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Construisons une autre Europe – c’est maintenant qu’il faut d’agir !

L’assemblée de convergence réunie ce 28 mars 2015 dans le cadre du Forum Social Mondial de Tunis exprime toute sa solidarité au peuple grec en lutte contre l’austérité, pour la démocratie, le changement social et une autre Europe.

L’assemblée est convaincue que les mouvements sociaux grecs comme européens ont un rôle primordial à jouer et qu’ils doivent se mobiliser dans les semaines à venir pour s’opposer fermement au chantage organisé par les institutions européennes sur le gouvernement et le peuple grec.

Se faisant l’écho de la Déclaration de syndicalistes allemands « La Grèce au lendemain des élections – une chance pour l’Europe, non une menace » (à lire ici) et la Déclaration de l’Assemblée de l’Alter Summit « Give Greece a chance » (à lire ici) soutenue par plusieurs réseaux en Europe, cette assemblée du FSM propose à toutes les organisations sociales, syndicales et politiques :

d’exprimer lors du 1er mai notre solidarité avec le peuple grec partout en Europe et appeler à la présence de délégations internationales ce même jour à Athènes ;

de se rencontrer le 2 mai à Athènes pour discuter et décider des actions communes de solidarité ;

de participer activement au Festival de « Solidarity for All » à la mi-juin, afin d’en faire un moment important de mobilisation du mouvement social de base en soutien au peuple grec ;

de profiter du Sommet des Peuples des 8 et 9 juin à Bruxelles pour informer largement sur la lutte du peuple grec ;

de mobiliser pour une semaine d’actions décentralisées au mois de juin contre l’austérité et en solidarité avec le peuple grec (date à définir selon le calendrier des négociations entre la Grèce et les institutions européennes) ;

l’organisation d’une conférence citoyenne sur la dette en automne 2015 dans une capitale européenne ;

un événement social et politique majeur à Athènes à l’automne 2015.

L’avenir des peuples européens est lié à celui du peuple grec. Ensemble nous construirons une autre Europe ! C’est maintenant qu’il faut agir !

L’Assemblée de convergence appelle également le Conseil International du FSM à s’impliquer activement dans la solidarité avec le peuple, les mouvements et le gouvernement de Grèce – en utilisant ses outils de communication pour diffuser l’information favorisant ainsi la mobilisation globale.

Dans ce contexte, nous appuyons la proposition de tenir à Athènes durant le premier semestre 2016, un séminaire stratégique entre le Conseil International du FSM, les réseaux européens et les acteurs sociaux internationaux.

Tunis, le 28 mars 2015

Eric Toussaint: L’audit révélera ce qui s’est réellement passé avec la Grèce les dernières années

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Eric Toussaint interviewé par Kostas Papagiannis du quotidien Avgi de Syriza

Eric Toussaint, spécialiste de renommée mondiale sur le sujet de l’annulation de dettes illégitimes et odieuses, sera chargé de la coordination scientifique de l’équipe internationale de spécialistes qui participeront au Comité de l’Audit de la Dette; ceci s’est constitué suite à la décision de la présidente du Parlement, Z. Konstantopoulou.

Représentant du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, Eric Toussaint a participé, en 2007, au Comité d’Audit de la Dette en Équateur, et il a aussi apporté ses conseils précédemment sur le sujet de la dette aux gouvernements du Paraguay, du Timor Oriental, du Brésil, de l’Argentine et à la Commission économique de l’Union Africaine1.

Eric Toussaint s’est rendu à Athènes pour la conférence de presse annonçant officiellement la constitution du Comité de l’Audit de la Dette et a répondu aux questions de «Avgi»2.

Il explique que le Comité a un double objectif : d’une part, armer le gouvernement grec d’arguments juridiques concernant la suppression partielle de la dette durant les négociations relatives à ce sujet; d’autre part, les conclusions du Comité pourraient servir à la Justice qui enquête sur les conditions abusives des accords signés par les gouvernements précédents.

Il estime qu’il y a une campagne de distorsion de la réalité par rapport à ce qui s’est passé avec la dette de la Grèce : il note que les résultats des enquêtes du Comité révéleront à l’opinion publique grecque et européenne ce qui s’est réellement passé en Grèce, mais aussi, dans les autres pays signataires de Memorandums.

Avgi : Quels sont les résultats escomptés des travaux du Comité de l’Audit de la Dette grecque ?

Nous allons travailler avec une équipe de spécialistes grecs et de spécialistes venant de nombreux autres pays. Il s’agit de spécialistes en Droit International, en économie, en finance et en matière d’audit de la dette publique. Nous déterminerons la part de la dette qui pourrait être qualifiée d’illégitime, d’illégale, d’odieuse, d’insoutenable. Nous enquêterons et nous prouverons que, par exemple, telle part de la dette est illégitime pour telle raison. Ensuite, nous mettrons nos conclusions à la disposition du parlement et de toutes les autorités grecques.

Ce sont elles qui prendront les décisions qui s’imposent en se basant sur nos conclusions. Notre Comité n’a pas de pouvoir décisionnel. Nous pouvons seulement tirer des conclusions, aider les citoyens et les autorités de la Grèce à soutenir leurs positions sur le sujet de la dette avec des arguments juridiques.

Un élément très important – que la présidente du Parlement, Z. Konstantopoulou, a énoncé très clairement – est que l’opinion publique grecque, les citoyens de la Grèce, nous assisteront dans notre enquête. Nous sommes ouverts à recevoir des dépositions, à récolter des opinions, afin de mieux mener notre enquête.

Avgi : La Grèce doit aux « institutions » (la Troïka) environ 80% de sa dette. Ceci ne complique-t-il pas le processus de restructuration de la dette et de l’effacement de sa part odieuse ?

Honnêtement, je pense que c’est plus simple, plus clair, comme ça. C’est un peu comme une tragédie grecque. Vous avez une unité d’acteurs (les membres de la Troïka) et une unité de temps – cinq ans -; il y a des conditions très claires qui ont été imposées pour la dette de la Grèce. Vous n’avez pas de créanciers multiples, vous avez le FMI, vous avez 14 pays qui ont réalisé des prêts à la Grèce, le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), la BCE …

Avgi : Et les contribuables européens…

Non, pas exactement. Pensez vous que ce sont les contribuables européens qui ont décidé de prêter cet argent, et, en plus, sous ces conditions là à la Grèce ? Non. Personne ne leur a demandé leur avis. Les pays qui ont donné cet argent à la Grèce ne l’ont pas pris directement dans les poches de leurs citoyens. Il l’ont emprunté aux banques. L’argent qui a été octroyé, sous la forme de prêts, à la Grèce figure déjà dans la dette publique de ces pays. La dette française, par exemple, a augmenté, parce que la France a prêté cet argent aux banques pour le prêter à la Grèce à un taux d’intérêt prohibitif de 5,5% durant la période entre 2010-2011. Par la suite le taux a été réduit tellement l’abus était patent.

Ensuite la Grèce a utilisé cet argent pour rembourser les banques privées : les banques privées françaises, les banques privées allemandes, les banques privées italiennes, etc. Les citoyens des pays en question n’ont pris eux-mêmes aucune décision en la matière.

Il y a une campagne pour distordre la réalité. Ça se fait en généralisant les mensonges. Si l’on répète 100 fois la même chose, on finira par croire qu’elle est juste, qu’il s’agit de la réalité. Nous allons montrer que la réalité est autre. Le Comité montrera à l’opinion publique grecque, mais aussi à l’opinion publique française, allemande, etc., ce qui s’est réellement passé. Nous devrions être optimistes quant à la capacité de l’opinion publique à comprendre ce qui s’est réellement passé en Grèce les cinq dernières années. Et non seulement en Grèce, mais aussi à Chypre, au Portugal et en Irlande.

Avgi : Une part de votre travail consiste à vérifier les conditions dans lesquelles les accords des gouvernements précédents ont été conclus. À supposer que vous trouviez que certains de ces accords comprenaient des conditions abusives, que se passera-t-il avec ceux-ci et avec les personnes qui les ont contractés ?

Nous, nous allons arriver à des conclusions claires, à des responsabilités claires concernant les abus.

Il y a la séparation des pouvoirs, et la Justice est celle qui prendra la décision d’agir contre les responsables. La Justice qui, par ailleurs, a déjà engagé des poursuites dans les affaires de corruption de Siemens, d’OTE, de l’affaire de numérisation, etc.

Il est clair qu’avec notre enquête, nous allons trouver d’autres affaires similaires, et, par la suite, cela sera utile à la Justice, afin qu’elle puisse intervenir et assumer ses propres responsabilités.

Avgi : Que pensez vous des premières actions du gouvernement de A. Tsipras? Etes-vous optimiste quant aux résultats des négociations avec les institutions européennes concernant la dette ?

Je pense que les premières mesures prises par le gouvernement sont positives, comme celle de réembaucher les personnes licenciées, ou la décision de procurer de l’électricité gratuite à 300.000 familles, ou, encore, la décision d’augmenter, d’ici à Octobre 2016, le salaire minimum. Ces mesures sont positives, et j’espère qu’elles seront accélérées, car la crise humanitaire est très vaste en Grèce et il y a un grand nombre de personnes qui ne peuvent pas attendre des longs mois pour que certaines choses soient faites.

En tout cas, il semble clair que les citoyens soutiennent le gouvernement de A.Tsipras. Il me semble qu’aux derniers sondages entre 60% et 70% des citoyens approuvaient le nouveau gouvernement et considéraient ses actions positivement.

Maintenant en ce qui concerne les négociations avec les partenaires de l’U.E. et du FMI, il est évident qu’ils ne veulent pas accepter la proposition du gouvernement grec; ils sont inflexibles. Par exemple, dans la décision qui a été signée le 25 février ils ne reconnaissent pas l’existence de la crise humanitaire. Je pense que cette position des créanciers est inacceptable.

Le gouvernement grec devra décider s’il poursuivra les négociations sur le même ton, ou s’il prendra une position plus ferme face à la position dure et rigide que tiennent la Commission Européenne et certains gouvernements européens.

Eric Toussaint , Kostas Papagiannis, 31 mars 2015

Traduit du grec par Daphne Kioussis

1 L’Union Africaine regroupe 54 Etats africains avec une population totale de près d’un milliard d’habitants. Son siège est à Addis-Abeba.

Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !

Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la – fragile et de plus en plus contestée – domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…
En effet, de jour en jour se multiplient les indices, sinon les preuves, d’un plan en cours de réalisation qui vise à rendre le nouveau gouvernement grec inopérant. Comment ? En le condamnant d’avance à l’échec. D’un cote, les « partenaires européens » font tout pour étrangler financièrement le gouvernement Tsipras mais aussi la Grèce toute entière. Comme le répète à satiété Mr. Schäuble (qui fait penser de plus en plus à un Dr. Folamour de nos jours), « pas un euro ne sera débloqué à la Grèce » tant que son gouvernement persiste à ne pas appliquer scrupuleusement les mesures imposées par le Mémorandum  précédent ! Détail éloquent : Les électeurs grecs ont porté – triomphalement – Syriza au pouvoir parce que Tsipras et son parti ont promis de faire exactement le contraire de ce que leur demandent maintenant le ministre allemand et les autres « partenaires européens » : « Déchirer les Mémoranda » et ne plus suivre les politiques d’austérité…


De l’autre cote, et non moins grave, depuis des semaines est en cours une véritable campagne de déstabilisation systématique et méthodique visant à faire taire, voir a détruire, toute voix radicale de gauche au sein du gouvernement Tsipras. Evidemment, ce n’est pas un hasard si cette campagne d’une rare violence est menée conjointement en Grèce et au niveau européen, par des grands médias (quotidiens, chaines TV,…) secondés par l’ensemble des partis bourgeois grecs et les deux grands partis néolibéraux européens, le Parti Populaire et le parti Social-démocrate et la plupart de leurs composantes nationales.
Sans vouloir sous-estimer l’acharnement dont ont été ou continuent à être victimes la ministre suppléante aux Finances Nadia Valavani et surtout le ministre suppléant de la Reforme Administrative Georges Katrougalos, la principale bête noire de cette campagne est « évidemment » Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement grec qui émerge déjà comme une figure de proue de la gauche radicale grecque. Nous avons dit « évidemment » car il faut avouer que cette jeune femme non seulement ne mâche jamais ses mots quand il s’agit par exemple de nommer les responsables des grands scandales de corruption, mais elle a aussi l’habitude de taper très fort en passant aux actes : En l’espace de 4-5 dernières semaines, elle vient de constituer : Une première commission d’enquête pour identifier qui et comment ont conduit les Grecs à la catastrophe de la Troika et des Memoranda. Une deuxième commission de revendication des réparations de guerre allemandes, de la restitution des antiquités volées par l’occupant nazi ainsi que le remboursement de l’emprunt obligatoire grec au Troisième Reich (grâce auquel a été financée, entre autres, la campagne du général Rommel en Afrique du Nord). Et surtout, une troisième commission d’audit de la dette publique grecque, coordonnée par le porte-parole du CADTM Eric Toussaint !


Une telle activité non seulement débordante mais aussi iconoclaste car inédite vue qu’elle vise le cœur du système, ne pouvait que soulever la colère des serviteurs de ce système (médias, partis bourgeois, alliés étrangers, institutions d’état,…) d’autant plus que la Présidente du Parlement complétait son profil de Robespierre radical et intraitable en faisant réunir pendant quelques heures à l’assemblée nationale les associations des immigrés sans papiers et des homosexuels ou en déclarant (à Nicosie et en présence des autorités chypriotes !) qu’elle allait prendre des initiatives pour résoudre la très épineuse question chypriote en prenant appui sur les actions des citoyens chypriotes grecs et… turcs ! Rien d’étonnant alors que la campagne de dénigrement contre Zoé Konstantopoulou bat son plein, allant même à la présenter comme « folle » et demandant expressément sa tête, c’est à dire, sa destitution.

Par contre, ce qui est étonnant c’est qu’à cette campagne des grands médias et de la « caste » grecque (l’ensemble des chaines de TV et des partis d’opposition, y inclus le Parti Communiste) prennent aussi part des médias très proches du gouvernement et de Syriza ! L’explication n’est pas difficile et nous conduit directement au cœur de l’actuel puzzle grec : Des initiatives radicales et de classe comme celles prises par la Présidente du Parlement grec sont mal vues car elles empêchent de tourner en rond au moment où la majorité de Syriza et le gouvernement Tsipras persistent dans leur angélisme et continuent à prêcher (pourtant dans le désert) en faveur des accords et des solutions « mutuellement bénéfiques » même quand les « partenaires européens » ne cachent plus leur intention de faire taire la « cacophonie grecque » !

Heureusement, il y a d’abord la société grecque qui, malgré toutes les difficultés et même les « hésitations » du gouvernement, lui apporte toujours un appui  qu’on pourrait qualifier de phénoménal : Selon tous les sondages, plus de 65%-70% des Grecs soutiennent la gestion du nouveau gouvernement et plus de 75% appuient le premier ministre Alexis Tsipras ! Et fait encore plus éloquent, au moins 41% (selon d’autres sondages, 45% ou même 48%) des Grecs voteraient demain en faveur de Syriza quand ils ne seraient que 18%-21% qui préféreraient la droite de Nouvelle Démocratie, et moins de 3% la social-démocratie du PASOK ! Cependant, attention : la société grecque est depuis 4-5 ans un vrai clone de celle de Weimar1

Si on peut être optimistes pour la suite des événements, ou plutôt moins pessimistes vue la toujours grandissante menace d’extrême droite et fasciste qui plane au-dessus de l’Europe, on le doit à des initiatives tels que la création de la commission d’audit de la dette grecque prise par des dirigeants de la gauche radicale tels que Zoe Konstantopoulou. Cette initiative qui jouit de l’appui de la grande majorité de la population, pourrait et devrait servir de point de ralliement de tous ceux et celles en Europe qui rejettent l’austérité, veulent se libérer du fardeau de la dette et sont prêts à résister à la véritable guerre menée par les nantis contre l’immense majorité des citoyens européens. C’est d’ailleurs parce que la dette se trouve à la racine de tous nos problèmes et parce que son audit citoyen possède une dynamique pouvant aller très loin dans la contestation de ce système économique barbare, que la création de la commission d’audit de la dette grecque voit déjà se coaliser contre elle, tant en Grèce qu’en Europe, tout le gotha de cette Sainte-Alliance de plus en plus autoritaire et antidémocratique qui nous gouverne.

Encore une fois, ceux d’en haut voient juste et se préparent à défendre leurs intérêts de classe par tous les moyens2. C’est donc à nous, aux millions de ceux d’en bas de par l’Europe de faire de même, en nous coalisant à notre tour pour  défendre cette Grèce qui saigne mais qui résiste contre vents et marées. En somme, tout faire pour ne pas répéter les tragiques expériences du passé : la Grèce de 2015 ne doit pas être laissée seule face à ses bourreaux, comme l’a été la République Espagnole en 1936 face au fascisme triomphant…

Yorgos Mitralias
, Athènes, 25-03-2015

1 et la situation est telle que même les dirigeants de Syriza et du gouvernement, en commençant par Alexis Tsipras lui-même, ne cachent pas que cet état de grâce pourrait fondre en un temps record. Et très probablement en faveur non pas des partis (N.D-Pasok) que l’immense majorité de la population vient d’abandonner, mais en faveur de la toujours présente et bien enracinée Aube Dorée néo-nazie.

2 La société grecque de ces 4-5 derniers ans, comme d’ailleurs la République de Weimar allemande de l’entre deux-guerres, se caractérise par l’effondrement des classes moyennes et surtout par un mouvement de pendule d’un extrême politique à l’autre des pans entiers de la population à la recherche des solutions radicales à ses très graves problèmes. Voir aussi: http://cadtm.org/Soixante-sept-ans-apres-la-fin-de

Grèce : Lancement de la commission d’audit de la dette par la présidente du parlement grec

logo-CADTM-180x58La présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a annoncé ce mardi 17 mars 2015 lors d’une conférence de presse la constitution d’une commission d’audit de la dette publique grecque. Cette commission sera coordonnée sur le plan scientifique par Éric Toussaint, porte parole du CADTM International et ex membre de la commission d’audit de la dette équatorienne en 2007-2008. « L’objectif est de déterminer l’éventuel caractère odieux, illégal ou illégitime des dettes publiques contractées par le gouvernement grec », le peuple « a le droit de demander que la partie de la dette qui est illégale – si cela est avéré à l’issue de la commission – soit effacée », a déclaré la présidente du parlement grec.

par CADTM

20 mars 2015

Sofia Sakorafa, députée européenne Syriza, qui a pris la parole à la conférence de presse aux côtés de Zoé Konstantopoulou et d’Eric Toussaint a accepté de faire le lien avec le parlement européen. Rappelons que Sofia Sakorafa a rompu avec le PASOK en 2010 quand ce parti dirigé par Georges Papandreou a soutenu le mémorandum signé avec la Troïka. En décembre 2010 déjà, elle a défendu en tant que parlementaire une proposition visant à la création d’une commission d’audit de la dette grecque. En 2011 elle a participé au lancement du comité d’audit citoyen de la dette grecque (ELE). En juin 2012 elle a été la députée grecque élue avec le plus grand nombre de voix, tous partis confondus. En mai 2014, elle a été élue députée européenne.

Georges Katrougalos, ministre de la réforme administrative, a également pris la parole lors de la conférence de presse afin d’apporter son soutien à l’initiative de la présidente du parlement grec. Georges Katrougalos avait lui aussi participé à la création du comité d’audit citoyen de la dette grecque (ELE). Enfin lors de la conférence de presse, la présidente du parlement a salué la présence de membres actifs de ce comité d’audit citoyen : Moisis Litsis, Sonia et Giorgos Mitralias (tous 3 du CADTM Grèce) ainsi que Leonidas Vatikiodis (un des auteurs des films Debtocracy et Catastroïka).

Les médias grecs ont largement rendu compte de cette conférence de presse ainsi que plusieurs médias hispanophones, francophones (Le Monde, Le Soir, L’Avenir, Agence France Presse…) ainsi que les radios publiques belge et suisse romande. Le Journal télévisé de 13h00 de la radio télévision publique belge a interviewé en direct Eric Toussaint place Syntagma le jour de la conférence de presse (l’interview au journal télévisé et au journal parlé ).

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Sofia Sakorafa, Zoe Konstantopoulou et Eric Toussaint à la conférence de presse

En tout, une trentaine d’experts grecs et internationaux prendront part à cette commission. Ils devront rendre un premier rapport dès le mois de juin, « soit au moment précis où l’accord conclu le 20 février entre la Grèce et ses créanciers arrivera à échéance, et où le moment d’ouvrir un nouveau chapitre de la renégociation de la dette sera venu », précise Adéa Guillot, correspondante permanente du Soir et du Monde. Les noms des membres de cette commission ne seront connus que début avril, lorsque la commission tiendra sa première séance de travail. D’avril à juin, cela laisse peu de temps, mais ce ne sera qu’une première étape. Éric Toussaint, dans en entretien accordé au journal financier L’Écho : « nous allons remettre des résultats préliminaires en juin, notamment sur la question de la dette réclamée par la troïka, rebaptisée « les institutions ». Mais l’ensemble de l’audit nous mènera sûrement jusqu’en décembre 2015. L’objectif de la commission est de porter à la connaissance des populations grecques une analyse rigoureuse de la nature des créances qui sont prêtées à la Grèce. Il y a une certaine urgence, alors que l’on assiste à une campagne de stigmatisation de la population grecque… »

La présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou est déjà accusée par certains journalistes et par différents partis grecs (Nouvelle démocratie, PASOK et Potami) de « jeter de l’huile sur le feu », ce qui n’empêche pas cette femme à la capacité de travail impressionnante (voir cet article du Monde) d’avancer : « tout un peuple a été mis à genoux et nous ne devons pas accepter qu’ils se soumettent à cette propagande. (…) Nous avons le devoir d’agir sinon cette dette pèsera sur les générations à venir. ».

Quoiqu’il en soit, le rôle de la commission d’audit de la dette grecque ne sera pas de se substituer au gouvernement grec pour décider quelles dettes doivent être remboursées et quelles dettes doivent être annulées. Et c’est bien là une précision importante qu’apporte la journaliste Adea Guillot : « une fois les résultats de cette commission connus, et pour peu qu’ils concluent à l’illégitimité d’une partie de la dette grecque, rien n’obligera cependant les créanciers du pays à accepter le principe d’un effacement pur et simple de leurs créances. Mais « le gouvernement grec pourra alors prendre la décision souveraine de ne pas payer », assure M. Toussaint. « Notre commission a pour but de donner des arguments solides et scientifiques pour soutenir, ensuite, une décision politique qui appartient au gouvernement grec », ajoute-t-il. »

Eric Toussaint

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L’euro-drachme, ballon d’oxygène pour la Grèce

TRIBUNE

L’accord signé par l’Eurogroupe le 28 février dernier a permis au gouvernement grec de gagner du temps pour commencer à mettre en œuvre sa politique. Mais cet été, d’importantes échéances de remboursements vont renforcer la pression sur la Grèce. La BCE ayant fermé aux banques grecques le guichet de refinancement des obligations émises par l’Etat grec, celui-ci risque d’être obligé de faire appel aux marchés financiers extérieurs pour honorer ses dettes, ce qui ne peut qu’augmenter la pression qu’il subit pour continuer dans la voie dévastatrice des politiques d’austérité. Dans ces conditions, le « choix » auquel les institutions européennes veulent forcer le gouvernement grec est entre la poursuite des politiques actuelles ou une sortie, volontaire ou involontaire, de la zone euro, conduisant à l’instauration d’une nouvelle monnaie grecque dévaluée. Il existe pourtant une troisième voie qui pourrait permettre à la Grèce de se redonner de l’oxygène sans passer par les fourches caudines de Bruxelles ni abandonner l’euro : la mise en circulation d’un instrument monétaire à l’échelle nationale, un « euro-drachme » parallèle mais restant lié à l’euro, et visant à compléter et non remplacer ce dernier.

Cette solution, qui n’est pas contraire aux traités européens, s’inspire des tax anticipation scrips émis avec succès aux Etats-Unis par certaines grandes villes dans les années 30 ou des IOU (I Owe You – « Je vous dois ») encore utilisés par certains Etats comme la Californie. Il s’agit d’émettre, non pas une monnaie de cours légal, mais un simple « instrument de crédit fiscal », de durée limitée mais reconductible, et de le faire fonctionner comme moyen de paiement. Autrement dit, l’euro-drachme serait une monnaie de paiement faisant directement appel au public en dehors de toute intermédiation bancaire ; il ne serait pas imposé mais simplement proposé aux citoyens grecs. Dans une économie asphyxiée, il aurait toutes les chances de devenir un moyen de paiement accepté si sa valeur nominale était gagée par son « cours fiscal », c’est-à-dire par le fait que tout citoyen et toute entreprise pourraient s’en servir pour payer ses impôts.

L’idée est de restaurer le circuit monétaire du Trésor public pour palier l’effondrement de la mission de service public du circuit bancaire privé, et de mettre ce circuit du Trésor au service de l’économie productive, de façon similaire à sa mobilisation en France dans l’après-guerre pour financer la reconstruction. Un autre exemple historique est celui des monnaies provinciales argentines (ré)apparues dans le nord-ouest du pays avec le retour à la démocratie en 1983, et qui se sont étendues à la majeure partie du pays au tournant des années 2000, lors de la crise du peso argentin. Ces expériences sont très mal connues, et méprisées a priori, par les défenseurs de l’orthodoxie monétaire. Pourtant des recherches récentes portant sur le patacon émis par la province de Buenos Aires en 2001 et le bocade circulant de manière continue de 1985 à 2003 dans la province de Tucumán, montrent, au contraire, qu’il s’agit d’expériences monétaires très positives et d’un grand intérêt pour penser une alternative dans les pays touchés de plein fouet par la crise de l’euro.

En effet, avant de disparaître sous l’injonction du FMI en 2003, les émissions de ces instruments publics de paiement, lorsqu’elles ont été bien gouvernées, ont permis d’atténuer significativement les effets sociaux d’une récession profonde et prolongée en participant à la relance de l’économie et en réduisant les dettes publiques. Ces expériences montrent que dans un contexte fédéral régi par le principe de subsidiarité, une monnaie fédérale commune peut coexister avec des monnaies nationales-provinciales complémentaires.

L’euro-drachme devrait être mis en circulation par le canal des dépenses du secteur public, à travers le paiement partiel des salaires et des pensions des fonctionnaires, d’allocations de revenus minima ainsi que des commandes publiques, son reflux au trésor public étant assuré par le paiement des impôts. Sa circulation serait a priori limitée au territoire grec et aux échanges couvrant les besoins de base de la population (nourriture, vêtements, santé, éducation, services publics, logement) ; sa convertibilité en euro à la parité ne serait que partielle, réservée aux entreprises qui l’accepteraient pour une forte proportion de leur chiffre d’affaires mais auraient des importations à régler en euros. Dans la mesure où la Grèce maîtrise entièrement ses ressources fiscales, ce problème de reconversion des euro-drachmes en euros ne se poserait que marginalement dès lors que le volume d’émission resterait mesuré. En revanche, le maintien de la valeur de l’euro-drachme, à parité avec l’euro, suggère que son émission aille de pair avec une réforme fiscale visant à accélérer sa vitesse de circulation (la mensualisation des impôts) et à réduire l’évasion fiscale.

Sans être une panacée à tous les maux de l’économie et des finances publiques grecques, l’euro-drachme permettrait de relever plusieurs défis de court terme : relancer l’économie locale, financer les services publics de base et réduire la dette de court terme (« dette flottante ») en ne recourant plus aux marchés financiers pour la financer. En aidant à une relocalisation des activités, elle participerait, par ailleurs, d’une transformation de long terme vers une économie plus soutenable et plus résiliente aux chocs externes.

On rétorquera que l’euro-drachme ne résout en rien le problème fondamental de la Grèce, à savoir le fardeau insoutenable de la dette publique. Nous pensons, au contraire, que son adoption changerait le rapport de forces entre la Grèce et ses créanciers et, en rendant la perspective de sortie de la zone euro moins catastrophique pour elle, ouvrirait l’espace de négociation pour un éventuel effacement partiel et/ou des conversions de dettes.

Le succès d’une telle politique n’a évidemment rien d’automatique et dépend de la capacité du gouvernement à construire la confiance dans la valeur monétaire du nouvel instrument. Les expériences passées montrent que son introduction doit être négociée aussi bien avec le secteur privé qu’au sein du secteur public. Elles montrent aussi que la création d’un tel moyen de paiement requiert le soutien d’un bloc de forces sociales unies autour de valeurs communes de justice sociale. La victoire électorale de Syriza et le fort soutien populaire dont jouit l’actuel gouvernement grec suggèrent l’existence potentielle en Grèce d’un tel bloc de forces favorables à un euro-drachme ainsi conçu.

Thomas Coutrot membre du conseil scientifique d’Attac, Wojtek Kalinowski codirecteur de l’institut Veblen et Bruno Theret directeur de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso), université Paris-dauphine, 15 mars 2015

Pour aller plus loin : http://www.veblen-institute.org/De-la-monnaie-unique-a-la-monnaie

Solidarité internationale avec les travailleurs de VIOME devant la menace immédiate de la liquidation

Les travailleurs de VIOME à Thessalonique, en Grèce, se sont levés contre la pauvreté et le chômage. Ils ont entamé une longue lutte pour l’autogestion de l’usine et ce dans un contexte hostile. Cela fait deux ans qu’ils produisent et commercialisent des produits de nettoyage écologique dans l’usine occupée, ce qui leur garanti un revenu modeste pour leur famille. Ils ont travaillé dans des conditions d’égalité les uns par rapport aux autres, prenant les décisions collectivement grâce à leur assemblée. Ce faisant, ils ont reçu une grande vague de solidarité en la Grèce mais aussi de l’étranger, convertissant leur lutte en une lutte emblématique pour la dignité humaine en Grèce en temps de crise.

Les anciens propriétaires de l’usine – la famille Fillipou – n’ont jamais cessé les tentatives de nuire au processus, par des obstacles légaux à chacune des étapes de leur chemin. Cela fait quatre ans qu’ils ont abandonné l’usine, s’appropriant tous les bénéfices et laissant derrière eux une dette de cent millions d’euros qui s’abat maintenant sur les travailleurs, maintenant leur familles dans la pauvreté et la misère. Aujourd’hui ils refont surface, conspirant avec les syndics et le système judiciaire afin de liquider l’entreprise.

Alors que les anciens propriétaires ont été condamnés à 123 mois de prison en première instance pour les millions d’euros de dettes pour les travailleurs, la cour d’appel a réduit cette peine à 43 mois de sursis, et annulé les compensations pour les travailleurs. En même temps, le 23 mars aura lieu un nouveau jugement, où sera évalué la pétition des administrateurs de liquider la machinerie et les installations. Si le tribunal leur donne raison, les intérêts financiers et immobiliers pourront s’immiscer dans l’usine de VIOME.

Les travailleurs de VIOME et le mouvement de solidarité national et international somme décidés à résister à la probable vente par tous les moyens disponibles. Le vendredi 20 mars, nous protesteront dans le centre-ville de Thessalonique, avec un marché d’agriculteurs et une vente directe des produits de VIOME pour le public. Le lundi 23 mars nous nous réunirons en face du palais de justice pour protester contre l’intention des administrateurs et des juges de liquider l’entreprise et ses installations – qui condamnerait les travailleurs à perdre leur emploi et leurs familles à la précarité – afin de servir les détenteurs du pouvoir.

De plus, nous déclarons que, indépendamment de la décision du tribunal, nous sommes décidés à rester fermes et à défendre l’usine VIOME, un lieu de travail qui se maintient en vie grâce à la détermination des travailleurs ainsi qu’à la solidarité de la communauté. Nous refusons de laisser l’usine aux mains des pouvoirs judiciaires, qui ont refusés à plusieurs reprises de faire justice pour les travailleurs et les plus défavorisés.

Notre destin est entre nos mains, nous gérons nous-même notre travail et notre vie. Nous n’allons pas permettre que qui que ce soit détruise ce que nous avons construit avec tant d’efforts. Nous déclarons aux juges, à la police, aux syndics, aux anciens propriétaires et aux aspirants acheteurs :

VIOME N’EST PAS A VENDRE !

VIOME EST AUX TRAVAILLEURS !

Source : http://www.viome.org/p/francais.html

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Solidarity with the workers of VIOME ApA

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Solidarity with the workers of VIOME from Aubenas

Solidarity with the workers of VIOME from Aubenas B

 

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Invitation à envoyer le mail suivant à cette adresse : protbiometal@gmail.com

J’exprime ma totale solidarité avec les travailleuses et les travailleurs grec-que-s de l’entreprise VIOME (Thessalonique) afin qu’ils/elles puissent poursuivre leur expérience de gestion ouvrière. Je demande expressément à la justice grecque de ne pas remettre en cause une expérience autogestionnaire qui a permis de préserver les emplois et de démontrer qu’une autre économie est possible.

Salutations solidaires

I express my total solidarity with the Greek workers of VIOME (Thessalonic) in order for them to keep on their experience of labor management. I specifically ask the Greek justice not to question this self-management experience which protects jobs and demonstrates that another economy is possible.

With solidarity

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Los trabajadores de VIOME en Tesalónica, Grecia, han plantado cara al desempleo y la pobreza, llevando a cabo una larga lucha para autogestionar la fábrica ocupada en condiciones muy adversas. Desde hace dos años, han estado produciendo y comercializando productos de limpieza ecológicos en la fábrica ocupada, garantizando un modesto ingreso para sus familias. Han estado trabajando en condiciones de igualdad y decidiendo colectivamente a través de la asamblea. Al mismo tiempo, han recibido una gran ola de solidaridad desde Grecia y el extranjero, convirtiendo su lucha en una lucha emblemática para la dignidad humana en Grecia en pleno crisis.

Los ex propietarios de la fábrica, la familia Fillipou, nunca han dejado de intentar obstruir el proceso, presentando obstáculos legales en cada paso del camino. Hace cuatro años abandonaron la fábrica, apropiándose de todos los beneficios y dejando una deuda de cientos de millones de euros hacia los trabajadores, condenando a sus familias a la pobreza y la miseria. Hoy vuelven a aparecer, conspirando con los síndicos y el sistema judicial con el fin de liquidar la empresa.

Mientras que los ex propietarios fueron condenados a 123 meses de prisión en primera instancia por los millones de euros adeudados a los trabajadores, el tribunal de apelaciones redujo esta condena a 43 meses de sentencia suspendida, absolviendo, en efecto, a los ex propietarios de tener que compensar a los trabajadores.

Al mismo tiempo, el 23 de marzo se celebra un nuevo juicio, donde se evaluará la petición del administrador de liquidar la maquinaria y las instalaciones. Si el tribunal falla a favor, los grandes intereses financieros e inmobiliarios tendrán la oportunidad de poner un pie en la fábrica de VIOME.

Los trabajadores de VIOME y el movimiento de solidaridad nacional e internacional estamos decididos a resistir una posible venta con cualquier medio disponible. El viernes 20 de marzo llevaremos a cabo una protesta en el centro de la ciudad de Tesalónica, con un mercado de agricultores y la venta directa de los productos de VIOME al público. El lunes 23 de marzo nos reunimos frente al Palacio de Justicia, para protestar contra la intención de los administradores y de los jueces de liquidar la empresa y sus instalaciones, condenando así a los trabajadores y sus familias al desempleo y la miseria con, con tanto de servir los intereses de los poderosos.

Además declaramos que, independientemente de la decisión del tribunal, estamos decididos a mantenernos firmes y defender la fábrica de VIOME, un lugar de trabajo que se mantiene vivo gracias a la determinación de los trabajadores y la solidaridad de la comunidad más amplia. Nos negamos entregarla a los poderes judiciales, que se han negado en repetidas ocasiones a impartir justicia para los trabajadores y los más desfavorecidos.

Nuestro destino está en nuestras propias manos, gestionamos nuestro trabajo y nuestra vida nosotros mismos. No vamos a permitir que nadie destruya lo que hemos construido con tanto esfuerzo. Declaramos a los jueces, a la policía, a los síndicos, a los ex propietarios y a aspirantes compradores:

VIOME NO ESTA EN VENTA!

VIOME ES DE LOS TRABAJADORES!

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The workers of VIOME in Thessaloniki, Greece, have stood up against unemployment and poverty by carrying through a long struggle to self-manage the occupied factory, in very adverse conditions. For two years now, they have been producing and commercializing ecological cleaning products at the occupied premises, ensuring a modest income for their families. They have been working on terms of equality, deciding collectively through the general assembly. At the same time they have received a big wave of solidarity from Greece and abroad, converting their struggle into an emblematic struggle for human dignity in crisis-stricken Greece.

The ex-owners of the factory, the Fillipou family, have never stopped trying to obstruct the process, posing legal hurdles in every step along the way. Four years ago they abandoned the factory, keeping all the benefits to themselves and leaving hundreds of millions in unpaid wages to the workers, condemning their families to poverty and misery. Today they appear again, conspiring with the state-appointed bankruptcy administrators and the judicial system in order to liquidate the company.

While the ex-owners were convicted to 123 months in jail at first instance for the millions owed to the workers, the court of appeals reduced this sentence to a 43 months suspended sentence, thus in effect absolving the ex-owners from having to ever pay back the workers.

At the same time, on March 23 there is a new trial to decide on the administrator’s request to liquidate the machinery and the premises. If the court rules in favour, big financial and real estate interests will have the opportunity to gain a foothold in the VIOME premises.

The workers of VIOME and the national and international solidarity movement are determined to resist a possible sell off by any means available. On Friday, March 20 we are carrying out a protest at Thessaloniki’s city centre, including a farmers market and the direct sale of the VIOME products to the public. On Monday, March 23 we gather in front of the court house, to protest against the intention of the administrators and the judges to liquidate and sell off the company and its premises, to condemn the workers and their families to unemployment and misery in order to serve the interests of the powerful.

Furthermore we declare that, regardless of the ruling of the court, we are determined to stand our ground and defend the VIOME factory, a workplace that was kept alive thanks the determination of the workers and the solidarity of the wider community. We refuse to surrender it to the judicial powers, which have repeatedly denied justice to the workers and the underprivileged.

Our destiny is now in our own hands, we manage our work and our lives ourselves. We will not permit anyone to destroy what we have built with so much effort. We declare to the judges, the police, the administrators, the ex-owners and any prospective buyers:

VIOME IS NOT FOR SALE!

VIOME WILL REMAIN IN THE HANDS OF THE WORKERS!

De peuple à peuple, solidarité politique avec la Grèce – From people to people, political solidarity with Greece

La Bande Passante

Soutient

Une initiative en cours pour ouvrir les alternatives politiques en Europe dans le moment critique que nous traversons

[English below]

Soutenez le projet pour la Grèce « De peuple à peuple »

Le peuple Grec a voté. Il a dit non à la politique oppressive de la BCE, d’autres institutions et des États européens. Le gouvernement qu’il s’est choisi tente de se libérer du fardeau destructeur de la dette pour que le tissu social blessé puisse se reconstituer. Les citoyens grecs construisent de nouvelles solidarités. Face à ce renouveau, les pouvoirs européens ont réagi avec brutalité et mépris. Cette brutalité vise à bloquer les possibilités d’alternatives progressistes dans tous les pays européens.

C’est de peuple à peuple que nous souhaitons soutenir les grecs et ainsi dépasser le fatalisme politique en Europe, nous constituer comme puissance politique dans ce contexte crucial pour l’avenir de tous.

Notre campagne prend la forme de dons qui seront versés à l’association Solidarity4all.

Elle agit en Grèce pour assurer les droits sociaux les plus fondamentaux : nourriture, santé et éducation et soutient des actions de terrain mettant en oeuvre de nouveaux modèles de développent et de solidarité. Chaque euro sera utile à ces actions de terrain, mais la réussite de notre campagne manifestera la réouverture d’une citoyenneté solidaire en Europe et la réouverture du possible politique commun.

INFOS PRATIQUES :

Si vous soutenez ce projet, la collecte se fait par l’intermédiaire de KissKissbBankBank : cliquez sur « Soutenir ce projet ».

Vous trouverez également des informations et vidéos sur le projet et ses initiateurs (INTERDEMOS) sur la même page et une presentation résumée du projet ici.

Si vous souhaitez entrer en contact avec INTERDEMOS : contact@interdemos.net

Soyez nombreux à soutenir cette action, et faites la connaître largement auprès de vos réseaux, de vos amis, de vos listes.

INTERDEMOS, c’est :

Sophie Wahnich : Historienne de la révolution française, directrice de collection, anime de nombreux projets et revues politiques et culturels
Laure Vermeersch : Cinéaste, elle finit Alcyons-Αλκυονίδες tourné avec la structure de solidarité du quartier de Fyli à Athènes qui soutenait et célébrait pour la première fois, un mariage, celui de Marilena et d’Andréas, la semaine des élections du 25 janvier.
Marie Cosnay : Enseigne le latin, traduit Ovide, écrit récits et chroniques, vit au pays basque.
Nathalie Chouchan : Professeur de philosophie, co-fondatrice de l’université populaire UP18 – Nous avons encore besoin des humanités.
Balthazar Clamoux : Philosophe impliqué dans l’éducation populaire.
Philippe Aigrain : Informaticien, essayiste et poète ; cofondateur d’une association de défense des droits fondamentaux à l’âge numérique.

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Retrouvez les films de La Bande Passante sur http://www.labandepassante.org

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[EN]

La Bande Passante

Supports

An ongoing project to open the ground for political alternatives in Europe in the critical time we are living through

Support the project for Greece « De peuple à peuple »

The Greek people voted on 25 Janaury 2015. It rejected the oppressive policy of the ECB and other European institutions and States. The government it chose tries to free the country from the destructive burden of an artificially inflated debt, so that the terribly damaged social fabric can be reconstructed. The Greek citizens develop new grassroots solidarity actions. Facing this wind of change, the European powers reacted brutally and with contempt. This brutal reaction aims at blocking the possibility of progressive political alternatives in all European countries.

It is people to people that we want to support the Greeks and overcome the polical fatalism in Europe. Only this way can be constitute ourselves as a citizen power in the crucial context.

We collect donations that will transferred to the Solidarity4all NGO.

Solidarit4all acts in Greece to serve the basic needs of existence: food, health and education. It also support grassroot actions putting in place new production and consumption models, new forms of solidarity. Every euro will be useful for these grassroots actions, but the success of our campaign will also signal the birth of a new solidarity between European citizens and reopen our common policial future.

HOW-TO:

To support the project, participate for the participatory financing on KissKissbBankBank, just click on Back this project and follow instructions.

You will also find information and videos about the campaign and the people behind it (INTERDEMOS) on the same page and a summary presentation of the project here.

To contact INTERDEMOS: contact@interdemos.net

Thanks in advance for backing this action, and making it known widely through social media and networks, to your friends and on email lists.

INTERDEMOS is a group of individuals:

Sophie Wahnich: Historian of the French revolution, chief editor of several journals, involved in many political and cultural projects
Laure Vermeersch: Filmmaker, just finishing Alcyons-Αλκυονίδες a documentary film shot with the neighbourhood solidarity center of Fyli (Athens) where for the first time a marriage (Marilena and Andreas’) on the election week of January.
Marie Cosnay: Teaches latin, translates Ovid, writes stories and chronicles, lives in the Basque country.
Nathalie Chouchan: Professor of philosophy, co-founder of the popular university UP18 (Paris) – We still need humanities.
Balthazar Clamoux: Philosopher involved in popular education.
Philippe Aigrain: Computer scientist, non-fiction writer and poet; co-founder of a NGO defending fundamental rights in the digital sphere.

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Retrouvez les films de La Bande Passante sur http://www.labandepassante.org