Paraguay : luttes prolongées contre l’expulsion et l’incarcération des peuples paysans et autochtones

Les personnes militantes du Conamuri dénoncent la criminalisation de ceux et celles qui luttent pour le droit à la terre au Paraguay et soulignent les expériences de résistance

Nous sommes sur un chemin de luttes exigeant l’abrogation de la loi 6830, connue sous le nom de loi Zabala-Ribera, qui criminalise les personnes qui se battent pour le droit à la terre. La loi modifie l’article 142 du Code pénal et augmente la peine maximale d’emprisonnement pour intrusion de cinq à dix ans, sans procès. Le changement a été approuvé en moins de huit jours. Les grands propriétaires fonciers de soja et de bétail, organisés en associations de producteurs, ont une influence sur les politiques publiques et modifient les lois en fonction de leurs intérêts pour expulser les populations.

Dès l’adoption de la loi, en septembre 2021, un certain nombre de communautés autochtones ont été expulsées de force. Les gens ont commencé à vivre dans les rues de la capitale. Les femmes, en particulier les jeunes, sont maintenant en situation d’exploitation sexuelle. Les enfants mendient. Pendant ce temps, les personnes qui se battent pour la défense de leurs territoires sont criminalisées et accusées d’intrusion dans la propriété privée. Continuer à lire … « Paraguay : luttes prolongées contre l’expulsion et l’incarcération des peuples paysans et autochtones »

La faim menace plus de quatre millions d’Haïtien nes (+ Lettre ouverte de Raoul Peck)

Haïti « fait partie d’un “cercle de feu” dans un monde où les crises climatiques, les conflits, l’insécurité alimentaire et la hausse des coûts poussent les communautés vulnérables au bord du gouffre », a déclaré Pierre Honnorat, représentant du PAM (Programme alimentaire mondial) en Haïti, lors d’une conférence de presse.

A l’inflation, aux conflits marqués par des groupes criminels et aux catastrophes dues à des phénomènes naturels s’ajoute une instabilité politique persistante, qui s’est accrue depuis l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président de l’époque, Jovenel Moïse.

Selon les dernières estimations du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) du PAM – qui permet de classer la gravité et l’ampleur de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition – sur une échelle de cinq, environ 4,5 millions d’Haïtiens, soit plus de 40% des 11 millions d’habitants du pays, souffrent de la faim. Continuer à lire … « La faim menace plus de quatre millions d’Haïtien nes (+ Lettre ouverte de Raoul Peck) »

Transformer le lieu de la soumission en autel de l’insurrection

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« Le 30 décembre 2020, la loi sur l’avortement légal, sûr et gratuit a été adoptée en Argentine. La marée verte qui a émergé avec la force des pionnières féministes, la révolution des filles et les manifestations massives, n’a pas pu être arrêtée »

Dans son avant-propos à l’édition française, Luciana Peker ajoute :

« L’approbation de l’avortement légal en Argentine est essentielle car elle donne l’impulsion de la lutte pour la liberté de décision en Amérique latine. Plus qu’une loi nationale, c’est une porte ouverte à toutes les femmes latinoaméricaines vivant dans des contextes encore plus hostiles, conservateurs ou dangereux qui les empêchent de protester et de manifester ».

Une victoire « pour la vie des femmes, leur santé, leur sexualité et leur liberté », la conjugaison de l’histoire au futur, les Mères de la place de Mai, le foulard vert, « C’est le plus important signe politique qui ait émergé du XXIe siècle et qui symbolise la liberté, l’autonomie, la solidarité, l’indépendance, la jouissance sexuelle, la lutte contre la violence, etc. »… Continuer à lire … « Transformer le lieu de la soumission en autel de l’insurrection »

Le combat de Marielle est toujours vivant : pour des territoires sans pauvreté, racisme, machisme ni militarisme

Quatre ans se sont écoulés depuis l’exécution de Marielle Franco, la cinquième conseillère municipale élue avec le plus de voix de la ville de Rio de Janeiro. Marielle exerçait son premier mandat lorsqu’elle a été exécutée le 14 mars 2018 dans une voiture au centre-ville de Rio de Janeiro. L’un des tueurs, le policier à la retraite Ronnie Lessa, voisin du président Jair Bolsonaro, a été condamné en 2019. La motivation et les commanditaires du crime n’ont pas encore été identifiés par la justice.

Une mobilisation sociale est grande pour avoir des réponses. À Rio de Janeiro et dans d’autres régions du Brésil et du monde, de grandes manifestations de rue ont eu lieu. Marielle Franco est devenue un symbole de la lutte contre la militarisation et contre les injustices sociales.

La conseillère municipale qui s’identifiait comme femme, noire et pauvre, suivait de près l’intervention militaire de sécurité promue par le gouvernement putschiste de Michel Temer. Continuer à lire … « Le combat de Marielle est toujours vivant : pour des territoires sans pauvreté, racisme, machisme ni militarisme »

L’Amérique latine, les gauches et les luttes pour le droit à l’avortement 

Le 21 février dernier, la Cour constitutionnelle colombienne a dépénalisé l’avortement. Cette décision marque une avancée indéniable du mouvement féministe colombien et résonne dans tout le continent latino-américain.

Le 21 février 2022, la Cour constitutionnelle de Colombie, par cinq voix contre quatre (dont trois femmes), votait la dépénalisation de l’avortement jusqu’à 24 semaines de grossesse. Depuis 2006 (auparavant, il était totalement interdit), l’avortement, comme dans la plupart des pays latino-américains, n’était autorisé qu’en cas de viol, de mise en danger de la vie de la mère, et si le fœtus n’était pas viable [1]. Si cette décision marque, sans conteste, une avancée majeure pour le mouvement féministe, le plus dur est à venir. Continuer à lire … « L’Amérique latine, les gauches et les luttes pour le droit à l’avortement « 

Colombie : De graves violations des droits humains persistent alors que les élections législatives et présidentielles approchent (+ autre texte)

Les organisations françaises et colombiennes membres du consortium Ensemble pour la Paix expriment leur vive préoccupation face à l’augmentation exponentielle de la violence dans le pays, qui affecte les vies humaines, les processus communautaires et environnementaux, et aggrave la situation sociopolitique du pays.

Entre mars et juin auront lieu les élections parlementaires et présidentielles, avec comme nouveauté l’élection des 16 sièges de paix pour les victimes du conflit armé prévus par l’Accord final de paix de 2016, un événement historique dans le pays puisque les régions les plus touchées par la violence et qui n’ont jamais été représentées au sein du pouvoir législatif joueront un rôle de premier plan dans la vie politique du pays.

Cette situation est précédée d’une année 2021 marquée par la répression des mouvements sociaux, le harcèlement, la criminalisation et la persécution des manifestant.e.s et des défenseur.e.s des droits humains, et une plus grande visibilité du paramilitarisme urbain. Ce dernier phénomène fait référence aux civils situés à proximité des forces de l’ordre qui, en toute impunité, ont tiré à balles réelles sur des manifestant.e.s. Continuer à lire … « Colombie : De graves violations des droits humains persistent alors que les élections législatives et présidentielles approchent (+ autre texte) »

Bolsonaro se sert de la guerre en Ukraine pour faire avancer son projet de mort contre les peuples autochtones

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Ces derniers jours, le gouvernement de Jair Bolsonaro a intensifié son offensive contre les droits des peuples autochtones du Brésil et le non-respect de leurs territoires. Dans des déclarations publiques, Bolsonaro a affirmé que le conflit entre la Russie et l’Ukraine aurait un impact sur les importations de produits fertilisants et que la solution passait par l’exploration minière en terres autochtones. Ainsi, le gouvernement se sert de la situation que connaît l’Europe pour amplifier sa propre guerre contre les peuples autochtones du Brésil.

Cette attitude n’est pas nouvelle et reflète le vrai visage du gouvernement actuel. En janvier 2020, le pouvoir exécutif a envoyé à la Chambre des députés le projet de loi (PL) 191/2020 qui vise à régulariser l’exploitation des mines et des hydrocarbures en terres autochtones, au mépris du droit des peuples originaires à l’autodétermination et à la consultation préalable, libre et informée. En 2021 et 2022, ce projet de loi a été désigné par le gouvernement comme l’un des projets législatifs à être examinés en priorité par la Chambre des députés. Continuer à lire … « Bolsonaro se sert de la guerre en Ukraine pour faire avancer son projet de mort contre les peuples autochtones »

Génocide des femmes et travail dans les maquiladoras au Mexique

Le féminicide est le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme. Mais il existe un type de féminicide qui n’est pas aussi facile à reconnaître : le féminicide social ou caché, qui comprend des formes non explicites de meurtre de femmes et se produit lorsque leur mort est autorisée en raison d’attitudes ou d’institutions sociales misogynes.

Rita Laura Segato a parlé de la « juarisation du Mexique » à de nombreuses reprises. Dans cette brève intervention, je propose de discuter d’un moment proche mais différent du féminicide tel que nous le connaissons et tel que nous l’avons typé dans le Code pénal depuis 2012. Pour cette raison, et parce que nous nous intéressons ici aux approches marxistes, je vais parler du travail dans les maquiladoras. Je soutiendrai que l’organisation de ce type de travail est un exemple de la forme patriarcale de gestion de la valeur produite par les femmes qui y participent.

Faisant appel à la notion de « féminicide secret ou social » de Diana Russell, je soutiendrai que, dans ces formes de travail, les expressions matérielles du patriarcat et les formes d’exploitation font de ces acteurs des citoyens/travailleurs jetables, et il n’est pas surprenant que, dès lors, leur mort puisse être systématiquement ignorée par un État qui, pendant des décennies, a reconnu que le problème était mineur. Ce faisant, j’aborderai la notion de  « génocide féminin » et j’oserai dire que la maquila contribue indirectement à un type de génocide féminin caché. Continuer à lire … « Génocide des femmes et travail dans les maquiladoras au Mexique »

Argentine : Non à l’accord avec le FMI : Journée de mobilisation de la 8F

Mardi 8 février, des organisations sociales, syndicales, étudiantes et de défense des droits de l’homme ainsi qu’un large éventail de la gauche argentine ont défilé dans tout le pays, sous le slogan unificateur : « Non au pacte du gouvernement avec le FMI ».

Depuis l’« Autoconvocatoria por la Suspensión de Pagos e Investigación de la Deuda », un espace composé de plus de 400 mouvements et organisations, nous avons mené des actions de sensibilisation. Depuis les radios ouvertes, les journées de diffusion, la distribution de tracts, jusqu’à l’important Tribunal populaire contre la dette et le FMI, qui s’est tenu en 2020.

Nous pensons également qu’il est fondamental d’« être dans la rue » pour résister à ce Pacte et à toutes les négociations avec le FMI et les « créanciers » privés. Continuer à lire … « Argentine : Non à l’accord avec le FMI : Journée de mobilisation de la 8F »

Honduras : organisation féministe et populaire pour changer un pays meurtri et endetté

L’élection de Xiomara Castro entraîne la nécessité de changements structurels dans la politique hondurienne

Depuis 2009, le Honduras connaît un processus de détérioration institutionnelle. Le coup d’État qui a eu lieu cette année-là contre l’ancien président Manuel Zelaya a été, comme on dit, la goutte d’eau. Ce coup d’État s’est produit lorsqu’une consultation populaire sur le sujet de la réélection était proposée – ce qui n’était même pas si structurel à côté des problèmes les plus profonds que connaît notre pays. La proximité de Zelaya avec les mouvements populaires a laissé des groupes puissants, nationaux et étrangers, sur le qui-vive.

Le coup d’État a marqué une nouvelle histoire pour nous, Honduriens et Honduriennes. Le Honduras était au centre des intérêts géopolitiques des États-Unis pour la domination économique des Amériques. Actuellement, les États-Unis agissent en fonction de leurs intérêts dans la région de l’Amérique centrale, sachant qu’ils ont perdu le Nicaragua, le Costa Rica, El Salvador, qu’ils ont de graves problèmes avec le Guatemala et qu’ils ne veulent pas perdre le Honduras. L’intérêt des États-Unis pour le Honduras est dû à l’appareil militaire du pays, aux bases militaires qui existent ici, y compris la base aérienne connue sous le nom de Palmerola [Colonel José Enrique Soto Cano], la plus grande base militaire américaine en Amérique centrale. Continuer à lire … « Honduras : organisation féministe et populaire pour changer un pays meurtri et endetté »

 2022, une année décisive : radicaliser le féminisme, transformer le Brésil

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Cette année qui commence sera décisive pour les femmes et les mouvements populaires en général au Brésil. Une année de luttes, cruciale pour dire non au néolibéralisme, à l’autoritarisme, au négationnisme, et pour élaborer et affirmer à quoi ressemble le pays dans lequel nous voulons vivre.

Chaque jour et aussi lors des élections qui auront lieu en octobre, nous avons pour tâche de chasser l’extrême droite du pouvoir. La situation politique actuelle au Brésil trouve son origine dans le coup d’État contre le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff (PT), qui s’est produit en 2016. Peu après le coup d’État, les politiques d’austérité néolibérales ont repris et les politiques du gouvernement précédent ont été démantelées. Des projets rétrogrades ont été approuvés, tels que l’amendement constitutionnel 95, qui a gelé les dépenses sociales pendant 20 ans, et la contre-réforme du travail. Continuer à lire …  » 2022, une année décisive : radicaliser le féminisme, transformer le Brésil »

Hugo Torres Jiménez : héros de la lutte contre la dictature de Somoza (plus autres textes )

  • Mónica Baltodano : Hugo Torres Jiménez : héros de la lutte contre la dictature de Somoza
  • Nicaragua – Appel à la communauté universitaire à signer une déclaration de solidarité avec les universités nicaraguayennes 
  • Sergio Ramírez : Les procès de Managua et les purges staliniennes
  • Eric Nepomuceno : Nicaragua. Histoire d’une trahison


Il ne s’est jamais soumis au pouvoir et lorsque Ortega a repris le gouvernement, il a refusé tout poste, avantage ou privilège.

« Aujourd’hui, nous serons des héros ou des martyrs », a déclaré le légendaire Germán Pomares quand Eduardo Contreras, chef du commando, a annoncé : « C’est pour aujourd’hui et impossible de revenir en arrière ! » C’était le 27 décembre 1974 et, en effet, Hugo Torres Jiménez est devenu un héros, non seulement en raison de sa participation à l’action commando de la prise de la maison de Chema Castillo, mais aussi pour toutes ses années de lutte guérilla contre Somoza et son rôle déterminant de chef militaire dans l’assaut spectaculaire du Palais national.

Il ne s’est jamais soumis au pouvoir et lorsque Ortega a repris le gouvernement, il a refusé tout poste, avantage ou privilège. Aujourd’hui, il est le seul ex- général de l’Armée nationale à poursuivre activement la lutte pour la démocratie au Nicaragua et, par son exemple, depuis les ergastules du régime, l’ancien chef de la direction politique de l’Armée populaire sandiniste (EPS), montre la voie, direction plein nord [référence au titre de son livre], que doivent suivre ses anciens compagnons d’armes et tous ceux qui refusent de se rendre et de vivre comme des esclaves. Continuer à lire … « Hugo Torres Jiménez : héros de la lutte contre la dictature de Somoza (plus autres textes ) »

Blocage contre le projet minier d’AntaKori : Les femmes et les communautés péruviennes en résistance

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Les chemins de la résistance dans le blocage appelé par les organisations paysannes et indigènes de la région nord du Pérou

Résister aux mégaprojets miniers est une tâche quotidienne des communautés paysannes et autochtones du Pérou et de tant d’autres territoires d’Amérique latine.

En janvier de cette année, nous, militantes d’organisations populaires péruviennes, avons organisé un blocage pour exiger le retrait du projet minier AntaKori, dans la région de Sinchao, dans le district de Chugur-Cajamarca, où la société Anta Norte a mené ses activités avec des fonds de la société canadienne Regulus Resources. Le blocage a commencé le 17 janvier et a été temporairement interrompu le 25 janvier, après la visite d’une commission gouvernementale dans la région. Une assemblée populaire s’est tenue en présence des autorités du gouvernement national, régional et de l’État, et de plus de trois mille personnes, dont des hommes, des femmes et des enfants.

« Nous exigeons de la commission le retrait de la société minière de notre territoire, démontrant notre rejet de l’extractivisme. » Continuer à lire … « Blocage contre le projet minier d’AntaKori : Les femmes et les communautés péruviennes en résistance »

Haïti. Le Mouvement paysan de Papaye : combattre conjointement la déforestation et la crise climatique (+ autre texte)

Haïti, le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, a souvent été synonyme de déforestation et de calamité environnementale. On dit souvent que sa frontière avec la République dominicaine peut être vue depuis l’espace, tant la différence est marquée entre les forêts luxuriantes à l’est et les terres incultes à l’ouest.

« Dans la nature, tout est lié l’un à l’autre », explique Jean-Baptiste Chavannes qui a fondé, en 1973, le Mouvement paysan de Papaye (MPP- Mouvman Peyizan Papay), qui lutte contre la déforestation et la crise climatique dans les régions les plus pauvres d’Haïti.

A chaque mois qui passe, les malheurs d’Haïti semblent s’aggraver. Depuis deux ans, des mobilisations généralisées et des pénuries de carburant constantes rythment la vie quotidienne. En juillet [le 7 juillet 2021] de l’année dernière, le président de ce pays des Caraïbes, Jovenel Moïse, a été assassiné à son domicile. Le mois suivant, le sud appauvri de l’île a été frappé par un tremblement de terre d’une magnitude de 7,2 sur l’échelle de Richter. Il a tué au moins 2200 personnes et détruit des dizaines de milliers de maisons. Puis, en septembre 2021, une vague d’expulsions de ressortissants haïtiens des Etats-Unis – dans un contexte d’augmentation alarmante des enlèvements à Haïti [entre autres de 16 missionnaires des Etats-Unis et d’un Canadien] – a plongé l’île dans une plus grande instabilité. Continuer à lire … « Haïti. Le Mouvement paysan de Papaye : combattre conjointement la déforestation et la crise climatique (+ autre texte) »

La faim est un scandale et un crime contre les droits humains !

Communiqué du Forum permanent sur la population adulte sans abri de Rio de Janeiro

Avec la suspension du programme Rio de Janeiro Alimenta, 3 000 repas offerts quotidiennement, entre le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, ne sont plus livrés à la population des rues et aux autres groupes en situation d’extrême vulnérabilité.

Le Forum permanent sur la population adulte sans-abri de Rio de Janeiro a participé, le 19 janvier, à une réunion organisée par le Ministère public de l’État de Rio de Janeiro, par l’intermédiaire du Centre de soutien opérationnel des promoteurs de la justice pour la citoyenneté (CAO Citoyenneté / MPRJ), du 7e Bureau du procureur de la protection collective de la défense de la citoyenneté de la capitale et de la Coordination générale de la promotion de la dignité de la personne humaine, afin d’aborder les questions liées à l’alimentation des personnes sans abri. Continuer à lire … « La faim est un scandale et un crime contre les droits humains ! »

Textes sur le Nicaragua (février 2022)

  • Le Forum permanent de politique extérieure appelle à ne pas rester indifférent aux graves événements au Nicaragua

  • Communiqué des familles des prisonnier.e.s politiques du « Chipote » sur les procès injustes et illégaux

  • Toute honte bue. Au Nicaragua, la dictature frappe de plus en plus fort

Continuer à lire … « Textes sur le Nicaragua (février 2022) »

Nous sommes ici pour dire « Assez ! Nous ne devons plus accepter la violence et l’impunité ! »

Communiqué de dénonciation du carnage organisé par l’État de Goias a la Chapada dos Veadeiros

La communauté de São Jorge et de la Chapada dos Veadeiros, avec le soutien de diverses entités de défense des droits humains et de mouvements sociaux de Goiás, dénonce publiquement l’action policière du 19 janvier dernier, désormais désignée comme le Carnage de la Chapada dos Veadeiros et organisée par l’État de Goiás qui a assassiné quatre personnes, dont un quilombola dans la zone rurale de Cavalcante.

Ce jour-là, la Police militaire (PM) de Goiás a envahi, sans mandat ni enquête préalable, une propriété située dans la zone rurale de Cavalcante où se trouvait une plantation de cannabis et dans laquelle sept personnes ont été retrouvées. Quatre d’entre elles ont été tuées, sans défense, par la PM et trois autres ont réussi à s’échapper. Continuer à lire … « Nous sommes ici pour dire « Assez ! Nous ne devons plus accepter la violence et l’impunité ! » »

Martha Rosenberg : « Le combat pour le droit à l’avortement ne s’est pas arrêté avec l’adoption de la loi »

Le 30 décembre 2020, la majorité du Sénat argentin a voté en faveur de la légalisation de l’avortement. Cette approbation est le résultat d’un vaste et intense processus de mobilisation nationale et territoriale, qui a encouragé et inspiré les militantes féministes des Amériques et du monde entier. Un an et un mois plus tard, les femmes argentines continuent de s’organiser, surveillant le respect de la loi, exigeant l’élargissement de l’accès aux services et la libération des femmes emprisonnées pour avoir avorté. L’avortement légal, sûr et gratuit est une revendication qui approfondit la démocratie et ne se matérialise que lorsqu’elle est ancrée dans le débat, la lutte et la pression féministe large et populaire.

Pour comprendre à quoi ressemblait la lutte féministe pour l’autonomie en cette première année d’avortement légal en Argentine, nous avons discuté avec Martha Rosenberg, l’une des fondatrices de la Campagne nationale pour le droit à un avortement légal, sûr et gratuit [Campaña Nacional por el Derecho al Aborto Legal, Seguro y Gratuito]. Psychanalyste et militante féministe historique, Martha a partagé avec Capire son évaluation politique de ce fort processus de mobilisation qui a conduit à la légalisation de l’avortement, ainsi que ses paris pour continuer à approfondir et à concrétiser ce droit. Martha est l’auteure de Del aborto y otras interrupciones [De l’avortement et d’autres interruptions], un livre qui compile des articles écrits tout au long de sa vie sur les luttes des femmes pour l’autonomie. Continuer à lire … « Martha Rosenberg : « Le combat pour le droit à l’avortement ne s’est pas arrêté avec l’adoption de la loi » »

Deux articles sur le Brésil (Laurent Delcourt. João Whitaker)

La victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, aux élections présidentielles d’octobre 2018 a marqué un tournant majeur dans la trajectoire du plus grand pays d’Amérique latine. Trois ans après son investiture, quel bilan peut-on tirer de sa présidence ? Entretien avec Laurent Delcourt (chargé d’études au CETRI) réalisé par Global Initiativ’ (UCL).

GI – Au Brésil, la barre des 600 000 décès liés au covid-19 a été franchie en octobre 2021. La gestion de la crise sanitaire par Bolsonaro a été pointée du doigt pour expliquer cette hécatombe. Son attitude face à la pandémie peut-elle aussi être interprétée comme une manœuvre stratégique pour affaiblir ses adversaires politiques ?

LD – Oui, bien entendu. On pourrait être tenté de voir dans l’attitude de déni de Bolsonaro uniquement de l’irresponsabilité ou de la négligence. C’est ce qui transparaît souvent dans la presse. Mais l’on doit aller au-delà d’une telle interprétation pour bien saisir les motivations profondes qui commandent l’action de son gouvernement. Les discours conspirationnistes du président brésilien masquent en réalité une sorte de pragmatisme froid et calculateur qui poursuit des objectifs économiques et politiques bien compris. Continuer à lire … « Deux articles sur le Brésil (Laurent Delcourt. João Whitaker) »

Déclaration : Nous rejetons l’appel d’Abinader, d’Alvarado et de Cortizo à renforcer l’ingérence de l’ONU en Haïti

Nous élevons la plus vigoureuse protestation contre l’initiative entreprise par les dirigeants de la République Dominicaine, du Panama et du Costarica, lors d’un sommet à Puerto Plata le 11 décembre dernier demandant que le mandat de l’ONU en Haïti soit renforcé et prolongé. Au delà du langage diplomatique, cela ouvrirait la porte à l’envoi d’une nouvelle mission de Casques bleus de l’ONU en Haïti.

Ces trois gouvernements se sont caractérisés par leur soumission aux Etats-unis et ont mené des politiques de privatisation et de restriction des droits démocratiques de leur propre population. Ils ont également mis en œuvre des politiques à l’encontre des migrants haïtiens dans leur pays, de sorte qu’ils ne parlent ni n’agissent dans l’esprit de solidarité avec Haïti.

Nous le clamons haut et fort et avec la plus énergique conviction, qu’en ce qui concerne Haïti, les Etats-unis, l’ONU, l’OEA, le FMI et consorts font partie du PROBLEME et non de la SOLUTION. Continuer à lire … « Déclaration : Nous rejetons l’appel d’Abinader, d’Alvarado et de Cortizo à renforcer l’ingérence de l’ONU en Haïti »