Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Un laboratoire d’expérimentations néolibérales

Le Chili, des réflexions critiques sur « les permanences et les réajustements des politiques libérales », des regards sur des résistances, des recherches sur les influences du passé dans la configuration actuelle.

Il est important d’examiner différents aspects du capitalisme néolibéral, de comparer les déclinaisons suivant les contextes et les pays. De ce point de vue, l’histoire du Chili devrait être étudiée par toutes et tous. Laboratoire de la mise en œuvre de mesures néolibérales sous la dictature d’Augusto Pinochet, longtemps avant les oeuvres destructives de Margaret Thatcher. Une politique activement inspirée de « Chicago boys » dont la responsabilité, me semble-t-il, mériterait des suites judiciaires. Lire la suite

France-Guadeloupe. Mai 1967 : « Lorsque les Nègres auront faim ils reprendront le travail »

Les 25 et 26 mai 1967, dans les rues de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), à l’occasion d’une grève des ouvriers du bâtiment, qui réclamaient 2,5% d’augmentation de salaire, les quartiers de la ville sont jetés dans l’effroi, les larmes et le sang.

Le 23 mars 1967, des ouvriers des chantiers Ghisoni-Zanella, dans les faubourgs de Pointe-à-Pitre, cessent le travail, c’est la grève: ils réclament un meilleur salaire, le paiement des heures supplémentaires, de meilleures conditions de travail… A la suite de ce mouvement, les syndicats (CGTG, Fraternité ouvrière, CFDT…) prennent le relais par l’intermédiaire de la commission paritaire qui se réunit en avril afin d’examiner les revendications des ouvriers. Plusieurs réunions ont lieu. Lire la suite

CNI – EZLN : L’heure est venue

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Congreso Nacional Indígena CNI 

Ejército zapatista de liberación nacional EZLN 

Au peuple du Mexique

Aux peuples du monde

Aux médias

Aux signataires nationaux et internationaux de la Sixième Déclaration de la Jungle Lacandone

Nous adressons au monde cette parole urgente depuis l’Assemblée Constitutive du Conseil autochtone de gouvernement où nous nous sommes retrouvés, nous peuples, communautés, nations et tribus du  Congrès national indigène : Apache, Amuzgo, Chatino, Chichimeca, Chinanteco, Chol, Chontal de Oaxaca, Chontal de Tabasco, Coca, Cuicateco, Mestizo, Hñähñü, Ñathö, Ñuhhü, Ikoots, Kumiai, Lakota, Mam, Matlazinca, Maya, Mayo, Mazahua, Mazateco, Me`phaa, Mixe, Mixe-Popoluca, Mixteco, Mochó, Nahua o Mexicano, Nayeri, Popoluca, Purépecha, Q´anjob´al, Rarámuri, Tének, Tepehua, Tlahuica, Tohono Odham, Tojolabal, Totonaco, Triqui, Tseltal, Tsotsil, Wixárika, Xi´iuy, Yaqui, Binniza, Zoque, Akimel O´otham et Comkaac.

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Le temps des femmes latino-américaines

Le réveil s’est manifesté du jour au lendemain, avec une urgence accélérée, cependant il couvait à feu doux depuis des décennies. Le 3 juin 2015, date de la première mobilisation Ni Una Menos, les femmes argentines assumaient les commandes d’un mouvement tectonique dont l’onde de choc serait ressentie dans des dizaines de pays, avec un mot d’ordre sans appel né du rejet d’un féminicide brutal : « Arrêtez de nous tuer ».

Le 3 juin de l’année suivante, Ni Una Menos se consoliderait en tant que symbole d’un mouvement des femmes revitalisé qui s’internationalise par débordement, en tissant des réseaux qui rapprochent les femmes de tout le continent latino-américain jusqu’à convertir son mot d’ordre en l’un des slogans les plus martelés lors des manifestations de plus en plus fréquentes :

« Alerte, alerte, les féministes sont en marche dans toute l’Amérique latine. Et que tremblent, tremblent, tremblent les machistes :
Car l’Amérique latine tout entière sera féministe ».
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Appel international urgent pour stopper la montée de la violence au Venezuela

Regarder le Venezuela au-delà de la polarisation

Envoyer vos signatures à : comiteporlapazenvenezuela@gmail.com

En tant qu’universitaires, intellectuels ou militants de la société civile, nous souhaitons exprimer notre profonde préoccupation face à la situation incontrôlée de violence politique et sociale au Venezuela qui a déjà entraîné plus de cinquante morts, des centaines de blessés et de détenus renvoyés devant des tribunaux militaires.

Nous sommes conscients que la situation de violence dans laquelle le Venezuela est plongé aujourd’hui a des origines nombreuses et complexes, dans un contexte de polarisation politique de plus en plus virulente et de désintégration du tissu social. Le conflit vénézuélien a ainsi différences faces. Lire la suite

Frontières de l’inégalité et diversité des situations sociales

Dans leur introduction, Alice Rangel de Paiva Abreu, Nadya Araujo Guimarães, Helena Hirata, Maria Rosa Lombardi, Margaret Maruani, Bila Sorj indiquent que l’ouvrage « montre les segmentations et hiérarchisations entre activités masculines et féminines tout autant que les fractures entre les marchés du travail féminins, ceux où les femmes s’en sortent, gagnent bien leur vie – même si elles ne sont pas à égalité avec les hommes – et ceux où elles subissent des emplois précaires, incertains, voire indécents. Dans les deux pays. Il traite de la ségrégation des emplois, des écarts de salaires, de la division sexuelle du travail, de la précarité, du sous-emploi, du travail domestique et du travail des domestiques ». Les frontières de l’inégalité n’empruntent pas les mêmes chemins, ne débouchent pas sur les mêmes situations, il convient de contextualiser et d’historiciser. Lire la suite

Depuis le Venezuela : sept clés pour comprendre la crise actuelle

Il est impossible de comprendre la crise que connait aujourd’hui le Venezuela sans analyser l’ensemble des facteurs que nous vivons « de l’intérieur », et que les principaux medias n’expliquent pas.

Nous présentons ici sept clés de la crise actuelle et insistons sur l’impossibilité qu’il y a à comprendre ce qui se passe au Venezuela si l’on ne tient pas compte de l’intervention étrangère et du fait que le concept de « dictature », inopérant pour expliquer le cas du Venezuela, n’est pas une spécificité régionale de ce pays. Nous pensons quant à nous que le contrat social, les institutions et les cadres de l’économie formelle sont en train d’exploser et que le futur et les politiques de notre pays sont déterminés par la force et un certain nombre de mécanismes informels, exceptionnels et souterrains. Nous pensons que les deux blocs partisans qui se disputent le pouvoir partagent le même horizon néolibéral et que nous assistons à une crise historique du capitalisme rentier vénézuélien. Les communautés, les organisations populaires et les mouvements sociaux font face à une désagrégation progressive du tissu social.

La façon dont est traitée la question du Venezuela dans les grands medias internationaux est certainement unique au monde, faite de déformations, manichéisme, slogans, manipulations et omissions. Lire la suite