Archives de Catégorie: Europe

Grèce : La poursuite de l’esclavage pour dette de la fin du 19e siècle à la seconde guerre mondiale

Seconde partie de la série « Grèce et dette : Deux siècles d’ingérence des créanciers »

Pièce jointe-7

Cette série d’articles analyse les grandes crises de la dette grecque en les situant dans le contexte économique et politique international, ce qui est systématiquement absent de la narration dominante et très rarement présent dans les analyses critiques. Depuis 1826, de grandes crises de la dette ont marqué très fortement la vie des Grecs. Chaque fois, des puissances européennes se sont coalisées afin d’obliger la Grèce à contracter de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes. Cette coalition de puissances a dicté à la Grèce des politiques correspondant à leurs intérêts ainsi qu’à ceux de quelques grandes banques privées et des grandes fortunes dont elles étaient complices. Chaque fois, ces politiques visaient à dégager les ressources fiscales nécessaires au paiement de la dette et impliquaient une réduction des dépenses sociales ainsi qu’une diminution des investissements publics. Sous des formes qui ont varié, la Grèce et le peuple grec se sont vu nier l’exercice de leur souveraineté. Cela a maintenu la Grèce dans un statut de pays subordonné et périphérique avec la complicité des classes dominantes grecques.

Rappel de la première partie : la-grece-independante-est-nee-avec-une-dette-odieuse/ Lire la suite

Où est allé l’argent des prêts « à la Grèce » ?

Trois programmes d’ajustement (Memorandum of Understanding, MoU) se sont succédés depuis 2010. Ils ont consisté à accorder de nouveaux prêts à la Grèce, sous condition d’une austérité drastique. Le premier programme date de mai 2010. Il devait s’achever en juin 2013 mais l’approfondissement de la crise a conduit à la mise en œuvre d’un deuxième programme en mars 2012. Ce dernier, dont le terme initial était fixé à décembre 2014, a été prolongé jusqu’en juin 2015. Le troisième programme prend le relais en juillet 2015, et il devrait se poursuivre jusqu’en 2018. Lire la suite

Montserrat Fernández-Garrido : A l’intention de Cristina Pedroche: l’ignorance est très effrontée.

Il y a beaucoup de femmes qui se retournent dans leur tombe à cause de l’interview de Cristina Pedroche1 publiée par votre journal dimanche dernier.

Dire que « nous devons oublier le machisme et le féminisme parce que ce sont des bêtises » c’est parler sans savoir. Et cette femme le fait avec désinvolture, avec l’orgueil de celle qui, étant jeune, populaire et belle, a beaucoup de fans, mais ignore tout de ce qu’elle ne connaît pas.  Lire la suite

Stop à la criminalisation du mouvement BDS pour la justice en Palestine !

Soutien aux militants des droits de l’Homme en Europe !

Alors qu’Israël est de plus en plus incapable de justifier son régime d’apartheid et de colonialisme de peuplement sur la population palestinienne et ses massacres récurrents des Palestiniens de Gaza, il cherche des gouvernements solidaires en Europe et aux USA pour saper la liberté d’expression afin de parvenir à se protéger des critiques et des mesures visant à le tenir pour responsable de ses grossières violations de la législation internationale. Une campagne très coordonnée et très bien financée est menée par Israël et ses soutiens, visant à criminaliser le militantisme politique contre l’occupation israélienne, fondée sur la crainte circonstanciée que la campagne mondiale conduite par les Palestiniens de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) réussisse. Lire la suite

Pologne : guerre contre les femmes = guerre contre la démocratie : un projet d’interdiction totale de l’avortement

Plus d’un quart de siècle après le début de la transformation dite démocratique qui a imposé une loi anti-avortement très restrictive en Pologne, 60 ans après l’introduction du droit à l’IVG sous le régime dit communiste, 84 ans après que les Polonaises aient obtenu la légalisation de l’avortement pour des raisons médicales ou de viol dans la période de l’entre-deux-guerres… le gouvernement polonais fait retourner les femmes aux jours d’avant l’indépendance de la Pologne. Le projet d’interdiction totale de l’avortement, considéré sans exception comme un crime, est une loi qui a été en vigueur sous le partage de la Pologne. Aujourd’hui, le gouvernement polonais traite les citoyennes comme l’ont fait les occupants il y a plus de cent ans. Lire la suite

Résolution sur l’accord UE – Turquie relatif aux réfugiés / 5e rencontre nationale des DPSS

5thPanelladikiKIFA-25e rencontre nationale des Dispensaires et Pharmacies Sociaux Solidaires (DPSS) 

Résolution sur l’accord UE – Turquie relatif aux réfugiés

Les conclusions du Conseil Européen (datées du 16-17 mars) relèvent d’une politique inacceptable. Une politique qui viole la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, qui légalise la fermeture des frontières, qui crée un cordon sanitaire visant à protéger les pays du centre de l’Europe. Une politique qui transforme la Grèce en un énorme ghetto, en un territoire de répression croissante à l’égard des réfugiés et migrants. Cette politique va accentuer la misère aussi bien des Grecs que des réfugiés. Lire la suite

La « crise grecque » – Une crise provoquée par les banques

 

La responsabilité des banques dans la création de la bulle de crédit en Grèce

« Tenez ! nous autres, avec notre Banque universelle, n’allons-nous pas couvrir l’horizon le plus large, toute une trouée sur le vieux monde de l’Asie, un champ sans limite à la pioche du progrès et à la rêverie des chercheurs d’or ? Certes, jamais ambition n’a été plus colossale, et, je l’accorde, jamais non plus conditions de succès ou d’insuccès n’ont été plus obscures. »

(Saccard dans L’argent, Émile Zola)

Le pseudo-récit de la « crise grecque »

Omniprésents dans les grands médias qui leur tiennent lieu de biotope, les tenants de la pensée libérale ont construit ces dernières années le récit d’une « crise grecque » qui mérite plus le qualificatif pseudo-récit, c’est-à-dire de mensonge1, que celui de mythe. Ce dernier mot transporte avec lui trop de dimensions riches et profondes pour qu’il soit réduit à désigner une litanie de contrevérités sciemment débitées à l’envi. Le récit officiel fait une large place à un peuple grec oisif, dépensier et fraudeur, gouverné par quelques politiciens cupides et incompétents. S’il lui arrive à l’occasion de mentionner les armateurs et l’Église orthodoxe ou d’évoquer rapidement quelques cas de corruption avérée, le discours dominant se garde bien de creuser le sujet et persiste dans son refus de donner une présentation objective, exhaustive et honnête de la situation. Ainsi, on relève quelques oublis d’importance. Le prélèvement de l’impôt à la source, pourtant appliqué à près de deux tiers des salariés, notamment les fonctionnaires et les retraités, est passé en pertes et profits. On trouve également peu d’investigations sur la fraude fiscale qui est pour l’essentiel le fait des riches particuliers et des grosses sociétés bénéficiant de la complicité des banques de territoires fiscalement compréhensifs, certains en Europe tels le Luxembourg cher à Jean-Claude Junker, le Royaume Uni et ses îles accueillantes, ou la Suisse. De même, les cas de corruption mettant en cause des politiciens et des grands groupes étrangers sont rarement relatés dans le détail, et les liens entre patrons de grands groupes, banquiers et politiciens sont peu souvent évoqués. Mais, le plus répréhensible à nos yeux dans ce catéchisme d’Épinal censé rendre compte de la situation grecque réside dans son parti pris délibéré de passer sous silence les véritables causes à l’origine du problème et les responsabilités d’acteurs essentiels que sont les banques, les organes de supervision et les institutions. Lire la suite