Non-violence, résistances passives et désobéissance civile

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Depuis le début de l’invasion russe, la société ukrainienne s’est organisée avec courage et de façon spontanée pour contrer l’occupation militaire à travers des centaines d’actions non violentes, dont des actes de désobéissance civile, des blocages de routes, des tâches d’évacuation de civils ou des campagnes de communication. Le rapport « La résistance civile non violente ukrainienne face à la guerre », élaboré par le professeur Felip Daza dans le cadre du projet commun de l’ICIP (Institut catalan international pour la paix, www.icip.cat/ca/) et de Novact (Institut international pour une action non violente, https://novact.org/?lang=en) analyse la résistance civile non violente ukrainienne entre février et juin 2022 dans le but d’identifier ses dynamiques d’organisation et les caractéristiques des différentes actions, leur évolution et le soutien dont elles ont bénéficié. Continuer à lire … « Non-violence, résistances passives et désobéissance civile »

Ukraine : De la « non-pertinence » de la presser de négocier…

François Ruffin, reprend à son compte, dans le billet qu’il vient de publier sur Mediapart, à propos de la guerre en Ukraine, la petite musique qui court actuellement sur la nécessité de tout faire pour « œuvrer à la désescalade. Pour parvenir à la paix ». Pour cela, il s’appuie, entre autres, sur la volonté affirmée des pays du Sud que s’ouvrent des négociations entre l’Ukraine et la Russie, avec l’implication de divers gouvernements, en particulier latino-américains. Tout cela dans l’intérêt des peuples du monde qui souffrent, c’est indiscutable, des conséquences, essentiellement économiques et sociales de cette guerre. Dans cet argumentaire plusieurs éléments me semblent plus que discutables, voire inacceptables, confirmant le malaise de l’auteur à aborder un sujet qu’il craint de ne pas bien maîtriser comme il l’énonce dès le début de son billet : « Je m’aventure en géopolitique avec prudence. » « Néanmoins » poursuit-il, franchissant imprudemment le pas sans mesurer qu’il reproduit au moins deux impasses des partisans de négociations en l’état qu’il cite et dont il reprend à son compte les arguments. Continuer à lire … « Ukraine : De la « non-pertinence » de la presser de négocier… »

Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste

Alors qu’au XXe siècle quatre pays d’Europe n’ont procédé à aucune exécution : Saint-Marin, le Liechtenstein, la Principauté de Monaco et le Portugal ;

Alors que depuis 1989, l’abolition de la peine de mort est une condition préalable à l’adhésion au Conseil de l’Europe ;

En 1997, l’abolition de la peine de mort en tant que condition d’adhésion à l’Union européenne est mentionnée pour la première fois. Le 4 décembre, le Parlement européen adopte une résolution dans laquelle il affirme :
« Seul un pays ayant aboli la peine de mort peut devenir membre de l’Union européenne. » Continuer à lire … « Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste »

La guerre et la paix ou le silence de la mer (noire)

Brigades éditoriales de solidarité [1]

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Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse
« 
Je suis l’alpha et l’omega, dit le Maître du Kremlin,
celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant 
» [2]

Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui arrêteront les blindés russes qui déferlent sur l’Ukraine. Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui arrêteront la main de fer qui s’abat sur les Russes qui s’opposent à la guerre de Vladimir Poutine. Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui mettront fin à la guerre contre la liberté de l’Ukraine, pas plus qu’ils ne mettront fin à la dictature des oligarques du Kremlin. C’est la résistance populaire ukrainienne multiforme, les grains de sable que les démocrates de Russie et du Bélarus glisseront dans la machine de guerre russe et l’opinion publique mondiale qui arrêteront les chars de Vladimir Poutine. Mais dans cette bataille pour l’indépendance et la liberté ukrainiennes, rappelons-nous le pouvoir des samizdats et l’effet corrosif qu’ils avaient eu sur la dictature stalinienne.

C’est par ces mots que les Brigades éditoriales de solidarité, constituées à la hâte pour la circonstance, s’engageaient dès le 3 mars 2022, sans la moindre tergiversation, aux côtés du peuple ukrainien agressé par l’impérialisme russe. Continuer à lire … « La guerre et la paix ou le silence de la mer (noire)« 

[57] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [57] 

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  • Des bombes lacrymogènes pour l’auto-défense des travailleuses
  • Liberté pour le défenseur des droits humains Mikhaïl Kriger !
  • Volha Miklashevich-Douner : Quand Poutine soutient le président du Bélarus, Loukatchenko
  • Début du procès du vice-président du Syndicat indépendant bélarus
  • Biélorussie : contre la répression des syndicats – pour la libération immédiate des militants emprisonnés
  • Natallia Guerin : Le peuple bélarus soutient le peuple ukrainien
  • La Mémoire volée de Marioupol
  • Ukraine : L’Etat s’en prend aux biens syndicaux
  • ISW : Le retrait de la Russie de Kherson provoque une fracture idéologique entre les partisans de la guerre et Poutine.
  • Solidarité avec l’Ukraine ! Rassemblement pour les 9 ans de la Révolution de la dignité (Lausanne)
  • À propos de l’usage de la langue russe. Déclaration de Sotsialniy Rukh
  • Mobilisation étudiante à Lviv
  • L’Académie de l’imprimerie de Lviv doit vivre !
  • Solidarité avec les étudiant.es et le personnel mobilisé.es contre la fermeture de l’Académie de l’imprimerie à Lviv 
  • Vicken Cheterian : Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie: une vague de déstabilisation du Caucase à l’Asie centrale
  • Jean-Marc Adolphe : La main dans le sac du génocide
  • Invitation à la 1ère édition de Memorial Lecture
  • Ukraine et Belarus : Ukraine et Belarus : Paroles de femmes en lutte
  • Liens avec d’autres textes

Continuer à lire … « [57] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [57] « 

« Nous avons besoin d’une action coordonnée pour sauver le NHS »

Dans son évaluation annuelle du système de santé et des services sociaux en Angleterre (21 octobre 2022), la Care Quality Commission a décrit le NHS (National Health Service) comme étant « bloqué » et « incapable de fonctionner ». Un nombre record de plus de 7 millions de personnes attendent un traitement qui devrait être assuré par le NHS. Ce chiffre augmente chaque mois. Quelque 2,75 millions de personnes attendent pour être prises en charge depuis plus de 18 semaines et près de 400 000 personnes depuis plus d’un an. Les normes en matière de soins du cancer ne sont toujours pas atteintes. Le nombre de personnes fréquentant les services d’urgence est resté stable, mais les temps d’attente ont explosé et le nombre de patients attendant plus de 12 heures est désormais 88 fois plus élevé qu’il y a trois ans. Continuer à lire … « « Nous avons besoin d’une action coordonnée pour sauver le NHS »« 

Nouvelle tactique de la fédération de Russie : comment la gauche doit réagir ?

Le matin du 21 septembre, la mobilisation dite « partielle » a été annoncée en Fédération de Russie. Les premiers mobilisés ont déjà atteint le front et certains ont été tués ou capturés. Le 5 octobre, Poutine a signé un décret sur l’annexion de quatre régions d’Ukraine – les régions de Kherson, Zaporizhzhia, Donetsk et Louhansk. Dans ses déclarations, il a souligné à plusieurs reprises que tous les moyens possibles, y compris nucléaires, seront utilisés pour « protéger » les territoires capturés.

Dans le même temps, une campagne de terreur par missiles a été lancée, principalement contre l’infrastructure énergétique ukrainienne.

Les 10 et 11 octobre, plus de 100 missiles et drones kamikazes ont attaqué des villes et des villages ukrainiens. Il est fort probable que de telles attaques deviendront monnaie courante et que le système énergétique ukrainien sera constamment menacé. Pendant deux jours de bombardements intenses, un tiers de l’infrastructure énergétique du pays a été endommagé.

Tout cela ensemble indique que les dirigeants de la Russie ont décidé d’une sérieuse escalade dans cette guerre. Quelle est la raison de cette décision ? Qu’est-ce que cela signifie pour l’Ukraine et le monde ? Que devrait faire la communauté mondiale et que devrait exiger la gauche ? Continuer à lire … « Nouvelle tactique de la fédération de Russie : comment la gauche doit réagir ? »

Grève générale en Belgique : augmentation des salaires et blocage des prix de l’énergie

La Belgique ne fait pas exception à la vague de grèves de ce chaud automne social européen. La grève générale décidée par les trois organisations syndicales – la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) de tendance socialiste, la CSC (Confédération des syndicats chrétiens) démocrate-chrétienne et la CGSLB (Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique) libérale – est le produit de la rage sociale accumulée et fait suite à de nombreuses mobilisations antérieures. Le 21 septembre dernier déjà un rassemblement syndical qui se voulait symbolique à Bruxelles s’était transformé en manifestation pour répondre à l’impatience des militant·e·s. La Grève générale du 9 novembre a paralysé le pays et a été un succès complet. La participation a été massive aussi bien dans les secteurs privé que public et, fait notable, les petits commerçants et nombre d’indépendants se sont joints aux travailleurs salariés. Continuer à lire … « Grève générale en Belgique : augmentation des salaires et blocage des prix de l’énergie« 

La Belgique légifère contre le féminicide

Suite au meurtre d’une jeune Espagnole à Bruxelles la semaine dernière, le gouvernement belge a décidé que le féminicide se verra attribuer un statut spécial dans le droit pénal.

Le gouvernement fédéral a adopté un texte concernant le féminicide en première lecture en conseil des ministres vendredi (28 octobre).
Il s’agit d’un projet de loi-cadre qui définit officiellement le féminicide. Il distingue notamment plusieurs formes de féminicides (intimes, non intimes et indirects) et définit différentes formes de violence qui peuvent précéder ce type de crime, comme la violence sexuelle ou psychologique.
Continuer à lire … « La Belgique légifère contre le féminicide« 

Les Cahiers de l’antidote : Soutien à l’Ukraine résistante (Volume 13)

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Après les Gilets jaunes, la pandémie du Covid, la Colombie et la Birmanie, les éditions Syllepse poursuivent la publication d’ouvrages accessibles à tous et toutes qui éclairent sur les enjeux des convulsions d’un monde qui n’en finit pas de semer la misère, la souffrance et la guerre. Les éditions Syllepse se sont associées pour cette série sur l’agression de la Russie poutinienne contre l’Ukraine aux éditions Page 2 (Lausanne), M. Éditeur (Montréal) et Massari Edotori (Italie) , aux revues New Politics (New York), Les Utopiques (Paris) et ContreTemps (Paris), aux sites À l’encontre (Lausanne) et Europe solidaire sans frontières, ainsi qu’au blog Entre les lignes entre les mots (Paris), au Centre Tricontinental (Louvain-la-Neuve) et au Réseau syndical international de solidarité et de luttes.

À l’encontre : https://alencontre.org/
Centre Tricontinental : www.cetri.be/
ContreTemps : http://lesdossiers-contretemps.org
Éditions Page 2 : https://alencontre.org/
Éditions Spartacus : www.editions-spartacus.fr
Éditions Syllepse : www.syllepse.net
Massari Editori :
www.massarieditore.it
Entre les lignes, entre les mots : https://entreleslignesentrelesmots.blog/
Europe solidaire sans frontières : www.europe-solidaire.org
Les Utopiques : https://www.lesutopiques.org
M Éditeur : https://m-editeur.info/
New Politics : https://newpol.org
Réseau syndical international de solidarité et de luttes : http://laboursolidarity.org

Télécharger gratuitement le livre de 138 pages : Brigades éditoriales de solidarité 13
https://www.syllepse.net/syllepse_images/articles/brigades-e–ditoriales-de-solidarite—13.pdf
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Les grands-mères tchèques avec l’Ukraine

Une conversation avec la militante tchèque Anna Ŝabatová

[Prague] Anna Ŝabatová sait ce que c’est que de combattre l’impérialisme russe. Dans les années 1970, elle et son mari Peter Uhl, décédé l’année dernière, étaient actifs en Tchécoslovaquie dans le mouvement pour la démocratie, les droits de l’homme et la souveraineté nationale. Tous deux ont fait de la prison pour leur opposition au gouvernement. Aujourd’hui, Ŝabatová a rejoint un groupe de femmes qui sont des compagnes d’armes de la lutte contre le gouvernement communiste tchèque et la domination de l’Union soviétique sur leur pays, au sein d’un réseau appelé Grandmothers with Ukraine. Continuer à lire … « Les grands-mères tchèques avec l’Ukraine« 

Pour le plein respect des droits et de la dignité des passager.e.s de l’Ocean Viking, pour une véritable politique d’accueil européenne

[Communiqué de presse inter-associatif]

L’accueil de l’Ocean Viking à Toulon en France a été un soulagement face au drame terrible et indigne que vivaient ses passager.e.s depuis plusieurs semaines, balloté.e.s sur les flots en attente d’une décision sur leur possibilité de débarquement.

Maintenant se pose la question des conditions de l’accueil des passager.e.s.

Nous demandons la mise en place des dispositions suivantes : Continuer à lire … « Pour le plein respect des droits et de la dignité des passager.e.s de l’Ocean Viking, pour une véritable politique d’accueil européenne »

Denys Pilash, socialiste ukrainien : « La Russie ne négociera que si elle subit des défaites »

S’exprimant depuis Kiev, Denys Pilash s’est exprimé lors du colloque « Ukraine, impérialisme et gauche»  organisée par le courant Green Left australien. Green Left a publié une transcription fortement abrégée et éditée – qui a été révisée par Denys Pilash – de sa présentation, ainsi que quelques réponses aux questions soulevées lors de la discussion. Denys Pilash est politologue, militant de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne Mouvement social (Sotsialniy Rukh). Il est membre du comité de rédaction de Commons: Journal of Social Criticism.

***

Nous sommes au milieu de l’une des pires tragédies de l’histoire de notre pays. Depuis l’invasion nazie [en été 1941] lors de la Seconde Guerre mondiale, l’Ukraine n’a jamais vu l’ampleur de la dévastation et de la terreur qui nous ont été infligées par la décision unilatérale du [président russe Vladimir] Poutine d’envahir l’Ukraine de manière brutale.

Cette invasion a dévasté des villes et des villages entiers. De nombreux endroits dans l’est et le sud de l’Ukraine ont été presque entièrement détruits. Il y a aussi des endroits autour de Kiev et Kharkiv – où les Ukrainiens ont réussi à repousser les agresseurs – où d’innombrables corps de civils ont été retrouvés, comme à Irpin, Boutcha et Izioum.

Les villes du sud et de l’est sont constamment bombardées et les infrastructures et les habitations civiles sont visées. La ville de Kiev a été visée par des centaines de missiles et de drones.

Mais le peuple ukrainien a résisté à cette agression impérialiste – une agression qui marche dans les traces des agressions impérialistes occidentales comme en Irak. Et si la Russie réussit, elle créera un précédent pour toutes les autres puissances impérialistes qui envahiront encore plus de pays. Continuer à lire … « Denys Pilash, socialiste ukrainien : « La Russie ne négociera que si elle subit des défaites » »

Les causes de cette guerre ne sont pas à chercher en Ukraine, mais à l’intérieur de la Russie

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En avant-propos, Alexis Cukier parle d’événement majeur, de savoirs « permettant de s’orienter au sein des problèmes politiques causés ou révélés par cet événement historique », de débats concernant « l’impérialisme russe, la résistance ukrainienne, l’aide militaire de l’Otan, et tous les enjeux politiques impliqués par la guerre ». Il serait plus juste d’écrire l’aide militaire de gouvernements de pays adhérents à l’Otan.

Il explique le projet et les choix éditoriaux, la traduction d’un texte de Tony Wood dont les analyses ne faisaient pas consensus, l’engagement de Karine Clément, Denys Gorbach, Hanna Perekhhoda et Catherine Samary « en France, en Suisse et au niveau international, dans le soutien à la résistance populaire ukrainienne, et à l’opposition contre le régime de Vladimir Poutine ».
Un ouvrage en cinq chapitres et un entretien conclusif.
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[56] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [56] 

  • Les mineurs ukrainiens gagnent, mais la victoire semble de courte durée
  • Milena Dostanic & Aurèle Pawlotsky : Une première plainte contre TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre »
  • Vladimir Slivyak: L’Europe devrait sanctionner l’industrie nucléaire russe – maintenant
  • Le projet de protection des droits humains « Soutien aux prisonniers politiques. Mémorial » lance un nouveau site web 
  • Jean-Marc Adolphe : « Les berceaux étaient encore chauds ». Russie et déportation d’enfants.
  • Tamara Cherkasova : Ukraine : « Un gilet pare-balles invisible » : le responsable de l’association « 100% Vie » explique comment aider les personnes atteintes du VIH pendant la guerre
  • Sauver Maksym Butkevych : il y a urgence !
  • Exposition : Katia Gritseva, artiste révolutionnaire ukrainienne
  • Liens avec d’autres textes

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Les Rroms choisissent de rester en Ukraine

Témoignage de Julian Kondur militant de la communauté rrom d’Ukraine, qui explique comment celle-ci vit après l’invasion par la Russie, pourquoi les personnes déplacées choisissent de rentrer chez elles et explique comment la discrimination à l’égard des minorités ethniques et nationales fait le jeu de la propagande russe [1].

En prévision de la guerre à grande échelle, j’ai quitté le bureau, avant de tout vérifier et de le fermer. Je suis sorti en prévision de ce qui n’était pas encore clair et je suis rentré chez moi. Le lendemain matin, je me suis réveillé à cause d’explosions et d’appels provenant de toute la famille. Au cours des heures qui ont suivi, nous avons fait nos bagages, quitté la maison et n’y sommes pas retournés pendant plus d’un mois. Pendant la première semaine, nous n’étions pas loin de Kyiv, puis nous sommes partis pour l’ouest de l’Ukraine. Après notre départ, nous avons d’abord réfléchi à ce que nous allions faire ensuite en tant qu’organisation, si nous étions capables de faire quelque chose. La première semaine, peut-être, nous n’avons mené aucune activité, nous avons essayé de nous organiser.

Puis est venue la compréhension que nous pouvions agir. Grâce à nos partenaires et amis, déjà à l’ouest de l’Ukraine, nous avons commencé à organiser l’aide humanitaire. À Tchernivtsi, par exemple, il a été créé un petit entrepôt où a été acheté et entreposé de la nourriture qui a été envoyée pour soutenir les familles locales de migrants. Il n’y avait pas que des familles rroms, mais aussi, par exemple, des personnes de la communauté grecque, ainsi que du Donbass. Presque chaque jour, il y avait quelque chose de nouveau. De nombreux partenaires d’Europe, des amis ont proposé de l’aide, nous ne pou- vions pas refuser, car il y avait une demande pour cette aide. Continuer à lire … « Les Rroms choisissent de rester en Ukraine »

Une gauche ukrainienne en construction sur plusieurs fronts

Le 17 septembre, l’ONG socialiste ukrainienne Sotsialny Rukh (SR – Mouvement Social) [1], tenait une conférence nationale à Kyiv. Loin d’un simple compte-rendu factuel et ponctuel, il s’agit ici d’éclairer ce qu’est le profil spécifique de cette jeune gauche, à partir de sa pratique militante au coeur de la société ukrainienne et en rupture avec les grandes interprétations contradictoires dominantes de « l’Euro-Maidan » (2013-2014) qui divisent la gauche et sont exploitées par Poutine. 

Ce faisant, il s’agira aussi de « remonter » aux divergences traversant de longue date les gauches marxistes sur la portée d’une Ukraine souveraine dans la construction et le démantèlement de l’URSS – également mobilisées par Poutine pour légitimer son « opération militaire ». Dans le contexte actuel d’une guerre aux enjeux mondialisés, nous verrons que les questions auxquelles se confronte SR sont bien loin de n’être qu’ukrainiennes.  Continuer à lire … « Une gauche ukrainienne en construction sur plusieurs fronts »

[55] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [55] 

  • Jean-Marc Adolphe : Destination Sibérie pour des enfants raflés en Ukraine
  • Masha Ivasenko : Stratégies des mouvements anti-guerre en Russie
  • « On jette les gens comme du bois de chauffage dans le poêle ». Entretien avec Valentina Melnikova, présidente de l’union des comités des mères de soldats de Russie
  • Ouvrez les frontières aux Russes qui refusent le service militaire !
  • Face à la contre-offensive ukrainienne, l’impuissance russe. Entretien avec Taras Kobzar avec Perrine Poupin
  • Henri Goldman : Les marionnettes de Poutine et les perroquets de l’Otan
  • « En Russie, nous vivons la honte, l’abrutissement, l’effondrement de toutes les valeurs ». Un dialogue avec l’artiste Dmitry Vilensky de la plateforme Chto Delat sur la guerre en Ukraine
  • Ukraine : notre camarade Shumakov et la lutte contre les drones kamikaze
  • Les événements se précipitent en Ukraine
  • Patrick Le Tréhondat : Ukraine : « La pratique de l’autogestion est généralisée »
  • Pavel Sulyandziga : Comment les Oudihés, les Veps, les Sami, peules autochtones de la Russie, sont mobilisés pour tuer des Ukrainiens
  • Alexandre Bazarov : Les ouvriers russes n’ont rien à gagner dans cette guerre + Autodéterminez-vous, sinon on vous tue
  • Liens avec d’autres textes

Continuer à lire … « [55] Solidarité avec la résistance des ukrainien·nes. Retrait immédiat et sans condition des troupes russes [55] « 

La persécution des Tatars de Crimée sous occupation russe

La dure réalité des huit années d’occupation russe en Crimée, y compris les persécutions, les accusations criminelles et les sanctions administratives motivées par des raisons politiques, s’est considérablement aggravée depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine continentale le 24 février 2022. Au cours de la période couverte par ce rapport : 19 prisonniers politiques ont été condamnés ; au moins six personnes ont été arrêtées pour des accusations de terrorisme présumé; six personnes ont été placées en détention pour leur implication présumée dans le bataillon de volontaires Noman Chelibidzhikhan ; 69 cas d’accusations administratives portées contre des Criméens pour avoir prétendument « discrédité l’armée russe »; plusieurs détentions et arrestations administratives subséquentes de militants et de défenseurs des droits humains; de nouveaux cas de disparitions forcées ont été enregistrés; des citoyens sont détenus pour avoir exprimé leur désaccord avec l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie.

Cette étude évalue les tendances récentes en matière de détentions, d’arrestations et de condamnations en Crimée au cours des trois derniers mois afin de déterminer l’ampleur et l’impact des changements dans les politiques punitives de la Russie en Crimée. Continuer à lire … « La persécution des Tatars de Crimée sous occupation russe »

Interview d’Aude Merlin : « En Ukraine, on a affaire à une histoire d’émancipation et de répression »

Bruxelles, mi-septembre. Plus de six mois après avoir tenté d’envahir le pays et de renverser l’État ukrainien, l’armée russe montre d’importants signes de déroute face à l’avancée des troupes ukrainiennes. L’avenir nous dira si cette séquence est à la source d’une libération de l’Ukraine. Pour mieux comprendre ce qui se trame, non en termes militaires, mais en termes humains et politiques, nous nous sommes tournés vers Aude Merlin, politiste à l’Université Libre de Bruxelles, spécialiste de la Russie et du Caucase, membre du Comité belge du Réseau européen de solidarité Ukraine. C’est riche d’un savoir académique, mais également expérientiel, qu’Aude Merlin se propose d’aborder nos questions. En étant au contact de partenaires et de collègues travaillant sur place, et en ayant été, dans le cas des guerres de Tchétchénie, au contact de victimes, de défenseurs des Droits Humains, de médecins etde psychologues, Aude Merlin aborde ce conflit avec un prisme humaniste en prise avec le réel, un humanisme qui prend en compte l’histoire longue, celle des conflits et des difficiles réconciliations et qui entend faire preuve de lucidité. Continuer à lire … « Interview d’Aude Merlin : « En Ukraine, on a affaire à une histoire d’émancipation et de répression » »