa/IPAB car elle est illégitime et constitue un vol flagrant, afin que la dette sociale ne continue pas à augmenter.
  4. Que les ressources provenant de la suspension et/ou de l’annulation de la dette ou du service de la dette soient appliquées à la création de sources de travail avec des emplois permanents et bien rémunérés, au renforcement de l’économie sociale, à l’attention intégrale aux enfants, à la santé, à l’éducation, à l’approvisionnement suffisant et sûr en eau, électricité et gaz pour les foyers, à la production d’aliments non toxiques, et à des programmes de soutien aux campagnes, aux femmes et aux peuples autochtones.

Continuer à lire … « Mexique : Campagne de la coalition pour la suspension du paiement de la dette »

Estelí Capote : « Ni l’État ni l’Église ne peuvent passer outre les droits des femmes à Porto Rico »

La militante portoricaine parle de la relation entre le féminisme et les luttes pour l’indépendance dans son pays

Estelí Capote Maldonado participe au Mouvement 29 [Movimiento 29] et au Front socialiste [Frente Socialista], des organisations dédiées à la promotion de l’indépendance de Porto Rico. Pour elle, la lutte féministe est fondamentale car, « malgré tous les progrès qui ont été réalisés à Porto Rico au cours des dernières décennies, nous vivons encore des formes d’inégalités très tacites et, en même temps, très fortes et enracinées dans la culture. Par exemple, l’inégalité dans la rémunération du travail et la violence de genre, qui est également très présente dans d’autres régions d’Amérique latine et des Caraïbes. » Continuer à lire … « Estelí Capote : « Ni l’État ni l’Église ne peuvent passer outre les droits des femmes à Porto Rico » »

Quand une femme quilombola tombe, le quilombo se lève avec elle

Les femmes quilombola rapportent leur expérience d’organisation et les priorités de lutte au Brésil

En 2011, lors de la IV Rencontre nationale de la Coordination Nationale d’articulation des communautés rurales noires quilombola [Coordenação Nacional de Articulação das Comunidades Negras Rurais Quilombolas – Conaq], à Rio de Janeiro, il a été décidé de tenir la Ière Rencontre nationale des femmes quilombola [1], qui a eu lieu en 2014, à Brasilia. Depuis ce premier événement, le collectif travaille activement sur les délibérations politiques et les prises de décision pertinentes pour les femmes quilombola au sein du mouvement. En 2015, le mouvement des femmes quilombola s’est renforcé dans ses alliances avec la participation à la coordination exécutive de la Marche des femmes noires [Marcha das Mulheres Negras], qui a eu lieu le 18 novembre 2015. De 2016 à 2018, six ateliers nationaux des femmes quilombola contre le racisme, la violence et pour le bien-être ont eu lieu ; plus d’un millier de femmes ont participé directement aux ateliers. Depuis lors, le collectif des femmes du Conaq a collaboré et renforcé les réunions et activités des femmes noires dans différents endroits du pays. Continuer à lire … « Quand une femme quilombola tombe, le quilombo se lève avec elle »

Brésil : Les femmes de La Via Campesina mettent en place une école nationale de formation

Du 4 au 8 juillet 2022, la 2ème école nationale des femmes de La Via Campesina au Brésil s’est déroulée dans la ville de Salvador – BA. La formation a été suivie par environ 60 femmes de près de 20 états, de toutes les régions du pays.

Concevant la formation comme un vaste processus, l’école a connu un moment d’études théoriques sur les concepts de base du matérialisme historique et dialectique, avec un débat sur le capital et le travail et l’appropriation de la plus-value, basé sur le contexte historique brésilien. Il y a également eu des échanges d’expériences de praxis féministe, comme celle vécue sur le carrusel et lors des tables rondes sur les questions raciales-ethniques, et l’avancée du capital dans les biomes brésiliens. Tous les moments ont été imprégnés de musique, de poésie, de soins et de bien-être. Pendant ce temps, il a été possible de réaliser une visite de la partie historique de la ville, en passant par le marché le Pelourinho, une activité qui nous a permis de découvrir la culture de Salvador, la ville qui a accueilli cette importante école. Continuer à lire … « Brésil : Les femmes de La Via Campesina mettent en place une école nationale de formation »

Le gouvernement nicaraguayen interdit les groupes féministes au service des personnes vulnérables

Les groupes de défense des droits des femmes soutenant les personnes marginalisées et appauvries sont interdits par le régime autoritaire d’Ortega. Des dizaines de groupes féministes au Nicaragua qui fournissent un soutien crucial aux femmes vulnérables ont été étiquetés « agents étrangers » et interdits par le gouvernement, ce qui signifie qu’ils ne peuvent plus opérer. Continuer à lire … « Le gouvernement nicaraguayen interdit les groupes féministes au service des personnes vulnérables »

Anticorps : Penser/Panser la Martinique en temps de pandémie

fdfd59_2e9e7a549cbf43e6abb789c036097b42~mv2

La Fabrique décoloniale est un groupe de citoyen.ne.s mené par des chercheur.e.s, historien.ne.s et artistes martiniquais.e.s, fondé dans le contexte des tensions sociales qui agitent la société martiniquaise depuis mai 2019. Cette association a pour vocation de s’interroger sur l’origine, l’influence et le dépassement du fait colonial. Ces deux dernières années, nous avons assisté à l’émergence de problématiques politiques et sociales nouvelles liées à la gestion particulière de la pandémie en Martinique. Ces dynamiques tiennent à la fois du champ politique, médical, médiatique et social. Elles nous renseignent sur notre capacité commune à gérer une crise complexe et sans doute à inventer de nouvelles formes de résilience. Ce texte est le fruit de réflexions quant à ces nouvelles dynamiques. Continuer à lire … « Anticorps : Penser/Panser la Martinique en temps de pandémie »

Colombie. Percée historique : la dépénalisation générale de l’avortement

Entretien avec Ana Gonzalez Velez conduit par Daniel Gatti

L’une des bonnes choses qui se sont produites en Colombie cette année est la large dépénalisation de l’avortement décidée en février par la Cour constitutionnelle. Brecha s’est entretenu avec Ana Cristina González Vélez, titulaire d’un master en recherche sociale sur la santé, d’un doctorat en bioéthique et l’une des responsables de l’association Causa Justa. Continuer à lire … « Colombie. Percée historique : la dépénalisation générale de l’avortement »

Paraguay : luttes prolongées contre l’expulsion et l’incarcération des peuples paysans et autochtones

Les personnes militantes du Conamuri dénoncent la criminalisation de ceux et celles qui luttent pour le droit à la terre au Paraguay et soulignent les expériences de résistance

Nous sommes sur un chemin de luttes exigeant l’abrogation de la loi 6830, connue sous le nom de loi Zabala-Ribera, qui criminalise les personnes qui se battent pour le droit à la terre. La loi modifie l’article 142 du Code pénal et augmente la peine maximale d’emprisonnement pour intrusion de cinq à dix ans, sans procès. Le changement a été approuvé en moins de huit jours. Les grands propriétaires fonciers de soja et de bétail, organisés en associations de producteurs, ont une influence sur les politiques publiques et modifient les lois en fonction de leurs intérêts pour expulser les populations.

Dès l’adoption de la loi, en septembre 2021, un certain nombre de communautés autochtones ont été expulsées de force. Les gens ont commencé à vivre dans les rues de la capitale. Les femmes, en particulier les jeunes, sont maintenant en situation d’exploitation sexuelle. Les enfants mendient. Pendant ce temps, les personnes qui se battent pour la défense de leurs territoires sont criminalisées et accusées d’intrusion dans la propriété privée. Continuer à lire … « Paraguay : luttes prolongées contre l’expulsion et l’incarcération des peuples paysans et autochtones »

La faim menace plus de quatre millions d’Haïtien nes (+ Lettre ouverte de Raoul Peck)

Haïti « fait partie d’un “cercle de feu” dans un monde où les crises climatiques, les conflits, l’insécurité alimentaire et la hausse des coûts poussent les communautés vulnérables au bord du gouffre », a déclaré Pierre Honnorat, représentant du PAM (Programme alimentaire mondial) en Haïti, lors d’une conférence de presse.

A l’inflation, aux conflits marqués par des groupes criminels et aux catastrophes dues à des phénomènes naturels s’ajoute une instabilité politique persistante, qui s’est accrue depuis l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président de l’époque, Jovenel Moïse.

Selon les dernières estimations du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) du PAM – qui permet de classer la gravité et l’ampleur de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition – sur une échelle de cinq, environ 4,5 millions d’Haïtiens, soit plus de 40% des 11 millions d’habitants du pays, souffrent de la faim. Continuer à lire … « La faim menace plus de quatre millions d’Haïtien nes (+ Lettre ouverte de Raoul Peck) »

Transformer le lieu de la soumission en autel de l’insurrection

peker-luciana-la-revolution-des-filles.jpg

« Le 30 décembre 2020, la loi sur l’avortement légal, sûr et gratuit a été adoptée en Argentine. La marée verte qui a émergé avec la force des pionnières féministes, la révolution des filles et les manifestations massives, n’a pas pu être arrêtée »

Dans son avant-propos à l’édition française, Luciana Peker ajoute :

« L’approbation de l’avortement légal en Argentine est essentielle car elle donne l’impulsion de la lutte pour la liberté de décision en Amérique latine. Plus qu’une loi nationale, c’est une porte ouverte à toutes les femmes latinoaméricaines vivant dans des contextes encore plus hostiles, conservateurs ou dangereux qui les empêchent de protester et de manifester ».

Une victoire « pour la vie des femmes, leur santé, leur sexualité et leur liberté », la conjugaison de l’histoire au futur, les Mères de la place de Mai, le foulard vert, « C’est le plus important signe politique qui ait émergé du XXIe siècle et qui symbolise la liberté, l’autonomie, la solidarité, l’indépendance, la jouissance sexuelle, la lutte contre la violence, etc. »… Continuer à lire … « Transformer le lieu de la soumission en autel de l’insurrection »

Le combat de Marielle est toujours vivant : pour des territoires sans pauvreté, racisme, machisme ni militarisme

Quatre ans se sont écoulés depuis l’exécution de Marielle Franco, la cinquième conseillère municipale élue avec le plus de voix de la ville de Rio de Janeiro. Marielle exerçait son premier mandat lorsqu’elle a été exécutée le 14 mars 2018 dans une voiture au centre-ville de Rio de Janeiro. L’un des tueurs, le policier à la retraite Ronnie Lessa, voisin du président Jair Bolsonaro, a été condamné en 2019. La motivation et les commanditaires du crime n’ont pas encore été identifiés par la justice.

Une mobilisation sociale est grande pour avoir des réponses. À Rio de Janeiro et dans d’autres régions du Brésil et du monde, de grandes manifestations de rue ont eu lieu. Marielle Franco est devenue un symbole de la lutte contre la militarisation et contre les injustices sociales.

La conseillère municipale qui s’identifiait comme femme, noire et pauvre, suivait de près l’intervention militaire de sécurité promue par le gouvernement putschiste de Michel Temer. Continuer à lire … « Le combat de Marielle est toujours vivant : pour des territoires sans pauvreté, racisme, machisme ni militarisme »

L’Amérique latine, les gauches et les luttes pour le droit à l’avortement 

Le 21 février dernier, la Cour constitutionnelle colombienne a dépénalisé l’avortement. Cette décision marque une avancée indéniable du mouvement féministe colombien et résonne dans tout le continent latino-américain.

Le 21 février 2022, la Cour constitutionnelle de Colombie, par cinq voix contre quatre (dont trois femmes), votait la dépénalisation de l’avortement jusqu’à 24 semaines de grossesse. Depuis 2006 (auparavant, il était totalement interdit), l’avortement, comme dans la plupart des pays latino-américains, n’était autorisé qu’en cas de viol, de mise en danger de la vie de la mère, et si le fœtus n’était pas viable [1]. Si cette décision marque, sans conteste, une avancée majeure pour le mouvement féministe, le plus dur est à venir. Continuer à lire … « L’Amérique latine, les gauches et les luttes pour le droit à l’avortement « 

Colombie : De graves violations des droits humains persistent alors que les élections législatives et présidentielles approchent (+ autre texte)

Les organisations françaises et colombiennes membres du consortium Ensemble pour la Paix expriment leur vive préoccupation face à l’augmentation exponentielle de la violence dans le pays, qui affecte les vies humaines, les processus communautaires et environnementaux, et aggrave la situation sociopolitique du pays.

Entre mars et juin auront lieu les élections parlementaires et présidentielles, avec comme nouveauté l’élection des 16 sièges de paix pour les victimes du conflit armé prévus par l’Accord final de paix de 2016, un événement historique dans le pays puisque les régions les plus touchées par la violence et qui n’ont jamais été représentées au sein du pouvoir législatif joueront un rôle de premier plan dans la vie politique du pays.

Cette situation est précédée d’une année 2021 marquée par la répression des mouvements sociaux, le harcèlement, la criminalisation et la persécution des manifestant.e.s et des défenseur.e.s des droits humains, et une plus grande visibilité du paramilitarisme urbain. Ce dernier phénomène fait référence aux civils situés à proximité des forces de l’ordre qui, en toute impunité, ont tiré à balles réelles sur des manifestant.e.s. Continuer à lire … « Colombie : De graves violations des droits humains persistent alors que les élections législatives et présidentielles approchent (+ autre texte) »

Bolsonaro se sert de la guerre en Ukraine pour faire avancer son projet de mort contre les peuples autochtones

Logo-CIMI

Ces derniers jours, le gouvernement de Jair Bolsonaro a intensifié son offensive contre les droits des peuples autochtones du Brésil et le non-respect de leurs territoires. Dans des déclarations publiques, Bolsonaro a affirmé que le conflit entre la Russie et l’Ukraine aurait un impact sur les importations de produits fertilisants et que la solution passait par l’exploration minière en terres autochtones. Ainsi, le gouvernement se sert de la situation que connaît l’Europe pour amplifier sa propre guerre contre les peuples autochtones du Brésil.

Cette attitude n’est pas nouvelle et reflète le vrai visage du gouvernement actuel. En janvier 2020, le pouvoir exécutif a envoyé à la Chambre des députés le projet de loi (PL) 191/2020 qui vise à régulariser l’exploitation des mines et des hydrocarbures en terres autochtones, au mépris du droit des peuples originaires à l’autodétermination et à la consultation préalable, libre et informée. En 2021 et 2022, ce projet de loi a été désigné par le gouvernement comme l’un des projets législatifs à être examinés en priorité par la Chambre des députés. Continuer à lire … « Bolsonaro se sert de la guerre en Ukraine pour faire avancer son projet de mort contre les peuples autochtones »