Migrer comme stratégie de survie et acte d’amour

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« Deux constats criants. D’une part, l’absence de démocratisation des sociétés centro-américaines – et l’insécurité physique, sociale, environnementale ou politique qui en résulte – comme ressort premier de la nécessité de fuir la région. D’autre part, les conditions de la migration elle-même – entre politiques migratoires inhumaines et criminalité endémique – comme atteinte systémique à l’intégrité des personnes et au droit à la mobilité ». Dans son éditorial, editorial-de-bernard-duterme-fuir-lamerique-centrale, publié avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse, Bernard Duterme souligne que « L’espoir ou l’obligation de fuir son pays natal y sont devenus aussi familiers que la violence – physique, sociale, économique, politique, climatique… – qui mine la région ».

L’éditorialiste aborde, entre autres, l’histoire des migrations, « qui renvoie à celle, structurellement injuste, de la formation de ces sociétés périphériques, de ces terres d’exploitation qui ont elles-mêmes longtemps, très longtemps été explorées, colonisées, négociées, dépossédées, touristifiées…, bien avant que ses propres habitants et habitantes n’entrevoient la possibilité de s’en échapper », les interventions des Etats-Unis pour faire et défaire les gouvernements, le marché de la banane et du café, l’United Fruit Company (UFC), les guérillas révolutionnaires, les militaires et les paramilitaires « se rendant coupables de la mort de plus de 90% des centaines de milliers de victimes humaines, surtout civiles (et mayas au Guatemala ; massacres qualifiés d’« acte de génocide » par l’ONU), ainsi que du déplacement interne et externe de millions de Centro-Américain·es », la non-application des accords de paix, le double « processus de libéralisation politique et économique », la démocratisation « formelle, superficielle, électorale », l’extractivisme, « On n’a jamais autant creusé dans les sous-sols latinos et exporté vers les pays riches que ces vingt dernières années » et la reprimarisation de l’économie, les pouvoirs néopatrimonialistes et les collusions mafieuses, la faible industrialisation et les « zones franches » (maquiladoras), l’évolution des niveaux de vie et d’accès à l’éducation, la concentration des patrimoines, la culture dominante « d’un machisme et d’un sexisme dévastateurs », les lois anti-avortement, la logique de « prédation capitaliste »… Continuer à lire … « Migrer comme stratégie de survie et acte d’amour »

Éditorial de Bernard Duterme : Fuir l’Amérique centrale

Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse

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Deux constats criants. D’une part, l’absence de démocratisation des sociétés centro-américaines – et l’insécurité physique, sociale, environnementale ou politique qui en résulte – comme ressort premier de la nécessité de fuir la région. D’autre part, les conditions de la migration elle-même – entre politiques migratoires inhumaines et criminalité endémique – comme atteinte systémique à l’intégrité des personnes et au droit à la mobilité.Amérique centrale, terre d’émigration ? La forte mobilité centrifuge des ressortissant·es de l’isthme centro-américain à l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle l’atteste à l’envi. L’espoir ou l’obligation de fuir son pays natal y sont devenus aussi familiers que la violence – physique, sociale, économique, politique, climatique… – qui mine la région. Entre 10 et 25% des populations nationales déjà ne vivent plus chez elles. Et des centaines de milliers d’émigrant·es supplémentaires – dont de plus en plus de femmes et d’enfants – tentent leur chance chaque année. Pour, à l’arrivée aux États-Unis ou ailleurs, aider financièrement leur famille restée à domicile, à hauteur d’un huitième à un quart du PIB de leur contrée d’origine.

En Amérique centrale, la migration est consubstantielle à la vie de millions de personnes, c’est un fait. Mais cette migration a une histoire qui renvoie à celle, structurellement injuste, de la formation de ces sociétés périphériques, de ces terres d’exploitation qui ont elles-mêmes longtemps, très longtemps été explorées, colonisées, négociées, dépossédées, touristifiées…, bien avant que ses propres habitants et habitantes n’entrevoient la possibilité de s’en échapper. Comme si, au final, une émigration par le bas, de « gens de peu », venait contrebalancer une immigration par le haut, séculaire celle-là, de nobles et de bourgeois venus nourrir les rangs des oligarchies locales. Continuer à lire … « Éditorial de Bernard Duterme : Fuir l’Amérique centrale »

L’urgence de l’agro-écologie et de la souveraineté alimentaire

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Dans son éditorial, Quels systèmes alimentaires… demain ?, quels-systemes-alimentaires-demain/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Laurent Delcourt souligne la nécessité de repenser nos systèmes alimentaires, « Contre les solutions technologiques des grandes firmes, vieilles recettes emballées dans une nouvelle rhétorique verte et transformiste, la société civile appelle à un changement radical de cap » pour permettre l’éradication de « la faim, l’insécurité alimentaire et toutes les formes de malnutrition ». Il aborde, entre autres, la vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle des populations précarisées, la progression du nombre des affamé·es, la désorganisation des « longues chaines d’approvisionnement mondiales » et leur caractère « intrinsèquement excluant et inégalitaire », les conséquences sanitaires liées à la généralisation du modèle agroproductiviste, « Croissance de la faim et de la malnutrition, dégradation de l’environnement, changement climatique et émergence de nouvelles maladies apparaissent comme les symptômes d’un dérèglement systémique qui appelle des réponses systémiques » Continuer à lire … « L’urgence de l’agro-écologie et de la souveraineté alimentaire »

Repenser les droits humains dans une perspective émancipatrice

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Face à l’enchevêtrement des crises, il faut réinscrire les droits humains dans de nouveaux récits d’émancipation. Cela passe par la construction d’articulations avec les droits de la nature, par la mobilisation du registre des droits humains contre celui du droit des affaires et par la mise en cause des asymétries postcoloniales au sein de l’architecture institutionnelle des droits humains.

Les droits humains fondamentaux, la dignité de la personne humaine, l’égalité des droits des femmes et des hommes, sont au fondement du système des Nations unies. Si les droits humains ont globalement progressé ces septante-cinq dernières années, nous sommes confrontés aujourd’hui à une crise des Nations unies et à une crise des droits humains qui participent d’une crise plus profonde, à la fois multidimensionnelle et systémique.

Il y a un besoin urgent de nouveaux projets visionnaires et mobilisateurs pour l’émancipation de l’humanité et de tous les êtres vivants, ainsi que pour la justice sociale, écologique et de genre. Cela implique de façonner de nouvelles manières démocratiques et internationalistes d’exercer la souveraineté populaire, au-delà des frontières locales et nationales. Les militants ne peuvent poursuivre le « business as usual ». Quel rôle les droits humains peuvent-ils jouer dans la réinvention des institutions publiques et des politiques internationales dont nous avons désespérément besoin pour surmonter les crises multiples ? Continuer à lire … « Repenser les droits humains dans une perspective émancipatrice »

Quels systèmes alimentaires… demain ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Plus que jamais, la convergence des crises et leur aggravation obligent à repenser nos systèmes alimentaires. Un consensus a émergé sur l’urgence d’une telle révision. Mais la portée des réformes à adopter suscitent de vives controverses. Contre les solutions technologiques des grandes firmes, vieilles recettes emballées dans une nouvelle rhétorique verte et transformiste, la société civile appelle à un changement radical de cap.

« La pandémie de coronavirus est venue tout différer, tout éclipser et tout révéler. C’est peu de l’écrire », note Bernard Duterme, en introduction d’un récent numéro d’Alternatives Sud consacré à l’urgence écologique (2020). Il en va de même de la lutte contre la faim et la malnutrition. En septembre 2015, après deux ans d’âpres négociations, la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies, adopte l’Agenda 2030 : les dix-sept Objectifs de développement durable. Elle s’engage alors solennellement à éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire et toutes les formes de malnutrition d’ici 2030. Moins de dix ans avant l’échéance, l’heure n’est plus à l’optimisme. Continuer à lire … « Quels systèmes alimentaires… demain ? »

Jusqu’à ce que la vie vaille la peine d’être vécue

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Il est nécessaire d’analyser à chaque fois les contextes historiques et socio-politiques des rapports sociaux, des violences exercées par le groupe social et par des hommes en particulier sur le groupe social des femmes et sur des femmes en particulier. Les violences de genre et les résistances sont inscrites dans des environnements qu’il convient de décrypter, « saisir les mécanismes qui tout à la fois produisent, articulent et occultent la violence » (Aurélie Leroy). Pour autant, si ces violences peuvent être des violations des droits humains de groupes ou communautés, elles sont – et il ne faut l’oublier – en premier lieu une violation des droits des êtres humains femmes.

« Complexifier et politiser les violences de genre, faire émerger les facteurs structurels entremêlés et s’attaquer à l’impunité sont des enjeux centraux des mobilisations à l’œuvre ». Dans son éditorial, editorial-daurelie-leroy-violences-de-genre-et-resistances/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Aurélie Leroy cite le collectif Las Tesis (un-violeur-sur-ton-chemin/) et souligne que les « violences de genre » ne sont pas des actes individuels et accidentels. Il convient donc d’en analyser « les ressorts véritables, les redondances et les schémas communs ». Ces violences sont familiales, extra-domestiques ou institutionnelles, « il n’est pas un pays au monde où les femmes sont à l’abri des violences masculines, à tout âge, dans tous les espaces et sous de multiples formes ». Continuer à lire … « Jusqu’à ce que la vie vaille la peine d’être vécue »

Le viol comme réponse aux revendications des Dalits en Inde

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Les crimes sexuels contre les femmes dalits sont en augmentation en Inde. Ce phénomène n’a pas pour seul moteur le patriarcat et pour seule fin la possession du corps féminin. Contrairement à l’interprétation féministe dominante, il vise également à restaurer l’ordre des castes, lorsque surgissent des revendications de la communauté dalit. L’inertie des institutions face à ces crimes montre qu’elles demeurent perméables aux rapports de castes.

Les Dalits1, qui constituent environ 16% de la population indienne, sont surreprésentés parmi les couches défavorisées de la société. Elles et ils continuent à pâtir des conséquences de l’infériorité de statut qui leur est imposée par la tradition multiséculaire de l’« intouchabilité » dans le cadre du système des castes. Malgré toutes les garanties constitutionnelles et l’adoption de plusieurs lois visant à protéger l’honneur et la dignité des femmes, le système des castes conditionne toujours le traitement dont ils et elles font l’objet dans la société indienne, en ce compris par le système judiciaire, et sur l’ensemble du territoire. L’inégalité des ressources et des opportunités, ainsi que le traitement discriminatoire qu’elles subissent sont la principale cause de la vulnérabilité et de l’exclusion sociale des femmes dalits. Continuer à lire … « Le viol comme réponse aux revendications des Dalits en Inde »

Éditorial d’Aurélie Leroy : Violences de genre et résistances

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Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Dans un climat général délétère pour les droits des femmes – crise sanitaire et économique, offensives réactionnaires et anti-genre –, un renouveau féministe s’est affirmé ces dernières années, au départ de l’Amérique latine. Complexifier et politiser les violences de genre, faire émerger les facteurs structurels entremêlés et s’attaquer à l’impunité sont des enjeux centraux des mobilisations à l’œuvre.

« Le patriarcat est un juge qui nous juge à la naissance
Et notre punition, c’est cette violence que tu ne vois pas
Le patriarcat est un juge qui nous juge à la naissance
Et notre punition, c’est cette violence que tu vois
Ce sont les féminicides, l’impunité des assassins
C’est la disparition, c’est le viol
Et le coupable ce n’est pas moi, ni mes fringues, ni l’endroit
Le violeur, c’était toi
Le violeur, c’est toi
Ce sont les policiers, les juges, l’État, le président
L’État oppresseur est un macho violeur »
Las Tesis, « Un violeur sur ton chemin »

Ces paroles du collectif chilien Las Tesis ont rythmé la performance « Un violeur sur ton chemin ». Entonné à Santiago le 25 novembre 2019 à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, ce slam féministe est devenu viral au point de connaître un retentissement international. Un hymne puissant, réclamant la justice contre les violences sexistes et les féminicides, qui reprend les principaux enseignements de l’anthropologue Rita Laura Segato – sur lesquels nous reviendrons dans cet ouvrage – et qui témoigne d’un nouveau seuil franchi dans la compréhension de la violence, de l’impunité et de leurs modes opératoires. En égrenant des mots et des expériences vécues, des activistes du monde entier ont ainsi dispersé l’écran de fumée et débusqué les « apparats illusoires » (Segato, 2021) qui réduisent les violences de genre à des actes individuels et accidentels, empêchant d’en distinguer les ressorts véritables, les redondances et les schémas communs. Continuer à lire … « Éditorial d’Aurélie Leroy : Violences de genre et résistances »

Perte d’imagination sociale au sein de la communauté progressiste

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Dans son éditorial, la-demondialisation-est-elle-laffaire-du-nord/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, François Polet discute, entre autres, d’insertion « plus souveraine » dans l’économie mondiale, des coûts et des risques de la dépendance « aux flux internationaux », de la vulnérabilité liée à l’approvisionnement dans des chaines de valeurs internationales, « Les contributions rassemblées dans cette livraison laissent entendre l’existence d’une tension forte entre insertion dans les chaînes de valeur internationales et volonté de préservation d’un haut niveau de souveraineté économique. Une souveraineté que certains auteurs s’emploient à problématiser, les usages locaux et populaires des ressources naturelles s’opposant régulièrement à leur exploitation dans le cadre des politiques de « développement national » », de « mal organisation du monde »…

L’éditorialiste revient sur les mobilisations contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la place du soi-disant libre marché, l’importance de la construction de « commun », la doxa libre-échangiste, les effets de la crise de 2008 et de la pandémie, les évolutions de et dans la division internationale du travail, le raccourcissement des chaines d’approvisionnement, le nouveau contexte de guerres commerciales, les débats autour de l’« autonomie stratégique »… Continuer à lire … « Perte d’imagination sociale au sein de la communauté progressiste »

La démondialisation est-elle l’affaire du Nord ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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La crise du covid renforce les tendances à la « démondialisation » apparues suite à la crise de 2008 et au « trumpisme ». Les pays en développement en feront-ils les frais, comme le suggèrent certaines déclarations ? La réalité est autrement contrastée. Beaucoup de gouvernements du Sud défendent surtout une insertion plus souveraine dans l’économie mondiale. Et des mouvements sociaux vont plus loin, exigeant de rompre avec le capitalisme international.

Une mutation idéologique semble s’être achevée avec la crise du covid : l’idée que la mondialisation avait été « trop loin » et qu’une forme de « démondialisation » était dès lors souhaitable a quitté les marges politiques pour s’imposer dans le débat public. Les coûts et les risques de la dépendance aux flux mondiaux semblent prendre le dessus, dans l’imaginaire collectif, sur les avantages et opportunités qu’offre l’intensification des échanges transfrontaliers. A minima, c’est la vulnérabilité induite par l’approvisionnement de domaines stratégiques pour la sécurité collective à des chaînes de valeurs internationales que la crise sanitaire met au jour. Continuer à lire … « La démondialisation est-elle l’affaire du Nord ? »

Interroger les récits téléologiques et réducteurs

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« le rapport occidental à la « menace chinoise » est loin d’être universel. Et les représentations d’une Chine conquérante, homogène et univoque, souvent exagérées. ». Dans son éditorial, introduction-au-livre-dattac-quebec-vingt-ans-daltermondialisme-au-quebec/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Cédric Leterme discute de performances économiques, de retour du « péril jaune », d’atelier du monde, de brevets déposés, de planification et de coordination étatique (je ne pense cependant pas que cela représente un « modèle alternatif »), de concentration de pouvoir, de « virage autoritaire, nationaliste, conservateur », de la place des différents pays au sein des institutions internationales, de système financier, « le cœur du pouvoir hégémonique américain réside toujours dans le « privilège exorbitant » que leur confère le statut de monnaie de réserve internationale du dollar », de « monde libre » et d’interventions militaires et de néocolonialisme… Continuer à lire … « Interroger les récits téléologiques et réducteurs »

Au-delà de la « menace » chinoise

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

La Chine fascine autant qu’elle inquiète. Rivale de plus en plus affirmée des États-Unis, elle en conteste aujourd’hui la suprématie dans un nombre croissant de domaines. Bonne ou mauvaise nouvelle pour le Sud ? Un peu des deux, sans doute. Mais deux choses sont sûres : le rapport occidental à la « menace chinoise » est loin d’être universel. Et les représentations d’une Chine conquérante, homogène et univoque, souvent exagérées. Continuer à lire … « Au-delà de la « menace » chinoise »

Le commun et les spécifiques, les nous et le pluriversel

Dans l’éditorial, Soulèvements populaires : « révoltes logiques » ?, soulevements-populaires-revoltes-logiques/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Frédéric Thomas parle, entre autres, d’enjeux, de traits spécifiques, de soulèvements locaux et d’internationalisation des crises, d’interdépendances et de configurations nationales, « La gageure de ce texte d’introduction tient dès lors à mettre en évidence les convergences et correspondances sans jamais céder à l’illusion d’une unité, à relever les spécificités locales, à l’origine des révoltes ainsi que des formes qu’elles empruntent, sans occulter pour autant les paramètres internationaux qui ne cessent d’intervenir dans le recodage de ces mobilisations ». Continuer à lire … « Le commun et les spécifiques, les nous et le pluriversel »

Irak : le civil et le populaire au cœur de la révolte

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le soulèvement irakien de l’automne 2019 a présenté une ampleur et une diversité sociale sans précédent. Au-delà des conditions de vie indignes et de la corruption, c’est le système politique lui-même que les manifestants ont rejeté. En se réappropriant l’espace public, en expérimentant un autre modèle d’État au cœur même de l’action collective, cette mobilisation témoigne du développement de modes d’expression politiques révolutionnaires. Continuer à lire … « Irak : le civil et le populaire au cœur de la révolte »

Soulèvements populaires : « révoltes logiques » ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

La démultiplication et simultanéité des révoltes à l’automne 2019 ont mis au-devant de la scène les soulèvements populaires. Ces mouvements massifs de contestation posent nombre de questions quant à leur dynamique, leur temporalité, leur composition et leurs significations. Ancrés localement, tenant à distance les acteurs politiques institutionnels, ouvrent-ils la voie à des transformations en profondeur, voire à un changement de « système » ? Continuer à lire … « Soulèvements populaires : « révoltes logiques » ? »

La crise provoquée par le capitalisme ne peut pas être résolue par le capitalisme lui-même

« Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée ». Continuer à lire … « La crise provoquée par le capitalisme ne peut pas être résolue par le capitalisme lui-même »

Les cinq dilemmes de la crise écologique

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée. Continuer à lire … « Les cinq dilemmes de la crise écologique »

Un agenda ultralibéral et autoritaire

« Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi, un médiocre parlementaire d’extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d’Amérique latine ? Qu’exprime ce choix politique ? Et quelles sont les implications pour le Brésil de ce virage à droite ? Ce numéro d’Alternatives Sud ambitionne d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions. Il se veut le prolongement d’une réflexion sur le devenir du pays entamée voici une décennie avec l’ouvrage collectif Le Brésil de Lula : un bilan contrasté (2010) » Continuer à lire … « Un agenda ultralibéral et autoritaire »

Faire dérailler la course folle et opérer une bifurcation

« En l’espace de quelques années, la Chine est devenue un partenaire stratégique de l’Amérique latine et des Caraïbes. Ce partenariat soulève nombre de questions et de débats. S’agit-il d’une coopération Sud-Sud ou d’une nouvelle forme d’impérialisme ? D’un moyen de se défaire des liens de subordination envers les États-Unis ou d’un autre mode de dépendance ? Et le modèle de développement catalysé par les échanges avec la Chine constitue-t-il un piège ou un tremplin ? » Continuer à lire … « Faire dérailler la course folle et opérer une bifurcation »

Que faire maintenant, Brésil ?

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

La résilience de l’oligarchie, les intérêts impériaux et l’abandon des périphéries par le PT ont ouvert la voie à l’extrême droite. La stupéfaction face à la régression en cours doit céder la place à l’organisation d’une réponse cohérente. Les différentes forces de gauche doivent mettre de côté tout sectarisme et s’unir pour défendre la démocratie, en prenant appui sur les mouvements sociaux et les éléments progressistes du système judiciaire.

Les mots qui me viennent le plus à l’esprit sont étonnement et perplexité. Le gouvernement brésilien s’est enfoncé dans l’abîme de l’absurde, dans une banalisation absolue de l’abus et de l’agression, dans une violation flagrante des règles les plus élémentaires de la coexistence démocratique – sans parler de la loi et de la Constitution –, tout en crachant la haine et la négativité comme seule arme politique. Il ne se passe pas un jour sans que nous soyons bombardés de nouvelles et de commentaires qui semblent tout droit sortis d’un égout idéologique, débordant depuis des années, voire de siècles, de pourriture rance, dégageant la puanteur la plus pestilentielle et se présentant aujourd’hui comme le parfum même de la nouveauté et de la candeur. Continuer à lire … « Que faire maintenant, Brésil ? »