Marilyne Poulain : un témoignage, des luttes

J’ai décidé ces derniers jours de quitter mes responsabilités à la CGT

C’est une décision difficile que j’ai pris le temps de mûrir.
Elle me trotte dans la tête depuis 2 ans et demi.
Il m’a fallu ce long temps de réflexion pour prendre du recul sur mon engagement syndical, un engagement profond et sincère mais abîmé par différents évènements.
14 ans d’engagement au quotidien dans la CGT avec les travailleurs migrants, des victoires revendicatives, juridiques, des combats magnifiques que je suis heureuse d’avoir accompagnés avec mes chers camarades avec ou sans-papiers.
La reconnaissance de la traite des êtres humains dans le milieu du travail, de la discrimination systémique dans le BTP, des grèves coordonnées toujours victorieuses…
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Pour un gouvernement sans LGBTQIAphobies

Les nominations de plusieurs ministre au passé Manif pour tous font grincer des dents chez les défenseurs des droits des personnes LGBTQI+. Dans une pétition, une centaine d’élus et de militants demandent le départ des trois ministres concernés. 

Alors que les violences contre les personnes LGBTQIA + explosent, alors que partout dans le monde les atteintes aux LGBTQIA+ se multiplient et que le classement de la France en matière de protection de leurs droits se dégrade, le 4 juillet 2022, le président, élu pour faire barrage à l’extrême droite homophobe, ajoute à son gouvernement deux visages de la Manif pour tous : Mme Caroline Cayeux, ministre déléguée à la Cohésion du territoire et M. Christophe Béchu, ministre de l’Ecologie et de la transition énergétique.  Continuer à lire … « Pour un gouvernement sans LGBTQIAphobies »

Nous nous déclarons chantier naval inlassable et permanent

Avec des rescapés, des marins sauveteurs, des médecins, des pilotes, des cuisiniers, des architectes naval, des designers, des conservateurs, des juristes, des étudiants européens en art, design, architecture, les maires de Palerme et de Marseille, et tant d’autres, nous avons traversé Marseille le 26 juin, la maquette de l’Avenir dans les bras, pour déclarer sa réalisation prochaine à échelle 1.
Pour soutenir les gestes de sauvetage, de soin, de bienveillance, d’amitiés qui se déploient à la rencontre de celles et ceux qui cherchent refuge en Europe, en contre-feu de la violence qui nous gouverne.
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La culture c’est comme quoi ?

La culture, un sujet tellement brûlant que personne n’en parle. Les ministres de la culture, au cours du temps, n’ont pas fait beaucoup de bruit. La pandémie a permis de dévoiler le pot aux roses, la culture est devenue marchandise. Les plaintes diverses, des musées comme des discothèques, portaient sur l’absence de recettes sinon de profit. Le festival de Cannes a entendu les gémissements d’une profession sur la désaffection du public qui ne fréquenterait plus les salles pour se réfugier chez eux devant leur série préférée. Heureusement, certains s’interrogent comme les signataires d’un texte publié dans Le Monde du 18 mai 2022 : « Les choix politiques de nos institutions fragilisent gravement le cinéma », le titre résumant l’essentiel de la contribution. Le cinéma est appelé à se transformer, à se refonder pour trouver une nouvelle place. Continuer à lire … « La culture c’est comme quoi ? »

Etienne Balibar : Tous dans la guerre

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Nous voici au 5ème mois de la guerre déclenchée par l’invasion russe. Dans cette conférence [1], j’essayerai de mettre en ordre quelques-unes des réflexions que m’inspirent la situation en Ukraine et ses prolongements planétaires. Je formulerai des hypothèses et poserai des questions, mais je n’ai pas de certitude absolue quant à la réponse qu’il faut leur apporter. Sur plusieurs points je me demande même si ces réponses existent – sauf à vouloir projeter sur la réalité qui nous assiège des catégories idéologiques toutes faites. Mais ce n’est pas une raison, bien au contraire, pour ne pas tenter d’articuler ce que nous savions déjà et ce que nous apprenons au jour le jour, de façon à éclairer les enjeux et les éventualités d’un conflit qui nous concerne tous directement. Devant la guerre d’Ukraine en effet, devant la bataille qui fait rage autour des villes du Donbass, devant les menaces qui s’accumulent aux alentours, nous ne pouvons pas nous comporter comme de simples « observateurs engagés » qu’affectent plus ou moins les événements. C’est notre avenir, c’est notre « monde commun » qui sont en jeu, et dont la physionomie va dépendre aussi de nos interprétations et de nos choix. En ce sens, toutes proportions gardées car – ne l’oublions jamais – nous ne sommes pas les combattants ou les victimes directes du conflit, je dirai pourtant que nous sommes dans la guerre, car elle a lieu « chez nous » et « pour nous ». Nous n’avons pas le choix, hélas, comme le propose dans une belle leçon de pacifisme révolutionnaire mon ami le philosophe Sandro Mezzadra, de « déserter la guerre » [2]. Je n’en conclus pas pour autant que nous devions nous laisser « mobiliser » et emporter par elle d’une façon irréfléchie. La marge laissée au choix est très faible, mais faut-il décider d’avance qu’elle est inexistante ? Continuer à lire … « Etienne Balibar : Tous dans la guerre »

Education populaire à la santé et décolonisation en temps de négationnisme

Il est nécessaire que le dialogue ait lieu avec les différentes victimes du négationnisme, mais pas avec les antagonistes, les « négationnistes professionnel·les », promoteur·ices de la politique de mort. Il est nécessaire de défendre la science contre le négationnisme, mais sans tomber dans un retour positiviste, sans perdre la dimension du dialogue avec les égaux et les différents.

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par Ana Paula MorelProfesseure associée à la Faculté d’Éducation de l’Université fédérale de Fluminense (UFF). Docteure en anthropologie sociale du PPGAS/Musée national/UFRJ, où elle a mené des recherches sur l’éducation autonome dans le mouvement zapatiste. Elle a travaillé comme éducatrice et chercheuse dans le domaine de l’Éducation et de la Santé à l’École polytechnique de Santé Joaquim Venâncio (EPSJV) à Fiocruz. Ses principaux domaines d’intérêt sont l’Éducation Populaire à la Santé, l’Anthropologie et l’Éducation, ainsi que les Mouvements Sociaux et l’Autonomie. Continuer à lire … « Education populaire à la santé et décolonisation en temps de négationnisme »

Comprendre ce qui nous est arrivé au XX° siècle … pour aider les générations du XXI° à gagner !

Introduction.
« Ces Etats dits ouvriers au XX° siècle » : ce thème ne doit pas être considéré comme relevant de la pure recherche historique, par ailleurs indispensable. Nous sommes maintenant de plein pied dans le XXI° siècle qui est déjà une époque terrible de guerres, de révolutions, d’espoirs, de destructions, où la survie du monde humain est en cause, et pas à long terme mais à moyen terme, voire à court terme. Or, si nous en sommes là, c’est parce qu’au XX° siècle la révolution prolétarienne a raté son coche, et ceci se concentre dans ce que fut le devenir des prétendus « Etats ouvriers », les régimes staliniens, le « socialisme réellement existant ».
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Origines dérisoires

Entretien avec Déborah Danowski, professeure de philosophie à l’Université de Rio de Janeiro, et co-autrice avec Eduardo Viveiros de Castro d’un texte majeur sur l’Anthropocène : l’Arrêt de monderéalisé par Camila Caux et Eric Macedo pour perfect storm le 10 octobre 2021.

Le négationnisme professionnel est largement responsable de cette situation. Dans chaque cas, il existe une industrie qui travaille activement au déni. L’industrie des combustibles fossiles agit pour nier le réchauffement climatique de la même manière que les grandes compagnies de tabac ont longtemps nié la relation bien établie entre le tabac et le cancer. Ces entreprises ont beaucoup appris du négationnisme de l’Holocauste.

Nous avons parlé à Déborah Danowski des nouvelles formes du phénomène de négationnisme, du néonazisme au Brésil et de la confluence de petits facteurs apparemment sans importance dans l’origine des événements historiques. Continuer à lire … « Origines dérisoires »

Roland Pfefferkorn : Laïcité, une aspiration émancipatrice dévoyée

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Professeur émérite de sociologie à l’Université de Strasbourg, Roland Pfefferkorn est corédacteur en chef de la revue Raison présente. Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur les inégalités sociales et de genre.
Quatre questions à Roland Pfefferkorn
Propos recueillis par Paul Devin
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Contre la focalisation sur les passés sans égard aux possibles futurs

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Comme un journal pour « ne rien occulter… anticiper… rebondir et… construire les alternatives » au fil des jours d’août 2021 à mars 2022.
Voyage personnel, dans les horreurs de l’actualité et vers les moyens de l’autodétermination collective et individuelle. Lecture partielle et partiale de ces repères pour une politique de la vie…
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Introduction de Denis Paillard à son livre : « Rêve générale »

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Ce livre est le résultat d’un long cheminement-réflexion sur l’émancipation individuelle et collective aujourd’hui, dans une période incertaine, de transition, de doute, de remise en cause. Notre conviction [1]: face à la crise comme donnée permanente, face à la barbarie du monde et aux replis identitaires en tous genres, il y a une urgence de pensée qui doit se nourrir des résistances, infiniment diverses, qui aujourd’hui à travers le monde invitent à ne pas désespérer, à ne pas se résigner, à « libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure » (Walter Benjamin).
Ce livre est construit comme un dialogue sur l’émancipation, son actualité, ses combats, un dialogue essentiel avec d’autres textes, d’autres auteurs, d’autres voix. Dans ce livre ils sont présents à travers de nombreuses citations, en résonance avec notre propre réflexion, qu’ils ont nourrie et stimulée. Ce livre se veut un espace partagé, ouvert.
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Pour que l’accueil digne des migrants soit la règle, pas l’exception

Le 29 mars dernier, nous, associations œuvrant pour l’accueil digne des personnes exilées, appelions les pouvoirs publics à garantir un accueil digne et inconditionnel pour tous·te·s. Nous proposons aujourd’hui à la future Assemblée nationale de s’engager dans cette voie, en adoptant dès son élection des mesures immédiates et durables pour l’accueil des personnes exilées, dont les arrivées n’ont pas vocation à diminuer dans les prochaines années.

Les mesures exceptionnelles mises en place pour accueillir les personnes fuyant la guerre en Ukraine, conjuguées à un élan de solidarité inédit, sont salutaires. Début mai, elles ont permis à 70 000 personnes d’être accueillies en France et de bénéficier d’un accès facilité à leurs droits sociaux et à l’hébergement. Cependant, toutes les personnes exilées doivent pouvoir bénéficier de conditions d’accueil à la hauteur de leurs besoins de protection.

Les conditions de vie des personnes en demande d’asile et réfugiées en France, et particulièrement en Île-de-France, sont alarmantes et illustrent l’insuffisance de nos politiques d’accueil et d’intégration. Chaque jour, nous, associations, accompagnons inconditionnellement les personnes exilées pour pallier les carences des politiques d’accueil. Candidat·e·s aux élections législatives, nous vous appelons à porter la dignité de l’accueil des personnes exilées à l’Assemblée nationale ! Continuer à lire … « Pour que l’accueil digne des migrants soit la règle, pas l’exception »

Préface d’Edwy Plenel au livre de Marie-Laure Morin : Faire de l’étranger un hôte.

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Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Quand, de retour à Ithaque, Ulysse achève son Odyssée, il prend figure de migrant. D’exilé, de réfugié, de demandeur d’asile. La déesse Athéna l’a voulu ainsi, perclus d’épreuves, vieilli par ses errances, le travestissant en misérable et le déguisant en loqueteux. C’est alors qu’Homère le fait rencontrer un porcher, Eumée, qui vit au milieu de ses bêtes. Lequel lui offre spontanément son hospitalité, sans hésiter ni barguigner, sans réserve ni condition.

À Ulysse qui le remercie chaleureusement pour « cet accueil de bonté », étonné que sa pauvre mine ne l’ait pas rebuté, le porcher répond : « Étranger, je n’ai pas le droit, quand même viendrait quelqu’un de plus miséreux que toi, de manquer de respect envers un hôte. Ils sont tous envoyés de Zeus, étrangers et mendiants. Et notre aumône leur fait plaisir, si petite soit-elle. » Puis, régalant son hôte d’un succulent rôti de gorets accompagné d’un « vin fleurant le miel », Eumée rappelle combien « les dieux bienheureux détestent l’injustice : c’est toujours l’équité que le ciel récompense, et la bonne conduite ! ». Continuer à lire … « Préface d’Edwy Plenel au livre de Marie-Laure Morin : Faire de l’étranger un hôte. »

Lettre ouverte des habitants de l’Ambassade des immigrés à Emmanuel Macron

Depuis plus d’un mois et alors que l’extrême droite domine le débat public, des sans-papiers et réfugiés à la rue, des personnes solidaires et le collectif La Chapelle Debout ! occupent un immeuble vide possédé par une filiale de la Société générale, vide depuis des années, en plein cœur de Paris, dans le 9ème arrondissement. Dans ce lieu, des citoyens français de toute origines et des étrangers se rencontrent, s’efforcent d’exister ensemble et s’organisent pour défendre l’égalité des droits et pour dire non au racisme. Tous réclament l’égalité de traitement entre migrants ukrainiens et migrants de toutes les nationalités. Ils sont assignés à comparaître en justice le 9 juin prochain dans le cadre d’une procédure d’expulsion. Ils font face à tout moment au risque que l’eau et l’électricité leur soient coupées et d’être remis à la rue.  Continuer à lire … « Lettre ouverte des habitants de l’Ambassade des immigrés à Emmanuel Macron »

La guerre se fabrique près de chez nous

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L’Observatoire des armements publie un nouveau rapport sur l’impact des entreprises d’armement de la Région Auvergne-Rhône-Alpes sur les conflits. Il documente notamment 11 sociétés qui alimentent les guerres et répressions actuelles : Palestine, Yémen, Égypte, République démocratique du Congo… À chacun·e de nous de se mobiliser et à nos décideurs d’agir pour éliminer l’empreinte de la région sur les violations de droits humains.
Cette étude rédigée par Tony Fortin avec Patrice Bouveret est téléchargeable gratuitement ou disponible en version papier (voir ci-dessous).
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Racisme, discriminations : faire de l’égalité en droits et en dignité une réalité  !

Pour une NUPES pleinement antiraciste !

Les signataires se félicitent de cette nouvelle donne politique ! Nous vous demandons de porter le combat contre le racisme et les discriminations sous toutes leurs formes. Dans le précédent quinquennat, des lois comme celle contre le séparatisme, sous couvert de lutter contre l’islamisme radical, ont contribué à stigmatiser les citoyen·ne·s musulman·e·s ou présumé·e·s tel·le·s, celles et ceux issu·e·s de l’immigration postcoloniale. Une vision dévoyée de la laïcité n’a fait que renforcer ce stigmate. Continuer à lire … « Racisme, discriminations : faire de l’égalité en droits et en dignité une réalité  !« 

L’« identité française » ou une histoire d’une métamorphose réactionnaire

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« Un retour sur la construction historique de la laïcité permet de mesurer à quel point on a assisté, au cours des dernières décennies, à un grand renversement : l’aspiration émancipatrice initiale, certes inaboutie, s’est métamorphosée en son contraire : une laïcité identitaire et discriminante. » Dans son introduction, introduction-de-roland-pfefferkorn-a-son-livre-laicite-une-aspiration-emancipatrice-devoyee/, publiée avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse, Roland Pfefferkorn présente le contenu du livre. En premier lieu, l’histoire singulière du long processus de laïcisation de l’Etat, « La laïcisation touche spécifiquement l’État et les institutions publiques, en premier lieu l’école, elle est à distinguer de la sécularisation qui concerne les sociétés dans leur ensemble ». La seconde partie porte « sur les avancées de la laïcité historique vers la liberté de conscience et la séparation des Églises et de l’État. Les lois laïques scolaires de 1882 et 1886 permettront de dégager des tutelles religieuses les programmes, les locaux et les personnels. La loi de 1905 parachèvera le processus ». L’auteur souligne les deux ensembles de principes contenus dans cette loi : « séparation des Églises et de l’État et neutralité des pouvoirs publics en matière religieuse ; liberté de conscience, y compris religieuse, et égalité de tous, croyants et non-croyants ». A noter que l’imprégnation religieuse – la croyance – est encore présente dans la formulation qui semble en faire une référence (C’est en regard de la croyance que sont défini·es les « non-croyant·es »). La troisième partie traite « des points aveugles ou des impensés de cette République laïque, présumée porteuse de valeurs universelles et de progrès », du nationalisme guerrier, des « assouplissements, accommodements et arrangements obtenus par l’Eglise catholique depuis la fin des années 1950 », sans oublier un « dévoiement identitaire et autoritaire de la laïcité historique » plus récent ; une reconfiguration de laïcité support à la discrimination des populations considérées comme musulmanes…
Je souligne la différence entre sécularisation de la société et laïcisation de l’Etat, l’histoire particulière et la forte résistance de l’Eglise catholique, la loi de 1905 qui n’est pas ce que certain·es nous expliquent, l’actualité de la séparation des Eglises et de l’Etat. Continuer à lire … « L’« identité française » ou une histoire d’une métamorphose réactionnaire »

Déni méprisant des ukrainiens comme acteurs au nom de la géopolitique et/ou de la paix

La gauche anti-guerre anti-impérialiste du monde entier a été profondément divisée sur la guerre en Ukraine selon des lignes assez inhabituelles, en raison de la nouveauté de la situation représentée par l’invasion par la Russie d’un pays voisin plus faible avec des ambitions expansionnistes nationalistes ouvertement déclarées, ainsi que le soutien actif et substantiel de l’OTAN à la résistance du pays envahi. La même gauche avait déjà été confrontée à une division au sujet de l’intervention meurtrière de la Russie en Syrie après celle de l’Iran, mais les conditions étaient très différentes. Continuer à lire … « Déni méprisant des ukrainiens comme acteurs au nom de la géopolitique et/ou de la paix »

Pourquoi nous, juifs et humanistes, condamnons sans appel les agissements de la police israélienne aux obsèques de Shireen Abu Akleh

La violence perpétrée contre le cortège accompagnant la journaliste américano-palestinienne vers sa dernière demeure est contraire aux valeurs du judaïsme.

Tous les signataires de ce texte sont humanistes – et juifs. Juif, chacun l’est bien sûr à sa façon. Mais en la circonstance, croyant ou pas, pratiquant ou pas, sioniste ou pas, ayant ou non développé des relations fortes avec Israël, les différences comptent peu. Le point commun de tous les signataires de ce texte est qu’ils donnent à leur attachement au judaïsme une portée éthique. Et même si certains ne sont pas habitués à le faire, c’est bien en tant que juifs qu’ils s’expriment ici publiquement. Continuer à lire … « Pourquoi nous, juifs et humanistes, condamnons sans appel les agissements de la police israélienne aux obsèques de Shireen Abu Akleh »

Liberté, émancipation, autonomie. Avoir le courage, prendre le risque d’imaginer, de penser, d’agir… (+ Non à Frontex : les femmes contre la surveillance des frontières européennes)

Bien qu’il soit un peu long, ne plie pas au code des médias, cet essai n’est pas réservé à des spécialistes. La réflexion critique, la délibération, la prise de distance, l’imagination concernent tout le monde. Avec Frontex, la question politique d’une Europe constituante revient au devant de la scène par la petite porte. Comme les réfugiés, les industries, les déchets, etc., le capitalisme expansionniste trouve ses limites, la guerre n’est plus externalisable. Elle revient en boomerang. Elle est partout. Dans un monde fini, il n’y a plus de dehors. L’expansion et l’externalisation ne sont plus possibles sans graves conséquences : un processus de destruction des humains, de la nature, de la planète est une réalité. La révolution – laquelle, où, quand ? Comment la nommer ? – est à la porte.
Ce qui est en jeu dans la participation de la Suisse à Frontex et dans les négociations en cours entre la Suisse et l’UE échappe encore à l’imagination, à la conscience politique brouillée par des mensonges. « C’est cher payé, mais Frontex nous protège », dit-on. « Schengen sécurise les affaires », pense-t-on. « Nous agissons pour vous, faites-nous confiance », déclare-t-on.
Il est possible de rester à la surface des choses, de subir l’utilitarisme brutal et les intérêts à courte vue. Le mensonge, la haine, le pillage, la violence à nos risques et périls. L’écho que rencontre une action de minoritaires courageux suffit à montrer que s’interroger sur Frontex implique, dans la suite de la votation suisse du 15 mai 2022, de reprendre l’initiative sur l’Europe en se gardant de l’utilitarisme du marché, de l’injonction à obéir, de la sûreté guerrière qui remplace la sécurité, la protection, en luttant pour une
hospitalité politique constituante pour l’Europe et la planète.
A première vue, l’illusion de l’efficacité du tout économique, autoritaire, sécuritaire, la force policière militarisée, la suspension de la loi et des droits du aveuglent font douter de l’Etat de droit quand, la frontière entre le légal et l’illégal s’efface et devient discours de légitimité, parle à notre impuissance, nos doutes, nos colères. Ces illusions et la brutalisation des sociétés européennes, la cruauté et la banalisation de la violence, tentent d’enterrer la curiosité pour le monde (par la peur), et la liberté. De figer le pouvoir d’agir, de penser.
Nous sommes mis au défi d’ouvrir les yeux et les oreilles. De ne plus dénier le sac- cage, la violence sans limites. De nous réapproprier une autonomie d’agir et de penser. D’entendre, écouter ce que disent autour de nous les travailleurs, les chômeurs, les précaires, les pauvres, les gilets jaunes, quand ils dénoncent leurs conditions de vie, les exilés en fuite, les solidaires, condamnés pour « délit de clandestinité » et « délit de solidarité », les femmes, les jeunes du climat, etc..
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