Archives de Catégorie: Europe

Discours de Zoe Konstantopulou contre le 3e mémorandum le 14 août 2015 « Messieurs du gouvernement, vous n’avez pas le droit de placer sur les épaules du pays un nouvel emprunt, en acceptant le paiement d’une dette illégale. »

Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, pour commencer, je voudrais attirer votre attention sur le fait que le projet de loi introduit devant le Parlement – ‘introduit’, ici, est à prendre aussi bien au sens propre qu’au sens figuré1 – est inconstitutionnel pour les motifs invoqués dans les exceptions d’inconstitutionnalité déposées par le Syriza le 7 novembre 2012, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 14 novembre 2013, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 30 mars 2014, motifs que j’ai eu l’honneur de présenter pour le compte du groupe parlementaire du Syriza et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, mais aussi pour les raisons invoquées par le Premier Ministre de Grèce, Alexis Tsipras lors de son discours du 14 décembre 2010, discours dont je dépose une copie aux Actes de la Chambre, ainsi que lors du discours du Premier Ministre, monsieur Alexis Tsipras, prononcé lors de la séance d’adoption du Deuxième Mémorandum de la Loi 4046 de 2012, dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son allocution du 23 février 2012, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son discours prononcé à l’occasion du vote de ratification du Programme à Moyen Terme, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, lors des débats sur les mesures d’urgence d’application des Lois 4046, 4093 et 4127, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, de la loi 4224 de 2013 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, et enfin de la Loi 4254 de 2014 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre. Lire la suite

L’Europe forteresse

Melilla, enclave espagnole au Maroc, est avec Ceuta la seule frontière terrestre entre l’Afrique et l’Europe. Pour empêcher les Subsahariens de passer, la valla, triple mur de sept à huit mètres, se double aujourd’hui de barbelés munis de lames de rasoir. Le 6 novembre 2013, une centaine de Subsahariens l’ont franchie. J’en ai rencontré ; ils m’ont demandé de témoigner pour eux.

—————–

La mer Méditerranée, cette grand bleue si bien nommée, cette eau si vaste entre les mers, entre ses deux rives, nord européenne, sud africaine, combien elle attire ses Européens du nord, de l’est, du centre qui courent vers Elle, cherchant le soleil, des mondes différents hospitaliers jusqu’aux rivages de l’Afrique. Ils ont les moyens de rendre la Méditerranée complice. Lire la suite

Grèce : la BCE s’est-elle comportée comme un « fond vautour » ?

La Grèce se démène encore pour pouvoir rembourser le 20 août 2015 son échéance vis-à-vis de l’Eurosystème. Une dette qui a pesé lourd dans les événements récents, mais dont la légitimité soulève beaucoup de questions.

Un des éléments déterminants de l’épilogue de la crise grecque a été la double épée de Damoclès de la dette due à la BCE les 20 juillet et 20 août. Encore à présent, l’échéance du 20 août représente un moyen de pression sur le gouvernement grec qui a contraint le parlement à débattre toute la nuit pour pouvoir obtenir un financement avant cette date.

Ces deux échéances, de 3,2 et 3,4 milliards d’euros représentaient un obstacle absolument infranchissable pour les finances publiques grecques. Mais, alors qu’un défaut sur le FMI était un phénomène connu et documenté (même si l’ampleur du défaut grec du 30 juin était inédite), un défaut sur la banque centrale européenne était un fait inconnu qui aurait posé un défi inédit à la zone euro. Et sans doute la BCE et les dirigeants européens sont heureux de pouvoir éviter un tel incident. Lire la suite

Grèce : Évaluation du caractère illégitime, odieux, illégal et insoutenable de la dette

Le Chapitre 8, Évaluation du caractère illégitime, odieux, illégal ou insoutenable de la dette, du rapport présenté le 18 juin 2015 par la Commission pour la vérité sur la dette grecque1, examine la dette publique grecque en regard des définitions adoptées par la Commission concernant les dettes illégales, illégitimes, odieuses et insoutenables. Il aboutit à la conclusion qu’en juin 2015, la dette publique grecque est insoutenable, puisque la Grèce ne peut payer le service de la dette sans nuire gravement à sa capacité de remplir ses obligations les plus élémentaires en matière de droits humains. Par ailleurs, le rapport apporte la preuve de la présence dans cette dette d’éléments illégaux, illégitimes et odieux, et ce pour chaque groupe de créanciers.

Les chapitres précédents nous permettent d’établir la nature des différentes dettes (par créanciers) en leur appliquant les définitions de dettes illégales, illégitimes et odieuses telles qu’utilisées par la Commission. L’évaluation du caractère insoutenable de la dette porte quant à elle sur l’ensemble de la dette publique grecque en juin 2015. Lire la suite

La conditionnalité contre la soutenabilité

Le Chapitre 5, Les conditionnalités ennemies de la soutenabilité, du rapport présenté le 18 juin 2015 par la Commission pour la vérité sur la dette grecque1, présente la manière dont les créanciers ont imposé des conditionnalités excessives qui, associées aux accords de prêts, ont eu pour conséquence directe la non-viabilité économique et l’insoutenabilité de la dette. Ces conditionnalités, que les créanciers s’obstinent toujours à exiger, ont fait chuter le PIB tout en augmentant l’endettement public – un ratio dette/PIB plus élevé rendant la dette grecque encore plus insoutenable. Mais elles ont également généré des changements dramatiques dans la société et provoqué une crise humanitaire. La dette publique grecque peut ainsi être considérée comme totalement insoutenable en l’état actuel des choses. Lire la suite

Des fantômes

« nous ne voulons pas perdre le pays »

(Franz Kafka, La Colonie pénitentiaire)

Nous avons vécu longtemps dans la compagnie des fantômes et peut-être, par malheur pour nous, sommes-nous les seuls à pouvoir les décrire.

Négocier avec les fantômes aura sans doute été l’erreur la plus funeste de notre histoire récente ; il nous aura fallu six mois pour comprendre que les fantômes ne négocient jamais mais attendent, plus immobiles et plus silencieux qu’un sphinx, que les enfants soient épuisés. Lire la suite

Le mécanisme du système-dette en Grèce

Le Chapitre 4, Le mécanisme du système-dette en Grèce, du rapport présenté le 18 juin 2015 par la Commission pour la vérité sur la dette grecque1, dévoile les mécanismes issus des accords entrés en vigueur à partir de mai 2010. Ces accords prévoyaient l’octroi de nouveaux crédits d’un montant substantiel par des créanciers bilatéraux et le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) qui s’accompagnaient de coûts abusifs, amplifiant d’autant la crise. Ces mécanismes révèlent comment la majorité des fonds empruntés ont été directement transférés aux institutions financières privées. Au lieu de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation à travers l’utilisation d’instruments financiers. Lire la suite