Archives de Catégorie: Philo…

Etre exclue du pouvoir ne prémunit pas nécessairement contre ses sortilèges

Le livre de Geneviève Fraisse « du consentement » vient d’être réédité. Je rappelle ma note de lecture parue en janvier 2014, sous le titre : Car dire « oui », c’est aussi pouvoir dire « non », car-dire-oui-cest-aussi-pouvoir-dire-non/

Le texte initial est complété d’un nouveau chapitre : « Et le refus de consentir ? » Lire la suite

Publicités

Les politiques d’« humains superflus »

« La « crise des réfugiés », la « crise de l’Europe », la « crise de l’humanité » ? Pourquoi résistons-nous à l’asile ancré dans l’hospitalité, évidence philosophique et politique, et pourquoi la crise des réfugiés suscite-t-elle autant de désarroi, d’impuissance, de cynisme ? Cet essai est un défi pour la politique et la philosophie. Il montre en quoi la philosophie dys-topique du mouvement qui intègre la violence extrême peut être un pari tragique positif d’exercice de la liberté, de l’hospitalité. Que signifie aujourd’hui les « humains superflus », les « sans-Etat », « le droit d’avoir des droits », la « violence extrême », quand on voit ces mots depuis les routes, les camps de réfugiés ? Choisir de résister a un sens. La question est de savoir comment parier. »

L’évidence de l’asile. « Son évidence a les pieds dans la boue de l’histoire, la matérialité des conditions d’existences humaines, les luttes les refus des guerres, le désarroi, un travail entre inconvertibilité/convertibilité de la « violence extrême » ». Comprendre et résister à ce qui se joue dans les politiques de fermeture des frontières, dans la création d’« humains superflus », dans la « catastrophe ». Lire la suite

Les Lumières en question. À propos du livre de Jonathan Israel, Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Cet ouvragei, synthèse d’une œuvre monumentale de quatre volumes de 1 000 pagesii, dont seul le premier a été traduit en français, permet d’entrevoir la nature encyclopédique du travail effectué par l’auteur, professeur aux États-Unis à l’Institute for Advanced Studies de Princeton. L’intérêt d’une synthèse, surtout quand elle est effectuée par l’auteur lui-même, est qu’elle permet d’aller à l’essentiel de sa pensée et facilite donc la discussion de la thèse avancée et de la méthode employée. Lire la suite

Heureusement qu’à 17 ans, je n’ai pas compris…

Sur ma première dissertation, le professeur de philosophie barra le mot « inatteignable » et écrivit dans la marge « inaccessible ». C’était, à l’évidence, une faute de français. Depuis lors, et jusqu’à aujourd’hui, je sursaute quand j’entends, à la radio ou ailleurs, le mot interdit. Lire la suite

Colporteuse, ou l’épreuve de l’histoire

Avec l’aimable autorisation de l’auteure

Colporteuse1

Colporter, c’est se déplacer ; c’est avoir un baluchon, plein de marchandises. Colporter, c’est n’avoir que son corps pour se transporter, pour voyager, soit parce que les moyens manquent, soit parce que le but du voyage nécessite une forme singulière de parcours. Colporter, c’est tracer son chemin. Ici, il s’agit d’un parcours dans la pensée féministe.

La colporteuse du féminisme, figure contemporaine, pratique le parcours individuel dans une histoire collective, à ce moment de l’histoire-là, celle en train de s’écrire à la fin du XXème siècle, au début du XXIème siècle. Lire la suite

Scruter des mots et des secrètes anfractuosités des textes

Ivan Segré est un philosophe et un talmudiste, deux domaines où mes connaissances sont limitées, et encore plus pour le second. Par ailleurs, je n’ai pas un regard aimable sur Alain Badiou qu’il cite ou critique (Comment oublier l’Albanie, les exactions rouges culturelles, le génocide des khmers rouges, etc ?).

C’est aussi un conteur remarquable. Il convient de lire attentivement sa vision du film Triple 9 de John Hillcoat et le récit concernant son oncle Victor – et son « irrémissible étrangeté » – pour être pris-e dans une mise en abime intellectuelle… Lire la suite

Les amis de nos amis

Avec l’aimable autorisation de l’auteure

Les amis de nos amis seraient-ils nos amis ?1 en principe, oui ; en réalité, c’est incertain. Lors du tournant révolutionnaire, des hommes adhèrent à la société des amis des noirs et sont favorables à une émancipation, radicale ou modérée, des femmes, par exemple Condorcet ou l’abbé Grégoire. Ils s’intéressent même à d’autres groupes d’opprimés, à d’autres amis les protestants, les juifs, mais eux seuls font le lien entre ces divers « amis », dont les oppressions tiennent au sexe, à la couleur, à la religion. Dès lors pourtant, les alliances se noueront et se dénoueront de groupes à groupes, de minorités à minorités, dit-on aujourd’hui, non sans humour. Car l’époque moderne est celle des frères plus que celle des pères, celle de l’appel à la fraternité plus que celle de la reconnaissance de l’autorité ; soit. Les frères, justement, supposent que les amis de nos amis sont nos amis ; mais précisément, c’est une supposition, une théorie, car les frères savent aussi s’entre-tuer. Lire la suite