Colonisation israélienne, entreprises européennes, droits palestiniens

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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La politique israélienne vis-à-vis du territoire et du peuple palestinien fait régulièrement l’objet de condamnations internationales. Cela n’empêche pourtant pas de nombreux États et entreprises, en particulier en Europe, d’entretenir des relations économiques étroites avec l’État d’Israël et ses colonies de peuplement illégales.

Depuis plus de septante-quatre ans de colonisation sioniste-israélienne de la Palestine, le peuple palestinien subit une Nakba continue, faite de dépossession, de fragmentation, de persécution et de nettoyage ethnique. La ségrégation, l’occupation militaire prolongée, l’apartheid, les violations systématiques et généralisées des droits humains, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont autant de manifestations clés du projet d’Israël, un État intrinsèquement militarisé qui pratique un colonialisme de peuplement. C’est ainsi que le peuple palestinien s’est vu refuser le droit à l’autodétermination qui englobe naturellement le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes. Continuer à lire … « Colonisation israélienne, entreprises européennes, droits palestiniens »

Traquer les petits détails qui finissent par «(dé)former les esprits »

axelle_COUVERTURE_250_BD-1« Quand j’écris : « le féminisme est un journalisme », cela signifie que notre façon d’être féministes, dans axelle, c’est d’utiliser notre curiosité, notre honnêteté et notre code de déontologie journalistique pour faire émerger les histoires bâillonnées des femmes dont tout le monde se moque, et leur rendre du pouvoir ».
C’est aussi considérer
axelle comme un espace de résistance, de luttes, de joie, de rencontre, de « commun » entre femmes qui s’y côtoient, témoins-expertes, journalistes, conseillères, lectrices, soutiens, passeuses…».
Sabine Panet dans son édito Depuis 25 ans, pour axelle, le féminisme est un journalisme, parle de pratiques professionnelles, de questionnements, de transformation des rapports inégalitaires, de représentations, d’engagement…

Dossier : Pourquoi les femmes s’emparent des médias
« Dossier éclairage, dossier manifeste, dossier miroir, et ouverture vers d’autres médias féministes venus contribuer à légitimer l’existence des femmes dans les médias » Continuer à lire … « Traquer les petits détails qui finissent par «(dé)former les esprits » »

Éditorial de Frédéric Thomas : Multinationales : fin de l’impunité ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Des lois sur le « devoir de vigilance » ont récemment été adoptées ou sont en cours de discussion. L’enjeu est de contrôler le respect des droits humains et environnementaux par les entreprises. Et d’en finir avec l’impunité. Les expectatives suscitées par ces initiatives – surtout au Nord – égalent les frustrations qu’elles risquent de soulever. Leur efficacité dépendra de leur capacité à corriger, voire à renverser l’asymétrie de pouvoir entre multinationales et organisations sociales.

À l’heure où j’écris ces lignes, se prépare, au Qatar, la coupe du monde de football. Celle-ci se jouera dans des stades climatisés, construits par des travailleur·euses migrant·es – dont plusieurs milliers sont morts au cours de ces constructions –, travaillant et vivant dans des conditions indignes, et sans droit d’association ni de créer des syndicats.

Cet événement – et les polémiques qu’il suscite – constitue un révélateur de la situation actuelle. Non seulement de la chaîne des responsabilités prises dans les rets de la globalisation et de l’imbrication des États et des entreprises à l’origine des violations des droits humains, mais aussi de la contestation croissante, au niveau mondial, de la prétendue irresponsabilité du marché, et, enfin, de la défaillance des mécanismes existants pour contraindre les acteurs publics et privés à répondre de leurs actes et de leurs conséquences. Continuer à lire … « Éditorial de Frédéric Thomas : Multinationales : fin de l’impunité ? »

Internet ne doit ni être obligatoire ni fonctionner 24 h sur 24

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« « Loin d’être « immatérielles », les technologies numériques ont un impact important et croissant sur l’environnement. Il faut des ressources naturelles pour les produire, de l’énergie pour les faire fonctionner, et les déchets électroniques constituent un problème croissant. Même en tenant compte des gains d’efficacité qui peuvent être tirés de ces technologies, il semble clair que ce qui est vrai pour la croissance économique, en général, l’est aussi pour la numérisation : on ne peut pas avoir une croissance infinie sur une planète finie. »

En introduction les auteurs et autrices discutent d’un point de vue progressiste sur les processus de numérisation, de durabilité et d’égalité alors que « nous sommes aujourd’hui confrontés à un processus de numérisation à la fois insoutenable sur le plan environnemental, et profondément inégalitaire sur le plan social », d’articulation de justice numérique et environnementale. Continuer à lire … « Internet ne doit ni être obligatoire ni fonctionner 24 h sur 24 »

La défense des droits des êtres humains contre « bon climat des affaires »

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« Longtemps critiquées, les conditions économiques libérales imposées par le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement ont fait l’objet d’une série de révisions sur la forme et le fond, dans la foulée des crises. La réforme tant attendue de la doctrine économique sous-jacente s’avère cependant toute relative. Et la rhétorique de l’« appropriation » cache mal la poursuite d’une conditionnalité actualisant un rapport néocolonial entre pays. »

Dans son éditorial, Que devient la conditionnalité néolibérale ?, editorial-de-francois-polet-que-devient-la-conditionnalite-neoliberale/ publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, François Polet précise : « Les contributions rassemblées dans cette livraison d’Alternatives Sud s’intéressent à un aspect spécifique de ces situations de surendettement de pays pauvres et émergents : la « conditionnalité », soit les ajustements de politique économique exigés par les institutions financières internationales (IFI) – le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale en particulier – aux pays qui sollicitent leur aide ». Continuer à lire … « La défense des droits des êtres humains contre « bon climat des affaires » »

Nous voulons être traitées comme des êtres humains

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« Et si vous ne receviez plus axelle ? », Sabine Panet dans son édito discute de la volonté du gouvernement belge de « supprimer les subventions de bpost pour les magazines distribués à domicile » et des conséquences pour les magasines du type d’axelle. Le prix des imprimés commerciaux appliqué indistinctement impliquerait une augmentation des prix des abonnements et les rendrait inaccessibles pour de nombreuses lectrices. « Notre société mérite une presse de qualité et les femmes doivent y avoir leur juste place ».

Dossier : Quand les institutions font violence, comment leur redonner du sens ?
« Une « institution », c’est une « chose instituée », établie par les humain·es (historiquement souvent les hommes) pour l’organisation de la société. Elles sont donc le fruit d’un projet politique – dans notre constitution, démocratique. Et pourtant »… « Heureusement, ce qui est « institué peut-être « désinstitué ». Ce qui est établi peut changer… Et les femmes y oeuvrent sans relâche. » Continuer à lire … « Nous voulons être traitées comme des êtres humains« 

Contre l’appropriation capitalistique des moyens d’information

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Édito :
« 
La voracité de Vincent Bolloré pour étendre son empire a occulté les autres mouvements de concentration qui ont touché le paysage médiatique (et le monde de l’édition) ces derniers mois, à commencer par le projet (avorté) de fusion TF1-M6. Face à la gourmandise des milliardaires, le Sénat a mis en place une commission d’enquête entendant « mettre en lumière les processus ayant permis ou pouvant aboutir à une concentration dans les médias en France, et […] évaluer l’impact de cette concentration sur la démocratie ». Las, cinq mois plus tard, malgré de nombreuses auditions – dont celles d’Acrimed et des propriétaires de médias –, le rapport de la commission sénatoriale est resté bien trop timide. Continuer à lire … « Contre l’appropriation capitalistique des moyens d’information »

Éditorial de François Polet : Que devient la conditionnalité néolibérale ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Longtemps critiquées, les conditions économiques libérales imposées par le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement ont fait l’objet d’une série de révisions sur la forme et le fond, dans la foulée des crises. La réforme tant attendue de la doctrine économique sous-jacente s’avère cependant toute relative. Et la rhétorique de l’« appropriation » cache mal la poursuite d’une conditionnalité actualisant un rapport néocolonial entre pays. Continuer à lire … « Éditorial de François Polet : Que devient la conditionnalité néolibérale ?« 

L’analyse sérieuse n’exclut pas les délices de la provocation verbale

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Ce numéro spécial de Nouvelles Questions Féministes entend relayer la vitalité et l’actualité de l’œuvre de Christine Delphy. Début 2021, nous lancions l’appel à contributions « Faire avec Delphy ». Il aura fallu que Christine entame sa 80e année et que certaines d’entre nous aient déjà passé vingt ans dans le comité de rédaction de la revue à ses côtés pour que nous entreprenions de lui consacrer un numéro !
Chacun à leur manière, les trente-trois textes publiés ici montrent comment les écrits et les interventions de Delphy viennent questionner des expériences communes aux femmes, mais également l’action politique et scientifique, la réflexivité et les postures personnelles. Il en ressort que sa pensée transforme des trajectoires militantes et intellectuelles, elle peut même transformer des vies. « Faire avec Delphy » provoque ces changements, par des débats et des confrontations, des émotions et des expériences, par des manières fortes de s’approprier son travail théorique et engagé.
Continuer à lire … « L’analyse sérieuse n’exclut pas les délices de la provocation verbale« 

L’argent trouvé pour détruire mais pas pour construire

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« Dans ce numéro, nous avons convoqué Virginia Woolf, Andrée Michel, Katuko Saruhshi. Et des forces non humaines du passé. Isabelle Loodts, une éclaireuse, nous fait entendre le chant des terres meurtries de la Grande Guerre, peut-être demain meurtries à nouveau par des déchets nucléaires », Sabine Panet dans son édito « Nous voyons, nous voyons… hier, aujourd’hui et demain », parle d’intermédiaire entre différents mondes, « Une tisseuse aux fils voguant d’uns spirale du temps à l’autre », des bornes clignotant dans le brouillard, de femmes dansant sur des missiles, de cancer du sein professionnel, des luttes des travailleuses domestiques, du sexisme et des armées, de créatrices…

Dossier : Femmes, guerre et nucléaire. Le pied dans la poudrière
Continuer à lire … « L’argent trouvé pour détruire mais pas pour construire »

La santé malade du néolibéralisme et du colonialisme

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Dans son édito, Inégalités sanitaires, inegalites-sanitaires-alternatives-sud-panser-la-sante-mondiale/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Cédric Leterme souligne les « déterminants sociaux, politiques et économiques » de la santé. Il parle des inégalités face au risque de maladie et des inégalités dans l’accès aux soins de santé. L’auteur discute de l’impact des conditions de vie, des maladies infectieuses, des maladies « de la pauvreté et du sous-développement », de la vulnérabilité face à l’apparition de nouvelles maladies infectieuses, des effets de la « restauration rapide mondialisée » ou de l’industrie du tabac, de la santé qui ne peut être définie uniquement « comme une absence de maladie », d’accès aux soins de santé, du manque d’infrastructures et de ressources sanitaires (dont le manque de personnel), des pénuries construites par les politiques néolibérales dans les pays du Nord et de leur compensation partielle par les migrations de personnels qualifiés sous payés, des inégalités institutionnelles et politiques, de la mobilisation croissante des technologies numériques… Continuer à lire … « La santé malade du néolibéralisme et du colonialisme »

Le mépris et la stigmatisation au service de la désinformation

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Édito

« Dès le lendemain de l’élection présidentielle, les chiens de garde se sont acharnés contre l’union de la gauche aux législatives. Jusqu’au 12 juin, date du premier tour, tous les coups furent permis : mépriser et délégitimer, stigmatiser, traquer. Sur leur lancée, les éditocrates ont poursuivi leur campagne jusque dans l’entre-deux-tours (lire, à ce sujet, notre article dans Le Monde diplomatique de juillet).

Les défenseurs de l’ordre médiatique peuvent sabrer le champagne : les forces politiques qui portaient des propositions de transformation démocratique des médias resteront minoritaires à l’Assemblée nationale. Pour autant, l’heure n’est (toujours) pas à la démobilisation. Emmanuel Macron, dont le premier quinquennat a été marqué par de multiples attaques contre la liberté d’informer (voir notamment le Médiacritiques n°33), poursuit sur sa lancée. Dernière vilénie en date : la suppression de la redevance audiovisuelle, qui fragiliserait davantage un audiovisuel public déjà à bout de souffle.

Parallèlement, la concentration des médias continue de s’aggraver : alors que quelques milliardaires se partagent déjà la plupart des médias dominants, TF1 et M6 s’apprêtent à fusionner. Pendant ce temps, et ce n’est pas sans lien, tous se pâment devant le jubilé d’Élisabeth II – c’est que « c’est une émotion incroyable pour le monde entier de voir la reine », peut-on entendre sur BFM-TV. Et après nous, le déluge. Continuer à lire … « Le mépris et la stigmatisation au service de la désinformation« 

L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Les multinationales de la viande industrielle créent les conditions de pandémies, telle celle de la peste porcine qui a entraîné la mort de millions de porcs, et d’autres maladies qui peuvent se propager aux humains. Or, les solutions préconisées pour y faire face pénalisent les petites exploitations et permettent aux grandes entreprises de tirer profit de ces crises sanitaires et de renforcer leur contrôle sur l’approvisionnement mondial en viande. Continuer à lire … « L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série »

Vieillir sans effacement ou relégation, sans disparaitre

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Une remarque préalable : je reprends sans difficulté le vocable utilisé « vieille » étant moi-même un « vieux », avec ou sans guillemets.

« Nous ne tolérerons plus notre effacement ni le fait d’être reléguées dans un coin comme des poids morts. Nous ne nous laisserons plus traiter comme des non-personnes qui sont juste un fardeau. » (Début du« Manifeste de la femme plus âgée », traduit et publié en 1976 dans Nouvelles féministes, journal de la Ligue du droit des femmes)

Dans leur éditorial, Vieilles, où seront-nous ?, Clothilde Palazzo-Crettol, Farinaz Fassa, Marion Repetti et Vanina Mozziconacci abordent entre autres, le cumul des discriminations subies par les vieilles, leur prétendue inactivité, l’image construite de ces vieilles dames, le travail des femmes « minoré à tel point qu’il en est devenu un arrière-plan, un soubassement qui ne se remarque pas et sur lequel peuvent s’appuyer et se détacher les activités masculines », leur travail bénévole, l’importance du travail gratuit lors des confinements.
« Ne plus participer officiellement à la production ou à la reproduction condamne ainsi les vieilles à la disparition en tant que sujet collectif. Quel retournement stupéfiant : la déprise comme expression de réaménagement de sa vie n’est plus un horizon, et l’activation devient une obligation ! » Continuer à lire … « Vieillir sans effacement ou relégation, sans disparaitre »

Les impacts de la division sexuelle sur l’horloge des jours

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« C’est l’éternel come-back. Le mauvais film qui repasse en début d’été et qui sent le papier imprimé. Sur l’affiche s’étalent comme de la crème solaire trop blanche les injonctions estivales à « ralentir », à « prendre son temps » ». Dans son éditorial, « Autant en emporte le temps », Sabine Panet interroge : « Qui peut « dégager » du temps comme on dégage d’un coup de pied nonchalant un ballon qui nous percute ? ». L’éditorialiste parle de l’horloge des femmes pleine à craquer, des tic-tac des inégalités, des invisibles, de celles qui courent après leur vie, des tic-tacs qui ne s’arrêtent jamais ou si peu, de celles et ceux qui comptent les jours, « C’est le tic-tac goutte-à-goutte des femmes et des hommes sans papiers qui attendent une réponse favorable à leur demande de titre de séjour. Les une et les autres ne vivent pas dans le temps irréel et privilégié de certains magazines »… Continuer à lire … « Les impacts de la division sexuelle sur l’horloge des jours »

Inégalités sanitaires (Alternatives Sud : Panser la santé mondiale)

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Malgré des progrès indéniables, l’accès universel à la santé est encore loin d’être une réalité pour les pays et les catégories de population les plus pauvres de la planète. En cause, un manque évident de personnel et de moyens sanitaires, mais aussi une vision trop souvent « humanitaire » de la santé qui en ignore les déterminants sociaux, politiques et économiques. Continuer à lire … « Inégalités sanitaires (Alternatives Sud : Panser la santé mondiale) »

Faire avec Delphy

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Ce numéro spécial de NQF est entièrement consacré à l’œuvre de Christine Delphy. Les trente-trois textes qu’il réunit montrent comment les écrits et les interventions de cette pionnière d’un féminisme matérialiste toujours vivant questionnent des expériences communes aux femmes, mais également l’action politique et scientifique, la réflexivité et les postures personnelles. Ces articles courts et incisifs expliquent combien sa pensée transforme des trajectoires militantes et intellectuelles, voire des vies : ce qui inspire, c’est son humour maîtrisé, son ton corrosif, et bien sûr ses démonstrations si éclairantes sur le fonctionnement du patriarcat. « Faire avec Delphy » provoque ces changements, par des débats et des confrontations, par des émotions et des manières fortes de s’approprier son travail engagé.
Ouvrage collectif, sous la coordination de Laurence Bachmann, Ellen Hertz, Marianne Modak, Patricia Roux, Lucile Ruault

Nouvelles Questions Féministes Vol. 41, No 2, à paraître le 18 aout 2022 Continuer à lire … « Faire avec Delphy »

Délaissement d’enfant ayant entraîné la mort

Avec l’aimable autorisation de la revue Casse-Rôles

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Hommes qui êtes à la manœuvre, et qui ne saignez pas, ne souffrez pas, n’avez pas le corps distendu par la machinerie de la vie, aussi féroce quand on a voulu son bébé que quand on ne l’a pas évité, hommes qui portez des képis, des toges, des perruques, vous qu’une mère épuisée a expulsé, tout saignants, dans ce monde que vous avez l’impression de connaître, hommes semblables au père d’un nourrisson trouvé mort dans la rue quelques heures après sa naissance, ne soyez pas monstrueux. Hommes qui avez ramassé à l’aube une femme qui saignait, dont le corps était encore tout mâché du travail de l’accouchement, qui avait souffert toute la nuit, les dents serrées, derrière une palissade, sans personne pour l’aider, pour la rassurer, pour l’accompagner, pour lui parler, et qui s’était éloignée de son bébé, peut-être parce qu’elle avait soif, ou trop mal, ou qu’elle était folle, ou rendue folle par ce qui l’avait jetée derrière une palissade pour accoucher comme une chienne abandonnée, ne soyez pas féroces. Continuer à lire … « Délaissement d’enfant ayant entraîné la mort »

Pratiques ordinaires du journalisme de cour

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Édito
« Spectacularisée », la campagne présidentielle s’est déclinée dans les médias audiovisuels à travers plusieurs dizaines de créneaux politiques par semaine, dont le « bruit » fut amplifié dans et par la presse écrite. « Éditorialisée », elle fut commentée à outrance par le huis-clos des journalistes politiques, dans des dispositifs fac-similés de « C dans l’air », de BFM-TV à France Inter en passant par France 2, qui réussit l’exploit de masser dix-sept éditorialistes autour d’un seul et même plateau. « Feuilletonnée », elle fut traitée par le petit bout de la lorgnette : polémiques, transferts, communication, petites phrases, sondomanie, coulisses, indiscrétions et chuchotements. Journalisme hippique, journalisme de slogan, journalisme de commentaire : la campagne de l’élection présidentielle de 2022 fut, en un mot, dépolitisée.
Hormis quelques formats ayant permis de traiter des questions de fond, les médias dominants ont mis en musique une campagne à leur image, pour les besoins de leur fonctionnement autophage. Jusqu’au néant au carré : en l’occurrence sur BFM-TV, où les têtes d’affiche commentent ce qu’elles ont commenté les jours passés ! Englué dans ses routines, le journalisme politique prétend d’une chaîne à l’autre « se renouveler », « se distinguer »… en faisant toujours à l’identique, le mimétisme présidant tant à la fabrique de l’agenda qu’à la hiérarchisation de l’information, et, enfin, au mode de traitement de « l’actualité ». Continuer à lire … « Pratiques ordinaires du journalisme de cour »

Hors-série de Casse-rôles sur la prostitution

Pour fêter (joyeusement ?) l’anniversaire des cinq ans de Casse-rôles, nous proposons ce numéro hors-série sur le système prostitutionnel – sujet sensible qui oppose pourtant des personnes souvent proches dans leurs idées politiques… et de revenir sur l’abolitionnisme : ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas. Laurence Biberfeld va déblayer ce terrain fangeux, où la liberté, c’est l’esclavage…

CR HS Prostitution 1 Continuer à lire … « Hors-série de Casse-rôles sur la prostitution »