Archives de Catégorie: Philo…

Un effort constant pour saisir le politique dans ses multiples et différents points d’irruption

« l’étranger porte au cœur du monde autochtone le type d’hétérogénéité et de diversité qu’on n’attend et qu’on ne tolère normalement qu’à distance »

Dans leur introduction générale « La République vue par une étrangère », introduction-generale-la-republique-vue-par-une-etrangere-disabelle-clair-et-delsa-dorlin-a-louvrage-eleni-varikas-pour-une-theorie-feministe-du-politique/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions iXe, Isabelle Clair et Elsa Dorlin présentent le parcours de l’autrice et abordent, entre autres, la recherche historique, l’enfouissement de « l’histoire des vaincus », la mise à jour de « traditions cachées », du Journal des dames (au XIXe siècle en Grèce), ce qui relève déjà du « politique » dans les expériences singulières, les graines de révolte, « le personnel est politique », Olympe de Gouges, ce qui « se trame à l’ombre des Lumières », le féminisme, ce qui empêche la fête de se tenir, la philosophie politique, la critique de la naturalisation, le privé et ce qui légitime pour certain·e·s « un territoire d’exception aux pensées de l’émancipation », la notion de « genre », les catégories d’analyse et leurs situations historiques et sociales, la parité versus l’égalité, le travail d’historicisation, le « risque de fâcher », la multiplicité, les « parias ». Lire la suite

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Etre exclue du pouvoir ne prémunit pas nécessairement contre ses sortilèges

Le livre de Geneviève Fraisse « du consentement » vient d’être réédité. Je rappelle ma note de lecture parue en janvier 2014, sous le titre : Car dire « oui », c’est aussi pouvoir dire « non », car-dire-oui-cest-aussi-pouvoir-dire-non/

Le texte initial est complété d’un nouveau chapitre : « Et le refus de consentir ? » Lire la suite

Les politiques d’« humains superflus »

« La « crise des réfugiés », la « crise de l’Europe », la « crise de l’humanité » ? Pourquoi résistons-nous à l’asile ancré dans l’hospitalité, évidence philosophique et politique, et pourquoi la crise des réfugiés suscite-t-elle autant de désarroi, d’impuissance, de cynisme ? Cet essai est un défi pour la politique et la philosophie. Il montre en quoi la philosophie dys-topique du mouvement qui intègre la violence extrême peut être un pari tragique positif d’exercice de la liberté, de l’hospitalité. Que signifie aujourd’hui les « humains superflus », les « sans-Etat », « le droit d’avoir des droits », la « violence extrême », quand on voit ces mots depuis les routes, les camps de réfugiés ? Choisir de résister a un sens. La question est de savoir comment parier. »

L’évidence de l’asile. « Son évidence a les pieds dans la boue de l’histoire, la matérialité des conditions d’existences humaines, les luttes les refus des guerres, le désarroi, un travail entre inconvertibilité/convertibilité de la « violence extrême » ». Comprendre et résister à ce qui se joue dans les politiques de fermeture des frontières, dans la création d’« humains superflus », dans la « catastrophe ». Lire la suite

Les Lumières en question. À propos du livre de Jonathan Israel, Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Cet ouvragei, synthèse d’une œuvre monumentale de quatre volumes de 1 000 pagesii, dont seul le premier a été traduit en français, permet d’entrevoir la nature encyclopédique du travail effectué par l’auteur, professeur aux États-Unis à l’Institute for Advanced Studies de Princeton. L’intérêt d’une synthèse, surtout quand elle est effectuée par l’auteur lui-même, est qu’elle permet d’aller à l’essentiel de sa pensée et facilite donc la discussion de la thèse avancée et de la méthode employée. Lire la suite

Heureusement qu’à 17 ans, je n’ai pas compris…

Sur ma première dissertation, le professeur de philosophie barra le mot « inatteignable » et écrivit dans la marge « inaccessible ». C’était, à l’évidence, une faute de français. Depuis lors, et jusqu’à aujourd’hui, je sursaute quand j’entends, à la radio ou ailleurs, le mot interdit. Lire la suite

Colporteuse, ou l’épreuve de l’histoire

Avec l’aimable autorisation de l’auteure

Colporteuse1

Colporter, c’est se déplacer ; c’est avoir un baluchon, plein de marchandises. Colporter, c’est n’avoir que son corps pour se transporter, pour voyager, soit parce que les moyens manquent, soit parce que le but du voyage nécessite une forme singulière de parcours. Colporter, c’est tracer son chemin. Ici, il s’agit d’un parcours dans la pensée féministe.

La colporteuse du féminisme, figure contemporaine, pratique le parcours individuel dans une histoire collective, à ce moment de l’histoire-là, celle en train de s’écrire à la fin du XXème siècle, au début du XXIème siècle. Lire la suite

Scruter des mots et des secrètes anfractuosités des textes

Ivan Segré est un philosophe et un talmudiste, deux domaines où mes connaissances sont limitées, et encore plus pour le second. Par ailleurs, je n’ai pas un regard aimable sur Alain Badiou qu’il cite ou critique (Comment oublier l’Albanie, les exactions rouges culturelles, le génocide des khmers rouges, etc ?).

C’est aussi un conteur remarquable. Il convient de lire attentivement sa vision du film Triple 9 de John Hillcoat et le récit concernant son oncle Victor – et son « irrémissible étrangeté » – pour être pris-e dans une mise en abime intellectuelle… Lire la suite